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Couverture — Histoire de la Révolution française
Bibliographie

Histoire de la Révolution française

Robert Laffont. Bouquins, 1983.
350 Fiches citant cet ouvrage
1983 Édition

Fiches citant cet ouvrage

350 fiches
Événement
1790
janvier 1790 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "La Bouche de Fer"
t1 p 381 & 487
Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cerc …

Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cercle social

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Événement
1789
15 juillet 1789 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t1 p 162
Bailly est nommé maire de Paris et La Fayette commandant de la milice citoyenne, qui va devenir la Garde nationale. Un décret du 21 mai 1790 ratifiera l'indépendance de Paris vis à vis de l'État
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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
t1 p 174-177
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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Jacobins St Honoré/Club des Jacobins
t1 p 548-549
Brissot et Choderlos de Laclos rédigent une pétition ambiguë satisfaisant les visées orléanistes qui sera portée au Champ de Mars mais corrigée dans un sens antiroyaliste sur intervention de Bonneville
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Événement
1789
4 octobre 1789 — Jardin du Palais Royal
t1 p 227
Le mot d'ordre ne vient ni de l'Assemblée, ni des clubs, ni des députés : il part du Palais-Royal, lancé par une femme dont personne n'a retenu le nom. L'été 1789 a été révolutionnaire ; l'automne est affamé. La récolte …

Le mot d'ordre ne vient ni de l'Assemblée, ni des clubs, ni des députés : il part du Palais-Royal, lancé par une femme dont personne n'a retenu le nom.

L'été 1789 a été révolutionnaire ; l'automne est affamé. La récolte a été mauvaise, la circulation des grains désorganisée, la spéculation active. Le pain manque à Paris. Devant les boulangeries, les files s'allongent avant l'aube. Ce sont les femmes qui font la queue, les femmes qui nourrissent les familles, les femmes qui savent exactement le prix du pain.

Le jardin du Palais-Royal, propriété du duc d'Orléans, est depuis 1789 le forum permanent de la Révolution. Les cafés y sont pleins, les orateurs montent sur les chaises, les brochures circulent, la police royale n'y a pas juridiction. Camille Desmoulins y a lancé l'appel aux armes le 12 juillet, trois jours avant la prise de la Bastille.

Le 4 octobre 1789, une citoyenne dont l'histoire n'a pas retenu le nom y lance le mot d'ordre : il faut aller à Versailles, il faut aller chercher le roi, il faut lui montrer la famine. L'idée est simple et redoutable : le roi n'agit pas parce qu'il ne voit pas ; qu'il vienne vivre à Paris, il verra.

Le lendemain, 5 octobre, le cortège se forme. Il part de la place de Grève, devant l'Hôtel de Ville, et remonte les Champs-Élysées. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des bourgeoises, armées de piques, de couteaux, de bâtons, quelques canons traînés à bras. Reine Audu, Stanislas Maillard et Théroigne de Méricourt figurent parmi les meneurs. La Garde nationale de La Fayette suit, contrainte par ses propres hommes.

Le 6 octobre, la famille royale revient à Paris sous escorte populaire. La foule chante qu'elle ramène "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Louis XVI s'installe aux Tuileries, où il sera de fait prisonnier de la ville jusqu'à sa fuite manquée de Varennes.

Les journées d'octobre 1789 sont le premier grand acte politique collectif des femmes dans la Révolution. Elles ne voteront pas. Elles ont fait le roi prisonnier.

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Événement
1789
juin 1789
t1 p 136
Cantonnement du régiment des Hussards de Bercheny dont plus d'un tiers émigrera et se mettra au service de l'Autriche
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Événement
1792
3 juin 1792 — Église de la Madeleine
t1 p 707
Cérémonie funèbre en l'honneur de Jacques-Guillaume Simonneau ; combattue par Robespierre et la Montagne contre la Gironde
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Événement
1791
octobre 1791 — Demeure des Robespierre (qui quittent temporairement la famille Duplay)
t1 p 661
Charlotte provoque une brouille avec les Duplay et amène ses frères à déménager
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Événement
1790
6 juin 1790 — Club Helvétique (qui se nomme encore "Club des patriotes helvétiques")
t1 p 545
Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur a …

Club constitué de réfugiés politiques fribourgeois réunis au départ pour obtenir de l'Assemblée Constituante la libération de deux compatriotes condamnés aux galère et effectuant leur peine à Brest. Momoro imprime leur appel

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Événement
1789
1789 — Club des Amis de la Constitution monarchique/Club des Monarchiens
t1 p 351
Club des défenseurs de la prérogative royale à l'Assemblée, appelés les Monarchiens, ancien Club des Impartiaux ; union de la droite
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Événement
1787
1787 — Hôtel des Monnaies/Demeure de Nicolas de Condorcet
t1 p 515-522
Condorcet, inspecteur général des Monnaies, discute avec Franklin sur le texte de la Constitution ; il sera un des premiers à se revendiquer républicain, dans un premier temps de façon anonyme
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Événement
1792
26 juillet 1792
t1 p 750
Le 26 juillet 1792, rue Saint-Antoine, des révolutionnaires se réunirent en secret pour décider la prise des Tuileries. Le coup fut découvert. Ils attendirent quinze jours. Au Cabaret au Soleil d'Or se constitua ce soir- …

Le 26 juillet 1792, rue Saint-Antoine, des révolutionnaires se réunirent en secret pour décider la prise des Tuileries. Le coup fut découvert. Ils attendirent quinze jours.

Au Cabaret au Soleil d'Or se constitua ce soir-là un « directoire d'insurrection » : cinq représentants du comité des fédérés — les volontaires provinciaux arrivés à Paris depuis la déclaration de la Patrie en danger. Parmi eux, le brasseur Antoine-Joseph Santerre, figure populaire du faubourg Saint-Antoine ; François-Joseph Westermann, un Alsacien qui allait devenir général républicain ; Claude Fournier dit « l'Américain ».

Le plan : marcher cette nuit-là sur les Tuileries et renverser Louis XVI. Le complot fut découvert. Ils durent se disperser.

Ils patientèrent quinze jours. Dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les fédérés, les bataillons marseillais et les sans-culottes des faubourgs donnèrent l'assaut aux Tuileries. Louis XVI s'était réfugié à l'Assemblée législative pendant les combats. Il fut suspendu de ses fonctions, puis emprisonné au Temple avec sa famille.

La monarchie ne se releva pas. Le Cabaret au Soleil d'Or de la rue Saint-Antoine avait été la salle de préparation d'une révolution qui raterait une première fois et réussirait la deuxième.

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Événement
Événement
1792
2 septembre 1792 — Parvis de l'église St Germain des Prés/Massacres de Septembre
t1 p 844-845
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Cour de l'église St Germain des Prés/Massacres de Septembre
t1 p 834-835
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Événement
1791
1791 — Hôtel de Modène/Demeure d'Anacharsis Cloots
t1 p 396
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Événement
1789
1789 — Hôtel Delahaye/Hôtel Radix de Sainte Foy/Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau
t1 p 282
Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fer …

Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fermeture de l'Assemblée

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Événement
Date imprécise — Demeure de Cuirette-Verrières
t1 p 721
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Événement
Événement
1791
1791 — Demeure de Pierre-Gaspard Chaumette
t1 p 555
Demeure de Chaumette, procureur de la Commune révolutionnaire, porte-parole des sans-culottes, qui lutta pour l'abolition de l'esclavage ; exécuté avec les Hébertistes.
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Événement
1789
1789 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
t1 p 523
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Événement
Date imprécise — Demeure de l'abbé Grégoire
t1 p 310-311
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Événement
1792
7 juillet 1792 — Demeure d'Adrien Lamourette
t1 p 742
En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser. Le 7 ju …

En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser.

Le 7 juillet 1792, la Salle du Manège est le théâtre d'une séance âpre. L'Assemblée législative débat de la « patrie en danger » : la France est en guerre contre l'Autriche depuis avril, la Prusse vient de rejoindre la coalition, les armées ennemies progressent vers le nord et l'est. À l'intérieur, le roi Louis XVI a mis son veto aux décrets contre les prêtres réfractaires et sur le camp de fédérés. L'Assemblée est minée par la méfiance entre Feuillants, partisans de la Constitution de 1791, et Girondins qui poussent vers la déchéance royale. Les accusations mutuelles paralysent les débats depuis des semaines.

Antoine-Adrien Lamourette se lève. Né à Frévent dans le Pas-de-Calais, fils d'artisans modestes, ordonné lazariste, il est devenu en 1791 l'un des premiers évêques constitutionnels — l'évêque de Rhône-et-Loire — et cumule cette fonction avec son mandat de député. Proche collaborateur de Mirabeau, mort depuis un an, il a souvent nourri l'argumentation du grand orateur sans jamais la porter lui-même à la tribune : « J'ai rarement parlé à la tribune, dit-il, mais de grands patriotes y ont souvent prononcé ce que j'avais conçu et écrit. »

Ce soir, il parle. Il affirme que la désunion de l'Assemblée est la source de tous les malheurs de la Nation. Avec une ardeur extraordinaire, il appelle à la fraternité et propose que les députés s'embrassent en signe de réconciliation.

La proposition fait son effet. L'Assemblée est traversée d'enthousiasme. Les membres des partis les plus hostiles se jettent dans les bras les uns des autres. Condorcet et Pastoret, qui s'étaient affrontés durement la veille par journaux interposés, se tiennent embrassés. Brissot, qui se préparait à intervenir, doit suspendre et réécrire son discours en catastrophe pour ne pas se retrouver en opposition frontale avec l'ambiance du moment.

L'expression exacte du discours de Lamourette éclaire pourtant ce qu'il proposait vraiment. Il demande à l'Assemblée de condamner « par un serment irrévocable » à la fois la République et les Deux Chambres — les deux chimères qui, selon lui, alimentent la contre-révolution en divisant les partis. Ce n'est pas la fraternité abstraite qu'il invoque : c'est la défense de la Constitution de 1791 qu'il veut, et c'est à cette bannière précise qu'il tente d'unir une Assemblée en train de se déchirer.

Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution française, est impitoyable : « une effusion sentimentale qui n'était pas sans arrière-pensée. » Et il constate que dès le lendemain, les participants de ce moment si particulier en parlaient « d'un ton railleur ». Adolphe Thiers préfère y voir une sincérité momentanée : « Ce fait prouve que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître. »

Le mot est entré dans la langue. Un « baiser Lamourette » désigne désormais toute réconciliation brève et sans lendemain, toute accolade entre adversaires qui reprennent leurs querelles sitôt le rideau retombé.

Lamourette, lui, proteste contre les massacres de Septembre 1792, se lie aux Girondins et soutient la révolte fédéraliste de Lyon. Il est arrêté en 1793, transféré à Paris et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné en janvier 1794. Ceux qu'il avait vus tomber dans les bras les uns des autres ce soir du 7 juillet avaient, entre-temps, voté la mort du roi.

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Événement
1789
Événement
1789
1789 — Demeure de Jérôme Pétion de Villeneuve/Demeure de Pierre-Étienne-Nicolas Bouvet-Jourdan
t1 p 494
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Événement
Événement
1792
1792 — Logement du Maire de Paris (annexe de la Maison Commune)/Comité de Surveillance de la Commune
t1 p 838 & 873
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Événement
1789
1er juillet 1789 — Demeure de Louis Prudhomme
t1 p 427
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Événement
1789
5 octobre 1789 — Place de Grève / Maison commune
t1 p 221 & 230
Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin. À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’as …

Il pleut depuis l’aube, le pain manque, et ce sont les femmes des Halles qui sonnent le tocsin.

À l’automne 1789, Paris gronde. Depuis septembre, le pain est rare et cher, la farine mauvaise, les boulangeries prises d’assaut, alors que la récolte a été bonne : La Fayette parlera d’une « disette moitié réelle, moitié factice ». À Versailles, l’Assemblée piétine et le roi refuse toujours de sanctionner la Déclaration des droits de l’homme. Louis XVI a fait venir le régiment de Flandre, et le 1er octobre, au banquet que lui offrent les gardes du corps dans l’opéra du château, en présence de la famille royale, on a arraché des cocardes tricolores pour les remplacer par la cocarde blanche. À Paris, on crie à la provocation.

Le 5 octobre, dès sept heures du matin, des femmes se rassemblent sur la place de Grève, devant l’Hôtel de Ville. Beaucoup sont des Dames de la Halle — marchandes de poisson, de grain, de fruits ou de fripes, comme Reine Audu —, habituées à s’organiser, et persuadées que l’approvisionnement de la ville est leur affaire. Elles réclament le maire, Bailly, et le commandant de la Garde nationale, La Fayette ; aucun n’est là. Elles forcent alors les portes de la Maison commune, où l’on pille quelque six cents armes, et sonnent le tocsin. Un boulanger, accusé de vendre trop cher, est traîné jusque-là.

Vers dix heures, sous la pluie, un premier cortège de plusieurs milliers de femmes part demander du pain au roi lui-même. Elles tirent à mains nues des canons pris sur la place de Grève, suivent les quais jusqu’à la place Louis-XV, puis prennent la route de Sèvres, où elles trouvent portes closes. Un homme leur sert de porte-parole : Stanislas Maillard, un vainqueur de la Bastille, qui se présentera ensuite comme le chef de toute la marche. Six heures de route dans la boue : elles arrivent épuisées à Versailles vers seize heures.

Certaines envahissent la salle de l’Assemblée et vont jusqu’à s’asseoir dans le fauteuil du président. Une délégation est reçue par le roi ; Louison Chabry, une ouvrière de dix-sept ans chargée de parler pour les autres, ne peut que murmurer « du pain » avant de s’évanouir. Louis XVI promet de faire venir du grain, signe un décret sur les subsistances et, tard dans la soirée, accepte enfin la Déclaration des droits.

À Paris, La Fayette n’arrive à l’Hôtel de Ville qu’à quatorze heures et refuse de faire marcher la Garde nationale sans ordre de la Commune ; ses hommes ne partent qu’à dix-sept heures et atteignent Versailles vers minuit. Le général, épuisé, va se coucher sans vérifier les postes. À l’aube du 6 octobre, des émeutiers envahissent le château ; deux gardes du corps sont tués, et leurs têtes promenées au bout de piques. La reine s’enfuit chez le roi. La Fayette, enfin réveillé, calme les esprits ; la foule exige de voir le roi, et Louis XVI paraît au balcon avec la reine, qui porte le dauphin dans ses bras. Dans la cour, on crie : « À Paris ! »

À treize heures, le roi quitte Versailles. Un immense cortège de plus de trente mille hommes l’escorte ; les gardes nationaux portent chacun un pain piqué au bout de la baïonnette, et l’on crie qu’on ramène « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». À vingt heures, Bailly remet au roi les clés de Paris à l’Hôtel de Ville ; à vingt-deux heures, la famille royale arrive aux Tuileries, où rien n’est prêt pour la recevoir. L’Assemblée la suit quelques jours plus tard.

C’est le retour définitif, et contraint, de la monarchie dans sa capitale. Quand Louis XVI en sortira, en juin 1791, ce sera pour fuir.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Café de Foy/Jardin du Palais Royal ("Capitale de l'agitation")
t1 p 137
Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille. Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait de …

Un dimanche de juillet 1789, un jeune avocat sans causes saute sur une table de café, un pistolet à chaque main — et le jardin du Palais-Royal se met en marche vers la Bastille.

Ce dimanche 12 juillet 1789, Paris sait depuis le matin : le roi a renvoyé Necker. Le jardin du duc d'Orléans, seul coin de la ville où la police royale n'entre pas, grouille de pamphlétaires et de badauds sous les arcades. On l'appelle « la capitale de l'agitation ».

Au 57-60 de la galerie de Montpensier, le café de Foy déborde. Un jeune homme de vingt-neuf ans, avocat sans clients et journaliste sans journal, s'y impatiente : Camille Desmoulins. Il bégaie — un défaut qui lui a barré le barreau. Mais ce jour-là, dit la tradition, l'émotion emporte le bégaiement. Il grimpe sur une table, un pistolet à chaque main, et harangue la foule.

Le renvoi de Necker, lance-t-il, est « le tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes » : ce soir même, les régiments suisses et allemands sortiront égorger Paris. « Aux armes ! » La menace n'a rien d'une invention : les troupes étrangères cernent la ville, et le soir venu, la cavalerie du prince de Lambesc chargera la foule aux Tuileries. Desmoulins propose le vert, « couleur de l'espérance ». La foule se rue sur les arbres du jardin, les dépouille de leurs feuilles, et s'en pique aux chapeaux. Desmoulins racontera plus tard qu'on lui glissa plutôt un ruban vert ; peu importe, la cocarde est née.

Ironie de la teinte : elle ne passera pas la semaine. Le vert est la livrée du comte d'Artois — couleur compromettante, aussitôt délaissée pour le bleu et le rouge de Paris, bientôt relevés de blanc pour former la cocarde tricolore. La couleur de l'espérance était celle de l'ennemi.

On a fait de cette scène l'étincelle de la Révolution. Étincelle, soit — mais la poudre était déjà répandue. Ce 12 juillet, les barrières de l'octroi flambaient au nord de la ville ; le pain touchait son prix le plus haut du siècle ; la peur des troupes courait les faubourgs. Les historiens, de Mathiez à Soboul, l'ont rappelé : le cri de Desmoulins n'a pas créé le mouvement, il l'a allumé. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Reste l'ironie du lieu. Le café de Foy, berceau de l'insurrection, était tenu par la famille Jousserand. Deux ans plus tard, ces mêmes Jousserand en avaient fait un repaire d'aristocrates : le café où l'on avait crié « aux armes » penchait pour le roi. Il ferma en 1874. Mais les arcades de la galerie de Montpensier sont toujours là, aux numéros 57 à 60, où l'on prend aujourd'hui un café sans savoir qu'on foule l'endroit où un bègue, un dimanche, trouva sa voix.

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Événement
1788
janvier 1788 — Demeure d'Adrien Duport/Siège de la Société des Trente
t1 p 169 & 376
Élaboration de modèles de cahiers de doléances pour Paris par les Libéraux réunis dans le premier club de la Révolution, la Société des Trente fondée par Duport
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Événement
1792
20 juin 1792
t1 p 723-730
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1789
Événement
Événement
1792
23 août 1792
t1 p 801
Exécution de La Porte, confident de Louis XVI, accusé d'avoir distribué des fonds secrets le sa liste civile, d'avoir financé journaux et pamphlets monarchistes et d'avoir entretenu des liens avec les émigrés
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Massacres de Septembre
t1 p 846
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Événement
1792
21 août 1792
t1 p 801
Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire dérape …

Exécution du chef du Bureau militaire des Brigades des gardes nationaux. Il avait constitué une importante organisation de provocateurs qui infiltraient les manifestations publiques révolutionnaires pour les faire déraper

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Événement
1792
11 août 1792 — Caserne de gardes-françaises/Corps de garde de la Garde nationale
t1 p 782
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Événement
1790
19 septembre 1790
t1 p 359-366
Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République. En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régime …

Au Champ de Mars, ce jour-là, Paris prend le deuil de soldats punis pour avoir voulu la liberté, et leur bonnet rouge devient le symbole de la République.

En août 1790, la garnison de Nancy entre en ébullition. Le régiment suisse de Châteauvieux, mal payé et gagné par l'esprit révolutionnaire, se soulève contre ses officiers, s'empare de la caisse régimentaire et emprisonne ses commandants. Deux autres régiments rejoignent le mouvement. Mais le Gouvernement constitutionnel tremble : permettre l'insubordination militaire serait reconnaître que la Révolution peut remettre en cause la hiérarchie de l'armée. Le marquis de Bouillé reçoit ordre d'intervenir. La Fayette, commandant de la Garde nationale, cautionne.

La répression est sévère. Vingt-deux soldats sont pendus. Quarante et un autres sont condamnés aux galères : trente ans de bagne à Brest, enchaînés parmi les forçats de droit commun, astreints au bonnet rouge distinctif des galériens du roi. Pour les Jacobins de gauche, les Cordeliers, les clubs populaires de Paris, ce verdict est un scandale : ce sont des soldats révolutionnaires que l'on traite comme des criminels.

