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📖 Paris des avant-gardes RUSTENHOLZ Alain
Bibliographie

Paris des avant-gardes

RUSTENHOLZ Alain
Parigramme, 2004.
Livre
429 Fiches citant cet ouvrage
2004 Édition

Fiches citant cet ouvrage

429 fiches
Événement
1911
1911 – 1917 — Seconde académie russe de Marie Vassiliev (puis cantine russe)
p 12
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Événement
1895
1895 — Demeure d'Henri de Régnier
p 13
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Événement
Événement
Date imprécise — Hôtel Richelieu (ancien Hôtel du duc de Richelieu)
p 18
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Événement
1802
1802 – 1822 — Demeure de Sophie Gay (jusqu'à la mort de son mari)
p 18
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Événement
1821
1821 — Siège de la Société royale des bonnes-lettres
p 18
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Événement
1821
1821 – 1822 — Demeure de Victor Hugo (louée par Abel Hugo, son frère)
p 19
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Événement
1822
1822 – 1824 — Hôtel du Conseil de guerre/Demeure d'Adèle Foucher (chez ses parents)
p 19-20
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Événement
1821
1821 — Demeure de Victor Hugo (après la mort de sa mère)
p 20
Mansarde où demeure Victor Hugo à 19 ans ; il y écrit ses "Odes et Ballades"
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Événement
1823
Événement
1824
1824 — Bibliothèque de l'Arsenal/Appartement de fonction de Charles Nodier
p 21
Charles Nodier, conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal, réunit chez lui les auteurs romantiques
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Événement
Événement
1824
12 janvier 1824 – 1827 — Demeure et atelier d'Eugène Delacroix
p 22-23
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Événement
1824
1824 — Demeure et atelier d'Eugène Delacroix
p 23
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Événement
Événement
Événement
1806
23 juillet 1806 — Maison natale de Félix Arvers
p 28
Naissance du poète Félix Arvers, auteur pour la fille de Charles Nodier, dont il sera platoniquement amoureux, du fameux sonnet : "Mon âme a son secret ; ma vie a son mystère"
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Événement
1829
février 1829 — Théâtre Français
p 29
Alexandre Dumas monte "Henri III et sa cour" ; première pièce romantique jouée à Paris
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Événement
1829
30 septembre 1829 — Demeure de Victor Hugo (dans la chambre au "lys d'or")
p 30
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Événement
1829
10 juillet 1829 — Demeure de Victor Hugo
p 30
Lecture de la pièce de Victor Hugo, "Marion Delorme", qui remporte un succès enthousiaste
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Événement
1824
1824 – 1839 — Demeure d'Alfred de Musset
p 30
Maison de jeunesse d'Alfred de Musset, qui vit avec sa mère et son frère ; il y écrit "La Nuit de mai" et "Contes d'Espagne et d'Italie"
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Événement
Événement
1830
mai 1830 – 1832 — Demeure de Victor Hugo (dans ce qui est alors la seule maison de la rue)
p 34
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Événement
Événement
1858
15 juin 1858 — Demeure d'Ary Scheffer (depuis 1830)/Musée de la Vie romantique
p 34
Mort du peintre Ary Scheffer, qui recevait dans son salon le Tout-Paris artistique de l'époque
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Événement
1830
Événement
1831
Événement
1829
1829 – 1835 — Couvent des Théatins (désaffecté)/Demeure et atelier d'Eugène Delacroix
p 36
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Événement
Événement
Événement
1831
24 septembre 1831 – 1832 — Demeure de Frédéric Chopin
p 37
Il fuit Varsovie vaincue, il a vingt et un ans, et ce qu'il ne peut pas exprimer en gestes, il le met dans la musique : l'Étude révolutionnaire. Frédéric Chopin arrive à Paris à la fin de septembre 1831. Il a vingt et un …

Il fuit Varsovie vaincue, il a vingt et un ans, et ce qu'il ne peut pas exprimer en gestes, il le met dans la musique : l'Étude révolutionnaire.

Frédéric Chopin arrive à Paris à la fin de septembre 1831. Il a vingt et un ans. Il quitte les pays polonais depuis plusieurs mois, entamant un voyage vers l'Ouest prévu de longue date, mais que les événements ont rendu irréversible : le 8 septembre 1831, Varsovie est tombée aux mains des armées russes du tsar Nicolas Ier. L'insurrection polonaise, commencée en novembre 1830 avec l'espoir d'arracher à la Russie une constitution et une autonomie, est écrasée. Des milliers de patriotes polonais prennent la route de l'exil.

En apprenant la chute de Varsovie, Chopin compose à Stuttgart ce qui sera publié sous le numéro 12 de l'opus 10 : l'Étude en ut mineur, que la postérité nommera "l'Étude révolutionnaire." La main gauche y développe un mouvement de basse continue qui évoque les déferlements d'une armée ou d'une foule ; la main droite chante une mélodie d'une intensité brisée qui ressemble à un cri retenu. La pièce dure cinq minutes. Elle condense en cinq minutes tout ce que Chopin ne peut pas faire : se battre, retourner en Pologne, voir sa famille, tenir un sabre.

Il s'installe au 27 du boulevard Poissonnière, dans l'actuel 2e arrondissement, son premier domicile parisien. Le quartier est animé, bourgeois, commerçant. Paris accueille à cette époque une grande vague d'exilés polonais après l'écrasement de l'insurrection. Ce qu'on appelle la "Grande Émigration" rassemble, entre 1831 et 1832, plusieurs milliers de patriotes polonais qui trouvent refuge en France et forment à Paris l'un des foyers politiques et culturels les plus actifs d'Europe.

Chopin ne retournera jamais en Pologne. Il mourra à Paris en 1849, au 12 place Vendôme. Ses funérailles à la Madeleine rassemblent le tout-Paris musical et aristocratique. Son cœur, selon ses dernières volontés, sera renvoyé à Varsovie dans une urne transportée en secret. Il y est encore, inhumé dans la colonne de l'église Sainte-Croix.

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Événement
1831
3 mai 1831 — Demeure de Marie Dorval
p 37
Première représentation d'"Antony", apogée du mélodrame romantique ; Marie Dorval est raccompagnée jusque chez elle par le public
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Événement
1830
1830 — Hôtel meublé de Rouen/Demeure de Charles-Augustin Sainte-Beuve
p 37-38
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Événement
1832
26 février 1832 — Première salle Pleyel
p 38
Le 26 février 1832, Frédéric Chopin donne à Paris son premier grand concert public dans la salle Pleyel, alors toute récente, et se révèle d’un coup comme l’un des nouveaux maîtres du piano romantique. L’enfant prodige v …

Le 26 février 1832, Frédéric Chopin donne à Paris son premier grand concert public dans la salle Pleyel, alors toute récente, et se révèle d’un coup comme l’un des nouveaux maîtres du piano romantique. L’enfant prodige venu de Varsovie, déjà remarqué dans les salons, se confronte pour la première fois à un vrai public payant, dans une ville où brillent encore Liszt, Kalkbrenner ou Herz.

Le programme, très caractéristique, mêle virtuosité et élégance : Chopin y joue notamment son Concerto en mi mineur, ainsi que des pièces pour piano seul qui frappent par leur liberté de style et leur lyrisme intime. La salle, réputée exigeante, lui fait un accueil enthousiaste. La presse souligne à la fois la finesse du toucher, l’invention harmonique et ce mélange de mélancolie et de feu intérieur qui distingue le jeune Polonais des « virtuoses de métier » alors à la mode. Ce soir‑là, le public parisien découvre un pianiste qui ne cherche pas seulement à éblouir, mais à faire entendre une voix singulière.

Ce concert marque un tournant pour Chopin. Jusqu’alors, il vivait surtout des leçons privées et des apparitions dans les salons aristocratiques ou bourgeois ; après Pleyel, il entre de plain‑pied dans la vie musicale parisienne. Son succès renforce son image de musicien « pour connaisseurs » : il ne jouera plus très souvent en grand public, préférant l’atmosphère plus intime des salons, mieux adaptée à ses nocturnes, mazurkas et ballades. Mais la date du 26 février 1832 reste comme le moment où son nom s’affiche vraiment sur la scène parisienne, dans cette salle Pleyel qui deviendra, pour tout le XIXᵉ siècle, l’un des hauts lieux du piano.

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Événement
1831
Événement
1832
Événement
1828
1828 – 1834 — Demeure de Théophile Gautier (chez ses parents)
p 39
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Événement
1833
3 octobre 1833 — Ambassade de Grande Bretagne
p 39
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Événement
1832
1832 – 1848 — Boulangerie de la Herse d'Or
p 39-40
Quand Victor Hugo habitait place des Vosges, il fréquentait cette boulangerie, ainsi que la boulangère
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Événement
1833
Événement
Événement
1832
octobre 1832 – 1833 — Hôtel Victoria/Demeure de Frédéric Chopin
p 40
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Événement
1832
octobre 1832 – 1836 — Demeure de George Sand (la "mansarde bleue")
p 40
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Événement
Événement
1824
27 juillet 1824 — Demeure d'Alexandre Dumas père/Maison natale d'Alexandre Dumas fils
p 40
Le 27 juillet 1824, Catherine Labay mit au monde, place Boieldieu, un enfant que son père ne reconnut que sept ans plus tard. Cet enfant allait écrire La Dame aux camélias et cette phrase : « Mon père est un grand enfant …

Le 27 juillet 1824, Catherine Labay mit au monde, place Boieldieu, un enfant que son père ne reconnut que sept ans plus tard. Cet enfant allait écrire La Dame aux camélias et cette phrase : « Mon père est un grand enfant que j'ai eu quand j'étais petit. »

Alexandre Dumas père avait vingt-deux ans lorsque naquit son fils. Il était arrivé à Paris deux ans plus tôt depuis Villers-Cotterêts, sans argent, avec une lettre de recommandation, et avait trouvé un poste de secrétaire chez le duc d'Orléans. Il habitait au 1 de la place Boieldieu, près de l'Opéra-Comique, dans le même immeuble que Catherine Labay, couturière et lingère, dont il était l'amant.

Leur fils naquit le 27 juillet 1824. Dumas père ne le reconnut pas. Il poursuivit sa vie — ses Trois Mousquetaires et son Comte de Monte-Cristo n'étaient pas encore écrits, mais sa carrière au théâtre, ses dettes et ses femmes avaient commencé.

En 1831, quand l'enfant eut sept ans, Dumas père le reconnut enfin devant notaire et l'enleva à sa mère pour l'élever lui-même. Catherine Labay n'eut pas son mot à dire. Elle passa le reste de sa vie sans son fils.

Alexandre Dumas fils (1824-1895) devint l'un des auteurs les plus joués de la seconde moitié du XIXe siècle. La Dame aux camélias (roman, 1848 ; pièce, 1852) inspira à Verdi son opéra La Traviata. Il fut élu à l'Académie française en 1874 — son père, candidat à répétition, n'y avait jamais été admis.

De cet homme prodigue et absent, il garda une affection mêlée d'ironie. La phrase qu'on lui prête résume tout : « Mon père est un grand enfant que j'ai eu quand j'étais petit. »

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Événement
1833
1833 — Demeure de la famille Movedey/Séjour de Niccolò Paganini
p 40
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Événement
Événement
Événement
1833
Événement
1836
septembre 1836 – 1839 — Demeure de Frédéric Chopin
p 43
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Événement
1833
juin 1833 – 1836 — Hôtel d'Épinay/Demeure de Frédéric Chopin
p 43
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Événement
1836
1836 – 1839 — Hôtel de France/Salon commun de George Sand, Alfred de Musset et Franz Liszt
p 43
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Événement
1835
1835 — Demeure d'Hector Berlioz
p 45
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Événement
1837
1837 — Demeure d'Alfred de Musset
p 45
Pied-à-terre loué par Alfred de Musset, où il entretient une liaison avec Aimée d'Alton
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Événement
1840
1840 – 1841 — Palais Botherel/Demeure de Théophile Gautier
p 45
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jules François Félix Husson dit Champfleury
p 48
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Événement
Événement
1830
1830 — Maison d'enfance d'Henri Murger
p 48
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Événement
1821
9 avril 1821 – 1827 — Maison natale de Charles Baudelaire
p 48
Charles Baudelaire naît le 9 avril 1821 au 13 rue Hautefeuille, dans le quartier Latin. La maison n'existe plus — elle a été rasée sous le Second Empire lors du percement du boulevard Saint-Germain. Une plaque décalée au …

Charles Baudelaire naît le 9 avril 1821 au 13 rue Hautefeuille, dans le quartier Latin. La maison n'existe plus — elle a été rasée sous le Second Empire lors du percement du boulevard Saint-Germain. Une plaque décalée au 17 rue Hautefeuille rappelle l'événement. L'emplacement exact correspond aujourd'hui au 106 boulevard Saint-Germain — cette artère haussmannienne qui a effacé le Paris où il était né.

