Maurice Fingercwajg attaque un détachement allemand : il sera fusillé sur l'Affiche rouge

Place de la Porte de Versailles (devant l'entrée du Parc des Expositions)/Attentat FTP-M.O.I.

Portrait de Maurice Fingercwajg.

Il avait dix-huit ans depuis quinze jours quand il posa sa bombe devant le détachement allemand.

Maurice Fingercwajg est né à Varsovie le 4 juillet 1925. En ce 19 juillet 1943, lui et trois camarades attaquent à la bombe un détachement de soldats allemands place de la Porte de Versailles, dans le 15e arrondissement.

Il appartient aux FTP-MOI — Francs-Tireurs et Partisans, branche Main-d'Œuvre Immigrée —, le réseau de résistance communiste composé en grande partie de Juifs d'Europe centrale, de Polonais, d'Arméniens, d'Italiens et d'Espagnols réfugiés en France. À Paris, ce réseau opère sous la direction de Missak Manouchian, Arménien arrivé en France après le génocide, ajusteur à l'usine Citroën.

De l'été 1943 à novembre 1943, le groupe mène une trentaine d'actions dans Paris et sa banlieue : attentats, sabotages, exécutions d'officiers nazis. Le 16 novembre 1943, la Gestapo les arrête presque tous en une nuit. Manouchian, Fingercwajg et vingt et un autres sont jugés par un tribunal militaire allemand le 18 février 1944. Le 21 février, ils sont fusillés au fort du Mont-Valérien.

Les Allemands avaient conçu une affiche : dix de leurs visages photographiés, en noir et blanc, sur fond rouge. Étrangers, dit le texte, criminels, terroristes. Elle fut placardée dans tout Paris. Les Parisiens y virent autre chose. Louis Aragon leur dédia en 1955 un poème, « Strophes pour se souvenir », que Léo Ferré mit en musique. Sur les vingt-deux hommes fusillés au Mont-Valérien ce matin-là, la quasi-totalité étaient étrangers, la plupart étaient juifs. La France les a reconnus Morts pour la France.

Le 21 février 2024 — quatre-vingts ans jour pour jour après son exécution —, Missak Manouchian est entré au Panthéon.

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