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Couverture — L'Affiche rouge
Bibliographie

L'Affiche rouge

GANIER RAYMOND Philippe
Fayard, 1975.
39 Fiches citant cet ouvrage
1975 Édition

Fiches citant cet ouvrage

39 fiches
Événement
1944
17 février 1944 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 15
Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire a …

Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire allemande. Dans ses salons lambrissés se tient la cour martiale chargée de juger vingt-quatre résistants des FTP-M.O.I., souvent désignés de façon réductrice comme le « groupe Manouchian », du nom de l’un de leurs responsables, [[Missak Manouchian|doc:missak-manouchian.WebHome]].

Ces combattants étrangers ou apatrides – Arméniens, Juifs d’Europe centrale, Italiens, Espagnols, Polonais… – ont mené depuis 1942 une intense guérilla urbaine : attentats, sabotages, exécutions ciblées contre l’occupant nazi et ses collaborateurs. Arrêtés à l’issue de longs mois de filatures, torturés par la police allemande, ils sont livrés à un procès conçu dès l’origine comme une opération de propagande : montrer que la Résistance serait une « armée du crime » étrangère au « vrai » peuple français.

Dans la grande salle du Continental, transformée en salle d’audience, les accusés comparaissent devant des juges en uniforme, sous l’œil d’une trentaine de journalistes de la presse collaborationniste, invités à relayer chaque détail. Le verdict, décidé d’avance, tombe après une délibération dérisoire : vingt-trois condamnations à mort, une peine de travaux forcés. Quelques jours plus tard, les fusillés du Mont‑Valérien et l’exécution d’[[Olga Bancic|doc:olga-bancic.WebHome]] seront mis en scène par l’« Affiche rouge » et une brochure illustrée, destinées à discréditer leur mémoire.

Parler de « procès du groupe Manouchian » masque cependant la réalité d’un ensemble plus large : celui des détachements FTP‑M.O.I., où se mêlent parcours, langues et engagements multiples. En visant ces combattants étrangers, la cour martiale du Continental cherche à frapper au cœur une Résistance qui, précisément, n’a jamais été aussi française que lorsqu’elle s’est nourrie de l’internationalisme des persécutés.

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Événement
1942
16 juillet 1942 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 15
Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs. L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theo …

Les 16 et 17 juillet 1942, c'est la police française qui arrête, à Paris et en banlieue, plus de treize mille Juifs.

L'opération porte un nom de code : « Vent printanier ». Elle est décidée par les Allemands – le SS Theodor Dannecker – mais exécutée par la police française. René Bousquet, secrétaire général à la police de Vichy, en a négocié les modalités ; à Paris, le préfet de police Amédée Bussière la met en œuvre. Au matin du 16 juillet, quelque 4 500 policiers et gendarmes français se répartissent la ville, listes en main, dressées à partir du fichier des Juifs recensés. En deux jours, ils arrêtent plus de treize mille personnes – 12 884 selon un décompte, 13 152 selon les registres de la préfecture : environ 5 900 femmes, 3 100 hommes et 4 100 enfants.

Les personnes seules et les couples sans enfant sont conduits directement au camp de Drancy. Les familles – près de huit mille personnes – sont entassées au Vélodrome d'Hiver, le « Vél' d'Hiv' », au 8 boulevard de Grenelle, dans le 15e : une piste cyclable sous une verrière, en plein mois de juillet, où l'on reste cinq jours sans eau, sans vivres, presque sans soins. De là partent les convois vers Drancy, Pithiviers, Beaune-la-Rolande, puis vers Auschwitz. Des quelque 4 100 enfants raflés, aucun n'est revenu.

Pendant un demi-siècle, l'État français s'est tu, entretenant l'idée d'un Vichy étranger à la France. Il aura fallu attendre le 16 juillet 1995 pour qu'un président de la République, Jacques Chirac, reconnaisse, sur les lieux, la responsabilité de l'État français : « La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. »

Le vélodrome, lui, a brûlé et fut démoli en 1959 ; il ne reste rien de lui sur le boulevard de Grenelle. À quelques pas, au bord de la Seine, un monument dû au sculpteur Walter Spitzer – une femme enceinte, des enfants, un vieillard – fut élevé en 1994. Il tient la place que le stade ne peut plus tenir.

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Événement
1943
19 juillet 1943 — Place de la Porte de Versailles (devant l'entrée du Parc des Expositions)/Attentat FTP-M.O.I.
p 16-17
Il avait dix-huit ans depuis quinze jours quand il posa sa bombe devant le détachement allemand. Maurice Fingercwajg est né à Varsovie le 4 juillet 1925. En ce 19 juillet 1943, lui et trois camarades attaquent à la bombe …

Il avait dix-huit ans depuis quinze jours quand il posa sa bombe devant le détachement allemand.

Maurice Fingercwajg est né à Varsovie le 4 juillet 1925. En ce 19 juillet 1943, lui et trois camarades attaquent à la bombe un détachement de soldats allemands place de la Porte de Versailles, dans le 15e arrondissement.

