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Couverture — Des Résistants à Paris
Bibliographie

Des Résistants à Paris

THORAVAL Anne
SPE-Barthélemy, 2001.
371 Fiches citant cet ouvrage
2001 Édition

Fiches citant cet ouvrage

371 fiches
Événement
1943
1943 – 1944 — Service spécial des affaires juives (Judenreferat Röthke, au sein-même de la Préfecture de police)
p 18 & 66
Le service de Permilleux comporte une "équipe d'initiative" pour les délations ; il arrêtera 4 349 juifs
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Événement
Date imprécise — Galerie d'art (qui possède une autre entrée sur le quai des Orfèvres)
p 18
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Événement
1942
1942 – 1943 — Mairie du 1er arrondissement/Bureau d'architecte d'Ogé
p 19-20
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Événement
1940
1940 — Musée du Louvre (porte des Lions)/Bureau de Jacques Jaujard (salles du séquestre)
p 21
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Événement
Événement
1940
30 octobre 1940 — Musée du Jeu de Paume
p 23
Les Allemands la croient une employée inoffensive qui ne comprend pas leur langue ; elle la comprend parfaitement, et elle note tout pendant quatre ans. Rose Valland a quarante et un ans en 1940. Fille d'un maréchal-ferr …

Les Allemands la croient une employée inoffensive qui ne comprend pas leur langue ; elle la comprend parfaitement, et elle note tout pendant quatre ans.

Rose Valland a quarante et un ans en 1940. Fille d'un maréchal-ferrant de l'Isère, historienne de l'art, elle est attachée de conservation bénévole au musée du Jeu de Paume, dans le jardin des Tuileries. Elle est célibataire, discrète, effacée, ce qui va servir.

Dès l'automne 1940, l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, service de spoliation dirigé par Alfred Rosenberg, réquisitionne le Jeu de Paume pour y entreposer, trier et expédier les œuvres d'art confisquées aux collections juives et aux institutions françaises. Les Rothschild, les David-Weill, les Kann, les Bernheim-Jeune sont pillés. Göring vient personnellement choisir des pièces, à plusieurs reprises. Les tableaux dits dégénérés, Picasso, Ernst, Miró, Klee, sont mis à part pour être échangés ou brûlés.

Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux, qui a organisé l'évacuation des collections du Louvre en 1939, demande à Rose Valland de rester en place et d'observer.

Elle reste quatre ans. Les Allemands la tolèrent comme une gardienne subalterne et ne savent pas qu'elle parle allemand. Elle écoute les conversations, note les noms des convois, les numéros de wagons, les destinations, les noms des marchands complices, les cotes des œuvres. Elle recopie parfois de nuit les listes de la Sonderstab. Elle transmet à Jaujard.

Ses informations permettent à la Résistance de ne pas saboter les trains chargés d'œuvres d'art, et surtout, après la Libération, de retrouver les dépôts en Allemagne et en Autriche : Neuschwanstein, Altaussee. Elle est nommée capitaine de l'armée française, part en Allemagne avec les Monuments Men et supervise pendant des années les restitutions. Plus de soixante mille œuvres reviendront en France.

Elle publie "Le Front de l'art" en 1961. Elle meurt en 1980, à peu près inconnue. Sa reconnaissance publique est venue après 2000.

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Événement
1940
1940 — Siège de la feuille d'informations "Pantagruel"
p 24
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Événement
Événement
1942
24 août 1942 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 25
Procès du groupe de la Butte du Chapeau Rouge ; 33 membres de l'Organisation spéciale (OS), 18 condamnés à mort et seulement 7 survivants
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Événement
1942
24 août 1942 — Aquarium-bar (restaurant ouvrier de la Butte du Chapeau Rouge)
p 25
Réseau de Résistance jugé au procès de l'hôtel Continental. Ils se réunissent là en infraction à toutes les règles de sécurité
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Événement
1944
25 août 1944 — Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
p 26
Combats pendant la Libération de Paris aboutissant à la capitulation de Dietrich von Choltitz
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Meurice/Résidence du commandant du Gross Paris (Grand Paris)/Siège de la Kommandantur
p 26
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Événement
1941
1941 – 1942 — Restaurant Prunier-Duphot
p 26
Restaurant fréquenté par le colonel Rémy, sous la protection des maîtres d'hôtel
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Événement
1940
août 1940 — Centrale du réseau de renseignement "Saint-Jacques"
p 27-29
Réseau de renseignement créé par le 2ème Bureau de la France libre, futur Bureau central de renseignements et d'action
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Événement
1941
1941 — Boutique du fourreur Fabius Finkelman
p 29
Magasin occupé par des collabos, fournisseurs de la Kriegsmarine et de la SS ; Fabius Finkelman est arrêté et fusillé
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Événement
1942
1942 – 1944 — Magasin "le Nouveau-né"/Réunions du mouvement "Police et Patrie"
p 30
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Événement
1940
octobre 1940 — Siège du journal "Le Cri du Peuple"
p 31
Locaux du Cri du peuple, organe du Parti Populaire Français ; il tire à 50 000 exemplaires ; le Parti populaire comptait 120 ex communistes sur 593 délégués à son 1er congrès
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Événement
Événement
1940
15 juin 1940 — Hôtel du Louvre/Place du Théâtre Français/Quartier général d'un Sonderkommando SS
p 33
Commando secret envoyé par Himmler pour courcircuiter la police militaire allemande
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Événement
1941
1941 — Demeure de Suzanne Spaak/Réseau de protection des enfants juifs
p 34
Plaque tournante des groupes se préoccupant du sort des enfants juifs
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Événement
1940
1940 – 1944 — Atelier de composition de journaux clandestins/Atelier de fabrication de faux papiers
p 38
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du journal "Pariser zeitung"/Siège de la revue "Signal"/Comité Réaumur
p 38
Le siège du journal "l'Intransigeant" est transformé en centre de presse sous contrôle nazi ; il sera la cible de plusieurs attentats
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Événement
1941
décembre 1941 – 1943 — Imprimerie clandestine du journal "Socialisme et Liberté"/Imprimerie clandestine du journal "le Populaire"
p 39
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Événement
1942
17 septembre 1942 — Cinéma Rex (transformé en Soldatenkino)
p 40
Un cinéma réquisitionné pour les soldats de l'occupant, boulevard Poissonnière : les FTP du Groupe Valmy ont décidé que ce n'est pas un endroit où des Allemands doivent sortir tranquillement. Le Grand Rex, inauguré en 19 …

Un cinéma réquisitionné pour les soldats de l'occupant, boulevard Poissonnière : les FTP du Groupe Valmy ont décidé que ce n'est pas un endroit où des Allemands doivent sortir tranquillement.

Le Grand Rex, inauguré en 1932 au 1 du boulevard Poissonnière, est le plus grand cinéma de Paris : 2 800 places, une salle Art déco monumentale. Après le 14 juin 1940, ce programme change. L'administration allemande réquisitionne plusieurs grandes salles parisiennes pour en faire des Soldatenkinos : cinémas réservés aux troupes d'occupation. Le Grand Rex est l'un d'eux. Les soldats y viennent se délasser entre deux tours de garde.

Ce type d'établissement est, depuis 1941, une cible privilégiée des Francs-Tireurs et Partisans. Les FTP, branche armée du PCF, ont reçu l'ordre de frapper les soldats allemands sur le sol français. L'Organisation spéciale, puis les FTP, ont constitué des groupes de combat actifs à Paris, dont certains sont directement liés à la MOI (Main-d'Œuvre Immigrée). Le Groupe Valmy est l'un de ces groupes du PCF opérant dans la capitale.

Le 17 septembre 1942, des membres du Groupe Valmy, parmi lesquels Fosco Focardi, Wadel, Rideau et une combattante connue sous le prénom d'Élise, attaquent des soldats allemands devant le Grand Rex. L'action vise directement les hommes en uniforme qui entrent ou sortent du Soldatenkino. Dans le contexte de l'Occupation, chaque attaque de ce type risque d'entraîner des représailles sur des otages civils : les Allemands pratiquent la politique des exécutions collectives depuis la fin de 1941.

1942 est l'année la plus meurtrière pour la Résistance communiste à Paris. L'été a vu la grande rafle du Vél d'Hiv en juillet, la montée en puissance de la Gestapo et de la Brigade spéciale de la police française. Les FTP-MOI, dont beaucoup sont des immigrés juifs, espagnols et italiens, constituent le noyau dur de la résistance armée urbaine : ils tombent un à un sous les coups de la BS2, avant que le groupe Manouchian ne soit décimé en 1944.

L'attentat du Grand Rex s'inscrit dans cette stratégie : maintenir la pression, montrer que l'Occupation n'est pas tranquille, au prix de risques que les combattants mesurent parfaitement.

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Événement
Date imprécise
p 41-42
Manifestation contre les lois qui frappent les juifs ; un mois avant la rafle du Vel' d'Hiv'
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Événement
1940
14 octobre 1940 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 43
Réouverture de la Bourse des valeurs ; quelques entrave aux transactions, pour ne pas gêner l'aryanisation...
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Événement
1941
29 mars 1941 – 1944 — Banque Louis Dreyfus/Commissariat général aux questions juives (CGQJ)
p 44-45
Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives ouvre ses bureaux place des Petits Pères, dans les locaux réquisitionnés de la banque Louis Dreyfus. Le choix de l'adresse n'est pas anodin — s'installer dans …

Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives ouvre ses bureaux place des Petits Pères, dans les locaux réquisitionnés de la banque Louis Dreyfus. Le choix de l'adresse n'est pas anodin — s'installer dans les locaux d'une famille juive dépossédée dit, dès le premier jour, ce qu'est cette institution.

Le CGQJ est une création française, pas allemande. C'est le gouvernement de Vichy qui l'institue, par la loi du 29 mars 1941, sous la pression certes de l'occupant mais avec un zèle propre. Son premier commissaire, Xavier Vallat, antisémite de longue date — il avait déclaré à la Chambre en 1923 qu'il ne voulait pas être gouverné par un juif — ne cache pas sa conviction. Il ne s'agit pas seulement d'obéir aux Allemands : il s'agit, selon ses propres termes, de résoudre "la question juive" à la française, avec des méthodes françaises.

La mission du Commissariat : appliquer et renforcer les lois d'exclusion, surveiller l'"aryanisation" des entreprises et des biens, contrôler les professions interdites aux juifs, alimenter les fichiers. Sous Vallat puis sous son successeur Darquier de Pellepoix — antisémite encore plus virulent, qui siégera à ce poste de 1942 à 1944 — le Commissariat devient une pièce centrale de la mécanique d'exclusion et de déportation.

Darquier de Pellepoix s'enfuira en Espagne à la Libération. Vallat sera condamné à dix ans de prison, libéré après trois ans. Du Paty de Clam, fils du colonel de l'affaire Dreyfus, avait bouclé la boucle familiale.

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Événement
Événement
1940
12 novembre 1940 — Bibliothèque nationale/Musée des Sociétés secrètes
p 45
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Événement
1941
5 septembre 1941 – 1942 — Palais Berlitz
p 46-47
On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer. Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard …

On peut faire une exposition sur tout, même sur des êtres humains présentés comme une menace : il faut juste un État qui l'autorise et des gens qui paient pour entrer.

Le 5 septembre 1941, le Palais Berlitz, 31 boulevard des Italiens, ouvre ses portes à une exposition qui se propose de démontrer, cartes, statistiques et portraits agrandis à l'appui, la "mainmise" des juifs sur la France. Organisée par l'Institut d'étude des questions juives (IEQJ) sous la direction de Paul Sézille, avec le soutien actif de l'ambassadeur allemand Otto Abetz, "Le Juif et la France" durera jusqu'en janvier 1942 et accueillera plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

Le contexte est celui d'une collaboration antisémite qui a déjà produit ses premiers effets légaux. Le statut des juifs de Vichy, promulgué en octobre 1940 sans que les Allemands l'aient exigé, avait exclu les juifs des emplois publics, des professions libérales, de la presse, du cinéma. Une deuxième loi en juin 1941 avait étendu ces exclusions et introduit le numerus clausus dans les professions restantes. L'exposition de septembre 1941 est le prolongement culturel de cette législation : il s'agit de faire voir, de rendre visible, de donner à la haine un décor présentable.

Les salles du Palais Berlitz présentent des photographies démesurément agrandies de personnalités juives, des graphiques sur leur présence dans les médias, la finance, le commerce, le barreau. Le visiteur est guidé dans un parcours conçu pour déclencher le dégoût : chaque panneau est une accusation, chaque chiffre un mensonge présenté comme une vérité scientifique. La propagande nazie avait produit une exposition similaire, "Der ewige Jude" ("Le Juif éternel"), que les organisateurs parisiens prennent pour modèle.

Parmi les visiteurs, Louis-Ferdinand Céline visite l'exposition et se plaint que ses propres brochures antisémites n'aient pas été placées dans la bibliothèque de l'événement : le fascisme littéraire français voulait sa part du spectacle. La collaboration prend ici une forme que l'historiographie appelle "zèle" : des Français qui font plus que ce que les Allemands demandent, qui ajoutent de l'ardeur là où une simple obéissance aurait suffi.

Les premières rafles massives de juifs à Paris débuteront en juillet 1942. Entre l'exposition de septembre 1941 et ces rafles, il y a moins d'un an : le spectacle de la haine précède et prépare la logistique de l'extermination.

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Événement
1943
1943 – 1944 — Salon de thé de Mme Blumer/Réunions du réseau "Résistance" et du MLN
p 48
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Événement
1940
Événement
1940
1940 — Caserne de gendarmerie des Minimes/Quartier général du groupe Rocambole
p 52
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Événement
1941
13 août 1941 — Demeure de la famille Tyszelman/Groupe de Résistants des Jeunesses communistes
p 53
Arrestation de Samuel Tyszelman lors de la manifestation de Strasbourg-St Denis ; il sera fusillé à Verrières
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Événement
1944
mai 1944 — Atelier de fabrication de faux papiers (du Mouvement de libération nationale)
p 55
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Événement
1943
23 avril 1943 — Immeuble possédant une autre sortie au 18 rue Meslay
p 57
L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non. Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, …

L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non.

Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, allemand — trois raisons de mourir dans le Paris de l'Occupation. Arrêté à Dijon deux mois plus tôt, il a été interrogé, torturé, transféré à Paris. Les Allemands veulent des noms, des adresses, des lieux de réunion. Gingold décide de leur en donner un.

Il désigne le 11 boulevard Saint-Martin. « C'est là qu'on se retrouvait. » Les agents le font entrer dans l'immeuble. Ce que Gingold sait et qu'ils ignorent, c'est que le bâtiment possède une seconde sortie — au 18 rue Meslay, de l'autre côté. Le temps que les Allemands comprennent, Gingold a disparu dans les rues du 3e arrondissement.

