🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
Couverture — Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait
Bibliographie

Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait

ROBB Graham
Flammarion, 2010.
Livre
71 Fiches citant cet ouvrage
2010 Édition

Fiches citant cet ouvrage

71 fiches
Événement
1787
1787 — Premier Café de la Régence
p 26
Le jeune Bonaparte, devenu officier, joue aux échecs au café de la Régence à son arrivée à Paris ; il est venu régler les démêlés financiers de la famille
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Ferme de Montsouris (Moquesouris)/Carrière de Port-Mahon
p 45
Dernière ferme de Paris, au-dessus de carrières médiévales, passage d'un aqueduc et sculpture remarquable représentant le fort de Port-Mahon réalisée par un ouvrier carrier... menacés par les promoteurs
Voir la fiche
Événement
1791
20 juin 1791
p 60-61
Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou …

Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou s'enfuir...

Voir la fiche
Événement
1791
20 juin 1791 — Guichet de l'Échelle du palais du Louvre
p 60-61
Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Vare …

Lieu où attend la voiture avec laquelle la famille royale s'enfuit des Tuileries ; une "citadine" qui permettra de rejoindre discrètement la berline qui attend rue de Clichy pour le voyage vers... Montmédy ; arrêt à Varennes

Voir la fiche
Événement
1791
20 juin 1791
p 63-66
Marie-Antoinette s'égare en s'enfuyant des Tuileries ; elle arrivera au rendez-vous de la rue de l'Échelle avec 2 heures d'un retard qui pèsera lourd dans les suites de l'histoire
Voir la fiche
Événement
1811
25 mars 1811 — Prison de la Force/Grande Force
p 117-122
Le commissaire Henry fait évader Vidocq de la Force pour lui confier la création d'une brigade de bagnards repentis, essentiellement destinée à briser les mouvements sociaux. Le 25 mars 1811, Eugène-François Vidocq sort …

Le commissaire Henry fait évader Vidocq de la Force pour lui confier la création d'une brigade de bagnards repentis, essentiellement destinée à briser les mouvements sociaux.

Le 25 mars 1811, Eugène-François Vidocq sort de la prison de la Force, rue du Roi de Sicile. Officiellement, il s'est évadé — une fausse évasion soigneusement orchestrée, avec un simulacre de fuite depuis un fourgon de police sur le Pont Notre-Dame, pour donner le change à ses anciens complices du milieu. En réalité, le commissaire Henry l'a fait sortir pour lui confier une mission.

Vidocq a quarante ans. Son parcours est déjà extraordinaire : né à Arras, déserteur, forçat, évadé plusieurs fois du bagne, infiltré dans le monde criminel parisien depuis plusieurs années au service de la police. Henry voit en lui ce que peu d'agents peuvent offrir — une connaissance intime du milieu, une capacité à s'y fondre, et une dette assez lourde envers les autorités pour garantir la coopération.

La mission : créer une brigade d'anciens forçats repentis, capables d'infiltrer les réseaux criminels depuis l'intérieur. C'est la naissance de ce qui deviendra la Sûreté nationale — le premier service de police judiciaire moderne de France. Philippe notait dans sa fiche le véritable usage politique de cette brigade : essentiellement destinée à briser les mouvements sociaux. Le maintien de l'ordre, pas seulement la lutte contre le crime.

Vidocq dirigera la Sûreté jusqu'en 1827. Il inspirera ensuite Balzac pour le personnage de Vautrin, et Victor Hugo pour Javert — les deux faces d'un même homme, le criminel retourné.