Le 19 septembre 1790, une cérémonie funèbre se tient au Champ de Mars pour honorer les condamnés. La solennité est politique autant que symbolique. Dans la foule des sections et des clubs, un geste s'accomplit : par solidarité avec les galériens de Châteauvieux, des militants parisiens commencent à arborer le bonnet rouge. Ce bonnet de bagnard, coiffure infamante aux yeux de l'Ancien Régime, devient ce jour-là le bonnet de la liberté.

Le détour par l'Antiquité viendra ensuite. Les érudits de la Révolution reconnaissent dans ce bonnet l'héritier du pileus des affranchis romains, coiffure des esclaves libérés dans le monde gréco-romain. Le rapprochement avec le bonnet phrygien des représentations allégoriques s'impose. L'objet populaire et subversif se charge d'un prestige antique, qui en fait un symbole acceptable jusque dans les allégories officielles. En 1792, quand les galériens de Châteauvieux survivants arrivent à Paris après vingt-cinq jours de marche depuis Brest, graciés après la chute des Feuillants, la ville entière les accueille en triomphe avec leur bonnet rouge. Ce symbole coiffera désormais les bustes de Marianne.

Le déclin de La Fayette commence ici. L'homme de la Fête de la Fédération perd progressivement crédit auprès des sections. Il commandait la Garde nationale qui cautionnait la répression de Nancy ; il commandera la Garde nationale qui tirera sur le peuple au Champ-de-Mars en juillet 1791. Entre ces deux dates, une continuité politique que les sans-culottes ne lui pardonneront pas.

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Événement
1790
21 février 1790 — Cirque du Palais Royal/Cercle social/Club des Amis de la Vérité
t1 p 429
Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la …

Fondation du Cercle social, mélange de club politique révolutionnaire, de loge maçonnique et de salon littéraire. Bonneville publie après Varennes, et de nouveau après le 10 août "De l'esprit des religions", qui prône la loi agraire

Le 21 février 1790 est fondé à Paris le Cercle social, également connu sous le nom de Club des Amis de la Vérité. Installé au cirque du Palais-Royal, ce lieu singulier se situe à la croisée de plusieurs traditions : club politique révolutionnaire, loge maçonnique et salon littéraire. Il incarne l’un des espaces les plus originaux de la sociabilité révolutionnaire des premières années de 1789-1791.

Le Cercle social se veut un lieu de réflexion et de diffusion des idées nouvelles, ouvert à un public élargi. On y débat de souveraineté populaire, de droits naturels, d’éducation, de religion et de réforme sociale. Parmi ses animateurs figurent Claude Fauchet, prédicateur et futur évêque constitutionnel, Nicolas de Bonneville, écrivain et éditeur, ainsi que Jean-Baptiste Charles Chabroud, juriste et député. Tous partagent l’ambition de lier la Révolution française à une transformation morale et universelle de l’humanité.

Contrairement aux clubs plus strictement politiques, le Cercle social revendique une dimension philosophique et presque mystique. Bonneville y joue un rôle central, notamment par ses publications. Après la fuite de Varennes, puis de nouveau après le 10 août 1792, il publie De l’esprit des religions, texte radical qui prône une régénération sociale profonde et évoque la loi agraire, inscrivant le Cercle dans une critique frontale des inégalités économiques.

Le Cercle social apparaît ainsi comme un laboratoire d’idées avancées, parfois en décalage avec la Révolution institutionnelle. Il témoigne de la richesse, mais aussi des tensions, d’un moment où Paris est le foyer d’expérimentations politiques, sociales et intellectuelles dont certaines annoncent les radicalités à venir.

Le Cirque du Palais Royal en 1794, BnF

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
t1 p 394-404
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Événement
1789
1789 — Imprimerie du "Patriote français"/Imprimerie du "Courrier français"
t1 p 213 & 682
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Événement
1792
décembre 1792 — Imprimerie de Jacques-René Hébert
t1 p 427
Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 …

Au cœur du quartier Bonne-Nouvelle, la rue de Damiette borde ce qui fut l'une des dernières Cours des Miracles de Paris — un dédale de ruelles et de masures insalubres rasé par la police en 1667, dont il ne reste en 1793 que le souvenir et la topographie tourmentée. C'est dans cet espace résiduel, rebaptisé « cour des Miracles » sur l'impressum du journal, qu'Hébert installe l'imprimerie du Père Duchesne entre les mois de décembre 1792 et d'octobre 1793. L'adresse officielle : « rue Neuve-de-l'Égalité, cour des Miracles ».

Le choix n'est pas anodin. Ce quartier populaire, dense, difficile à surveiller, est le terrain naturel d'un journal qui se veut la voix des sans-culottes. C'est ici que s'impriment, tout au long de l'année 1793, les grandes colères et les grandes joies du Père Duchesne — les numéros 171 à 312, soit près de la moitié de la série. Les crieurs les écoulent ensuite dans les sections, les cafés et les marchés, jusqu'à des tirages qui atteignent parfois 70 000 exemplaires.

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Événement
1789
12 juillet 1789 — Pavillon d'octroi de la barrière d'Italie
t1 p 138
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Événement
1792
10 août 1792 — Cimetière de l'église St Paul des Champs/Cimetière St Paul
t1 p 793
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Lieu de l'exécution de Jacques de Flesselles
t1 p 155
Jacques de Flesselles est massacré pour connivence, dans l'affaire de la Bastille, avec de Launay à qui il avait écrit "J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses ; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du …

Jacques de Flesselles est massacré pour connivence, dans l'affaire de la Bastille, avec de Launay à qui il avait écrit "J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses ; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort"

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t1 p 148-154
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1794
4 février 1794 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t1 p 621
La Convention nationale abolit l'esclavage le 16 pluviôse an II ; les colons de St Domingue refusent d'appliquer ; Napoléon le rétablira le 20 mai 1802
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Événement
1792
10 août 1792 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
t1 p 790-793
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
t1 p 140-141
La Fayette est élu commandant de la Garde nationale sur proposition de Moreau de Saint-Méry ; création d'une Garde nationale de 48 000 hommes et adoption de la cocarde bleue et rouge
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Événement
1791
octobre 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
t1 p 616
La Législative abandonne pour Louis XVI le titre de Majesté, opte pour celui de roi des Français et supprime le trône qui lui était réservé en son sein
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Événement
1792
10 août 1792
t1 p 776
La porte de la cour du palais des Tuileries est ouverte pour laisser passer les premiers Insurgés afin de les mitrailler ; il y aura des centaines de morts
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Événement
1790
novembre 1790 — Palais Royal/Siège du "Journal des Amis de la Constitution"
t1 p 391
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Événement
1791
5 mai 1791 — Jardin du Palais Royal
t1 p 460
Le buste de cire du pape du cabinet de Curtius est brûlé en effigie ; il s'opposait à la constitution civile du clergé et réclamait des droits sur Avignon et le Comtat Venaissin
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Événement
1790
18 juillet 1790 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
t1 p 342
Il suffisait d'exiger un uniforme pour que la milice de la Révolution devienne un club privé. Un an après la prise de la Bastille, la Garde nationale existe, encadre, surveille. Née dans l'émeute, elle s'est rapidement c …

Il suffisait d'exiger un uniforme pour que la milice de la Révolution devienne un club privé.

Un an après la prise de la Bastille, la Garde nationale existe, encadre, surveille. Née dans l'émeute, elle s'est rapidement constituée en milice de la bourgeoisie parisienne — armée, ordonnée, soucieuse d'ordre — sous les commandements de La Fayette. Ce 18 juillet 1790, à la salle du Manège où siège l'Assemblée constituante, le député Isaac René Guy Le Chapelier, avocat breton et constituant influent, propose d'y ajouter une condition d'entrée : pour en faire partie, il faudra désormais porter l'uniforme.

La mesure semble anodine. Elle ne l'est pas. L'uniforme coûte. Les ouvriers, les artisans, les sans-culottes n'ont pas les moyens de l'acheter. En un vote, Le Chapelier vient de réserver la garde de la Révolution à ceux qui pouvaient se la payer.

Ce n'était qu'un premier geste. Le 14 juin 1791, le même Le Chapelier ferait adopter la loi qui porte son nom — interdisant les coalitions ouvrières et les grèves au nom de la liberté du commerce. « Il ne doit y avoir que l'intérêt particulier de chaque individu et l'intérêt général », dit-il à la tribune. La collectivité des travailleurs n'avait aucun droit à s'organiser. Ce texte resta en vigueur jusqu'en 1864, traversant la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second Empire.

Marx y vit l'un des moments fondateurs de l'ordre bourgeois : les mêmes hommes qui avaient abattu l'Ancien Régime au nom de la liberté construisaient, pierre à pierre, un édifice légal destiné à tenir les classes populaires à l'écart du pouvoir.

Le Chapelier lui-même finit guillotiné en avril 1794, rattrapé par la révolution qu'il avait contribué à domestiquer.

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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
t1 p 376 & 567
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1791
17 juillet 1791 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
t1 p 565
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t1 p 557
Le drapeau rouge de la loi martiale est arboré à la fenêtre de l'Hôtel de Ville, donnant le signal du massacre du Champ de Mars
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Événement
1791
17 juillet 1791
t1 p 554-555
Le matin du 17 juillet, les Cordeliers proposent une pétition alternative, plus radicale, à celle des Jacobins
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
t1 p 139
La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville donne sur la place de Grève — ce vieux carrefour des exécutions publiques, où Paris a l'habitude de venir regarder mourir. Ce 12 juillet 1789, elle abrite une assemblée qui ne devr …

La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville donne sur la place de Grève — ce vieux carrefour des exécutions publiques, où Paris a l'habitude de venir regarder mourir. Ce 12 juillet 1789, elle abrite une assemblée qui ne devrait plus exister : les quatre cent sept électeurs parisiens, ces notaires, marchands et avocats qui avaient au printemps désigné les représentants de Paris aux États généraux. Leur mandat est épuisé. Versailles délibère. Mais les électeurs ont continué à se réunir ici depuis juin, convaincus de tenir encore un gouvernail.

Ce dimanche, les événements se déclenchent sans eux. Depuis le matin, Paris sait : le roi a renvoyé Necker. Au Palais-Royal, Camille Desmoulins a sauté sur une table du café de Foy. On promène en cortège funèbre les bustes de cire de Necker et du duc d'Orléans, voilés de crêpe noir. Place Louis XV, la cavalerie du prince de Lambesc charge la foule. Et sur la place de Grève, devant l'Hôtel de Ville, la masse grossit heure par heure. Elle réclame des armes. Elle réclame que quelqu'un prenne Paris en main.

Les portes cèdent. Des centaines d'hommes entrent en criant, remplissent la salle Saint-Jean, montent aux tribunes. Ils n'ont pas l'intention de piller : ils exigent un commandement. Les électeurs reculent contre les murs. À l'autre bout du bâtiment, le prévôt des marchands Jacques de Flesselles temporise, promet des armes qui n'arrivent pas, écrit en secret à Versailles pour rassurer la cour. La foule n'attend plus : elle ordonne aux électeurs d'agir. Et c'est sous cette pression, cette pression seule, que naît dans la nuit du 12 au 13 juillet le Comité permanent — embryon du gouvernement municipal révolutionnaire de Paris, fondé à contrecœur par des bourgeois qui n'avaient pas choisi d'être révolutionnaires. Le lendemain, ce comité cherche des armes aux Invalides. Le surlendemain, la Bastille tombe.

Marx, dans La Guerre civile en France, identifiera cette mécanique : le peuple pousse, la bourgeoisie prend les commandes — et s'y installe. En juillet 1789, l'escalier n'est pas encore monté ; personne dans la salle Saint-Jean ne sait encore ce qui attend en haut.

Le 14 juillet au soir, la foule retrouve Flesselles sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Elle a trouvé sur lui une lettre à Versailles. Elle le tue d'un coup de pistolet — à l'endroit même où, quarante-huit heures plus tôt, il avait essayé de la tenir à distance.

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Événement
1791
17 juillet 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
t1 p 553
Le royaliste Regnaud de Saint-Jean d'Angély fait adopter la loi martiale contre les porteurs de la pétition des Jacobins
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Événement
1789
1789
t1 p 31
Le seul monument qu'ait laissé la Révolution française à Paris selon Jules Michelet
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Jardin du Palais Royal
t1 p 137
Ce dimanche-là, la foule qui descend vers les Tuileries ne brandit ni reliques ni portraits de saints : deux mannequins de cire empruntés à un montreur de curiosités du boulevard du Temple. La veille, samedi 11 juillet 1 …

Ce dimanche-là, la foule qui descend vers les Tuileries ne brandit ni reliques ni portraits de saints : deux mannequins de cire empruntés à un montreur de curiosités du boulevard du Temple.

La veille, samedi 11 juillet 1789, Louis XVI a renvoyé Jacques Necker, son ministre des Finances, le seul homme du gouvernement en qui le peuple de Paris veuille encore croire. La nouvelle atteint la capitale le dimanche 12 dans la matinée et s'y répand comme une traînée de poudre. Au Palais-Royal, un jeune avocat bègue nommé Camille Desmoulins saute sur une table du café de Foy, pistolet au poing, et appelle aux armes. Il faut à cette colère un emblème. On le trouvera en cire.

Car la foule songe aussitôt à Curtius. Philippe Mathé Curtius, Allemand installé à Paris, tient sur le boulevard du Temple le cabinet de figures de cire le plus couru de la ville — le même où travaille la future Madame Tussaud, Marie Grosholtz. Chez lui trônent, grandeur nature, les portraits des deux hommes que la Cour vient d'écarter : Necker le renvoyé, et Philippe d'Orléans, le cousin frondeur du roi. Curtius cède ses effigies — de mauvaise grâce, selon les uns ; volontairement, selon la propagande d'estampes qui le montre bientôt « délivrant » lui-même ses portraits au peuple.

Voilés de crêpe noir, précédés de bannières sombres et de tambours voilés, les deux bustes s'ébranlent en une étrange procession funèbre — un enterrement pour deux vivants. Le cortège grossit à mesure qu'il gagne le Palais-Royal, la rue Saint-Honoré, puis la place Vendôme. C'est là que tout bascule. Un détachement de cavalerie barre le passage ; un dragon abat l'homme qui porte le buste de Necker. Selon les récits contemporains, c'est le premier sang versé de la Révolution — et il coule pour défendre une tête de cire.

Le cortège reflue vers la place Louis XV — notre place de la Concorde. Là stationne le Royal-Allemand du prince de Lambesc. Vers le soir, Lambesc reçoit l'ordre de dégager le jardin des Tuileries et lance ses cavaliers sabre au clair. Les premières cibles ne sont pas des hommes : ce sont les bustes. On les jette à terre, on les piétine, on les taille. Paris apprend, ce 12 juillet, qu'on peut mourir pour une image.

Les deux effigies furent pourtant retrouvées. Celle du duc d'Orléans revint intacte ; celle de Necker ne reparut que six jours plus tard, rapportée par un Suisse, les cheveux roussis, la face marquée de coups de sabre. Une tête de cire balafrée comme un blessé de guerre — peut-être la première image vraie de ce que la Révolution s'apprêtait à devenir.

Curtius sut retourner l'épisode à son profit : dans un mémoire de 1790, pour faire valoir ses états de service de « vainqueur de la Bastille » et écarter les soupçons sur ses origines, il écrivit que le premier acte de la Révolution avait commencé chez lui. Marie Grosholtz, elle, quitterait Paris pour Londres avec ses moules et ses souvenirs, et bâtirait sur ces têtes de rois et de révolutionnaires l'empire de cire qui porte encore son nom d'épouse.

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Événement
1791
10 juillet 1791 — Barrière de Charenton
t1 p 540
Revenu en triomphe treize ans après sa mort, le plus mondain des philosophes dut patienter une nuit entière à un poste de péage, sous l'orage. Le 10 juillet 1791, aux portes est de Paris, un lourd cortège s'immobilise à …

Revenu en triomphe treize ans après sa mort, le plus mondain des philosophes dut patienter une nuit entière à un poste de péage, sous l'orage.

Le 10 juillet 1791, aux portes est de Paris, un lourd cortège s'immobilise à la barrière de Charenton. C'est l'une des soixante barrières d'octroi du mur des Fermiers généraux, cette enceinte fiscale qui taxait tout ce qui entrait dans la ville. Elle se dressait là où la rue de Charenton franchissait le mur, à l'emplacement de l'actuel boulevard de Reuilly, dans le 12e. Sur le char, un sarcophage. Dedans, ce qui reste de François-Marie Arouet, dit Voltaire.

Il faut mesurer l'ironie du lieu. Voltaire avait passé sa vie à fuir Paris et à y revenir : la Bastille deux fois, l'exil à Ferney aux portes de la Suisse, pour rester hors de portée du pouvoir. Il n'était rentré dans la capitale qu'en 1778, à quatre-vingt-trois ans, pour y mourir quelques semaines plus tard. Faute de sépulture chrétienne — l'Église lui refusait la terre bénite —, son neveu l'abbé Mignot l'avait fait inhumer en catimini à l'abbaye de Scellières, en Champagne.

Treize ans plus tard, la Révolution vient le rechercher. L'Assemblée nationale a décrété le transfert de ses cendres au Panthéon — l'ancienne église Sainte-Geneviève convertie en temple des grands hommes. La fuite du roi à Varennes, trois semaines plus tôt, avait bousculé le calendrier. On exhume, on met en route un convoi qui remonte lentement vers Paris.

Et voici que, parvenu à la barrière de Charenton, le cortège doit s'arrêter. Le maire Bailly est venu recevoir le corps ; les gens du faubourg Saint-Antoine sont là, portant un drapeau et des reliques de la Bastille abattue deux ans plus tôt. Mais le ciel s'en mêle. Le mauvais temps — Michelet insiste sur l'orage — force à différer la grande entrée. Voltaire, l'homme qui avait fait trembler les rois par ses mots, doit attendre son heure à un guichet de percepteur, là même où l'on rançonnait les charretiers.

Le convoi finit par gagner les ruines de la Bastille, où la dépouille passe la nuit sur un tombeau dressé en plein air. Le lendemain, sous la pluie encore, c'est l'apothéose réglée par David : un char à douze chevaux blancs, jusqu'au Panthéon.

La barrière de Charenton, elle, n'a pas survécu au siècle. Le mur des Fermiers généraux, si haï qu'un bon mot courait les rues — « le mur murant Paris rend Paris murmurant » —, a été démoli sous le Second Empire. Là où le philosophe patienta une nuit sous l'averse, passe aujourd'hui la circulation du boulevard de Reuilly, sans une pierre pour le rappeler. Voltaire aurait sans doute souri de finir sa course triomphale coincé à la douane : lui qui avait tant écrit contre les entraves, arrêté une dernière fois par une barrière.

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Événement
1789
25 juin 1789 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
t1 p 127
Une noce fait les frais de la Révolution : les convives cèdent la place aux électeurs de Paris, et la fête privée à l'histoire publique. Leur mission est accomplie. Depuis le mois d'avril, les 407 électeurs du Tiers état …

Une noce fait les frais de la Révolution : les convives cèdent la place aux électeurs de Paris, et la fête privée à l'histoire publique.

Leur mission est accomplie. Depuis le mois d'avril, les 407 électeurs du Tiers état parisien ont élu les vingt députés qui représentent la capitale aux États généraux. En théorie, il ne leur reste plus qu'à rentrer chez eux, reprendre boutique, cabinet ou étude, et attendre les nouvelles de Versailles. Mais nous sommes le 25 juin 1789, et rien ne se passe comme prévu.

Depuis trois semaines, la crise s'accélère. Le Tiers s'est proclamé Assemblée nationale le 17 juin. Le serment du Jeu de paume a eu lieu le 20. Le 23, le roi a tenté d'imposer le vote par ordre lors d'une séance royale houleuse — la majorité des députés a refusé de quitter la salle. Et le 25, quarante-sept nobles franchissent le pas et rejoignent l'Assemblée nationale. À Versailles, l'ancien monde craque. À Paris, les électeurs sentent qu'il faut agir.