Il y a quelque chose de juste là-dedans. Baudelaire est le poète de la ville en transformation, de la modernité qui détruit et engendre simultanément, de la beauté arrachée au transitoire. "La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur d'un mortel" — ce vers du Cygne, écrit en regardant le Paris que Haussmann démolissait, est peut-être le plus baudelairien qui soit.

Il perd son père à cinq ans, supporte le remariage de sa mère avec le général Aupick — officier rigide qu'il détestera toute sa vie — et commence à écrire. Paris est son territoire absolu : ses quais, ses cafés, ses prostituées, ses ivrognes, ses flâneurs, ses chiffonniers. Il le parcourt sans argent, endetté, souvent malade.

Les Fleurs du Mal paraissent en 1857. Le livre est aussitôt poursuivi pour outrage à la morale publique. Baudelaire est condamné, six poèmes sont censurés. Il mourra dix ans plus tard, à quarante-six ans, dans une maison de santé de la rue du Dôme, aphasique, ruiné, lucide.

Plaque commémorative de la naissance de Baudelaire, 17 rue Hautefeuille, Tangopaso, Wikimedia

Acte de naissance de Baudelaire

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Événement
1839
2 novembre 1839 — Pension Levêque et Bailly
p 48-50
Pension où Baudelaire est placé par son beau-père, après qu'il ait été renvoyé du lycée Louis-le-Grand
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Événement
1842
1842 — Atelier de Gustave Courbet
p 48
Premier atelier parisien de Gustave Courbet ; lié d'amitié avec Proudhon
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Événement
Événement
1837
1837 — Chambre de Louis Ménard/Réunions des amis de Baudelaire
p 50
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Événement
1858
novembre 1858 – 1859 — Hôtel de Charny/Demeure de Jeanne Duval et de Charles Baudelaire
p 51 & 76
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Événement
1841
30 octobre 1841 – 1842 — Demeure de Richard Wagner (avec sa femme)
p 51
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Événement
Événement
1847
1847 – 1934 — Bal de La Closerie des Lilas (futur bal Bullier)
p 52 & 64
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Événement
1837
1837 – 1859 — Café Le Divan Le Peletier/Café du Divan
p 52
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Événement
Événement
1842
mars 1842 – 1843 — Hôtel Lefebvre la Malmaison/Demeure de Charles Baudelaire
p 52
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Événement
1843
octobre 1843 – 1845 — Hôtel Lauzun/Hôtel Pimodan/Demeure de Charles Baudelaire/Demeure de Théophile Gautier
p 53
Charles Baudelaire et Théophile Gautier sont locataires ; l'Hôtel accueille un cénacle romantique, mais aussi le club des "Haschischins"
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Événement
1840
Événement
1846
1846 — Rédaction du journal "Le Corsaire-Satan"
p 57
Rédaction du journal issu de la fusion du Corsaire et du Satan
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Événement
1848
25 février 1848 — Conservatoire national de Musique (vestibule à colonnes)
p 60
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Événement
1848
24 février 1848
p 60
Le 24 février 1848, au carrefour de Buci, la révolution croise la trajectoire d’un poète qui n’a rien d’un militant discipliné : Charles Baudelaire. Ce jour‑là, on le voit, fusil de chasse tout neuf à la main, derrière u …

Le 24 février 1848, au carrefour de Buci, la révolution croise la trajectoire d’un poète qui n’a rien d’un militant discipliné : Charles Baudelaire. Ce jour‑là, on le voit, fusil de chasse tout neuf à la main, derrière une barricade dressée au cœur de la rive gauche insurgée.

La scène nous est connue par le témoignage d’un contemporain : la foule vient de piller une armurerie du carrefour, et Baudelaire, exalté, arbore un fusil encore « vierge » et une cartouchière immaculée. Il répète alors une phrase qui restera célèbre : « Il faut aller fusiller le général Aupick ! », son beau‑père, officier de carrière devenu, pour lui, la figure même de l’autorité bourgeoise et militaire. Cette haine familiale se mêle à la fièvre politique du moment : la monarchie de Juillet vacille, les Tuileries vont tomber, la République est à portée de main.

Pourtant, cette flambée révolutionnaire est brève. Baudelaire, qui jusque‑là se méfiait des républicains, se laisse emporter par l’ivresse des journées de Février, fonde un petit journal (Le Salut public), fréquente un temps les clubs radicaux, puis se retire, déçu par le cours des événements et repris par ses obsessions poétiques.

Le carrefour de Buci garde la trace de ce moment suspendu où le futur auteur des Fleurs du Mal joue, l’espace de quelques heures, au révolutionnaire en armes. Derrière l’anecdote presque théâtrale, on voit affleurer une autre histoire : celle d’une génération d’écrivains ballotés entre engagement éphémère, fascination pour la violence des rues et retour rapide aux batailles littéraires, tandis que la révolution, elle, continuera sans eux vers les affrontements de Juin.

[N.B. emplacement incertain: alternative serait le carrefour avec la rue de l'Ancienne  Comédie]

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Événement
1848
27 février 1848 — Salle du Tivoli d'Hiver/Siège de la Société républicaine centrale
p 60
Le 27 février 1848, quelques jours à peine après la chute de Louis‑Philippe, la salle du Tivoli d’Hiver, près des grands boulevards, se transforme en foyer de radicalité républicaine. C’est là qu’Auguste Blanqui lance la …

Le 27 février 1848, quelques jours à peine après la chute de Louis‑Philippe, la salle du Tivoli d’Hiver, près des grands boulevards, se transforme en foyer de radicalité républicaine. C’est là qu’Auguste Blanqui lance la Société républicaine centrale, bientôt surnommée le « club Blanqui », qui veut pousser la révolution de Février bien au‑delà du simple changement de régime. On y prône un gouvernement vraiment populaire, la méfiance envers les notables modérés et un programme social nettement plus avancé que celui du gouvernement provisoire.

Dans cette atmosphère surchauffée, deux figures inattendues viennent prendre leur carte : le poète Charles Baudelaire et le chansonnier Pierre Dupont. Leur adhésion, signalée par les contemporains, ne fait pas d’eux des blanquistes disciplinés, mais elle dit bien le climat du moment : une partie du monde littéraire et artistique bascule, au moins pour un temps, du côté des clubs les plus exigeants et les plus intransigeants. Baudelaire, qui traîne encore une image de dandy ironique, s’essaie au rôle de citoyen engagé ; Dupont, dont les chansons populaires circulent déjà dans les milieux ouvriers, trouve là un prolongement politique à sa veine sociale.​

La Société républicaine centrale se veut à la fois école politique et quartier général de la gauche républicaine la plus dure. Blanqui y défend l’idée d’une République qui ne se contente pas d’abolir la monarchie, mais qui transforme les rapports sociaux, limite le pouvoir de la grande propriété, s’appuie sur les ouvriers armés. Les séances sont publiques, les débats souvent violents, et le club se heurte rapidement aux républicains modérés, inquiets de voir ce foyer de contestation influencer la Garde nationale et les quartiers populaires.

Que Baudelaire et Dupont s’y inscrivent, ce 27 février, donne une image très nette de la fébrilité du Paris de 1848 : poètes, chansonniers, artisans, étudiants, militants se retrouvent côte à côte dans une même salle pour tenter de définir ce que pourrait être une République vraiment démocratique et sociale. La suite montrera que beaucoup se retireront, se lasseront ou seront réprimés, mais cette journée au Tivoli d’Hiver reste un moment‑charnière où la révolution politique croise, brièvement, les avant‑gardes culturelles de son temps.

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Événement
1848
29 février 1848 — Café-restaurant "Chez Lescophy"
p 60
Célébration de la naissance et de la mort du "Salut Public"
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Événement
1849
22 novembre 1849 — Théâtre des Variétés/Galerie des Variétés
p 63-64
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Événement
1850
1850 – 1851 — Demeure d'Alexandre Dumas père
p 65
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Événement
Événement
1856
juillet 1856 – 1858 — Hôtel Voltaire/Demeure de Charles Baudelaire
p 68 & 70
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Événement
Événement
1854
mai 1854 – 1855 — Hôtel du Maroc/Demeure de Charles Baudelaire
p 68
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Événement
1855
juillet 1855 — Demeure de Charles Baudelaire
p 68
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Événement
Événement
1844
15 octobre 1844 – 1863 — Demeure et atelier d'Eugène Delacroix
p 70
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Événement
1857
13 janvier 1857 — Demeure et boutique d'Auguste Poulet-Malassis
p 70
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Événement
Événement
1860
1860 — Brasserie des Martyrs (tenue par Monsieur Bourgeois)
p 71
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Événement
1860
1860 — Brasserie des Martyrs (tenue par Monsieur Bourgeois)
p 71
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Événement
1857
1857 — Cours de Lecoq de Boisdaubran (école de dessin depuis 1776)
p 71
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Événement
1859
juin 1859 – 1864 — Hôtel de Dieppe/Demeure de Charles Baudelaire
p 72 & 76
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Événement
Événement
1863
1863 — Maison d'édition Cadart et Chevalier
p 76 & 78
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Événement
1861
3 décembre 1861 – 1862 — Hôtel Voltaire/Demeure de Richard Wagner
p 76
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Événement
1864
1864 — Atelier d'Édouard Manet
p 78
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Événement
1867
31 août 1867 — Maison de santé du docteur Duval (à partir du 4 juillet 1866)
p 79
Mort de Charles Baudelaire dans la maison de santé du docteur Duval
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Événement
1850
10 janvier 1850 – 1868 — Demeure des frères Goncourt
p 82-84
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Événement
1851
4 décembre 1851
p 82
Deux jours après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, des soldats à bout de nerfs tirent sur la foule des grands boulevards, au fusil et au canon. Le 4 décembre 1851 au soir, la résistance parisienne est brisée. D …

Deux jours après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, des soldats à bout de nerfs tirent sur la foule des grands boulevards, au fusil et au canon. Le 4 décembre 1851 au soir, la résistance parisienne est brisée.

Depuis l’été 1851, le président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, prépare son coup avec une poignée de fidèles réunis autour de son demi-frère, Morny. Il a placé le général de Saint-Arnaud au ministère de la Guerre. Le 12 novembre, l’Assemblée a refusé, à sept voix près, de rétablir le suffrage universel qu’elle avait restreint en 1850. Dans la nuit du 1er au 2 décembre, anniversaire du sacre de Napoléon Ier et d’Austerlitz, soixante mille soldats et plus de cent canons occupent Paris. Au matin, six décrets dissolvent l’Assemblée et rétablissent le suffrage universel masculin ; les chefs de l’opposition, républicains ou monarchistes, sont arrêtés.

Le 3, une soixantaine de députés républicains, dont Victor Hugo et Victor Schœlcher, appellent le peuple aux armes contre le président qui « a violé la Constitution ». Quelque soixante-dix barricades se dressent ; le député Alphonse Baudin est tué sur celle du faubourg Saint-Antoine. Le soir, Saint-Arnaud fait savoir que tout homme pris à construire ou à défendre une barricade, ou les armes à la main, sera fusillé. Dans la nuit, trente mille soldats se déploient entre les grands boulevards et la Seine.