Voir la fiche
Événement
1827
19 novembre 1827
p 123
Le jeune Auguste Blanqui est blessé au cou lors une émeute contre Charles X ; il s'agissait sans doute d'une provocation policière
Voir la fiche
Événement
1846
1846 — Rédaction du journal "Le Corsaire-Satan"
p 143 & 146
Rédaction du journal issu de la fusion du Corsaire et du Satan
Voir la fiche
Événement
Événement
1848
1848 — Ancien hôpital de la Pitié
p 155
Lucile Louvet, maîtresse de Murger et modèle de Mimi dans les "Scènes de la vie de bohème", meurt de tuberculose à la Pitié
Voir la fiche
Événement
1827
Événement
1828
1828 — Demeure de Charles Baudelaire
p 175
Voir la fiche
Événement
1838
1838 — Demeure de Louis Daguerre
p 177
Louis Daguerre prend le premier cliché représentant un être humain, une vue du bd du Temple prise depuis le toit de son atelier
Voir la fiche
Événement
Événement
1871
3 mars 1871
p 201
Café saccagé pour avoir reçu des prussiens lors de leur bref "séjour" dans Paris après la capitulation
Voir la fiche
Événement
1889
1889 — Demeure de Jeanne Rozerot
p 219
Premier appartement loué par Émile Zola pour la mère de ses enfants ; ils prendront plus tard le nom "Émile-Émile Zola"
Voir la fiche
Événement
1906
Événement
1900
1900 — Demeure de Marcel Proust
p 238
Marcel Proust habite avec ses parents, puis avec sa mère seule ; ce sera le modèle de l'Hôtel de Guermantes
Voir la fiche
Événement
1918
1918 — Salon de la comtesse de La Rochefoucauld
p 248
Voir la fiche
Événement
1940
1940 — Demeure et laboratoire d'André Helbronner
p 274-282
Demeure du physicien André Helbronner qui présenta à l'Académie des Sciences un dossier sur l'élaboration d'une bombe H ; mort de pneumonie au camp de concentration de Buchenwald
Voir la fiche
Événement
1939
1939 — Hôtel de la Païva/Locaux de la Société du Gaz de Paris
p 274-285
Rencontre d'André Helbronner et Jacques Bergier avec l'alchimiste Fulcanelli autour d'expériences de physique nucléaire
Voir la fiche
Événement
1947
1947 — Demeure de François Mitterrand
p 375
Mitterrand, ministre d'État, habite l'étage au dessous de Prévert ; c'est l'époque du pseudo attentat de l'Observatoire
Voir la fiche
Événement
1959
16 octobre 1959
p 379
Il saute la haie du square, sept balles crèvent sa voiture, et la France se demande depuis soixante-cinq ans s'il fut victime d'un piège ou complice d'une mise en scène. La nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterr …

Il saute la haie du square, sept balles crèvent sa voiture, et la France se demande depuis soixante-cinq ans s'il fut victime d'un piège ou complice d'une mise en scène.

La nuit du 15 au 16 octobre 1959, François Mitterrand rentre de la brasserie Lipp. Il a quarante-trois ans, il est sénateur de la Nièvre, ancien ministre de la Quatrième République, opposant au général de Gaulle revenu au pouvoir l'année précédente. La guerre d'Algérie déchire le pays ; l'OAS n'existe pas encore mais les partisans de l'Algérie française menacent ouvertement les hommes politiques favorables à la négociation.

Vers minuit et demi, avenue de l'Observatoire, Mitterrand gare brusquement sa Peugeot 403, franchit la grille du square et se jette dans les jardins. Une rafale d'arme automatique crible sa voiture de sept balles. Il court se réfugier sous le porche du 5 avenue de l'Observatoire.

L'émotion est nationale. Puis, une semaine plus tard, Robert Pesquet, ancien député poujadiste lié à l'extrême droite, déclare que l'attentat était une mise en scène convenue avec Mitterrand lui-même, destinée à redonner à celui-ci une stature de victime. Il produit une lettre qu'il s'était adressée à lui-même en poste restante avant les faits, décrivant le scénario par avance.

Mitterrand reconnaît que Pesquet l'avait averti d'un projet d'attentat le visant, et qu'il n'a pas prévenu la police. Il nie toute complicité et affirme avoir voulu confondre les commanditaires. Le Sénat lève son immunité parlementaire. Il est inculpé d'outrage à magistrat. L'affaire sera close par l'amnistie de 1966 sans jamais être jugée au fond.

Les deux versions restent défendables. Ou bien Mitterrand a monté sa propre agression, ce qui serait d'une légèreté suicidaire. Ou bien il est tombé dans un piège tendu par des adversaires qui connaissaient sa faiblesse pour les manœuvres secrètes.

Sa carrière semblait détruite. Il sera élu président de la République vingt-deux ans plus tard, en 1981.

