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Couverture — Les Pavés de Paris
Bibliographie

Les Pavés de Paris

LA BATUT Guy de
Éditions Sociales Internationales, 1937.
Livre
1077 Fiches citant cet ouvrage
1937 Édition

Fiches citant cet ouvrage

1077 fiches
Événement
1658
1658 — Cabaret de l'Épée de Bois (une des origines de l'Opéra)
t1 p 213
Académie royale de danse, puis opéra ; lieu d'orgies mémorables sous Law, avec les "Mississippiens", possesseurs des actions du Mississippi. Premier bal public, mais en fait très fermé
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Événement
1908
4 juin 1908 — Le Panthéon
t1 p 225
Alfred Dreyfus est blessé par Louis-Anthelme Grégori pendant la cérémonie houleuse de transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon ; Grégori sera acquitté Le 4 juin 1908, une cérémonie officielle a eu lieu pour transfé …

Alfred Dreyfus est blessé par Louis-Anthelme Grégori pendant la cérémonie houleuse de transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon ; Grégori sera acquitté

Le 4 juin 1908, une cérémonie officielle a eu lieu pour transférer les cendres d'Émile Zola au Panthéon à Paris. Cette cérémonie a été marquée par une tentative d'assassinat contre Alfred Dreyfus, qui a été légèrement blessé par deux coups de feu tirés par Louis-Anthelme Grégori, un journaliste nationaliste. Grégori a été arrêté mais acquitté par la suite. La cérémonie était tendue, reflétant les divisions politiques et sociales de l'époque, notamment en raison de l'affaire Dreyfus.

La décision de panthéoniser Zola a été le résultat d'une initiative parlementaire soutenue par des figures comme Georges Clemenceau, malgré l'opposition de certains nationalistes qui critiquaient le rôle de Zola dans l'affaire Dreyfus.

Sources

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Événement
1792
1792 — Couvent de St Martin des Champs
t1 p 118
Ancien prieuré transformé en manufacture d'armes sous le nom de "ci-devant prieuré royal de St Martin des Champs" ; on y proclame "la patrie en danger"
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Événement
1871
26 mai 1871 — Caves du théâtre de Cluny/Cachette d'André Gill et d'Ernest Pichio
t1 p 253
André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où …

André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où il mourra

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Événement
1871
mai 1871 — Cachette de Francis Jourde
t1 p 51
Arrestation de François ou Francis Jourde, délégué aux Finances de la Commune. Il sera condamné à mort à deux reprises avant d'être finalement déporté en Kanaky d'où il s'évadera
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Événement
Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel Gay-Lussac/Demeure de Raoul Rigault
t1 p 217-218
Arrestation de Raoul Rigault, Blanquiste, procureur de la Commune, à son domicile
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Événement
1804
4 mars 1804 — Cachette de complices de Cadoudal
t1 p 143
Arrestation de trois membres du complot de Georges Cadoudal contre le "général Vendémiaire"
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Événement
1796
8 mai 1796 — Cachette de Gracchus Babeuf (chez le tailleur Tissot et sous ce faux nom)
t1 p 84-87
Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltr …

Arrestation des principaux dirigeants de la Conjuration des Égaux, dont Gracchus Babeuf et Philippe Buonarroti, chez Pierre François Tissot, par le crapuleux commissaire Dossonville le 19 floréal an IV, suite à l'infiltration de Grisel, un indicateur

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Événement
1812
23 octobre 1812 — Quartier général de l'état-major
t1 p 42
Arrestation du général Malet par Doucet et Laborde lors de sa tentative de prise du pouvoir
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Événement
1791
12 juillet 1791 — Opéra de Paris
t1 p 220
Arrêt du cortège qui emmène la dépouille de Voltaire au Panthéon devant le Théâtre de la Porte St Martin, devenu officiellement "Opéra de Paris" entre 1791 et 1794
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Événement
1914
31 juillet 1914 — Café À la Chope du Croissant
t1 p 108
Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza. Ja …

Le 31 juillet 1914, Raoul Villain tira deux coups de feu à travers la fenêtre du café du Croissant et tua Jean Jaurès. Villain fut acquitté cinq ans plus tard. En 1936, des miliciens anarchistes l'exécutèrent à Ibiza.

Jaurès avait passé sa dernière journée à courir Paris. Il avait rencontré le matin des socialistes allemands pour tenter d'organiser une riposte internationale à la guerre qui s'annonçait. Il avait rédigé un article pour L'Humanité. Il dîna avec des collaborateurs au café du Croissant, 146 rue Montmartre, dans le 2e arrondissement, au coin de la rue du Croissant, à deux pas des bureaux du journal qu'il avait fondé en 1904. C'était le soir du 31 juillet 1914.