Le 4, la division du général Carrelet reçoit l’ordre de remonter les boulevards et de balayer les obstacles. Sa tête de colonne se heurte à une barricade à la hauteur de la rue Saint-Denis ; derrière elle, sa première brigade, celle du général Canrobert, s’arrête en rangs serrés sur le boulevard Montmartre. Une foule se presse sur les boulevards Montmartre et Poissonnière, curieux et manifestants mêlés ; aux terrasses des cafés, de jeunes bourgeois crient « Vive la Constitution ! Vive l’Assemblée nationale ! ». Les soldats, énervés par cette foule hostile ou goguenarde, s’affolent. Des coups de feu partent de quelques fenêtres ; sans en avoir reçu l’ordre, les premiers rangs ripostent, puis la fusillade gagne. Un jeune officier d’artillerie fait tirer le canon sur une maison d’où l’on tirait. On fouille ensuite les immeubles à la baïonnette.

Canrobert racontera plus tard qu’il accourut pour faire cesser le feu et que son clairon tomba mort à ses pieds, frappé d’une balle au front ; il eut, dit-il, « beaucoup de peine » à arrêter ses hommes. Le carnage fait entre cent et trois cents morts, dont des femmes et des enfants, et des centaines de blessés. Le soir même, la résistance parisienne est écrasée ; les dernières barricades tombent le lendemain.

Le bilan de ces journées reste disputé. Le Moniteur annoncera 380 victimes à Paris ; les historiens retiennent trois à quatre cents tués, sans compter les soldats, qui perdent vingt-six morts et cent quatre-vingt-quatre blessés selon la Fondation Napoléon. Victor Hugo, qui avancera le chiffre de mille deux cents morts sur les seuls boulevards, s’enfuit à Bruxelles ; il écrira Napoléon le Petit, puis Histoire d’un crime, que l’historien Pierre Milza tient pour « le récit le plus circonstancié » du coup d’État, à défaut d’être le plus exact.

La répression gagne la province : près de vingt-sept mille arrestations, vingt et un mille condamnations par des commissions mixtes, plus de neuf mille cinq cents transportés en Algérie, deux cent trente-neuf envoyés au bagne de Cayenne. Les 20 et 21 décembre, un plébiscite approuve le coup d’État. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon devient Napoléon III. Il portait, selon le mot de l’impératrice Eugénie, « le 2 décembre comme une tunique de Nessus ».

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Événement
1849
1849 — Librairie Nouvelle/Maison de l'évènement et du Bien-être universel
p 85
La Librairie Nouvelle, fondée en 1849 par Bourdilliat et Jaccottet au 15 boulevard des Italiens à Paris, était un lieu emblématique de la vie littéraire et mondaine du XIXe siècle. Elle proposait des livres à prix réduit …

La Librairie Nouvelle, fondée en 1849 par Bourdilliat et Jaccottet au 15 boulevard des Italiens à Paris, était un lieu emblématique de la vie littéraire et mondaine du XIXe siècle. Elle proposait des livres à prix réduit, rendant la littérature plus accessible, et choisit Honoré de Balzac comme auteur phare pour lancer sa collection. La librairie devint rapidement un point de rencontre pour les écrivains, journalistes et artistes de l’époque. Les frères Edmond et Jules de Goncourt y organisaient régulièrement des rendez-vous littéraires, notamment le vendredi après-midi, réunissant des figures telles que Gustave Flaubert, Paul de Saint-Victor, ainsi que des personnalités du monde artistique et mondain. Victor Hugo y fit publier certains de ses discours. Le boulevard des Italiens, où se situait la librairie, était alors un centre de la vie parisienne, fréquenté par l’élite intellectuelle et artistique, et voisin de célèbres cafés et salons. Parmi les habitués figuraient également Louise Colet et d’autres figures féminines notoires du Paris du Second Empire.

Sources

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Événement
Événement
1837
Événement
1853
12 septembre 1853 – 1857 — Maison Dorée/Siège du journal "Le Mousquetaire" (local dans la cour)
p 87
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Événement
1850
1850 – 1920 — Café du Helder
p 87
 ![[Le café Helder vers 1859|Café Helder FrenchSchool-Parisinthe19thcenturyTheboulevarddesItaliansin1859outsidethecafeHe-(MeisterDrucke-924038).jpg]]Le Café du Helder vers 1859 Le Café du Helder, situé au 27 boulevard des …

Le Café du Helder vers 1859

Le Café du Helder, situé au 27 boulevard des Italiens à Paris, était célèbre au XIXᵉ siècle pour la qualité de son absinthe, attirant une clientèle artistique et lettrée. Les frères Goncourt, écrivains majeurs du Second Empire, fréquentaient assidûment ce lieu emblématique des boulevards parisiens, tout comme d’autres personnalités littéraires. Le café symbolisait la sociabilité bohème et bourgeoise des grands boulevards, où l’absinthe, alors en vogue, participait au rituel des rencontres intellectuelles. Son décor et sa situation ont fait du Café du Helder un repère du Paris littéraire d’avant les grands travaux du XXᵉ siècle, avant sa disparition au profit d’une banque vers 1920.

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Événement
Événement
Événement
1849
28 octobre 1849 — Restaurant "Les Trois frères provençaux"
p 89
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Événement
1840
juillet 1840 — Demeure de Louise Colet
p 89
Louise Colet poignarde Karr, suite aux allusions de celui-ci à ses amours avec Victor Cousin
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Événement
Événement
1840
16 mai 1840 – 1868 — Théâtre du Vaudeville, ancien théâtre des Nouveautés
p 92
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Événement
1862
22 novembre 1862 – 1870 — Restaurant Magny/Réunions d'écrivains célibataires misogynes
p 93
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Événement
Date imprécise — Restaurant Magny (2 salles sur 2 étages)
p 93
Magny crée le fameux tournedos en l'honneur de Rossini qui revendique l'invention
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Événement
Date imprécise — Demeure de Mathilde-Létizia Wilhelmine Bonaparte
p 94
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Événement
1851
1851 – 1870 — Hôtel de la Païva (modèle de l'Hôtel particulier de Nana dans le roman de Zola)
p 94-95
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Événement
1863
1863 — Comédie Française
p 97
Première d'"Henriette Maréchal" des frères Goncourt, protestation contre le régime ; Georges Cavalier démolit la pièce
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Événement
1850
1850 — Café de Bade
p 98
Le Café de Bade, situé au 26 boulevard des Italiens dans le 9ᵉ arrondissement, fut l’un des cafés en vogue durant le Second Empire et fréquenté par des artistes et intellectuels. Edouard Manet y convia Émile Zola le 1ᵉʳ …

Le Café de Bade, situé au 26 boulevard des Italiens dans le 9ᵉ arrondissement, fut l’un des cafés en vogue durant le Second Empire et fréquenté par des artistes et intellectuels. Edouard Manet y convia Émile Zola le 1ᵉʳ septembre 1868 afin de le remercier pour sa critique enthousiaste publiée dans le journal L’Événement. Des membres de la bohème artistique, comme Zacharie Astruc et d’autres proches de Manet, s’y réunissaient également régulièrement, participant à la vie culturelle du quartier de la Chaussée d’Antin. Le café a disparu avec la transformation du boulevard à la fin du XIXᵉ.

Boulevard des Italiens, William Wyld, 1839

Eduard Manet

Émile Zola

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Événement
1870
Événement
1874
15 avril 1874 — Atelier et galerie de Nadar/Premier Salon Impressionniste
p 98 & 106
Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en …

Au 35, boulevard des Capucines (IIe arr.), dans l'ancien atelier du photographe Nadar, trente artistes accrochent 165 toiles que personne n'a voulu exposer au Salon officiel. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont en train de changer l'histoire de l'art.

L'idée germe depuis des mois. Puisque le jury du Salon refuse systématiquement leurs œuvres — trop esquissées, trop lumineuses, trop libres —, Monet, Renoir, Pissarro, Degas, Sisley, Cézanne, Berthe Morisot et leurs amis décident d'exposer par leurs propres moyens. Ils fondent la « Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs » et trouvent un lieu : le vaste atelier de Nadar, au deuxième étage du 35 boulevard des Capucines, avec ses grandes baies vitrées inondées de lumière. L'emplacement est idéal — en plein cœur du Paris des grands boulevards.

Le 15 avril 1874, l'exposition ouvre ses portes. Cent soixante-cinq œuvres de trente artistes tapissent les murs. On y trouve des paysages vibrants, des scènes de la vie moderne, des jeux de lumière sur l'eau et les feuillages. Parmi elles, un petit tableau de Claude Monet : une vue du port du Havre dans la brume matinale, intitulée Impression, soleil levant.

C'est ce titre qui met le feu aux poudres. Le 25 avril, le critique Louis Leroy publie dans Le Charivari un compte rendu assassin : « Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... » Le mot est lâché. Par dérision, Leroy baptise ces peintres « impressionnistes ». Le public rit. La critique académique se déchaîne. Les toiles sont jugées inachevées, les couleurs criardes, la technique bâclée.

Les artistes, eux, relèvent le gant. Ils adoptent le nom qu'on voulait leur jeter à la figure. L'impressionnisme est né — dans un atelier de photographe, au-dessus du boulevard, un jour d'avril.

Première Exposition 1874, 35 Boulevard des Capucines Catalogue, BnF

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Événement
1866
1866 – 1875 — Café Guerbois
p 98
Rencontres entre Zola et Cézanne dans ce qui deviendra le "café Baudequin" dans "l'Œuvre"
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Événement
1868
19 septembre 1868 – 1870 — Demeure des frères Goncourt (ils reçoivent dans leur “Grenier”)
p 99-100
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Événement
Événement
Événement
1869
1869 — Restaurant Paul Brébant (ancien Café des Grands Hommes)
p 101
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Événement
1869
1869 — Restaurant Paul Brébant (ancien Café des Grands Hommes)
p 101
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Événement
1869
17 novembre 1869 — Maison d'édition Michel Lévy
p 101
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Événement
1869
1869 – 1875 — Demeure de Gustave Flaubert/Dîners des auteurs sifflés
p 101 & 105
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Événement
Événement
1870
1870 — Demeure de la famille Viardot/Séjours d'Ivan Tourgueniev
p 103
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Événement
1870
1870 — Demeure de Théophile Gautier (pendant le siège de Paris)
p 104
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Événement
1875
1875 – 1880 — Demeure de Gustave Flaubert (après la ruine de sa nièce)
p 107
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Événement
1874
mars 1874 – 1877 — Demeure d'Émile Zola
p 107
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Événement
1877
16 avril 1877 — Restaurant "Chez Trapp"
p 108
Le 16 avril 1877, à l'entresol du restaurant Trapp, face à la gare Saint-Lazare, neuf écrivains se retrouvent autour d'une table. Trois maîtres — Flaubert, Goncourt, Zola — et six jeunes disciples : Maupassant, Huysmans, …

Le 16 avril 1877, à l'entresol du restaurant Trapp, face à la gare Saint-Lazare, neuf écrivains se retrouvent autour d'une table. Trois maîtres — Flaubert, Goncourt, Zola — et six jeunes disciples : Maupassant, Huysmans, Mirbeau, Céard, Hennique, Alexis. Le menu, imprimé exprès, ne laisse planer aucun doute sur le programme de la soirée : Potage purée Bovary, Truite saumonée à la Fille Élisa, Poularde truffée à la Saint-Antoine, Artichauts au Cœur simple, Parfait naturaliste, arrosés de vin de Coupeau et de liqueur de L'Assommoir. Chaque plat cite un roman, chaque vin une œuvre. C'est un banquet en forme de manifeste.

On est trois mois après la parution de L'Assommoir, qui a fait de Zola la cible de toute la critique bien-pensante — et le chef de file d'une jeune génération qui ne veut plus écrire comme sous le Second Empire. Les disciples s'en veulent fils de Flaubert et de Goncourt, mais c'est Zola qu'ils suivent. Le dîner scelle le pacte : un groupe existe désormais, avec une doctrine — le naturalisme — et un organisateur à poigne.

