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Couverture — La Polka des canons
Bibliographie

La Polka des canons

LANOUX Armand
Grasset, 1971.
127 Fiches citant cet ouvrage
1971 Édition

Fiches citant cet ouvrage

127 fiches
Événement
1871
18 mars 1871 — École de la rue Basfroi/Quartier général du Comité central de la Garde nationale
p 9
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Événement
1871
11 mars 1871
p 11-12
Première tentative de reprise du canon "Alsace-Lorraine" par le 59ème bataillon sur ordre de Vinoy ; les Fédérés s'y opposent à l'appel d'Allemane, soutenus par la population
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Événement
1871
27 février 1871
p 14 & 460-461
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
17 mars 1871 — Palais du Louvre
p 16-17
La [décision politique prise au quai d'Orsay](https://parisrevolutionnaire.org/thiers-vient-a-paris-et-convoque-une-reunion-elargie-du/), il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Lou …

La décision politique prise au quai d'Orsay, il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Louvre — quartier général de la place de Paris — pour distribuer les rôles. Le dispositif est ambitieux : quadriller Paris simultanément, de sorte qu'aucune résistance ne puisse s'organiser.

Susbielle commandera la colonne sur Montmartre, avec les brigades Paturel et Lecomte — environ 6 000 hommes, régiments de ligne, gardes républicains, gendarmes et mitrailleuses. Faron marchera sur Belleville et les Buttes-Chaumont avec 6 000 hommes supplémentaires. Maud'huy occupera l'Hôtel de Ville, la Bastille et les ponts de la rive droite. Barry tiendra la Concorde et les Tuileries. Valentin, préfet de police, assurera le contrôle des Champs-Élysées avec ses gardes républicains.

Au total, Thiers a obtenu de Bismarck que ses troupes soient portées à 40 000 hommes — mais la réalité est plus modeste : les libérables sont rentrés chez eux depuis la signature des préliminaires de paix, et Vinoy ne dispose en fait que de 20 000 hommes environ. Surtout, pour transporter 227 canons, il faudrait près de 2 000 chevaux. Personne n'a prévu d'en réquisitionner suffisamment.

Vinoy le sait. Il a exprimé ses réserves au conseil du quai d'Orsay — trop tôt, trop peu préparé. Thiers n'a pas voulu entendre. Le déploiement est fixé à 3 heures du matin. Les soldats marcheront dans la nuit froide vers des objectifs qu'ils atteindront sans difficulté — et devant lesquels ils resteront ensuite immobiles, à attendre des chevaux qui ne viendront pas.

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Événement
1871
18 mars 1871
p 20
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871
p 20-28
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1871
février 1871 — Le Château Rouge/Comité de vigilance du 18ème
p 23-24
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Événement
1871
18 mars 1871 — PC du général Vinoy
p 24
PC du général Vinoy lors de l'opération de récupération des canons qui va déclencher la Commune
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Événement
Événement
1871
18 mars 1871 — Bal de la Tour de Solférino
p 32
Lecomte fait enfermer des soldats du 88ème régiment de ligne qui ont fraternisé avec les Fédérés Verdaguer a dit « l'arme à terre ». Ses hommes ont obéi. Lecomte est désormais face à une troupe qui lui échappe — des sold …

Lecomte fait enfermer des soldats du 88ème régiment de ligne qui ont fraternisé avec les Fédérés

Verdaguer a dit « l'arme à terre ». Ses hommes ont obéi. Lecomte est désormais face à une troupe qui lui échappe — des soldats qui fraternisent avec la foule, qui distribuent leurs fusils, qui rient avec ceux qu'ils étaient censés disperser.

Sa réponse est celle d'un officier qui n'a plus que l'autorité formelle pour s'appuyer : il fait saisir et enfermer les soldats qui ont fraternisé. Le lieu choisi est le bal de la Tour de Solférino, rue Lamarck — une salle de danse reconvertie en geôle improvisée. Une dizaine, peut-être davantage, sont mis aux arrêts.

Le geste est vain. Il ne rétablit pas l'ordre — il l'aggrave. La nouvelle se répand immédiatement parmi les soldats encore en ligne : leur propre général fait emprisonner ceux d'entre eux qui ont refusé de tirer sur des civils. L'effet est inverse à celui escompté. Ceux qui hésitaient encore franchissent mentalement la ligne.

C'est aussi, paradoxalement, l'un des actes qui scellera le sort de Lecomte quelques heures plus tard. Quand il sera arrêté et conduit rue des Rosiers, parmi les plus ardents à réclamer sa mort se trouveront les soldats du 88e — ses propres hommes qu'il avait fait enfermer le matin même. La rancœur de la caserne s'ajoutera à la colère de la rue.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de fraternisation entre les Fédérés et les troupes de ligne
p 32
Les troupes régulières fraternisent au cri de "vive la République" et laissent passer un groupe de 300 Fédérés menés par Pigarre
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Événement
1871
18 mars 1871
p 33
Les Fédérés du 128ème bataillon de la Garde nationale font couper les traits des attelages qui emmenaient les canons de Montmartre
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Hôtel de Ville
p 35
Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer. Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale, …

Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer.

Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale, on pille les armuriers, on force les barrières de l'octroi. À l'Hôtel de Ville, sur la place de Grève, le comité permanent des électeurs — avocats, marchands, notables du Tiers — siège sans désemparer. Ce 13 juillet, il décrète la levée d'une milice bourgeoise : quarante-huit mille hommes, huit cents par district, pour les soixante districts de Paris.

Le mot n'est pas choisi au hasard. On n'y enrôle pas n'importe qui. La milice se recrute parmi les citoyens domiciliés, connus, solvables — ceux qui peuvent s'équiper à leurs frais. Les gens sans aveu, les vagabonds, les pauvres qui ont justement grossi les émeutes de la veille en sont écartés. Car cette force doit parer deux dangers à la fois : l'armée du roi, certes, mais aussi la rue elle-même. Il s'agit de tenir Paris, de protéger les propriétés, d'empêcher le pillage. La bourgeoisie s'arme autant contre le trône que contre le peuple qui vient de lui entrouvrir les portes du pouvoir.

Reste à se reconnaître entre soi. La veille, au Palais-Royal, Camille Desmoulins avait épinglé une feuille verte à son chapeau — le vert de l'espérance, vite abandonné : c'était aussi la livrée du comte d'Artois, frère du roi. On lui préfère le rouge et le bleu, les couleurs de la ville. Deux jours plus tard, le 15 juillet, La Fayette est acclamé à l'Hôtel de Ville commandant de cette force, rebaptisée Garde nationale ; le même jour, Bailly devient maire. Le 17, quand Louis XVI vient à l'Hôtel de Ville reconnaître la Révolution, La Fayette glisse le blanc royal entre les deux couleurs parisiennes : la cocarde tricolore est née.

L'adjectif, lui, restera collé à l'institution. Garde bourgeoise elle naît, garde bourgeoise elle reste. En juin 1848, sur les barricades des faubourgs de l'est, cette même Garde nationale — la bourgeoisie sous les armes — marchera contre les ouvriers parisiens insurgés, épisode que Marx analyse dans Les Luttes de classes en France. Le fusil que 1789 avait réservé aux propriétaires n'avait pas changé de camp.

Quant au vieil Hôtel de Ville Renaissance de la place de Grève, où tout s'était décidé, il flamba le 24 mai 1871, incendié pendant la Semaine sanglante par les fédérés de la Commune — c'est-à-dire par la Garde nationale elle-même, passée cette fois du côté du peuple. Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui n'en est que la reconstruction, relevée la décennie suivante.

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Événement
1870
septembre 1870
p 37
Premiers enrôlements dans la Garde nationale renforcée après le 4 septembre par le Gouvernement provisoire
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 41
Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix. Quand Arnold procla …

Élection des 38 membres du Comité Central de la Garde nationale ; les Fédérés refusent de reconnaître d'Aurelle de Paladines comme général en chef et proclament Garibaldi à l'unanimité moins une voix.

Quand Arnold proclame les noms des élus ce soir-là, les 38 membres du nouveau Comité central n'ont rien des chefs politiques habituels. Pas de tribuns connus, pas de notables. Ce sont des délégués issus des conseils de légion et des bataillons de chaque arrondissement — deux par arrondissement, plus un chef de bataillon par légion.

Leurs noms parlent peu à l'opinion : Assi, mécanicien à Creusot, Varlin, relieur, Maljournal, Clémence, Demeule, Géresme, Bouit. Sur les 38, une quinzaine appartiennent à l'Internationale ouvrière ou aux chambres syndicales. Quelques blanquistes. Des hommes qui ont fait leur apprentissage dans les réunions de bataillons pendant le siège, pas dans les cercles républicains bourgeois. C'est précisément ce qui les distingue de tous les comités révolutionnaires qui ont précédé.

Sur la question du commandement militaire, l'assemblée est unanime — à une voix près : elle refuse d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers, et proclame Garibaldi général en chef. Le héros de l'unité italienne déclinera le poste, mais le geste compte : le Comité central ne reconnaît d'autorité qu'à ses propres élus.

Trois jours plus tard, après l'insurrection du 18 mars, ces 38 inconnus se retrouveront à l'Hôtel de Ville, à gouverner Paris. Ils convoqueront les élections de la Commune, lèveront l'état de siège, rétabliront la liberté de la presse, suspendront les expulsions. Leur légitimité : le suffrage des bataillons populaires de Paris.

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Événement
1871
16 mars 1871 — Café Pilon
p 41-42
Réunion d'une centaine de chefs de bataillon de la Garde nationale se déclarant "fermement décidés à repousser par tous les moyens possibles les attaques qu'on oserait tenter contre la République"
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Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Champ des Polonais
p 43-47
Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon de ligne, de mettre l'arme au pied alors que le général Lecomte avait commandé de tirer sur la foule ; il sera pour cela fusillé le 22 février 1872 à Sato …

Galdric Verdaguer donne l'ordre à ses soldats, du 88ème bataillon de ligne, de mettre l'arme au pied alors que le général Lecomte avait commandé de tirer sur la foule ; il sera pour cela fusillé le 22 février 1872 à Satory.

