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Détail de la façade néo-Renaissance de l'Hôtel de Ville
La façade de l'Hôtel de Ville, reconstruite après l'incendie de 1871. Photo Jebulon, Wikimedia Commons, domaine public (CC0)

Depuis 1357, l'Hôtel de Ville est le siège du gouvernement municipal de Paris. Cette année-là, le prévôt des marchands Étienne Marcel acquiert au bord de la Seine la « maison aux piliers », sur la place de Grève — vaste esplanade où l'on débarquait les marchandises, où se rassemblaient les ouvriers sans travail (d'où l'expression « faire grève »), et où se déroulaient les exécutions capitales publiques.

Un premier hôtel de ville de style Renaissance y est élevé entre 1533 et 1628, sur les plans du Boccador. C'est là que se noue une grande part de l'histoire révolutionnaire de la ville. Le 14 juillet 1789, l'Hôtel de Ville devient le foyer de la Commune de Paris ; Bailly en est le premier maire, La Fayette y prend la tête de la Garde nationale. Le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre et ses partisans, réfugiés dans la salle du Conseil, y sont arrêtés. En février 1848, Lamartine y proclame la République et repousse le drapeau rouge au profit du tricolore.

Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, les fédérés de la Commune incendient l'édifice avant de l'abandonner : il ne reste bientôt qu'une carcasse calcinée. Le bâtiment actuel, reconstruit de 1874 à 1882 par les architectes Théodore Ballu et Édouard Deperthes, en reprend l'ordonnance néo-Renaissance tout en l'agrandissant.

Noms successifs du lieu

  • 1357 Maison aux piliers (achat par Étienne Marcel)
  • 1533 — 1628 Hôtel de Ville Renaissance (le Boccador)
  • 1803 La place de Grève est rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville
  • 24 mai 1871 Incendié pendant la Semaine sanglante
  • 1882 Hôtel de Ville actuel (Ballu & Deperthes)

Toponymie — place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération

place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération
Dénommée en commémoration de la Libération de Paris lors de la Seconde Guerre Mondiale.
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Événements à cette adresse

89 événements · 1382 — 1977
Hôtel de Ville
L'État n'a jamais aimé Paris, il en a toujours eu peur. Après les 6 années de la Révolution française, les 6 mois de celle de 1848 et les 6 autres de 1870-71, l'Hôtel de Ville retrouve un maire en la personne de Jacques…

L'État n'a jamais aimé Paris, il en a toujours eu peur. Après les 6 années de la Révolution française, les 6 mois de celle de 1848 et les 6 autres de 1870-71, l'Hôtel de Ville retrouve un maire en la personne de Jacques Chirac.

Le 20 mars 1977, Jacques Chirac est élu premier maire de Paris depuis cent six ans. La chose mérite qu'on s'arrête.

Depuis la Révolution, Paris n'avait pas de maire. Pas par oubli — par calcul. La ville avait renversé trop de régimes, abrité trop d'insurrections, produit trop de journées pour qu'on lui fasse confiance avec un exécutif propre. La Commune de 1871 avait été la dernière démonstration en date : laisser Paris se gouverner lui-même, c'était risquer de voir l'Hôtel de Ville dresser le drapeau rouge. On avait donc supprimé la fonction en 1871, et Paris avait été administré depuis lors par un préfet nommé par l'État.

Philippe résumait la chose avec une netteté parfaite : six ans de Révolution française, six mois de 1848, six mois de 1870-71 — à chaque fois, l'Hôtel de Ville au centre de la tempête, et l'État récupérant les clefs après la répression. L'absence de maire n'était pas un vide institutionnel, c'était une décision politique.

En 1977, Giscard d'Estaing crée la fonction, probablement convaincu qu'un maire de droite dans une ville de droite ne présente plus de risque. Il a mal calculé : Chirac utilisera la mairie de Paris comme tremplin vers l'Élysée, et son successeur Bertrand Delanoë en fera autre chose encore.

L'État avait eu peur de Paris. Paris avait fini par avoir un maire.

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Personnage(s) : Jacques Chirac
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Les premiers soldats à libérer Paris avaient perdu leur propre pays cinq ans plus tôt : ils sont entrés dans la ville avec "Guadalajara" et "Guernica" peints sur leurs blindés. Il est 21h22 lorsque les premiers…

Les premiers soldats à libérer Paris avaient perdu leur propre pays cinq ans plus tôt : ils sont entrés dans la ville avec "Guadalajara" et "Guernica" peints sur leurs blindés.

Il est 21h22 lorsque les premiers half-tracks atteignent la place de l'Hôtel de Ville. La foule qui les attend depuis des heures éclate. Mais les soldats qui en descendent ne sont pas français : ce sont des Espagnols. Cent trente hommes, presque tous républicains exilés, anciens combattants de la guerre civile espagnole — anarchistes de la CNT, communistes du PCE, militants du POUM — qui ont rejoint les Forces françaises libres après la défaite de la République en 1939 et la traversée des Pyrénées dans la neige.

Ils appartiennent à la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, intégrée à la 2e Division blindée du général Leclerc. C'est le capitaine Raymond Dronne qui a reçu l'ordre de Leclerc de foncer en avant-garde, de ne pas attendre, d'entrer dans Paris quoi qu'il arrive. Le lieutenant Amado Granell commande la pointe. Leurs half-tracks portent les noms de leurs batailles perdues : "Guadalajara," "Teruel," "Guernica," "Brunete," "Santander," "Ebro." Les noms d'une guerre que l'Europe démocratique a refusé de gagner avec eux.

Ils ont traversé la ville de nuit, depuis la porte d'Italie, remontant le boulevard de l'Hôpital, passant devant la Salpêtrière, longeant les quais. À chaque carrefour, des Parisiens surgissent, crient, pleurent, grimpent sur les blindés. Les soldats espagnols, qui ont appris le français dans les camps de réfugiés du Languedoc ou dans les rangs de l'armée, répondent en souriant.

La France officielle organisera dans les semaines et les années suivantes une mémoire de la Libération qui fera large place à de Gaulle, à Leclerc, à la 2e DB — mais pas spécialement aux Espagnols de La Nueve. Ils rentreront pour la plupart en Allemagne et en Autriche avec l'armée française, puis dans l'exil de l'après-guerre, attendant un retour en Espagne qui ne viendra que pour quelques-uns d'entre eux, et trop tard.

Ce 24 août au soir, sur la place de l'Hôtel de Ville, c'est la défaite de Franco qui a libéré Paris.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Occupation de l'Hôtel de Ville avant que ne débute la trêve conclue avec Dietrich von Choltitz
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Personnage(s) : Léo Hamon
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville — Bureau de Raymond Bussières
Quartier général du Groupe Octobre dans le bureau de Raymond Bussières
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Buvette de l'Hôtel de Ville (non ouverte au public)
Au mur de la buvette de l'Hôtel de Ville, une fresque de Jean Weber représente une fête champêtre à Robinson. De nombreux artistes et hommes politiques y sont caricaturés, dont un certain Vladimir Ilitch Oulianov, alias Lénine
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Personnage(s) : Jean Weber ·Lénine
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
De violents combats ont lieu autour de l'Hôtel de Ville transformé en camp retranché pendant la Semaine sanglante. Le bâtiment est incendié par les Communards qui mettent le feu à la poudrière qu'il contenait
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Personnage(s) : Fédérés
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Dernière réunion du Conseil de la Commune à l'Hôtel de Ville, à 7 heures du matin. Pindy prend la décision d'incendier le bâtiment ; une erreur politique qui précipite la retraite des Fédérés
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Personnage(s) : Jean-Louis Pindy
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Personnage(s) : Jean-Louis Pindy ·Fortuné Henry
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Horloge de l'Hôtel de Ville
L'horloge qui orne la façade de l'Hôtel de Ville est un des seuls vestiges de l'ancien bâtiment détruit par un incendie pendant la Semaine sanglante de mai 1871
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Lefrançais propose à ses collègues de s'enfermer dans l'Hôtel de Ville et de se faire sauter à l'arrivée des versaillais. Le Conseil décide de le replier sur la mairie du 11ème arrondissement
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Personnage(s) : Gustave Lefrançais
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Louis Rossel démissionne de son poste de délégué à la Guerre et demande "une cellule à Mazas". Il est effectivement arrêté mais s'échappe avec la complicité de Charles Gérardin
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Vive altercation entre Rossel, venu protester auprès du Conseil de la Commune de la constante immixtion du Comité de Salut public dans les affaires militaires, et Félix Pyat, le "mauvais génie de la Commune"
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Personnage(s) : Félix Pyat ·Louis Rossel
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville — Siège de la Commune
Création d'un Comité de Salut public par 45 voix pour, contre 23, principalement les Internationaux ; la minorité proteste et 22 membres démissionnent
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Personnage(s) : Jules Miot
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Déclaration de soutien des francs-maçons à la Commune par une députation de 2 000 membres. Vallès offre son écharpe à la délégation, qui reçoit également un drapeau rouge
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville — Siège du Comité de Sûreté générale de la Commune !!!
Trois inconnus se présentent au Comité de Sûreté générale et demandent une entrevue particulière avec Aminthe Dupont. Ils n'y vont pas par quatre chemins. Le 25 ou le 26 avril 1871 — Gaston Da Costa, secrétaire de…

Trois inconnus se présentent au Comité de Sûreté générale et demandent une entrevue particulière avec Aminthe Dupont. Ils n'y vont pas par quatre chemins.