Le lieu n'est pas anodin. La gare Saint-Lazare, que Monet peint en janvier de la même année, incarne le Paris moderne : vapeur, fonte, foules, horaires. C'est le décor exact que les romanciers veulent saisir. Trois ans plus tard, en 1880, six des neuf convives publieront Les Soirées de Médan, manifeste collectif autour d'un recueil sur la guerre de 1870. Le 109 de la rue Saint-Lazare, lui, abrite aujourd'hui une enseigne sans mémoire — une Fnac.

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Événement
1877
avril 1877 – 1889 — Demeure d'Émile Zola
p 109
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Événement
1877
mai 1877
p 109
Répétitions de la pièce paillarde de Maupassant "À la feuille de rose, maison Turque"
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Événement
1877
31 mai 1877 — Atelier de Georges Becker
p 109
Représentation d'une pièce paillarde de Maupassant, intitulée "À la feuille de rose, maison Turque"
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Événement
Événement
1880
avril 1880 — Cinquième Salon Impressionniste
p 113
Cinquième exposition des Impressionnistes, boycotté par Monet, Renoir et Sisley ; 19 participants
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Événement
Événement
Événement
1885
1er février 1885 — Grenier d'Edmond de Goncourt (réunions tous les dimanches)
p 113
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Événement
1881
2 avril 1881 — Atelier et galerie de Nadar/Sixième Salon Impressionniste
p 113
Le 2 avril 1881, la sixième exposition impressionniste ouvre au 35 boulevard des Capucines, dans les anciens ateliers de Nadar — là même où, en 1874, la première exposition du groupe avait déclenché le mot "impressionnis …

Le 2 avril 1881, la sixième exposition impressionniste ouvre au 35 boulevard des Capucines, dans les anciens ateliers de Nadar — là même où, en 1874, la première exposition du groupe avait déclenché le mot "impressionnisme". Sept ans plus tard, le groupe n'est plus le même.

Treize participants seulement. Monet n'est pas là. Renoir non plus. Sisley absent. Cézanne absent. Tous ont choisi de retourner au Salon officiel, estimant que l'heure est venue de chercher la reconnaissance institutionnelle plutôt que de maintenir une opposition frontale. C'est Degas qui tient le groupe — et Degas avait imposé l'invitation de Raffaëlli, peintre réaliste des faubourgs que les autres trouvaient étranger à l'esprit impressionniste. Les tensions internes ont eu raison de la cohésion.

Restent treize fidèles : Degas, Berthe Morisot, Pissarro, Cassatt, Guillaumin, Gauguin — qui en est à sa deuxième participation et n'est encore qu'un dimanche financier talentueux — Forain, Zandomeneghi, Rafaëlli et quelques autres. La qualité est au rendez-vous mais le souffle collectif s'est dissipé.

Il n'y aura que deux expositions encore après celle-ci — en 1882 et 1886. La huitième et dernière réunira Seurat et son Grande Jatte, Signac, et marquera la naissance du pointillisme. Le groupe impressionniste se dissout en générant ses successeurs.

Au 35 boulevard des Capucines, une plaque rappelle que tout avait commencé là, en 1874, avec trente artistes et le rire moqueur de la critique.

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Événement
Date imprécise — Galerie d'Art de Samuel Bing (spécialisée dans l'art japonais)
p 113
Vincent van Gogh vient étudier l'art japonais à la galerie Bing
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Événement
1895
26 décembre 1895 — Galerie d'Art nouveau de Samuel Bing
p 114 & 150
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Événement
1897
16 décembre 1897 — Demeure d'Alphonse Daudet
p 117
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Événement
1898
Événement
Date imprécise — Café Prosper Pelletier/Académie d'Absomphe (Absinthe)
p 121
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Événement
1871
10 septembre 1871 — Demeure de Paul Verlaine (hébergé par ses beaux-parents Mauté)
p 121
Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés. Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans …

Il y a des rendez-vous manqués qui comptent davantage que ceux qu'on n'a pas ratés.

Verlaine et Charles Cros sont sur le quai de la gare de l'Est, en ce matin du 10 septembre 1871. Ils attendent Arthur Rimbaud, seize ans, que Verlaine a invité à Paris après avoir reçu quelques poèmes dont "Le Bateau ivre". Le train de Charleville arrive, les voyageurs descendent. Rimbaud n'est pas parmi eux: il a pris un autre convoi, ou ils l'ont simplement manqué dans la foule. Verlaine et Cros rentrent bredouilles.

Rimbaud, lui, est allé directement au 14 rue Nicolet, dans le quartier de Clignancourt. C'est là que Verlaine vit provisoirement chez ses beaux-parents, la famille Mauté de Fleurville, avec sa jeune femme Mathilde, enceinte de leur premier enfant. Rimbaud sonne à la porte. On lui ouvre. Il a seize ans, un aspect fruste, des vêtements de province; et dans sa poche, "Le Bateau ivre", qu'il récitera ce soir-là dans le salon de la famille Mauté.

La Commune vient d'être massacrée. Verlaine, qui avait travaillé brièvement pour le gouvernement communard, se fait discret. Rimbaud, lui, a vécu le siège depuis Charleville, à distance et dans une fureur d'adolescent. "Paris se repeuple", écrit-il dans un poème de juillet 1871 qui décrit le retour des bourgeois dans une ville encore fumante. Pour ces deux hommes qui arrivent de bords différents du gouffre de 1871, la poésie est le seul territoire où la défaite n'a pas encore de nom.

Ce soir du 10 septembre, Verlaine comprend qu'il a affaire à quelqu'un d'exceptionnel. Il sera bientôt évident que cet adolescent va briser tout ce qu'il touche: la vie de Verlaine, son mariage, sa réputation, sa paix. Et lui donner, en échange, les vers des "Illuminations".

Mathilde Mauté accueille Rimbaud avec méfiance. Elle aura raison. En deux ans, les deux poètes forgeront une révolution poétique, fuiront à Bruxelles, se blesseront, se perdront. Le coup de revolver de Bruxelles (juillet 1873) mettra fin à tout. Rimbaud, à dix-neuf ans, cessera d'écrire de la poésie pour toujours.

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Événement
1871
septembre 1871 — Café du Gaz
p 121
Café du Gaz, "annexe" du bureau de Verlaine lorsqu'il travaillait à l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
10 septembre 1871 — Gare de l'Est/Gare de Strasbourg
p 121
Verlaine et Charles Cros ratent Rimbaud qu'ils sont venus attendre sur le quai de la gare de l'Est ; ils le retrouvent rue Nicolet, chez les beaux-parents de Verlaine, où il s'est rendu directement
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Événement
1871
octobre 1871 — Atelier de Charles Cros
p 122
Charles Cros héberge Arthur Rimbaud, chassé de chez les beaux-parents de Verlaine ; en guise de remerciement, le génial pervers déchire ses poèmes
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Événement
1871
Événement
Événement
1872
juin 1872 — Hôtel de Cluny/Demeure d'Arthur Rimbaud
p 126 & 128
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Événement
1872
Événement
1872
2 mars 1872 — Restaurant des "Dîners des vilains bonshommes"
p 126
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Événement
1871
1er octobre 1871 – 1874 — Hôtel Rousseau/Demeure de Victor Hugo
p 128
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Événement
1940
décembre 1940 – 1952 — Demeure de Paul Éluard
p 128
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Événement
1872
7 juillet 1872 — Gare du Nord
p 128
Le 7 juillet 1872, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud quittent Paris pour la Belgique. Verlaine occupe une chambre meublée au 18 de la rue de Dunkerque, dans le 10e arrondissement, à quelques minutes à pied de la Gare du No …

Le 7 juillet 1872, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud quittent Paris pour la Belgique. Verlaine occupe une chambre meublée au 18 de la rue de Dunkerque, dans le 10e arrondissement, à quelques minutes à pied de la Gare du Nord. La rue doit son nom à la ville du Nord, précisément parce qu'elle mène à la gare qui dessert Dunkerque, la Belgique, l'Angleterre. Charles Chincholle — journaliste, ami de la bohème littéraire parisienne, l'un des premiers grands reporters français — est là pour les voir partir.

Verlaine a vingt-huit ans et une femme, Mathilde Mauté, et un fils de neuf mois, Georges, né en octobre 1871. Il a perdu son poste à l'Hôtel de Ville pour avoir soutenu la Commune. Sa belle-famille le surveille. Le mariage tient à un fil depuis l'arrivée de Rimbaud à Paris, à l'automne précédent.

Arthur Rimbaud a dix-sept ans en septembre 1871 quand il débarque dans la capitale. Verlaine l'a invité : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend. » Rimbaud vient de Charleville avec Le Bateau ivre dans les poches et l'intention d'en finir avec la poésie telle qu'on la pratique.

Les mois qui suivent sont une suite d'incidents : les beaux-parents de Verlaine mettent Rimbaud à la porte de la rue Nicolet ; Verlaine le recase chez des amis ; au dîner des Vilains Bonshommes du 2 mars 1872, Rimbaud blesse le photographe Étienne Carjat d'un coup de canne-épée. Le milieu parisien ferme ses portes.

Le 7 juillet, ils prennent le train. Verlaine n'a pas prévenu Mathilde. En Belgique d'abord — Arras, Charleville, Bruxelles. Puis Londres à l'automne : Camden Town, des leçons de français pour survivre. Verlaine y écrit Romances sans paroles. Rimbaud avance ce qui deviendra les Illuminations. Puis de nouveau la Belgique, et le 10 juillet 1873, dans une chambre de Bruxelles, Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud. Il l'atteint au poignet. Verlaine est arrêté. L'enquête révèle leur relation — retenue comme circonstance aggravante. Il est condamné à deux ans de prison.

Rimbaud rejoint la ferme familiale de Roche, dans les Ardennes, et écrit en quelques semaines Une saison en enfer — « Il faut être absolument moderne. » Au 18 de la rue de Dunkerque, la chambre meublée a depuis longtemps changé d'occupant.

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Événement
1873
1873 – 1874 — Demeure de Juliette Drouet/Demeure de Victor Hugo
p 128
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Événement
1872
1872 – 1878 — Demeure et atelier d'Édouard Manet
p 129
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Événement
1871
1871 – 1875 — Demeure de Stéphane Mallarmé
p 129
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Événement
1873
1873 — Café de la Nouvelle Athènes
p 129
Edgar Degas peint "l'Absinthe" ; café qui, selon certains, aurait donné son nom au quartier ; à moins que ce ne soit plutôt le contraire...
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Événement
1871
25 octobre 1871 — Lycée Fontanes/Lycée Condorcet (actuel)
p 129
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Événement
1876
1876 — Café des Variétés
p 130
Café où Villiers de l'Isle-Adam vient se ruiner avec ses amis
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Événement
1882
février 1882 — Demeure de Victor Hugo
p 130
Célébration à l'initiative de Bazire, des 80 ans de Victor Hugo ; elle rassemble 600 000 personnes qui défilent devant ses fenêtres ; Rodin sculpte son buste
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Événement
1883
1883 — Demeure d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam
p 130-131
Demeure de l'écrivain Villiers de l'Isle-Adam, ruiné en 3 mois, il rédige ici ses "Contes cruels" ; il avait l'habitude d'écrire à plat ventre sur un tapis
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Événement
1876
avril 1876 — Galerie Durand-Ruel/Deuxième Salon Impressionniste
p 130
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Événement
1876
15 avril 1876 — Atelier d'Édouard Manet
p 130
Manet expose deux toiles refusées par le jury et reçoit le soutien de ses amis ; 400 visiteurs par jour
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Événement
1881
1881 — Demeure de Méry Laurent
p 130
Manet peint la fenêtre vue du jardin de la villa de Méry Laurent
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Événement
1882
1882 — Demeure de Méry Laurent
p 130-132
Modèle de Manet pour "Un bar aux Folies-Bergère" ; elle est accoudée au fond de la salle. Elle meurt ici le 26 novembre 1900
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Événement
1861
1861 — Café Le Madrid
p 130
Rencontres d'hommes politiques journalistes et artistes ; portraits sur les murs
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Événement
1883
Événement
1882
Événement
1881
1881 – 1885 — Cabaret du Chat Noir (le premier)/Cabaret Louis XIII
p 133
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Événement
1875
1875 – 1884 — Demeure de Stéphane Mallarmé
p 133
Chapelle salon de Stéphane Mallarmé ; il y organise "les mardis de Stéphane Mallarmé"
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Événement
1883
1883 — Café La Maison de Bois/Cercle des nouveaux Zutistes
p 133
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Événement
1883
1883 — Second Siège de la revue "La Nouvelle Rive gauche", devenue "Lutèce"
p 133
La revue Lutèce, fondée à Paris en 1883 et installée au 16 boulevard Saint-Germain, est un périodique littéraire qui joue un rôle notable dans la diffusion de la poésie moderne à la fin du XIXe siècle. [[Paul Verlaine|do …

