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23 octobre 1960
Événement

Le FLN lance une offensive coordonnée contre les postes des supplétifs algériens de la police parisienne

Le FLN lance une offensive coordonnée contre les postes des supplétifs algériens de la police parisienne
Stèle des 20 membres de la FPA tués en opération (carré militaire du cimetière parisien de Thiais).

Une même nuit, plusieurs commandos attaquent les casernements d'Algériens engagés au service de la police française : la guerre d'Algérie est aussi une guerre entre Algériens, dans les rues de Paris.

La Force de police auxiliaire a été créée le 1er décembre 1959 sur décision du Premier ministre Michel Debré, à la demande du préfet de police Maurice Papon. Elle est composée de musulmans algériens engagés volontaires, commandés par le capitaine Raymond Montaner. On les appelle les "calots bleus," du nom de leur couvre-chef. Leur mission est de démanteler l'organisation de la Fédération de France du FLN dans les quartiers à forte population algérienne.

Leur efficacité tient à ce qu'ils parlent la langue, connaissent les codes, identifient les militants. Leurs méthodes sont brutales : rafles, arrestations arbitraires, interrogatoires avec violences dans leurs propres locaux, notamment à la Goutte-d'Or et dans le 13e arrondissement. La première compagnie, implantée dans le 13e, y désorganise gravement le réseau FLN.

Le FLN riposte en les visant spécifiquement. Le 23 octobre 1960, une opération coordonnée frappe plusieurs de leurs implantations. Des commandos en voiture attaquent à la grenade et à l'arme automatique le poste du 191 rue du Château-des-Rentiers, le réfectoire du 206, le poste de commandement du 159 boulevard de la Gare, et un réfectoire au 36 rue du Texel dans le 14e arrondissement.

Le bilan est lourd des deux côtés. Boulevard de la Gare, deux combattants du FLN sont tués et un troisième blessé ; un seul s'échappe. Rue du Texel, deux combattants sont tués et trois blessés. La répression suit immédiatement : une rafle dans dix-huit hôtels du 14e arrondissement conduit à l'arrestation de soixante-neuf Algériens. Environ vingt membres de la FPA seront tués par des commandos du FLN au cours de ces deux années.

Cette guerre dans la guerre laissera des blessures durables. La FPA est dissoute le 30 juin 1962, à l'indépendance. Ses membres, considérés comme traîtres en Algérie, seront pour la plupart abandonnés par la France qui les avait employés.