Il appartient aux FTP-MOI — Francs-Tireurs et Partisans, branche Main-d'Œuvre Immigrée —, le réseau de résistance communiste composé en grande partie de Juifs d'Europe centrale, de Polonais, d'Arméniens, d'Italiens et d'Espagnols réfugiés en France. À Paris, ce réseau opère sous la direction de Missak Manouchian, Arménien arrivé en France après le génocide, ajusteur à l'usine Citroën.

De l'été 1943 à novembre 1943, le groupe mène une trentaine d'actions dans Paris et sa banlieue : attentats, sabotages, exécutions d'officiers nazis. Le 16 novembre 1943, la Gestapo les arrête presque tous en une nuit. Manouchian, Fingercwajg et vingt et un autres sont jugés par un tribunal militaire allemand le 18 février 1944. Le 21 février, ils sont fusillés au fort du Mont-Valérien.

Les Allemands avaient conçu une affiche : dix de leurs visages photographiés, en noir et blanc, sur fond rouge. Étrangers, dit le texte, criminels, terroristes. Elle fut placardée dans tout Paris. Les Parisiens y virent autre chose. Louis Aragon leur dédia en 1955 un poème, « Strophes pour se souvenir », que Léo Ferré mit en musique. Sur les vingt-deux hommes fusillés au Mont-Valérien ce matin-là, la quasi-totalité étaient étrangers, la plupart étaient juifs. La France les a reconnus Morts pour la France.

Le 21 février 2024 — quatre-vingts ans jour pour jour après son exécution —, Missak Manouchian est entré au Panthéon.

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Événement
1943
12 novembre 1943 — Rue La Fayette/Attentat FTP-M.O.I.
p 25
Attaque manquée d'un convoyeur de fonds allemand ; une trahison. Della Negra blessé et Wichitz sont arrêtés. Tous les membres seront fusillés au Mont Valérien avec Manouchian
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Événement
1932
1932 — Siège de la section "Main-d'œuvre immigrée" du PCF
p 30
Librairie de l'Humanité et siège légal de la M.O.I., la section Main-d'œuvre immigrée du Parti communiste français ; auparavant "Main-d'œuvre étrangère", la M.O.E. ; curieuse façon de désigner des camarades venus d'autre …

Librairie de l'Humanité et siège légal de la M.O.I., la section Main-d'œuvre immigrée du Parti communiste français ; auparavant "Main-d'œuvre étrangère", la M.O.E. ; curieuse façon de désigner des camarades venus d'autres pays...

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Événement
1940
Événement
1943
1943
p 37
Planque de Joseph Boczor, responsables du détachement des dérailleurs des FTP-M.O.I.
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Événement
Date imprécise — Demeure de Marcel Rajman (chez ses parents, tricoteurs)
p 64 & 192
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Événement
1942
9 septembre 1942 — Boulevard de Charonne/Attentat FTP-M.O.I.
p 86
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Événement
1942
9 novembre 1942 — Librairie Rive Gauche (librairie allemande pendant l'Occupation)/Attentat FTP-M.O.I.
p 103-104
Attentat de Thomas Elek contre la librairie collaborationniste "Rive Gauche du Rhin", où il dépose de sa propre initiative une bombe cachée dans un exemplaire évidé du Capital
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Événement
Date imprécise — Librairie Rive Gauche (librairie allemande pendant l'Occupation)
p 103-104
Librairie consacrée aux auteurs nazis ; cible de plusieurs attentats pendant l'Occupation
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Événement
1943
1943 — Planque de Thomas Elek (dans une soupente)
p 114
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Événement
1943
23 février 1943 — Hôtel réquisitionné par l'armée allemande/Attentat FTP-M.O.I.
p 129-130
Attaque à la grenade, par des membres des FTP-M.O.I., contre un hôtel réquisitionné par l'armée allemande transformé en bordel. Jean Kerbel est blessé mais sauvé par ses camarades
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Événement
1943
10 juin 1943 — Siège du parti fasciste italien à Paris (pendant l'Occupation)/Attentat FTP-M.O.I.
p 129
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Événement
1943
3 juin 1943 — Demeure du général von Apt/Attentat FTP-M.O.I.
p 129
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Événement
1943
10 mars 1943 — Attentat des FTP-M.O.I.
p 133
Attentat manqué des combattants FTP-M.O.I. contre des camions de troupes de l'armée allemande. Les grenades explosent prématurément. Kerbel et Radzinski sont blessés et pris
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Événement
1943
23 février 1943
p 133
Soi-disant attentat contre deux officiers nazis : exemple d'erreur flagrante de Philippe Ganier-Raymond dans son livre "l'Affiche Rouge" qui en est truffé
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Événement
1943
16 mars 1943 — Cinéma Rex (transformé en Soldatenkino)/Attentat FTP-M.O.I.
p 134-135
Depuis l'Occupation, le Grand Rex n'est plus accessible aux Parisiens. Réquisitionné par la Wehrmacht et transformé en Soldatenkino, il est réservé aux soldats allemands de permission — l'une des nombreuses salles des Gr …

Depuis l'Occupation, le Grand Rex n'est plus accessible aux Parisiens. Réquisitionné par la Wehrmacht et transformé en Soldatenkino, il est réservé aux soldats allemands de permission — l'une des nombreuses salles des Grands Boulevards confisquées à l'usage exclusif de l'occupant.