Une douzaine d'entre eux se retrouvent rue Dauphine, chez un traiteur, dans une salle « misérable », raconte Michelet, occupée à ce moment-là par une noce. Les convives s'écartent pour laisser place à cette assemblée improvisée. L'image a la saveur d'une estampe : les restes du banquet nuptial, les électeurs graves, la Révolution qui s'invite entre les verres. Mais la salle est trop petite, trop indigne pour ce qui se prépare.

C'est un avocat, Jacques Alexis Thuriot de la Rosière, qui tranche. Il propose de se rendre à l'Hôtel de Ville, dans la grande salle Saint-Jean. Le geste est audacieux : l'Hôtel de Ville est le siège de l'administration municipale, dominé par le prévôt des marchands Jacques de Flesselles. S'y installer, c'est revendiquer une légitimité que personne ne leur a donnée — et que personne n'ose leur refuser. Flesselles admet les douze délégués.

Dans cette salle Saint-Jean — vaste, voûtée, capable d'accueillir des centaines de personnes — les électeurs se constituent en assemblée permanente. Nicolas de Bonneville, publiciste et franc-maçon, propose la création d'une garde bourgeoise et la constitution d'une Commune. La motion est accueillie favorablement. Le lendemain, 26 juin, un procès-verbal officiel est rédigé. L'assemblée grandit de jour en jour : d'autres électeurs la rejoignent, des représentants de districts s'y ajoutent. Le 11 juillet, elle prend officiellement le titre d'« Assemblée générale des Électeurs de la Commune de Paris ».

Le mot est lâché : Commune. Il ne quittera plus le vocabulaire révolutionnaire.

Thuriot, lui, n'a pas fini. Le 14 juillet, c'est lui que le Comité permanent de l'Hôtel de Ville envoie à la Bastille pour sommer le gouverneur de Launay de retirer ses canons. Il harangue la garnison du haut des tours, au nom « de la nation et de la patrie ». On connaît la suite.

La salle Saint-Jean de l'Hôtel de Ville deviendra, dans les semaines et les mois qui suivent, le cœur battant de la Révolution parisienne — le lieu où se prennent les décisions qui échappent à Versailles, où la capitale se gouverne elle-même. Tout a commencé par une noce interrompue, un traiteur de la rue Dauphine, et un avocat qui a dit : allons à l'Hôtel de Ville.

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Événement
1789
1789
t1 p 99
Les électeurs parisiens aux états généraux maintiennent leur assemblée et élisent leur propre bureau contre celui imposé par le roi
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Événement
1789
25 juin 1789
t1 p 127
Les électeurs parisiens aux états généraux se réunissent pour affirmer leur soutien à l'Assemblée de Versailles
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Événement
1789
10 juillet 1789 — Hôtel de Ville (salle St Jean)
t1 p 134 & 137
Les électeurs parisiens réclament la constitution de Paris en Commune, l'unification des 60 districts et la concertation avec les grandes villes du royaume
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Événement
1792
20 juin 1792 — Guichet des Tuileries
t1 p 725
Les émeutiers du 20 juin pénètrent dans le Carrousel par le guichet des Tuileries
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Événement
1792
31 juillet 1792
t1 p 752
Les Fédérés Marseillais arrivés à Paris la veille et invités à un festin se battent avec des grenadiers royalistes de la section des Filles St Thomas qui se réfugient aux Tuileries
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Événement
1792
30 avril 1792 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
t1 p 692-693
Les gardes-suisses de Châteauvieux, libérés du bagne de Brest, viennent remercier l'Assemblée qui hésite à les recevoir
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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries
t1 p 792
Les Insurgés empêchent les pompiers d'éteindre l'incendie des Tuileries tant que l'Assemblée n'aura pas prononcé la déchéance de la royauté
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Événement
1792
20 juin 1792 — Couvent des Capucins St Honoré (bien national par décret du 2-11-1789)
t1 p 723
Les manifestants du faubourg St Antoine, empêchés de se rendre à l'Assemblée, plantent un peuplier destiné à la terrasse des Feuillants dans la cour des Capucins
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Événement
1792
10 août 1792 — Palais des Tuileries (péristyle du pavillon central au pied du grand escalier)
t1 p 779-780
Les Marseillais entrent les premiers aux Tuileries ; la prise du palais marque la fin de la monarchie
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Événement
1792
août 1792 — Couvent des Cordeliers
t1 p 759
Les Marseillais sont transférés de leur caserne aux Cordeliers en prévision de l'attaque des Tuileries
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Église St Sulpice
t1 p 844
Les massacreurs de Septembre viennent remettre à la Section du Luxembourg les objets pris sur les victimes des Carmes
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Conciergerie/Massacres de Septembre
t1 p 842
Les prisonniers de la Conciergerie, dont des officiers de gardes suisses, sont massacrés
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Événement
1793
1793 — Café Corrazza
t1 p 399
Les principaux agitateurs du club des Cordeliers sont soupçonnés de se réunir secrètement
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maximilien de Robespierre
t1 p 565
Les Roland passent chez Robespierre menacé d'arrestation afin de lui procurer une cachette ; mais il est déjà en sûreté chez les Duplay
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Événement
1789
30 juin 1789 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Prison militaire (à l'extérieur de l'enceinte)
t1 p 133
Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer. Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes frança …

Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer.

Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes françaises, fait emprisonner onze de ses soldats à l'Abbaye Saint-Germain. Leur crime : insubordination. Ces hommes ont fraternisé avec la foule du Palais-Royal, refusé de se tenir prêts à charger les civils, participé aux discussions politiques qui remplissent chaque soir les cafés du jardin depuis que l'Assemblée nationale s'est constituée contre la volonté du roi.

Le Palais-Royal est en juin 1789 le centre nerveux de la contestation parisienne. Propriété du duc d'Orléans — cousin du roi, libéral, en rupture avec la Cour — son jardin est le seul espace de Paris où la police royale ne peut intervenir. Les soldats qui y circulent, qui y écoutent les orateurs, qui boivent avec des bourgeois et des artisans, violent le code militaire. Du Châtelet tranche : la prison.

Parmi les soldats emprisonnés se trouvent des noms que l'histoire retiendra. Lazare Hoche a vingt et un ans : grenadier entré dans les Gardes françaises à quinze ans, il est incarcéré pour avoir fraternisé avec le peuple du Palais-Royal. François-Joseph Lefebvre est sous-officier au même régiment. Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes suisses reconverti en bonnetier, est l'un de ceux qui vont organiser la libération depuis le jardin.

Le 30 juin au soir, la foule quitte le Palais-Royal et marche sur la prison de l'Abbaye — le bâtiment pénitentiaire attenant au couvent de Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Germain. Les portes cèdent. Les onze soldats sont libérés, promenés en triomphe dans les rues, escortés sous les acclamations jusqu'au Palais-Royal.

C'est le premier coup de force populaire de la Révolution. Du Châtelet n'ose pas reprendre ses hommes. Quatorze jours plus tard, ce sont ces mêmes soldats — Hoche, Lefebvre, et d'autres du régiment — qui rejoindront la colonne de Hulin devant la Bastille. La prison qui symbolise l'arbitraire royal tombera le 14 juillet ; l'Abbaye aura été la répétition générale.

Les Gardes françaises sont dissoutes en juillet 1789. Leurs hommes forment le noyau de la future Garde nationale. Lazare Hoche mourra général de division en 1797, à vingt-neuf ans. François-Joseph Lefebvre deviendra duc de Danzig sous l'Empire. Du Châtelet sera guillotiné en 1793, condamné par ce même peuple qu'il avait voulu faire charger.

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Événement
1792
9 août 1792 — Cabaret du Cadran Bleu/Lieu de réunions du Comité insurrecteur qui donna le signal de l'insurrection du 10 août 1792
t1 p 759
Lieu de réunions du Comité insurrecteur composé de représentants des bataillons fédérés de province et de délégués des Sections révolutionnaires parisiennes. Constitué de 5 membres à l'origine, il en compta jusqu'à une q …

Lieu de réunions du Comité insurrecteur composé de représentants des bataillons fédérés de province et de délégués des Sections révolutionnaires parisiennes. Constitué de 5 membres à l'origine, il en compta jusqu'à une quarantaine

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Événement
1792
2 septembre 1792
t1 p 841
Lors des Massacres de Septembre, 160 prisonniers de droit commun sont exécutés sur les 200 enfermés alors ici
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Événement
1789
17 juillet 1789 — Hôtel de Ville
t1 p 164-166
Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois. Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. …

Le 17 juillet 1789, Paris prépara deux choses : une cocarde tricolore pour le roi, et un carrosse vide pour son frère le comte d'Artois.

Trois jours après la prise de la Bastille, Louis XVI monte en carrosse pour Paris. Ce n'est pas une visite de triomphe — c'est une capitulation soigneusement enveloppée dans un protocole. Au quai de la Seine, près de la barrière de la Conférence (l'actuel quai de la Conférence, dans l'axe de l'avenue de New York), vingt-cinq membres du Conseil municipal l'accueillent et lui remettent les clefs de la capitale. Geste millénaire — mais pour la première fois, le roi des Français les reçoit d'une ville en armes.

Le cortège remonte vers l'Hôtel de Ville. Jean-Sylvain Bailly — astronome, maire tout juste élu — attend sur le parvis. Il présente au roi la cocarde tricolore : le bleu et le rouge de la ville de Paris encadrant le blanc des Bourbon. Louis XVI la prend, la pique sur son chapeau. La foule exulte.

Le roi a mis la cocarde. Il a reconnu — en apparence du moins — la révolution qui l'a pris par surprise. Rentré à Versailles le soir même, il continuera à tergiverser, à jouer sur tous les tableaux, à espérer un retournement. Ce que le geste du 17 juillet signifiait réellement, chacun pouvait l'interpréter à sa guise.

Pendant que Louis XVI coiffait sa cocarde à l'Hôtel de Ville, son frère cadet Charles-Philippe, comte d'Artois — futur Charles X, ennemi déclaré de toute idée de constitution — quittait Paris pour ne plus y revenir de sitôt. Il prit la route de Turin avec les princes de Condé et quelques fidèles. Premier grand émigré de la Révolution, il ne remit les pieds en France qu'en 1814, derrière les armées alliées, une Restauration dans les bagages.

Elle dura seize ans. En juillet 1830, son entêtement ultra-royaliste provoqua les Trois Glorieuses qui l'expulsèrent du trône. Paris, le 17 juillet 1789, avait imposé sa cocarde à Louis XVI. En 1830, il enlèverait la couronne à son frère.

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Événement
1792
10 août 1792
t1 p 774
Mandat, commandant royaliste de la Garde nationale, qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, est abattu alors qu'on l'emmenait à la prison de l'Abbaye
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Événement
1789
12 juillet 1789
t1 p 138-139
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés
t1 p 825 & 840
Manuel fait libérer Beaumarchais afin qu'on ne puisse pas l'accuser de profiter de sa situation de procureur de la Commune pour se venger
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Événement
1791
1791 — Demeure d'Olympe de Gouges
t1 p 518
Marie-Olympe de Gouges rédige une “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne”
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Événement
1789
14 juillet 1789
t1 p 155
Massacre du gouverneur de Launay et de ses officiers ; lors de son arrivée à l'Hôtel de Ville par l'Arcade St Jean selon Michelet
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Couvent des Carmes déchaussés/Massacres de Septembre
t1 p 836 & 840
Massacres de 115 Prêtres réfractaires au couvent des Carmes Déchaux, transformé en prison
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force/Massacres de Septembre
t1 p 850
À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées. Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longw …

À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées.

Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longwy a capitulé sans combattre, Verdun est assiégée. Dans la capitale, où la monarchie a été renversée le 10 août, une rumeur court : les prisons, pleines de prêtres réfractaires et de suspects royalistes, cacheraient des armes pour une contre-révolution. Le 2 septembre, un convoi de prêtres est assailli devant la prison de l’Abbaye ; c’est le début de cinq jours de tueries. Des bandes armées vont de prison en prison — l’Abbaye, les Carmes, le Châtelet — et massacrent les détenus après un simulacre de jugement.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre, la tuerie gagne la prison de la Force, rue du Roi-de-Sicile. La prison occupe un grand hôtel particulier bâti à partir de 1533 sur les ruines de celui de Charles d’Anjou, roi de Sicile et frère de Saint Louis ; on y enferme des détenus depuis 1780. À la Grande-Force, la prison des hommes, un tribunal improvisé s’installe ; le matin du 3, il est présidé par Jacques-René Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Cent soixante-huit des quatre cent six détenus sont tués.

La Petite-Force, réservée aux femmes, ne compte qu’une victime : la princesse de Lamballe. Née à Turin, mariée au fils du richissime duc de Penthièvre et veuve un an plus tard, elle est depuis plus de vingt ans l’amie de Marie-Antoinette, qui l’a faite surintendante de sa maison. Supplantée ensuite dans le cœur de la reine par la duchesse de Polignac, elle lui est restée fidèle : après le 10 août, elle l’a suivie à la tour du Temple, d’où on l’a transférée à la Force le 19 août, avec la gouvernante des enfants royaux, Mme de Tourzel. Conduite devant le tribunal vers huit heures, interrogée, elle est déclarée libre ; mais à peine a-t-elle franchi la porte qu’elle est frappée d’une pique, puis d’une bûche, et massacrée par la foule. Son corps dénudé est exposé, puis traîné jusqu’à la borne qui fait l’angle des rues du Roi-de-Sicile et des Ballets ; sa tête, plantée sur une pique, est promenée jusqu’au Temple, sous les fenêtres de la reine.

Les autres femmes sont sauvées : la plupart sortent dans la nuit avec l’aide du personnel de la prison, et le lendemain, des commissaires envoyés par le procureur Manuel, dont Nicolas Truchon, font libérer les dernières, parmi lesquelles Mme de Tourzel. À la Grande-Force, les exécutions durent plus longtemps : le tribunal de la Force est le dernier à siéger, jusqu’au 6 septembre, peut-être jusqu’au matin du 7. Dans tout Paris, les massacres de Septembre ont fait sans doute plus de 1 300 morts. Les responsabilités restent discutées : la Commune et son comité de surveillance, Marat, qui appelait à la violence dans son journal, mais aussi l’inaction des ministres, Roland comme Danton.

La prison a été démolie en 1845. Il en reste un pan de mur, rue Malher, contre la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, et une fenêtre murée, avec sa grille, dans la cour de la caserne de pompiers de la rue de Sévigné.

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Événement
1792
4 septembre 1792 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force/Cour des massacres/Massacres de Septembre
t1 p 845 & 850
Massacres de Septembre à la prison de la Salpêtrière ; 35 femmes détenues de droit commun sont exécutées. Les massacres continueront à Bicêtre, faisant 166 victimes
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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
t1 p 564-565
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1778
1778 — Demeure d'Olympe de Gouges
t1 p 518
Militante féministe, contre l'esclavage et pour le divorce, proche des Girondins
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Événement
1801
30 mars 1801 — Demeure du marquis de Saint-Huruge
t1 p 721
Mort du marquis de Saint-Huruge, un des meneurs des Sans-culottes en 1789, sans doute pour le compte du duc d'Orléans
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Événement
1634
18 mars 1634 — Hôtel de la Trémoille/Maison natale de Mme de La Fayette
t1 p 356
Naissance de Mme de La Fayette, auteure de la "Princesse de Clèves" en 1678
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Événement
1789
22 juillet 1789 — Fontaine Maubué ou Maubuée
t1 p 176-177
On montre à Bertier de Sauvigny la tête de Foullon sur une pique avec du foin dans la bouche avant de l'emmener à l'Hôtel de Ville où il sera lui-même exécuté
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
t1 p 155
Pendaison de deux invalides gardes de la Bastille que l'on soupçonnait d'avoir été des canonniers
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Événement
1789
juillet 1789 — Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris"
t1 p 213 & 366
Périodique qui compta 223 numéros et qui tira jusqu'à 200 000 exemplaires ; auquel participèrent Fabre d'Églantine et Chaumette
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Maison de St Lazare
t1 p 141
Pillage de la Maison de St Lazare par le peuple suite au bruit qu'il s'y trouvait stocké du blé ; on y trouve de quoi remplir 52 voitures de grain
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Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
t1 p 99-100
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1791
1791 — Troisième siège du journal "Le Mercure national" (de Louise de Kéralio)
t1 p 381
Premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l'usage du terme citoyen ou citoyenne en place de monsieur et madame
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Événement
1789
1789 — Librairie de Louise de Kéralio/Premier Siège du journal "Le Mercure national" (chez les parents de Louise, au 2ème étage)
t1 p 518
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Événement
1789
12 septembre 1789 — Imprimerie de Marat/Imprimerie du journal "Le Publiciste parisien"/Imprimerie du journal "L'Ami du Peuple"
t1 p 213
Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre …

Le 12 septembre 1789, moins de deux mois après la prise de la Bastille, Jean-Paul Marat publie le premier numéro de son journal dans une imprimerie de la cour du Commerce Saint-André, dans le 6e arrondissement. Le titre initial: "Le Publiciste parisien", qui deviendra dès le quatrième numéro "L'Ami du Peuple, ou le Publiciste parisien". Ce titre sera celui du journal jusqu'à la mort de Marat, le 13 juillet 1793.

Marat a quarante-six ans. Médecin de formation, physicien contesté dont les théories sur la lumière ont été rejetées par l'Académie des sciences, pamphlétaire depuis les années 1770, il entre dans la Révolution avec la conviction que la trahison et la corruption sont au coeur du système: la Cour, les parlements, les ministres, les généraux, les aristocrates déguisés en patriotes. Son journal sera l'organe de cette conviction.

"L'Ami du Peuple" paraît en moyenne cinq fois par semaine, à deux mille exemplaires. Il est lu à voix haute dans les carrefours, les cafés, les assemblées de section. Marat dénonce, nomme, accuse: Lafayette qui surveille le roi sous prétexte de le protéger; les Girondins qui modèrent la Révolution quand elle devrait s'accélérer; les spéculateurs qui profitent de la pénurie de pain. Il exige des têtes, au sens littéral: il fixe des chiffres, propose des listes, et ses lecteurs le croient.

Il est forcé de fuir à plusieurs reprises pour échapper aux mandats d'arrêt: en Angleterre en 1790, dans les égouts et les caves de Paris dont il ressort la santé brisée. Sa dermatite chronique, aggravée par des années de clandestinité dans des endroits humides, le ronge. À la fin de sa vie, il travaille dans son bain.

Un détail: le futur maréchal d'Empire Guillaume Brune travaille à l'imprimerie de la cour du Commerce Saint-André au moment de la fondation du journal. Il y est typographe. Le même atelier abrite l'imprimerie de Marat et le début de carrière d'un futur maréchal: la Révolution a ses coïncidences.

Marat est assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793, dans sa baignoire, au 30 rue des Cordeliers. "L'Ami du Peuple" cesse le jour de sa mort. Il avait publié son journal pendant près de quatre ans, sans interruption ou presque.

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Pont-levis de l'Avancée (1er des deux ponts-levis à l'entrée de la Bastille)
t1 p 150
Premier pont-levis, dit de l'Avancée, donnant accès à la Bastille ; lieu des combats pour la prise de la prison
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Événement
1789
24 juillet 1789
t1 p 213
Le 24 juillet 1789, dix jours après la prise de la Bastille, Mirabeau ouvrait les bureaux de son journal rue de l'Échelle — à deux pas du Palais-Royal où la Révolution s'était tramée. Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mir …

Le 24 juillet 1789, dix jours après la prise de la Bastille, Mirabeau ouvrait les bureaux de son journal rue de l'Échelle — à deux pas du Palais-Royal où la Révolution s'était tramée.

Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, était l'homme le plus célèbre de l'Assemblée nationale. Orateur hors pair, tribun populaire malgré son titre de noblesse, élu aux États généraux par le tiers état d'Aix-en-Provence, il avait porté les formules les plus mémorables des premières semaines révolutionnaires.

Le Courrier de Provence était à la fois un compte rendu des débats parlementaires et un organe d'opinion. Mirabeau y rédigeait des commentaires, des analyses, des discours remaniés. C'était une formule nouvelle : le journal politique moderne, né dans l'explosion de la presse libre que permettait la fin de la censure royale.