Lecomte a ordonné de tirer sur la foule. Ses soldats refusent. C'est le sergent Galdric Verdaguer qui incarne et cristallise ce refus en une phrase restée dans l'histoire : « L'arme à terre ! »

Verdaguer est catalan, né à Millas dans les Pyrénées-Orientales. Simple sous-officier du 88e régiment de ligne, il n'est pas un révolutionnaire — rien dans son parcours n'annonce ce geste. Mais ce matin-là, face à la foule montmartroise désarmée, face aux femmes qui s'avancent vers les fusils braqués, il prend sa décision. Il désobéit à un ordre direct de son général. Ses hommes le suivent. Les crosses s'abaissent.

Ce moment — quelques secondes sur le Champ des Polonais — change le cours de la journée. Sans lui, une fusillade dans la foule aurait peut-être dispersé le rassemblement, sauvé l'opération, empêché la Commune. Avec lui, tout s'inverse.

La suite de l'histoire de Verdaguer est moins glorieuse. Arrêté après l'écrasement de la Commune, jugé par le conseil de guerre versaillais pour insubordination et trahison, il est fusillé le 22 février 1872 au camp de Satory — neuf mois après les événements. Il paie de sa vie le geste qui avait refusé de faire tirer sur des civils. Son nom figure dans les mémoires communardes. La République versaillaise l'envoya dans la fosse commune de Satory.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 48-51 & 66-67
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 51-52
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons de Belleville/Mairie de Belleville
p 52
Parc où sont entreposés les canons transférés la veille de la place des Vosges ; le général Faron, venu les récupérer, doit battre en retraite, ses troupes refusant de mettre les mitrailleuses en batterie
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Événement
1871
27 janvier 1871
p 56
Paul Antoine Brunel qui refuse la capitulation fait sonner le tocsin ; il sera arrêté par le préfet Cresson
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Événement
1871
27 janvier 1871 — Église St Laurent
p 56
Paul Antoine Brunel qui refuse la capitulation fait sonner le tocsin ; il sera arrêté par le préfet Cresson
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Événement
1871
15 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 56
Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d' …

Thiers est rentré à Paris le 13 mars pour reprendre la main avant l'ouverture de l'Assemblée à Versailles le 20. Son choix de résidence en dit long : plutôt que son hôtel particulier de la place Saint-Georges, au cœur d'un Paris agité, il s'installe au ministère des Affaires étrangères, quai d'Orsay — bâtiment officiel, plus défendable, à l'écart des faubourgs populaires de l'est et du nord.

C'est de là qu'il orchestre le plan de reprise des canons de Montmartre et Belleville, accumulés par la Garde nationale depuis janvier. Il entend frapper vite, avant que la Fédération ne se consolide davantage — le 15 mars, précisément, 1 325 délégués élisent au Tivoli Wauxhall le Comité central définitif.

Trois jours plus tard, l'opération tourne au désastre. Thiers quittera le quai d'Orsay par un escalier dérobé donnant sur la rue de l'Université, en voiture, vers Versailles — d'où il ne reviendra qu'en vainqueur, après avoir fait écraser dans le sang la Commune, deux mois plus tard.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Siège de l'état-major général de la Garde nationale
p 57
Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune (la première érigée le 18 mars)
p 58-59
Une des premières barricades du quartier de la Bastille au matin du 18 mars. 78 barricades seront construites dans le 11ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Palais Bourbon/Chambre des députés
p 68-69
Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez l …

Thiers s'enfuit en compagnie de Talabot par le pont d'Iéna, la rue d'Auteuil et le bois de Boulogne ; il passe à son domicile place St Georges mais trouve ses domestiques construisant une barricade ; il se réfugie chez la Comtesse Taverna

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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne du Prince Eugène/Caserne Vérines
p 75
Le général Brunel et Maxime Lisbonne prennent la caserne du Château d'Eau avec 2 bataillons de la 10ème légion de la Garde nationale
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Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 75-77
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 77-80
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
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Événement
1848
23 juin 1848
p 79
Clément-Thomas commande les troupes qui prennent la barricade ; il ordonne de passer les prisonniers à la baïonnette
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Événement
1871
mars 1871 — Demeure d'Édouard Lockroy
p 83-84
Lockroy démissionne de son mandat de député lors de la proclamation de la Commune ; il est incarcéré à Versailles
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Événement
1804
22 juillet 1804 — Maison natale de Victor Schœlcher
p 83
Au 132 du faubourg Saint-Denis, dans l'appartement d'un marchand de porcelaine alsacien, naissait le 22 juillet 1804 l'homme qui, quarante-quatre ans plus tard, signerait l'abolition de l'esclavage dans les colonies fran …

Au 132 du faubourg Saint-Denis, dans l'appartement d'un marchand de porcelaine alsacien, naissait le 22 juillet 1804 l'homme qui, quarante-quatre ans plus tard, signerait l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

Marc Schœlcher avait quitté l'Alsace pour Paris, où il vendait de la porcelaine dans ce quartier ouvrier et artisanal entre le canal Saint-Martin et les ateliers du faubourg. Son fils Victor grandit là. Rien dans cette enfance n'annonçait la suite.