Le « Travail Allemand » Gingold n'est pas un résistant ordinaire. Né en Bavière dans une famille juive, il a quitté l'Allemagne en 1933, quelques mois après l'arrivée de Hitler au pouvoir. À Paris, il rejoint les cercles de l'émigration antifasciste — il y croise Bertolt Brecht, Lion Feuchtwanger, Arthur London, le jeune Willy Brandt. Quand la guerre éclate, il s'engage dans ce que la MOI appelle le « Travail Allemand » — le TA, la plus dangereuse des missions.

Le principe est simple, l'exécution est suicidaire : approcher les soldats de la Wehrmacht, leur distribuer des tracts en allemand, leur faire lire des journaux clandestins, les convaincre que la guerre est perdue, les inciter à déserter. Il faut parler leur langue, connaître leur culture, deviner ceux qu'on peut toucher — et accepter que la moindre erreur signifie la mort. Gingold, avec sa parfaite maîtrise de l'allemand et son culot, excelle dans ce travail. Il rédige les tracts, organise la diffusion, coordonne les contacts.

Après l'évasion Après sa fuite du boulevard Saint-Martin, Gingold replonge dans la clandestinité. En août 1944, il participe à l'insurrection pour la libération de Paris. Après la guerre, il rentre en Allemagne, s'installe à Francfort, et consacre le reste de sa vie à la lutte antifasciste — interventions dans les écoles, manifestations contre le néonazisme, témoignages infatigables.

Il meurt en 2006, à quatre-vingt-dix ans. Il est enterré à Paris — la ville où il avait appris à résister, et d'où il s'était échappé un jour d'avril par une porte de derrière.

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Événement
1941
3 octobre 1941 — Synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth
p 58
Entre deux et quatre heures du matin, des bombes explosent aux portes de sept synagogues parisiennes : ce sont des Français qui les ont posées, sur ordre allemand, avec des explosifs allemands. Eugène Deloncle est un ing …

Entre deux et quatre heures du matin, des bombes explosent aux portes de sept synagogues parisiennes : ce sont des Français qui les ont posées, sur ordre allemand, avec des explosifs allemands.

Eugène Deloncle est un ingénieur polytechnicien, fondateur en 1935 du Comité secret d'action révolutionnaire, la Cagoule, organisation terroriste d'extrême droite responsable dans les années 1930 d'attentats et d'assassinats politiques, dont celui des frères Rosselli, antifascistes italiens. Sous l'Occupation, il fonde le Mouvement social révolutionnaire (MSR), formation collaborationniste qui met ses hommes au service des Allemands.

À l'automne 1941, Hans Sommer, responsable du service de renseignement allemand en France, prend contact avec Deloncle. Helmut Knochen, chef de la police de sûreté allemande à Paris, veut une opération d'envergure contre les Juifs de Paris. La méthode retenue est le faux nez : les attentats doivent apparaître comme des actes spontanés de Français antisémites, provoqués par les attentats de la Résistance communiste. Les Allemands fournissent les explosifs. Les Français les posent.

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, entre deux heures cinq et quatre heures cinq du matin, des bombes explosent aux portes des synagogues parisiennes : rue des Tournelles, rue Copernic, rue Notre-Dame de Nazareth, rue Pavée, rue Sainte-Isaure, la Grande Synagogue de la rue de la Victoire. Six selon les rapports de police, sept selon un correspondant à Vichy.

Les dégâts matériels sont importants. La synagogue de la rue Pavée, œuvre d'Hector Guimard, est endommagée. Deux policiers allemands sont blessés lors d'une explosion prématurée, ce qui provoquera une brouille interne du côté allemand.

L'opération est un moment charnière. Elle inaugure la violence physique contre les lieux de culte juifs à Paris, six semaines avant que ne s'organise la machine de la déportation. Elle établit la collaboration opérationnelle entre les services allemands et les groupes fascistes français.

Deloncle sera écarté du MSR en 1942, puis abattu par la Gestapo en novembre 1943 dans son appartement du 7e arrondissement. Ses protecteurs s'étaient lassés de lui.

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Événement
1941
9 avril 1941 – 1944 — Direction des affaires de réquisition et d'occupation (DRO)
p 58
Le 9 avril 1941, la Direction des affaires de réquisition et d'occupation s'installe au 50 rue de Turbigo. Sa mission : gérer les quelque 38 000 à 40 000 appartements parisiens réquisitionnés pour le compte des autorités …

Le 9 avril 1941, la Direction des affaires de réquisition et d'occupation s'installe au 50 rue de Turbigo. Sa mission : gérer les quelque 38 000 à 40 000 appartements parisiens réquisitionnés pour le compte des autorités d'occupation.

Le chiffre est colossal. Paris comptait alors environ 1,2 million de logements — les Allemands en contrôlaient donc environ 3 à 4 %. Mais ces logements n'étaient pas pris au hasard. Les réquisitions touchaient en priorité les appartements abandonnés par leurs occupants lors de l'exode de juin 1940, puis les biens juifs confisqués dans le cadre des lois d'aryanisation, puis les logements de personnes arrêtées ou parties en zone libre. Une économie de la spoliation s'était mise en place, administrée avec une précision bureaucratique qui dit beaucoup sur la nature du régime d'occupation.

La Direction des réquisitions gérait les attributions — quel appartement pour quel officier, quelle administration, quelle entreprise allemande. Des dizaines de milliers de familles parisiennes avaient ainsi vu débarquer des occupants en uniforme, ou avaient été expulsées pour laisser la place. Le mobilier des appartements juifs avait souvent été pillé séparément, via l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, chargé de confisquer les biens culturels.

M. Berthet dirigeait ce service — fonctionnaire français au service de l'occupant, un de ces milliers d'agents de la collaboration administrative que l'histoire a moins retenus que les grands noms mais sans qui le système n'aurait pas fonctionné.

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Événement
1942
juillet 1942 – 1944 — Pharmacie Cannone/Centrale de diffusion du journal "Résistance"
p 59
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Événement
1943
2 juillet 1943 — Bistrot de la rue aux Ours
p 60
Meyer List est arrêté dans un bistrot où il mangeait régulièrement malgré les consignes
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Événement
1943
1943 — Archives nationales/Fichier central des prisonniers de guerre
p 61-62
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Événement
1942
19 mai 1942 — Café du boulevard du Palais (fréquenté par les inspecteurs des Bs)
p 66
Attentat à la valise piégée des Groupes spéciaux FTP visant les inspecteurs des Brigades spéciales des RG. Un inspecteur est tué mais aussi un garçon de café
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Événement
1940
1940 – 1944 — Préfecture de police/Section des affaires juives des Renseignements généraux
p 66-67
Constitution du fichier "Tulard", recensant les juifs de Paris, constitué par les brigades spéciales, Bs1 et Bs2, de la police parisienne ; il sera utilisé pour les rafles
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Événement
1940
1940 – 1944 — Nouvel hôpital de l'Hôtel-Dieu (stocks de médicaments pour la Résistance)
p 67
Réseau d'aide à la Résistance parmi le personnel de l'Hôtel-Dieu, permettant des évasions de militants
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Événement
1939
1939 – 1944 — Secrétariat général de la Défense passive
p 68-69
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Événement
1943
1943 — Planque de Paul Steiner et Daniel Apert (du mouvement "Résistance")
p 70
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Événement
1940
juillet 1940 — Demeure de Léon Blum
p 71
Perquisition de l'appartement de Léon Blum après son arrestation à Vichy
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Événement
1942
24 novembre 1942 — Cabinet de dentiste du docteur Albert Maleplate
p 72-73
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Événement
1944
31 juillet 1944 — École du travail (pour les enfants juifs dont les parents ont été déportés)
p 74-75
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Événement
1941
6 mai 1941 – 1968 — Demeure de Jean Paulhan/Centrale de presse du réseau du "Musée de l'Homme"
p 82
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Événement
1941
14 juin 1941 — Palais de la Mutualité
p 82
Premier congrès du Rassemblement national populaire (entre 10 et 30 000 adhérents)
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Événement
1942
1942 — Demeure de Macha Lew/Dépôt de presse de la section TA des FTP-M.O.I.
p 83
Macha Lew diffuse le journal "Soldat im Westen" de la section du Travail antiallemand. Elle est arrêtée suite à la mort accidentelle de son compagnon Salek Bot
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Événement
1942
1942 – 1944 — Église St Médard
p 83
Réseau de diffusion du journal "Résistance", auquel participe le curé de St Médard
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Événement
1940
30 octobre 1940 — École supérieure de Chimie et de Physique/Demeure de Paul Langevin
p 84
On arrête dans son bureau le plus grand physicien français ; deux semaines plus tard, les étudiants de Paris descendent aux Champs-Élysées, et la Résistance commence. Paul Langevin a soixante-huit ans. Physicien de premi …

On arrête dans son bureau le plus grand physicien français ; deux semaines plus tard, les étudiants de Paris descendent aux Champs-Élysées, et la Résistance commence.

Paul Langevin a soixante-huit ans. Physicien de premier plan, inventeur du sonar pendant la Grande Guerre, professeur au Collège de France, directeur de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles, il est l'une des gloires scientifiques françaises. Il est aussi un militant : fondateur en 1934 du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes avec Alain et Paul Rivet, président de la Ligue des droits de l'homme, compagnon de route du Parti communiste, dreyfusard de la première heure.

Le 30 octobre 1940, la Gestapo l'arrête dans son bureau de l'École de physique et chimie, rue Vauquelin dans le 5e arrondissement. Il passe trente-huit jours à la prison de la Santé, au secret, et subit un interrogatoire détaillé le 25 novembre. Il sera ensuite assigné à résidence à Troyes.

L'arrestation provoque une indignation qui traverse les clivages politiques du Quartier latin. Le 8 novembre 1940, une cinquantaine d'étudiants communistes, dont Claude Lalet, manifestent au Collège de France malgré les interdictions. Lalet sera interné puis fusillé à Châteaubriant en octobre 1941, aux côtés de Guy Môquet.

Le 11 novembre 1940, plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants descendent aux Champs-Élysées et à l'Arc de Triomphe pour l'anniversaire de l'armistice de 1918, commémoration interdite par l'occupant. La manifestation est brutalement réprimée. Elle est considérée comme le premier acte public massif de résistance à l'occupant en France.

De cette effervescence naît aussi un journal. Georges Politzer, Jacques Solomon, gendre de Langevin, et Jacques Decour fondent en novembre 1940 L'Université libre, feuille clandestine qui paraîtra en cent quatre numéros jusqu'en octobre 1944. Les trois fondateurs seront arrêtés et fusillés au Mont-Valérien en mai 1942.

Hélène Langevin-Joliot, petite-fille de Langevin et de Marie Curie, physicienne, poursuit aujourd'hui son œuvre de vulgarisation scientifique.

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Événement
1940
Événement
1941
novembre 1941 — Imprimerie Aulard (trop grande, pour des raisons de sécurité)
p 86
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Événement
1943
1943 – 1944 — Café de Mme Andrée Goubillon
p 86
Cachette de 42 parachutistes français, agents du Bureau central de renseignements et d'action chargés de la réalisation du plan Sussex de préparation du débarquement
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Événement
1940
1940 — École Normale Supérieure/Réseau "Couleuvre"/Réseau "Vélite-Thermopyles"
p 87
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Événement
1943
1943 — Collège Sévigné (salle des professeurs)
p 87
Rendez-vous clandestins de la Résistance dans un collège où enseignait Pierre Brossolette
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Événement
1941
1941 – 1943 — Demeure de Xavier Escartin/Filière d'évacuation des réseaux "Vaudevir" et "Orion"
p 91
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Événement
1944
8 avril 1944 — Demeure de Sylvie/Dépôt des archives du Comité d'action contre la déportation (CAD)
p 92
Le 8 avril 1944, rue Pierre Nicole dans le 5e arrondissement, Léo Hamon et ses camarades évacuent en urgence les archives du Comité d'action contre la déportation. Quelqu'un a parlé. La Gestapo peut arriver. Le CAD — son …

Le 8 avril 1944, rue Pierre Nicole dans le 5e arrondissement, Léo Hamon et ses camarades évacuent en urgence les archives du Comité d'action contre la déportation. Quelqu'un a parlé. La Gestapo peut arriver.

Le CAD — son nom officiel dissimulait son objet réel — était une organisation de résistance dont la mission était de lutter contre le Service du travail obligatoire. Le STO, institué par Vichy en février 1943, contraignait les jeunes Français à partir travailler dans les usines du Reich. Des centaines de milliers d'hommes avaient été ainsi déportés en Allemagne, non par idéologie mais par force. Pour beaucoup, le refus du STO fut le premier acte de résistance — et ce refus alimenta aussi les rangs du maquis.

Le CAD aidait les réfractaires à fuir, à se procurer de faux papiers, à trouver des filières. Il tenait des archives — noms, adresses, réseaux — qui ne devaient sous aucun prétexte tomber entre les mains allemandes. Ce 8 avril 1944, avec le débarquement qui approche et la répression qui s'intensifie, il faut déménager ces documents avant la rafle.

Léo Hamon, avocat, futur sénateur gaulliste, coordonne l'opération avec Raymond Borme et plusieurs femmes dont les prénoms seuls figurent dans les archives — Sylvie, Marie-Claire, Claire Lejeune. Ces figures anonymes de la résistance quotidienne, qui n'ont pas de rue à leur nom.