Le 25 ou le 26 avril 1871 — Gaston Da Costa, secrétaire de Rigault et témoin direct, hésite lui-même sur le jour —, trois hommes se présentent au Comité de Sûreté générale, à l'Hôtel de Ville. Parmi eux, un certain Bayer, ex-colonel au service de la Pologne insurgée. Ils demandent à voir Aminthe Dupont, délégué à la Sûreté générale depuis le 21 avril.

Après quelques minutes de conversation banale, les visiteurs mettent cartes sur table. Ils demandent à Dupont si, dans le cas d'une dissolution de la Commune, il consentirait à faire partie d'un triumvirat. La répartition est déjà prête : Rossel au département de la Guerre, Charles Gérardin aux relations extérieures pour le soulèvement de la province, Dupont à l'Intérieur réuni aux subsistances. Le général Dombrowski prendrait le commandement en chef de la Garde nationale. Un coup d'État en bonne et due forme, motivé par la conviction que l'assemblée délibérante de la Commune, à force de discussions parlementaires, conduit la Révolution à sa perte.

Dupont refuse net. Le moment est mal choisi, la situation trop critique pour assumer une telle responsabilité. Et il conclut : « Je ne veux voir en vous que des citoyens entraînés par l'excès de leurs bonnes intentions ; j'ignore si vous agissez en votre nom ou si vous m'êtes envoyés ; mais je dois vous prévenir que si j'entends encore parler d'un semblable projet, je vous ferai arrêter immédiatement, vous… et les autres. »

Le soir même, Dupont rapporte l'incident à Rigault, à Trinquet et à Da Costa. La réaction de Rigault est caractéristique : « Il y a peut-être quelque chose à tirer de ces gens-là, surtout si nous parvenons à faire évader Blanqui. Ce sera à voir. En attendant, nous allons les faire surveiller… » Ce qui fut fait.

L'épisode n'a rien d'anecdotique. Dès les premiers jours d'avril, les plus lucides ont compris que le modèle d'une assemblée cumulant pouvoir délibératif et exécutif est un système paralysant en temps de guerre. La proposition de triumvirat n'est pas un caprice d'aventuriers : Rossel est un officier compétent, Dombrowski le meilleur chef militaire de la Commune, Gérardin un élu actif. Mais Dupont, tout autoritaire qu'il soit dans ses convictions, juge les conjurés « pas suffisamment autorisés » pour un tel coup de force — et la situation trop compromise pour y risquer ce qui reste de cohésion.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
On lui a rogné les ailes. Mais Rigault n'est pas du genre à lâcher prise. Le 24 avril 1871, Raoul Rigault quitte la délégation à la Sûreté générale. Son remplaçant à la tête de l'ex-préfecture de police est Frédéric…

On lui a rogné les ailes. Mais Rigault n'est pas du genre à lâcher prise.

Le 24 avril 1871, Raoul Rigault quitte la délégation à la Sûreté générale. Son remplaçant à la tête de l'ex-préfecture de police est Frédéric Cournet — un ami, un fidèle. Le choix n'est pas innocent.

Car la passation est tout sauf une retraite. À l'Hôtel de Ville, on a rogné les pouvoirs du jeune homme de vingt-quatre ans qui régnait sur la rue de Jérusalem en maître absolu, distribuant à ses familiers — dont le citoyen Jules Fontaine, directeur des Domaines — des mandats d'arrestation en blanc, surveillant d'un œil distrait le trafic des laissez-passer et les « légères soustractions » commises lors des perquisitions. C'est en vain que la Commune a pris un arrêté, le 14 avril, proclamant qu'il importait « d'empêcher tout acte arbitraire ou attentatoire à la liberté individuelle ». Rigault s'en moque comme de sa première fiche.

On le remplace donc. Mais en plaçant Cournet — son homme — au poste, Rigault s'assure de garder la main sans être apparent. Et dès le 26 avril, il obtient mieux : la fonction de procureur de la Commune, qui lui donne autorité sur les poursuites et les arrestations. Le titre change, le pouvoir demeure.

Rigault a d'ailleurs de bonnes raisons de vouloir rester dans l'ombre tout en contrôlant la police. Il sait des choses. Il sait que certains élus de la Commune ont déjà préparé leur sortie — des passeports pour la Suisse, des contacts à la frontière. Dans un régime assiégé où l'on vote des décrets sur la défense à outrance, quelques-uns préparent discrètement leur fuite. Rigault les tient. C'est son assurance-vie, et c'est aussi un levier : tant qu'il détient ces informations, personne à l'Hôtel de Ville n'a intérêt à le pousser trop loin.

Dans les beaux quartiers, pendant ce temps, on ricane. Une chanson d'Eugène Grangé circule : « Si parfois, dans quelque boutique / Ils font des perquisitions / Si même leur troupe y pratique / De légères soustractions, / Amis, c'est par idolâtrie / Pour le salut de la Patrie. »

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Personnage(s) : Raoul Rigault ·Frédéric Cournet
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Arrestation par la Commune d'Adolphe Assi, gouverneur de l'Hôtel de Ville, pour collusion avec Versailles. Emprisonné à Mazas, il sera libéré 15 jours plus tard
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Personnage(s) : Adolphe Assi
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Lors de la première séance de la Commune, quinze membres modérés, dont Tirard est le porte-parole, s'affrontent à la majorité sur les pouvoirs de celle-ci. Tirard démissionne d'emblée
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Personnage(s) : Charles Beslay ·Pierre Tirard
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Arrestation de Charles Lullier, dont Martin a dénoncé les visées dictatoriales, par le capitaine Fossé sur l'ordre d'Assi, avec l'aide de Maxime Lisbonne. Brunel, Eudes et Duval sont nommés chefs militaires à sa place
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Des représentants des maires se présentent pour prendre possession de l'Hôtel de Ville conformément à l'accord conclu la veille, mais que le Comité central refuse du fait de l'intransigeance de Versailles. Ils sont reconduits
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville — Siège du Comité central de la Garde nationale (jusqu'aux élections)
Le Comité central de la Garde nationale convoque la population pour des élections prévues pour le 22 mars. Elles seront reportées au 23 puis au 26. Antoine Fabre/François Fougeret
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau. Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se…

Les élus parisiens viennent exiger que le pouvoir leur soit rendu par le Comité central de la Garde nationale ; Eugène Varlin tient tête à Clemenceau.

Dans la matinée du 19 mars, une délégation d'élus parisiens se présente à l'Hôtel de Ville. Clemenceau est là, maire du 18e arrondissement, républicain convaincu, hostile à la fois à Versailles et à l'insurrection. Avec Bonvalet et d'autres, il vient exiger que le Comité central rende le pouvoir aux représentants légaux de Paris.

C'est Eugène Varlin qui leur répond. Relieur de son état, membre de l'Internationale, l'un des rares hommes du Comité central dont la rigueur morale soit unanimement reconnue — y compris par ses adversaires. Face à Clemenceau qui invoque la légitimité électorale, Varlin ne cède pas. Le Comité central n'a pas pris le pouvoir pour le conserver, dit-il en substance : il le tiendra jusqu'aux élections qu'il vient précisément de convoquer. La procédure est en marche.

L'échange illustre la ligne de fracture qui traverse tout le camp républicain ce jour-là. Clemenceau n'est pas versaillais — il a voté contre les préliminaires de paix — mais il refuse de légitimer une insurrection armée, même populaire. Varlin ne cherche pas la révolution permanente — il veut des élections dans les plus brefs délais. Les deux hommes défendent la République, mais pas depuis le même endroit.

Jules Vallès, présent dans les couloirs de l'Hôtel de Ville, observe la scène. Il notera dans ses carnets l'étrange sensation de ce jour suspendu entre deux légitimités, où personne ne savait encore très bien qui gouvernait Paris.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville (salle St Jean)
Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet. Vers vingt-trois heures…

Le Comité central de la Garde nationale s'installe à l'Hôtel de Ville qui arbore le drapeau rouge. Une marche sur Versailles est évoquée, mais malheureusement l'idée ne sera pas suivie d'effet.

Vers vingt-trois heures, Jules Ferry abandonne l'Hôtel de Ville. Le bâtiment, déserté par le dernier représentant du gouvernement légal à Paris, est aussitôt investi par les fédérés. Au fronton, le drapeau rouge remplace le tricolore.

Dans la salle Saint-Jean, le Comité central de la Garde nationale prend ses quartiers. Brunel, Moreau, Varlin, Bergeret, Eudes, Duval, Rigault, Jourde — les hommes qui ont suivi la journée depuis Montmartre se retrouvent là, face à une responsabilité qu'aucun n'avait tout à fait anticipée. Paris est à eux. Versailles est en fuite.

Quelqu'un évoque une marche immédiate sur Versailles. L'idée est là, brûlante, logique même : Thiers n'a pas encore reconstitué ses forces, la route est ouverte. Mais le Comité hésite. Il n'a pas de mandat pour gouverner la France — seulement pour défendre la Garde nationale parisienne. Il annonce des élections municipales et s'en tient là.