À vingt ans, il voyage pour l'entreprise familiale — au Mexique, aux États-Unis, à Cuba. Il voit l'esclavage. Il écrit. Il milite. Dans les années 1830 et 1840, il publie des enquêtes et des pamphlets : l'esclavage n'est pas seulement une injustice économique, c'est un crime contre l'humanité, et la France — qui avait proclamé en 1789 que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » — le pratique encore dans ses colonies.

Le 25 février 1848, la République est proclamée. Schœlcher entre au gouvernement provisoire comme sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies. Le 27 avril 1848, il fait signer le décret d'abolition immédiate et totale — environ 248 000 personnes libérées dans les colonies françaises.

Il mourut le 25 décembre 1893, à quatre-vingt-neuf ans. En 1949, il entra au Panthéon.

Le 132 du faubourg Saint-Denis n'a gardé aucune trace de lui. Le Panthéon, si.

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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 112-119
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
1870
12 janvier 1870
p 117
Les ouvriers de l'entreprise Jeanty et Prévost cessent le travail pour participer aux obsèques de Victor Noir
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Événement
1870
août 1870 — Guérilla de l'Île de France
p 118-119
Les blanquistes constituent un corps d'armée qui devait comprendre trois bataillons d'infanterie et un de cavalerie
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Palais Bourbon
p 127-137
L''Assemblée est investie par la foule et la Garde nationale ; sont proclamées la déchéance de la dynastie des Bonaparte et de l'instauration de la République
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Événement
1870
3 septembre 1870 — Poste de police Galiote (corps de garde des sergents de ville)
p 130
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (pavillon de la Presse)
p 132
Libération des prisonniers politiques de "Pélago", Ste Pélagie, par les émeutiers du 4 septembre
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Événement
Événement
1871
1 février 1871 — Siège du journal "Le Mot d'ordre" (siège administratif)
p 144-145
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Événement
1870
7 février 1870 — Salle de la Marseillaise
p 146-147
L'arrestation de Rochefort alors qu'il se rendait à une réunion dans la salle de la Marseillaise provoque une émeute à Belleville et sur les Boulevards Le 7 février 1870, Henri Rochefort, journaliste et député de la Sein …

L'arrestation de Rochefort alors qu'il se rendait à une réunion dans la salle de la Marseillaise provoque une émeute à Belleville et sur les Boulevards

Le 7 février 1870, Henri Rochefort, journaliste et député de la Seine, est arrêté sur ordre du gouvernement impérial. Figure centrale de l’opposition à Napoléon III, directeur du journal La Marseillaise, il paye le prix de ses attaques répétées contre le régime et de son rôle dans la mobilisation autour de l’affaire Victor Noir. Son arrestation, perçue comme une provocation politique, met immédiatement le feu aux poudres dans les milieux républicains et populaires parisiens, en particulier dans l’Est de la capitale. À Belleville, la nouvelle déclenche la réunion explosive de la salle de la Marseillaise et l’initiative de Gustave Flourens, qui tente de transformer l’indignation en insurrection, avec commissaire « pris » en otage symbolique et barricades improvisées.

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Événement
1870
4 septembre 1870
p 154
La rue du Dix Décembre, qui rappelait l'accession de Badinguet au pouvoir, est rebaptisée rue du Quatre Septembre après la chute du dictateur ; une vocation dans la famille Bonaparte
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Événement
1870
Événement
Événement
1867
mai 1867 — Demeure de Charles Beslay
p 160-161
Membre de la Commission d'initiative de la Ligue internationale du désarmement, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1869
1869 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (trouvé par Pindy, au dessus du bar de Decomberousse)
p 161-162
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Événement
1868
1868 — Demeure de Léo Fränkel
p 169
Demeure de Léo Fränkel, internationaliste hongrois, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, vote dans un premier temps pour le Comité de Salut public, mais signe finalement le Manifeste de la minorité
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Événement
1848
22 juin 1848
p 177
Gustave Cluseret, alors lieutenant, s'enrôle dans la garde mobile ; il est décoré de la légion d'honneur pour son efficacité dans la lutte contre les Insurgés
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Événement
1870
1870 — Siège du journal "La Marseillaise"
p 178
Les Bellevillois brûlent des exemplaires de la Marseillaise devant son siège suite à l'article de Cluseret critiquant le gouvernement de "Défense nationale" ; ce dernier part à Lyon
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
p 181
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1870
1870 — Quartier général des orléanistes
p 181
Les représentants de la famille d'Orléans reviennent en France après la chute de Badinguet ; on ne sait jamais...
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Favre
p 202
Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en dé …

Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en détourner un héritage. Voleur, en plus !

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Événement
1870
20 septembre 1870 — Alcazar d'Hiver
p 231
Le lendemain du bouclage prussien de Paris, deux cent trente militants se retrouvent à l'Alcazar d'Hiver : ils ont tous les noms que l'on retrouvera sur les listes de la Commune, et ils refusent déjà la paix. Le 19 septe …

Le lendemain du bouclage prussien de Paris, deux cent trente militants se retrouvent à l'Alcazar d'Hiver : ils ont tous les noms que l'on retrouvera sur les listes de la Commune, et ils refusent déjà la paix.