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Événement
1943
1943 – 1944 — Garage de Mr Grant/Cache de véhicules du Mouvement de Libération Nationale
p 93
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Événement
1941
novembre 1941 – 1942 — Demeure de Louis François/Centrale de presse du réseau "Confrérie Notre-Dame"
p 93
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Événement
1942
16 juillet 1942 — Commissariat du 5ème arrondissement/Centre primaire de regroupement lors de la rafle du Vel' d'Hiv'
p 94
Centre primaire de regroupement des juifs lors de la rafle du Vel' d'Hiv' ; opération entièrement menée par la police française
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Événement
1942
1942 – 1944 — Lycée Henri IV/Tour Clovis (poste d'observation des bombardements alliés)
p 95
Résultat des bombardements alliés communiqués à Londres par un groupe Résistant dits Volontaires de la liberté
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Événement
1941
21 novembre 1941 — Librairie Rive Gauche (librairie allemande pendant l'Occupation)/Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 97-98
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Événement
1941
septembre 1941 — La Sorbonne/Faculté des Sciences (dans les sous-sols)/Imprimerie clandestine
p 98-99
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Événement
1940
1940 — Laboratoire photo du Collège de France/Centre de formation pour membres de l'OS
p 99
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Événement
1943
1943 — Hôtel de Mme Pataillot/Dépôt d'armes principal du groupe "Libération-Nord"
p 100
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Événement
1940
1940 – 1943 — Magasin d'instruments de chirurgie de Mr Bonnet/Dépôt du journal "Libération Nord"
p 100
Principal dépôt du journal Libération Nord et de Socialisme et Liberté
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Événement
1942
1942 — Café anglais le "Tea-Caddy"/Réunions du mouvement "Résistance"
p 101
Les militants de "Résistance" se réunissent au milieu des officiers allemands
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Événement
Événement
1941
1941 — Centre d'entraide aux étudiants prisonniers/Union de la corporation des Lettres
p 102
Organisation pétainiste d'aide et de formation pour les étudiants prisonniers de guerre
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Événement
1940
15 juin 1940 – 1944 — Hôtel Lutetia/Siège de l'Abwehr à Paris (service de renseignement nazi)
p 106
QG de l'Abwehr, service de renseignement de l'état-major nazi ; police secrète de campagne
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Événement
1943
12 novembre 1943 — Imprimerie clandestine du journal "Défense de la France"
p 107
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Événement
1943
27 mai 1943 — Appartement de René Corbin/Réunion du Conseil national de la Résistance
p 108
Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Ré …

Réunion du CNR. Pascal Copeau (Libé-Sud), Gaston Tessier (CFTC), Louis Saillant (CGT), Joseph Laniel (PR), Marc Rucart (PS), André Mercier (PC), André Le Troquer (SFIO), Georges Bidault (démo-ch), Jacques Debû-Bridel (Répu)

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Événement
1943
20 juillet 1943 — Librairie "Au Vœu de Louis XIII" (tenue par Mme Wagner)/Boîte aux lettres du réseau "Défense de la France"
p 109
Une librairie de la rue Bonaparte servait de boîte aux lettres ; une trahison suffit à faire tomber tout un réseau. La librairie « Au Vœu de Louis XIII », au 68 de la rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement, avait tout …

Une librairie de la rue Bonaparte servait de boîte aux lettres ; une trahison suffit à faire tomber tout un réseau.

La librairie « Au Vœu de Louis XIII », au 68 de la rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement, avait tout d'un commerce ordinaire. C'était aussi l'une des boîtes aux lettres du réseau de résistance « Défense de la France », fondé en 1941 par Philippe Viannay pour produire et diffuser un journal clandestin du même nom.

Le 20 juillet 1943, Émile Marongin, membre du réseau, passe aux aveux. La Gestapo agit dans les heures qui suivent. La librairie est perquisitionnée, plusieurs membres sont arrêtés. Parmi eux : Jacques Lusseyran — aveugle depuis l'âge de huit ans, recruteur clé du réseau, qui compensait la perte de la vue par une mémoire et un sens de l'écoute hors du commun — et Geneviève de Gaulle, vingt-trois ans, nièce du général.

Geneviève de Gaulle est internée à Fresnes, puis déportée à Ravensbrück en février 1944. Elle survit. Rentrée en France en 1945, elle s'engage dans la lutte contre la grande pauvreté, préside ATD Quart Monde pendant vingt-six ans, publie en 1998 La Traversée de la nuit, récit sobre de sa déportation. Elle entre au Panthéon en 2015.

Lusseyran survécut à Buchenwald. Il écrivit Et la lumière fut, mémoire d'un aveugle qui avait choisi de résister en apprenant à lire les hommes autrement.

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Événement
Date imprécise — Bureaux de Francisque Gay/Réunions du Comité général d'experts
p 110
Francisque Gay publie les rapports du Comité général d'experts, composé de 9 "sages", qui ont planché sur les structures à mettre en place après guerre
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Événement
1943
28 novembre 1943 — Demeure de Juliette Drouin
p 110
Maxime Blocq-Mascart échappe à une souricière tendue par la Gestapo chez les Drouin
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Événement
1942
4 février 1942 — École des surintendantes d'usine/Centrale du Groupe des Surintendantes
p 111-113
Le groupe dit "des Surintendantes" rejoint le Mouvement de libération nationale, qui deviendra "Combat" Le 4 février 1942, un événement discret mais décisif de la Résistance s'est déroulé [[rue Princesse|doc:rue-princess …

Le groupe dit "des Surintendantes" rejoint le Mouvement de libération nationale, qui deviendra "Combat"

Le 4 février 1942, un événement discret mais décisif de la Résistance s'est déroulé rue Princesse, dans le 6e arrondissement. Ce jour-là, le groupe dit « des Surintendantes », composé de femmes engagées dans la clandestinité, a rejoint le Mouvement de libération nationale (MLN), qui deviendra plus tard le mouvement Combat, l'une des principales organisations de la Résistance intérieure française.

Cette rencontre marque une étape clé dans l'unification des réseaux antifascistes sous l'impulsion d'Henri Frenay, fondateur du MLN en 1940. Frenay, ancien officier, anime ce mouvement depuis Lyon et cherche à étendre son influence à Paris. Jeanne Sivadon, infirmière et résistante active, participe à cette fusion en représentant le groupe des Surintendantes, qui opère dans les milieux administratifs et sanitaires pour diffuser informations et tracts. Robert Guédon, également présent, contribue à la coordination logistique entre les cellules parisiennes.

La rue Princesse, située dans le quartier latin animé par des étudiants et intellectuels, offre un cadre propice aux rendez-vous secrets en pleine Occupation nazie. Ce ralliement renforce Combat, qui comptera bientôt des milliers de membres et mènera des actions de sabotage, de renseignement et d'évasion. L'adresse précise, modeste immeuble du quartier, symbolise les bases anonymes de la Résistance urbaine.

Ce 4 février illustre la structuration progressive des mouvements de la France combattante face à Vichy et à l'occupant.

Sources

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Événement
1941
10 juin 1941 – 1942 — Imprimerie clandestine du journal "La France continue"
p 115
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Événement
1942
31 mai 1942
p 115
Manifestation organisée par le PCF ; une militante est arrêtée avec son carnet d'adresses ; 32 militants sont arrêtés, 9 seront fusillés et 22 déportés
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Événement
1940
août 1940 — Bureau des frères Émile-Paul/Société des Amis d'Alain-Fournier
p 116
Ils rejoindront le réseau du musée de l'Homme.
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Événement
1940
1940 – 1941 — Église St Germain des Prés/Filière d'évasion
p 116
Le père Lancrenon fournit des faux papiers aux prisonniers évadés en utilisant son confessionnal
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Événement
1941
décembre 1941 — Demeure de Jean Lacaze/Cachette de Joël Le Tac/Planque de Scaramoni
p 117-118
Planque de Fred Scaramoni en attendant son départ pour Londres, dans le cadre de la mission Overcloud
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Événement
1940
octobre 1940 — Union linotypiste Blanc Frères/Imprimerie du journal "Pantagruel"
p 119
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Événement
1942
1942 — Librairie "la Maison du Livre Étranger"
p 119
Librairie servant de boîte aux lettres et de dépôt du journal "Résistance", bien que fréquentée par des allemands
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Événement
1943
6 octobre 1943
p 120
Il commandait tous les francs-tireurs de la région parisienne sous le nom de colonel Gilles ; personne, pas même ses tortionnaires, n'a jamais su qui il était. Joseph Epstein est né en 1911 à Zamość, en Pologne, dans une …

Il commandait tous les francs-tireurs de la région parisienne sous le nom de colonel Gilles ; personne, pas même ses tortionnaires, n'a jamais su qui il était.

Joseph Epstein est né en 1911 à Zamość, en Pologne, dans une famille juive. Étudiant en droit, militant communiste, arrêté et emprisonné en Pologne, il émigre en France en 1931. En 1936, il part combattre en Espagne dans les Brigades internationales, où il devient commissaire politique. Il y apprend la guerre.

Rentré en France, mobilisé en 1939, fait prisonnier en 1940, il s'évade et entre dans la Résistance. Le Parti communiste lui confie des responsabilités croissantes. En 1943, il succède à Lucien Carré à la tête de l'ensemble des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne, sous le nom de colonel Gilles. Il commande à la fois les FTP français et les FTP-MOI, dont le groupe que dirige Missak Manouchian.

Epstein est un militaire dans une armée d'amateurs. Il impose la discipline opérationnelle, la préparation des attaques, le repli organisé, la séparation des groupes pour limiter les dégâts en cas d'arrestation. Sous son commandement, l'automne 1943 est la période la plus intense de la lutte armée dans Paris : attaques de convois, exécutions d'officiers, sabotages de voies ferrées.

Le 6 octobre 1943, au carrefour de l'Odéon dans le 6e arrondissement, un détachement allemand est attaqué à la grenade. L'opération relève de son commandement.

Le 16 novembre 1943, les Brigades spéciales de la police française l'arrêtent à Évry-Petit-Bourg, alors qu'il attendait Manouchian, arrêté au même endroit. Epstein est torturé pendant des semaines. Il ne révèle jamais son identité. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de la rue Boissy-d'Anglas le 23 mars 1944, il est fusillé au Mont-Valérien le 11 avril 1944 sous le nom de Joseph Andrei. Il avait trente-deux ans.

Il ne figure pas sur l'Affiche rouge : les Allemands ignoraient qui ils avaient pris. Une place du 19e arrondissement porte aujourd'hui son nom.

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Événement
1940
septembre 1940 – 1944 — Imprimerie clandestine Charles Deva/Atelier de fabrication de faux papiers
p 120
Charles Deva cache les faux papiers dans sa vitrine, sous les publications légales
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Événement
1940
1940 – 1944 — Palais du Luxembourg/Quartier général de l'aviation nazie (la Luftwaffe)
p 121
Le palais du Luxembourg est transformé en QG de la Luftwaffe, comprenant un service des prisonniers de guerre
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Événement
1940
1940 – 1941 — Demeure de Louis et Marie-Louise Mandin/Rédaction du journal "La Vérité française"
p 121
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Événement
1940
juillet 1940 – 1944 — Demeure d'Émile Jamart
p 122
Le docteur Émile Jamart participe à de nombreuses actions de Résistance
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Événement
1940
1940 – 1944 — Bureaux de la Conférence Laennec/Base du groupe Guédon (futur membre de "Combat")
p 123-124
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Événement
1942
18 juin 1942 — Atelier de photogravure de Pierre-Bertrand Galesloot
p 124
Arrestation de Pierre-Bertrand Galesloot, militant des Jeunesses communistes, fusillé au Mont Valérien le 11 août 1942
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Événement
1944
1944 — Demeure de Robert-Jean de Vogüé/Centrale du Comité militaire d'action (Comac)
p 128
Centrale du Comité militaire d'action dans l'appartement de Robert-Jean de Vogüé
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Événement
1944
19 août 1944 — PC de l'état-major national des FFI
p 128
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Événement
1944
3 mars 1944 — Magasin d'antiquités "le Triptyque"/Dépôt de presse du journal "Résistance"
p 129
Perquisition par la Gestapo du magasin de Paul André qui échappe à l'arrestation
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Événement
1940
août 1940 – 1942 — Ambassade de Tchécoslovaquie/Inforamationsabteilung (service de propagande nazi)
p 129
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Événement
1941
12 décembre 1941
p 131
Rassemblement des premiers juifs de nationalité française raflés, au nombre de 743 ; conduits ensuite à Compiègne
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Événement
1941
1941 – 1944 — Ministère du Travail (dans la bibliothèque)/PC du groupe Lorraine
p 132-133
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Événement
1943
1943 — Lycée Victor Duruy/Réseau de sauvetage d'enfants juifs
p 134
Réseau de sauvetage d'enfants juifs ; la plupart de ses membres seront déportées
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Événement
1940
9 juillet 1940 — Délégation générale du gouvernement dans les territoires occupés (la DGTO)
p 136
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Événement
1941
1941 – 1944 — Demeure de Jean-Augustin Maydieu
p 137
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Événement
Événement
1942
1942 – 1943 — Demeure d'Aimable Fouquerel/Réseau "Comète"/Filière d'évasion
p 143
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Événement
1941
1941 – 1944 — Hôtel de Matignon/Délégation générale du gouvernement français
p 145
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Événement
1944
18 février 1944 — Imprimerie de Marc Sangnier "la Démocratie sociale"
p 146
Arrestation du personnel de l'imprimerie par la Gestapo ; la plupart de ses membres mourront en déportation
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Événement
1941
13 janvier 1941 — Demeure de Mme de la Bourdonnaye/Planque de Léon-Maurice Nordmann
p 146
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Événement
1941
1941 — Siège de la maison d'édition Gallimard/Bureau de Jean Paulhan
p 147-148
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Événement
1940
1940 – 1943 — Siège de la maison d'édition Gallimard/Siège de la Nouvelle revue française
p 147-148
Pierre Drieu la Rochelle, collaborateur étroit des nazis, dirige la NRF pendant l'Occupation
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Événement
Événement
1943
6 avril 1943 — Centrale du Bureau des opérations aériennes (le BOA, qui dépend du Bureau central de renseignements et d'action, BCRA)
p 150
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Événement
1942
1942 – 1944 — Demeure de Jacques de Barry/Organisation de Résistance de l'Armée
p 151
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Événement
1944
12 juin 1944 — Bistrot de la rue de Bellechasse
p 152
Charles Gonard fait évader Jean-Pierre Levy de la Santé avec un groupe du Mouvement de Libération Nationale
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Événement
1940
1940 – 1944 — Musée social/Secrétariat de l'Organisation civile et militaire
p 152
Maud Lemarié, bibliothécaire au Musée social, assure le secrétariat de l'OCM
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Événement
1944
1944 — Quincaillerie de Georges Beyer/Boîte aux lettres du "Service B" du PCF
p 153
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Événement
1942
7 avril 1942 — lieu-inconnu
p 153
Procès des 27 combattants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale du PCF, dit "procès de la Maison de la Chimie"
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 154
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 154
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
Date imprécise — Grand Hôtel de Monaco/Hôtel de Sagan/Ambassade de Pologne/Institut allemand
p 154
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Événement
1941
1941 — Siège de la revue "L'Ordre national"/Centrale du réseau de renseignement "Alliance"
p 155
Centrale du réseau de renseignement Alliance ; patrouilles "Turenne" et "Guynemer"
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel de Beauharnais/Ambassade d'Allemagne/Demeure d'Otto Abetz
p 156-157
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Événement
1944
28 juin 1944 — Appartement de fonction de Philippe Henriot
p 158
Quarante-huit jours plus tôt, Pierre Dac avait prédit la légende de sa tombe. Philippe Henriot, né à Reims en 1889, a mis vingt ans à devenir ce qu'il est en juin 1944 : la voix la plus écoutée de la France occupée. Dépu …

Quarante-huit jours plus tôt, Pierre Dac avait prédit la légende de sa tombe.