Ce scrupule de légitimité, que ses adversaires interpréteront comme une faiblesse fatale, dit quelque chose d'essentiel sur ces hommes : révolutionnaires, oui, mais républicains d'abord.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
L'Hôtel de Ville est occupé dans la nuit par le 110ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale Pendant que Susbielle et Lecomte préparent…

L'Hôtel de Ville est occupé dans la nuit par le 110ème régiment de ligne en préparation d'un coup d'État de Thiers le 18 mars après la prise des canons de la Garde nationale

Pendant que Susbielle et Lecomte préparent leurs colonnes vers Montmartre et Belleville, le plan de Thiers prévoit un volet souvent oublié : le contrôle simultané des symboles du pouvoir parisien. Dans la nuit du 17 au 18 mars, la brigade Derroja — comprenant des éléments du 109e et du 110e de marche — investit silencieusement l'Hôtel de Ville.

Le choix du bâtiment est politique autant que militaire. L'Hôtel de Ville est depuis 1789 le lieu où Paris proclame ses révolutions et installe ses gouvernements insurrectionnels — en 1830, en 1848, en septembre 1870. Le tenir, c'est empêcher que le scénario ne se répète. Si l'enlèvement des canons réussit et que les meneurs sont arrêtés comme prévu, le 110e sera là pour interdire toute tentative de réoccupation populaire. Dans le même temps, d'autres régiments occupent la caserne du Prince-Eugène, les Tuileries et le Louvre. Thiers a fait transmettre aux commissaires de police des listes de personnes à arrêter dès l'aube.

La suite est connue. À Montmartre, les chevaux n'arrivent pas, la foule se rassemble, les soldats fraternisent. Le plan s'effondre heure après heure. Le 110e reste à l'Hôtel de Ville — mais pour rien. Dans l'après-midi, l'ordre d'évacuation est donné. Jules Ferry, maire de Paris, abandonne le bâtiment. Vers 23 heures, le Comité central de la Garde nationale, vainqueur malgré lui d'une journée qu'il n'avait pas planifiée, s'y installe à son tour. La Commune peut commencer.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville (salle du Trône)
Officier qui revendiqua l'ordre de tirer sur les Insurgés sur la place de l'Hôtel de Ville
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Personnage(s) : Arthur Gourlaouen
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville (en ruine)
Proposition par "le Figaro" d'une pyramide portant l'inscription des "crimes de la Commune" sous la phrase "en 1871 des hordes barbares ont envahi Paris et tenté de la détruire par le meurtre et l'incendie"
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870…

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Un garibaldien de Tibaldi parvient à ouvrir les verrous, permettant aux Insurgés d'investir l'Hôtel de Ville ; le gouvernement négocie mais ne respectera pas ses engagements. Trochu a réussi à s'échapper
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Personnage(s) : Paolo Tibaldi ·Chevreau ·Maurice Joly
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de ville
Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers. Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale…

Le gouvernement n'a pas besoin de tirer sur les manifestants : il lui suffit d'envoyer contre eux les bataillons des beaux quartiers.

Depuis le 19 septembre, Paris est enfermée. Le gouvernement de la Défense nationale multiplie les déclarations martiales et évite soigneusement l'action. Le général Trochu, gouverneur militaire, a un "plan" dont personne ne connaît le contenu et qui consiste, on le comprendra plus tard, à laisser la ville s'épuiser jusqu'à ce que la capitulation devienne acceptable. Les quartiers populaires réclament l'inverse : la sortie en masse, l'offensive générale contre les lignes prussiennes, la guerre à outrance.

Le 8 octobre 1870, cinq mille gardes nationaux se rassemblent place de l'Hôtel de Ville. Ils viennent en armes, en formation, avec leurs officiers élus. Ils demandent l'offensive et la levée du soupçon qui pèse sur les négociations de Jules Favre avec Bismarck. Auguste Blanqui, sorti de prison à la chute de l'Empire, est présent, comme Jean-Baptiste Millière, futur communard qui sera fusillé sur les marches du Panthéon en mai 1871.

La réponse du gouvernement est habile. Il ne fait pas tirer. Il appelle sur la place les bataillons de la Garde nationale des quartiers riches : le faubourg Saint-Germain, le quartier de la Bourse. Ces bataillons, composés de bourgeois, de commerçants et de rentiers, sont hostiles à toute agitation populaire. Ils submergent numériquement les manifestants. La place se remplit d'une foule contradictoire, et la manifestation perd sa signification politique. Jules Favre paraît alors et prononce une harangue. Il rassure, il promet, il ne s'engage à rien. La manifestation se disperse.

La Garde nationale de Paris compte alors des centaines de milliers d'hommes, armés par décret depuis septembre. Elle est traversée par la fracture sociale de la ville : les bataillons des arrondissements ouvriers contre ceux des arrondissements bourgeois. Cette fracture sera exactement celle du 18 mars 1871. Le 31 octobre 1870, trois semaines après cette journée, une tentative insurrectionnelle occupera brièvement l'Hôtel de Ville et prendra le gouvernement en otage. Elle échouera de peu.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville
Blanqui entre à l'Hôtel de Ville avec une délégation et un papier : l'affiche rouge dont le gouvernement n'a pas voulu entendre parler. Sedan a capitulé le 2 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale…

Blanqui entre à l'Hôtel de Ville avec une délégation et un papier : l'affiche rouge dont le gouvernement n'a pas voulu entendre parler.

Sedan a capitulé le 2 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale, installé à l'Hôtel de Ville, regroupe des républicains bourgeois décidés à défendre Paris contre la Prusse sans pour autant y associer les organisations ouvrières. Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry veulent résister ; ils ne veulent pas d'une levée en masse armée par des comités populaires. Surtout, depuis le début de septembre, des rumeurs courent sur des négociations en vue d'un armistice.

Le 15 septembre, le Comité central républicain des Vingt arrondissements, réuni à la Corderie, a publié sa première affiche rouge, exigeant la guerre totale et la formation de la Commune. Le 16 septembre, une seconde affiche reprend et précise les demandes. Le gouvernement fait comme si ces textes n'existaient pas.

Le 18 septembre, Louis-Auguste Blanqui se présente à l'Hôtel de Ville à la tête d'une délégation de militants. Il demande à rencontrer Jules Favre, vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères. La scène a lieu dans les bureaux du bâtiment : d'un côté, Blanqui, soixante-cinq ans, plusieurs fois emprisonné, figure irréductible du républicanisme insurrectionnel depuis 1830 ; de l'autre, Jules Favre, avocat libéral, héritier de la tradition orléaniste.

La délégation réclame l'application concrète des mesures de l'affiche rouge : armement du peuple, réquisition des vivres, formation de comités de quartier ayant autorité sur la défense. Favre refuse. Il considère que le gouvernement légitime est seul compétent pour organiser la résistance, et que les demandes des délégués sont inconstitutionnelles.

Cette confrontation préfigure ce qui éclatera au printemps 1871. Entre Blanqui et Jules Favre, il n'y a pas seulement une divergence tactique sur la conduite de la guerre : il y a deux conceptions irréconciliables du pouvoir, de la légitimité et du rôle des classes populaires dans la défense de la République. La Commune sera, entre autres, la réponse armée de Paris à ce refus répété.

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Personnage(s) : Auguste Blanqui ·Jules Favre
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Un Empire s'effondre entre deux journées : le 2 septembre, l'Empereur capitule à Sedan ; le 4, la foule entre à l'Assemblée et invente une République. À midi le 4 septembre 1870, des colonnes de Parisiens partent des…

Un Empire s'effondre entre deux journées : le 2 septembre, l'Empereur capitule à Sedan ; le 4, la foule entre à l'Assemblée et invente une République.

À midi le 4 septembre 1870, des colonnes de Parisiens partent des quartiers populaires vers le Palais Bourbon. La nouvelle de Sedan, qui avait circulé depuis la veille, a déclenché ce que les régimes finissants suscitent immanquablement : une rue qui se lève. L'Assemblée est envahie par la foule et la Garde nationale, dans une agitation où Blanquistes, républicains modérés et simples citoyens se mêlent. La déchéance de Napoléon III est proclamée par acclamation. Puis la foule se porte à l'Hôtel de Ville.

C'est du balcon de l'Hôtel de Ville que Léon Gambetta, avocat bordelais de trente-deux ans qui avait combattu l'Empire à la tribune de l'Assemblée pendant toute la dernière législature, proclame la République. Il improvise un gouvernement de Défense nationale, constitué précipitamment sans élection ni consultation populaire, composé d'avocats et de notables républicains modérés. Jules Favre prend les Affaires étrangères, Gambetta l'Intérieur, le général Trochu la présidence.

La scène est à la fois grandiose et précaire. Paris se trouvera encerclée par les Prussiens dès le 19 septembre. Le gouvernement provisoire est conscient de son illégitimité de principe et de la faiblesse de ses moyens militaires. Gambetta s'envolera en ballon depuis Montmartre pour rejoindre la province et organiser la résistance : les armées de la Loire, de l'Est et du Nord tenteront de percer le blocus, en vain.

L'impératrice Eugénie, régente depuis le départ de l'Empereur, fuit les Tuileries par la colonnade du Louvre, accompagnée de deux dames de compagnie et de son dentiste américain, le docteur Evans, qui l'aide à passer en Angleterre. La rue du Dix-Décembre, qui rappelait l'élection de Napoléon III à la présidence, est rebaptisée le soir même rue du Quatre-Septembre.