Voir la fiche
Événement
1959
16 octobre 1959 — Entrée de l'immeuble du 5 av de l'Observatoire
p 379-380
Lieu où se cache Mitterrand pour échapper à ses pseudo assassins
Voir la fiche
Événement
1962
8 août 1962 — Attentat contre le général de Gaulle
p 396
Les tireurs étaient en position. La voiture présidentielle approchait. Un véhicule s'interposa. De Gaulle passa. Deux semaines plus tard, à Petit-Clamart, ils réessayèrent. L'été 1962 fut celui de la guerre d'Algérie fin …

Les tireurs étaient en position. La voiture présidentielle approchait. Un véhicule s'interposa. De Gaulle passa. Deux semaines plus tard, à Petit-Clamart, ils réessayèrent.

L'été 1962 fut celui de la guerre d'Algérie finissante et de la rage des ultras. Les accords d'Évian, signés en mars, avaient mis fin à la guerre et consacré l'indépendance de l'Algérie. Pour l'Organisation de l'Armée Secrète et ses réseaux en métropole, de Gaulle était le traître à abattre.

Jean-Marie Bastien-Thiry, lieutenant-colonel de l'armée de l'air, ingénieur, catholique intransigeant, avait organisé une première tentative d'assassinat en septembre 1961 : une bombe enfouie sur la route nationale 7, à Pont-sur-Seine, que le cortège présidentiel avait évitée de justesse. Il prépara une nouvelle opération pour l'été 1962.

Le 8 août 1962, le groupe se positionna quai Louis Blériot, dans le 16e arrondissement, aux abords du pont de Grenelle, sur le trajet probable du convoi présidentiel. Une estafette de tireurs attendait. Au moment décisif, un véhicule s'interposa entre eux et la voiture de de Gaulle. Le général passa, indemne.

Deux semaines plus tard, le 22 août 1962, Bastien-Thiry tenta à nouveau. Au Petit-Clamart, son groupe mitrailla le convoi présidentiel à la sortie de Villacoublay : cent cinquante cartouches tirées, deux pneus crevés, le chauffeur blessé. De Gaulle et sa femme sortirent sans une égratignure. Bastien-Thiry fut arrêté, jugé, condamné à mort, et fusillé au fort d'Ivry le 11 mars 1963. Il est le dernier homme exécuté par fusillade en France.

Le quai Louis Blériot, lui, reste dans l'ombre de Petit-Clamart.

Voir la fiche
Événement
1968
20 mars 1968 — Bureaux de l'American Express
p 412
Des militants du Comité Viêt Nam National, le CVN, s'attaquent au siège de l'American Express ; la répression qui s'ensuit donnera naissance au "Mouvement du 22 mars", point de départ de Mai 68 Le 20 mars 1968, une poign …

Des militants du Comité Viêt Nam National, le CVN, s'attaquent au siège de l'American Express ; la répression qui s'ensuit donnera naissance au "Mouvement du 22 mars", point de départ de Mai 68

Le 20 mars 1968, une poignée de militants du Comité Viêt Nam National se présentent au 11 rue Scribe, siège parisien de l'American Express. L'idée est simple : l'Amérique bombarde le Viêt Nam, l'American Express représente l'Amérique, les vitres de l'American Express représentent l'American Express. Ils brisent les vitrines.

La police interpelle plusieurs participants, dont Xavier Langlade. C'est cet acte de répression qui va tout déclencher. À Nanterre, des étudiants s'organisent pour exiger la libération des arrêtés. Le 22 mars, ils occupent la salle du conseil de l'université. Le Mouvement du 22 mars est né — et avec lui, Daniel Cohn-Bendit comme figure centrale de ce qui deviendra Mai 68.

Le lien de causalité peut sembler mince : des carreaux cassés rue Scribe, et six semaines plus tard Paris est paralysé. Mais c'est précisément ainsi que fonctionnent les déclencheurs : non par leur ampleur propre, mais par la réaction qu'ils suscitent. La répression de la manifestation anti-américaine fournit aux étudiants de Nanterre le prétexte concret dont ils avaient besoin pour passer de la contestation diffuse à l'action organisée.

Rue Scribe, l'American Express a depuis longtemps oublié l'incident. L'histoire, elle, a retenu la date.