Il ne cacha pas ses contradictions longtemps. Depuis l'automne 1790, Mirabeau négociait secrètement avec la cour : Louis XVI le payait pour défendre une monarchie constitutionnelle contre les républicains les plus avancés. Le journal continuait de paraître ; les discours sonnaient juste ; mais leur auteur était acheté. Il mourut en avril 1791, avant que la vérité n'éclate — le public apprit la trahison plus tard, quand on trouva ses lettres dans l'armoire de fer aux Tuileries.

Le Courrier de Provence cessa de paraître en octobre 1791. Mirabeau avait été porté au Panthéon en fanfare ; ses lettres l'en firent chasser en 1794.

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Événement
Événement
1792
1792 — Brasserie d'Antoine-Joseph Santerre
t1 p 720-721
Préparation de la journée du 20 juin et de l'assaut des Tuileries le 10 août 1792
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Événement
1792
2 septembre 1792
t1 p 834
Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est …

Prise à parti de prêtres réfractaires que l'on transférait à la prison de l'Abbaye, devant le bureau de recrutement des volontaires du carrefour de Bucy, épisode initial des massacres de septembre. Seul l'abbé Sicard est épargné

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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force (à partir de 1780)/Massacres de Septembre
t1 p 846 & 851
Prison pour dettes puis prison politique ; une de celles où se produisirent les massacres de septembre
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Événement
1792
22 juillet 1792
t1 p 745
Rassemblement des six légions de la Garde nationale qui partaient en cortège annoncer dans Paris la déclaration de la "Patrie en danger"
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Événement
1789
5 octobre 1789
t1 p 230
Rassemblement du cortège des femmes se rendant à Versailles pour réclamer du pain ; Théroigne de Méricourt est accusée à tort de vouloir tuer la reine
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Événement
1789
17 juillet 1789 — Quai de la Seine (face à la pompe à feu de Chaillot, près de la barrière de la Conférence)
t1 p 164
Remise des clefs de Paris à Louis XVI arrivant de Versailles, par 25 membres du Conseil municipal
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Événement
1791
juin 1791 — Maison du Fbg St Honoré (à l'angle de l'actuelle avenue de Matignon)
t1 p 465
Rencontre entre Fersen et le fils du général de Bouillé, afin d'organiser la fuite de Louis XVI qui se terminera à Varennes
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Événement
1794
11 septembre 1794
t1 p 427
Reprise du journal réactionnaire l'Orateur du peuple de Stanislas Fréron, devenu ouvertement anti-jacobin
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Événement
1792
mars 1792 — Hôtel Calonne/Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Ministère de l'Intérieur
t1 p 679 & 838
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Événement
Date imprécise — Couvent des Jacobins St Honoré (dans l'église inférieure)
t1 p 568
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Événement
1792
1792 — Demeure de François Paul Nicolas Anthoine (maire de Metz, député à la Législative puis à la Convention pour la Moselle)
t1 p 759
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Événement
1790
Événement
1792
2 septembre 1792 — Demeure de Louis Antoine de Saint-Just
t1 p 847
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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 525
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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 525
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Événement
Événement
1786
1786 — Hôtel des Monnaies/Salon de Sophie de Condorcet
t1 p 515-522
En 1786, au 11 quai de Conti à Paris, Sophie de Condorcet, également connue sous le nom de Sophie de Grouchy, inaugure un salon philosophique qui devient rapidement un centre d’échanges intellectuels majeurs à la veille …

En 1786, au 11 quai de Conti à Paris, Sophie de Condorcet, également connue sous le nom de Sophie de Grouchy, inaugure un salon philosophique qui devient rapidement un centre d’échanges intellectuels majeurs à la veille de la Révolution française. Mariée cette même année à Nicolas de Condorcet, mathématicien et philosophe, elle accueille dans son salon des figures françaises et internationales telles que Thomas Jefferson, Benjamin Franklin, Mirabeau, Chamfort et Beaumarchais. Ce salon, situé à l’Hôtel des Monnaies, se distingue par la diversité de ses invités et l’ouverture aux débats sur les droits humains, l’égalité des sexes et les idées des Lumières. Sophie de Condorcet, polyglotte et philosophe, y joue un rôle actif, favorisant la discussion sur l’éducation, la citoyenneté et la réforme sociale. Son influence contribue à l’engagement de son mari en faveur des droits des femmes et à la diffusion des idées progressistes parmi l’élite intellectuelle parisienne. Ce lieu devient ainsi un foyer essentiel de la pensée réformatrice à la fin du XVIIIe siècle.

Sources

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Événement
1790
1790 — Salon de la princesse de Lamballe
t1 p 427 & 853
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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Feuillants
t1 p 547 & 567
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent …

Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent aux Jacobins

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Événement
1791
1791 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
t1 p 523 & 679
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Événement
1795
1er décembre 1795 — Demeure d'Armand Camus
t1 p 310
Secrétaire de la Convention envoyé arrêter Dumouriez ; mais ce dernier le livre aux autrichiens ; il sera échangé contre la fille de Louis XVI, dite Mme Royale
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Événement
1789
novembre 1789 — Imprimerie GarnérySiège de la revue "Les Révolutions de France et de Brabant"
t1 p 123
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Jacques l'Hôpital/Section Mauconseil/Section Bon-Conseil
t1 p 749
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Événement
1790
2 février 1790 — Couvent des Capucins/Siège de la Société fraternelle des patriotes de l'un et l'autre sexe
t1 p 382
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Événement
1792
Événement
1789
5 octobre 1789 — Siège du journal "Les Annales patriotiques" (chez le libraire Buisson)
t1 p 213
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Événement
1789
19 juin 1789 — Imprimerie Cussac/Siège du journal "Le Point du Jour"
t1 p 213
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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
t1 p 615
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1791
1er juillet 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
t1 p 534
Louis XVI venait d'être ramené de Varennes comme un fugitif. Deux hommes en tirèrent la seule conclusion logique — et allèrent l'afficher à la porte de l'Assemblée. Le 25 juin 1791, le roi de France rentre à Paris. Il av …

Louis XVI venait d'être ramené de Varennes comme un fugitif. Deux hommes en tirèrent la seule conclusion logique — et allèrent l'afficher à la porte de l'Assemblée.

Le 25 juin 1791, le roi de France rentre à Paris. Il avait fui à Varennes cinq jours plus tôt, capturé avant la frontière, rapporté dans une voiture close que le peuple accompagne en silence — les chapeaux restent sur les têtes, on ne salue plus. Louis XVI n'est plus un roi : c'est un homme qui a trahi son serment et tenté de rejoindre les armées ennemies pour écraser sa propre révolution.

L'Assemblée nationale constituante, elle, ne veut pas voir. Elle suspend le roi provisoirement, déclare qu'il a été « enlevé » malgré lui, invente une fiction juridique pour ne pas rompre avec la monarchie constitutionnelle. Les Feuillants — La Fayette en tête — poussent à l'amnistie, à l'oubli, à la stabilisation.

Thomas Paine ne parle pas français. Né en Angleterre, pamphlétaire de la révolution américaine — auteur de Common Sense (1776) —, il séjourne à Paris ce mois de juillet, travaille par traducteurs interposés. Le 1er juillet 1791, avec Nicolas de Condorcet et le jeune noble républicain Achille du Châtelet, il fait placarder à l'entrée de la Salle du Manège — là où siège l'Assemblée, à l'emplacement de l'actuel carrefour rue de Rivoli / rue de Castiglione — une affiche en français exigeant la déchéance du roi. Le texte paraît en même temps dans Le Républicain, la feuille qu'ils viennent de créer pour l'occasion.

L'argument est simple : un roi qui a fui ses fonctions a abdiqué de fait. Ce que le droit constitutionnel refuse d'admettre, la logique le commande. La France est déjà une république — elle refuse seulement de le dire.

L'Assemblée ne leur répond pas. Le placard est arraché. Les Cordeliers reprennent la revendication ; une pétition populaire circule. Le 17 juillet, la foule se rassemble au Champ de Mars pour la signer. La Garde nationale de La Fayette tire : on comptera une cinquantaine de morts. La loi martiale est décrétée. La presse républicaine est censurée. Paine, Condorcet et du Châtelet sont réduits au silence.

Condorcet sera élu à la Convention en 1792. Quand viendra le procès du roi, il refusera de voter la mort — opposé à la peine capitale par principe, il vote pour la réclusion à vie. Cela ne le sauvera pas : mis en accusation par la Montagne en juillet 1793, il se cachera neuf mois chez Mme Vernet, rue des Fossoyeurs. Il fuira le 13 mars 1794, sera arrêté à Bourg-la-Reine le 27, et mourra dans sa cellule deux jours plus tard. Il avait cinquante ans.

Thomas Paine sera arrêté le 28 décembre 1793 et emprisonné au Luxembourg. Le Comité de salut public le traite comme un ressortissant britannique — ennemi étranger depuis la déclaration de guerre à l'Angleterre — et ses positions modérées sur Louis XVI n'avaient pas plaidé en sa faveur. Il sera libéré après Thermidor.

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Logement du Maire de Paris (annexe de la Maison Commune transformée en prison)/Massacres de Septembre
t1 p 833-835
Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons. Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte …

Ce ne sont pas des tueurs mais des patriotes, du moins c'est ce qu'ils se disent sur le chemin des prisons.

Le 2 septembre 1792, en début d'après-midi, une charrette transportant vingt-quatre prêtres réfractaires quitte le logement du maire de Paris pour gagner la prison de l'Abbaye. Au carrefour de Buci, où s'est installé un bureau de recrutement pour les volontaires partant à la frontière, la foule arrête le convoi. Les gardes qui escortent les prisonniers s'écartent ou n'interviennent pas. Les prêtres sont massacrés sur place. L'abbé Sicard, reconnu par un artisan qui était son élève, sera le seul à être épargné. C'est le début des Massacres de Septembre.

Le contexte qui produit cette explosion est d'une intensité extrême. Les armées austro-prussiennes envahissent le nord-est de la France depuis août. Longwy est tombée le 23, Verdun est sur le point de tomber. La rumeur d'une trahison intérieure court partout : les prisons de Paris, dit-on, seraient remplies de conspirateurs royalistes prêts à livrer la ville dès que les armées de défense auraient quitté la capitale. Des milliers de volontaires s'apprêtent à partir le lendemain pour le front. Certains entendent s'assurer que les ennemis de l'intérieur ne frapperont pas dans leur dos.

Le Comité de surveillance de la Commune insurrectionnelle, où siège Marat, a diffusé des circulaires appelant les provinces à imiter Paris. Maillard, héros de la marche sur Versailles en 1789, organise à la prison de l'Abbaye un simulacre de tribunal populaire : les prisonniers défilent un par un, acquittés ou condamnés sur-le-champ, précipités vers les sabres qui attendent dans la cour. Le même procédé s'installe aux Carmes, à la Force, à la Conciergerie, à la Salpêtrière, à Bicêtre.

Les massacres dureront quatre jours. Entre 1 100 et 1 400 personnes périssent, parmi lesquelles des prêtres réfractaires, des nobles, des gardes suisses et des prisonniers de droit commun. Les victimes ne sont pas toutes des contre-révolutionnaires : beaucoup n'ont commis aucun crime, sinon d'être enfermées au mauvais moment dans les mauvaises prisons. La princesse de Lamballe, ancienne amie de Marie-Antoinette, est tuée le 3 septembre à la prison de la Force et sa tête promenée sur une pique.

Ni légitimés par la loi ni planifiés par un seul comité, les massacres de Septembre furent le produit d'une terreur populaire spontanée qu'aucun des chefs révolutionnaires en vue n'osa arrêter : chacun craignait d'être accusé de défendre les traîtres, chacun préféra se taire. L'histoire de la Révolution française porte cette tache, et les historiens la portent avec elle.

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Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
t1 p 840
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Événement
1792
25 juillet 1792 — Emplacement de la Bastille
t1 p 750
Le 25 juillet 1792, on festoya sur les ruines de la Bastille. Les convives étaient les volontaires venus des provinces pour défendre la Révolution. Seize jours plus tard, ils marchaient sur les Tuileries. Depuis le début …

Le 25 juillet 1792, on festoya sur les ruines de la Bastille. Les convives étaient les volontaires venus des provinces pour défendre la Révolution. Seize jours plus tard, ils marchaient sur les Tuileries.

Depuis le début de l'été 1792, la France était en guerre avec l'Autriche et la Prusse. L'Assemblée avait déclaré la Patrie en danger. De toutes les provinces, des bataillons de fédérés convergeaient vers Paris. Ce même 25 juillet, le duc de Brunswick publiait son manifeste menaçant Paris de destruction si le moindre mal était fait à Louis XVI : la menace, quand elle parvint à Paris, n'eut d'autre effet que d'enflammer les esprits.

Sur l'emplacement de la Bastille — détruite depuis trois ans, le sol rasé, les fondations dégagées —, un festin civique fut offert aux fédérés arrivant dans la capitale. On mangea et on but sur ce sol symbolique : l'endroit même où quelque chose d'insupportable avait existé, et n'existait plus.

Seize jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 août 1792, ces mêmes fédérés — les Marseillais en tête, arrivés le 30 juillet avec leur chant de guerre — participaient à l'assaut des Tuileries. Louis XVI fut suspendu, puis emprisonné au Temple avec sa famille. La monarchie ne se releva pas.

Le festin du 25 juillet sur les ruines de la Bastille avait été, sans que personne le sache encore, le dernier repas paisible de la Révolution.

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Événement
1792
10 août 1792 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne/Ministère de la Marine
t1 p 781
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Événement
1791
16 juillet 1791
t1 p 552-553
Un perruquier et un ex soldat se cachent sous l'Hôtel de la Patrie pour regarder sous les jupes des femmes ; pris le lendemain ils passeront pour des conspirateurs préparant un attentat et seront massacrés
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Événement
1791
17 juillet 1791
t1 p 548
Un personnage parmi les plus louches de la période, agitateur au service de Philippe d'Orléans, le futur Philippe Égalité, lui non plus pas mal dans le genre
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Événement
1791
13 juillet 1791 — Couvent des Minimes/Siège d'une société fraternelle (succursale du club des Cordeliers)
t1 p 539
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Événement
1791
15 juillet 1791
t1 p 545-546
Une délégation populaire exigeant la déchéance de Louis XVI, accompagnée de Bailly, rencontre Robespierre et Pétion qui lui apprennent que l'Assemblée vient de voter contre
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Événement
1789
30 août 1789
t1 p 212-213
Une manifestation contre le maintien du véto royal, menée par Saint-Huruge, est arrêtée alors qu'elle partait de nuit pour Versailles. Camiiel Desmoulins appuie cette action
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Place Louis XV
t1 p 138-139
Le dimanche 12 juillet 1789, Paris apprend que le roi a renvoyé Necker. Une charge de cavalerie aux Tuileries, grossie par la rumeur, fait basculer la ville : deux jours plus tard, la Bastille tombe. À Versailles, les ét …

Le dimanche 12 juillet 1789, Paris apprend que le roi a renvoyé Necker. Une charge de cavalerie aux Tuileries, grossie par la rumeur, fait basculer la ville : deux jours plus tard, la Bastille tombe.

À Versailles, les états généraux sont devenus l’Assemblée nationale, et Louis XVI s’apprête à reprendre les choses en main. Il a fait appel à la troupe. Parmi les régiments venus à Paris, le Royal-Allemand, un régiment de cavalerie qui appartient à son colonel, Charles-Eugène de Lorraine, prince de Lambesc, cousin de la reine Marie-Antoinette : parti de Valenciennes sur ordre du roi, il campe depuis le 7 juillet dans les jardins de la Muette. Le 11, le roi congédie son ministre des Finances, Jacques Necker, coupable à ses yeux d’une « condescendance extrême » envers les états généraux. Le banquier genevois quitte aussitôt la France. Or ce « ministre patriote » est adulé des Parisiens, qui achètent son portrait, ses médailles, ses bustes.

La nouvelle se répand dans Paris le dimanche 12. Dans le jardin du Palais-Royal, devant le café de Foy, un avocat encore peu connu, Camille Desmoulins, monte sur une table, un pistolet dans chaque main : « M. Necker est renvoyé ; ce renvoi est le tocsin d’une Saint-Barthélemy des patriotes. » Il appelle la foule aux armes ; on convient d’un signe de ralliement, une cocarde verte, « couleur de l’espérance ». Des cortèges promènent dans les rues les bustes de Necker et du duc d’Orléans. La foule se masse sur la place Louis-XV, l’actuelle place de la Concorde, et à l’entrée du jardin des Tuileries. Lambesc reçoit l’ordre de la disperser. Le baron de Besenval, qui commande la garnison de Paris et craint les reproches de la cour, lui fait mettre sabre au clair.

Formé à la guerre, pas au maintien de l’ordre, le prince lance ses cavaliers vers les Tuileries. Du haut de la terrasse, on leur jette des bouteilles, des chaises, des pierres ; des cavaliers tombent, les autres frappent du plat du sabre. Dans la bousculade, Lambesc renverse un jeune instituteur ; une femme qui tient un enfant par la main tombe, et se relève sans mal. Le pont tournant dégagé, il ramène sa troupe sur la place. Il y a des blessés, peut-être des morts.

Petite gravure : sous les arbres d’un jardin, un cavalier fond sur un homme à terre ; au premier plan, une femme et un enfant s’enfuient

La rumeur fait le reste : on raconte que les soldats ont tiré sur les passants, on montre le prince égorgeant un vieillard qui demandait grâce à genoux. À l’appel d’un agitateur orléaniste, Gonchon, des émeutiers et des gardes françaises accourent sur la place pour en chasser ces soldats « étrangers ». Vers sept heures du soir, les gardes françaises ouvrent le feu et blessent trois cavaliers. À huit heures, Lambesc se replie par les Champs-Élysées vers le Champ-de-Mars. Besenval, ulcéré par la passivité de la cour, retire ses troupes de Paris.

La ville est livrée à elle-même. Du 9 au 17 juillet, quarante des cinquante-quatre barrières de l’octroi sont incendiées. Le 13, les électeurs de Paris, réunis à l’Hôtel de ville, créent une milice bourgeoise, qui portera la cocarde aux couleurs de la ville, le rouge et le bleu. Pour s’armer, la foule pille le Garde-Meuble de la Couronne, l’actuel hôtel de la Marine, au nord de la place ; il n’y trouve que des armes anciennes. Le 14, elle prend les Invalides, puis la Bastille.

Portrait en miniature, dans un cadre rond doré : un homme aux cheveux poudrés, en habit rouge à revers bleus

Louis XVI rappelle Necker dès le 16 juillet. Le soir même, Lambesc reçoit l’ordre de gagner Metz. Il émigre avant la fin de l’année, servira dans l’armée autrichienne et mourra à Vienne en 1825. Mis en accusation pour sa charge, il sera déféré au tribunal du Châtelet, où deux témoins assureront que la foule avait attaqué la première. Besenval, arrêté près de Provins, ne devra la vie qu’à l’intervention de Necker ; jugé pour crime de lèse-nation, il sera acquitté.

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Événement
1793
24 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 462-468
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Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Camille Desmoulins (à partir de 1782)
t2 p 739
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Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Camille Desmoulins (à partir de 1782)
t2 p 739
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Événement
1794
31 mars 1794 — Demeure de Georges Jacques Danton (donnant alors sur la rue Marat)
t2 p 123 & 738
Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers" Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du …

Arrestation de Danton à son domicile, à 6 heures du matin. Il avait refusé de s'enfuir, disant "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers"

Le 31 mars 1794, à six heures du matin, on frappe à la porte du 130 boulevard Saint-Germain — la rue s'appelait alors rue des Cordeliers, puis rue Marat. Georges Danton dort encore. Sa jeune femme Louise Gély est à ses côtés. Les agents du Comité de sûreté générale sont là pour l'arrêter.