Le 19 septembre 1870, les armées prussiennes ont achevé leur mouvement d'encerclement autour de Paris. La capitale est coupée du reste de la France. Deux millions d'habitants sont enfermés avec le Gouvernement de la Défense nationale. Depuis la première semaine de septembre, les rumeurs courent sur des négociations secrètes : Jules Favre aurait rencontré Bismarck à Ferrières. Un armistice humiliant se dessine.

Le 20 septembre, au 10 de la rue du Faubourg Poissonnière, dans la grande salle de l'Alcazar d'Hiver, deux cent trente militants des Comités de vigilance tiennent assemblée générale. Ce sont les représentants des comités d'arrondissement nés dans les semaines qui suivirent la chute de l'Empire, les signataires des affiches rouges, les délégations qui iront à l'Hôtel de Ville demander des comptes au gouvernement bourgeois.

Les noms que la salle réunit ce soir-là sont ceux d'une liste d'honneur. Gustave Lefrançais, instituteur et anarchiste, futur membre de la Commune. Jules Vallès, romancier et journaliste, futur communard et exilé à Genève. Charles Longuet, gendre de Marx, futur élu de la Commune. Benoît Malon, futur représentant du 17e arrondissement. Jean-Louis Pindy, ouvrier imprimeur, futur délégué. Napoléon Gaillard, cordonnier, futur insurgé des barricades. Gustave Cluseret, officier républicain, futur délégué à la Guerre. Zéphyrin Camélinat, ouvrier bronzier, futur membre de la Commune.

L'assemblée rejette catégoriquement toute capitulation et toute négociation d'armistice. Elle réclame la guerre à outrance, l'armement de tous les hommes valides, la réquisition des vivres, des sorties en masse. Ces demandes reprennent point par point celles de l'affiche rouge du 15 septembre, que Jules Favre a refusé d'examiner.

L'Alcazar d'Hiver de septembre 1870 est une antichambre de la Commune. Ces deux cent trente hommes et femmes refusent ensemble, pour la première fois dans un cadre organisé, de laisser la bourgeoisie républicaine décider seule du sort de Paris. Cinq mois plus tard, le 18 mars 1871, ils seront au coeur de l'insurrection. Certains ne survivront pas à la Semaine sanglante.

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Événement
1870
6 septembre 1870
p 233
Première rencontre entre Vallès et Blanqui, à propos de l'évidence de plus en plus grande de la trahison du gouvernement
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Événement
1870
18 septembre 1870 — Hôtel de Ville
p 234
Blanqui entre à l'Hôtel de Ville avec une délégation et un papier : l'affiche rouge dont le gouvernement n'a pas voulu entendre parler. Sedan a capitulé le 2 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale, insta …

Blanqui entre à l'Hôtel de Ville avec une délégation et un papier : l'affiche rouge dont le gouvernement n'a pas voulu entendre parler.

Sedan a capitulé le 2 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale, installé à l'Hôtel de Ville, regroupe des républicains bourgeois décidés à défendre Paris contre la Prusse sans pour autant y associer les organisations ouvrières. Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry veulent résister ; ils ne veulent pas d'une levée en masse armée par des comités populaires. Surtout, depuis le début de septembre, des rumeurs courent sur des négociations en vue d'un armistice.

Le 15 septembre, le Comité central républicain des Vingt arrondissements, réuni à la Corderie, a publié sa première affiche rouge, exigeant la guerre totale et la formation de la Commune. Le 16 septembre, une seconde affiche reprend et précise les demandes. Le gouvernement fait comme si ces textes n'existaient pas.

Le 18 septembre, Louis-Auguste Blanqui se présente à l'Hôtel de Ville à la tête d'une délégation de militants. Il demande à rencontrer Jules Favre, vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères. La scène a lieu dans les bureaux du bâtiment : d'un côté, Blanqui, soixante-cinq ans, plusieurs fois emprisonné, figure irréductible du républicanisme insurrectionnel depuis 1830 ; de l'autre, Jules Favre, avocat libéral, héritier de la tradition orléaniste.

La délégation réclame l'application concrète des mesures de l'affiche rouge : armement du peuple, réquisition des vivres, formation de comités de quartier ayant autorité sur la défense. Favre refuse. Il considère que le gouvernement légitime est seul compétent pour organiser la résistance, et que les demandes des délégués sont inconstitutionnelles.

Cette confrontation préfigure ce qui éclatera au printemps 1871. Entre Blanqui et Jules Favre, il n'y a pas seulement une divergence tactique sur la conduite de la guerre : il y a deux conceptions irréconciliables du pouvoir, de la légitimité et du rôle des classes populaires dans la défense de la République. La Commune sera, entre autres, la réponse armée de Paris à ce refus répété.