Le 4 septembre 1870 inaugure la IIIe République, qui durera soixante-dix ans. Née sous la pression d'une défaite militaire, dirigée d'abord par des hommes modérés que les Prussiens effrayaient autant que les socialistes, elle devra faire face, six mois plus tard, à la Commune de Paris. La République française n'est jamais née dans la sérénité.

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Personnage(s) : Léon Gambetta
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Proclamation de la 3ème République. Un gouvernement de défense nationale est constitué précipitamment sans aucune consultation populaire
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Personnage(s) : Jules Favre
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Partie de la Bastille pour soutenir la Pologne, la manifestation finit à l’Hôtel de Ville, où l’on proclame un nouveau gouvernement. Il ne vivra que quelques heures. Trois mois après la révolution de Février, la…

Partie de la Bastille pour soutenir la Pologne, la manifestation finit à l’Hôtel de Ville, où l’on proclame un nouveau gouvernement. Il ne vivra que quelques heures.

Trois mois après la révolution de Février, la République a déjà changé de visage. Les élections du 23 avril 1848, les premières au suffrage universel masculin, ont envoyé à l’Assemblée constituante une majorité de « républicains du lendemain », monarchistes et bonapartistes mal déguisés. Le 10 mai, elle refuse le ministère du Travail que réclamait Louis Blanc ; le 12, elle interdit aux clubs de venir lire leurs pétitions à sa barre. Et le gouvernement laisse la Prusse écraser les insurgés polonais de Posen sans lever le petit doigt.

Le 15 mai, jour où l’Assemblée doit débattre de la Pologne, les clubs organisent une manifestation de soutien, malgré les réticences de Raspail, de Barbès ou de Blanqui. Le cortège part de la place de la Bastille pour gagner la Concorde par les Grands Boulevards. Mais il bifurque vers le Palais-Bourbon et force l’entrée de la salle des séances. Dans le vacarme, on lit la pétition pour la Pologne ; puis un vieux conspirateur au rôle trouble, Aloysius Huber — peut-être un indicateur de police —, s’écrie : « L’Assemblée nationale est dissoute ! »

La foule se porte alors à l’Hôtel de Ville, comme en février. Armand Barbès, d’abord hostile à l’aventure, en prend la tête, sans doute pour ne pas en laisser la direction à Blanqui, son rival. On y dresse la liste d’un gouvernement insurrectionnel : Blanqui, Ledru-Rollin, Albert, Louis Blanc, Huber, Thoré, Cabet, Pierre Leroux, Raspail. L’illusion dure quelques heures. La Garde nationale, rassemblée par Lamartine et par Ledru-Rollin — que les insurgés comptaient pourtant parmi les leurs —, cerne l’Hôtel de Ville et en déloge les manifestants. Barbès est arrêté sur place, avec Albert, « l’ouvrier Albert », qui avait siégé au gouvernement provisoire de Février.

Pour la gauche républicaine, la journée tourne au désastre. Blanqui, Raspail et les chefs des clubs sont arrêtés à leur tour ; le préfet de police Caussidière et le commandant de la Garde nationale sont remplacés. En 1849, la Haute Cour de Bourges condamne Barbès et Albert à la déportation : le premier ne sortira de prison qu’avec l’amnistie de 1854, le second passera quatre ans à Belle-Île. Privés de leurs chefs, les ouvriers de Paris se soulèveront seuls, cinq semaines plus tard, contre la fermeture des Ateliers nationaux : ce seront les journées de Juin.

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Hôtel de Ville
Le 22 mars 1848, un mois à peine après la révolution qui a renversé Louis-Philippe, une délégation de militantes se présente à l'Hôtel de Ville. Elles viennent au nom de La Voix des Femmes — journal fondé deux jours plus…

Le 22 mars 1848, un mois à peine après la révolution qui a renversé Louis-Philippe, une délégation de militantes se présente à l'Hôtel de Ville. Elles viennent au nom de La Voix des Femmes — journal fondé deux jours plus tôt par Eugénie Niboyet, le 20 mars — et réclament ce que la République vient d'accorder aux hommes : la citoyenneté et le droit de vote.

Jeanne Deroin conduit la délégation. Couturière de formation, autodidacte, saint-simonienne, elle a quarante-deux ans et une conviction absolue : une République qui exclut la moitié de l'humanité du suffrage universel n'est pas une République. La composition exacte de la délégation n'est pas connue, mais elle comprenait vraisemblablement des membres de l'association de La Voix des Femmes : Eugénie Niboyet, fondatrice du journal, Pauline Roland, Désirée Gay, Anaïs Ségalas — le noyau de ce qui est à la fois un journal, un club et un mouvement, réunissant les héritières du saint-simonisme et du fouriérisme.

Armand Marrast les reçoit au nom du gouvernement provisoire. Sa réponse est ambiguë : le suffrage universel proclamé le 2 mars a rétabli les droits dont les hommes avaient été injustement privés sous les monarchies censitaires. Les femmes, elles, n'avaient jamais voté — il n'y a donc rien à leur rendre. L'encouragement qu'il leur offre ne les dupe pas.

Jeanne Deroin ne s'arrête pas là. Elle tente de se présenter aux législatives de 1849 — illégalement, pour forcer le débat. Elle est arrêtée en 1850, condamnée, et finit sa vie en exil à Londres, où elle meurt en 1894. Le droit de vote des femmes attendra 1944.

La République qu'elle réclamait, elle ne la vit pas.

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Garnier-Pagès réunit les douze maires du Conseil municipal qui adoptent le plan d'Émile Thomas pour la gestion des ateliers nationaux. Ce dernier est nommé commissaire de la République
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Hôtel de Ville
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne…

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Hôtel de Ville
Le 24 février 1848, en fin de journée, Paris a basculé : Louis‑Philippe a fui, les Tuileries sont tombées, et c’est désormais à l’Hôtel de Ville que se joue l’avenir du régime. Dans la grande salle encombrée de délégués…

Le 24 février 1848, en fin de journée, Paris a basculé : Louis‑Philippe a fui, les Tuileries sont tombées, et c’est désormais à l’Hôtel de Ville que se joue l’avenir du régime. Dans la grande salle encombrée de délégués, de journalistes, de représentants autoproclamés du peuple, on discute depuis des heures de la forme du nouveau pouvoir. Une liste de Gouvernement provisoire a émergé dans la confusion, mêlant républicains « modérés » du National, figures plus radicales comme Ledru‑Rollin, et représentants du « peuple » comme Albert. Reste à rendre tout cela lisible pour les Parisiens massés sur la place.

À 10 h 20 du soir, le général Jacques‑Gervais Subervie apparaît au balcon de l’Hôtel de Ville pour lire la composition du Gouvernement provisoire. Ancien officier de l’Empire, rallié au camp républicain, il prête sa voix et son uniforme au nouveau régime. Derrière lui, on reconnaît des noms déjà célèbres – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Crémieux, Louis Blanc, Garnier‑Pagès, Flocon, Albert… – censés incarner à la fois la continuité de l’État, l’élan républicain et la présence symbolique des classes populaires. La proclamation est à la fois un acte de communication et un geste d’autorité : il faut montrer que le pouvoir n’est plus au palais, mais dans cette maison commune où se pressent insurgés, gardes nationaux et curieux.

Dans la logique de Marx, ce moment cristallise le compromis né de la révolution de Février. Le Gouvernement provisoire naît d’une insurrection dominée par les ouvriers parisiens, mais sa composition reflète surtout l’équilibre entre fractions de la bourgeoisie républicaine, avec quelques figures populaires encadrées. La présence d’un général au balcon souligne cette volonté de rassurer : la République qui surgit ce soir‑là promet des libertés nouvelles, le suffrage universel, quelques réformes sociales, mais elle se donne aussi pour tâche de maintenir l’ordre et de protéger la propriété. Entre la clameur de la place et la voix militaire de Subervie, on entend déjà le double langage de 1848 : République « pour tous », mais pilotée d’en haut par ceux qui entendent rester maîtres du jeu.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
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Hôtel de Ville
Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours. Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années…

Quelques centaines de conjurés contre la monarchie de Juillet : le coup a été préparé comme une horloge, il est brisé en deux jours.

Sous Louis-Philippe, la république se prépare dans l’ombre. Depuis le début des années 1830, les sociétés secrètes se succèdent à Paris, filles des carbonari et du vieux Buonarroti, l’ancien compagnon de Babeuf, dont le jeune Auguste Blanqui a subi l’influence. Chaque fois la police les démantèle, chaque fois elles renaissent sous un autre nom. En 1836, la découverte d’une fabrique de poudre rue de l’Oursine a valu la prison à Blanqui et à Armand Barbès, les chefs de la Société des familles. Libérés par l’amnistie de 1837, ils fondent avec Martin Bernard la Société des saisons.

Elle s’organise comme un calendrier : des « semaines » de six hommes et un chef, quatre semaines font un « mois », trois mois une « saison », quatre saisons une « année ». Elle compte quelque mille cinq cents membres, recrutés bien plus dans le monde ouvrier que les sociétés qui l’ont précédée. Son but : renverser le roi et instaurer une république sociale.