Philippe Henriot, né à Reims en 1889, a mis vingt ans à devenir ce qu'il est en juin 1944 : la voix la plus écoutée de la France occupée. Député de droite de la Gironde depuis 1932, catholique intégriste, antisémite et anticommuniste, il a glissé sans rupture de l'entre-deux-guerres réactionnaire vers la collaboration totale. En janvier 1944, Laval — sous pression d'Hitler, d'Abetz et d'Oberg, contre l'avis de Pétain — le nomme secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande. Henriot prend aussitôt la parole deux fois par jour à Radio-Paris, à midi et le soir, devant des millions d'auditeurs. On le surnomme le « Goebbels français ». Sa voix chaude, à l'accent pathétique soigneusement travaillé, retient l'attention même de ceux qui le détestent.

Ce que fait Henriot à la radio, c'est une guerre des ondes entre Paris occupé et Londres libre. Face à lui, Pierre Dac et Maurice Schumann sur Radio Londres. Il est habile : il retourne les faits. La Résistance n'est qu'une bande de « terroristes » au service des Anglo-Saxons et des Juifs ; la déportation, une mesure d'ordre ; le maquis, une menace pour les civils. La Résistance elle-même reconnaît l'efficacité de ses éditoriaux. Radio-Paris n'est pas seulement une radio : c'est l'armement idéologique du régime collaborateur, la voix qui donne à la domination les apparences de la conviction. Dans la tradition marxiste d'analyse du fascisme — notamment celle de Bordiga, pour qui l'État fasciste n'est que le capitalisme sans masques —, Henriot en est l'instrument le plus efficace.

Quelques semaines avant sa mort, il s'en prend à Pierre Dac à l'antenne en mentionnant ses origines juives : « Qu'est-ce qu'Isaac, fils de Salomon, peut bien connaître de la France ? » Dac lui répond le lendemain sur Radio Londres dans un texte intitulé « Bagatelle sur un tombeau » : la tombe d'Henriot portera la mention Mort pour Hitler, fusillé par les Français. Il sera exaucé quarante-huit jours plus tard.

À cinq heures trente

La Résistance juge l'effet des éditoriaux d'Henriot suffisamment dévastateur pour que le COMAC — Comité d'action militaire — ordonne son enlèvement, ou à défaut son exécution. Charles Gonard, dit Morlot, futur compagnon de la Libération, est chargé de la mission. L'opération devait initialement se tenir dans les locaux du laboratoire d'entomologie du Muséum national d'histoire naturelle ; la cible est changée au dernier moment.

Le 27 juin au soir, Henriot grave son dernier éditorial. Son fils est reparti la veille pour le front d'Italie, où il combat du côté allemand. À l'aube du 28, Gonard et une quinzaine de résistants déguisés en miliciens pénètrent dans le bâtiment du 10 rue de Solférino. Gonard convainc Henriot d'ouvrir la porte de sa chambre. Face aux hommes armés, Henriot tente de se défendre. Il est abattu devant sa femme, qui hurle. Elle est épargnée.

La propagande répond

Dans les heures qui suivent, la Propaganda-Abteilung allemande couvre Paris d'affiches : le portrait d'Henriot et la légende Il disait la vérité. Ils l'ont tué. Le 2 juillet, des obsèques nationales sont célébrées à Notre-Dame en présence de Laval, du gouvernement vichyste et du cardinal Suhard. Pétain — qui n'avait pas contresigné la nomination — refuse de prendre la parole à la radio.

La Milice se charge des représailles. À Rillieux-la-Pape, près de Lyon, Paul Touvier fait fusiller sept Juifs « pour venger Henriot » — crime contre l'humanité qui ne sera jugé qu'en 1994, lors du procès Touvier. À Mâcon, sept autres personnes sont assassinées. Georges Mandel, ancien ministre républicain, est abattu dans le dos de seize balles.

Moins de deux mois plus tard, Paris sera libéré. Pierre Dac avait dit juste.

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Événement
1942
1942 — Demeure de Françoise de Rivière/Imprimerie de faux timbres
p 159
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Événement
1940
1er décembre 1940 – 1942 — Demeure de Christian Pineau (CGT, non PCF)
p 160-161
Manifeste du syndicalisme français, dit "Manifeste des Douze", qui aboutit à la formation du réseau "Libération-Nord" Le Manifeste du syndicalisme français de 1940 Le 15 novembre 1940, douze syndicalistes français adopte …

Manifeste du syndicalisme français, dit "Manifeste des Douze", qui aboutit à la formation du réseau "Libération-Nord"

Le Manifeste du syndicalisme français de 1940

Le 15 novembre 1940, douze syndicalistes français adoptent et signent le Manifeste du syndicalisme libre, également connu sous le nom de Manifeste des Douze. Ce texte, rendu public quelques jours après le décret du 9 novembre 1940 dissolvant les centrales syndicales par le gouvernement de Vichy, constitue un acte fondateur de la résistance syndicale française pendant l'Occupation.

Le manifeste représente une union entre les syndicats CGT et CFTC, deux organisations majeures du mouvement ouvrier français. Son principal objectif est d'affirmer que le syndicalisme français demeure vivant et de redéfinir ses principes face à la politique du régime de Vichy. Le texte repose sur un raisonnement central : le syndicalisme doit réaffirmer les principes à l'origine de son existence sans renier son passé, permettant ainsi une projection positive vers l'avenir.

Le manifeste énonce six principes essentiels du syndicalisme français, notamment son caractère anticapitaliste et sa subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général. Il défend fermement la liberté, affirmant que la défaite française n'est pas due à l'exercice des libertés citoyennes, mais à l'incompétence de l'État-Major et à la mauvaise gestion administrative.

Signé par Maurice Bouladoux, Oreste Capocci, Léon Chevalme, Albert Gazier, Eugène Jaccoude, Robert Lacoste, Pierre Neumeyer, Christian Pineau, Louis Saillant, Gaston Tessier, Victor Vandeputte et Jules Zirnheld, ce manifeste marque le commencement du mouvement de résistance Libération-Nord. Les signataires fondent parallèlement le Comité d'études économiques et syndicales, qui servira de façade légale aux activités de ce réseau de résistance.

Ce document représente un acte de courage politique, allant au-delà d'une simple opposition constructive au régime. Il constitue une résistance à la fois au régime de Vichy, à l'occupation allemande et à toute forme d'oppression, tout en cherchant à rallier le plus grand nombre de soutiens au sein du mouvement syndical français.

Sources

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Événement
1940
octobre 1940 – 1944 — Bureaux de l'Office de publicité générale/Groupe de la rue de Lille
p 161
Centrale de presse clandestine qui édite de nombreux journaux et revues
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Événement
1943
1943 — Centrale nationale du réseau "Éleuthère" (lié au Comité d'action militaire, le COMAC)
p 162-163
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Événement
1942
1942 – 1944 — Restaurant de Roger Picot/Dépôt de publications/Centre de renseignement
p 163
Centrale des réseaux Police et Patrie de Libération-Nord, et Brutus du CAS
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Événement
1943
16 octobre 1943 — Demeure de Gilbert Védy/Planque de Jean-Pierre Levy
p 168
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Événement
1942
13 juin 1942 — Service nazi de contrôle du marché noir
p 169
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Événement
1943
1943 — Service de répression des menées antinationales
p 170
Pierre Nord tente de retourner Charles Detmar, patron pétainiste du service
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Événement
1941
29 novembre 1941 — Siège de l'Union générale des israélites de France (UGIF)
p 171
Organisation créée à l'instigation des nazis pour "accueillir" les enfants de déportés
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Événement
Événement
1941
11 mai 1941 — Parvis de l'église St Augustin
p 172
Manifestation patriotique avec dépôt d'une gerbe ; inscription "Amour sacré de la Patrie, conduis, soutiens nos bras vengeurs"
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Événement
1942
octobre 1942 – 1943 — Demeure et cabinet médical de Marcel Renet (groupe "Résistance")
p 173
Marcel Renet crée "Résistance", un des principaux journaux de la résistance gaulliste ; il sera déporté à Buchenwald
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Événement
Événement
1942
1942 – 1944 — Banque Industrielle et Mobilière/Trésorerie du réseau "Confrérie Notre-Dame"
p 175
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Événement
1943
13 septembre 1943 — Pharmacie Bailly (possédant une double entrée rue de Rome et rue du Rocher)
p 176
Un espion ne disparaît jamais complètement; il change juste d'adresse. Leopold Trepper est le chef de l'Orchestre rouge. Ce réseau d'espionnage soviétique, le plus important jamais déployé en Europe occidentale, a fourni …

Un espion ne disparaît jamais complètement; il change juste d'adresse.

Leopold Trepper est le chef de l'Orchestre rouge. Ce réseau d'espionnage soviétique, le plus important jamais déployé en Europe occidentale, a fourni à Moscou des informations capitales sur les plans militaires allemands: l'invasion de l'URSS en juin 1941 avait été prévue et signalée à Staline; ce dernier n'y avait pas cru. Depuis 1936, Trepper dirige ses opérations depuis Bruxelles puis Paris, sous diverses couvertures commerciales.

En décembre 1942, l'Abwehr, le renseignement militaire allemand, l'arrête à Paris. Juif polonais né en 1904, communiste de longue date, il se retrouve dans les mains de ceux qui ont vocation à le faire disparaître. Il joue alors une carte extraordinaire: il se laisse "retourner", accepte de collaborer avec l'Abwehr contre Moscou. En réalité, il double les agents allemands, transmettant des informations contrôlées et attendant l'occasion de fuir.

Le 13 septembre 1943, l'occasion se présente. Il est conduit par ses gardes à la pharmacie Bailly, au 15 rue de Rome, dans le 8e arrondissement. Cette pharmacie possède une particularité que ses gardes ignorent: elle a deux entrées, l'une sur la rue de Rome, l'autre donnant sur la rue du Rocher. Trepper entre par une porte et sort par l'autre. Le temps que ses gardiens réalisent ce qui s'est passé, il est loin.

Il disparaît dans Paris. Jusqu'à la Libération, il se cache dans la capitale avec l'aide de militants communistes. Ses gardiens allemands, furieux, ne le retrouvent pas. C'est l'une des évasions les plus spectaculaires de l'histoire de l'espionnage de guerre.

Ce qui suit est plus sombre. Après la Libération, Trepper rentre en URSS. Staline, qui ne faisait confiance à aucun agent ayant survécu à une capture ennemie, le fait arrêter. Il passe dix ans dans les prisons soviétiques, accusé d'avoir été retourné. Il est libéré et réhabilité en 1954, après la mort de Staline. Il publie ses mémoires ("Le Grand jeu") en 1975 et meurt en Israël en 1982. La pharmacie de la rue de Rome ne savait pas encore qu'elle venait d'entrer dans l'histoire.

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Événement
1942
novembre 1942 – 1944 — Section d'enquête et de contrôle (police des questions juives, la SEC)
p 176
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Événement
1940
23 décembre 1940 — Demeure de Jacques Bonsergent
p 177-178
Premier Résistant parisien fusillé par les nazis au fort de Vincennes
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Événement
1942
1942 — Restaurant Mollard
p 178
QG du docteur Petiot ; il y rencontre des éléments de "la Carlingue", la Gestapo française
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Événement
1941
1941 – 1942 — Bureau des secrétariats sociaux/Rédaction de la revue "Véritas"
p 182
Rédaction d'un journal Résistant chrétien qui publiait des textes de Pie XII
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Événement
1943
Événement
1943
8 février 1943 — Stand de tir du ministère de l'Air
p 184
Exécution de cinq élèves du lycée Buffon, fusillés par les autorités allemandes le 8 février 1943, après un second procès devant un tribunal militaire allemand. Ces cinq jeunes résistants étaient : Jean Arthus, Pierre Be …

Exécution de cinq élèves du lycée Buffon, fusillés par les autorités allemandes le 8 février 1943, après un second procès devant un tribunal militaire allemand.

Ces cinq jeunes résistants étaient : Jean Arthus, Pierre Benoît, Jean-Marie Michaud, Lucien Legros, Pierre Wolf.

Ils faisaient partie d’un groupe de lycéens engagés très tôt dans la Résistance, principalement dans des actions de propagande, de distribution de tracts et de sabotages légers. Arrêtés une première fois en 1942, ils avaient été condamnés à de lourdes peines de prison. Mais les autorités d’occupation décidèrent de les rejuger, dans un contexte de durcissement de la répression après les attentats de résistants communistes et gaullistes.

Le lieu de leur exécution, au stand de tir de Balard, se situait à l’emplacement de l’actuel 6 avenue de la Porte de Sèvres, dans le 15e arrondissement. Ce stand de tir militaire a servi, pendant l’Occupation, de lieu d’exécutions de nombreux résistants. Il a été détruit en 1964.

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Événement
1943
1943 — Siège et tribunal de la Luftwaffe/Procès des élèves du lycée Buffon
p 184
Pierre Benoît est livré aux nazis par la police française ; son second procès débouchera sur une condamnation à mort
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Événement
1941
13 mai 1941 — Tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht)
p 184
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Événement
1940
1940 – 1944 — Quartier général de la Luftwaffe
p 184
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Événement
1940
septembre 1940 — Bureau d'achat allemand du marché noir
p 186
Ouverture du premier bureau d'achat au marché noir pour les troupes nazies
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Événement
1940
juillet 1940 — Bureaux de la revue collaborationniste "La Gerbe"
p 188
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Événement
1940
8 octobre 1940 — Siège du Parti français national collectiviste (PFNC)
p 189
Groupuscule collaborationniste autorisé par Otto Abetz pour entretenir les querelles entre partis d'extrême droite ; appliquant ainsi la vieille devise : "diviser pour mieux régner"
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Événement
1940
1940 – 1941 — Demeure de Mr Chalugnon/Laboratoire de microphotographie
p 189
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Événement
1941
1er février 1941 — Siège du Rassemblement national populaire (le RNP, collaborationniste)
p 190
Parti financé par les nazis destiné à rassembler tous les mouvements d'extrême droite
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Événement
1942
décembre 1942 — Hôtel Bradford/Annexe du SD nazi
p 190
Pierre Georges, le futur colonel Fabien, est livré aux nazis par les Brigades spéciales françaises ; il parviendra à s'évader du fort de Romainville
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Événement
1941
décembre 1941 – 1942 — Centrale du réseau "Confrérie Notre-Dame"
p 191
Centrale du réseau de la Confrérie Notre-Dame, chapeauté par le colonel Rémy
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Événement
1940
1940 — Siège des éditions Pont/Siège des éditions Pierre Capron
p 191
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Événement
1942
1942 – 1944 — Première brigade de la Police judiciaire (section des Affaires politiques)
p 192
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Événement
1940
1940 – 1944 — Service des colis de ravitaillement pour les prisonniers de guerre
p 192
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Événement
1940
1940 – 1944 — Studios de Radio Paris
p 193
Cinq stations radio, 2 privées et 3 d'État, regroupées et mises au service de la Propaganda Staffel
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Événement
1940
11 novembre 1940 — Place de l'Étoile
p 194-195
L’occupant a interdit de célébrer le 11 novembre. Des milliers de lycéens et d’étudiants montent quand même à l’Étoile, aux cris de « Vive de Gaulle ! ». L’automne 1940 est celui de la défaite. Paris est occupé depuis ju …

L’occupant a interdit de célébrer le 11 novembre. Des milliers de lycéens et d’étudiants montent quand même à l’Étoile, aux cris de « Vive de Gaulle ! ».