La revue Lutèce, fondée à Paris en 1883 et installée au 16 boulevard Saint-Germain, est un périodique littéraire qui joue un rôle notable dans la diffusion de la poésie moderne à la fin du XIXe siècle. Paul Verlaine y collabore activement et y publie, dès 1883, une série d’articles intitulée « Les Poètes maudits », dans lesquels il met en avant des poètes alors peu reconnus, dont Stéphane Mallarmé. Ce terme de « poètes maudits » désigne des auteurs en marge, souvent incompris par leur époque, et dont l’œuvre est marquée par l’originalité et la transgression des normes littéraires. Lutèce sert ainsi de tribune à la poésie symboliste et décadente, contribuant à la reconnaissance de Mallarmé et d’autres figures majeures du mouvement. La publication de ces textes dans Lutèce précède la parution en volume des « Poètes maudits » en 1884, qui assoit la notoriété de Verlaine comme critique et chef de file d’une nouvelle génération poétique.

Sources

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Événement
Date imprécise — Maison d'édition Léon Vanier ("Bibliopole des Modernes")
p 135
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Événement
Événement
1887
1887 — Demeure de Berthe Morisot et d'Eugène Manet
p 135 & 137
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Événement
1888
1888 – 1889 — Demeure d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam
p 136-137
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Événement
Événement
Événement
1886
novembre 1886 — Second Siège de la revue "La Revue indépendante"/Réunions Symbolistes
p 136
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Événement
1886
15 mai 1886 – 1970 — Maison Dorée/Huitième Salon Impressionniste
p 138
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Événement
1886
15 mai 1886 – 1970 — Maison Dorée/Huitième Salon Impressionniste
p 138
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Événement
1885
1885 — Café Vachette (créé en 1855)/Café littéraire
p 139
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Événement
1885
1885 — Café Vachette (créé en 1855)/Café littéraire
p 139
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Événement
1885
1885 – 1887 — Demeure de Paul Verlaine (qui vit avec sa mère)
p 139
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Événement
1886
1886 — Hôpital Broussais (salle à l'entrée à gauche près du chemin de fer)
p 139
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Événement
1890
1890 — Galerie Boussod et Suzanne Valadon (ancienne galerie Goupil)
p 140
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Événement
1890
Événement
1890
27 février 1890 — Demeure de Berthe Morisot et d'Eugène Manet
p 142
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Événement
1891
1891 — Galerie Le Barc de Boutteville/Première exposition des Nabis
p 142
Maurice de Vlaminck, peintre autodidacte, se forme dans cette boutique ; le poète Cazalis donne leur nom aux "Nabis", qui signifie "prophète" en hébreu
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Événement
1891
23 mars 1891 — Café Voltaire
p 144
Le 23 mars 1891, au Café Voltaire place de l'Odéon, une quarantaine d'artistes et d'écrivains se réunissent pour fêter le départ de Paul Gauguin. C'est Stéphane Mallarmé qui préside le banquet et porte le toast. L'image …

Le 23 mars 1891, au Café Voltaire place de l'Odéon, une quarantaine d'artistes et d'écrivains se réunissent pour fêter le départ de Paul Gauguin. C'est Stéphane Mallarmé qui préside le banquet et porte le toast. L'image est saisissante : le prince des symbolistes, homme de cabinet et de langue ciselée, levant son verre à celui qui s'apprête à tout quitter pour l'autre bout du monde.

Gauguin a quarante-trois ans. Après des années de vie parisienne, de Bretagne, de Martinique, de querelles avec Van Gogh à Arles, il a convaincu le gouvernement français de le faire partir pour Tahiti comme "artiste en mission". Il cherche depuis longtemps ce qu'il appelle le primitif — quelque chose qui ne soit pas l'Europe, pas la peinture académique, pas la civilisation industrielle qui l'étouffe. Dans quelques jours il prend le train pour Marseille, puis le bateau.

Ceux qui l'entourent ce soir place de l'Odéon savent-ils qu'il ne reviendra presque pas ? Il rentrera une fois, brièvement, en 1893, avant de repartir définitivement pour les Marquises, où il mourra en 1903.

Ce banquet est l'un de ces moments où Paris se dit adieu à lui-même sans le savoir — où la ville fête un des siens qui part précisément parce qu'il ne peut plus y respirer. Mallarmé, lui, ne bougera pas. Il mourra sept ans plus tard rue de Rome, sans avoir jamais cherché à fuir.

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Événement
1891
23 février 1891 — Hôtel des ventes de Drouot
p 144
Paul Gauguin met 30 toiles en vente pour payer son voyage à Tahiti
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Événement
1891
21 mai 1891 — Théâtre du Vaudeville
p 144
Représentation au bénéfice de Verlaine et Gauguin ; une soirée organisée par le "Théâtre d'Art"
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Événement
1889
1889 – 1893 — Premier siège de "La Revue Blanche"/Cour remarquable
p 145
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Événement
1893
Événement
1892
10 mars 1892 – 1897 — Église St Germain l'Auxerrois
p 147
Messe pour l'inauguration du premier salon de la Rose Croix ; on y joue "Parsifal" de Wagner et "Trois fanfares" d'Erik Satie
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Événement
1893
1893 — Atelier de Paul Ranson (le temple des Nabis)/Maison aux Cornues
p 147
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Événement
1892
10 mars 1892 – 1897 — Galerie Durand-Ruel/Premier salon de la Rose Croix
p 147
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Événement
Événement
1893
1893 – 1899 — Demeure de Claude Debussy et Gabrielle Dupont
p 148
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Événement
1886
1886 – 1893 — Demeure de Claude Debussy et Gabrielle Dupont
p 148
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Événement
Événement
1893
17 mai 1893 — lieu-inconnu
p 148
Présentation de "Pelléas et Mélisande" de Maeterlinck ; spectacle du Théâtre de l'Œuvre
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Événement
1893
4 novembre 1893 — Galerie Durand-Ruel/Exposition Gauguin
p 149
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Événement
1894
6 août 1894 — Palais de Justice/Cour d'assises de la Seine
p 149
Quand l'avocat général demanda une suspension d'audience pour se laver les mains, une voix calme s'éleva dans le prétoire : "Depuis Ponce-Pilate, on n'avait pas vu un juge se laver les mains avec tant d'ostentation." Fél …

Quand l'avocat général demanda une suspension d'audience pour se laver les mains, une voix calme s'éleva dans le prétoire : "Depuis Ponce-Pilate, on n'avait pas vu un juge se laver les mains avec tant d'ostentation."

Félix Fénéon avait deux vies. Critique d'art, il avait découvert Seurat, théorisé le néo-impressionnisme, dirigé la Revue blanche, défendu Mallarmé et les symbolistes. Anarchiste, il militait discrètement depuis des années, aidait des camarades, distribuait des textes.

Le 6 août 1894, il comparut devant la Cour d'assises de la Seine, au 4 boulevard du Palais, dans un procès groupant trente inculpés : des écrivains, des journalistes, des militants illégalistes, tous accusés d'association de malfaiteurs en lien avec une série d'attentats anarchistes. C'était le pic de la répression qui avait conduit à l'adoption des lois scélérates : des textes limitant la liberté de la presse et criminalisant la propagande anarchiste. La République voulait frapper fort.

L'accusation se révéla plus difficile que prévu. Fénéon répondit aux questions avec une impassibilité souveraine. Quand l'avocat général Bulot dut quitter la salle pour se laver les mains après avoir ouvert un paquet obscène, Fénéon remarqua, du ton de quelqu'un qui commente un tableau : "Depuis Ponce-Pilate, on n'avait pas vu un juge se laver les mains avec tant d'ostentation."

Défendu par Maître Demange, le même avocat qui défendrait Dreyfus quelques années plus tard, Fénéon fut acquitté, comme la majorité des trente. Trois condamnations seulement.

Il retourna à ses galeries, à ses comptes rendus d'exposition, à ses brèves de journaux. Il vécut jusqu'en 1944, ne publia plus rien de son propre chef, et laissa ses papiers en ordre. L'anarchiste dilettante avait gagné le procès sans jamais sembler s'y intéresser.

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Événement
1895
22 décembre 1895 — Salle Érard/Société nationale de Musique
p 150
Le 22 décembre 1894, Claude Debussy présente pour la première fois son « Prélude à l'après-midi d'un faune » à Paris, lors d’un concert de la Société nationale de musique, sous la direction de Gustave Doret. L’œuvre, une …

Le 22 décembre 1894, Claude Debussy présente pour la première fois son « Prélude à l'après-midi d'un faune » à Paris, lors d’un concert de la Société nationale de musique, sous la direction de Gustave Doret. L’œuvre, une pièce symphonique d’environ dix minutes, s’inspire du poème « L’Après-midi d’un faune » de Stéphane Mallarmé. Le solo de flûte est interprété par Georges Barrère. Debussy décrit sa composition comme une illustration libre du poème, cherchant à évoquer les atmosphères et les rêves du faune plutôt qu’à en résumer l’intrigue. Cette création marque un tournant dans l’histoire de la musique occidentale, étant souvent considérée comme le début de la musique moderne. Parmi les personnalités liées à l’événement figurent Stéphane Mallarmé, dont le poème a inspiré l’œuvre, et Pierre Louÿs, proche du cercle littéraire et artistique de Debussy. L’adresse 13 rue du Mail à Paris correspond au siège de la Société nationale de musique, où la première a eu lieu.

Sources

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Événement
Événement
Événement
Événement
1895
1895 — Demeure de Paul Verlaine (chez Eugénie Krantz)
p 150
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Événement
1896
8 janvier 1896 — Demeure de Paul Verlaine (à partir de septembre 1895)
p 150
Mort du poète Paul Verlaine ; ses obsèques ont lieu à l'église St Étienne du Mont
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Événement
1896
10 janvier 1896 — Cimetière des Batignolles/Tombe de Paul Verlaine
p 150-151
Obsèques de Paul Verlaine, suivis par 6 000 personnes ; Stéphane Mallarmé lui rend hommage
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Événement
1895
1895 — Demeure de Paul Signac/Séjour d'Émile Verhaeren
p 150
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Événement
Événement
1899
1899 — Académie Camillo/Académie Carrière/Académie de peinture
p 152
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Événement
Événement
1898
septembre 1898 — Demeure d'Émile Verhaeren
p 152
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Événement
1904
1904 – 1905 — Atelier d'Henri Manguin
p 152-155
Les 3 peintres peignent ensemble, "Académie rue Boursault" pour l'un, "Nu dans l'atelier" pour l'autre
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Événement
1901
Événement
1906
1906 — Couvent des Oiseaux/Atelier des peintres Henri Matisse et Othon Friesz
p 158
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Événement
Événement
1898
1898 – 1932 — Demeure et atelier d'Henri Matisse et Albert Marquet
p 158-159
Henri Matisse peint de la fenêtre de son atelier avec Albert Marquet ; ils avaient été précédés ici par Victor Biennoury et seront remplacés par Jules Flandrin
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Événement
1905
17 octobre 1905
p 158
Un critique moque une sculpture sage égarée au milieu de toiles violentes ; sa phrase méprisante donnera son nom au premier mouvement d'avant-garde du siècle. Le Salon d'Automne a été fondé en 1903 en réaction au Salon o …

Un critique moque une sculpture sage égarée au milieu de toiles violentes ; sa phrase méprisante donnera son nom au premier mouvement d'avant-garde du siècle.