Vers 21h40, Raoul Villain, vingt-neuf ans, nationaliste, s'approcha de la fenêtre ouverte du café. Il tira deux coups de revolver. Jaurès, frappé à la tête, mourut en quelques minutes. Villain fut arrêté sur place.

La France ordonna la mobilisation générale le lendemain.

Villain attendit cinq ans en prison avant d'être jugé. Le 29 mars 1919, le jury des assises de la Seine l'acquitta. Le tribunal condamna la veuve de Jaurès aux dépens. Des émeutes éclatèrent devant le palais de justice.

Après l'acquittement, Villain voyagea. Il finit par s'établir à Ibiza, dans les Baléares. En septembre 1936, au début de la guerre civile espagnole, des miliciens anarchistes le capturèrent et l'exécutèrent.

Jaurès avait cinquante-quatre ans. Sa mort, la veille de la mobilisation, laissa la SFIO sans son seul dirigeant capable de s'opposer à l'Union sacrée. La gauche socialiste vota les crédits de guerre.

Le café du Croissant est toujours au 146 rue Montmartre. Une plaque rappelle l'événement.

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Événement
1392
Événement
1407
23 novembre 1407 — Allée aux Arbalétriers/Hôtel Barbette/Hôtel de la Reine
t1 p 143
Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à p …

Assassinat du duc d'Orléans qui déclenche la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs. Elle durera une trentaine d'années

Le 23 novembre 1407, Louis Ier d'Orléans, frère du roi Charles VI, est assassiné à Paris, à proximité du 38 rue des Francs-Bourgeois, alors qu’il rentre de l’Hôtel Barbette où il avait rendu visite à la reine Isabeau de Bavière. L’attaque, menée par une quinzaine d’hommes sous la direction de Raoul d’Anquetonville et orchestrée par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, est soigneusement préparée. Thomas Courteheuse, valet du roi, joue un rôle dans la conspiration en prévenant le duc d’un faux appel du roi. Louis d’Orléans est tué à coups de hache après avoir été jeté à bas de sa monture. Cet assassinat marque le début d’une guerre civile entre les factions des Bourguignons, menés par Jean sans Peur, et des Armagnacs, partisans de la famille d’Orléans. Ce conflit, alimenté par la folie du roi Charles VI et la rivalité pour le contrôle du royaume, durera environ trente ans et déstabilisera profondément la France en pleine guerre de Cent Ans.

Sources

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Événement
1820
13 février 1820 — Salle Louvois/Opéra de Paris
t1 p 106
Il vient de raccompagner sa femme à sa voiture et revient voir la fin du spectacle. Un homme surgit « comme une flèche ». C’est le dimanche gras, 13 février 1820. L’Opéra de Paris joue alors rue de Richelieu, dans la sal …

Il vient de raccompagner sa femme à sa voiture et revient voir la fin du spectacle. Un homme surgit « comme une flèche ».

C’est le dimanche gras, 13 février 1820. L’Opéra de Paris joue alors rue de Richelieu, dans la salle qui occupait l’emplacement de l’actuel square Louvois. Le duc de Berry y assiste au spectacle avec son épouse. Second fils du comte d’Artois — le futur Charles X —, neveu du roi Louis XVIII, qui n’a pas d’enfant, il est le seul prince de la famille royale qui puisse encore lui donner un héritier : l’avenir de la dynastie repose sur lui. À l’entracte, vers onze heures du soir, il raccompagne sa femme à sa voiture puis revient à pied vers l’entrée, sans chapeau ni manteau. Un homme surgit devant la voiture et le frappe à la poitrine. Le prince croit d’abord à un coup de poing : « Ah ! C’est un poignard, je suis mort ! »

L’arme est une alêne longue de vingt-cinq centimètres, que les Archives nationales conservent encore. Le duc a la force de l’arracher lui-même avant de perdre connaissance. Transporté dans une salle du théâtre, il agonise toute la nuit, demandant, dit-on, « grâce pour l’homme » qui l’a frappé. Sur son lit de mort, la famille royale reconnaît les enfants qu’il a eus en Angleterre, pendant l’émigration, avec Amy Brown. Il meurt à six heures et demie du matin.