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Événement
1870
octobre 1870
p 236
À l'annonce de la chute de Strasbourg, le gouvernement décide de couler en bronze la statue de la ville et étudie la destruction de la colonne Vendôme qu'on reprochera plus tard à Courbet
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Événement
Événement
1870
7 octobre 1870
p 245-247
Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus. Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement …

Il monte dans une nacelle place Saint-Pierre, il passe au-dessus des lignes prussiennes sous le feu, et il va lever des armées dans une France qui n'en a plus.

Paris est encerclée depuis le 19 septembre. Le Gouvernement de la Défense nationale, formé le 4 septembre après la chute de l'Empire à Sedan, est enfermé dans la capitale avec deux millions d'habitants. Une délégation gouvernementale a été envoyée à Tours pour administrer le reste du pays, mais elle est présidée par Crémieux, âgé et peu porté à la guerre à outrance. Il faut y envoyer quelqu'un qui organise la résistance.

Léon Gambetta a trente-deux ans. Avocat républicain, député de Belleville et de Marseille, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, il incarne la ligne de la guerre poursuivie jusqu'au bout contre les partisans d'un armistice rapide. Il décide de partir. Le seul chemin est le ciel.

Le 7 octobre 1870, en fin de matinée, il monte place Saint-Pierre à Montmartre dans la nacelle de l'Armand-Barbès, ballon baptisé du nom du révolutionnaire républicain mort l'année précédente en exil. Le pilote est Alexandre Trichet. Eugène Spuller, son secrétaire, l'accompagne. Un second ballon, le George-Sand, part en même temps, emportant deux Américains dont l'objet du voyage n'a jamais été établi. La foule assemblée sur la butte acclame le départ.

Le ballon passe au-dessus des lignes prussiennes. Les fantassins allemands tirent. Gambetta est légèrement blessé à la main. L'appareil poursuit sa route et atterrit vers quinze heures dans le bois de Favières, sur la commune d'Épineuse, dans l'Oise. Par Montdidier et Rouen, Gambetta rejoint Tours le 9 octobre.

Ce qu'il y accomplit tient de l'improvisation forcenée. En quatre mois, il lève, arme et met en ligne plusieurs armées nouvelles, dont l'armée de la Loire, avec des conscrits sans instruction et des officiers sans expérience. Ces armées seront battues, mais elles prolongeront la guerre jusqu'en janvier 1871 et donneront à la République naissante une légitimité militaire. La délégation quittera Tours pour Bordeaux le 9 décembre, devant l'avance prussienne.

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Événement
1870
8 octobre 1870 — Hôtel de ville
p 259-260
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale mu …

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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Événement
Événement
1870
31 octobre 1870 — Café du Gaz/Café de la Garde nationale
p 303-304
Quartier général de Blanqui lors de la tentative de prise de l'Hôtel de Ville
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Cachette de Blanqui
p 304 & 317
Blanqui attend de voir comment va tourner l'insurrection avant de se rendre à l'Hôtel de Ville ; il finit par s'y rendre à la nuit tombée et parviendra à s'enfuir après l'échec
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
p 304-320
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 306
Un garibaldien de Tibaldi parvient à ouvrir les verrous, permettant aux Insurgés d'investir l'Hôtel de Ville ; le gouvernement négocie mais ne respectera pas ses engagements. Trochu a réussi à s'échapper
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Événement
1926
1926 — Cimetière du Père Lachaise (columbarium 5562)/Sépulture de Jean-Baptiste Dumay
p 348
Son urne repose au columbarium du Père-Lachaise, dans la 87e division : case n° 5562.
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Événement
1871
6 janvier 1871 — Comité central révolutionnaire de la Corderie
p 377
Publication de la "seconde affiche rouge", portée par 140 signataires, réclamant la Commune et la poursuite de la guerre
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Événement
1871
5 janvier 1871
p 377
Rédaction de la seconde "affiche rouge" dont le texte se termine par les mots "Place au Peuple ! Place à la Commune"
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Événement
1871
9 janvier 1871 — Hôtel de Rohan/Imprimerie nationale
p 382
Fabre et Picard font publier des extraits de journaux allemands sur la guerre afin de décourager l'opinion ; une pure trahison destinée à justifier la signature d'un armistice
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Événement
1871
10 février 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 395-397
Le gouvernement convoque les maires afin de les convaincre de la nécessité d'un armistice ; en fait une capitulation de Paris
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
p 399-400
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1790
1790 — Mairie du village de Belleville
p 400
Première mairie de Belleville
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Événement
1871
22 janvier 1871 — Café du Gaz/Café de la Garde nationale
p 403-406
Quartier général de Blanqui lors de la tentative du 22 janvier, qui verra la mort de Théodore Sapia ; Blanqui devra fuir une nouvelle fois
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Événement
1871
22 janvier 1871
p 404-405
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1871
22 janvier 1871 — Hôtel de Ville (salle du Trône)
p 405-406
Officier qui revendiqua l'ordre de tirer sur les Insurgés sur la place de l'Hôtel de Ville
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Événement
1871
Événement
1871
8 février 1871 — Demeure de Julie Charmont-Vernier
p 437-438
Affaire politico-judiciaire révélée pendant la Commune de Paris (1871) par Jean-Baptiste Millière, journaliste, homme politique socialiste et futur communard exécuté lors de la Semaine sanglante. Millière dirige alors le …

Affaire politico-judiciaire révélée pendant la Commune de Paris (1871) par Jean-Baptiste Millière, journaliste, homme politique socialiste et futur communard exécuté lors de la Semaine sanglante.

