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18 septembre 1870
Événement

Blanqui confronte Jules Favre à l'Hôtel de Ville

Hôtel de Ville
Blanqui confronte Jules Favre à l'Hôtel de Ville
Portrait d'Auguste Blanqui (1805-1881) par Eugène Carrière vers 1880. Musée Carnavalet.

Blanqui entre à l'Hôtel de Ville avec une délégation et un papier : l'affiche rouge dont le gouvernement n'a pas voulu entendre parler.

Sedan a capitulé le 2 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale, installé à l'Hôtel de Ville, regroupe des républicains bourgeois décidés à défendre Paris contre la Prusse sans pour autant y associer les organisations ouvrières. Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry veulent résister ; ils ne veulent pas d'une levée en masse armée par des comités populaires. Surtout, depuis le début de septembre, des rumeurs courent sur des négociations en vue d'un armistice.

Le 15 septembre, le Comité central républicain des Vingt arrondissements, réuni à la Corderie, a publié sa première affiche rouge, exigeant la guerre totale et la formation de la Commune. Le 16 septembre, une seconde affiche reprend et précise les demandes. Le gouvernement fait comme si ces textes n'existaient pas.

Le 18 septembre, Louis-Auguste Blanqui se présente à l'Hôtel de Ville à la tête d'une délégation de militants. Il demande à rencontrer Jules Favre, vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères. La scène a lieu dans les bureaux du bâtiment : d'un côté, Blanqui, soixante-cinq ans, plusieurs fois emprisonné, figure irréductible du républicanisme insurrectionnel depuis 1830 ; de l'autre, Jules Favre, avocat libéral, héritier de la tradition orléaniste.

La délégation réclame l'application concrète des mesures de l'affiche rouge : armement du peuple, réquisition des vivres, formation de comités de quartier ayant autorité sur la défense. Favre refuse. Il considère que le gouvernement légitime est seul compétent pour organiser la résistance, et que les demandes des délégués sont inconstitutionnelles.

Cette confrontation préfigure ce qui éclatera au printemps 1871. Entre Blanqui et Jules Favre, il n'y a pas seulement une divergence tactique sur la conduite de la guerre : il y a deux conceptions irréconciliables du pouvoir, de la légitimité et du rôle des classes populaires dans la défense de la République. La Commune sera, entre autres, la réponse armée de Paris à ce refus répété.