Blanqui a préparé le coup. Barbès a d’abord refusé d’y participer, avant de céder quand Blanqui l’a traité de lâche. Le dimanche 12 mai 1839, à deux heures de l’après-midi, les insurgés passent à l’action entre la rue Saint-Denis et la rue Saint-Martin. Quelque quatre cents hommes s’emparent du Palais de justice, échouent devant la préfecture de police, puis occupent un moment l’Hôtel de Ville, où Barbès lit une proclamation. Sa phraséologie néo-jacobine effraie les modérés, et Paris ne suit pas : préparée dans le plus grand secret, l’opération n’a aucune base populaire. L’armée et la Garde nationale la brisent ; le 13 mai, tout est fini. On compte 77 morts et au moins 51 blessés chez les insurgés, 28 morts et 62 blessés chez les militaires. L’historien Georges Duveau parlera d’une « farce tragique et absurde ».

La répression est à la mesure de la peur. Près de sept cents personnes sont interpellées, et les meneurs jugés par la Cour des pairs. Barbès, blessé et arrêté le jour même, est condamné à mort ; sa sœur obtient du roi la commutation de sa peine, après l’intervention de Victor Hugo, qui adresse à Louis-Philippe un quatrain pour implorer sa clémence. Blanqui, caché cinq mois, est pris en octobre, condamné à mort à son tour en janvier 1840 et gracié. Devant leurs juges, les trois chefs refusent de répondre. Ils se retrouvent dans la prison d’État du Mont-Saint-Michel.

L’échec les brouille pour longtemps. En mars 1848, un document publié par Taschereau accuse un chef des Saisons d’avoir livré à la police, après son arrestation, les secrets de la conspiration de 1839 ; tout désigne Blanqui, qui dément avec vigueur. Barbès sera jusqu’au bout son accusateur le plus acharné. Libérés par la révolution de 1848, les deux hommes se retrouvent dans des camps opposés : Barbès fonde le club de la Révolution pour faire pièce à la Société républicaine centrale de Blanqui.

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Hôtel de Ville
Prise de l'Hôtel de Ville par les insurgés de la Société des Saisons, dont 200 à 300 étudiants
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Hôtel de Ville
Manœuvre de Thiers, déjà ; trahison de La Fayette, une de plus... la Monarchie de Juillet était instaurée
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Hôtel de Ville
Prise de l'Hôtel de Ville par surprise une première fois par les insurgés
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Personnage(s) : Jean Fournier
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Commission militaire chargée de juger les émeutiers de Prairial
Les six conventionnels compromis avec le peuple se poignardent ; on les appellera les "martyrs de prairial"
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Hôtel de Ville — Maison Commune — Demeure de Dominique Mettot
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Personnage(s) : Dominique Mettot
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Hôtel de Ville — Maison Commune — Demeure de Jean-Baptiste Edmond Fleuriot-Lescot
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Hôtel de Ville — Maison Commune
Maximilien Robespierre, blessé par le gendarme Merda, est arrêté vers 3 heures du matin le 10 thermidor
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Hôtel de Ville — Maison Commune
Philippe Le Bas se suicide le 10 thermidor en se tirant une balle dans la tête
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Personnage(s) : Philippe Le Bas
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Hôtel de Ville — Maison Commune
Vers 3 heures du matin, le 10 thermidor, Merda, Dulac et quelques gendarmes parviennent à pénétrer dans l'Hôtel de Ville. Merda tire sur Robespierre et le blesse à la mâchoire
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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel de Ville — Maison Commune
Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un. Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète…

Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un.

Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète l’arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, de Couthon et de Le Bas. La nouvelle parvient vers cinq heures du soir à l’Hôtel de Ville, alors appelé Maison commune. La Commune de Paris est tenue par des fidèles de l’Incorruptible, le maire Fleuriot-Lescot et l’agent national Claude-François de Payan. Elle réagit aussitôt : elle convoque son conseil général, vote l’insurrection, fait sonner le tocsin et interdit aux concierges des prisons d’accepter de nouveaux détenus. Pour diriger le soulèvement, elle forme un comité d’exécution où siègent notamment Payan, le juge Jean-Baptiste Coffinhal, Arthur, Louvet, Legrand et Lerebours.

Tout se joue dans la nuit, et tout va de travers. Le commandant de la Garde nationale, François Hanriot, parti délivrer les députés, se fait arrêter lui-même aux Tuileries. Les proscrits parviennent à sortir des prisons où on les a dispersés et rejoignent l’Hôtel de Ville ; mais en s’évadant, ils se sont mis hors la loi. Sur la place de Grève, deux à trois mille sans-culottes et une trentaine de canons attendent des ordres. Seules seize sections sur quarante-huit ont répondu à l’appel. On presse Robespierre de monter à cheval, de haranguer les sections, de marcher sur la Convention ; il préfère rédiger une proclamation. Au bas de l’appel adressé à la section des Piques, la sienne, sa signature s’arrête à deux lettres : « Ro… ». Les heures passent, et la place se vide.

Vers deux heures du matin, les gendarmes de la Convention, menés par Merda, forcent l’entrée. Au premier étage, dans le secrétariat, Robespierre a la mâchoire fracassée d’une balle — tirée par le gendarme, selon Merda, par lui-même, selon la tradition thermidorienne. Le Bas se tue d’une balle dans la tête ; Augustin Robespierre se jette par une fenêtre ; Couthon, infirme, roule dans l’escalier. Coffinhal, excédé par l’ivresse d’Hanriot, l’a précipité par une fenêtre avant de s’enfuir par les berges de la Seine.

Robespierre et vingt et un de ses partisans, dont Payan, sont guillotinés le soir même, 10 thermidor. Arthur les suit le 12. Coffinhal, caché par des bateliers sur l’île des Cygnes puis dénoncé, monte à l’échafaud le 6 août.

L’Hôtel de Ville de cette nuit-là n’existe plus : incendié pendant la Semaine sanglante, en mai 1871, il a été rebâti entre 1874 et 1882, avec une façade largement inspirée de l’ancienne.

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Hôtel de Ville — Maison Commune
Le 5 thermidor an II, la Commune de Paris annonça aux 48 sections la nouvelle grille des salaires. Pour un forgeron, le maximum tombait de 16 livres à 5. Il restait quatre jours avant Thermidor. Le Maximum général…

Le 5 thermidor an II, la Commune de Paris annonça aux 48 sections la nouvelle grille des salaires. Pour un forgeron, le maximum tombait de 16 livres à 5. Il restait quatre jours avant Thermidor.

Le Maximum général, adopté le 29 septembre 1793, avait posé un double plafond sur les prix des denrées essentielles et sur les salaires. Pour les sans-culottes — artisans, forgerons, ouvriers des sections parisiennes — qui avaient été le soutien populaire de la Terreur, le plafond des prix était une protection : le pain restait abordable. Le plafond des salaires était la contrepartie demandée.

En thermidor an II, la Commune revoit ces plafonds à la baisse. La réduction est brutale : plus des deux tiers pour un forgeron. Le mécontentement est général dans les sections.

C'est exactement ce que Robespierre ne pouvait pas se permettre. Le 9 thermidor an II — le 27 juillet 1794 —, quand la Convention vote son arrestation, les sections parisiennes ne bougent pas. Les ouvriers, les artisans, les sans-culottes qui avaient rempli les cortèges révolutionnaires depuis 1789 n'envoient pas leurs bataillons défendre la Commune et l'Incorruptible. La base sociale de la Terreur venait d'être retournée contre elle par sa propre politique salariale.

Marx, dans ses analyses de la Révolution française, notait cette contradiction : les Jacobins avaient voulu contrôler l'économie sans toucher aux rapports de production. Le maximum des salaires du 5 thermidor leur coûta le pouvoir quatre jours plus tard.

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6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
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Hôtel de Ville
À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville. L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents…

À minuit, le tocsin sonne. Avant de marcher sur le roi, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville.

L’été 1792 est brûlant. La patrie a été déclarée en danger, les fédérés des départements affluent à Paris — cinq cents Marseillais parmi eux —, et les clubs réclament ouvertement la déchéance de Louis XVI. Le 9 août, la section des Quinze-Vingts, au faubourg Saint-Antoine, lance un ultimatum : si le roi n’est pas détrôné le jour même, elle sonnera le tocsin à minuit et attaquera les Tuileries. Quarante-sept sections sur quarante-huit se rangent derrière elle.

À minuit, le tocsin sonne. Dans la nuit, les commissaires des sections s’installent à l’Hôtel de Ville, en chassent la municipalité légale et forment une Commune insurrectionnelle. Elle se donne pour président Sulpice Huguenin, une figure du faubourg Saint-Antoine. Le maire, Jérôme Pétion, que le roi avait fait venir aux Tuileries, est ramené à l’Hôtel de Ville et placé sous la garde de trois cents hommes : il ne peut plus ni aider le roi ni gêner l’insurrection.

Reste l’homme qui peut tout faire échouer : le marquis de Mandat, commandant de la Garde nationale, chargé de défendre le château. Il a posté les Suisses dans les cours, des gardes nationaux dans le jardin, et placé des canons au Pont-Neuf et à l’arcade Saint-Jean, derrière l’Hôtel de Ville, pour barrer la route aux faubourgs. Sur le conseil de Danton, la nouvelle Commune le convoque. C’est un piège : ignorant que le pouvoir a changé de mains, Mandat obéit. On l’arrête, on l’accuse d’avoir autorisé la troupe à tirer sur le peuple, on l’envoie à la prison de l’Abbaye. Il n’y arrivera pas : à peine sorti de l’Hôtel de Ville, sur la place de Grève, il est abattu par la foule. La Commune confie aussitôt la Garde nationale au brasseur Santerre, et Manuel fait replier les canonniers du Pont-Neuf. La route des Tuileries est ouverte.

