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6 octobre 1943
Événement

Joseph Epstein, chef des FTP d'Île-de-France, dirige l'attaque du carrefour de l'Odéon

Carrefour de l'Odéon/Attentat FTP-M.O.I.
Joseph Epstein, chef des FTP d'Île-de-France, dirige l'attaque du carrefour de l'Odéon
Portrait de Joseph Epstein.

Il commandait tous les francs-tireurs de la région parisienne sous le nom de colonel Gilles ; personne, pas même ses tortionnaires, n'a jamais su qui il était.

Joseph Epstein est né en 1911 à Zamość, en Pologne, dans une famille juive. Étudiant en droit, militant communiste, arrêté et emprisonné en Pologne, il émigre en France en 1931. En 1936, il part combattre en Espagne dans les Brigades internationales, où il devient commissaire politique. Il y apprend la guerre.

Rentré en France, mobilisé en 1939, fait prisonnier en 1940, il s'évade et entre dans la Résistance. Le Parti communiste lui confie des responsabilités croissantes. En 1943, il succède à Lucien Carré à la tête de l'ensemble des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne, sous le nom de colonel Gilles. Il commande à la fois les FTP français et les FTP-MOI, dont le groupe que dirige Missak Manouchian.

Epstein est un militaire dans une armée d'amateurs. Il impose la discipline opérationnelle, la préparation des attaques, le repli organisé, la séparation des groupes pour limiter les dégâts en cas d'arrestation. Sous son commandement, l'automne 1943 est la période la plus intense de la lutte armée dans Paris : attaques de convois, exécutions d'officiers, sabotages de voies ferrées.

Le 6 octobre 1943, au carrefour de l'Odéon dans le 6e arrondissement, un détachement allemand est attaqué à la grenade. L'opération relève de son commandement.

Le 16 novembre 1943, les Brigades spéciales de la police française l'arrêtent à Évry-Petit-Bourg, alors qu'il attendait Manouchian, arrêté au même endroit. Epstein est torturé pendant des semaines. Il ne révèle jamais son identité. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de la rue Boissy-d'Anglas le 23 mars 1944, il est fusillé au Mont-Valérien le 11 avril 1944 sous le nom de Joseph Andrei. Il avait trente-deux ans.

Il ne figure pas sur l'Affiche rouge : les Allemands ignoraient qui ils avaient pris. Une place du 19e arrondissement porte aujourd'hui son nom.

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