Il ne s'enfuit pas. On lui en avait donné l'occasion — des amis l'avaient prévenu, des chevaux de poste étaient disponibles. Il avait refusé, avec cette phrase que Philippe avait notée dans sa fiche : "on n'emporte pas sa patrie sous la semelle de ses souliers."

Danton était l'un des hommes de la Révolution. Il avait contribué à renverser la monarchie, à organiser la défense nationale en septembre 1792, à fonder le Tribunal révolutionnaire — l'instrument qui allait maintenant le juger. Depuis plusieurs mois, il appelait à modérer la Terreur, à clémence, à en finir avec les exécutions en masse. Robespierre et Saint-Just y voyaient une trahison.

Le procès est une mascarade — Danton le transforme en tribune, rugit, domine la salle au point que le Tribunal finit par suspendre les débats pour le faire taire. Il est guillotiné le 5 avril avec Camille Desmoulins et leurs amis. Sa dernière parole au bourreau, selon la tradition : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine."

Dix semaines plus tard, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1793
22 août 1793 — Section des Gravilliers (fief des "Enragés")
t2 p 311 & 759
Arrestation de Jacques Roux, libéré le 27, mais arrêté de nouveau le 5 septembre ; appuyé par la Section des Gravilliers mais lâché par les Cordeliers, il se suicide en février 1794 en se poignardant
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
t2 p 520-522
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Club des Jacobins
t2 p 885-886
Au petit matin du 10 thermidor, Louis Legendre se rendit rue du Marché Saint-Honoré et fit fermer le Club des Jacobins. Dix-sept mois plus tôt, il avait assisté, impuissant, à l'arrestation de son ami Danton. Il attendai …

Au petit matin du 10 thermidor, Louis Legendre se rendit rue du Marché Saint-Honoré et fit fermer le Club des Jacobins. Dix-sept mois plus tôt, il avait assisté, impuissant, à l'arrestation de son ami Danton. Il attendait ce moment.

Louis Legendre était boucher de métier et député montagnard, compagnon de longue date de Danton. Quand Danton avait été arrêté le 30 mars 1794, Legendre avait tenté de le défendre à la tribune — puis s'était tu, comprenant que sa tête en dépendait. Il avait survécu à la Grande Terreur en se taisant.

Le Club des Jacobins, rue du Marché Saint-Honoré, avait été pendant des années le centre nerveux de la vie politique révolutionnaire : la tribune depuis laquelle les accusations avaient fusé, le lieu où Robespierre avait exercé une autorité qui dépassait ses fonctions officielles, l'espace où les sections venaient prendre leurs ordres. Fermer ce local, dès l'aube du 10 thermidor, était un geste autant symbolique que politique.

Le Club rouvrît quelques jours plus tard, mais l'époque était révolue. Il fut harcelé par les « muscadins » — les jeunes réactionnaires qui perturbaient ses réunions — et par un gouvernement désormais hostile. Le 9 novembre 1794, après une nuit d'émeute, il fut définitivement fermé par ordre des autorités.

La fermeture du matin du 10 thermidor était un acte de vengeance personnelle. Celle de novembre 1794 fut l'acte de décès d'une tradition politique.

Legendre siégea au Conseil des Cinq-Cents jusqu'en 1797, année de sa mort. Il n'avait eu qu'un seul geste historique — et il l'avait accompli sur un coup de rancœur.

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Événement
1793
29 mai 1793
t2 p 306
Au siège de la Section de la Cité se réunissent 33 Sections, qui forment un Comité insurrectionnel de 9 membres pour préparer la journée du 31 mai 1793, dirigée contre les Girondins ; elle se soldera par un échec
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Événement
1793
1793 — Demeure d'Amélie-Julie Candeille/Cachette de Pierre Vergniaud
t2 p 478
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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 802
Célébration de la Fête de l'Être Suprême, apothéose de Robespierre ; les bancs de marbre en sont des vestiges
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Événement
1794
1794 — Palais de l'Élysée/Demeure de la duchesse de Bourbon
t2 p 823
Centre d'une tentative de manipulation mystique de la Convention qui fit un flop mais fut utilisée pour combattre le culte de l'Être Suprême promu par Robespierre
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Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
t2 p 734
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Boutique du coutelier Badin
t2 p 519
Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols. Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vi …

Le 13 juillet 1793 au matin, dans le plus révolutionnaire des jardins de Paris, une inconnue marchande un couteau de cuisine à quarante sols.

Vers huit heures, une jeune femme sort de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins (aujourd'hui rue Hérold), où elle est descendue deux jours plus tôt en arrivant de Caen. Quelques pas la mènent au Palais-Royal — depuis un an le Palais-Égalité. Ce matin-là, les galeries grouillent : Paris s'est rempli de provinciaux montés pour les fêtes du 14 Juillet, et Charlotte Corday attend, comme tout le monde, que les boutiques ouvrent.

L'endroit ne pouvait être mieux choisi, ni plus ironique. Le Palais-Égalité est alors le cœur battant de la Révolution : cafés bruissants de nouvelles, colporteurs de pamphlets, joueurs, filles sous les arcades. C'est là, quatre ans plus tôt, que Camille Desmoulins avait sauté sur une table du café de Foy pour appeler Paris aux armes. Un bazar politique à ciel ouvert, où l'on trouve de tout. Sous la galerie de Valois, qui longe le côté est du jardin, au numéro 177, la boutique du coutelier Badin.

Elle y achète un simple couteau de cuisine, manche d'ébène et virole d'argent, pour quarante sols — deux livres. Rien d'un poignard : l'outil d'une ménagère, qu'elle glisse dans son corsage. La lame ne servira qu'une fois.

Le reste appartient à l'après-midi. Corday repasse la Seine, gagne la rue des Cordeliers ; éconduite deux fois, elle est enfin reçue le soir dans le cabinet de Marat, et le couteau de quarante sols entre sous la clavicule de l'Ami du peuple. La Révolution avait ainsi, sans le savoir, vendu elle-même l'arme qui abattit son journaliste le plus incendiaire, à l'étal d'un coutelier, entre un café et une maison de jeu.

La galerie de Valois longe toujours le côté est du jardin, sous ses arcades de pierre blonde, aujourd'hui bordées de boutiques de luxe. Au numéro 177, plus rien ne rappelle le coutelier Badin, ni la cliente pressée d'un matin de juillet.

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Événement
1793
12 juillet 1793
t2 p 519
Charlotte Corday contacte de Perret, conventionnel qui sera plus tard guillotiné, pour lui demander de l'introduise à la Convention ; mai il refuse
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Événement
1794
14 juin 1794 — Cimetière de Picpus
t2 p 85-846
Charnier des 1306 condamnés guillotinés place du trône renversé, dont les carmélites de Compiègne
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Événement
1794
25 mars 1794 — Charnier ou cimetière des Errancis
t2 p 843-844
À partir du 25 mars 1794, les corps des guillotinés de la place de la Révolution sont portés rue de Monceau, dans un terrain vague qu'on appelle le cimetière des Errancis. Ils y seront 1119 en tout, jusqu'en 1797. La lis …

À partir du 25 mars 1794, les corps des guillotinés de la place de la Révolution sont portés rue de Monceau, dans un terrain vague qu'on appelle le cimetière des Errancis. Ils y seront 1119 en tout, jusqu'en 1797.

La liste est vertigineuse. Les hébertistes d'abord, exécutés le 24 mars — Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro, Cloots. Puis Danton, Desmoulins et leurs amis, en avril. Puis Lavoisier et les fermiers généraux, en mai. Puis Robespierre, Saint-Just et Couthon, en thermidor. Bourreaux et victimes finissent dans le même charnier, pêle-mêle, chaulés ensemble dans des fosses communes. La Terreur ne fait pas de distinction dans la mort.

Le cimetière des Errancis n'avait rien de solennel. Pas de pierre, pas de monument, pas de nom sur les tombes — juste la terre et la chaux. C'était le pendant discret de la guillotine publique : l'exécution se faisait en spectacle place de la Révolution, l'enfouissement se faisait en silence, la nuit, dans ce terrain à l'écart de la ville.

En 1797, le cimetière est fermé. Les ossements sont transférés aux Catacombes. Le terrain est progressivement absorbé par le tissu urbain, puis par le parc Monceau. Il n'en reste rien de visible aujourd'hui — pas de plaque, pas de mémorial. Quelque part sous les pelouses du 8e arrondissement, dans la terre, les révolutionnaires et leurs victimes reposent ensemble.

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Événement
1794
25 mars 1794 — Charnier ou cimetière des Errancis
t2 p 843-844
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Événement
1794
juin 1794 — Cimetière de l'abbaye de St Antoine
t2 p 845-846
Cimetière pressenti pour accueillir les dépouilles des victimes de la guillotine place du Trône. La Section des Quinze-Vingts s'y oppose
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Événement
1794
1er novembre 1794 — Demeure de Jean-Baptiste Coffinhal-Dubail
t2 p 780-785
Coffinhal fait condamner Lavoisier ; il sera lui-même guillotiné après Thermidor
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Événement
1794
2 novembre 1794 — Collège des Quatre Nations/Maison d'arrêt des Quatre Nations
t2 p 842
Collège des Quatre Nations transformé en prison. 2 000 prisonniers y sont entassés
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Événement
1793
10 juillet 1793 — Demeure de Marie-Rose Vernet/Cachette de Condorcet
t2 p 759-764
Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet …

Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet — un sculpteur mort en 1784. Elle tenait une maison meublée rue des Fossoyeurs — rue étroite qui descend de Saint-Sulpice vers le Luxembourg, aujourd'hui rue Servandoni.

Le 8 juillet 1793, la Convention décrète l'arrestation des députés girondins. Condorcet est du lot : le mathématicien, l'académicien, qui avait refusé de voter la mort du roi, est désormais hors la loi. Les scellés sont posés sur son logement d'Auteuil. Averti à temps, il ne peut plus rentrer. Deux médecins de son cercle, Pinel et Boyer, frappent à la porte de la rue des Fossoyeurs.

La scène, rapportée par Arago, mérite qu'on s'y arrête. « Madame, nous voudrions sauver un proscrit. – Est-il honnête homme, est-il vertueux ? – Oui, Madame. – En ce cas, qu'il vienne ! » Marie-Rose Vernet ne demande pas le nom de l'homme qu'elle recueille : elle ne veut pas savoir. Elle abrite ainsi, au n° 21 de la rue — l'actuel n° 15 —, un homme dont la tête est mise à prix.

Il y restera neuf mois. Dans cette chambre, tandis que l'échafaud fonctionne à plein régime, Condorcet écrit le plus optimiste des livres : l'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Quand il parle de partir, elle le retient d'une phrase : « La Convention, Monsieur, a le droit de mettre hors la loi : elle n'a pas le pouvoir de mettre hors de l'humanité ; vous resterez ! »

Il finit pourtant par céder, non à la peur, mais au scrupule. Le 25 mars 1794, il quitte la rue des Fossoyeurs. Une auberge de Clamart, une omelette commandée avec une maladresse d'aristocrate — combien d'œufs ? une douzaine — et le soupçon fait le reste. Arrêté, jeté dans un cachot de Bourg-l'Égalité, l'ancien Bourg-la-Reine, on l'y trouve mort le lendemain, 29 mars 1794. Poison dans une bague, épuisement : on ne sait au juste.

L'Esquisse fait de l'histoire la marche continue vers la raison — philosophie idéaliste que Marx et Engels retourneront dans l'Idéologie allemande, en substituant au progrès des idées le mouvement des conditions matérielles. Condorcet croyait la raison invincible ; on venait de lui prouver le contraire dans un cachot de banlieue.

Sur la façade du n° 15 de la rue Servandoni, une plaque rappelle aujourd'hui le refuge. Elle ne dit pas que la femme qui prononça ces mots n'était pas la veuve d'un peintre fameux, mais celle, presque oubliée, d'un modeste sculpteur.

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Événement
1792
1792
t2 p 626
Conservatoire des gardes-françaises qui fournissait des musiciens aux armées et aux fêtes révolutionnaires
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Événement
1793
24 août 1793 — Demeure de Joseph Cambon
t2 p 98
Conventionnel, membre du Comité de Salut public, auteur du Grand livre de la dette publique ; "camboniser" était devenu synonyme de désorganiser les finances de l'État
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Événement
1794
28 juillet 1794
t2 p 885
Dans la nuit du 9 au 10 thermidor, 1 800 hommes sont rassemblés par la Convention au Carrousel en vue de l'attaque de l'Hôtel de Ville où siège la Commune
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Événement
1792
14 août 1792 — Ministère de la Justice/Demeure de Georges Jacques Danton
t2 p 123
Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", fau …

Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", faute de mieux

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Événement
1792
11 décembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 202-213
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Événement
1792
20 novembre 1792 — Palais des Tuileries/Armoire de fer (dans la chambre Louis XVI, au 1er étage, côté Seine et jardin)
t2 p 199
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Mairie de Paris/Siège de la police municipale
t2 p 866-879
Décrété d'arrestation par la Convention le 9 thermidor, Robespierre refuse dans un premier temps de se rendre à l'Hôtel de Ville où siège la Commune. Entraîné finalement à le faire, c'est ce qui permettra de l'accuser de …

Décrété d'arrestation par la Convention le 9 thermidor, Robespierre refuse dans un premier temps de se rendre à l'Hôtel de Ville où siège la Commune. Entraîné finalement à le faire, c'est ce qui permettra de l'accuser de rébellion

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Événement
1792
1792 — Hôtel de Lionne-Pontchartrain/Ministère des Contributions et des Revenus publics/Demeure d'Étienne Clavière !!!
t2 p 145
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Événement
Événement
1794
10 février 1794 — Demeure de Jacques Roux
t2 p 474
Le 10 février 1794, Jacques Roux met fin à ses jours dans sa cellule, quelques semaines après avoir été exclu du club des Cordeliers et poursuivi par le pouvoir révolutionnaire. Sa demeure parisienne, située au 40 rue de …

Le 10 février 1794, Jacques Roux met fin à ses jours dans sa cellule, quelques semaines après avoir été exclu du club des Cordeliers et poursuivi par le pouvoir révolutionnaire. Sa demeure parisienne, située au 40 rue de l’Arbre-Sec, dans le quartier des Halles – Saint-Honoré, constitue un point d’ancrage discret mais essentiel de son itinéraire politique. Le bâtiment a aujourd’hui disparu, détruit lors du percement de la rue de Rivoli, mais le lieu demeure chargé de mémoire.

Prêtre défroqué devenu l’une des voix les plus radicales de la Révolution, Jacques Roux est la figure emblématique du courant des Enragés. Il défend avec intransigeance le droit à l’existence, la taxation des denrées de première nécessité et la répression des accapareurs. Sa proximité avec les milieux populaires des Halles n’est pas anodine : ce quartier marchand, sensible aux pénuries et à la vie chère, nourrit sa critique sociale et son engagement.

Mais à partir de 1793, Roux devient une figure encombrante. Accusé de démagogie, marginalisé puis exclu des Cordeliers, il est arrêté et poursuivi. La Révolution, qu’il voulait pousser vers l’égalité sociale, se retourne contre lui. Son suicide, le 10 février 1794, scelle tragiquement le destin d’un révolutionnaire qui refusa toute conciliation avec l’ordre économique et politique dominant.

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Événement
1792
1792 — Demeure de Claire Lacombe et de Justine Thibaut
t2 p 474
Demeure de la révolutionnaire féministe Claire Lacombe, proche des Enragés, fondatrice de la Société des républicaines révolutionnaires, qui intégrera le club des Jacobins le 2 septembre 1793
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Événement
Événement
1793
1793
t2 p 115 & 368
Demeure de Louis Marie Lhuillier ou Lulier, candidat Montagnard à la mairie de Paris, complice du baron de Batz, suicidé dans sa cellule en Floréal 1793 alors qu'il avait été acquitté de l'accusation de dantonisme
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Événement
Événement
1793
août 1793
t2 p 569
Des ouvrières réunies dans le charnier des Innocents qui travaillaient pour l'Armée révolutionnaire sont agressées à coups de pierres par des femmes de la Halle royalistes
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1793
9 mars 1793 — Imprimerie Fiévée/Demeure de Jean-Baptiste Garnéry/Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
t2 p 147
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Événement
1794
1er juin 1794
t2 p 849-850
École militaire créée par la Convention pour de jeunes citoyens, âgés de 16 à 17 ans, fils de cultivateurs ou d'artisans et de volontaires blessés, à raison de 6 par district de la République, soit 3 500 hommes
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Événement
1793
18 mai 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
t2 p 397
Émeute de femmes auxquelles on avait fait croire que la rareté du pain était due à la volonté des Girondins d'affamer le peuple ; elles envahissent l'Assemblée
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Événement
1789
1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (entrée en 1789)/Club des Jacobins
t2 p 151
Entrée par laquelle on accédait à la chapelle où se tenaient les réunions de la "société des Amis de la Constitution", qui prendra de ce fait le nom de "Club des Jacobins"
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Guillotine place de la Révolution
t2 p 257-265
Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées. Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait t …

Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées.

Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait trois degrés, et quatre-vingt mille hommes en armes tiennent les carrefours. Au Temple, où il est enfermé avec sa famille depuis la chute de la monarchie, celui que les estampes du jour appellent « Louis Capet » a été réveillé à cinq heures par son valet Cléry. Quatre jours plus tôt, au terme de trente-sept heures de séance, la Convention a voté sa mort. L’abbé Edgeworth de Firmont lui dit une dernière messe ; sur son conseil, Louis renonce à de nouveaux adieux à sa famille, qu’il a embrassée la veille au soir. Vers huit heures, Santerre, qui commande la garde nationale, vient le chercher.

Le maire Chambon a obtenu qu’on épargne au roi déchu la charrette des condamnés : il monte dans la voiture verte du maire, avec son confesseur et deux miliciens assis face à eux. Précédé de deux cents gendarmes à cheval, le cortège descend la rue du Temple et gagne les Grands Boulevards. Près de la rue de Cléry, le baron de Batz a convoqué trois cents royalistes pour enlever le roi ; une poignée seulement est au rendez-vous, trois sont tués, Batz s’échappe. On poursuit par les boulevards et la rue de la Révolution, notre rue Royale.

Vers 10 h 15, la voiture débouche sur la place de la Révolution, l’ancienne place Louis XV. L’échafaud, peint en rouge, se dresse au milieu d’un vide gardé par des canons et vingt mille hommes ; la foule est tenue au loin. Et il n’est pas là où on l’attendrait. Pour ce seul condamné, on l’a planté à l’ouest de la place, entre le piédestal de la statue de Louis XV, renversée en août, et l’entrée des Champs-Élysées. Quand la guillotine reviendra ici, au printemps, ce sera de l’autre côté, vers les Tuileries : c’est là que tomberont Marie-Antoinette, Danton et plus d’un millier d’autres.

Au pied de l’estrade, le bourreau Charles-Henri Sanson l’attend. Louis ôte sa redingote brune, ouvre son col ; il refuse d’abord qu’on lui lie les mains, puis cède sur un mot de l’abbé : on les attache avec son propre mouchoir. Il monte, s’avance, fait taire les tambours. « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Il veut poursuivre ; un roulement couvre sa voix. La légende en attribue l’ordre à Santerre, qui n’aurait fait que relayer le général Berruyer. À 10 h 22, le couperet tombe. Un aide du bourreau, Gros, montre la tête à la foule. Quelques cris, « Vive la Nation ! Vive la République ! », des salves d’artillerie, une farandole.

La charrette de Sanson emporte aussitôt le corps au cimetière de la Madeleine, où on le jette dans une fosse, sur un lit de chaux vive. Ses restes ne rejoindront Saint-Denis que le 21 janvier 1815 ; sous la Restauration, une chapelle expiatoire s’élèvera sur l’ancien cimetière. Place de la Concorde, l’obélisque de Louxor, dressé en 1836, occupe aujourd’hui le centre de la place, là où se trouvait le piédestal : l’échafaud du 21 janvier se tenait entre lui et l’entrée des Champs-Élysées.

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Événement
1793
16 octobre 1793
t2 p 599
On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi. Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison …

On l'accusa d'espionnage, de dilapidation, puis d'inceste : le tribunal savait qu'il jugeait moins une reine qu'une femme étrangère, et la foule le savait aussi.

