Prise du palais des Tuileries le 10 août 1792, durant la Révolution française peint par Jacques Bertaux (1741–1813).
Le 26 juillet 1792, rue Saint-Antoine, des révolutionnaires se réunirent en secret pour décider la prise des Tuileries. Le coup fut découvert. Ils attendirent quinze jours.
Au Cabaret au Soleil d'Or se constitua ce soir-là un « directoire d'insurrection » : cinq représentants du comité des fédérés — les volontaires provinciaux arrivés à Paris depuis la déclaration de la Patrie en danger. Parmi eux, le brasseur Antoine-Joseph Santerre, figure populaire du faubourg Saint-Antoine ; François-Joseph Westermann, un Alsacien qui allait devenir général républicain ; Claude Fournier dit « l'Américain ».
Le plan : marcher cette nuit-là sur les Tuileries et renverser Louis XVI. Le complot fut découvert. Ils durent se disperser.
Ils patientèrent quinze jours. Dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les fédérés, les bataillons marseillais et les sans-culottes des faubourgs donnèrent l'assaut aux Tuileries. Louis XVI s'était réfugié à l'Assemblée législative pendant les combats. Il fut suspendu de ses fonctions, puis emprisonné au Temple avec sa famille.
La monarchie ne se releva pas. Le Cabaret au Soleil d'Or de la rue Saint-Antoine avait été la salle de préparation d'une révolution qui raterait une première fois et réussirait la deuxième.