Au matin du 10 août, deux colonnes marchent sur les Tuileries : quinze mille hommes du faubourg Saint-Antoine par la rive droite, cinq mille du faubourg Saint-Marceau par la rive gauche. En avant-garde, les fédérés marseillais et bretons braquent leurs canons sur le château depuis le Carrousel. Privés de chef, beaucoup de gardes nationaux censés défendre le roi fraternisent avec les assaillants ; il ne reste guère que les quelque neuf cents Gardes suisses et une poignée de gentilshommes. « Sire, Votre Majesté n’a pas cinq minutes à perdre », presse Roederer au nom du département : la famille royale traverse le jardin et va se réfugier à l’Assemblée, où elle passe la journée dans la loge du greffier.

Au château, le feu éclate sans qu’on sache qui a tiré le premier. Les Suisses ont d’abord l’avantage, et les Marseillais et les Brestois perdent beaucoup des leurs. Puis arrive un billet du roi — il est conservé — qui leur ordonne de cesser le feu et de se retirer : en pleine bataille, l’ordre les condamne. Pris à revers, taillés en pièces dans le jardin, pourchassés dans le palais, environ trois cents d’entre eux sont tués ; les insurgés comptent, eux aussi, quelque trois cents victimes. L’Assemblée suspend le roi et convoque une Convention, et la Commune fait enfermer Louis XVI et les siens à la tour du Temple.

Pendant six semaines, jusqu’à la première séance de la Convention, le 21 septembre, la Commune insurrectionnelle sera le vrai pouvoir de Paris. C’est sous son règne qu’éclatent les massacres de Septembre.

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Hôtel de Ville — Maison Commune
Le drapeau rouge de la loi martiale est arboré à la fenêtre de l'Hôtel de Ville, donnant le signal du massacre du Champ de Mars
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Place de Grève — Maison commune
Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin. À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises…

Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin.

À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’assaut, alors que la récolte a été bonne : La Fayette parlera d’une « disette moitié réelle, moitié factice ». À Versailles, l’Assemblée piétine et le roi refuse toujours de sanctionner la Déclaration des droits de l’homme. Louis XVI a fait venir le régiment de Flandre, et le 1er octobre, au banquet que lui offrent les gardes du corps dans l’opéra du château, en présence de la famille royale, on a arraché des cocardes tricolores pour les remplacer par la cocarde blanche. À Paris, on crie à la provocation.

Le 5 octobre, dès sept heures du matin, des femmes se rassemblent sur la place de Grève, devant l’Hôtel de Ville. Beaucoup sont des Dames de la Halle — marchandes de poisson, de grain, de fruits ou de fripes, comme Reine Audu —, habituées à s’organiser, et persuadées que l’approvisionnement de la ville est leur affaire. Elles réclament le maire, Bailly, et le commandant de la Garde nationale, La Fayette ; aucun n’est là. Elles forcent alors les portes de la Maison commune, où l’on pille quelque six cents armes, et sonnent le tocsin. Un boulanger, accusé de vendre trop cher, est traîné jusque-là.

Vers dix heures, sous la pluie, un premier cortège de plusieurs milliers de femmes part demander du pain au roi lui-même. Elles tirent à mains nues des canons pris sur la place de Grève, suivent les quais jusqu’à la place Louis-XV, puis prennent la route de Sèvres, où elles trouvent portes closes. Un homme leur sert de porte-parole : Stanislas Maillard, un vainqueur de la Bastille, qui se présentera ensuite comme le chef de toute la marche. Six heures de route dans la boue : elles arrivent épuisées à Versailles vers seize heures.

Certaines envahissent la salle de l’Assemblée et vont jusqu’à s’asseoir dans le fauteuil du président. Une délégation est reçue par le roi ; Louison Chabry, une ouvrière de dix-sept ans chargée de parler pour les autres, ne peut que murmurer « du pain » avant de s’évanouir. Louis XVI promet de faire venir du grain, signe un décret sur les subsistances et, tard dans la soirée, accepte enfin la Déclaration des droits.

À Paris, La Fayette n’arrive à l’Hôtel de Ville qu’à quatorze heures et refuse de faire marcher la Garde nationale sans ordre de la Commune ; ses hommes ne partent qu’à dix-sept heures et atteignent Versailles vers minuit. Le général, épuisé, va se coucher sans vérifier les postes. À l’aube du 6 octobre, des émeutiers envahissent le château ; deux gardes du corps sont tués, et leurs têtes promenées au bout de piques. La reine s’enfuit chez le roi. La Fayette, enfin réveillé, calme les esprits ; la foule exige de voir le roi, et Louis XVI paraît au balcon avec la reine, qui porte le dauphin dans ses bras. Dans la cour, on crie : « À Paris ! »

À treize heures, le roi quitte Versailles. Un immense cortège de plus de trente mille hommes l’escorte ; les gardes nationaux portent chacun un pain piqué au bout de la baïonnette, et l’on crie qu’on ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». À vingt heures, Bailly remet au roi les clés de Paris à l’Hôtel de Ville ; à vingt-deux heures, la famille royale arrive aux Tuileries, où rien n’est prêt pour la recevoir. L’Assemblée la suit quelques jours plus tard.

C’est le retour définitif, et contraint, de la monarchie dans sa capitale. Quand Louis XVI en sortira, en juin 1791, ce sera pour fuir.

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Hôtel de Ville (siège de la Commune de 1789)
Considérés comme des citoyens passifs, 400 ouvriers parisiens viennent réclamer à la Commune la qualité de citoyens actifs, le droit de participer aux assemblées des divers districts et l'honneur de faire partie de la garde nationale
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Hôtel de Ville
Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois. Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris…

Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois.

Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. Ce n'est pas une visite de triomphe — c'est une capitulation soigneusement enveloppée dans un protocole. Au quai de la Seine, près de la barrière de la Conférence (l'actuel quai de la Conférence, dans l'axe de l'avenue de New York), vingt-cinq membres du Conseil municipal l'accueillent et lui remettent les clefs de la capitale. Geste millénaire — mais pour la première fois, le roi des Français les reçoit d'une ville en armes.

Le cortège remonte vers l'Hôtel de Ville. Jean-Sylvain Bailly — astronome, maire tout juste élu — attend sur le parvis. Il présente au roi la cocarde tricolore : le bleu et le rouge de la ville de Paris encadrant le blanc des Bourbon. Louis XVI la prend, la pique sur son chapeau. La foule exulte.

Le roi a mis la cocarde. Il a reconnu — en apparence du moins — la révolution qui l'a pris par surprise. Rentré à Versailles le soir même, il continuera à tergiverser, à jouer sur tous les tableaux, à espérer un retournement. Ce que le geste du 17 juillet signifiait réellement, chacun pouvait l'interpréter à sa guise.

Pendant que Louis XVI coiffait sa cocarde à l'Hôtel de Ville, son frère cadet Charles-Philippe, comte d'Artois — futur Charles X, ennemi déclaré de toute idée de constitution — quittait Paris pour ne plus y revenir de sitôt. Il prit la route de Turin avec les princes de Condé et quelques fidèles. Premier grand émigré de la Révolution, il ne remit les pieds en France qu'en 1814, derrière les armées alliées, une Restauration dans les bagages.

Elle dura seize ans. En juillet 1830, son entêtement ultra-royaliste provoqua les Trois Glorieuses qui l'expulsèrent du trône. Paris, le 17 juillet 1789, avait imposé sa cocarde à Louis XVI. En 1830, il enlèverait la couronne à son frère.

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Personnage(s) : Louis XVI
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Hôtel de Ville — Maison Commune
Bailly est nommé maire de Paris et La Fayette commandant de la milice citoyenne, qui va devenir la Garde nationale. Un décret du 21 mai 1790 ratifiera l'indépendance de Paris vis à vis de l'État
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Personnage(s) : Jean-Sylvain Bailly ·La Fayette
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Lieu de l'exécution de Jacques de Flesselles
Jacques de Flesselles est massacré pour connivence, dans l'affaire de la Bastille, avec de Launay à qui il avait écrit "J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses ; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort"
Emplacement : à l'angle de la place de Grève avec le quai de Seine
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Personnage(s) : Jacques de Flesselles
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Hôtel de Ville
Les grands électeurs aux États généraux rassemblés au Musée de Paris se joignent à l'ancienne municipalité de Paris pour former un "Comité permanent" qui enjoint au gouverneur de la Bastille de livrer des armes et de retirer ses canons
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Hôtel de Ville
Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer. Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale…

Le 13 juillet 1789, Paris décide de s'armer — mais seuls prendront le fusil ceux qui ont de quoi se le payer.

Depuis la veille, la ville est à cran. Necker renvoyé, les régiments du roi campent aux portes de la capitale, on pille les armuriers, on force les barrières de l'octroi. À l'Hôtel de Ville, sur la place de Grève, le comité permanent des électeurs — avocats, marchands, notables du Tiers — siège sans désemparer. Ce 13 juillet, il décrète la levée d'une milice bourgeoise : quarante-huit mille hommes, huit cents par district, pour les soixante districts de Paris.

