Destruction de la statue de Napoléon après l'entrée des "alliés" ; elle est remplacée par un drapeau blanc

Colonne Vendôme (célébrant la victoire d'Austerlitz, inaugurée le 5 août 1810)

La descente de la statue de Napoléon 1er du haut de la colonne Vendôme, le 8 avril 1814, Emmanuel Opiz, Leipzig, 1841, Carnavalet

Le 8 avril 1814, une semaine après l'entrée des cosaques dans Paris, la statue de Napoléon disparaît du sommet de la colonne Vendôme. L'opération est menée par le marquis de Maubreuil et Sosthène de La Rochefoucauld — deux royalistes zélés qui n'ont pas attendu d'ordre officiel. Des cordes, des poulies, une foule en liesse. Le César de bronze est descendu, remplacé par un drapeau blanc fleurdelisé. Napoléon avait abdiqué deux jours plus tôt à Fontainebleau.

La colonne elle-même est épargnée — le tsar Alexandre Ier intervient personnellement pour la sauver. Napoléon avait eu la prudence de n'y faire figurer aucune allusion aux défaites russes, et le tsar n'a pas oublié cette attention.

C'est la première des trois morts symboliques de la colonne. Louis XVIII la coiffe d'un drapeau blanc, puis d'une fleur de lys. Louis-Philippe réinstalle Napoléon au sommet en 1833, mais en redingote de petit caporal plutôt qu'en César romain. Napoléon III le remplace par une nouvelle statue en toge impériale.

Le 16 mai 1871, la Commune renverse la colonne entière — non plus la seule statue mais le fût lui-même, abattu à 17h26 sous les acclamations, sur un lit de sable et de fumier, au son de la Marseillaise. Gustave Courbet, tenu pour responsable, sera condamné à en payer la reconstruction — 323 091 francs. Il mourra en exil en Suisse le 31 décembre 1877, la veille du paiement de sa première annuité.

La colonne, restaurée en 1875, est toujours debout place Vendôme.

Bibliographie