Le Salon d'Automne a été fondé en 1903 en réaction au Salon officiel des artistes français, jugé académique et fermé. Il se tient au Grand Palais, avenue Winston-Churchill dans le 8e arrondissement, bâtiment construit pour l'Exposition universelle de 1900. C'est un salon sans jury contraignant, ouvert aux recherches nouvelles, où l'on peut voir ce que les institutions refusent.

En octobre 1905, la salle VII rassemble un groupe de peintres qui ne constituent pas une école et ne se sont donné aucun nom. Henri Matisse y expose "Femme au chapeau," portrait de son épouse dont le visage est peint en vert, en rouge et en bleu. André Derain montre ses vues de Collioure, Maurice de Vlaminck ses paysages des bords de Seine, Albert Marquet, Henri Manguin, Charles Camoin, Kees Van Dongen leurs toiles. Le trait commun est la couleur pure, posée sans mélange, libérée de toute fonction descriptive. Ce n'est plus la lumière qu'on cherche à rendre, comme chez les impressionnistes, mais la couleur affirmée pour elle-même. Au centre de la salle se trouvent deux sculptures d'Albert Marque, un torse d'enfant et un buste de marbre, d'une facture classique et sage.

Louis Vauxcelles, critique d'art, publie le 17 octobre 1905 dans un supplément de Gil Blas son compte rendu du Salon. Devant ce contraste, il écrit sa formule : "Donatello parmi les fauves." L'intention est railleuse. Il oppose la sculpture florentine à ce qu'il considère comme une débauche de couleurs sauvages.

Le mot est retenu. Comme il arrive souvent en histoire de l'art, l'injure devient le nom du mouvement, ainsi que "impressionnisme" et "gothique" l'avaient été avant lui. Vauxcelles récidivera en 1908 en parlant de "cubes" à propos de Braque, baptisant du même geste moqueur le cubisme.

Le fauvisme durera trois ans. Il aura suffi à faire de la couleur un fait autonome, ce dont sortiront l'expressionnisme allemand et une part de l'abstraction.

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Événement
1903
Événement
Date imprécise — Demeure de Michael et Sarah Stein
p 159
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Arsène Alexandre
p 162
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Événement
1906
1906 — Hôtel du Poirier/Séjour d'Amedeo Modigliani
p 162
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Événement
1907
1907 – 1911 — Demeure de Max Jacob
p 162
Max Jacob a la vision de la tête du christ qu'il entoure sur le mur de sa chambre ; il se convertit au catholicisme ; l'histoire ne dit pas ce qu'il avait bu ou fumé
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Événement
1907
1907 — Le Bateau-lavoir/Atelier de Pablo Ruiz Picasso (de 1904 à 1909)
p 162
Pablo Picasso peint les "Demoiselles d'Avinyó", souvenir d'une rue de Barcelone et de son bordel ; tableau qui marque le début du Cubisme, en concurrence avec le "Grand nu" de Georges Braque
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Événement
Événement
1908
1908 — Le Bateau-lavoir/Place Émile Goudeau
p 164
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Événement
1910
1910 — Cabaret Le Lapin Agile (tenu par Frédé puis par Paulo)
p 165-166
Canular de Roland Dorgelès, qui fait peindre une toile "excessiviste", signée Boronali, anagramme d'Aliboron, par l'âne Lolo avec sa queue ; les critiques d'art vont s'entre-déchirer...
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Événement
1909
octobre 1909 — Demeure de Guillaume Apollinaire
p 165
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Événement
Événement
Événement
Date imprécise — Bordel de la rue d'Amboise
p 166
Maison close où Vincent van Gogh venait admirer les dessins laissés par Toulouse-Lautrec, qui était un client assidu de la chambre rouge, au 1er étage
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Événement
1910
1910 — Cité Rose/Cité d'artistes (escalier métallique dans la cour)/Atelier d'Amedeo Modigliani/Atelier de Chaïm Soutine
p 166 & 179
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Événement
1908
1908 — Colonie d'artistes (lieu de vie créé par le docteur Paul Alexandre)
p 166
Phalanstère d'artistes, demeure et atelier de Modigliani et du sculpteur roumain Brâncusi
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Événement
Événement
1920
1920 — Cabaret "le Rendez-vous des Voleurs"/Cabaret des Assassins/Cabaret du Lapin Agile
p 166
Proclamation de l'indépendance de la Commune Libre de Montmartre, porteuse d'une liste "antigrattecieliste" lors des élections
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Événement
1904
Événement
1908
1908 — Galerie Clovis Sagot (pharmacie transformée en bric-à-brac)
p 166-168
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Événement
1882
mars 1882 — Galerie Durand-Ruel (annexe)/Septième Salon Impressionniste
p 166
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Événement
1909
1909 – 1912 — Demeure et atelier de Pablo Ruiz Picasso (après le Bateau-lavoir)
p 166-168
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Événement
1902
1er octobre 1902 — Siège du journal "L'Anarchie"/Causeries populaires de Libertad
p 167
Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle. Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant tr …

Sans statuts, sans cotisation, sans inscription : dans une maison de la Butte, un anarchiste boiteux invente une école du peuple où chacun entre et parle.

Albert Joseph, dit Libertad, est né à Bordeaux en 1875. Enfant trouvé, infirme des deux jambes, il se déplace avec des béquilles dont il se sert aussi, dit-on, dans les bagarres avec la police. Il arrive à Paris à la fin des années 1890 et devient l'une des figures les plus reconnaissables de l'anarchisme individualiste français : orateur d'une véhémence redoutée, il tient des réunions dans les cafés, interrompt les meetings des partis, insulte les électeurs, prêche l'abstention.

En 1902, avec Georges Paraf-Javal, il fonde les Causeries populaires. Le modèle vient des Universités populaires, ces institutions d'éducation ouvrière nées après l'Affaire Dreyfus. Mais Libertad en retire tout ce qui ressemble à une organisation : pas de statuts, pas d'adhésion, pas de cotisation, pas de bureau. On vient, on parle, on écoute, on repart. La causerie est ouverte à quiconque entre.

Les thèmes sont ceux de l'anarchisme individualiste : la critique de l'État, du travail salarié, de la famille, de l'école, du vote, de l'armée, de l'alcool, de la viande. On y discute de néo-malthusianisme et de contraception, sujets alors passibles de poursuites. On y forme une génération entière de militants libertaires.

Le local principal s'installe au 22 rue du Chevalier de la Barre, dans le 18e arrondissement, maison de deux étages avec l'imprimerie au sous-sol et la rédaction au rez-de-chaussée, où les causeries se tiennent deux fois par semaine. En avril 1905, Libertad et sa compagne Anna Mahé y fondent le journal l'anarchie, écrit avec une minuscule initiale à la demande d'Anna Mahé, partisane d'une réforme de l'orthographe.

L'adresse est ironique. La rue du Chevalier de la Barre porte le nom du jeune homme supplicié en 1766 pour blasphème, symbole de la lutte anticléricale. Elle mène droit au chantier de la basilique du Sacré-Cœur, monument expiatoire édifié pour racheter les "crimes" de la Commune. Libertad et ses camarades tiennent leurs réunions antireligieuses à cent mètres du plus grand chantier catholique de France.

Libertad meurt en 1908, à trente-trois ans, des suites de coups reçus. Le journal lui survivra jusqu'en 1914.

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Événement
1911
1911 — Demeure de Diego Rivera (près de l'académie Vassiliev)
p 168
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Événement
1909
1909 — Galerie Ambroise Vollard (annexe)
p 168
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Événement
1909
1909 — Demeure de Diego Rivera
p 168
Le peintre mexicain Diego Rivera s'installe à Paris après un voyage en Belgique
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Événement
Événement
1912
février 1912 — Galerie Bernheim-Jeune
p 169
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Événement
1911
9 septembre 1911 — Prison de la Santé
p 169
Le 21 août 1911, la Joconde disparaît du Louvre. C'est le vol du siècle; toute la France s'en émeut. La police cherche un coupable. Quelques jours après le vol, un journaliste du Matin reçoit deux statuettes ibériques dé …

Le 21 août 1911, la Joconde disparaît du Louvre. C'est le vol du siècle; toute la France s'en émeut. La police cherche un coupable. Quelques jours après le vol, un journaliste du Matin reçoit deux statuettes ibériques dérobées au Louvre, apportées par un certain Géry Piéret qui cherche à monnayer son geste. Piéret avait déjà volé des pièces dans les réserves du musée en 1907 et les avait vendues à un peintre de Montmartre qui les avait gardées pour s'en inspirer: Pablo Picasso.

Apollinaire avait hébergé Piéret. Quand l'affaire éclate, il prend peur et alerte lui-même la presse pour signaler les vols anciens et se démarquer de son ami. Ce calcul se retourne contre lui: en se précipitant à révéler les faits, il s'implique. Le 7 septembre, il est convoqué par le juge. Le 9 septembre 1911, il est incarcéré à la prison de la Santé, 42 rue de la Santé, dans le 14e arrondissement, inculpé de complicité de recel.

Il passera cinq jours dans la cellule 15 de la onzième division. Cinq jours suffisent pour écrire six poèmes qu'il signe "le quinze de la onzième": une transposition ironique de ses coordonnées carcérales. Ces poèmes paraîtront dans "Alcools" en 1913, sous le titre "À la Santé". Ils sont parmi les plus dépouillés de son oeuvre, sans les jeux formels ni les accumulations d'images qui caractérisent le reste du recueil: juste une voix seule dans une cellule, comptant les bruits et les heures.

"Que je m'ennuie entre ces murs tout nus / Et peints de couleurs pâles / Une mouche sur le papier à pas menus / Parcourt mes lignes inégales." La mouche qui traverse la page: une image juste, prosaïque, intime, exactement à l'opposé des grandes constructions mythologiques d'"Alcools".

Il est libéré le 12 septembre, lavé de tout soupçon de vol de la Joconde. Picasso, convoqué lui aussi, avait tremblé. La Joconde réapparaît en décembre 1913 à Florence, volée par un ouvrier italien qui avait travaillé au Louvre. Apollinaire et Picasso n'y étaient pour rien. La cellule 15, elle, reste dans les vers.