Le mot n'est pas choisi au hasard. On n'y enrôle pas n'importe qui. La milice se recrute parmi les citoyens domiciliés, connus, solvables — ceux qui peuvent s'équiper à leurs frais. Les gens sans aveu, les vagabonds, les pauvres qui ont justement grossi les émeutes de la veille en sont écartés. Car cette force doit parer deux dangers à la fois : l'armée du roi, certes, mais aussi la rue elle-même. Il s'agit de tenir Paris, de protéger les propriétés, d'empêcher le pillage. La bourgeoisie s'arme autant contre le trône que contre le peuple qui vient de lui entrouvrir les portes du pouvoir.

Reste à se reconnaître entre soi. La veille, au Palais-Royal, Camille Desmoulins avait épinglé une feuille verte à son chapeau — le vert de l'espérance, vite abandonné : c'était aussi la livrée du comte d'Artois, frère du roi. On lui préfère le rouge et le bleu, les couleurs de la ville. Deux jours plus tard, le 15 juillet, La Fayette est acclamé à l'Hôtel de Ville commandant de cette force, rebaptisée Garde nationale ; le même jour, Bailly devient maire. Le 17, quand Louis XVI vient à l'Hôtel de Ville reconnaître la Révolution, La Fayette glisse le blanc royal entre les deux couleurs parisiennes : la cocarde tricolore est née.

L'adjectif, lui, restera collé à l'institution. Garde bourgeoise elle naît, garde bourgeoise elle reste. En juin 1848, sur les barricades des faubourgs de l'est, cette même Garde nationale — la bourgeoisie sous les armes — marchera contre les ouvriers parisiens insurgés, épisode que Marx analyse dans Les Luttes de classes en France. Le fusil que 1789 avait réservé aux propriétaires n'avait pas changé de camp.

Quant au vieil Hôtel de Ville Renaissance de la place de Grève, où tout s'était décidé, il flamba le 24 mai 1871, incendié pendant la Semaine sanglante par les fédérés de la Commune — c'est-à-dire par la Garde nationale elle-même, passée cette fois du côté du peuple. Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui n'en est que la reconstruction, relevée la décennie suivante.

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Personnage(s) : La Fayette
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Hôtel de Ville (salle St Jean)
La Fayette est élu commandant de la Garde nationale sur proposition de Moreau de Saint-Méry ; création d'une Garde nationale de 48 000 hommes et adoption de la cocarde bleue et rouge
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Hôtel de Ville (salle St Jean)
La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville donne sur la place de Grève — ce vieux carrefour des exécutions publiques, où Paris a l'habitude de venir regarder mourir. Ce 12 juillet 1789, elle abrite une assemblée qui ne…

La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville donne sur la place de Grève — ce vieux carrefour des exécutions publiques, où Paris a l'habitude de venir regarder mourir. Ce 12 juillet 1789, elle abrite une assemblée qui ne devrait plus exister : les quatre cent sept électeurs parisiens, ces notaires, marchands et avocats qui avaient au printemps désigné les représentants de Paris aux États généraux. Leur mandat est épuisé. Versailles délibère. Mais les électeurs ont continué à se réunir ici depuis juin, convaincus de tenir encore un gouvernail.

Ce dimanche, les événements se déclenchent sans eux. Depuis le matin, Paris sait : le roi a renvoyé Necker. Au Palais-Royal, Camille Desmoulins a sauté sur une table du café de Foy. On promène en cortège funèbre les bustes de cire de Necker et du duc d'Orléans, voilés de crêpe noir. Place Louis XV, la cavalerie du prince de Lambesc charge la foule. Et sur la place de Grève, devant l'Hôtel de Ville, la masse grossit heure par heure. Elle réclame des armes. Elle réclame que quelqu'un prenne Paris en main.

Les portes cèdent. Des centaines d'hommes entrent en criant, remplissent la salle Saint-Jean, montent aux tribunes. Ils n'ont pas l'intention de piller : ils exigent un commandement. Les électeurs reculent contre les murs. À l'autre bout du bâtiment, le prévôt des marchands Jacques de Flesselles temporise, promet des armes qui n'arrivent pas, écrit en secret à Versailles pour rassurer la cour. La foule n'attend plus : elle ordonne aux électeurs d'agir. Et c'est sous cette pression, cette pression seule, que naît dans la nuit du 12 au 13 juillet le Comité permanent — embryon du gouvernement municipal révolutionnaire de Paris, fondé à contrecœur par des bourgeois qui n'avaient pas choisi d'être révolutionnaires. Le lendemain, ce comité cherche des armes aux Invalides. Le surlendemain, la Bastille tombe.

Marx, dans La Guerre civile en France, identifiera cette mécanique : le peuple pousse, la bourgeoisie prend les commandes — et s'y installe. En juillet 1789, l'escalier n'est pas encore monté ; personne dans la salle Saint-Jean ne sait encore ce qui attend en haut.

Le 14 juillet au soir, la foule retrouve Flesselles sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Elle a trouvé sur lui une lettre à Versailles. Elle le tue d'un coup de pistolet — à l'endroit même où, quarante-huit heures plus tôt, il avait essayé de la tenir à distance.

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Hôtel de Ville (salle St Jean)
Les électeurs parisiens réclament la constitution de Paris en Commune, l'unification des 60 districts et la concertation avec les grandes villes du royaume
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Hôtel de Ville (salle St Jean)
Une noce fait les frais de la Révolution : les convives cèdent la place aux électeurs de Paris, et la fête privée à l'histoire publique. Leur mission est accomplie. Depuis le mois d'avril, les 407 électeurs du Tiers état…

Une noce fait les frais de la Révolution : les convives cèdent la place aux électeurs de Paris, et la fête privée à l'histoire publique.

Leur mission est accomplie. Depuis le mois d'avril, les 407 électeurs du Tiers état parisien ont élu les vingt députés qui représentent la capitale aux États généraux. En théorie, il ne leur reste plus qu'à rentrer chez eux, reprendre boutique, cabinet ou étude, et attendre les nouvelles de Versailles. Mais nous sommes le 25 juin 1789, et rien ne se passe comme prévu.

Depuis trois semaines, la crise s'accélère. Le Tiers s'est proclamé Assemblée nationale le 17 juin. Le serment du Jeu de paume a eu lieu le 20. Le 23, le roi a tenté d'imposer le vote par ordre lors d'une séance royale houleuse — la majorité des députés a refusé de quitter la salle. Et le 25, quarante-sept nobles franchissent le pas et rejoignent l'Assemblée nationale. À Versailles, l'ancien monde craque. À Paris, les électeurs sentent qu'il faut agir.

Une douzaine d'entre eux se retrouvent rue Dauphine, chez un traiteur, dans une salle « misérable », raconte Michelet, occupée à ce moment-là par une noce. Les convives s'écartent pour laisser place à cette assemblée improvisée. L'image a la saveur d'une estampe : les restes du banquet nuptial, les électeurs graves, la Révolution qui s'invite entre les verres. Mais la salle est trop petite, trop indigne pour ce qui se prépare.

C'est un avocat, Jacques Alexis Thuriot de la Rosière, qui tranche. Il propose de se rendre à l'Hôtel de Ville, dans la grande salle Saint-Jean. Le geste est audacieux : l'Hôtel de Ville est le siège de l'administration municipale, dominé par le prévôt des marchands Jacques de Flesselles. S'y installer, c'est revendiquer une légitimité que personne ne leur a donnée — et que personne n'ose leur refuser. Flesselles admet les douze délégués.

Dans cette salle Saint-Jean — vaste, voûtée, capable d'accueillir des centaines de personnes — les électeurs se constituent en assemblée permanente. Nicolas de Bonneville, publiciste et franc-maçon, propose la création d'une garde bourgeoise et la constitution d'une Commune. La motion est accueillie favorablement. Le lendemain, 26 juin, un procès-verbal officiel est rédigé. L'assemblée grandit de jour en jour : d'autres électeurs la rejoignent, des représentants de districts s'y ajoutent. Le 11 juillet, elle prend officiellement le titre d'« Assemblée générale des Électeurs de la Commune de Paris ».

Le mot est lâché : Commune. Il ne quittera plus le vocabulaire révolutionnaire.

Thuriot, lui, n'a pas fini. Le 14 juillet, c'est lui que le Comité permanent de l'Hôtel de Ville envoie à la Bastille pour sommer le gouverneur de Launay de retirer ses canons. Il harangue la garnison du haut des tours, au nom « de la nation et de la patrie ». On connaît la suite.

La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville deviendra, dans les semaines et les mois qui suivent, le cœur battant de la Révolution parisienne — le lieu où se prennent les décisions qui échappent à Versailles, où la capitale se gouverne elle-même. Tout a commencé par une noce interrompue, un traiteur de la rue Dauphine, et un avocat qui a dit : allons à l'Hôtel de Ville.