Millière dirige alors le journal Le Vengeur, organe radical et violemment critique à l’égard des élites politiques issues du régime précédent. Dans ses colonnes, il accuse Jules Favre, figure majeure du gouvernement de la Défense nationale (ministre des Affaires étrangères en 1870-1871), d’avoir participé à une captation d’héritage au profit de sa maîtresse.

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Événement
1873
1873
p 443
Cail fait construire un ensemble social, ateliers et logements, permettant d'accueillir 2 000 personnes
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Événement
1865
11 mai 1865 — Magasin du Printemps
p 443
Inauguration du magasin du Printemps. Il seradétruit par un incendie en 1881 et reconstruit en 1885. Sa coupole n'est plus visible que du dernier étage
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Événement
1870
21 mars 1870 — Magasin de la Samaritaine
p 443
Ouverture du grand magasin de la Samaritaine ; dans un premier temps dans la salle annexe d'un café de la rue de la Monnaie
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Événement
1852
1852 — Magasin "Au Bon Marché"
p 443
Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'asso …

Ouverture du premier grand magasin à Paris. Il développe la vente à prix fixe, les soldes, l'entrée libre, les retours et échanges, la promotion publicitaire, la mise en concurrence des fournisseurs. Videau quitte l'association en 1863

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Événement
1870
décembre 1870 — Demeure d'Émile Zola
p 447
Le jeune Émile Zola, arrivant de Marseille, devient "reporter" du journal La Cloche
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Événement
1869
1869 — Demeure d'Honoré Daumier
p 451
Demeure du dessinateur et caricaturiste politique républicain Honoré Daumier ; auteur de "La Prusse présentant la nouvelle assemblée nationale à la France"
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Événement
1879
10 février 1879 — Cimetière du Père Lachaise (24ème division)/Tombe d'Honoré Daumier
p 451
Lorsque Honoré Daumier s’éteint le 10 février 1879, il meurt presque oublié, loin de la reconnaissance que son œuvre connaîtra par la suite. Peintre, dessinateur et caricaturiste majeur du XIXe siècle, Daumier a consacré …

Lorsque Honoré Daumier s’éteint le 10 février 1879, il meurt presque oublié, loin de la reconnaissance que son œuvre connaîtra par la suite. Peintre, dessinateur et caricaturiste majeur du XIXe siècle, Daumier a consacré sa vie à dénoncer les abus du pouvoir, les injustices sociales et les ridicules de la bourgeoisie, au prix d’une existence souvent marquée par la précarité.

Les dernières années de sa vie sont difficiles. Presque aveugle, affaibli par la maladie et sans ressources, Daumier est contraint de quitter Paris. Grâce au soutien de quelques amis artistes, dont Camille Corot, il s’installe en 1878 à Valmondois, dans le Val-d’Oise. Ce refuge tardif ne suffit cependant pas à enrayer son déclin. Celui qui avait donné un visage mordant aux luttes politiques de la monarchie de Juillet et de la Deuxième République meurt dans une relative indifférence officielle.

Son inhumation au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, vient pourtant inscrire son nom dans l’un des hauts lieux de la mémoire républicaine et artistique. Autour de sa tombe reposent d’autres figures de combats politiques, d’insoumission et de création, faisant écho à une œuvre profondément engagée du côté des opprimés et des exclus.

La reconnaissance viendra plus tard. Daumier apparaît aujourd’hui comme l’un des grands chroniqueurs visuels du XIXe siècle, témoin implacable des révolutions, des répressions et des illusions démocratiques.

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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 455-456
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1871
15 janvier 1871 — Cirque National (futur cirque d'Hiver)
p 455
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Événement
1871
19 février 1871 — Corderie du Temple
p 456
La Délégation des Vingt arrondissements proclame vouloir « la déchéance de la bourgeoisie comme classe dirigeante et l'avènement politique des travailleurs. En un mot l'égalité sociale. Plus de patronat, plus de prolétar …

La Délégation des Vingt arrondissements proclame vouloir « la déchéance de la bourgeoisie comme classe dirigeante et l'avènement politique des travailleurs. En un mot l'égalité sociale. Plus de patronat, plus de prolétariat, plus de classes. »

En février 1871, alors que Paris assiégé vient à peine d’élire une Assemblée majoritairement monarchiste, la Délégation des Vingt arrondissements lance un manifeste qui tranche avec la prudence des républicains modérés. Cette instance, issue de comités de quartier et de clubs populaires, parle au nom des travailleurs parisiens – artisans, ouvriers, employés – qui refusent de voir la défaite servir de prétexte à une restauration sociale et politique de l’ordre bourgeois.

