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Couverture — Le Léopard des Batignolles
Bibliographie

Le Léopard des Batignolles

IZNER Claude
10-18 - Grands détectives, 2005.
12 Fiches citant cet ouvrage
2005 Édition

Fiches citant cet ouvrage

12 fiches
Événement
1871
24 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
p 14
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1893
3 juillet 1893 — Manifestation des Quat'z'Arts
p 63 & 335
Nuger est tué par la police lors d'une manifestation contre la condamnation d'une danseuse nue qui s'était exhibée lors du Bal des Quat'z'Arts
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Événement
1876
avril 1876 — Galerie Durand-Ruel/Deuxième Salon Impressionniste
p 79
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Événement
1699
21 avril 1699 — Demeure de Jean Racine (à partir de 1692)
p 118
Il avait quitté le théâtre depuis douze ans. C'est dans le silence qu'il meurt, à deux pas de la scène où il avait régné. Le 21 avril 1699, Jean Racine s'éteint dans sa maison de la rue des Marais-Saint-Germain — aujourd …

Il avait quitté le théâtre depuis douze ans. C'est dans le silence qu'il meurt, à deux pas de la scène où il avait régné.

Le 21 avril 1699, Jean Racine s'éteint dans sa maison de la rue des Marais-Saint-Germain — aujourd'hui rue Visconti — au cœur du faubourg Saint-Germain. Il a cinquante-neuf ans. La cause officielle est un abcès au foie ; la cause profonde, personne ne la connaît vraiment. Depuis Phèdre, en 1677, Racine n'a plus rien donné au théâtre profane. Il s'est rangé, marié, est devenu historiographe du roi, père de sept enfants, dévot.

La rue des Marais est alors un ruban étroit entre les rues de Seine et Bonaparte, déjà vieux de trois siècles. Racine s'y est installé dans les années 1690 — probablement en 1692 — dans une maison appartenant à Mareschal, premier chirurgien de Louis XIV. Le quartier est celui des libraires, des imprimeurs, des théâtres : le jeu de paume de la rue Mazarine, où Molière a joué, est à quelques enjambées. Racine vit à l'ombre de ce qu'il a été.

Les dernières années sont marquées par un retour à Port-Royal, dont il avait été l'élève avant d'en devenir, par sa carrière mondaine, le fils ingrat. Il rédige un Abrégé de l'histoire de Port-Royal, inachevé, où perce le remords. La disgrâce auprès de Louis XIV — pour avoir, dit-on, évoqué trop librement la misère du peuple — assombrit ses derniers mois. La légende veut que le roi l'ait regardé mourir de loin, sans un geste.

Racine demande à être enterré à Port-Royal-des-Champs. Louis XIV y consent. En 1711, quand le roi fait raser l'abbaye — sa vieille ennemie janséniste —, les restes de Racine sont transférés à Saint-Étienne-du-Mont, où ils reposent encore, à côté de ceux de Pascal. Le poète des passions tragiques et le géomètre de l'infini, voisins pour l'éternité.

Rue Visconti, une plaque rappelle sa mémoire. Elle a longtemps été posée au mauvais numéro — le 26 au lieu du 24. La maison elle-même a disparu depuis longtemps. Mais la rue, l'une des plus étroites de Paris, a gardé son échelle du XVIIe siècle — et son silence.

Plaque de Racine 26 rue Visconti, Archives Paris révolutionnaire

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Événement
1856
1856 – 1930 — Magasin Dufayel/Palais de la Nouveauté/Palais du travailleur
p 193
Premier magasin à stratégie commerciale moderne, adoptant un système novateur d'abonnement et de vente à crédit
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Événement
1891
février 1891 — Rédaction du journal "L'Endehors"
p 250
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Événement
1839
5 février 1839
p 254-255
Hippolyte Bayard, pionnier de la photographie sur papier, mène ses premières expériences aux Batignolles au début des années 1840, dans un quartier encore semi-rural du 17e arrondissement. Il y loue une maison avec jardi …

Hippolyte Bayard, pionnier de la photographie sur papier, mène ses premières expériences aux Batignolles au début des années 1840, dans un quartier encore semi-rural du 17e arrondissement. Il y loue une maison avec jardin, connue comme la « maison du meunier des Batignolles », et travaille entre la rue des Batignolles et la rue Boursault, sans qu’une adresse précise soit attestée pour son atelier expérimental. Rue des Batignolles, il photographie notamment la procession de la Fête-Dieu en 1842, ainsi que des vues de jardins, de cours et de petits immeubles du faubourg.