L’automne 1940 est celui de la défaite. Paris est occupé depuis juin, et le 24 octobre, à Montoire, la poignée de main entre Pétain et Hitler a scellé la collaboration. Pour bien des jeunes, quelle que soit leur sensibilité politique, c’est une désillusion. Au Quartier latin, on trace des « V » sur les murs, on crie « Vive de Gaulle » dans les couloirs du métro, on porte une petite croix de Lorraine au cou. Le commandement allemand prohibe toute commémoration de l’armistice de 1918, « souvenir insultant pour le Reich » ; Vichy s’incline et fait du 11 novembre un jour de travail ordinaire. Depuis Londres, sur la BBC, de Gaulle appelle au contraire les Français à célébrer l’anniversaire de la victoire.

Tract dactylographié appelant à manifester

Le 11 novembre 1940, dès 5 h 30, trois membres du réseau du musée de l’Homme déposent au pied de la statue de Clemenceau, au bas des Champs-Élysées, une gerbe accompagnée d’une carte de visite d’un mètre de long : « Le général de Gaulle à l’organisateur de la victoire ». Toute la journée, des Parisiens défilent devant la tombe du Soldat inconnu. À partir de seize heures, lycéens et étudiants convergent vers l’Étoile ; ceux de Janson-de-Sailly arrivent en cortège avec une gerbe de deux mètres en forme de croix de Lorraine. Ils sont bientôt trois à cinq mille sur la place et sur l’avenue. On chante « La Marseillaise », on crie « Vive la France ! » et surtout « Vive de Gaulle ! » ; quelques-uns brandissent deux cannes à pêche, deux « gaules ».

Vers dix-huit heures, sur ordre de la Kommandantur, la Wehrmacht intervient avec une grande violence. Des camions encerclent l’Étoile, des mitrailleuses sont mises en batterie, les soldats chargent à la baïonnette et à coups de crosse. Puis des coups de feu éclatent : « Trois fois j’ai entendu tirer des mitraillettes », note l’écrivain Jean Guéhenno. On relève une quinzaine de blessés, dont cinq graves. Plus de deux cents jeunes gens sont arrêtés et conduits à la Santé, au Cherche-Midi ou à Fresnes ; cent quarante-trois sont encore détenus le 17 novembre. Dès le 12, l’occupant a fait fermer tous les établissements d’enseignement supérieur de Paris.

Plaque de bronze scellée dans le sol

C’est l’un des tout premiers actes publics de résistance en France occupée. Au 156, avenue des Champs-Élysées, à l’angle de la place de l’Étoile, une plaque inaugurée par le président René Coty le 11 novembre 1954 le rappelle : devant la tombe de l’Inconnu, « les étudiants de France, manifestant en masse, les premiers résistèrent à l’occupant ».

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Événement
1940
septembre 1940 — Lycée Rollin/Lycée Jacques Decour (actuel)
p 200-201
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Événement
1940
1940 – 1944 — Imprimerie Keller (tenue par Mr Bourquin)/Imprimerie clandestine des "Conseils à l'Occupé"
p 200
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Événement
1943
1943 – 1944 — Atelier de fabrication de faux papiers (du Mouvement de libération nationale, rapatrié de Lyon)
p 202
Centrale de fabrication de faux papiers du Mouvement de libération nationale, le MLN
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Événement
1940
décembre 1940 – 1942 — Demeure de Maurice Petit/Centrale des Bataillons de la Mort
p 202
Réseau de renseignement spontané, qui s'associera au groupe Dauphin-Simon de la SNCF
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Événement
1943
1943 — Demeure d'Odette Vignon/Boîte aux lettres du réseau "Résistance" et de "l'Organisation civile et militaire"
p 204
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Événement
1944
janvier 1944 — État-major de la Milice d'Île de France
p 204
QG de la Milice parisienne ; elle recrute 400 volontaires prisonniers de droit commun
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Événement
1944
22 août 1944 — Siège du Parti communiste français (occupé par les milices de Darnand)
p 205
Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre. Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Pel …

Depuis l’hiver, la Milice de Darnand occupe le siège du Parti communiste. Le 22 août 1944, en pleine insurrection, les FTP viennent le reprendre.

Au 13 de la rue de Châteaudun, un immeuble qui court jusqu’à la rue Le Peletier et à la rue du Faubourg-Montmartre abrite depuis 1937 le siège national du Parti communiste français. Sous l’Occupation, le parti vit dans la clandestinité ; en 1944, l’immeuble est réquisitionné par la Milice française.

La Milice est à la fois un parti, une police politique et une petite armée au service du régime de Vichy finissant. Son chef, Joseph Darnand, officier de la Waffen-SS, a prêté serment de fidélité à Hitler en 1943 ; le 1er janvier 1944, il devient responsable du maintien de l’ordre, et le 27 janvier la Milice, jusque-là cantonnée dans la zone sud, s’étend au Nord. En février, Jean Bassompierre vient la réorganiser. Son propagandiste le plus connu, Philippe Henriot, la voix de Radio-Paris, est devenu secrétaire d’État à l’Information ; la Résistance l’abat le 28 juin 1944 dans son ministère de la rue de Solférino. Pour ce mouvement qui se veut antirépublicain, antisémite et anticommuniste, s’installer dans la maison des communistes est tout un symbole.

Au printemps et à l’été 1944, la guerre civile entre miliciens et résistants atteint son paroxysme. La Milice traque les maquis, torture, exécute. Elle assassine des hommes politiques hostiles à la collaboration : l’ancien ministre du Front populaire Jean Zay en juin, l’ancien ministre de l’Intérieur Georges Mandel en juillet, en forêt de Fontainebleau, et le président de la Ligue des droits de l’homme, Victor Basch, avec sa femme.

À la mi-août, à l’approche des Alliés, Darnand ordonne le repli général : le 16, Bassompierre quitte la France avec la cohorte parisienne. Certains miliciens restent pourtant et épaulent les Allemands quand l’insurrection parisienne éclate. Le 19 août, les policiers résistants s’emparent de la préfecture de police ; le 20, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville ; une trêve, négociée par le consul de Suède, est aussitôt rejetée par le colonel Rol-Tanguy. Les combats atteignent leur paroxysme le 22 août. Ce jour-là, des combattants FTP, les Francs-tireurs et partisans communistes, donnent l’assaut au 13 rue de Châteaudun et reprennent l’immeuble. Huit d’entre eux sont tués.

Le Parti communiste retrouve son siège, qu’il ne quittera qu’en 1971 pour le bâtiment d’Oscar Niemeyer, place du Colonel-Fabien. Entre-temps, en novembre 1956, la rue de Châteaudun aura connu un autre assaut : après l’écrasement de l’insurrection de Budapest par les chars soviétiques, des manifestants mettent l’immeuble à sac.

Les chefs de la Milice ont fini devant le peloton. Quelque deux mille cinq cents miliciens et leurs familles ont suivi les Allemands dans leur retraite, et beaucoup ont rejoint la division SS Charlemagne. Darnand, capturé en Italie, est fusillé le 10 octobre 1945, Bassompierre le 20 avril 1948. L’immeuble de la rue de Châteaudun donne toujours sur la petite place Kossuth, qui porte le nom du héros de la révolution hongroise de 1848.

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Événement
1940
3 octobre 1940 — Synagogue de la rue de la Victoire
p 205
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du Grand Orient de France/Service des sociétés secrètes
p 207
Le Grand Orient de France est interdit pendant l'Occupation ; ses locaux sont occupés par le Service des sociétés secrètes
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Événement
1941
décembre 1941 – 1944 — Radiguer (père et fils)/Imprimerie clandestine du journal "Défense de la France"
p 208
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Événement
1944
avril 1944 — Siège du journal "L'Auto"/Imprimerie clandestine du réseau "Libération-Nord"
p 208
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Événement
1941
1941 — Magasin de fourrure "le Labrador Furs"/Bureau d'enrôlement de la LVF
p 209
Magasin confisqué à des juifs ; un des premiers bureaux de recrutement de la Légion des volontaires français contre le Bolchevisme, la LVF
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Événement
1943
1943 — Café de l'Électricité (tenu par Margot Khill)/Boîte aux lettres du réseau ""Sussex"
p 209
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Événement
1940
1940 – 1943 — Cabaret le Monte-Cristo (de Cyrille Makinsky)
p 214-215
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Événement
1943
23 octobre 1943 — Demeure de Roland Farjon/Centrale de l'Organisation civile et militaire
p 215
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Événement
1941
24 février 1941 — Crédit Industriel et Commercial/Gestapo française
p 217
Premier hold-up de l'Occupation ; attaque de convoyeurs de fonds par des truands collabos qui rejoignent la Carlingue
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Événement
1941
1941 – 1944 — Cabinet de Marcel Petiot (sous le pseudonyme de docteur Eugène)
p 218
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Événement
1941
5 août 1941 — Comité central de la Légion des volontaires français (LVF)
p 219-220
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Événement
1940
18 juin 1940 — Siège de la Propaganda Staffel/Section de presse du MBF
p 220
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Événement
1941
2 septembre 1941 – 1943 — Ligue française d'épuration, d'entraide sociale et de collaboration européenne
p 221
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Événement
1940
1940 – 1944 — Office de surveillance des banques (Devisenschutzkommando)
p 222
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Événement
1942
juin 1942 — Manifestation des Comités de femmes du PCF
p 222
Manifestation organisée par les militantes des Comités de femmes du PCF, de Paris, Seine et Seine et Oise, en réponse à la répression de la rue de Buci ; Laval est pendu à un réverbère et brûlé en effigie
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Événement
1943
10 février 1943 — Foyer de l'Union générale des juifs de France
p 226
Arrestation des enfants juifs d'un foyer de l'UGIF ; tous seront gazés à Auschwitz
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Événement
1941
21 août 1941 — Station de métro Barbès-Rochechouart (quai de la ligne 4, direction Clignancourt)
p 226
Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi. Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort …

Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi.

Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort un revolver de sa poche et tire à bout portant sur un officier de la Kriegsmarine. L'aspirant Alfons Moser meurt sur le quai du métro parisien. C'est le premier acte armé mortel de la Résistance française contre les forces d'occupation.

L'homme qui tire s'appelle Pierre Georges. Il a vingt-deux ans. Connu sous le pseudonyme de "Frédo" dans les réseaux clandestins des Jeunesses communistes, il est encadré ce matin par Gilbert Brustlein, chargé de couvrir sa retraite, et par Albert Gueusquin et Fernand Zalkinow postés aux extrémités du quai pour surveiller et alerter. L'action est préparée dans le détail. Elle est volontaire et politique.

Le contexte est précis. Deux jours plus tôt, le 19 août, deux jeunes militants communistes — Samuel Tyszelman et Henri Gautherot — ont été arrêtés par les Allemands au cours d'une manifestation et fusillés en représailles. Le Parti communiste, engagé dans la Résistance armée depuis l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, a décidé de répondre. Tyszelman et Gautherot seront les premiers d'une longue liste. Moser ne sera pas le dernier officier allemand à tomber à Paris.

Les conséquences sont immédiates et terribles. Les Allemands décrètent des représailles massives : des otages sont fusillés, des sections spéciales des tribunaux français condamnent rétroactivement des communistes arrêtés avant l'attentat. La spirale répression-résistance est enclenchée. Le nom de "Fabien" — pseudonyme que Pierre Georges adoptera ensuite — entre dans l'histoire comme celui du premier résistant à avoir tiré sur l'occupant dans les rues de Paris.

Pierre Georges mourra en décembre 1944 près de Mulhouse, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait les FTP-FFI de la région de Strasbourg sous le nom de colonel Fabien. Il avait vingt-cinq ans. Sa mémoire sera perpétuée par le nom d'une place du 19e arrondissement, la place du Colonel-Fabien, où le siège du Parti communiste français a été construit en 1971 par Oscar Niemeyer. Le 7 rue Le Goff, dans le 5e arrondissement, il retrouvera ses camarades quelques heures après l'attentat pour remettre son revolver à Jacques d'Andurain.

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Événement
1940
20 septembre 1940 – 1944 — Hôpital Lariboisière/Hôpital militaire de la gare du Nord
p 227
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Événement
Événement
1942
1942 – 1944 — Commerce de papier peint de Paul Jouan/Dépôt du mouvement "Résistance"
p 228
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Événement
1941
2 décembre 1941 — Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 229
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Événement
1944
1er juillet 1944 — Manifestation du PCF pendant l'Occupation (encadrée par les FTP)
p 229
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Événement
1942
10 mai 1942
p 230
Maurice Feld est arrêté après une action square Montholon ; il sera fusillé au Mont Valérien
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Événement
1941
10 février 1941 — Siège du journal "Le Petit parisien" (sous tutelle allemande)
p 231
Le Petit Parisien passe sous tutelle allemande ; il tire à 500 000 exemplaires
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Événement
1943
23 septembre 1943 — Siège de la Fédération de la presse clandestine
p 231
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Événement
1941
13 août 1941
p 232
Plusieurs militants sont arrêtés lors d'une manifestation du PCF et des Jeunesses communistes ; Henri Gautherot et Samuel Tyszelman seront fusillés
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 233
Poursuivi et arrêté par la police allemande après une manifestation, Samuel Tyszelman sera fusillé
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Événement
1940
Événement
1941
10 octobre 1941 — Demeure de Jean Vérines/Boîte aux lettres du réseau "Saint-Jacques"
p 236
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Événement
1941
1941 – 1944 — Comité ouvrier de secours immédiat (Cosi)
p 238
Le service de propagande antibritannique mentionné fut créé à Paris en 1941, après le début des bombardements alliés. Il était installé au 213 rue La Fayette, dans un ancien local de la CGT réquisitionné. Ce service, app …

Le service de propagande antibritannique mentionné fut créé à Paris en 1941, après le début des bombardements alliés. Il était installé au 213 rue La Fayette, dans un ancien local de la CGT réquisitionné. Ce service, appelé Comité ouvrier de secours immédiat (COSI), avait pour objectif de diffuser une propagande favorable à l’occupant allemand et hostile au Royaume-Uni, dans le contexte de l’Occupation. Parmi ses responsables figuraient Fernand de Brinon, haut collaborateur du régime de Vichy et représentant du gouvernement français auprès des autorités allemandes, René Albert Mesnard, Victor Barthélemy et un certain Mr Faye. Ce comité s’inscrivait dans la politique de collaboration et de contrôle de l’information menée par les autorités allemandes et leurs soutiens français, visant à influencer l’opinion ouvrière et à contrer la propagande alliée.