Au cœur du texte, une formule radicale : la « déchéance de la bourgeoisie comme classe dirigeante » et « l’avènement politique des travailleurs ». Cela ne signifie pas seulement un changement de gouvernement ou de régime, mais une remise en cause de la légitimité même de la bourgeoisie à diriger la société. Là où la République de 1848 avait reconnu le suffrage universel tout en laissant intact le pouvoir économique et social des propriétaires, la Délégation réclame « en un mot l’égalité sociale ».

Le mot d’ordre « Plus de patronat, plus de prolétariat, plus de classes » condense l’aspiration à une société sans domination de classe, où l’organisation du travail ne reposerait plus sur le salariat capitaliste, mais sur des formes d’association, de coopération, de gestion collective. On y lit l’influence des socialistes de 1848, des internationalistes, mais aussi la mémoire des journées de juin : il ne s’agit plus seulement de conquérir des droits politiques, mais de transformer les rapports de production.

Ce manifeste prélude directement à la Commune de Paris. Quelques semaines plus tard, lorsque Thiers tentera de désarmer la Garde nationale, les mêmes milieux – comités d’arrondissement, clubs, bataillons d’ouvriers – se retrouveront en première ligne. La Délégation des Vingt arrondissements aura été l’un des laboratoires où s’élabore, dans un Paris affamé et humilié, l’idée que la démocratie ne peut être complète qu’en devenant sociale, et que les travailleurs doivent accéder eux‑mêmes au pouvoir, non plus seulement y être représentés par des notables bourgeois.

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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 457
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1871
26 février 1871 — Balcon de l'immeuble du 2 bd Richard-Lenoir
p 459-460
Pelata veut pendre Vincenzini au balcon de l'immeuble ; il en est empêché par une habitante
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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 459-460
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
27 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 462-463
Adoption par la Fédération de la Garde nationale d'une motion visant à s'opposer à l'entrée des prussiens dans Paris ; les Internationalistes la combattront fermement afin d'éviter toute provocation
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Événement
1868
12 mars 1868 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs/Siège du journal "La Tribune ouvière"
p 469
Le 12 mars 1868, le second siège de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.) et du journal ouvrier La Tribune ouvrière se trouvait au 16 rue Chapon, Paris. L’A.I.T., fondée en 1864, regroupait des militants …

Le 12 mars 1868, le second siège de l’Association internationale des travailleurs (A.I.T.) et du journal ouvrier La Tribune ouvrière se trouvait au 16 rue Chapon, Paris. L’A.I.T., fondée en 1864, regroupait des militants ouvriers et socialistes, jouant un rôle central dans l’organisation syndicale et la diffusion des idées collectivistes et syndicalistes. La Tribune ouvrière, fondée par des membres de l’A.I.T. dont Eugène Varlin, servait de porte-voix aux revendications ouvrières et à la mobilisation sociale. Parmi les figures associées à cet événement figurent Augustin Avrial, Lazare Lévy, Joseph Piconel, Henry, Eugène Varlin et Jacques Durand, tous actifs dans le mouvement ouvrier parisien. Après ce siège, l’A.I.T. et le journal déménagèrent place de la Corderie, poursuivant leur activité militante dans un contexte de surveillance policière et de répression accrue sous le Second Empire.

Sources

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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 473
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
1871
1 mars 1871
p 474-475
La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris. Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en …

La place et les statues sont tendues de noir et des violettes jonchent le socle de celle de Strasbourg en signe de deuil pour l'entrée des prussiens dans Paris.

Le 1ᵉʳ mars 1871, la place de la Concorde se transforme en autel de deuil national. La veille de l’entrée des troupes prussiennes, des Parisiens ont recouvert d’un voile noir les grandes allégories de pierre qui ceinturent la place : les « villes de France » semblent drapées de crêpe funèbre, figées dans une posture de veillée mortuaire. Au milieu d’elles, Strasbourg, déjà devenue depuis la chute de la ville un symbole de la France mutilée, est littéralement ensevelie sous les couronnes, drapeaux et bouquets, notamment de violettes, apportés en hommage à l’Alsace perdue.

Lorsque les cavaliers et fantassins prussiens tournent autour des fontaines de la Concorde, la scène est presque irréelle : soldats qui caracolent et casques à pointe ceints de lauriers d’un côté, statues voilées de noir et socle de Strasbourg couvert de fleurs de l’autre. Les accès de la place sont en partie barrés par des caissons et prolonges d’artillerie, et, au-delà, la Garde nationale veille, drapeau tricolore lui-même voilé de crêpe.

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Événement
1871
1 mars 1871 — Barricade improvisée marquant la limite d'occupation par les prussiens
p 474-475
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 483
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
mars 1871 — Caserne de la garde républicaine
p 483
Les Fédérés s'emparent de 29 obusiers dans la caserne qui n'était pas gardée
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Événement
1871
11 mars 1871 — Siège du journal "La Bouche de fer" (2 numéros du 8 au 11 mars)
p 487
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Événement
1871
11 mars 1871 — Imprimerie Chevallier/Imprimerie du journal "Le Cri du Peuple"
p 487
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1871
11 mars 1871 — Docks de la Librairie/Siège du journal "Le Combat"
p 487
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1871