Le 16 mars 1943, un commando des FTP-MOI — Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d'œuvre Immigrée — dépose une bombe sur le trottoir devant le cinéma. L'auteur de l'attentat, Paul Silberman, ancien combattant des Brigades internationales en Espagne, est blessé lors de l'opération.

Les FTP-MOI sont à cette époque le bras armé de la résistance communiste immigrée à Paris — Juifs d'Europe centrale, Polonais, Arméniens, Italiens, Espagnols — qui mènent une guérilla urbaine contre les symboles de l'Occupation : officiers allemands, établissements militaires, cinémas et restaurants réquisitionnés. Le Grand Rex, vitrine ostentatoire du Gross Paris allemand, est une cible naturelle.

La répression est immédiate et mécanique. Conformément au « code des otages » instauré depuis 1941, les autorités allemandes font fusiller 46 détenus en représailles — des résistants et militants communistes pour la plupart, déjà emprisonnés, qui n'ont aucun lien avec l'attentat. La logique est celle de la terreur collective : punir la population pour les actes dont les auteurs n'ont pas été arrêtés.

Ni la répression ni la menace ne stopperont les FTP-MOI. Le Grand Rex sera à nouveau visé en septembre 1943.

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Événement
1943
3 juin 1943 — Rue Mirabeau/Attentat FTP-M.O.I.
p 145
Attentat contre un car de la Kriegsmarine ; Ernst Blaukopf, blessé, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien
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Événement
1939
7 octobre 1939 — Demeure de Missak et Mélinée Manouchian
p 159
Quatre ans avant que les Allemands ne le fusillent comme terroriste, c'est la police française qui vient le chercher chez lui, au nom de la lutte contre le communisme. Missak Manouchian a vingt-treize ans en 1939. Né en …

Quatre ans avant que les Allemands ne le fusillent comme terroriste, c'est la police française qui vient le chercher chez lui, au nom de la lutte contre le communisme.

Missak Manouchian a vingt-treize ans en 1939. Né en 1906 dans une famille arménienne d'Anatolie, orphelin du génocide de 1915, recueilli dans un orphelinat au Liban, arrivé en France en 1925, il a travaillé comme tourneur chez Citroën avant d'être licencié pendant la crise. Il écrit des poèmes en arménien, traduit Baudelaire et Verlaine, dirige des revues littéraires arméniennes. Il a adhéré au Parti communiste en 1934 et milite dans les organisations de la Main-d'œuvre immigrée. Il vit avec Mélinée au 79 rue des Plantes, dans le 14e arrondissement.

Le 23 août 1939, l'URSS et l'Allemagne nazie signent à Moscou le pacte de non-agression, assorti d'un protocole secret de partage de l'Europe orientale. Le Parti communiste français, subordonné à la ligne de Moscou, doit justifier l'injustifiable. Le gouvernement Daladier saisit l'occasion : le 26 septembre 1939, un décret dissout le PCF et toutes ses organisations. Les journaux communistes sont interdits, les élus déchus, les militants poursuivis.

Le 7 octobre 1939, la police française arrête Missak Manouchian à son domicile, en tant que cadre du Parti communiste. Il est interné. Cette arrestation est le fait d'un État français encore en République, en guerre contre l'Allemagne, et qui traite comme ennemi intérieur un militant arménien apatride.

Manouchian sera libéré, puis à nouveau arrêté le 22 juin 1941, jour de l'invasion de l'URSS, et libéré encore. Il entre dans la lutte armée en 1943, prend la tête des FTP-MOI de la région parisienne, dirige des dizaines d'opérations, dont l'exécution de Julius Ritter. Arrêté le 16 novembre 1943, il est fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944 après avoir écrit à Mélinée la lettre que l'on connaît : "Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal." Il est entré au Panthéon en février 2024, avec Mélinée.

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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 228-229
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Événement
1943
17 novembre 1943 — Planque de Wolf Wajsbrot
p 235
Arrestation de Wajsbrot, membre du détachement des dérailleurs, et de sa compagne
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Événement
1943
16 novembre 1943 — Immeuble de la Gestapo (centre d'interrogatoire)
p 235-246
Arrestation et interrogatoire d'Olga Bancic, qui sera décapitée en Allemagne malgré la promesse de lui laisser la vie sauve
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Événement
1943
24 février 1943 — Cache d'armes des FTP-M.O.I.
p 247-248
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Événement
Date imprécise — Hôtel Printania/Attentat FTP-M.O.I.
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Événement
1941
août 1941 — Préfecture de police (2ème étage, salle 35)/Bureau des Brigades spéciales des Renseignements Généraux (les RG)
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