Affiche du MLAC
Le 4 avril 1973 est fondé à Paris le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception. Le siège du MLAC est établi auprès du GIS, Groupement Information Santé.
Le MLAC naît dans la lignée du manifeste des 331 médecins, paru dans Le Monde le 8 février 1973 — trois cent trente et un praticiens déclarant publiquement avoir pratiqué ou aidé à pratiquer des avortements illégaux. Deux ans plus tôt, le "Manifeste des 343" avait vu autant de femmes confesser avoir avorté. Le mouvement est en marche, mais il faut une structure légale pour défendre les médecins qui s'exposent.
Le MLAC est cette structure — déclarée en préfecture, ce qui tranche avec les habitudes de l'extrême gauche et du MLF. Il rassemble un spectre large : Planning familial, MLF, Groupe information santé, Ligue communiste, Lutte ouvrière, Parti socialiste, CFDT. Sa direction tourne autour de trois femmes — Monique Antoine, avocate du procès de Bobigny, Simone Iff et Jeannette Laot.
Sa méthode : pratiquer ouvertement des avortements illégaux, organiser des voyages en Angleterre et aux Pays-Bas, tenir des permanences publiques. Un illégalisme de masse, assumé et revendiqué. Il aura fallu deux ans pour que la loi Veil dépénalise l'IVG, en janvier 1975. Le MLAC se dissout aussitôt — son objectif atteint, ses militantes estimant parfois que la loi n'allait pas assez loin.