Le meurtrier, Louis Pierre Louvel, est arrêté sur-le-champ. Ouvrier sellier né à Versailles, ancien soldat de la Garde impériale, il a suivi Napoléon à l’île d’Elbe. Il a agi seul, par conviction, au terme d’un projet médité depuis des années : il n’a aucune haine contre sa victime, il veut « détruire la souche » des Bourbons. Dès 1814, il était allé jusqu’à Calais dans le même dessein, quand Louis XVIII devait y débarquer. Devant ses juges, il ne renie rien : les Bourbons, dit-il, n’avaient pas le droit de revenir régner en France. Il est guillotiné place de Grève le 7 juin 1820.

Il échoue pourtant. Le 29 septembre suivant naît le fils posthume du duc, le duc de Bordeaux, que les royalistes surnomment aussitôt « l’enfant du miracle ». Mais l’attentat emporte le principal ministre de Louis XVIII, Élie Decazes, que les ultras jugeaient trop libéral et tenaient pour responsable du crime. Chateaubriand a ce mot cruel : « le pied lui a glissé dans le sang ». La voie est libre pour les ultras.

Louis XVIII fait raser la salle pour effacer le lieu du crime, et l’on entreprend d’y élever un monument expiatoire, qui doit abriter un tombeau sculpté par Dupaty, Cortot et Cartelier. La révolution de 1830 balaie le projet. Le monument funéraire, relégué à Saint-Denis, restera plus d’un siècle dans un débarras avant d’être remonté en 1976 derrière le chevet de la basilique. Sur l’emplacement de l’Opéra s’étend aujourd’hui le square Louvois, où Louis Visconti a dressé en 1844 une fontaine aux quatre grands fleuves de France : la Seine, la Garonne, la Loire et la Saône.

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Événement
Date imprécise — Église du couvent des Mathurins/Atelier de Jacques-Louis David
t1 p 252
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Événement
1794
9 novembre 1794 — Chapelle du couvent des Jacobins/Bibliothèque du couvent des Jacobins
t1 p 92
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Événement
1794
22 mai 1794 — Demeure de Jean-Marie Collot d'Herbois/Demeure d'Henri Admirat (au 5ème étage)
t1 p 112
Attentat manqué, sans doute truqué, d'Admirat contre Collot d'Herbois, manipulé par Barère, destiné à alimenter les menées contre Robespierre en justifiant la création d'une garde personnelle qui le ferait apparaître com …

Attentat manqué, sans doute truqué, d'Admirat contre Collot d'Herbois, manipulé par Barère, destiné à alimenter les menées contre Robespierre en justifiant la création d'une garde personnelle qui le ferait apparaître comme un apprenti dictateur