Sources

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Événement
1943
Événement
1942
16 juillet 1942 — Gymnase Japy
p 245
Rassemblement de femmes et d'enfants juifs lors de la rafle du Vel' d'Hiv'
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Événement
1941
21 septembre 1941 — Lycée Voltaire
p 246
Formation d'une organisation de jeunesse pétainiste par Jacques Bousquet ; groupe de lycéens appelés "les Jeunes du Maréchal", recrutés parmi les élèves de prépa aux Arts et Métiers
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Événement
1940
1940 – 1944 — Prison de la Petite Roquette
p 246
Prison politique pour femmes pendant l'Occupation ; 4 000 Résistantes y furent incarcérées
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Événement
1941
12 décembre 1941 — Planque du colonel Dumont (chez sa compagne Lucienne Paluy)
p 248
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Événement
Événement
1940
1940 – 1941 — Union générale des israélites de France (colonie scolaire, cantine et dispensaire)
p 249
Sociétés d'entraide des familles juives persécutées. Facilitait de fait les rafles des nazis ; d'aucuns la considérant comme ouvertement collaborationniste ; Rapoport et Bulawko seront déportés
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Événement
1943
28 avril 1943 — Cabinet d'architecte de Mr Vivier/Bureau des opérations aériennes (BOA)
p 250-251
Le 28 avril 1943, [[Jean Ayral|doc:jean-ayral.WebHome]], chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) de la Résistance, et M. Vivier sont arrêtés par la Gestapo au 20 [[boulevard des Filles du Calvaire|doc:boulevard-des …

Le 28 avril 1943, Jean Ayral, chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) de la Résistance, et M. Vivier sont arrêtés par la Gestapo au 20 boulevard des Filles du Calvaire à Paris, lors d’une réunion destinée à organiser un logement pour Ayral. Cette arrestation fait suite à une série de trahisons au sein du réseau, notamment celle de Marcel Goron, alias Gilbert, qui avait infiltré le groupe et transmis des informations à l’occupant. Les agents allemands, bien informés, découvrent des documents compromettants sur des parachutages, mais Ayral parvient à détruire une partie des preuves en avalant des photos et papiers qu’il portait sur lui. Après son arrestation, Ayral est conduit au siège de l’Abwehr, l’hôtel Cayré, boulevard Raspail, d’où il s’évade de manière spectaculaire en neutralisant plusieurs sentinelles, permettant également la fuite d’autres résistants. Cet événement marque un tournant dans la répression du réseau BOA, déjà fragilisé par de nombreuses arrestations, et accélère la mise en clandestinité de plusieurs de ses membres. Jean Moulin, alors chef du Conseil national de la Résistance, n’est pas présent lors de l’arrestation, mais le BOA, sous la direction d’Ayral, était un maillon clé de la coordination des parachutages alliés en France occupée.

Sources

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Événement
1943
1943 — Centrale du réseau de renseignement "Alliance" (dépendant de l'Intelligence Service)
p 250
Centrale du principal réseau de renseignement de l'IS en zone occupée
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Événement
1940
septembre 1940 – 1941 — Demeure de Paulin Bertrand/Centrale du réseau "Valmy"
p 258-259
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Événement
1940
1940 – 1942 — Pâtisserie de la famille Scaffa/Boîte aux lettres des réseaux Valmy et Résistance
p 259
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Événement
Date imprécise — Restaurant "Chez Bouboule"
p 261
Marcel Rajman est un habitué de Chez Bouboule avec son frère et sa bande de copains
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Événement
1942
1942 – 1944 — Mairie du 12ème arrondissement/Honneur de la police
p 261
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Événement
1942
28 février 1942 — Café boulevard Diderot
p 262
Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café. Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur …

Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café.

Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur Dallidet, responsable central de l’organisation et de la sécurité, y retrouve son agente de liaison Marguerite Lamy, qui travaille alors pour Jean Jérôme. Ils s’assoient, parlent de façon apparemment anodine, échangent des nouvelles de la famille ; Dallidet lui glisse discrètement une enveloppe de documents, ainsi qu’un paquet contenant une importante somme en devises et un peu d’or, destiné à l’appareil clandestin.

Ce que les deux militants ignorent, c’est qu’ils sont déjà dans le viseur des Brigades spéciales. La filature d’un responsable régional (Pican, en liaison avec la direction parisienne) a permis à la BS1 de remonter jusqu’aux cercles proches du centre du Parti. Quand Dallidet et Lamy quittent le café, à l’angle du boulevard Diderot et de la rue de Reuilly, les inspecteurs bondissent : un car de police arrive, des « ouvriers du comptoir » se révèlent être des policiers en planque, et les deux résistants sont arrêtés sur le trottoir.

L’enjeu est énorme. Dallidet, qui vient d’être livré à la police française puis aux Allemands, a sur lui ou vient de transmettre des listes de noms et d’adresses de l’appareil clandestin, ce qui entraînera une série d’arrestations, dont celle de l’importante agente de liaison « Betty » (Madeleine Passot). Il subit ensuite des interrogatoires et des tortures extrêmement violents à la Santé et dans les locaux de la Gestapo, sans parler selon les témoignages de ses codétenus, avant d’être fusillé au mont Valérien le 30 mai 1942.

Pour Marguerite Lamy, enceinte au moment de l’arrestation, commence un long parcours de détention, d’interrogatoires et de déportation, dont elle reviendra, contrairement à Dallidet.

[Emplacement précis inconnu: le 118 ou le 79 du bd Diderot]

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Événement
1942
28 février 1942 — Lieu de l'arrestation d'Arthur Dallidet
p 262
Arrestation d'Arthur Dallidet ; il sera torturé puis fusillé sans avoir parlé
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Événement
1940
1940 – 1944 — Centre de transfusion sanguine d'urgence de l'hôpital St Antoine
p 263
Pénurie de donneurs de sang pendant tout le temps de l'Occupation
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Événement
Événement
1942
16 juillet 1942 — Immeuble de la rue Crozatier (habité par de nombreux juifs)
p 264
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Événement
1943
février 1943 – 1944 — Hôtel Dauphiné-Oriental/Atelier de fabrication de faux papiers
p 267
Centre d'hébergement clandestin de réfractaires au STO, et atelier de fabrication de faux papiers
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Événement
1944
19 août 1944 — Préfecture de police (bureaux de la 4ème division)
p 267
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Événement
1942
1942 — Gare de Lyon
p 268
PC de coordination des actions de Résistance SNCF, PTT, réseau de renseignement
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Événement
1944
14 juillet 1944
p 272
Manifestation organisée pour le 14 juillet par les militants du PCF et du Front uni de la Jeunesse, à la veille de la Libération ; 5 000 manifestants
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Événement
1942
1942 – 1944 — Centrale de diffusion du journal "Résistance"
p 272
Mme Maurice, belle-mère de Jacques Destrée, fondateur de "Résistance", organise un groupe de diffusion
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Événement
Date imprécise — Garage de la préfecture de police (camions de détection nazis)
p 273
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Événement
1940
22 juin 1940 – 1944 — Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (réquisitionné par les nazis)
p 274
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Événement
1942
20 janvier 1942 — Imprimerie Oudeville/Imprimerie clandestine des Éditions de Minuit
p 274
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Événement
1941
14 mai 1941 — Gare d'Austerlitz
p 275
Rassemblement de juifs polonais, tchécoslovaques et ex-autrichiens arrêtés ; 3 747 sont emmenés vers les camps de Pithiviers et Bonne la Rolande
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Événement
1940
3 juin 1940
p 280-281
Opération "Paula" ; bombardements par les allemands des 15ème et 16ème arrondissements pour détruire les usines Citroën qui travaillent pour l'Armée de l'air ; ils font 254 morts dont 20 enfants
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Événement
1943
novembre 1943 — Planque de Nicou/Réunions d'un groupe de Résistants
p 281
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Événement
1940
1940 — Planque de France Bloch et Frédo Serazin
p 282
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Événement
1940
1940 – 1944 — Siège du journal "Je suis partout" (journal collaborationniste)
p 283
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Événement
Événement
Événement
1944
14 juillet 1944 — Prison de la Santé (prison politique pendant l'Occupation)
p 290
Mutinerie à la prison de la Santé, organisée par les militants du PCF pour le 14 juillet ; 28 mutins seront fusillés par la Milice
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Événement
1941
novembre 1941
p 291
Première rencontre entre le colonel Rémy et celui qui va devenir son adjoint
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Événement
1943
28 juin 1943 — Planque de Jean Cavaillès
p 292
Né en 1903, normalien, agrégé de philosophie, Jean Cavaillès, chaire de méthodologie et logique des sciences à la Sorbonne, co-fonde le mouvement Libération en zone sud dès 1940. Il crée ensuite le réseau Cohors, issu de …

Né en 1903, normalien, agrégé de philosophie, Jean Cavaillès, chaire de méthodologie et logique des sciences à la Sorbonne, co-fonde le mouvement Libération en zone sud dès 1940. Il crée ensuite le réseau Cohors, issu de Libération-Nord, spécialisé dans le renseignement militaire et le sabotage. Revenu de Londres, il coordonne depuis Paris des opérations contre la Kriegsmarine en Bretagne, structure des groupes d'« action immédiate » avec son adjoint Jean Gosset, crypte et transmet des messages à destination de Londres. Il vit sous fausse identité, change régulièrement d'adresse : rue Jean-Dolent d'abord, puis avenue de l'Observatoire.

Le 28 juin 1943, le réseau Cohors fonctionne depuis la planque du 36 bis avenue de l'Observatoire. Cavaillès vient d'échapper à une arrestation. Le quartier est bien choisi : la proximité de la Santé et de plusieurs établissements universitaires rend le va-et-vient ordinaire, le voisinage discret. L'appartement sert à la fois de base logistique, de point de passage pour les agents de liaison et de centre de cryptage. Dehors, rien ne distingue cet immeuble des autres.

Mais l'été 1943 est fatal. Les services de contre-espionnage allemands infiltrent Cohors par un « Funkspiel » — technique de retournement d'agents radio utilisée sur tout le front Ouest. Le 28 août 1943, Cavaillès est arrêté en pleine rue, entre Port-Royal et le Luxembourg, sous sa véritable identité, au terme d'une filature. Emprisonné, interrogé, torturé, il ne parle pas. Jugé par un tribunal militaire allemand, il est fusillé dans les fossés de la citadelle d'Arras le 5 avril 1944, avec onze autres résistants. Son corps est jeté dans une fosse commune sous le numéro « Inconnu n°5 ». Son identité sera établie après la guerre.

Dans ses derniers mois de captivité, il a rédigé un manuscrit de philosophie. Il s'intitule Sur la logique et la théorie de la science. Il sera publié à titre posthume.

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Événement
Date imprécise
p 293
Place baptisée en l'honneur de Sénans qui ont rejoint la France Libre ; 128 habitants de l'île de Sein, dont 21 mourront au combat
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Événement
1941
avril 1941 — Hôtel de Chimay/Réseau Saint-Jacques (en référence à une station de métro imaginaire)
p 294
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Événement
1941
1941 — Demeure de Louis Pascano (Vengeance-Libre Patrie)
p 294
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Événement
1942
1er août 1942 — Magasin Félix Potin/Comités patriotiques féminins (future UFF)
p 295
Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand fu …

Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand furent tués. Tous les membres du groupe de protection furent arrêtés et fusillés.

Au printemps 1942, un groupe de femmes communistes organisé par les Comités patriotiques féminins et les Francs-Tireurs et Partisans avait lancé une action sur le marché de la rue de Buci, dans le 6e arrondissement : distribution forcée de denrées à la population, refus de payer les commerçants. L'action visait à dénoncer les pénuries alimentaires de l'Occupation et à montrer que la résistance pouvait agir en plein Paris.

La répression avait été immédiate. Des arrestations suivirent ; des résistants furent déportés ou exécutés.

Le 1er août 1942, le groupe coordonné par Maurice Le Berre frappa en représailles. La cible : le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre, dans le 14e arrondissement. Félix Potin était alors la grande chaîne d'alimentation parisienne, omniprésente dans les quartiers populaires. L'opération se transforma en combat : deux policiers et un officier allemand furent tués.

L'action s'inscrivait dans un réseau plus large. Parmi les militantes actives dans cette période figuraient Lise Ricol, Maria Rabaté et Claudine Chomat, militantes des Comités patriotiques féminins qui allaient constituer l'Union des Femmes Françaises. Ces femmes, issues pour la plupart du Parti communiste, organisaient la résistance quotidienne à l'Occupation : tracts, manifestations, ravitaillement des clandestins, actions directes.

Le groupe de protection de Maurice Le Berre fut entièrement démantelé. Tous ses membres furent arrêtés et fusillés.