Marie-Antoinette d'Autriche a été transférée de la prison du Temple à la Conciergerie le 2 août 1793. Son mari a été guillotiné le 21 janvier. Son fils lui a été arraché en juillet et confié au cordonnier Simon. La France est en guerre contre l'Europe coalisée, la Vendée est soulevée, la Convention a instauré la Terreur en septembre.

Le procès s'ouvre le 14 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Les chefs d'accusation sont politiques : intelligence avec les puissances étrangères, transmission de plans militaires à l'Autriche, dilapidation du Trésor. Elle a effectivement correspondu avec Vienne et Bruxelles, transmis des informations, appelé de ses vœux l'intervention étrangère contre la Révolution. Ces faits sont établis.

Puis Hébert, procureur de la Commune, ajoute une accusation d'inceste avec son fils de huit ans, sur la foi d'une déclaration extorquée à l'enfant. Marie-Antoinette refuse d'abord de répondre, puis lance à l'assemblée : "J'en appelle à toutes les mères qui se trouvent ici." La salle frémit. Robespierre lui-même jugera cette manœuvre imbécile et désastreuse. Elle révèle ce que le procès contenait d'autre chose que du politique : la haine de l'Autrichienne, accumulée depuis vingt ans par les libelles pornographiques qui la représentaient en débauchée, en dévoreuse, en étrangère corruptrice.

Le verdict tombe le 16 octobre à quatre heures du matin : mort. À midi, elle traverse Paris debout dans une charrette, les mains liées derrière le dos, les cheveux coupés. David la croque au passage, vieillie, hautaine. À douze heures quinze, elle est guillotinée place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Elle a trente-sept ans.

Son corps est jeté dans une fosse commune du cimetière de la Madeleine. Louis XVIII le fera exhumer en 1815 pour l'inhumer à Saint-Denis. La chapelle expiatoire, rue Pasquier, marque l'emplacement de la fosse.

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Événement
1793
31 octobre 1793
t2 p 605-614
Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes. Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société de …

Ils étaient les orateurs les plus brillants de la Révolution ; ils meurent en chantant, à raison d'une tête toutes les cent secondes.

Ils étaient de la Révolution depuis le premier jour. Brissot avait fondé la Société des amis des Noirs et lancé la guerre contre les rois. Vergniaud avait prononcé les discours qui firent tomber la monarchie. Carra dirigeait les Annales patriotiques. Fauchet, évêque constitutionnel, prêchait un christianisme égalitaire au Cercle social.

Ils ont perdu contre la Montagne pour des raisons qui tiennent à la fois à la politique et à la géographie. Ils voulaient contenir Paris, dont les sections armées faisaient la loi ; ils s'opposaient au maximum des prix et aux mesures économiques réclamées par les sans-culottes ; ils avaient soutenu la guerre puis dénoncé la Terreur. Le 2 juin 1793, les sections encerclèrent la Convention et obtinrent leur arrestation.

Le procès s'ouvre le 24 octobre. Ils se défendent si efficacement que la Convention vote un décret permettant au président du tribunal de clore les débats. Le verdict tombe le 30 : vingt et un condamnés à mort. Dufriche-Valazé se poignarde à l'annonce.

Le 31 octobre 1793, ils sont conduits en charrettes place de la Révolution, l'actuelle place de la Concorde. Le corps de Valazé est transporté avec eux et décapité comme les autres. Les témoins rapportent qu'ils chantent La Marseillaise, et que le chant faiblit à mesure que les voix disparaissent.

L'exécution des vingt et un dure trente-six minutes. Sanson opère à une cadence de moins de deux minutes par condamné.

La guillotine parisienne fera au total deux mille quatre cent quatre-vingt-dix-huit victimes, dont mille cent dix-neuf sur cette seule place. Neuf mois plus tard, ceux qui les ont envoyés à la mort y monteront à leur tour.

La Gironde n'était pas un parti mais un ensemble d'affinités et de réseaux. Sa chute laisse la Convention aux Montagnards, et les Montagnards seuls face à eux-mêmes.

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Événement
1794
24 mars 1794
t2 p 731-734
Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II. Michel Laumier, Jean-Charles Bourgeois, Albert Mazuel, Jean-Baptiste Ancard, Armand Hubert Leclerc, Jean Antoine Florent Armand. Le 24 mars 1794 — 4 germina …

Exécution dite abusivement des Hébertistes le 4 germinal an II. Michel Laumier, Jean-Charles Bourgeois, Albert Mazuel, Jean-Baptiste Ancard, Armand Hubert Leclerc, Jean Antoine Florent Armand.

Le 24 mars 1794 — 4 germinal an II — dix-neuf hommes montent à l'échafaud place de la Révolution. On les appelle les hébertistes. Philippe notait dans sa fiche : abusivement. Il avait raison.

Hébert est là — le patron du Père Duchesne, journaliste populaire, tribun des sans-culottes, dénonciateur professionnel. Avec lui montent Ronsin, général des armées révolutionnaires, Vincent, secrétaire général du ministère de la Guerre, Momoro, imprimeur et théoricien de la déchristianisation. Mais aussi Anacharsis Cloots, le "citoyen de l'univers", aristocrate prussien devenu révolutionnaire cosmopolite, et d'autres encore dont le seul point commun est d'avoir été désignés par Robespierre comme une faction à abattre.

C'est précisément le problème du terme "hébertistes" : ce groupe n'a jamais formé un parti cohérent, ni un courant unifié. Robespierre et Saint-Just les ont regroupés artificiellement pour frapper d'un seul coup la gauche révolutionnaire — ceux qui poussaient à radicaliser la Terreur, à déchristianiser plus vite, à défendre plus âprement les sans-culottes. En les présentant comme une faction conspirante, le Comité de salut public éliminait des concurrents gênants plutôt qu'un complot réel.

Dix jours plus tard, ce sera au tour des indulgents — Danton, Desmoulins — d'être guillotinés. Robespierre élimine simultanément sa gauche et sa droite. Il lui reste quatre mois à vivre.

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Événement
1794
5 avril 1794
t2 p 748-754
Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes. Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud pl …

Exécution, place de la Révolution, des “Indulgents”, dits aussi les "citra", mêlés à des fripons compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes.

Le 5 avril 1794, dix hommes montent sur l'échafaud place de la Révolution. Parmi eux : Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles, Westermann, Fabre d'Églantine. On les appelle les Indulgents — les citra, ceux qui sont allés trop loin dans la modération. Robespierre et Saint-Just ont décidé de leur mort.

Le tour de force de l'accusation fut de mélanger dans le même procès des hommes politiques qui réclamaient la fin de la Terreur et des corrompus compromis dans l'affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes — Chabot, Basire, Delaunay, qui avaient touché des pots-de-vin pour truquer une loi financière. L'amalgame était délibéré : il permettait de salir les Indulgents par association et d'interdire toute défense cohérente.

Le procès avait été une mascarade — Danton rugissait si fort que le Comité de salut public avait fait voter un décret autorisant l'exclusion des accusés perturbateurs. Desmoulins avait déchiré ses actes d'accusation devant les juges. Rien n'y fit.

Danton monta le dernier. Sa dernière parole au bourreau : "Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine." Il avait quarante-quatre ans.

Desmoulins, qui avait lancé la Révolution au Palais-Royal en juillet 1789, qui avait réclamé la clémence dans son journal Le Vieux Cordelier, mourut à trente-trois ans. Sa femme Lucile, arrêtée peu après pour avoir tenté de le sauver, fut guillotinée huit jours plus tard.

Dix semaines après, Robespierre passait à son tour sous la lame.

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Maison d'arrêt du Plessis/Lycée Louis-le-Grand
t2 p 893
Explosion de joie déclenchée par Saint-Huruge dans la prison du Plessis à l'annonce, vers 6 heures du matin le 10 thermidor, de l'arrestation de Robespierre
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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 803
Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné. Au printem …

Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné.

Au printemps 1794, la Révolution est en pleine Terreur. Depuis 1793, les ultra-révolutionnaires mènent une déchristianisation vigoureuse ; à la fin de l’année, ils ont institué le culte de la Raison. Robespierre, lui, n’a jamais caché sa foi en un Être suprême. Disciple de Rousseau, qu’il a rencontré en 1778, peu avant la mort de l’écrivain, il tient l’athéisme militant pour un danger. Il veut réunir les Français autour d’un culte commun, et placer la religion sous la main de l’État. L’idée n’est pas neuve : dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été proclamée « en présence et sous les auspices de l’Être suprême ».

Le 18 floréal an II (7 mai 1794), sur son rapport au nom du Comité de salut public, la Convention décrète que « le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme ». Elle institue un calendrier de fêtes civiques appelées à remplacer les fêtes catholiques : à l’Être suprême et à la Nature, au Genre humain, à l’Amitié, à la Frugalité, au Malheur, au Bonheur… La fête de l’Être suprême est fixée au 20 prairial, le 8 juin. Quatre jours avant, la Convention élit Robespierre à sa présidence, à l’unanimité : c’est donc lui qui la présidera. Le peintre Jacques-Louis David, ordonnateur des fêtes de la Révolution, en dessine les chars et les décors. Le poète Marie-Joseph Chénier, qui a travaillé avec lui à plusieurs de ces fêtes, a préparé un hymne ; Robespierre le refuse.

Le jour venu, la foule se rassemble au jardin des Tuileries, autour du bassin rond. Sur le bassin, une pyramide figure un monstre, l’Athéisme, entouré de l’Ambition, de l’Égoïsme et de la fausse Simplicité. Robespierre paraît en habit bleu céleste, serré d’une écharpe tricolore, un bouquet de fleurs et d’épis à la main. Il met le feu à l’Athéisme et à l’Égoïsme ; une fois brûlés, ils laissent paraître une statue de la Sagesse. Puis il prend la tête du cortège de la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. On y a élevé une sorte de rocher artificiel, couronné d’un arbre de la liberté et d’une colonne antique que surmonte une statue brandissant un flambeau. La foule chante l’hymne à l’Être suprême du poète Théodore Désorgues, sur une musique de Gossec. Paris compte alors six cent mille habitants ; un contemporain dénombre plus de quatre cent mille participants, chiffre sans doute exagéré, mais qui dit le succès de la fête.

Derrière le président, pourtant, la Convention traîne les pieds. Des députés bavardent, se moquent, refusent de marcher au pas ; il y a, se souviendra l’un d’eux, « un intervalle considérable » entre Robespierre et ses collègues. Certains l’insultent ; le dantoniste Laurent Lecointre le traite de « pontife ». Son habit bleu rappelle le symbolisme chrétien. Beaucoup de conventionnels restent attachés à l’anticléricalisme, craignent le retour du religieux, soupçonnent Robespierre de viser le pouvoir personnel ; les anciens déchristianisateurs, comme Fouché, se sentent condamnés.

La fête, qui voulait sceller l’unité de la République, avive les tensions. Le 9 thermidor (27 juillet), empêché de parler à la Convention, Robespierre est mis en accusation et arrêté. Le lendemain, il est guillotiné place de la Révolution, avec vingt et un de ses amis politiques, sous les acclamations de la foule. La croyance en l’Être suprême lui survit : les fêtes civiques continuent, et la théophilanthropie, qui en est issue, ne sera interdite qu’en 1803.

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Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
t2 p 357
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
1792
janvier 1792 — Siège de la Société patriotique de la Section du Luxembourg
t2 p 882
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Événement
1793
11 juillet 1793 — Hôtel de la Providence (chambre n° 7, au n° 17 selon certains)
t2 p 519
Le 11 juillet 1793, une voyageuse descend de la diligence de Caen et retient une chambre pour cinq nuits. Elle n'en occupera que deux. Il est environ midi, ce jeudi 11 juillet 1793, quand la voiture des Messageries s'arr …

Le 11 juillet 1793, une voyageuse descend de la diligence de Caen et retient une chambre pour cinq nuits. Elle n'en occupera que deux.

Il est environ midi, ce jeudi 11 juillet 1793, quand la voiture des Messageries s'arrête rue Notre-Dame-des-Victoires. En descend une jeune femme de vingt-quatre ans, arrivée de Caen. Elle s'appelle Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont. Un employé des Messageries lui glisse une adresse toute proche : « Mme Grollier tient l'hôtel de la Providence, rue des Vieux-Augustins, 19. »

Quelques centaines de mètres à pied, et la voici devant la maison. C'est aujourd'hui la rue Hérold, une courte voie du 1er arrondissement ; sous la Révolution, elle porte encore le vieux nom de rue des Vieux-Augustins. La tenancière lui donne la chambre n° 7, au premier étage, sur la rue : une pièce assez vaste, un lit, un secrétaire, des rideaux blancs et rouges. Corday y pose son maigre bagage et ne prévient personne de sa présence dans Paris.

Elle est venue avec une idée fixe. Girondine de cœur, révoltée par la chute de la Gironde, elle a fait le voyage pour frapper l'homme qu'elle tient pour responsable des massacres : Jean-Paul Marat, député à la Convention, la plume de L'Ami du peuple. De sa chambre, elle rayonne dans le quartier. Elle porte à Lauze Duperret les lettres dont l'a chargée Barbaroux ; elle tente d'approcher Marat une première fois sans y parvenir.

Le samedi 13 juillet au matin, elle sort. Sous les galeries de bois du Palais-Royal, chez un coutelier, elle achète un couteau à manche noir — une lame de cuisine, pour quelques dizaines de sous. Elle revient chambre n° 7, attend, écrit. Le soir, elle se fait conduire chez Marat, rue des Cordeliers — l'actuelle rue de l'École-de-Médecine. Éconduite deux fois, elle insiste : elle apporte, dit-elle, des nouvelles de Caen. Marat, malade, la reçoit dans sa baignoire. Elle le frappe une seule fois, en pleine poitrine. Il meurt presque aussitôt. On l'arrête sur place.

Charlotte Corday ne reverra jamais la chambre n° 7. Le 17 juillet, elle monte à l'échafaud. Ses cinq nuits réservées rue des Vieux-Augustins se seront réduites à deux.

La maison, elle, a survécu un siècle à la scène. La rue des Vieux-Augustins fut redécoupée et rebaptisée rue Hérold en 1881 ; l'ancien n° 19 devint le n° 14. L'hôtel de la Providence n'accueillait plus de voyageurs — il servait, dit-on, d'entrepôt d'archives de la Caisse d'épargne — quand on le démolit en 1893. La chambre d'où une jeune femme de Caen avait rêvé d'infléchir le cours de la Révolution avait fini en réserve de paperasses — puis en rien du tout.

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Événement
1789
1789 — Cour d'Alsace-Lorraine (vieilles écuries)/Cour remarquable
t2 p 81
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Événement
1794
9 juin 1794 — Cimetière Ste Marguerite
t2 p 843 & 845
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Événement
1793
16 juillet 1793 — Jardin du couvent des Cordeliers/Tombe de Jean-Paul Marat
t2 p 540
Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat. Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous l …

Enterré comme un saint, hissé au Panthéon, jeté dehors quatre mois plus tard : peu de morts ont autant voyagé que Marat.

Dans la nuit du 16 juillet 1793, au terme d'un cortège de plusieurs heures, on descend Marat sous les arbres du jardin des Cordeliers — à deux pas de la maison de la rue des Cordeliers où Charlotte Corday l'a frappé trois jours plus tôt. Pas de marbre : une roche brute, surmontée d'une urne. Le cœur du tribun, embaumé, est déposé à part, dans une urne que le club des Cordeliers suspend, dit-on, à sa voûte. Le culte de l'Ami du peuple est à son zénith ; son nom gagne les rues, les places, les discours.

Ce culte lui survit une année entière. Le 21 septembre 1794 — Thermidor est passé, mais l'élan jacobin n'est pas encore retombé —, la Convention le fait entrer au Panthéon. Ses restes y prennent, ce jour même, la place que l'on retire à ceux de Mirabeau, tombé en disgrâce : une idole en chasse une autre.

Le vent, pourtant, a tourné. La réaction thermidorienne s'accélère ; la jeunesse dorée brise les bustes de Marat, on efface son nom des carrefours. Le 8 février 1795, la Convention décrète son expulsion. On tire ses restes du Panthéon pour les jeter dans un cimetière voisin, du côté de Sainte-Geneviève — à peine quatre mois et demi après son entrée. Nul n'aura fait passage plus bref, ni plus orageux, sous la coupole. Où reposent aujourd'hui ses ossements, on ne le sait plus au juste.

Quant au jardin où tout avait commencé, il a disparu avec le couvent. La faculté de médecine couvre désormais l'ancien enclos des Cordeliers, quelque part entre les actuels 15 et 21 de la rue de l'École-de-Médecine. Sous les amphithéâtres dort l'emplacement où, une nuit de juillet, Paris avait couché son Ami du peuple sous une pierre nue — et que plus rien, aujourd'hui, ne signale.

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Événement
1793
24 janvier 1793 — Le Panthéon
t2 p 277-278
Inhumation de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, premier martyr de la Révolution avec Nicolas-Jean Hugou de Bassville, assassiné à Rome le 13 janvier
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Événement
1792
10 août 1792 — Cimetière de la Madeleine
t2 p 843
Inhumation des officiers gardes-suisses, francs-maçons de la loge militaire Guillaume Tell de l'Orient de Sonnenberg, morts lors de la prise des Tuileries
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Événement
1791
Événement
1793
1793 — Cloître St Nicolas des Champs/Demeure de Jacques Roux
t2 p 886
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Événement
1791
16 janvier 1791 — Église Saint-Sulpice
t2 p 474
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Événement
1793
16 novembre 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 636-638
La Convention décide l'expropriation des biens des différents cultes pour les mettre à disposition des pauvres et des établissements d'instruction publique
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Événement
1793
10 mai 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 37-39
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Événement
1793
2 juin 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 388-403
Quatre-vingt mille hommes en armes cernent les Tuileries. Quand les députés veulent sortir, les canons se tournent vers eux. Au printemps 1793, la Convention se déchire. D’un côté, les Montagnards, soutenus par la Commun …

Quatre-vingt mille hommes en armes cernent les Tuileries. Quand les députés veulent sortir, les canons se tournent vers eux.

Au printemps 1793, la Convention se déchire. D’un côté, les Montagnards, soutenus par la Commune de Paris, les Jacobins et les sans-culottes des sections ; de l’autre, les Girondins, qui ont voulu en janvier soumettre le sort du roi à un appel au peuple et que Paris accuse de paralyser la Révolution. Le 15 avril, trente-cinq sections sur quarante-huit réclament l’exclusion de vingt-deux d’entre eux. Les Girondins répondent par une commission de douze membres chargée d’enquêter sur les menées de la Commune ; elle fait arrêter Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Le président de l’Assemblée, le girondin Isnard, va jusqu’à menacer Paris d’anéantissement si de nouvelles insurrections éclatent.

Une première insurrection, le 31 mai, n’obtient que la dissolution de la commission des Douze. Le dimanche 2 juin, le comité insurrectionnel recommence. Quatre-vingt mille gardes nationaux et citoyens en armes, commandés par François Hanriot, cernent les Tuileries, où la Convention siège depuis le 10 mai dans l’ancienne salle des Machines, et braquent leurs canons sur le palais. Une députation vient exiger l’arrestation immédiate des chefs girondins. Après un débat confus, les députés décident de sortir en corps, derrière leur président Hérault de Séchelles, pour forcer le passage. Hanriot leur répond d’un ordre bref : « Canonniers, à vos pièces ! » Les représentants du peuple regagnent leur salle.

Sur la proposition de Couthon, la Convention décrète alors l’arrestation, à leur domicile, de dix-neuf députés girondins — parmi eux Brissot, Vergniaud, Pétion, Buzot et Lanjuinais —, de dix membres de la commission des Douze, dont Kervélégan, Boilleau, Henry-Larivière et Rabaut-Saint-Étienne, et de deux ministres, Clavière et Lebrun-Tondu. Membre des Douze, Boyer-Fonfrède est excepté du décret à la demande de Legendre, pour s’être opposé à l’arrestation d’Hébert.

