Des militants du Comité Viêt Nam National, le CVN, s'attaquent au siège de l'American Express

Bureaux de l'American Express

L'attaque au siège de l'American Express

Des militants du Comité Viêt Nam National, le CVN, s'attaquent au siège de l'American Express ; la répression qui s'ensuit donnera naissance au "Mouvement du 22 mars", point de départ de Mai 68

Le 20 mars 1968, une poignée de militants du Comité Viêt Nam National se présentent au 11 rue Scribe, siège parisien de l'American Express. L'idée est simple : l'Amérique bombarde le Viêt Nam, l'American Express représente l'Amérique, les vitres de l'American Express représentent l'American Express. Ils brisent les vitrines.

La police interpelle plusieurs participants, dont Xavier Langlade. C'est cet acte de répression qui va tout déclencher. À Nanterre, des étudiants s'organisent pour exiger la libération des arrêtés. Le 22 mars, ils occupent la salle du conseil de l'université. Le Mouvement du 22 mars est né — et avec lui, Daniel Cohn-Bendit comme figure centrale de ce qui deviendra Mai 68.

Le lien de causalité peut sembler mince : des carreaux cassés rue Scribe, et six semaines plus tard Paris est paralysé. Mais c'est précisément ainsi que fonctionnent les déclencheurs : non par leur ampleur propre, mais par la réaction qu'ils suscitent. La répression de la manifestation anti-américaine fournit aux étudiants de Nanterre le prétexte concret dont ils avaient besoin pour passer de la contestation diffuse à l'action organisée.

Rue Scribe, l'American Express a depuis longtemps oublié l'incident. L'histoire, elle, a retenu la date.

Le bâtiment abritant le siège de l'American Express dans une carte postale ancienne

Le bâtiment abritant le siège de l'American Express dans une carte postale ancienne

 

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