L'action de la rue Daguerre appartient à une séquence serrée : rue de Buci au printemps, rue Daguerre en août. La résistance communiste parisienne de l'été 1942 était organisée, déterminée, et payait un prix très lourd.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Café de Joseph Lacan/Réunions de la presse clandestine
p 296
Robert Bayer tient des réunions et corrige les épreuves de "Franc-Tireur". Réunions du groupe "Honneur de la Police". Préparation de l'occupation de la Préfecture de police le 19 août 1944
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Événement
1940
21 septembre 1940 – 1942 — Demeure d'Alcide Morel/Réseau "Valmy"
p 302
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Événement
1940
1940 – 1944 — Imprimerie nationale (placée sous direction allemande)
p 305
Récupération de collections typographiques et de timbres pour l'impression de faux papiers destinés à la Résistance
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Événement
Événement
1942
1942 — Imprimerie clandestine du journal "Libération Nord"
p 306
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Événement
1944
mars 1944 — Dépôt du Comité des œuvres sociales des organisations de Résistance (COSOR, créé en mars 1944)
p 307
Centre de ravitaillement pour l'aide aux familles des Résistants tués ou emprisonnés
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Événement
1942
1942 – 1943 — Planque de Jean-Claude Camors/Filière d'évacuation d'aviateurs abattus
p 307
Planque de Jean-Claude Camors dont la tête est mise à prix par la Gestapo
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Événement
1944
3 juin 1944 — Réunions de la direction parisienne de l'Organisation de Résistance de l'Armée (giraudiste)
p 308
Arrestation de tout l'état-major de l'Organisation de Résistance de l'Armée, l'ORA
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Événement
1943
10 novembre 1943 — Café Dupont-Versailles/Réunions de l'état-major parisien du Bureau des opérations aériennes
p 309
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Événement
1942
20 avril 1942 — Lycée Buffon
p 314-315
Cinq lycéens s'engagent dans la lutte armée suite à l'arrestation de Raymond Burgard, un de leurs professeurs membre de "Valmy" ; ils seront arrêtés et fusillés le 8 février 1943
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Événement
1943
1943 — Imprimerie du journal "L'Aurore" (pendant l'Occupation)
p 314
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Événement
1944
1944 — Institut Pasteur/Dépôt de matériel médical du Comité médical de la Résistance
p 315
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Événement
1941
Événement
1941
décembre 1941 – 1942 — Demeure du colonel Rémy (lors de son séjour pour organiser le réseau "Confrérie Notre-Dame")
p 317
Prises de contacts et développement de la Confrérie Notre-Dame ; les deux sœurs de Rémy sont arrêtées
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Événement
1943
1943 — Demeure de Mme Julien/Filière d'évasion de fugitifs et aviateurs
p 318
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Événement
1942
1942 — Planque du colonel Rétoré (responsable du réseau "Alliance" en zone Nord)
p 319
Planque de Rétoré qui passera à l'Organisation civile et militaire puis trahira
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Événement
1942
16 juillet 1942 – 1959 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 320
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1940
1940 – 1941 — Musée de l'Homme/Groupe du Trocadéro/Réseau du "Musée de l'Homme"
p 324-325
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Événement
1941
Événement
1944
21 mars 1944
p 327-328
Le 21 mars 1944 à 11 heures du matin, Forest Yeo-Thomas attend un contact à la station de métro Passy. La Gestapo l'attendait aussi. Il est arrêté, conduit au 84 avenue Foch, et poussé dans un bureau aux cris de Wir habe …

Le 21 mars 1944 à 11 heures du matin, Forest Yeo-Thomas attend un contact à la station de métro Passy. La Gestapo l'attendait aussi. Il est arrêté, conduit au 84 avenue Foch, et poussé dans un bureau aux cris de Wir haben Shelley ! — ils ont Shelley, son nom de guerre. Le "Lapin blanc" est pris.

Yeo-Thomas est britannique, francophone, agent du SOE — le service secret britannique chargé des opérations clandestines en France occupée. C'est sa troisième mission à Paris. Les deux premières l'avaient vu unifier les réseaux de résistance de la zone nord avec Brossolette et Passy, puis plaider directement auprès de Churchill pour augmenter les parachutages d'armes. Cette fois, il est venu pour une seule raison : libérer Pierre Brossolette, arrêté en février en Bretagne avec Émile Bollaert après le naufrage de leur bateau d'exfiltration.

Il arrive trop tard. Brossolette, identifié le 19 mars et transféré avenue Foch, se suicide le 22 mars en se jetant par la fenêtre — menotté dans le dos, ne voulant pas parler sous la torture.

Yeo-Thomas, lui, tient. Deux mois d'interrogatoires, Fresnes, Compiègne, Buchenwald. Il n'a fourni aucune information. Il survivra, témoignera aux procès de Nuremberg, mourra à Paris en 1964. Une rue du 13e arrondissement porte son nom.

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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 329
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Événement
1943
9 juin 1943 — Station de métro La Muette
p 330
Arrestation par Kramer, chef de l'Abwehr, du Charles Delestraint, trahi par Hardy ; il sera assassiné à Dachau
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Événement
1941
1941 – 1943 — Centre postal de la rue Singer/Atelier de fabrication de faux papiers
p 331
Réseau de postiers rattaché à Libération-Nord ; sabotage du courrier et fabrication de faux papiers
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Événement
1941
1941 — Demeure de Jean Madeline/Imprimerie clandestine du journal "Unter Uns" (groupe Guédon)
p 332
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Événement
1942
1942 — Demeure de la famille Petit/Planque du colonel Rémy
p 332
Planque de repos du colonel Rémy, où toute activité illégale est proscrite par sécurité
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Événement
1940
1940 – 1944 — Demeure de la famille Dillemann/Réseau "Cohors-Asturies"/Atelier de fabrication de faux papiers
p 333
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Événement
1941
6 septembre 1941 — Attentat des Bataillons de la Jeunesse
p 333
À dix-huit ans, on peut choisir d'avoir peur; on peut aussi choisir autre chose. Le 21 août 1941, Pierre Georges, dit Colonel Fabien, a abattu un officier de la Kriegsmarine à la station de métro Barbès-Rochechouart. C'é …

À dix-huit ans, on peut choisir d'avoir peur; on peut aussi choisir autre chose.

Le 21 août 1941, Pierre Georges, dit Colonel Fabien, a abattu un officier de la Kriegsmarine à la station de métro Barbès-Rochechouart. C'était le premier attentat de résistance armée reconnu contre l'occupant dans Paris. Les Bataillons de la Jeunesse, organisation armée des Jeunesses communistes créée après le déclenchement de l'opération Barbarossa et la rupture du pacte germano-soviétique, entrent en action dans les rues de la capitale.

Le 6 septembre 1941, au 44 rue des Perchamps, dans le quartier d'Auteuil du 16e arrondissement, trois militants des Bataillons tendent une embuscade à un officier allemand et l'abattent au revolver. Ce sont André Kirschen, Pierre Tourette et Bernard Laurent, auxquels se joint Blatius Hauffmann. Kirschen est né en 1923; il a dix-huit ans. Tourette est encore plus jeune. Dans la logique des Bataillons, chaque action est politique autant que militaire: il s'agit de démontrer que l'occupant n'est pas invincible, de rompre le silence de la défaite.

Les Bataillons comptent alors moins de quarante hommes actifs en région parisienne. Ils opèrent en petits groupes autonomes, frappent rapidement, disparaissent dans les rues en s'appuyant sur des contacts dans les quartiers populaires et les banlieues industrielles. Leur clandestinité totale est leur seule protection. Les Brigades spéciales de la préfecture de police, unité spécialisée dans la traque des résistants communistes, les pourchassent avec méthode et efficacité.

En mars 1942, sept jeunes militants des Bataillons comparaissent devant un tribunal militaire allemand réuni au palais Bourbon, du 4 au 6 mars. Le 9 mars, ils sont conduits au fort du Mont-Valérien et fusillés. Parmi eux figurent André Kirschen, dix-neuf ans, et Pierre Tourette.

La rue des Perchamps se souvient mal de ce matin de septembre 1941. La mémoire des Bataillons de la Jeunesse reste celle des oubliés: trop jeunes pour les commémorations officielles, trop communistes pour certains historiens de la Résistance. Ce sont pourtant eux qui, parmi les premiers, ont prouvé dans les rues de Paris qu'on pouvait se battre.

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Événement
1943
mai 1943 — Planque du général Charles Delestraint (chef de l'Armée secrète)
p 334
Planque du Charles Delestraint lors de son arrivée à Paris ; il sera arrêté le 9 juin
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Événement
1943
3 juin 1943 — Rue Mirabeau/Attentat FTP-M.O.I.
p 336
Attentat contre un car de la Kriegsmarine ; Ernst Blaukopf, blessé, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien
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Événement
1942
juin 1942 – 1943 — Imprimerie clandestine de la section juive des FTP-M.O.I.
p 336
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Événement
Événement
Événement
1943
12 avril 1943 — Demeure de Claire Davinroy
p 341-342
Réunion organisée par Jean Moulin, destinée à trancher entre action immédiate ou seulement lors du Débarquement ; débat sur l'intégration des FTP à l'Armée Secrète, commandée par Delestraint, que le PCF refuse. Le 12 avr …

Réunion organisée par Jean Moulin, destinée à trancher entre action immédiate ou seulement lors du Débarquement ; débat sur l'intégration des FTP à l'Armée Secrète, commandée par Delestraint, que le PCF refuse.

Le 12 avril 1943, dans un appartement de la rue de la Faisanderie, dans le 16e arrondissement, Jean Moulin réunit autour de lui les hommes qui doivent décider de la stratégie militaire de la Résistance en zone occupée. Sont présents le colonel Passy — André Dewavrin, chef du BCRA à Londres —, Pierre Brossolette, le général Delestraint, commandant de l'Armée secrète, et les responsables des cinq mouvements de résistance de zone Nord. La réunion est clandestine, le lieu change à chaque fois, les participants arrivent séparément.

L'enjeu est considérable. Passy et Brossolette sont en France depuis février, envoyés par de Gaulle pour une double mission — baptisée « Arquebuse-Brumaire » — : unifier les mouvements de zone Nord et créer un état-major militaire de zone occupée, symétrique de celui de l'Armée secrète au Sud. La question qui divise ce 12 avril est celle qui traversera toute l'histoire de la Résistance : faut-il privilégier l'action immédiate — sabotages, attentats, guérilla — ou constituer une armée secrète structurée qui n'interviendra massivement qu'au moment du débarquement allié ?

Moulin, mandaté par de Gaulle, pousse à l'unification et à la discipline militaire. Brossolette, plus proche des mouvements de terrain, défend leur autonomie. Le débat est tendu. Delestraint tranche en faveur d'un commandement centralisé — les forces de zone Nord seront intégrées dans un état-major unique.

Un mois plus tard, le 27 mai, Moulin préside la première réunion du Conseil national de la Résistance, rue du Four. Deux mois après cette réunion de la rue de la Faisanderie, le 21 juin, il est arrêté à Caluire. Il meurt sous la torture le 8 juillet sans avoir parlé.

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Événement
1942
1942 — Appartement du colonel Pierre Lévy/Centrale du réseau "Confrérie Notre-Dame"
p 342-343
Centrale de la Confrérie Notre-Dame pendant 3 mois ; elle ne sera jamais découverte
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Événement
1941
1941 – 1944 — Gestapo française (dite Gestapo Henri Martin)
p 343-344
Service de contre-espionnage français au service des nazis ; il infiltrera deux réseaux, "Défense de la France" et "Parsifal", et sera à l'origine de l'arrestation de 800 Résistants
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Événement
1944
25 février 1944 — Demeure d'Alfred Touny (Organisation civile et militaire)
p 344
Arrestation du colonel Touny, chef de l'OCM et fondateur du SR Centurie
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Événement
1943
9 juin 1943 — Station de métro Rue de la Pompe
p 345
Arrestation du colonel Gastaldo, adjoint de Delestraint, et de Théobald, trahis par Hardy
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Événement
1940
novembre 1940 — Librairie et Bibliothèque Universelles (couverture de Pierre Brossolette)
p 346-347
Pierre Brossolette rejoint le groupe du Trocadéro, le réseau du musée de l'Homme, puis devient secrétaire de Charles de Gaulle. Il achète une librairie dont il va se servir comme lieu de réunions
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Événement
1944
10 juin 1944 — Lycée Janson de Sailly
p 348
Publication d'une feuille ronéotée intitulée "Notre droit" ; 12 lycéens seront fusillés
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Événement
1944
17 avril 1944 — Gestapo française
p 350-351
Un bel immeuble bourgeois du 16e, un premier étage discret, et quatre mois qui suffiront à briser plus de trois cents résistants. Le 17 avril 1944, Friedrich Berger prend possession d'un appartement au premier étage du 1 …

Un bel immeuble bourgeois du 16e, un premier étage discret, et quatre mois qui suffiront à briser plus de trois cents résistants.

Le 17 avril 1944, Friedrich Berger prend possession d'un appartement au premier étage du 180 rue de la Pompe, entre la place Victor-Hugo et la Porte Dauphine. L'adresse n'a rien d'un lieu de police : c'est un immeuble haussmannien ordinaire, dans l'un des arrondissements les plus calmes de Paris occupé. C'est précisément ce qui en fait un outil redoutable.

Berger a trente-trois ans. Né en Allemagne en 1911, il est agent du SD — le service de renseignement de la SS — depuis plusieurs années. Son équipe est composite : une quarantaine d'auxiliaires français, recrutés dans les milieux de la collaboration et de la petite pègre, parfois motivés par l'argent, souvent par l'idéologie, toujours par l'impunité que leur offre la protection allemande. La presse libérée, puis les archives du procès, donneront à cette constellation un nom qui restera : la Gestapo de la rue de la Pompe. L'appellation est commode mais trompeuse — Berger est allemand, ses hommes sont français, et ce sont ces derniers qui commettent l'essentiel des arrestations, des interrogatoires et des tortures.

Le dispositif est efficace pour une raison simple : il pratique l'infiltration. Les auxiliaires français se présentent comme des résistants, des agents alliés parachutés, parfois comme des gaullistes en transit. Ils prennent contact avec des filières d'évasion vers l'Espagne, des réseaux du BCRA, des groupes de maquisards. Quand la confiance est acquise, ils donnent rendez-vous — et ce sont des dizaines de personnes qui disparaissent, raflées d'un coup au point de ralliement. Les prisonniers sont amenés rue de la Pompe. Le premier étage devient en quelques semaines l'un des lieux les plus redoutés de Paris.

Les méthodes sont celles de la Gestapo : baignoire, décharges électriques, passages à tabac prolongés. Certains parlent, la plupart meurent sans parler. En quatre mois, du 17 avril au 17 août 1944, l'équipe Berger arrête plus de trois cents résistants. Cent soixante-trois sont déportés ; une cinquantaine ne reviendront pas des camps. Quarante autres sont fusillés. Le procès tenu devant le Tribunal militaire permanent de Paris, du 19 novembre au 22 décembre 1952, établira un bilan d'au moins cent dix morts directement imputables à la rue de la Pompe.

Le chapitre le plus noir se joue dans les derniers jours de l'Occupation. Le 16 août 1944 — deux jours avant que les premiers chars de Leclerc n'entrent dans Paris — trente-cinq jeunes résistants, la plupart arrêtés par la bande Berger dans les semaines précédentes et détenus au 180 rue de la Pompe, sont emmenés au bois de Boulogne. Ils sont abattus à la mitraillette à la cascade de Longchamp. Leurs corps resteront sur place pendant deux jours. On parle aujourd'hui du massacre du bois de Boulogne ; sept autres résistants seront exécutés dans la nuit du 17 au 18 août au même endroit, portant le total à quarante-deux. La plupart avaient entre dix-huit et vingt-cinq ans.