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Hôtel de Ville
Réception du plan dit de Turgot, commencé en 1734 ; 2,49m sur 3,18m en perspective isométrique, orienté sud-est, tiré à l'époque à 2 500 exemplaires
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Hôtel de Ville — Statue Louis XIV (située dans la cour)
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Personnage(s) : Louis XIV
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Hôtel de Ville — Journée des Pailles
Le 4 juillet 1652, deux jours après que la Grande Mademoiselle a sauvé Condé en faisant tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, les princes doivent consolider leur emprise sur Paris. L'armée de Condé est…

Le 4 juillet 1652, deux jours après que la Grande Mademoiselle a sauvé Condé en faisant tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales, les princes doivent consolider leur emprise sur Paris. L'armée de Condé est dans la ville. Mais l'Hôtel de Ville résiste : les notables et officiers municipaux y tiennent séance et penchent de plus en plus vers une réconciliation avec le roi et Mazarin. Ils constituent un obstacle.

La solution est simple et brutale. On recrute des hommes — soldats déguisés en ouvriers, émeutiers à gage — et on les envoie assaillir l'Hôtel de Ville pendant que les notables y sont réunis. Pour éviter les méprises, chaque conjuré porte un signe de reconnaissance : une paille, glissée dans le chapeau ou les vêtements. D'où le nom que l'histoire retiendra.

L'assaut a lieu en début d'après-midi. La foule enfonce les portes. Les notables favorables à Mazarin sont massacrés dans les salles et les couloirs — une trentaine de morts. D'autres sont jetés par les fenêtres ou fuient sur les toits. Le bâtiment est partiellement incendié. Les archives brûlent.

Derrière l'opération : Condé, le duc de Beaufort — François de Vendôme, dit « le roi des Halles » pour sa popularité dans les quartiers populaires — et Gaston d'Orléans, frère du feu Louis XIII, qui approuve sans se compromettre. Le 6 juillet, Beaufort est nommé gouverneur de Paris. Condé impose une quasi-dictature.

Mais le massacre s'avère une faute politique. Paris, qui avait toléré la Fronde comme une aventure, ne tolère pas le carnage d'hommes de robe dans leur propre hôtel de ville. L'opinion se retourne. Les mois suivants, la lassitude et l'indignation rongent le soutien populaire aux princes.

En octobre 1652, Condé quitte Paris. La Fronde est finie. La monarchie absolue peut reprendre son cours — débarrassée, au passage, des derniers obstacles institutionnels que les notables massacrés incarnaient.

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Hôtel du Boccador — Hôtel de Ville
Les ligueurs s'emparent de l'Hôtel de Ville après la fuite d'Henri III lors de la "Journée des Barricades"
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Personnage(s) : Henri de Guise ·Henri III
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Hôtel du Boccador — Hôtel de Ville
Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe. Ce jour-là, la…

Le 15 juillet 1533, sur la place de Grève, une truelle d'argent scelle la première pierre du futur Hôtel de Ville — tenue non par le roi, quoi qu'en disent les tableaux, mais par un magistrat en robe.

Ce jour-là, la place de Grève est en fête. Fifres, tambourins, trompettes et clairons ; l'artillerie tonne à plusieurs dizaines de reprises ; les cloches de Saint-Jean-en-Grève, du Saint-Esprit et de Saint-Jacques-la-Boucherie sonnent à toute volée. Le vin coule sur le pavé de sable, et la foule crie « Vive le roi et messieurs de la ville ». Au centre du tumulte, Pierre Viole, prévôt des marchands, et les quatre échevins — Gervais Larcher, Jacques Boursier, Claude Daniel et Jean Barthélemy — s'avancent, chacun une truelle d'argent à la main. Ils étendent le sable et la chaux sur une pierre qui recouvre une plaque de cuivre gravée : au milieu les armes de France, de part et d'autre celles de la Ville, et une inscription latine qui fixe la date.

Le roi, lui, n'y est pas. C'est là toute l'ironie de la scène. Trois siècles plus tard, le peintre Frédéric Yvon représentera François Ier posant la première pierre de l'Hôtel de Ville — toile que conserve aujourd'hui le Petit Palais, avec une variante au musée Carnavalet. La Ville a préféré l'image du souverain à celle de ses propres magistrats. Mais la pierre fut posée par le prévôt des marchands et ses échevins : l'acte fondateur d'un hôtel de ville est d'abord un acte municipal.

Pourquoi ce chantier ? Depuis 1357, l'administration parisienne siégeait dans la Maison aux Piliers, sur la Grève, acquise par le prévôt Étienne Marcel. Deux siècles plus tard, la bâtisse menaçait ruine. En 1529, les officiers municipaux obtiennent de François Ier l'autorisation d'élever à la place un véritable palais Renaissance. Les plans reviennent à l'Italien Dominique de Cortone, dit Boccador — surnom qu'on lui prête pour sa barbe blonde —, la maîtrise d'œuvre étant partagée avec le Parisien Pierre Chambiges. Un palais à l'italienne au bord de la Seine : l'ambition était neuve.

Elle fut lente à se réaliser. Viole, ses échevins, Boccador : tous moururent bien avant de voir l'édifice achevé. Il fallut près d'un siècle. L'aile sud s'éleva sous François Ier et ses successeurs ; l'aile nord ne fut terminée que vers 1628, sous Louis XIII. Un hôtel de ville qui met quatre-vingt-quinze ans à sortir de terre en dit long sur la patience des bâtisseurs — et sur les finances de la Ville.

Il n'en reste rien. Le 24 mai 1871, dans les derniers jours de la Commune, les communards incendient l'Hôtel de Ville tandis que les troupes versaillaises reprennent Paris quartier par quartier. Le palais de Boccador brûle avec ses archives et sa bibliothèque. On le reconstruira de 1873 à 1882, à l'identique mais agrandi, sous la direction de Théodore Ballu et Édouard Deperthes. L'édifice que l'on admire aujourd'hui est cette réplique tardive : la pierre de Viole et sa plaque de cuivre ont disparu dans les flammes.

Reste le nom du sol. On appelait cet endroit la Grève — une plage de sable et de gravier au bord du fleuve, où les sans-travail venaient guetter l'embauche, d'où nos expressions « être en grève », « faire grève ». Rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville en 1803, la Grève avait été tour à tour port, lieu de fête et lieu de supplices. Que ce théâtre du pouvoir municipal ait fini réduit en cendres par une insurrection ouvrière n'aura pas échappé à Marx : dans La Guerre civile en France, il fait de la Commune la tentative de la classe ouvrière de reprendre à son compte une machine d'État jusque-là dressée contre elle.

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Personnage(s) : François 1er ·Boccador ·Pierre Viole
6 place de l'Hôtel de Ville-esplanade de la Libération — 4e arr.
Hôtel du Boccador — Hôtel de Ville
Le 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les…

Le 1ᵉʳ mars 1382, Paris explose autour d’une question qui parle à tout le monde : les impôts sur la vie quotidienne. Depuis la mort de Charles V, ses oncles, régents du jeune Charles VI, ont rétabli des taxes sur les denrées de base – vin, pain, viande – après les avoir un temps abolies, et la colère gronde dans les rues. Aux Halles, la dispute entre une marchande et un percepteur dégénère : des collecteurs d’impôts sont pris à partie, certains tués, et la foule se met à scander « Liberté ! Liberté ! Aux armes ! ».

Très vite, l’émeute prend une tournure insurrectionnelle. Les manifestants se ruent vers l’Hôtel de Ville, alors installé dans l’hôtel du Boccador : ils enfoncent les portes, s’emparent des maillets de plomb ou de fer que le prévôt Hugues Aubriot avait fait entreposer pour armer la milice bourgeoise en cas d’attaque ennemie. C’est de ces armes improvisées que vient leur surnom de « Maillotins ». Armés de ces maillets, ils se répandent dans la ville, frappent des percepteurs, brûlent des registres fiscaux, ouvrent les prisons, et s’en prennent aussi, dans un climat de haine religieuse, aux communautés juives, accusées d’usure.

Le jeune roi Charles VI n’est pas encore en mesure de réagir directement : ses oncles – notamment le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, Louis de Naples étant lui aussi impliqué dans les affaires financières du royaume – tentent d’abord la négociation, puis se retirent avec la cour à Vincennes, laissant Paris en effervescence. Hugues Aubriot, quant à lui, est libéré par les insurgés des prisons ecclésiastiques où il était détenu, ironie de l’histoire pour celui qui avait organisé les défenses de la ville quelques années plus tôt.

La répression viendra plus tard. Après avoir vaincu la révolte des Gantois à Roosebeke, le roi rentre à Paris en 1383 et, sous l’influence de ses oncles, fait pendre ou décapiter de nombreux Maillotins, sans toujours distinguer coupables et simples notables compromis. La ville perd pour des décennies sa municipalité autonome : prévôt des marchands et échevins sont supprimés, au profit d’un contrôle direct par le prévôt du roi.

La révolte des Maillotins reste dans l’histoire parisienne comme l’un des premiers grands soulèvements antifiscaux urbains : un mouvement parti du marché, armé d’outils détournés en armes, qui vise autant la misère provoquée par les impôts que les désordres et le luxe ostentatoire de la cour.

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Aujourd'hui

L'Hôtel de Ville abrite aujourd'hui le maire de Paris et le Conseil de Paris. La salle Saint-Jean accueille régulièrement des expositions gratuites ouvertes au public, et le parvis — la place de l'Hôtel-de-Ville — Esplanade de la Libération — sert de scène aux grands rendez-vous saisonniers de la Ville. L'édifice est classé au titre des monuments historiques.

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