C’est dans ce cadre qu’il met au point un procédé de positif direct sur papier, puis de tirage papier, qui fait de lui l’un des inventeurs de la photographie moderne aux côtés de William Henry Fox Talbot. Dès février 1839, quelques jours après l’annonce du daguerréotype, Bayard présente à Paris des épreuves négatives sur papier, reproductibles à l’infini, obtenues avec une chambre noire bricolée depuis les toits et jardins des Batignolles. Il pris l’initiative de présenter à César-Mansuète Despretz (1791-1863), Membre de l’Académie des sciences, le 5 février 1839, ses « dessins photogènes ou photogénés selon les sources », obtenus par contact. Et le 20 mars, tel qu’il l’a consigné dans son cahier, la première image positive sur papier, donc bien avant Talbot et Daguerre. En quelques mois, il parvient à réduire le temps de pose à environ un quart d’heure. Malgré l’appui scientifique de ses résultats, François Arago et l’État français choisissent de soutenir officiellement le procédé de Daguerre sur plaque métallique. Bayard réagit par un autoportrait célèbre, le « noyé », où il se met en scène comme un inventeur sacrifié par les pouvoirs publics.

Dans les jardins et cours des Batignolles, il développe une esthétique intime : vues de toits, petits potagers, instruments de jardinage, chapeaux de paille, pots de fleurs renversés, arrosoirs et chaises usées forment le décor de ses premiers clichés. Ces images, réalisées autour de la rue des Batignolles et de la rue Boursault, fixent les bonheurs modestes d’un faubourg en transformation et annoncent, par leur attention au quotidien, une sensibilité que l’on retrouvera plus tard chez des photographes humanistes comme Willy Ronis ou Édouard Boubat.

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Événement
Événement
1893
12 avril 1893 — Montagnes russes/Olympia
p 338
Le 12 avril 1893, au 28 boulevard des Capucines, Joseph Oller inaugure l'Olympia — deux mille places, une salle en acier et en velours, et pour l'ouverture, des acrobates, des travestis, La Goulue qui danse le cancan. To …

Le 12 avril 1893, au 28 boulevard des Capucines, Joseph Oller inaugure l'Olympia — deux mille places, une salle en acier et en velours, et pour l'ouverture, des acrobates, des travestis, La Goulue qui danse le cancan. Tout le Paris qui compte est là. On vient voir ce que cet homme a encore inventé.

Car Oller est un inventeur compulsif. Catalan de naissance, arrivé à Paris enfant, il a fondé le pari mutuel aux courses, ouvert les Montagnes Russes boulevard des Capucines — à cet emplacement même —, puis le Moulin Rouge en 1889 avec Charles Zidler, au pied de la Butte. L'Olympia est son projet le plus ambitieux : le premier music-hall de Paris au sens moderne du terme, un lieu où tous les genres se côtoient dans la même soirée — chanson, danse, cirque, spectacle de variétés.

L'architecte Léon Carle a construit la salle sur les fondations en acier des anciennes Montagnes Russes, fermées l'année précédente par le préfet de police qui craignait l'incendie. Le bâtiment est moderne, fonctionnel, conçu pour le spectacle de masse. L'entrée, sous la grande enseigne lumineuse du boulevard des Capucines, deviendra l'une des images les plus reconnaissables de Paris.

Le succès est immédiat puis décline. Dans les années 1920, l'Olympia se convertit en cinéma. Il faudra attendre 1954 et Bruno Coquatrix pour que la salle retrouve sa vocation musicale. Brel, Piaf, les Beatles, les Rolling Stones, Dalida — le music-hall d'Oller deviendra le temple de la chanson française et du rock international. Son nom reste au fronton, boulevard des Capucines, à l'endroit exact où un Catalan de Paris a eu l'idée, en 1893, de mettre des acrobates et La Goulue sur la même scène.

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