Berger fuit Paris dans les convois allemands de l'été 1944. Arrêté en Allemagne après la guerre, puis relâché faute de preuves tangibles pour les occupants américains, il sera condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 par le Tribunal militaire permanent de Paris. Il ne sera jamais extradé. Il meurt à Munich en 1960, libre, d'une longue maladie.

Une plaque commémorative a été apposée sur la façade du 180 rue de la Pompe ; une autre, à la cascade du bois de Boulogne, rappelle le massacre des trente-cinq. L'immeuble lui-même n'a rien changé. On passe devant sans rien voir.

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Événement
1940
Événement
1940
septembre 1940 – 1941 — Demeure de Jacques Arthuys/Filière d'évasion du réseau "Hector"
p 350
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Événement
Date imprécise — Demeure de Bernard et André Kirschen (chez leurs parents)
p 353
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Événement
1942
1942 — Sous-section de l'Office central de sécurité allemand (RSHA, intervention du Referat)
p 353
Service créé par la Gestapo pour l'exécution d'assassinats et d'enlèvements ; bande de Carbone et Spirito, groupe de tueurs à gages ; assassinat d'Eugène Deloncle
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Événement
1944
22 août 1944 — Hôtel Majestic (centre de conférences)/Siège de l'état-major nazi
p 354-356
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Événement
Date imprécise — Restaurant "Le Traktir" (du groupe Prunier)
p 354
Réseau de renseignement Prunier ; constitué autour d'un projet d'empoisonnement des officiers supérieurs nazis
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Événement
1942
Événement
1941
1941 – 1943 — Gestapo française (surnommée "la Carlingue")
p 358
Local annexe de la Gestapo ; prison où furent torturés et assassinés de nombreux Résistants
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Événement
1940
1940 — Siège du groupe "Collaboration" (qui organise l'exposition Arno Breker)
p 359
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Événement
1943
septembre 1943 — Demeure d'Hélène Peyronnet/Planque de Forest Yeo-Thomas et de Pierre Brossolette
p 364
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Événement
Événement
Événement
1940
1940 – 1944 — Annexe de la Gestapo française de la rue de la Pompe (bureau d'achat)
p 366
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Événement
1941
avril 1941 — Demeure de Pierre de Froment/Lieu de diffusion du journal "les Petites Ailes de France"
p 366-367
Organisation de la diffusion des "Petites Ailes de France", qui deviendront "Combat"
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Événement
1943
8 mai 1943 — Hôtel Astrid/Siège du journal de la Milice "Combats"
p 367
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Événement
1942
15 mai 1942
p 368
Les responsables de la Confrérie Notre-Dame et de l'ORA seront arrêtés le soir même de leur rencontre
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Événement
1942
10 mars 1942 — Salle Wagram/Exposition "le Bolchevisme contre l'Europe"
p 369
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Événement
1943
27 mai 1943 — Réunions de la section juive des FTP-M.O.I. (après la trahison de Davidowicz)
p 370-371
Réorganisation de la Section juive des FTP-M.O.I. après la trahison de Joseph Davidowicz. Elle se déroule malheureusement sous la surveillance des inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux
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Événement
1943
1943 — Brasserie des Ternes (dans les toilettes)/Organisation de Résistance de l'Armée
p 370
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Événement
1940
octobre 1940 – 1941 — Siège de la Confédération des travailleurs intellectuels (future Organisation civile et militaire)
p 371
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Événement
1940
1940 – 1944 — Hôtel Mercedes (réquisitionné par les nazis)
p 374
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Événement
1942
24 novembre 1942 — Demeure de la famille Corbin (couverture de l'Orchestre rouge)
p 375-376
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Événement
1941
janvier 1941 — Gare des Batignolles (réquisitionnée par la ROGES)
p 376
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Événement
1944
janvier 1944 — Demeure des sœurs Benoît/Planque de Pierre Morel
p 377
Après plusieurs tentatives pour gagner Londres, Pierre Morel crée sa propre filière d'évasion
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Événement
1941
mars 1941 — Locaux de la Grande Loge de France (centre d'action et de documentation)
p 379
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Événement
1943
22 juillet 1943 — Bureau de recrutement des Waffen SS français
p 384
Le 22 juillet 1943, dans l'un des quartiers les plus bourgeois de Paris, un bureau ouvrit pour enrôler des Français volontaires dans les troupes d'élite de l'armée nazie. L'idée venait de loin. Depuis 1941, la Légion des …

Le 22 juillet 1943, dans l'un des quartiers les plus bourgeois de Paris, un bureau ouvrit pour enrôler des Français volontaires dans les troupes d'élite de l'armée nazie.

L'idée venait de loin. Depuis 1941, la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (LVF) envoyait des soldats français combattre aux côtés de la Wehrmacht sur le front de l'Est. Le projet Waffen-SS allait plus loin : intégrer des Français dans les SS, sous uniforme SS, avec insignes SS.

Le bureau du 24 avenue du Recteur Poincaré, dans le 16e arrondissement, traita les candidatures sous l'autorité de Vichy et avec la caution nominale de Pierre Laval. La caserne du 100 boulevard Ney, dans le 18e, servit de centre d'incorporation et de formation. Les recrues venaient d'horizons variés : militants fascistes convaincus, anciens légionnaires de la LVF, anticommunistes fanatiques. Beaucoup avaient déjà vu le front de l'Est.

La brigade formée en 1943 devint, en 1945, la division SS « Charlemagne ». En décembre 1944, elle comptait encore 3 740 hommes. En avril 1945, des volontaires français de la Charlemagne figuraient parmi les derniers défenseurs de la Chancellerie du Reich à Berlin.

L'avenue du Recteur Poincaré, entre les tennis du Bois de Boulogne et les appartements haussmanniens du 16e, avait été pendant quelques mois la première adresse française de la division SS.

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Événement
1943
22 juillet 1943 — Caserne des Waffen SS français
p 384
Caserne des Waffen SS français, dont beaucoup de transfuges de la "légion des volontaire français", la LVF
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Événement
Événement
Événement
1943
octobre 1943 — Centrale du réseau "Vidal"
p 386
Recueil de renseignements sur le réseau SNCF, acheminés à Londres par le réseau Brutus
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Événement
1940
Événement
1941
juillet 1941 — Station de métro Château Rouge
p 387
Rencontre, lors d'une manifestation du PCF au départ de la rue Myrha, entre Pierre Tourette et André Kirschen qui rejoint les Jeunesses communistes
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Événement
1940
septembre 1940 — Demeure de Rex Puterflam/Réunions de la section juive de la M.O.I.
p 387
Réorganisation de la section juive de la M.O.I. ; publication du journal "Unzer Wort"
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Événement
1943
10 février 1943 — Demeure de Mme Pesselmann
p 388
Arrestation de Mme Pesselmann, conduite à Drancy et gazée à Auschwitz le 2 mars
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Événement
1942
30 juin 1942 — Demeure de la famille Wallach/Organisation juive d'entraide "Solidarité"
p 389
Deux semaines avant le Vel d'Hiv, au 108 boulevard de Rochechouart, la police frappe à une autre adresse. Au printemps 1942, Paris entre dans l'été le plus sombre de l'Occupation. Les arrestations de Juifs s'accélèrent. …

Deux semaines avant le Vel d'Hiv, au 108 boulevard de Rochechouart, la police frappe à une autre adresse.

Au printemps 1942, Paris entre dans l'été le plus sombre de l'Occupation. Les arrestations de Juifs s'accélèrent. Les rafles se succèdent. Le gouvernement de Vichy négocie activement avec les autorités allemandes l'organisation d'une grande opération — elle aura lieu le 16 juillet, au Vel d'Hiv.

Au 108 boulevard de Rochechouart, dans le 18e arrondissement, au bas de la butte Montmartre, vit la famille Wallach. Élie Wallach est militant de « Solidarité » — l'organisation juive communiste clandestine fondée en 1939, au lendemain de l'interdiction du PCF. Elle s'est constituée à partir de la section juive de la MOI, la Main-d'œuvre immigrée, qui regroupe les travailleurs étrangers communistes réfugiés en France depuis les années vingt et trente — Polonais, Roumains, Hongrois, fuyant les pogroms et la montée des fascismes d'Europe centrale.

Solidarité opère sur plusieurs fronts : aide matérielle aux familles de détenus et de déportés, diffusion de tracts, sauvetage d'enfants, et — de plus en plus à mesure que la répression s'intensifie — résistance armée. Ses membres sont pour la plupart des immigrés récents, souvent sans papiers solides, sans domicile stable. La clandestinité n'est pas pour eux une posture politique : c'est un mode de vie imposé depuis des années.

Le 30 juin 1942, Élie Wallach est arrêté. L'arrestation entraîne celle de plusieurs membres de sa famille et d'autres militants. L'adresse du boulevard de Rochechouart était à la fois un domicile familial et une adresse de l'organisation — le type de superposition qui rend une arrestation si dévastatrice dans un réseau clandestin : on ne perd pas seulement un militant, on perd un lieu, un relais, un maillage entier.

Ce que nous savons, c'est le calendrier. Le 30 juin 1942 est à seize jours du Vel d'Hiv. En juillet, 13 152 Juifs de Paris et de banlieue seront arrêtés par la police française, conduits au Vélodrome d'Hiver, puis à Drancy, puis à Auschwitz. Les militants de Solidarité qui n'avaient pas encore été arrêtés survivront quelques mois de plus — et beaucoup mourront quand même, en 1943 et 1944.

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Événement
Événement
1943
janvier 1943 — Domicile clandestin du couple Jugeau (PC)
p 390
Réseau de renseignement du PCF qui travaille en collaboration avec Londres
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Événement
1940
1940 – 1943 — Imprimerie de Pierre Boursin (fabrication de faux papiers et impression de tracts)
p 391
Pierre Boursin est arrêté par la Gestapo ; il mourra à la forteresse de Strehlen en Silésie
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Événement
1940
1940 – 1944 — Maison du prisonnier (créée et financée par la Propaganda-Staffel)
p 391
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Événement
1943
1943 — Imprimerie Racine/Imprimerie clandestine du journal "Libération Nord"
p 396
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Événement
1944
juin 1944 — Imprimerie Schryver/Imprimerie clandestine du journal "Résistance"
p 396
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Événement
1941
25 novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 397
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Événement
1941
novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 397
Planque improvisée en urgence de Gilbert Brustlein, rescapé du groupe de la Roquette. Origine de la chute du réseau dit du Chapeau Rouge
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Événement
1943
1943 — Garage et station-service réquisitionnés par l'armée allemande
p 398
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Événement
1944
janvier 1944 — Temple des Buttes Chaumont/PC de l'Organisation de Résistance de l'Armée (giraudiste)
p 398
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Événement
1942
1942 — Maison d'enfants (créée par les nazis pour accueillir les orphelins juifs)
p 399
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Événement
1944
25 juillet 1944 — Centre d'accueil de l'UGIF
p 400
Le 25 juillet 1944, à trente et un jours de la Libération de Paris, les SS raflèrent les enfants juifs hébergés dans les centres de l'UGIF. Ils furent tous gazés à Auschwitz. L'UGIF — Union générale des israélites de Fra …

Le 25 juillet 1944, à trente et un jours de la Libération de Paris, les SS raflèrent les enfants juifs hébergés dans les centres de l'UGIF. Ils furent tous gazés à Auschwitz.

L'UGIF — Union générale des israélites de France — avait été créée par décret de Vichy en novembre 1941 comme organisation obligatoire censée représenter tous les juifs de France. Elle gérait des services sociaux, des centres d'aide, des maisons pour enfants. Depuis la rafle du Vel d'Hiv de juillet 1942, des centaines d'enfants dont les parents avaient été déportés y étaient hébergés sous la promesse d'une protection. C'était un piège.

Le 25 juillet 1944, sous l'autorité d'Aloïs Brunner — SS-Hauptsturmführer, collaborateur direct d'Eichmann, arrivé en France en juin 1943 pour organiser les dernières déportations —, des équipes de la Gestapo investirent onze centres UGIF à travers Paris. Le centre du 70 avenue Secrétant, dans le 19e arrondissement, fut l'un d'eux. Les enfants furent arrêtés, conduits à Drancy, déportés à Auschwitz.

Paris serait libéré le 25 août 1944. Aloïs Brunner s'enfuit après la guerre en Syrie, sous une fausse identité. Il ne fut jamais extradé. Il y mourut probablement au début des années 2000, à plus de quatre-vingt-dix ans, sans avoir rendu compte de ses actes devant aucun tribunal.

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Événement
1940
1940 – 1944 — Caserne des Tourelles (centre de détention et de rassemblement)
p 406
Centre de détention où sont enfermés des militants et militantes communistes pendant l'Occupation
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Événement
1943
1943 – 1944 — Caserne Mortier/Centre d'internement pour les réfractaires au STO
p 406
Centre de formation pour des membres de la Milice ; police politique supplétive de triste mémoire
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Événement
1943
23 mars 1943 — Planque d'Henri Krasucki et Paulette Sliwka/Section juive des FTP-M.O.I.
p 407
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Événement
1942
1942 — Demeure de Karl Schoenhaar (chez sa mère)
p 408
En 1942, sous l'Occupation nazie, le 6 rue Étienne Marey dans le 13e arrondissement de Paris abrite la demeure de Karl Schoenhaar, qui y habite avec sa mère, Odette Pisler. Schoenhaar fait partie d'un groupe qui organise …

En 1942, sous l'Occupation nazie, le 6 rue Étienne Marey dans le 13e arrondissement de Paris abrite la demeure de Karl Schoenhaar, qui y habite avec sa mère, Odette Pisler. Schoenhaar fait partie d'un groupe qui organise les premiers attentats antinazis en France. Il adhère au Bataillon de la jeunesse communiste, participe activement à ces actions de résistance contre les forces allemandes installées dans la capitale et joue un rôle clé dans la coordination de ces opérations clandestines depuis son domicile. La maison sert de point de rendez-vous et de base pour préparer les attaques: le concierge de l'immeuble, Monsieur Leblois, aussi un résistant, conserve dans sa cave un arsenal fait de grenades, armes et autres explosifs. Les actions du Bataillon de la jeunesse communiste marquent le début de la Résistance armée à Paris, dans un contexte de répression accrue par les nazis et la police française. L'adresse reste associée à ces débuts de la lutte antinazie en 1942.

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Événement
1940
1940 – 1942 — Demeure de Karl Schoenhaar/Dépôt d'armes du PCF
p 408
Récupération et réparation d'armes ; Karl sera fusillé au Mont Valérien, Hélène sera déportée
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