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Couverture — Baudelaire en 1848 : « la Tribune nationale »
Bibliographie

Baudelaire en 1848 : « la Tribune nationale »

Jules Mouquet et W.T. Bandy
Éditions Émile-Paul Frères, 1946.
1 Fiches citant cet ouvrage
1946 Édition
BnF

À propos de cet ouvrage

Incipit

À la veille de 1848, Baudelaire se débat dans

des difficultés d'argent inextricables. Sa vie est

devenue tellement difficile, qu'il envisage un

moment de quitter Paris définitivement pour aller

vivre à l'île Maurice, en qualité de précepteur

des enfants de M. Autard de Bragard. Il a

jusqu'au mois de février « pour accepter ou

refuser ».

Fiches citant cet ouvrage

1 fiche
Événement
1848
24 février 1848
p 6-11
Le 24 février 1848, au carrefour de Buci, la révolution croise la trajectoire d’un poète qui n’a rien d’un militant discipliné : Charles Baudelaire. Ce jour‑là, on le voit, fusil de chasse tout neuf à la main, derrière u …

Le 24 février 1848, au carrefour de Buci, la révolution croise la trajectoire d’un poète qui n’a rien d’un militant discipliné : Charles Baudelaire. Ce jour‑là, on le voit, fusil de chasse tout neuf à la main, derrière une barricade dressée au cœur de la rive gauche insurgée.

La scène nous est connue par le témoignage d’un contemporain : la foule vient de piller une armurerie du carrefour, et Baudelaire, exalté, arbore un fusil encore « vierge » et une cartouchière immaculée. Il répète alors une phrase qui restera célèbre : « Il faut aller fusiller le général Aupick ! », son beau‑père, officier de carrière devenu, pour lui, la figure même de l’autorité bourgeoise et militaire. Cette haine familiale se mêle à la fièvre politique du moment : la monarchie de Juillet vacille, les Tuileries vont tomber, la République est à portée de main.

Pourtant, cette flambée révolutionnaire est brève. Baudelaire, qui jusque‑là se méfiait des républicains, se laisse emporter par l’ivresse des journées de Février, fonde un petit journal (Le Salut public), fréquente un temps les clubs radicaux, puis se retire, déçu par le cours des événements et repris par ses obsessions poétiques.

Le carrefour de Buci garde la trace de ce moment suspendu où le futur auteur des Fleurs du Mal joue, l’espace de quelques heures, au révolutionnaire en armes. Derrière l’anecdote presque théâtrale, on voit affleurer une autre histoire : celle d’une génération d’écrivains ballotés entre engagement éphémère, fascination pour la violence des rues et retour rapide aux batailles littéraires, tandis que la révolution, elle, continuera sans eux vers les affrontements de Juin.

[N.B. emplacement incertain: alternative serait le carrefour avec la rue de l'Ancienne  Comédie]

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