Mal gardés, plusieurs proscrits s’enfuient et vont soulever la Normandie, la Bretagne, le Sud-Ouest et le Midi : c’est l’insurrection fédéraliste. Soixante-quinze députés signent des protestations contre la journée. La répression frappe à l’automne : jugés par le Tribunal révolutionnaire, Brissot, Vergniaud et leurs compagnons sont guillotinés le 31 octobre 1793. Épargné en juin, Boyer-Fonfrède est du nombre.

Le palais des Tuileries a brûlé en mai 1871 et ses ruines ont été rasées en 1883. De la salle des Machines, qui occupait l’aile nord, il ne reste rien ; le pavillon de Marsan, lui, est toujours debout.

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Événement
1793
31 mai 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
t2 p 419
La Convention est envahie par des Jacobins qui profitent de l'instabilité de la situation pour tenter d'éliminer les Girondins les 13 et 14 prairial an I : 1er et 2 juin 1793
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
t2 p 881
La Convention vote à 22 heures le 9 thermidor la création d'une Commission de défense. Barras est nommé général. Robespierre est mis nominativement hors la loi
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Événement
1792
25 août 1792 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Législative
t2 p 11
La Convention vote l'abolition des droits féodaux et censuels sans indemnités, le même jour où les vendéens déclenchent l'insurrection contre la République
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Événement
1793
17 janvier 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 245-256
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Événement
1793
20 janvier 1793
t2 p 277
La dépouille de Lepeletier de Saint-Fargeau est exposée sur le piédestal de la statue de Louis XIV abattue ; la cérémonie est mise en scène par le peintre David
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Événement
1789
6 octobre 1789 — Palais des Tuileries (de 1564)
t2 p 793
Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi. Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les …

Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi.

Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les Champs-Élysées sous la pluie, armées de piques, de couteaux de cuisine et de quelques canons traînés à bras. Reine Audu marche en tête, Stanislas Maillard négocie, Théroigne de Méricourt est de la partie. La Garde nationale de La Fayette a suivi, contrainte par ses propres soldats.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la foule force les grilles du château de Versailles. Des gardes du corps sont tués. Marie-Antoinette fuit ses appartements par un passage dérobé. Au matin, la foule réclame le roi au balcon. Louis XVI paraît. Puis la reine, seule, sous les huées, qui s'incline longuement. La Fayette lui baise la main : le geste calme la place.

Puis vient la demande de fond : que le roi vienne à Paris. Louis XVI accepte. Le 6 octobre 1789, dans l'après-midi, le cortège reprend la route en sens inverse. Devant, les femmes portent des pains au bout de leurs piques et chantent qu'elles ramènent "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Derrière suivent les carrosses royaux, la Garde nationale, cent chariots de blé pris aux réserves de Versailles.

À l'Hôtel de Ville, Bailly, maire de Paris, accueille la famille royale. La réception est enthousiaste. On croit encore possible une monarchie constitutionnelle réconciliée avec son peuple. Le roi prononce quelques mots aimables.

Puis la famille royale gagne le palais des Tuileries, inhabité depuis Louis XIV, poussiéreux, mal chauffé. Elle y sera de fait assignée à résidence. Le roi ne quittera plus Paris que pour la fuite manquée de Varennes en juin 1791, qui achèvera de ruiner sa crédibilité.

Le pouvoir a changé de lieu. Versailles était le château où le roi convoquait la France ; les Tuileries sont le palais où Paris surveille le roi. En un jour et une nuit, des femmes qui réclamaient du pain ont déplacé le centre politique du royaume. L'Assemblée constituante suivra le mouvement et s'installera à Paris quelques jours plus tard.

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Événement
1794
13 juin 1794
t2 p 844
La guillotine est installée ici du 25 prairial au 28 juillet 1794 : 1306 exécutions, dont les carmélites de Compiègne qui ont servi de modèle à Bernanos pour ses "Dialogues"
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Événement
1793
30 août 1793 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
t2 p 793-794
Laurent Lecointre s'oppose à Robespierre alors président de l'Assemblée et lui dit "tu me connais, je n'ai pas abattu un tyran pour en subir un autre"
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Événement
1794
23 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t2 p 880-881
Le 5 thermidor an II, la Commune de Paris annonça aux 48 sections la nouvelle grille des salaires. Pour un forgeron, le maximum tombait de 16 livres à 5. Il restait quatre jours avant Thermidor. Le Maximum général, adopt …

Le 5 thermidor an II, la Commune de Paris annonça aux 48 sections la nouvelle grille des salaires. Pour un forgeron, le maximum tombait de 16 livres à 5. Il restait quatre jours avant Thermidor.

Le Maximum général, adopté le 29 septembre 1793, avait posé un double plafond sur les prix des denrées essentielles et sur les salaires. Pour les sans-culottes — artisans, forgerons, ouvriers des sections parisiennes — qui avaient été le soutien populaire de la Terreur, le plafond des prix était une protection : le pain restait abordable. Le plafond des salaires était la contrepartie demandée.

En thermidor an II, la Commune revoit ces plafonds à la baisse. La réduction est brutale : plus des deux tiers pour un forgeron. Le mécontentement est général dans les sections.

C'est exactement ce que Robespierre ne pouvait pas se permettre. Le 9 thermidor an II — le 27 juillet 1794 —, quand la Convention vote son arrestation, les sections parisiennes ne bougent pas. Les ouvriers, les artisans, les sans-culottes qui avaient rempli les cortèges révolutionnaires depuis 1789 n'envoient pas leurs bataillons défendre la Commune et l'Incorruptible. La base sociale de la Terreur venait d'être retournée contre elle par sa propre politique salariale.

Marx, dans ses analyses de la Révolution française, notait cette contradiction : les Jacobins avaient voulu contrôler l'économie sans toucher aux rapports de production. Le maximum des salaires du 5 thermidor leur coûta le pouvoir quatre jours plus tard.

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Événement
1794
27 juillet 1794 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t2 p 883
Le 9 thermidor, la Section de la Cité refuse de sonner le tocsin de l'insurrection de la Commune au Grand bourdon : les robespierristes doivent se contenter de la cloche de l'Hôtel de Ville
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Événement
Événement
1790
1790 — Couvent des Capucines/Hôtel des Monnaies
t2 p 96
Le couvent des capucines est transformé en Hôtel des Monnaies pendant la Révolution ; c'est là que sont imprimés les assignats
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Événement
1793
9 mars 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t2 p 303
Le drapeau noir est hissé sur les tours de Notre-Dame, signal de l'appel à l'insurrection. Elle est menée contre les Girondins par des personnages louches comme Desfieux et Proli et ne sera pas suivie par les sans-culott …

Le drapeau noir est hissé sur les tours de Notre-Dame, signal de l'appel à l'insurrection. Elle est menée contre les Girondins par des personnages louches comme Desfieux et Proli et ne sera pas suivie par les sans-culottes

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Section des Gravilliers (fief des "Enragés")
t2 p 886
Léonard Bourdon parvient à rameuter des membres des Gravilliers contre la Commune
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Événement
1793
2 juin 1793
t2 p 431
Les Girondins, réunis chez Meillan renoncent à se rendre à la Convention, mis à part Buzot que les autres retiennent, et Barbaroux qui y parvient malgré les menaces qui pèsent sur lui
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Événement
1793
1793 — Ministère de la Guerre
t2 p 475-476
Les Hébertistes s'emparent du ministère de la Guerre pour les places et pour la caisse ; qu'ils vont piller
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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 802
Les membres du Tribunal révolutionnaire viennent en retard rencontrer Robespierre qui du coup fera lui-même attendre la Convention lors de la Fête de l'Être Suprême
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore/Salle d'audiences du Comité de Salut public
t2 p 891-892
Les prisonniers du 10 thermidor sont transférés au Comité de Salut public pour un simulacre de procès avant d'être exécutés
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t2 p 874
Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un. Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète l’arresta …

Le soir du 9 thermidor, Paris a deux pouvoirs : la Convention aux Tuileries, la Commune à l’Hôtel de Ville. Au petit matin, il n’en restera qu’un.

Le 27 juillet 1794 — 9 thermidor an II —, la Convention décrète l’arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, de Couthon et de Le Bas. La nouvelle parvient vers cinq heures du soir à l’Hôtel de Ville, alors appelé Maison commune. La Commune de Paris est tenue par des fidèles de l’Incorruptible, le maire Fleuriot-Lescot et l’agent national Claude-François de Payan. Elle réagit aussitôt : elle convoque son conseil général, vote l’insurrection, fait sonner le tocsin et interdit aux concierges des prisons d’accepter de nouveaux détenus. Pour diriger le soulèvement, elle forme un comité d’exécution où siègent notamment Payan, le juge Jean-Baptiste Coffinhal, Arthur, Louvet, Legrand et Lerebours.

Tout se joue dans la nuit, et tout va de travers. Le commandant de la Garde nationale, François Hanriot, parti délivrer les députés, se fait arrêter lui-même aux Tuileries. Les proscrits parviennent à sortir des prisons où on les a dispersés et rejoignent l’Hôtel de Ville ; mais en s’évadant, ils se sont mis hors la loi. Sur la place de Grève, deux à trois mille sans-culottes et une trentaine de canons attendent des ordres. Seules seize sections sur quarante-huit ont répondu à l’appel. On presse Robespierre de monter à cheval, de haranguer les sections, de marcher sur la Convention ; il préfère rédiger une proclamation. Au bas de l’appel adressé à la section des Piques, la sienne, sa signature s’arrête à deux lettres : « Ro… ». Les heures passent, et la place se vide.

Vers deux heures du matin, les gendarmes de la Convention, menés par Merda, forcent l’entrée. Au premier étage, dans le secrétariat, Robespierre a la mâchoire fracassée d’une balle — tirée par le gendarme, selon Merda, par lui-même, selon la tradition thermidorienne. Le Bas se tue d’une balle dans la tête ; Augustin Robespierre se jette par une fenêtre ; Couthon, infirme, roule dans l’escalier. Coffinhal, excédé par l’ivresse d’Hanriot, l’a précipité par une fenêtre avant de s’enfuir par les berges de la Seine.

Robespierre et vingt et un de ses partisans, dont Payan, sont guillotinés le soir même, 10 thermidor. Arthur les suit le 12. Coffinhal, caché par des bateliers sur l’île des Cygnes puis dénoncé, monte à l’échafaud le 6 août.

L’Hôtel de Ville de cette nuit-là n’existe plus : incendié pendant la Semaine sanglante, en mai 1871, il a été rebâti entre 1874 et 1882, avec une façade largement inspirée de l’ancienne.

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Conciergerie
t2 p 893
Les robespierristes arrêtés le 10 thermidor sont transférés du Pavillon de Flore à la Conciergerie
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Siège de la Convention
t2 p 890
Les Robespierristes pris à l'Hôtel de Ville sont amenés à la Convention le matin du 10 thermidor
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore/Salle d'audiences du Comité de Salut public
t2 p 891
Les thermidoriens répandent le bruit que Robespierre aurait tenté de se suicider. Le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé
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Événement
1794
15 juin 1794 — Demeure de Catherine Théot
t2 p 823
Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant u …

Machination contre Robespierre, utilisant les prophéties mystiques de Catherine Théot pour ridiculiser l'Incorruptible et le culte de l'Être suprême, dans le but de l'affaiblir. Vadier interpelle la Convention, portant un coup à l'Incorruptible

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Événement
1793
24 avril 1793 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
t2 p 383
La Convention avait voulu l'abattre. Le Tribunal le renvoie libre. Le peuple le porte sur ses épaules — couronné de lauriers, comme un César des faubourgs. Le 24 avril 1793, Jean-Paul Marat entre dans la Grand'Chambre du …

La Convention avait voulu l'abattre. Le Tribunal le renvoie libre. Le peuple le porte sur ses épaules — couronné de lauriers, comme un César des faubourgs.

Le 24 avril 1793, Jean-Paul Marat entre dans la Grand'Chambre du Palais de Justice, reconvertie en Salle de la Liberté depuis que le Tribunal révolutionnaire y siège. Il est accusé d'incitation au meurtre, au pillage et à la dissolution de la Convention nationale. Onze jours plus tôt, le 13 avril, les Girondins ont obtenu son décret d'accusation — leur coup le plus audacieux contre la Montagne. Marat s'est d'abord caché, puis s'est constitué prisonnier la veille, le 23. Il se présente devant ses juges avec le calme de celui qui sait que le vent souffle dans son dos.

Le procès est expédié. Fouquier-Tinville, l'accusateur public, ne charge pas. Les juges acquittent à l'unanimité. La salle éclate. Les tribunes, remplies de sans-culottes, envahissent le prétoire. On hisse Marat sur un fauteuil, on le couronne de lauriers, on le porte sur les épaules à travers les rues de la Cité jusqu'aux Tuileries, où siège la Convention.

La Gironde piégée L'acquittement de Marat est un désastre pour les Girondins. En demandant sa mise en accusation, ils pensaient l'éliminer de la scène politique — ils l'ont au contraire transformé en martyr vivant. Le cortège triomphal qui traverse Paris ce 24 avril est une démonstration de force des sections populaires : les faubourgs montrent à la Convention qui tient la rue.

Marat entre dans la salle des séances porté par la foule, couronné, acclamé. Les Montagnards applaudissent. Les Girondins se taisent. Le président de séance est contraint de saluer l'acquitté. La scène est d'une violence symbolique considérable : un homme que l'Assemblée a décrété d'accusation y revient en triomphateur, porté par le peuple souverain par-dessus la tête des législateurs.

Six semaines plus tard, le 2 juin, les sections parisiennes encerclent la Convention et obtiennent l'arrestation de vingt-neuf députés girondins. Le triomphe de Marat en était la répétition générale.

Marat lui-même ne profitera pas longtemps de sa victoire. Le 13 juillet, Charlotte Corday le poignarde dans sa baignoire, rue des Cordeliers. Mais le 24 avril reste l'un des moments les plus théâtraux de la Révolution — le jour où la souveraineté populaire s'est imposée physiquement dans l'enceinte de la représentation nationale.

Le triomphe de Marat

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Événement
1787
14 juin 1787 — Café du Parnasse
t2 p 119-120
Mariage de Danton avec la fille du patron du café qu'il fréquentait à son arrivée à Paris
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Événement
1793
13 avril 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 383
Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treiz …

Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treize contre. L'Ami du peuple sera traduit devant le Tribunal révolutionnaire, celui-là même qu'il a contribué à créer.

L'affaire est politique. Marat, élu de Paris, hérisse la Gironde depuis des mois. Il appelle dans son journal à l'insurrection contre les « complices de Dumouriez », réclame qu'on purge la Convention de ses traîtres, signe comme président des Jacobins une circulaire appelant les départements à se soulever. Pour les Girondins, c'est l'occasion de faire tomber l'homme qui incarne tout ce qu'ils détestent — la violence populaire, la rue qui dicte sa loi à l'Assemblée, la Montagne qui ne recule devant rien.

Marat se cache quelques jours, puis se constitue prisonnier le 23 avril. Le procès tourne au triomphe. Le Tribunal révolutionnaire l'acquitte le 24 avril. Il est porté en cortège depuis le Palais de Justice jusqu'à la Convention, couronné de lauriers, acclamé par la foule. La gravure de l'époque montre le peuple portant Marat sur ses épaules, traversant les rues de Paris comme un César plébéien.

Pour les Girondins, c'est une défaite irréversible. Six semaines plus tard, le 2 juin, la Convention les proscrit. Marat, lui, n'en profitera guère — Charlotte Corday l'assassine dans sa baignoire le 13 juillet, trois mois jour pour jour après sa mise en accusation.

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Événement
1793
8 novembre 1793
t2 p 613
Mme Roland, au moment de son exécution, aurait prononcé ces paroles : "Liberté, que de crimes on commet en ton nom !"
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Événement
1797
25 août 1797 — Hôtel de Sens/Demeure et librairie de Jean-Baptiste Louvet de Couvray
t2 p 146-147
Mort du journaliste Girondin Louvet de Couvray, auteur du roman libertin "Les aventures du chevalier de Faublas"
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Événement
1767
23 janvier 1767 — Maison natale et demeure de Jean-Lambert Tallien
t2 p 882
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Événement
1721
6 décembre 1721 — Hôtel de Lamoignon
t2 p 211-212
Naissance du futur directeur de la Censure, qui paradoxalement protègera les philosophes. Il sera cependant guillotiné le 23 avril 1794 pour "conspiration avec les émigrés". Il était dépositaire d'un codicille secret de …

Naissance du futur directeur de la Censure, qui paradoxalement protègera les philosophes. Il sera cependant guillotiné le 23 avril 1794 pour "conspiration avec les émigrés". Il était dépositaire d'un codicille secret de Louis XVI dont il fut l'avocat

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Événement
1792
mars 1792 — Maison de jeu dite "le 50"
t2 p 816
Ouverture d'un salon de jeu très en vogue pendant la Révolution, fréquenté par la réaction, des escrocs et certains "Exagérés" ; centre d'un traffic de faux assignats et du scandale de la Compagnie des Indes qui déstabil …

Ouverture d'un salon de jeu très en vogue pendant la Révolution, fréquenté par la réaction, des escrocs et certains "Exagérés" ; centre d'un traffic de faux assignats et du scandale de la Compagnie des Indes qui déstabilisa Robespierre

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Événement
1793
mai 1793 — Temple de Terpsichore/Demeure de Jean-Frédéric Perregaux
t2 p 458-459
Perregaux invite Marat, qui se fait accompagner comme témoin par Saint-Just, afin d'avoir son opinion sur la loi agraire. Marat le rassure
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t2 p 890
Philippe Le Bas se suicide le 10 thermidor en se tirant une balle dans la tête
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Événement
1793
1793 — Abbaye aux Bois
t2 p 776
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Événement
Date imprécise — Le Perron/Passage du Perron
t2 p 816
Quartier général, selon Michelet, pendant la Révolution, "des agioteurs, tripoteurs de bourse, des marchands d'or et d'assignats, des marchands de femmes"
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Événement
1793
30 octobre 1793 — Conciergerie/Chapelle des Girondins
t2 p 605-614
Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir. Les Girondins …

Vingt et un députés condamnés à mort passent leur dernière nuit ensemble dans une chapelle transformée en cellule ; ce que l'on raconte de cette nuit dit surtout ce que le XIXe siècle avait besoin d'y voir.

Les Girondins ont été arrêtés le 2 juin 1793, quand les sections parisiennes en armes ont encerclé la Convention et exigé leur exclusion. Le conflit qui les oppose aux Montagnards porte sur la place de Paris dans la Révolution, sur la guerre, sur la Terreur, sur le contrôle de l'économie. Le procès s'ouvre le 24 octobre 1793 devant le Tribunal révolutionnaire. Il est écourté par décret quand la Convention constate que les accusés se défendent trop bien.

Le verdict tombe le 30 octobre : mort pour vingt et un d'entre eux. Parmi eux Brissot, Vergniaud, l'un des plus grands orateurs de la Révolution, Gensonné, Ducos, Carra, l'abbé Fauchet, Boilleau, Lacaze. Dufriche-Valazé se poignarde à l'énoncé de la sentence dans la salle même du tribunal.

La nuit du 30 au 31, ils sont réunis à la Conciergerie, quai de l'Horloge, dans une salle qui était l'ancienne chapelle de la prison, utilisée comme cellule collective en raison de la surpopulation. Elle porte depuis le nom de chapelle des Girondins.

La tradition rapporte qu'ils y tinrent un banquet, buvant, chantant, discutant de l'immortalité de l'âme jusqu'à l'aube. Cette scène est l'un des morceaux les plus célèbres de l'histoire républicaine. Elle a été fixée par Lamartine dans son "Histoire des Girondins" en 1847.

Les historiens sont réservés. Les sources contemporaines ne confirment pas l'existence d'un festin. Le contexte de pénurie alimentaire et de surveillance stricte rend l'épisode improbable dans les termes où on le raconte. Ce qui est certain, c'est qu'ils passèrent la nuit ensemble et qu'ils furent nombreux à écrire.

Le 31 octobre, ils sont guillotinés place de la Révolution. Le cadavre de Valazé est conduit avec eux dans une charrette et décapité aussi. L'exécution dure trente-six minutes.