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Événement
1912
janvier 1912 — Café de Flore/Rédaction de la revue "Les Soirées de Paris"
p 169
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Événement
1907
6 novembre 1907 — Entreprise Bariquand (plus importante usine de machines-outils de Paris)
p 169
Les frères Wright font monter en puissance le moteur de leur avion
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Événement
1913
1913 — Cabaret Le Lapin Agile
p 169
Pierre Mac Orlan épouse la fille de Berthe, patronne du Lapin Agile, décor du roman "Quai des Brumes" écrit en 1927
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Événement
Événement
1912
1912 – 1913 — Maison de Balzac/Dîners de Passy
p 171
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Événement
Événement
1910
1910 – 1935 — Demeure de Sonia et Robert Delaunay/Séjour de Guillaume Apollinaire
p 171
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Événement
1878
1878 — Cité Fleurie (construite avec les matériaux de l'Exposition universelle de 1878, comportant 29 ateliers)/Cité d'artistes
p 172
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Événement
1913
Événement
1918
9 novembre 1918 — Demeure de Guillaume Apollinaire (à partir de janvier 1913)
p 172 & 187
Mort du poète Guillaume Apollinaire ; victime de l'épidémie de grippe espagnole, injustement dénommée ainsi car venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne seule publiait …

Mort du poète Guillaume Apollinaire ; victime de l'épidémie de grippe espagnole, injustement dénommée ainsi car venant en fait d'Amérique avec les contingents états-uniens. Nétant pas en guerre, l'Espagne seule publiait ses chiffres

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Événement
1912
février 1912 – 1914 — Demeure de la baronne Oettingen/Réunions des "Soirées de Paris"
p 172
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Événement
1912
février 1912 – 1914 — Demeure de Serge Férat/Siège de la revue "Les Soirées de Paris"
p 172
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Événement
1902
1902 — La Ruche/Cité d'artistes
p 173
Ateliers d'artistes conçus par Eiffel pour le "pavillon de la Femme" de l'Exposition universelle de 1900 ; sa réimplantation ici est financée par Jean Boucher, sculpteur et mécène
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Événement
1913
3 mai 1913 — Seconde académie russe de Marie Vassiliev
p 173
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Événement
1914
21 avril 1914 — Galerie de peinture Berthe Weill
p 175
Première exposition individuelle de Diego Rivera ; il présente 17 toiles
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Événement
1914
1914 — Gare Montparnasse
p 176
Chaïm Soutine travaille au déchargement des trains à la gare Montparnasse
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Événement
1912
octobre 1912 – 1913 — Cité Nicolas Poussin/Demeure de Pablo Ruiz Picasso
p 176
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Événement
1913
1913 – 1916 — Demeure et atelier de Pablo Ruiz Picasso
p 176
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Événement
1915
1915 — Demeure de la famille Rivière (amis d'André Gide)/Exposition André Lhote
p 178
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Événement
Date imprécise — Atelier de Léonard Foujita
p 179
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Événement
1917
janvier 1917 — Seconde académie russe de Marie Vassiliev (à partir de 1912)
p 179
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Événement
Date imprécise — Préfecture de police/Bureau de Léon Zamaron
p 179
Chaïm Soutine vend ses premiers tableaux à un commissaire de police dont le bureau est un véritable "musée" de l'École de Paris
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Événement
1914
1914 – 1917 — Imprimerie Union/Imprimerie de journaux russes contre la guerre
p 179
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Événement
1914
1914 — Café de la Rotonde/Lieu de rencontre des exilés Russes
p 179
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Événement
1916
1916 — Galerie de Léonce Rosenberg/Galerie de "L'Effort moderne"
p 180
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Événement
1916
16 juillet 1916 — Salon d'Antin/Exposition "l'Art moderne en France"
p 181
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Événement
1916
16 juillet 1916 — Salon d'Antin
p 181
En plein été 1916, tandis que la Somme saigne, un poète accroche chez un couturier le tableau le plus scandaleux de Picasso — et lui donne son nom. Juillet 1916. La guerre en est à son troisième été, l'offensive de la So …

En plein été 1916, tandis que la Somme saigne, un poète accroche chez un couturier le tableau le plus scandaleux de Picasso — et lui donne son nom.

Juillet 1916. La guerre en est à son troisième été, l'offensive de la Somme fait rage, et Paris a perdu ses peintres, mobilisés ou blessés — Apollinaire vient d'être trépané. C'est le moment que choisit André Salmon, poète et critique, ami de la première heure de Picasso, pour monter une exposition : L'Art moderne en France, du 16 au 31 juillet. Le couturier Paul Poiret lui prête ses locaux — la galerie Barbazanges, au 109 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dont une entrée donnait au 26 de l'avenue d'Antin. D'où le nom resté à l'événement : le « Salon d'Antin ».

Sur les murs, la jeune avant-garde cosmopolite de Montparnasse : Modigliani, Kisling, Marie Vassilieff, Kees van Dongen, Gino Severini, la sculptrice Chana Orloff. Et une grande toile que Picasso gardait roulée dans son atelier depuis neuf ans, montrée jusque-là à quelques intimes seulement.

Il l'avait peinte en 1907 : cinq femmes nues, anguleuses, aux visages de masques, qui avaient effrayé jusqu'à ses amis. Il l'appelait Le Bordel d'Avignon. Pour l'exposition, Salmon la rebaptisa — afin de ménager le public bourgeois — Les Demoiselles d'Avignon. Le titre est resté. Le tableau qui allait bouleverser la peinture occidentale entrait ainsi dans le regard public, en pleine guerre, sous un nom inventé par pudeur.

Il y eut aussi, ce mois-là, des lectures de Max Jacob et d'Apollinaire, de la musique de Satie. Mais la trace la plus durable du Salon d'Antin tient dans ce baptême : la toile de 1907 porte encore aujourd'hui un nom que son auteur ne lui avait pas donné, trouvé un été de la Grande Guerre pour rendre un bordel présentable.

Les Demoiselles d'Avignon, Pablo Picasso, 1907. 

Museum of Modern Art, New York.

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Événement
1917
15 mars 1917 – 1918 — Demeure d'André Lhote
p 182-184
Bagarre à propos d'un article sur le Cubisme de la revue "Nord-Sud" ; titre qui fait référence à la ligne de métro Nord-Sud, qui relie Montmartre à Montparnasse
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Événement
1916
novembre 1916 — Demeure et atelier d'Émile Lejeune/Siège de l'association culturelle Lyre et palette
p 182
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Événement
1916
1916 — Demeure de Léopold Zborowski/Séjour d'Amedeo Modigliani
p 182
Modigliani cède sa production à Zborowski pour 15 F par jour ; il peint de lui plusieurs portraits
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Événement
1915
1915 – 1920 — Demeure et atelier d'Émile Lejeune/Groupe des Six
p 182
Premiers concerts du Groupe des Six dans l'atelier de Lejeune en 1918
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Événement
1920
22 janvier 1920 — Demeure et atelier d'Amedeo Modigliani (à partir de 1917)
p 185
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Événement
1917
1917 – 1920 — Académie Colarossi/Académie de peinture
p 185
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Événement
1917
18 mai 1917 — Théâtre du Châtelet
p 185
Première de "Parade", ballet de Léonide Massine sur un poème de Jean Cocteau ; Apollinaire, qui rédige le programme, invente à cette occasion le néologisme "surréalisme"
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Événement
1918
octobre 1918 — Galerie Eugène Blot/Exposition des "Constructeurs"
p 186-187
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Événement
1917
3 décembre 1917 — Seconde galerie Berthe Weill
p 186
Zborowski organise la première exposition personnelle de Modigliani ; scandale provoqué par la présence de femmes nues en vitrine
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Événement
1919
8 juin 1919 — Galerie de Léonce Rosenberg/Galerie de "L'Effort moderne"
p 187
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Événement
1920
24 janvier 1920 — Hôpital de la Charité
p 187
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Événement
1917
septembre 1917 — Hôpital militaire du Val de Grâce
p 190
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Événement
1917
24 juin 1917 — Conservatoire Renée Maubel/Théâtre Maubel-Galabru
p 190
Représentation des "Mamelles de Tirésias" ; dont le programme, réalisé par Guillaume Apollinaire, porte la première mention du "Sur-réalisme"
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Événement
1913
1913 – 1918 — Demeure de Paul Éluard (à partir de 1913, avec Gala qu'il vient d'épouser)
p 191
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Événement
1918
19 mars 1918 — Librairie d'Adrienne Monnier/Maison des Amis des Livres/Dépôt de la revue "Littérature"
p 191-192
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Événement
1915
1915 – 1921 — Librairie d'Adrienne Monnier/Maison des Amis des Livres
p 191
Librairie fréquentée par Breton et Louis Aragon, où se fit leur première rencontre
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Événement
Événement
Événement
Événement
1920
23 janvier 1920 — Salle du Palais des Fêtes/Réunions de la revue "Littérature"
p 196
Première matinée du mouvement Dada autour de la revue "Littérature" : les "vendredis" de Littérature
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Événement
1914
18 mars 1914 — Palais des Fêtes
p 196
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Événement
1914
18 mars 1914 — Palais des Fêtes
p 196
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Événement
1920
7 février 1920 — Théâtre du Peuple et de la Coopération des idées/Club du Faubourg
p 196
Le 7 février 1920, le manifeste Dada est proclamé par Breton à Paris, au club du Faubourg, en présence de Léo Poldès et de Raymond Duncan. Il suscite de vives réactions, racontées par Aragon : « La longueur de ce morceau …

Le 7 février 1920, le manifeste Dada est proclamé par Breton à Paris, au club du Faubourg, en présence de Léo Poldès et de Raymond Duncan. Il suscite de vives réactions, racontées par Aragon : « La longueur de ce morceau et surtout son caractère poétique eurent rapidement fait de ramener l'union parmi les assistants. Le tollé devint général. » En effet, parmi le public de travailleurs et de leaders syndicalistes, la soirée avait tourné à l'affrontement entre anarchistes et socialistes : la proclamation du manifeste dada ramène l'unité contre lui.

Sources

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Événement
1920
19 octobre 1920 — Passage de l'Opéra/Galerie du Baromètre/Café Certà/Quartier général des Dadaïstes
p 198
Un mouvement qui refuse toute définition établit un procès-verbal pour savoir qui en est : c'est ainsi que Dada meurt et que le surréalisme commence. Dada est né à Zurich en 1916, au Cabaret Voltaire, parmi des exilés fu …

Un mouvement qui refuse toute définition établit un procès-verbal pour savoir qui en est : c'est ainsi que Dada meurt et que le surréalisme commence.

Dada est né à Zurich en 1916, au Cabaret Voltaire, parmi des exilés fuyant la guerre. Tristan Tzara, Hugo Ball, Hans Arp y ont inventé un art de la table rase : contre la guerre, contre la raison qui l'a produite, contre l'art bourgeois qui l'a accompagnée, contre le sens lui-même. "Dada ne signifie rien."

Tzara arrive à Paris en janvier 1920. Il y trouve un groupe déjà formé autour de la revue Littérature : André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault. L'année 1920 est celle des manifestations dada parisiennes, spectacles de provocation organisée où l'on lit des poèmes faits de mots tirés au sort, où l'on insulte le public, où l'on annonce la venue de Charlie Chaplin qui ne vient pas.

Leur quartier général est le café Certà, dans le passage de l'Opéra, galerie couverte donnant sur le boulevard des Italiens. Aragon en fera le décor central du "Paysan de Paris" en 1926, quand le passage sera détruit pour le percement du boulevard Haussmann.

Le 19 octobre 1920, au Certà, le groupe établit un procès-verbal recensant qui est dadaïste à cette date. Sont notés présents ou concernés Breton, Aragon, Éluard, Soupault, Fraenkel, Rigaut, Hilsum, et Pierre Drieu La Rochelle.

L'exercice est comique et symptomatique. Un mouvement fondé sur le refus de toute institution, de toute doctrine, de toute appartenance, éprouve le besoin de dresser la liste de ses membres. Dada se meurt de sa propre logique : on ne peut pas durer dans la négation pure.

La rupture viendra en 1922, quand Breton tentera d'organiser un Congrès de Paris pour "déterminer les directives de l'esprit moderne." Tzara refusera. Breton l'écartera. Le surréalisme naîtra de cette rupture, avec un manifeste en 1924, une doctrine, une revue, des exclusions.

Drieu La Rochelle, présent ce soir-là, deviendra fasciste et se suicidera en 1945. Rigaut se tuera en 1929. Aragon et Éluard entreront au Parti communiste.

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Événement
1921
14 avril 1921 — Église St Julien le Pauvre/Canular des Dadaïstes
p 198
Au 1, rue Saint-Julien-le-Pauvre (Ve arr.), une cinquantaine de personnes attendent une visite guidée d'un nouveau genre. Elles ne le savent pas encore, mais il n'y a rien à voir. Le tract est alléchant : « Excursions & …

Au 1, rue Saint-Julien-le-Pauvre (Ve arr.), une cinquantaine de personnes attendent une visite guidée d'un nouveau genre. Elles ne le savent pas encore, mais il n'y a rien à voir.

Le tract est alléchant : « Excursions & Visites DADA — 1ère visite : Église Saint-Julien-le-Pauvre ». Les organisateurs promettent de « remédier à l'incompétence de guides et de cicerones suspects ». Suivront, annonce-t-on, le Louvre, le canal Saint-Martin, la gare Saint-Lazare. Le rendez-vous est fixé à 15 heures, dans le jardin de la plus vieille église de Paris.