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Événement
1830
31 mai 1830 — Palais Royal
t1 p 28
Bal en l'honneur du roi des Deux-Siciles, qui fit dire à Salvandy s'adressant au duc d'Orléans "Voilà, Monseigneur, une fête toute napolitaine : nous dansons sur un volcan !”
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Événement
1849
13 juin 1849 — Barricade rue St Martin (face au Conservatoire des Arts et Métiers)
t1 p 118-120
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
t1 p 47-48
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Événement
1832
6 juin 1832 — Batterie de canons en 1832
t1 p 154
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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
t1 p 172
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Événement
Événement
1792
10 septembre 1792 — Hôtel des États de Béarn/Demeure de Jean-Jacques Régis de Cambacérès
t1 p 112
Cambacérès s'installe à l'hôtel de Béarn lors de son arrivée à Paris
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Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
t1 p 212
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1871
22 janvier 1871
t1 p 187-189
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1718
1718 — Cloche de la Bourse de Law
t1 p 125
Cloche annonçant la fin des séances de la Bourse de John Law
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Événement
508
508
t1 p 90
Clovis, roi des Francs, fait de Paris la capitale des mérovingiens ; mais ce n'est qu'en 1907 qu'elle deviendra vraiment celle de la France, avec la création d'un Parlement
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Événement
1870
8 novembre 1870 — Salle de la rue d'Arras/Club de la Patrie en Danger
t1 p 253
Club Blanquiste qui propose une motion sur la fabrication de canons avec la fonte du bronze de la colonne Vendôme
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Événement
1871
29 avril 1871 — Église St Germain l'Auxerrois/Club Germain l'Auxerrois/Club des Libres Penseurs/Club de femmes
t1 p 88
Club de femmes pendant la Commune de 1871, animé par Lodoïska Kawecka. Une cantinière des "Vengeurs de Paris VIII" propose de voter en faveur du divorce
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Événement
1791
1791 — Siège de la Société patriotique de la Section de la Bibliothèque
t1 p 112
Club de la Société patriotique de la Section de la Bibliothèque
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Événement
Événement
1848
Événement
Événement
Événement
1848
mars 1848 — Oratoire de Paris/Institut de l'Oratoire de Paris/Club de l'Institut
t1 p 100
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Événement
1848
1848 — Palais National/Palais Royal (rebaptisé)/Club Républicain du 2ème arrondissement (de l'époque)
t1 p 100
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Événement
1848
mars 1848 — Club démocratique des Blancs-Manteaux
t1 p 211
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Événement
Événement
1848
mars 1848 — École de Droit/Club Soufflot
t1 p 253
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Événement
1848
mars 1848 — Hôtel des Abbés de Cluny/Club Cluny/Club des Mathurins St Jacques
t1 p 253
Club révolutionnaire fondé pendant la Révolution de 1848 ; poste de commandement des Insurgés
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Événement
1848
1848
t1 p 253
Club révolutionnaire pendant la Révolution de 1848, rassemblant surtout des étudiants
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Événement
1848
mars 1848 — École de Droit/Club de l'École de Droit
t1 p 253
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Événement
Événement
1871
6 mai 1871 — Église St Nicolas des Champs/Club Nicolas des Champs (qui édite le "Bulletin communal", organe des clubs)
t1 p 142
Club révolutionnaire qui œuvre pour une tentative de fédération pendant la Commune
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Événement
1791
1791 — Siège de la Société de la Section de Ste Geneviève
t1 p 253
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade en Juin 1848
t1 p 244-246
Combats violents en Juin 1848 sur trois barricades ; contrairement à février, les polytechniciens sont contre les insurgés
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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
t1 p 200
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1782
janvier 1782 — Prison de la Force
t1 p 207
Construction de la prison royale de la Force ; vestiges du mur d'enceinte au fond de la cour
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Événement
1564
1564 — Vestiges du palais des Tuileries
t1 p 31
Construction du palais des Tuileries, dont on peut voir des vestiges transférés dans l'allée derrière l'Orangerie
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Événement
1794
5 avril 1794 — Demeure de François Chabot
t1 p 101
Conventionnel impliqué dans le scandale de mise à l'écart de suspects et de spéculation sur la liquidation de la Compagnie des Indes
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Événement
1787
1787
t1 p 94
Corps de garde incendié par 2 fois pour protester contre des édits
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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
t1 p 63-64
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
1872
1872 — Passage Laffitte (ex passage d'Artois)/Galerie Paul Durand-Ruel
t1 p 47
Courbet en appelle au jugement du public contre celui des artistes
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Événement
1872
1872 — Galerie Ottoz
t1 p 47
Courbet en appelle au jugement du public contre celui des artistes
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Événement
1808
Événement
1829
1829 — Hôtel de Juigné/Hôtel Salé/École Centrale des Arts et Manufactures
t1 p 143
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Événement
1808
1808 — Hôtel Carnavalet/École des Ponts et Chaussées
t1 p 143
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Événement
1871
6 mai 1871 — Première école professionnelle pour garçons
t1 p 250
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Événement
1848
2 mars 1848 — La Sorbonne (grand amphithéâtre)/Club du 2 Mars
t1 p 253
Le Club du 2 Mars naît dans l’effervescence qui suit la révolution de février 1848, quand les clubs politiques se multiplient à une vitesse folle à Paris. Il s’installe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, ce qui l …

Le Club du 2 Mars naît dans l’effervescence qui suit la révolution de février 1848, quand les clubs politiques se multiplient à une vitesse folle à Paris. Il s’installe dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, ce qui lui donne d’emblée une visibilité et une capacité d’accueil importantes : on y tient de vastes assemblées où se mêlent étudiants, ouvriers, petits bourgeois et militants républicains.

Autour d’Eugène Dauzon et de ses proches (Prévost, Lallier, Christian Pitois, etc.), le club se veut à la fois tribune d’agitation démocratique et lieu de politisation accélérée, dans la lignée des clubs de 1793. On y discute suffrage universel, organisation du travail, droit au secours, responsabilité des nouveaux gouvernants, et très tôt s’y exprime une sensibilité nettement sociale, voire socialiste, qui le placera du côté des clubs les plus radicaux.

Cette radicalité explique qu’on retrouve le Club du 2 Mars très actif au moment des journées de Juin 1848. Ses orateurs ont contribué, en amont, à entretenir la défiance à l’égard de la fermeture des Ateliers nationaux et à appeler à une pression populaire sur l’Assemblée. Lorsque l’insurrection éclate, une partie de ses membres bascule vers le camp des insurgés ou, à tout le moins, sert de relais entre les faubourgs et les milieux étudiants, ce qui vaudra au club d’être dans le collimateur des autorités lors de la répression et du tournant répressif de l’été 1848.