La scène du dernier repas a servi à toutes les époques. La République bourgeoise du XIXe siècle y a vu la dignité des modérés face aux fanatiques. C'était une manière de choisir son camp dans la Révolution.

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Événement
1789
1789 — Café Corrazza (de 1887)/Quartier général des Jacobins puis des Enragés/Bal du Pince-cul
t2 p 142
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Événement
1794
27 juillet 1794
t2 p 874
Dans la nuit du 9 thermidor an II, Robespierre gisait à l'Hôtel de Ville avec une balle dans la mâchoire. Quelques heures plus tôt, la Convention l'avait acclamé depuis ces mêmes tribunes où il ne put plus parler. La séa …

Dans la nuit du 9 thermidor an II, Robespierre gisait à l'Hôtel de Ville avec une balle dans la mâchoire. Quelques heures plus tôt, la Convention l'avait acclamé depuis ces mêmes tribunes où il ne put plus parler.

La séance du 9 thermidor — 27 juillet 1794 — commença par un coup de force. Saint-Just monta à la tribune pour défendre Robespierre. Tallien l'interrompit. La salle se retourna. Chaque fois que Robespierre voulut prendre la parole, les cris l'en empêchèrent. Vers quinze heures, la Convention décréta l'arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, de Couthon, de Le Bas et du général Hanriot.

Robespierre fut conduit au Comité de Sûreté générale, place du Carrousel, puis dirigé vers la prison du Luxembourg. Le directeur Wiltcheritz refusa de le recevoir sans ordre régulier. Robespierre demanda à être conduit au siège de la police municipale, quai des Orfèvres.

À l'Hôtel de Ville, la Commune robespierriste constituait entre-temps un comité d'insurrection : Coffinhal, Payan, Lerebours. On sonna la cloche de l'Hôtel de Ville. Mais la Section de la Cité refusa de faire sonner le Grand bourdon de Notre-Dame — le signal d'alarme que tout Paris aurait entendu. Les sections armées rassemblées place de Grève commencèrent à se disperser. La Section Bonne-Nouvelle, l'une des plus avancées de la Révolution, ne bougea pas.

Vers vingt et une heures, Coffinhal libéra Robespierre de la police municipale et l'emmena de force à l'Hôtel de Ville. C'était une erreur fatale : ses adversaires présentèrent aussitôt cet acte comme une rébellion contre la représentation nationale. À vingt-deux heures, la Convention créa une Commission de défense ; Barras fut nommé général ; Robespierre fut mis nominativement hors la loi — ce qui signifiait la guillotine sans procès en cas d'arrestation.

Les forces de Barras investirent l'Hôtel de Ville avant l'aube. Robespierre avait une balle dans la mâchoire — le gendarme Merda dit l'avoir tiré, d'autres ont soupçonné une tentative de suicide. Le lendemain matin, sans jugement, il fut guillotiné place de la Révolution avec vingt et un de ses compagnons.

La journée du 9 thermidor porta un nom. Ce nom allait traverser les siècles et désigner, bien au-delà de la France, tout retournement conservateur après une révolution.

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Événement
1794
28 juillet 1794
t2 p 889-890
Robespierre et Couthon, blessés, sont traînés jusqu'à la Seine pour les jeter à l'eau mais sont finalement exposés sur le parapet du quai Le Pelletier le 10 thermidor au matin
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t2 p 872
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore/Salle d'audiences du Comité de Salut public
t2 p 891-892
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Événement
1793
30 juin 1793 — Église du couvent des Cordeliers/Club des Cordeliers
t2 p 475
Robespierre aux Cordeliers : le jour où les Enragés se retrouvèrent seuls Le 25 juin, Jacques Roux avait dit à la Convention que la liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre. Cinq jo …

Robespierre aux Cordeliers : le jour où les Enragés se retrouvèrent seuls

Le 25 juin, Jacques Roux avait dit à la Convention que la liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre. Cinq jours plus tard, Robespierre venait lui expliquer qu'il avait tort.

Cinq jours avant le 30 juin, Jacques Roux s'était présenté à la barre de la Convention nationale. Curé défroqué de Saint-Nicolas-des-Champs, chef de file des Enragés, il avait lu sa pétition d'une voix ferme : « La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. » Marat, depuis sa feuille, l'avait aussitôt dénoncé comme un intrigant. La Convention l'avait renvoyé sans lui répondre.

Les Enragés ne sont pas un parti. Ils ne contrôlent aucune institution. Leur force, c'est les sections populaires de Paris et les sans-culottes des faubourgs qui voient les prix des denrées flamber pendant que les marchands s'enrichissent. Leur programme est simple : le maximum — un plafonnement légal des prix des grains —, la punition des accapareurs, la taxation des riches. Non pas une révolution politique — la Montagne vient d'expulser les Girondins — mais une révolution sociale.

C'est précisément ce que Robespierre ne peut pas laisser faire. Le 30 juin 1793, pour la première fois, il vient en personne au couvent des Cordeliers, rue de l'École de Médecine. Il est accompagné de Collot d'Herbois et de Hébert — deux membres du club, qui lui servent de caution cordélière. Robespierre dénonce Roux comme un agitateur, un faux patriote qui divise les républicains au moment où la guerre menace les frontières. Hébert, lui-même porte-voix des sections populaires, suit le mouvement. La séance vire à la mise en cause.

Les Cordeliers excluent Roux du club. Les Jacobins feront de même. Marat, qui l'avait attaqué le premier, mourra sous le couteau de Charlotte Corday le 13 juillet — sans avoir vu la suite.

Roux sera arrêté en août 1793. Traduit devant le Tribunal révolutionnaire en janvier 1794, il se poignarde dans sa cellule à Bicêtre pour ne pas monter à l'échafaud. Il meurt de ses blessures quelques jours plus tard. Il avait quarante et un ans.

La tradition socialiste ne l'a pas oublié. Dans La Sainte Famille (1845), Marx reconnut dans les Enragés les premiers représentants d'une tradition révolutionnaire qui allait au-delà de l'horizon bourgeois de 1793 : une révolution qui posait la question économique, pas seulement la question politique. Deux ans après la mort de Roux, Babeuf reprit son programme dans le Manifeste des Égaux de Sylvain Maréchal — prix maximum, communauté des biens. Le fil était tiré.

Le couvent des Cordeliers existe encore, intégré à l'université Paris-Descartes. La grande nef gothique du XIVe siècle, où la Révolution avait tenu ses séances les plus turbulentes, accueille désormais des expositions temporaires. Les murs sont les mêmes.

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Événement
1789
4 juillet 1789 — Prison de la Bastille
t2 p 784
Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte …

Le 2 juillet 1789, le marquis de Sade se poste à la fenêtre de sa cellule dans la tour Liberté, sixième étage, et harangue le faubourg Saint-Antoine à travers un entonnoir de tôle qu'il a fabriqué lui-même. Sa voix porte loin. Il crie que l'on égorge les détenus à l'intérieur. Le quartier s'agite. Les passants s'arrêtent. Le gouverneur Bernard-René Jordan de Launay, affolé, écrit dans la journée au ministre : il faut transférer « cet être qu'on ne peut soumettre » sans délai.

Le 4 juillet, Sade doit partir. Il est à la Bastille depuis cinq ans, transféré là depuis Vincennes en 1784 par lettre de cachet signée de Louis XVI, sur plainte de sa belle-mère. Cinq ans qu'il a mis à profit : des centaines de volumes dans sa cellule, des manuscrits, des cahiers. Et dissimulé dans une fente du mur, un rouleau de papier d'une douzaine de mètres : Les Cent Vingt Journées de Sodome, rédigé en minuscules caractères sur des feuilles collées bout à bout.

On lui laisse peu de temps pour rassembler ses affaires. Le rouleau reste dans le mur.

Sade est conduit à Charenton, maison de santé tenue par les frères de la Charité, au bord de la Marne. Il écrira plus tard avoir pleuré « des larmes de sang » sur ce manuscrit qu'il croit perdu à jamais. Il passera vingt-cinq ans à Charenton, où le père de Coulmiers, directeur bienveillant convaincu des vertus thérapeutiques du spectacle, lui laissera organiser des représentations théâtrales avec les pensionnaires — des mises en scène qui feront scandale dans tout Paris.

Dix jours après le transfert, le 14 juillet, la Bastille tombe. La foule envahit les cellules, pille les salles, fouille les recoins. Dans la cellule du sixième étage, quelqu'un trouve le rouleau. Launay, lui, est tué par la foule dans la journée — celui qui avait signé l'ordre de transfert.

Le manuscrit passe de mains en mains — collectionneurs, marchands, bibliophiles à travers l'Europe — avant d'être publié pour la première fois en 1904, à Berlin, par un psychiatre allemand. Sade était mort en 1814 en demandant dans son testament que les traces de sa tombe « disparaissent de dessus la surface de la terre ». Les Cent Vingt Journées, elles, ne disparaissent pas.

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Événement
1792
5 septembre 1792 — Église des Capucines/Section de la place Vendôme/Section des Piques
t2 p 784
L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre. À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des …

L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre.

À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des Piques, anciennement section de la place Vendôme, dont elle vient de changer le nom en hommage à l'arme des sans-culottes. C'est l'une des sections révolutionnaires de Paris qui compte parmi ses membres le citoyen Robespierre. Sade sera élu président de la section en juillet 1793.

Le Marquis de Sade, né en 1740, avait passé une grande partie de sa vie en prison ou à l'asile : à Vincennes et à la Bastille, où il avait composé ses œuvres les plus scandaleuses, dont "Les 120 journées de Sodome", rédigées sur un rouleau de papier caché dans les murs de sa cellule. Libéré en 1789, peu avant la prise de la Bastille, il se retrouva dans une République naissante qui confondait liberté des mœurs et liberté politique, et il s'y engagea avec un zèle que ses biographes n'ont pas toujours su comment qualifier.

À la Section des Piques, Sade rédige des discours, des adresses, des pétitions. On connaît huit textes imprimés et un manuscrit de sa main. Le 15 novembre 1793, il est l'auteur d'une pétition anti-religieuse adressée aux représentants du peuple, demandant l'établissement d'un culte de la Raison en remplacement du "charlatanisme religieux" : le texte, conservé à Gallica, révèle un Sade parfaitement intégré au vocabulaire révolutionnaire de l'époque, plus proche des hébertistes que des robespiérristes sur la question de la religion.

Le paradoxe est vertigineux. L'homme dont les œuvres célébraient la violence, la domination et l'avilissement des corps se retrouve à rédiger des pétitions humanistes et à administrer les affaires d'une section populaire. Un paradoxe qui a sa logique : Sade avait haï la monarchie et l'Église autant que quiconque, et la Révolution lui offrait pour la première fois la possibilité d'exister comme citoyen ordinaire plutôt que comme prisonnier ou scandale de salon.

En décembre 1793, la Terreur le rattrape. Appelé à siéger dans un tribunal révolutionnaire, il refuse de signer des actes de condamnation. La chose lui sera reprochée : arrêté comme "modéré" par les robespiérristes, il est incarcéré et faillit périr sur l'échafaud. Il ne fut sauvé que par la chute de Robespierre au 9 thermidor. Il mourut en 1814 dans l'asile de Charenton, où il continuait à écrire des pièces de théâtre jouées par les pensionnaires de l'établissement.

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1794
27 juillet 1794 — Jardin des Filles-Dieu/Église de la Raison/Section Bonne-Nouvelle
t2 p 881 & 886
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Gervais-St Protais/Section de l'Hôtel de Ville/Section de la Maison Commune/Section de la Fidélité
t2 p 882
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église du couvent des Capucines/Section des Piques
t2 p 159
Siège de la Section de la Place Vendôme puis des Piques. Elle ne bouge pas le 9 thermidor et se montre même hostile à Robespierre dont elle est pourtant la Section
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Événement
Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Amboise de Popincourt/Section de Popincourt
t2 p 884
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Événement
1790
21 mai 1790 — Hôpital des Enfants Rouges/Section de l'Homme Armé
t2 p 882
Siège de la Section des Enfants Rouges, puis du Marais, puis de l'Homme Armé ; dans la chapelle de l'hôpital des Enfants Rouges. Elle ne bougea pas le 9 thermidor
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Marcel (collégiale)/Section des Gobelins/Section du Finistère
t2 p 884
Siège de la Section des Gobelins en 1790, puis du Finistère en août 1792. Le Comité révolutionnaire de la section rentra en conflit ouvert le 9 thermidor avec un membre de la Commune qui fut arrêté
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Martin des Champs/Section des Gravilliers/Société des Amis de la liberté et de l'humanité
t2 p 882 & 883
Siège de la Section des Gravilliers dans la ci-devant église Martin des Champs. Elle ne bougea pas le 9 thermidor et se mobilisa au contraire contre la Commune
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Événement
1790
1790 — Église de l'hospice des Enfants Trouvés/Section du Faubourg Antoine/Section des Quinze-Vingts
t2 p 884
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Événement
1790
21 mai 1790 — Sainte-Chapelle (basse)/Section Révolutionnaire
t2 p 884
Siège de la Section Henri IV, puis Section du Pont Neuf, puis Section Révolutionnaire ; elle redevient du Pont Neuf après Thermidor. Elle ne bouge pas le 9 thermidor et arrête même le général désigné par la Commune
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Nicolas du Chardonnet/Section St Nicolas du Chardonnet/Section du Jardin des Plantes/Section des Sans-culottes
t2 p 884
Siège de la Section St Nicolas du Chardonnet, puis du Jardin des Plantes, puis Section des Sans-culottes à partir d'août 92 ; elle reprend son ancien nom en Thermidor
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Événement
Événement
1792
1792 — Hôtel de Ville/Maison Commune
y2 p 454
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Événement
1794
29 juillet 1794
t2 p 895
Le 28 juillet, Robespierre, Saint-Just et Couthon avaient été guillotinés. Le 29 juillet, on guillotina les soixante-dix membres des sections qui les avaient suivis. Ils étaient plus nombreux et moins célèbres. L'histoir …

Le 28 juillet, Robespierre, Saint-Just et Couthon avaient été guillotinés. Le 29 juillet, on guillotina les soixante-dix membres des sections qui les avaient suivis. Ils étaient plus nombreux et moins célèbres. L'histoire les a moins retenus.

Le 9 thermidor, quand la Commune robespierriste avait appelé les sections à l'insurrection, une partie d'entre elles avait répondu. Des membres des comités révolutionnaires, des officiers de section, des administrateurs municipaux s'étaient rassemblés place de Grève — et s'étaient pour la plupart dispersés avant minuit, sentant que la partie était perdue. Cela ne les sauva pas.

Le 10 thermidor (28 juillet), vingt-deux personnes avaient été guillotinées avec Robespierre. Le 11 thermidor (29 juillet), soixante-dix autres les suivirent sur la place de la Révolution. Le nombre varie selon les sources entre soixante-cinq et soixante-quinze. C'était la plus grande exécution collective de la Terreur — davantage, en une seule journée, que n'importe quelle autre charrette de l'an II.

Ces soixante-dix personnes venaient de seize sections de Paris : les Gravilliers, Bonne-Nouvelle, les Sans-culottes, la Maison Commune, l'Arsenal, les Droits de l'Homme, la Halle au Blé, Bon-Conseil, Poissonnière et d'autres encore. Leurs adresses couvraient toute la carte de la capitale, du quai d'Anjou au faubourg du Temple.

La Terreur s'achevait par le plus grand bain de sang de son histoire propre. Les thermidoriens tuèrent en deux journées plus de gens qu'ils ne prétendirent ensuite en avoir sauvé.

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Événement
1793
31 mai 1793 — Jardin du Palais Royal
t2 p 421
Suite à une intox du Comité de l'Évêché pour attiser l'insurrection, les sectionnaires de la Butte des Moulins se barricadent au Palais Royal. La manœuvre fera long feu
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Événement
1794
23 mai 1794 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
t2 p 799 & 815
Tentative présumée d'assassinat contre Robespierre le 4 prairial an III. Elle aurait avoué avoir voulu "voir comment était fait un tyran". Toute sa famille sera guillotinée avec elle et 54 personnes en tout seront compri …

Tentative présumée d'assassinat contre Robespierre le 4 prairial an III. Elle aurait avoué avoir voulu "voir comment était fait un tyran". Toute sa famille sera guillotinée avec elle et 54 personnes en tout seront comprises dans la même fournée

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Événement
1793
2 août 1793 — Conciergerie
t2 p 568
Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre. Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 …

Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, Marie-Antoinette quitta le Temple pour la Conciergerie. Elle avait trente-sept ans et soixante-seize jours à vivre.

Marie-Antoinette était prisonnière au donjon du Temple depuis le 13 août 1792, avec le roi, leur fils et leur fille. Louis XVI avait été guillotiné le 21 janvier 1793. Elle était restée au Temple avec ses enfants, soumise à une surveillance croissante, privée de toute nouvelle du monde extérieur.

Le Comité de salut public décida au début de l'été 1793 de la transférer à la Conciergerie, sur l'île de la Cité. La Conciergerie avait une réputation bien établie dans le Paris de la Terreur : on l'appelait l'antichambre de la guillotine. Depuis mars 1793, les condamnés du Tribunal révolutionnaire y transitaient avant l'exécution. Y entrer était, pour presque tous, le signe que la mort était proche.

Le transfert eut lieu en secret, dans la nuit du 1er au 2 août 1793. Marie-Antoinette fut conduite de la rue du Temple à l'île de la Cité, au 1-7 quai de l'Horloge. On lui avait aménagé, à la hâte, une cellule dans l'ancienne salle des gardes : un espace étroit, humide, où deux gardes demeuraient en permanence, y compris la nuit.

Elle y resta jusqu'au 14 octobre 1793, date de l'ouverture de son procès devant le Tribunal révolutionnaire. Le procès dura deux jours. Le 16 octobre 1793, elle fut guillotinée place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde).

Sa cellule à la Conciergerie est aujourd'hui conservée et visitée. Le bâtiment, dont les tours médiévales sont visibles depuis le quai de l'Horloge, abrite aussi la Sainte-Chapelle et le Palais de justice. C'est l'un des rares endroits de Paris où l'on peut encore se tenir dans l'espace exact qu'occupait un acteur de la Révolution.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Nicolas Quinette
t2 p 93
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Événement
1793
10 mars 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t2 p 302-319
Un mouvement déclenché par le Comité insurrectionnel de l'Évêché contre les Girondins aboutit à la création par la Convention du Tribunal révolutionnaire
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Événement
1794
juillet 1794
t2 p 850
Un officier d'Hanriot bloque un chargement de poudre destiné à l'Armée du Nord. Ce sera considéré par la Convention comme la préparation par les robespierristes d'un coup de force
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Événement
Date imprécise — Couvent des Cordeliers/Imprimerie de Jean-Paul Marat
t2 p 164
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Événement
1794
27 juillet 1794 — Ancienne préfecture de police (locaux administratifs)
t2 p 866-879
Vers 21 heures le 9 thermidor, Coffinhal libère Robespierre, arrêté sur décret de la Convention, pour l'emmener à l'Hôtel de Ville, à la Commune, semble-t-il contre son gré ; et c'est effectivement ce qui va permettre de …

Vers 21 heures le 9 thermidor, Coffinhal libère Robespierre, arrêté sur décret de la Convention, pour l'emmener à l'Hôtel de Ville, à la Commune, semble-t-il contre son gré ; et c'est effectivement ce qui va permettre de l'accuser de rébellion

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Événement
1794
28 juillet 1794 — Hôtel de Ville/Maison Commune
t2 p 888-889
Vers 3 heures du matin, le 10 thermidor, Merda, Dulac et quelques gendarmes parviennent à pénétrer dans l'Hôtel de Ville. Merda tire sur Robespierre et le blesse à la mâchoire
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Événement
Événement
1794
27 juillet 1794 — Palais du Luxembourg/Prison du Luxembourg
t2 p 874
Wiltcheritz et Faro refusent d'interner Robespierre à la prison du Luxembourg le 9 thermidor. Il demande à être conduit au siège de la police municipale rue de Jérusalem
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