Ce 14 avril 1921, la fine fleur de Dada est au complet : André Breton, Tristan Tzara, Louis Aragon, Paul Éluard, Benjamin Péret, Francis Picabia, Jean Arp, Philippe Soupault, Jacques Rigaut, Théodore Fraenkel, Gabrielle Buffet. Une cinquantaine de curieux les rejoignent. L'idée est simple et géniale : transformer la visite touristique en geste artistique, démontrer que n'importe quel coin de Paris vaut bien un musée — ou qu'aucun ne vaut rien du tout.

Le résultat est à la hauteur de l'ambition : il ne se passe strictement rien. Breton et Tzara prononcent quelques mots dans le jardin. Georges Ribemont-Dessaignes fait la visite en lisant à voix haute des définitions piochées au hasard dans le dictionnaire Larousse. Et puis il se met à pleuvoir.

C'est un fiasco magnifique. Le public repart trempé et perplexe. Les excursions suivantes n'auront jamais lieu. Mais l'idée est lancée : l'art peut naître du banal, de l'absurde, du rien. Les surréalistes s'en souviendront.

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Événement
1921
janvier 1921 — Siège de la Fédération de Paris du parti socialiste (PCF)
p 198
Louis Aragon et Breton adhèrent au PCF après le congrès de Tours
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Événement
1921
13 mai 1921 — Salle des Sociétés savantes
p 199 & 201
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Événement
1921
2 mai 1921 — Galerie "Au sans pareil"/Exposition "Mise sous whisky marin"
p 199
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Événement
1922
janvier 1922 – 1966 — Demeure d'André Breton
p 200
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Événement
1921
1921 – 1941 — Librairie Shakespeare & Co (Shakespeare and Company)
p 200
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Événement
1922
1922 — Hôtel Grosvenor/Séjour de Louis Aragon
p 200
Marcel Duhamel héberge Louis Aragon gratuitement, en cachette, dans un hôtel appartenant à ses parents ; Louis Aragon vient d'abandonner la médecine
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Événement
1921
décembre 1921 — Galerie Six/Exposition Man Ray
p 200
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Événement
1921
1921 – 1926 — Cité d'artistes/Atelier de Joan Miró
p 205
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Événement
1923
6 juillet 1923 — Théâtre Michel
p 205
Pugila entre Tzara et Breton, entre Dadaïstes et futurs Surréalistes, à l'occasion de la "Soirée du Cœur à Barbe" où est représentée la pièce "le Cœur à Gaz"
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Événement
Événement
1925
1925 — Café Le Cyrano/Quartier général des Surréalistes
p 208
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Événement
1925
1925 — Café Le Cyrano/Quartier général des Surréalistes
p 208
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Événement
1925
septembre 1925 — Théâtre des Champs-Élysées
p 210-213
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Événement
1925
15 octobre 1925 — Siège de la revue "Clarté"
p 210-213
Pour la première fois, les poètes qui voulaient changer la vie et les militants qui voulaient changer le monde signent le même texte, et c'est contre une guerre coloniale. En 1925, la France mène au Maroc la guerre du Ri …

Pour la première fois, les poètes qui voulaient changer la vie et les militants qui voulaient changer le monde signent le même texte, et c'est contre une guerre coloniale.

En 1925, la France mène au Maroc la guerre du Rif contre la République confédérée des tribus du Rif proclamée par Abdelkrim el-Khattabi. Les Rifains ont écrasé l'armée espagnole à Anoual en 1921 ; Lyautey puis Pétain engagent contre eux des moyens massifs, jusqu'au bombardement des villages et à l'emploi de gaz de combat par les Espagnols. Le Parti communiste français est la seule force politique à s'opposer frontalement à cette guerre, ce qui lui vaut des poursuites.

Les surréalistes, eux, viennent de rompre avec la seule provocation littéraire. Le groupe formé autour d'André Breton, avec Aragon, Éluard, Péret, Desnos, Artaud, découvre que sa révolte contre la raison bourgeoise ne peut rester esthétique. La revue Clarté, fondée par Henri Barbusse, auteur du "Feu," rassemble les intellectuels communistes ; la revue Philosophies réunit de jeunes philosophes dont Georges Politzer, Henri Lefebvre, Norbert Guterman.

En juillet 1925, à l'occasion des protestations contre la guerre du Rif, les trois groupes se rapprochent. Après avoir signé un appel contre la guerre rédigé par Barbusse, les surréalistes acceptent avec Clarté d'élaborer un manifeste commun.

"La Révolution d'abord et toujours" paraît dans L'Humanité le 21 septembre 1925, puis en octobre dans Clarté et dans La Révolution surréaliste. Le siège de Clarté, 16 rue Jacques-Callot dans le 6e arrondissement, est l'un des lieux de cette élaboration. Le texte dénonce la guerre coloniale, l'armée, la patrie, l'Occident lui-même, avec une violence de ton qui appartient aux surréalistes et une référence explicite à Lénine qui vient des communistes.

L'alliance sera brève et houleuse. Le Parti communiste stalinisé exigera bientôt des artistes une discipline et un réalisme que les surréalistes refusent. Breton sera exclu, Aragon restera et deviendra stalinien, Péret partira au POUM en Espagne, Politzer sera fusillé par les nazis en 1942. Mais le texte de 1925 demeure : c'est là que l'anticolonialisme entre dans la littérature française.

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Événement
Événement
1926
5 octobre 1926 — Brasserie de la Nouvelle France
p 215
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Événement
1927
1927 — Coopérative "La Famille nouvelle"/Coopérative ouvrière
p 215
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Événement
1407
1407 — Maison de Nicolas Flamel/Plus vieille maison de Paris
p 216
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Événement
1928
6 novembre 1928 — Bar de La Coupole
p 219
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Événement
1932
18 mars 1932 — Siège de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires
p 222-223
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Événement
1932
1932 — Salons de la coopérative "La Famille nouvelle"/Réunions de l'AÉAR
p 222-223
Premières réunions de l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires, l'AÉAR ; épisode de "l'affaire Louis Aragon", avec le poème "Front Rouge"
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Événement
1932
1932 — Demeure de Jacques Lacan dans un meublé
p 223-224
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Événement
1932
2 décembre 1932 — Cinéma Hollywood
p 223
Projection du film "L'affaire est dans le sac", premier film des frères Prévert, réalisé avec l'ex groupe de la rue du Château ; ce sera un fiasco
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Événement
1936
1936 — Grenier des Augustins (loué par Jean-Louis Barrault)
p 224-225
Conférence par le groupe de la "Critique sociale", du mouvement "Contre-attaque", qui se dissout en mars
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Événement
1935
21 juin 1935 — Palais de la Mutualité
p 224
Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, organisé par l'AÉAR ; 230 participants, 38 pays représentés
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Événement
1935
18 juin 1935 — Demeure de René Crevel
p 224
Suicide au gaz de René Crevel, qui vient d'apprendre qu'il était atteint de tuberculose rénale ; il avait tenté de rapprocher Surréalistes et Communistes
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Événement
Événement
Événement
1933
7 décembre 1933 — Café de Flore
p 226
Raymond Queneau, lauréat du prix des Deux Magots, fréquente le café concurrent avec la bande à Prévert
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Événement
1943
juillet 1943 — Café de Flore (terrasse)
p 227
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Événement
1944
19 mars 1944 — Demeure de Michel Leiris
p 227
Le 19 mars 1944, au 53 bis quai des Grands Augustins, Michel Leiris ouvre son appartement à une assemblée improbable. On y lit du théâtre — une pièce en six actes écrite par Picasso en quatre jours de janvier 1941, dans …

Le 19 mars 1944, au 53 bis quai des Grands Augustins, Michel Leiris ouvre son appartement à une assemblée improbable. On y lit du théâtre — une pièce en six actes écrite par Picasso en quatre jours de janvier 1941, dans le froid et le dénuement de l'Occupation. Le titre : Le Désir attrapé par la queue.

Albert Camus dirige la lecture. Sartre joue le Grand Pied, Beauvoir la Cousine, Queneau le bout rond, Dora Maar une des Tarts. Picasso est là, dans la salle, spectateur de sa propre œuvre. Georges Hugnet complète la distribution. Autour d'eux, une assistance que Leiris a soigneusement triée : des amis, des complices, quelques curieux — tous conscients que se tenir ainsi ensemble, à lire du surréalisme subversif sous nez allemand, est en soi un acte.

La pièce elle-même est délibérément hermétique — un carnaval absurde de personnages allégoriques, de faim, de froid et de désir, qui ne raconte rien de lisible et dit pourtant tout sur ce que c'est que de vivre à Paris en 1941. Picasso n'avait pas cherché à faire du théâtre jouable. Il avait cherché à écrire.

Ce soir du 19 mars, quai des Grands Augustins, à deux pas de l'atelier où il peint depuis 1936, la lecture dure plusieurs heures. Paris est occupé, le couvre-feu attend. Mais pendant ce temps-là, dans ce salon, la ville résiste à sa façon — en lisant du Picasso à voix haute.

Première rangée : Sartre, Camus, Michel Leiris, Jean Aubier. Debout : Lacan, Cécile Éluard, Pierre Reverdy, Louise «Zette» Leiris, Picasso, Zanie Campan , Valentine Hugo , Simone de Beauvoir, Brassaï

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Événement
Événement
1943
1943 – 1946 — Hôtel La Louisiane/Demeure de Jean-Paul Sartre
p 228-231
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Événement
1943
janvier 1943 — Hôtel de Nice/Demeure de Jacques Prévert
p 228
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Événement
1944
15 mars 1944 — Studios Pathé Cinéma (tournage des "Enfants du paradis")
p 228
Le tournage des Enfants du paradis est une épopée à lui seul. Commencé en août 1943 aux studios de la Victorine à Nice, il se poursuit à Paris dans les studios Francoeur et au théâtre Déjazet. Le passage par la rue Franc …

Le tournage des Enfants du paradis est une épopée à lui seul. Commencé en août 1943 aux studios de la Victorine à Nice, il se poursuit à Paris dans les studios Francoeur et au théâtre Déjazet. Le passage par la rue Francoeur n'est pas prévu : il est imposé par les circonstances. Le tournage est arrêté à cause du débarquement allié en Sicile, le producteur Paulvé est interdit d'exercer par les Allemands à cause d'un lointain ancêtre juif, le décor du boulevard du Temple est gravement endommagé par une tempête. Pathé reprend le financement.

Le 15 mars 1944, les caméras tournent à nouveau rue Francoeur. Dans les couloirs du studio, on croise Jean-Paul Sartre — engagé par un tout nouveau « département des scénarios » que Pathé vient de créer pour fournir à l'écran des œuvres originales. Carné et Prévert, eux, s'emploient à achever leur fresque dans un Paris sous Occupation, entre alertes aériennes et coupures d'électricité. Parmi leurs collaborateurs, le décorateur Trauner et le compositeur Kosma travaillent dans la clandestinité, leurs noms dissimulés au générique.

Carné et Prévert avaient caché une partie des bobines aux forces d'occupation, espérant que Paris serait libéré quand le film serait prêt. C'est exactement ce qui se passe : le film sort le 9 mars 1945 au Palais de Chaillot, dans l'euphorie de la Libération. Garance, Baptiste, Lemaître et Lacenaire, nés dans les studios niçois et achevés rue Francoeur sous les bombes, deviennent aussitôt des personnages immortels.

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Événement
Événement
Date imprécise — Demeure d'Armand Salacrou
p 231
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Événement
1934
1934 – 1944 — Demeure de Robert Desnos
p 231
Poète et Résistant, mort du typhus suite à sa déportation au camp de Térézin, en 1945
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Événement
1947
Événement
1948
1948 – 1962 — Demeure de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir/Comité de rédaction des "Temps modernes"
p 232
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Événement
1946
mai 1946 — Le Club du Lorientais/Club de Jazz
p 232
Luter et Vian animent le club de Jazz New Orleans du Lorientais
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Événement
1948
1948 — Le Tabou
p 232
Représentation de la pièce "Le Cercle Vicieux", écrite par Roger Pierre
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