Le bâtiment abritant le siège de l'American Express dans une carte postale ancienne

Voir la fiche
Événement
1968
13 mai 1968
p 432
Le service d'ordre de la CGT empêche les étudiants de poursuivre la manifestation jusque-là commune vers le Champ de Mars ; l'affrontement est violent
Voir la fiche
Événement
1968
24 mai 1968 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 433-434
Assaut et incendie de la Bourse par les militants d'extrême gauche ; l'Hôtel de Ville était visé, mais la police en était informée et fit intervenir un bull de l'armée. Un jeune est tué par une grenade
Voir la fiche
Événement
1968
Événement
1960
Événement
1974
2 avril 1974 — Hôtel d'Ambrun/Demeure de Georges Pompidou (à partir de 1969)
p 448
Georges Pompidou meurt le 2 avril 1974 au 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, d'une maladie de Waldenström — un cancer du sang qu'il dissimulait depuis des années, continuant à gouverner la France tout en sachant …

Georges Pompidou meurt le 2 avril 1974 au 24 quai de Béthune, sur l'île Saint-Louis, d'une maladie de Waldenström — un cancer du sang qu'il dissimulait depuis des années, continuant à gouverner la France tout en sachant qu'il allait mourir. Il a soixante-deux ans. Sa mort en fonction surprend un pays qui, officiellement, ne savait pas qu'il était malade.

Fils d'instituteurs auvergnats, agrégé de lettres, directeur général de la banque Rothschild, Premier ministre de De Gaulle de 1962 à 1968, élu président en 1969 — Pompidou avait le parcours d'un homme qui sait ce qu'il veut et comment l'obtenir. Mai 68 l'avait révélé : c'est lui qui avait négocié les accords de Grenelle avec les syndicats, lui qui avait trouvé la sortie de crise pendant que De Gaulle hésitait.

Sa postérité parisienne est une construction qu'il ne vit pas achevée. En 1969, il avait décidé qu'un grand musée d'art moderne serait construit sur le plateau Beaubourg, site dégagé par les démolitions haussmanniennes. Il avait choisi le projet de Renzo Piano et Richard Rogers — structure métallique apparente, tuyaux de couleur en façade, escalators extérieurs — contre l'avis de presque tout le monde. Le Centre Pompidou ouvre en 1977, trois ans après sa mort. Comme pour la Pyramide du Louvre, ce que Paris avait d'abord moqué est devenu un de ses symboles.

Quai de Béthune, rien n'indique qu'un président y mourut, seulement qu'il y avait habité.

Plaque dédiée à Georges Pompidou, 24 quai de Béthune, Wikimedia

Voir la fiche
Événement
1842
mars 1842 — Hôtel Lefebvre la Malmaison/Demeure de Charles Baudelaire
p 448
Voir la fiche
Événement
1358
1358
p 451
Ancienne rue consacrée à la prostitution, d'où son nom déformé en "Petit Musc" ; elle conduisait au couvent des célestins et prit d'ailleurs un temps leur nom
Voir la fiche
Événement
Date imprécise — Rue Grattecul/Rue Gratte-Con
p 451
Portion de la rue St Sauveur consacrée à la prostitution au Moyen Âge avec l'autorisation de Louis IX (dit St Louis)
Voir la fiche
Événement
1662
1662 — Porche de l'église St Merry (porche latéral)
p 454
Jacqueline Pascal renonce à prendre le "carrosse à 5 sols", ancêtre des omnibus que son frère vient de créer, après que cinq voitures soient passées complètes
Voir la fiche
Événement
1779
1779 — Graffitis de Restif de la Bretonne
p 454-455
Restif de la Bretonne grave ses états d'âme sous forme de graffitis sur les parapets du bord de Seine ; ils deviendront un mythe pour les Romantiques
Voir la fiche
Événement
1860
1 janvier 1860 — Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris
p 472
Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ou …

Plaque sur l'annexion de Montmartre à Paris dans les limites de l'enceinte de Thiers, suite à la loi du 16 juin 1859. Le découpage en 20 arrondissements morcelle les anciennes communes afin d'affaiblir les solidarités ouvrières

Voir la fiche
Événement
1802
23 septembre 1802
p 473
Commencement des travaux du canal de l'Ourc ; il servira entre autres à transporter les ordures parisiennes dans la forêt de Bondy
Voir la fiche
Événement
1889
1889 — Champ de Mars/Pilier Ouest de la Tour Eiffel
p 497-498
Petite tour crénelée dans un bosquet au pied du pilier Ouest ; vestige du système initial d'ascenseurs de la tour
Voir la fiche
Événement
Événement
475
475 — Village de La Chapelle/Oratoire St Denis/Église St Denis
p 500-501
Geneviève fait enterrer les restes de l'évêque Denys et bâtir un oratoire au col de La Chapelle, sur la route de l'étain reliant le Nord au Sud de la Gaule
Voir la fiche
Événement
Date imprécise
p 500
Lieu de rencontre des druides venus de toute la Gaule pour élire leur chef spirituel selon César et certains historiens
Voir la fiche
Événement
1429
8 septembre 1429 — Village de La Chapelle/Basilique Jeanne d'Arc
p 501
Voir la fiche
Événement
1968
10 mai 1968
p 4233
Dans la nuit du 10 au 11 mai 1968, le Quartier latin se couvre de barricades. L’assaut des CRS, raconté en direct par les radios, retourne l’opinion : trois jours plus tard, la France entre en grève. Le 3 mai, la police …

Dans la nuit du 10 au 11 mai 1968, le Quartier latin se couvre de barricades. L’assaut des CRS, raconté en direct par les radios, retourne l’opinion : trois jours plus tard, la France entre en grève.

Le 3 mai, la police a fait évacuer la cour de la Sorbonne, où s’étaient réunis quelques centaines d’étudiants, dont une partie venue de Nanterre, et arrêté plusieurs dizaines d’entre eux. Des affrontements spontanés ont suivi. Depuis, les manifestations se succèdent pour obtenir la libération des étudiants détenus, la réouverture de la Sorbonne et le départ de la police.

Le vendredi 10 mai, les lycéens, jusque-là absents, rejoignent le mouvement. En fin d’après-midi, place Denfert-Rochereau, 20 000 lycéens et étudiants manifestent, 12 000 selon la police. Le cortège veut marcher sur l’ORTF, pour protester contre la manière dont la télévision rend compte des événements, mais les CRS bloquent la rive droite. Ce soir-là, justement, le gouvernement interdit la diffusion d’un reportage du magazine Panorama qui donnait pour la première fois la parole aux dirigeants étudiants.

Les manifestants remontent le boulevard Saint-Michel, le seul où aucun barrage n’est dressé. Vers 20 h 40, sur les radios, Jacques Sauvageot, de l’UNEF, et Alain Geismar, du SNESup, appellent à occuper le Quartier latin « coûte que coûte ». À 21 h 15, la première barricade s’élève rue Le Goff. D’autres suivent, rue Royer-Collard, rue Saint-Jacques, rue de l’Estrapade, à l’angle des rues Claude-Bernard et Gay-Lussac : plusieurs dizaines en tout, la plupart autour de la rue Gay-Lussac. On dépave, on arrache les grilles des arbres et les panneaux. Aux fenêtres, des habitants passent de l’eau aux manifestants pour laver leurs yeux brûlés par les gaz lacrymogènes.

Toute la soirée, RTL et Europe 1 racontent la nuit en direct, en captant les fréquences de la police, et l’on négocie à l’antenne. Le vice-recteur se dit prêt à recevoir les dirigeants étudiants ; ils exigent d’abord l’amnistie des étudiants arrêtés. Vers minuit, une délégation réunie par le sociologue Alain Touraine, avec Daniel Cohn-Bendit, est reçue par le recteur Roche à la Sorbonne. Rien n’en sort.

À partir de deux heures du matin, 6 255 policiers donnent l’assaut. Grenades lacrymogènes, charges : il leur faut des heures pour réduire les barricades ; la dernière, rue Thouin, tombe à 5 h 30. Rue Gay-Lussac, un commandant de CRS est grièvement blessé au front par un pavé lancé d’un toit. Des centaines de manifestants sont blessés.

Au matin, le Quartier latin est dévasté, jonché de voitures retournées. Les images de la répression passent à la télévision ; la presse, jusque-là sévère pour les étudiants, désapprouve les brutalités policières. « Halte à la répression », titre L’Humanité dans une édition spéciale. De retour d’Afghanistan, le Premier ministre, Georges Pompidou, ordonne la réouverture des universités et le départ de la police de la Sorbonne. Les syndicats appellent à la grève générale pour le lundi 13 mai : ce jour-là, une immense manifestation traverse Paris, et la grève, au lieu de s’arrêter le soir, gagne tout le pays. Le 22 mai, dix millions de salariés ne travaillent plus.

Voir la fiche
Événement
1968
10 mai 1968
p 4233
Première barricade dressée la nuit du 10 au 11 mai 68 à 21 h 15
Voir la fiche