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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
t1 p 109
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Événement
1724
24 septembre 1724 — Hôtel de Nevers/Galerie Mansart/Galerie Mazarine/Bourse des valeurs
t1 p 109
En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle. La spéculation financière n'attend pas …

En instituant le monopole des agents de change sur la Bourse, Louis XV ne crée pas seulement un marché : il crée une aristocratie financière qui durera jusqu'à la fin du XXe siècle.

La spéculation financière n'attend pas les institutions pour exister. Avant 1724, les opérations de bourse se tiennent à Paris dans les rues, les cafés et les galeries couvertes. Les affaires de Law — la banqueroute du Système en 1720, qui avait ruiné des dizaines de milliers de Français et ébranlé la confiance dans les finances du royaume — ont laissé des traces profondes. Le pouvoir veut encadrer, réguler, contrôler.

Le 24 septembre 1724, un arrêt du Conseil du roi crée officiellement la Bourse des valeurs de Paris. Elle s'installe dans les locaux de l'Hôtel de Nevers, rue Vivienne, dans l'actuel 2e arrondissement. L'arrêt institue le monopole des agents de change : seuls des officiers royaux assermentés et nommés par le roi peuvent effectuer des transactions sur les effets publics et les actions de compagnie. Tout opérateur non agréé est un colporteur illégal.

Ce monopole crée immédiatement une caste. Les agents de change sont à la fois fonctionnaires du roi et opérateurs du marché, rémunérés par des commissions sur chaque transaction. Leur nombre est fixé à soixante par l'arrêt fondateur. Ils sont propriétaires de leur charge, qu'ils peuvent revendre à prix d'or. Cette superposition d'une institution publique et d'intérêts privés constitue l'ADN de la finance parisienne pendant deux siècles et demi.

La Révolution suspend la Bourse en 1793, au moment même où la spéculation sur les assignats bat son plein hors de toute institution. Elle réouvre sous le Directoire. Napoléon lui offre son temple : le Palais Brongniart, commandé en 1808, achevé en 1825. Le monopole des agents de change ne sera aboli qu'en 1988, lors de la grande réforme libérale de la Bourse, qui transforme les opérateurs en sociétés commerciales concurrentes. La charge d'agent de change, trois siècles d'aristocratie financière, disparaît alors définitivement.

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Événement
1794
10 octobre 1794 — Conservatoire des Arts et Métiers
t1 p 117-120
Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous. Henri Grégoire est prêtre, évê …

Un abbé janséniste convainc la Convention que les savoirs techniques ne doivent pas rester le secret des corporations et des élites, et fonde un musée pour les mettre sous les yeux de tous.

Henri Grégoire est prêtre, évêque constitutionnel de Blois, député à la Convention. Il est l'un des rares hommes de la Révolution dont chaque combat a été gagné par la postérité : abolition des privilèges, émancipation des Juifs de France, abolition de l'esclavage, sauvegarde du patrimoine contre le vandalisme, dont il forgea le mot. C'est aussi un obsédé de l'instruction publique et des "arts utiles."

Sa conviction est politique autant que pédagogique. Sous l'Ancien Régime, les savoir-faire techniques appartiennent aux corporations, transmis par le compagnonnage, protégés comme des secrets de métier. Les machines des manufactures sont des propriétés privées inaccessibles. L'ingénierie savante est réservée aux écoles militaires nobiliaires. La Révolution a supprimé les corporations par la loi Le Chapelier en 1791 ; il faut maintenant rendre la technique publique.

Le 19 vendémiaire an III, soit le 10 octobre 1794, Grégoire présente à la Convention nationale, au nom des comités d'Agriculture, des Arts et d'Instruction publique, le rapport instituant le Conservatoire des Arts et Métiers. Le décret est adopté. L'établissement doit conserver "les machines, modèles, outils, dessins, descriptions et livres dans tous les genres d'arts et métiers," et les exposer publiquement.

L'idée est neuve : un musée où l'on ne vient pas admirer mais comprendre, où les objets sont exposés pour être copiés, améliorés, diffusés. Le Conservatoire recueille les collections confisquées, dont celles de Vaucanson, l'inventeur des automates.

Il s'installe en 1798 dans l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, 270-292 rue Saint-Martin dans le 3e arrondissement, monastère clunisien du XIe siècle nationalisé par la Révolution. Nicolas-Jacques Conté, inventeur du crayon graphite, en organise les collections avec Molard.

Le Conservatoire national des arts et métiers existe toujours au même endroit. Il est à la fois musée, grande école et centre de formation continue pour adultes salariés, ce qui est encore, deux siècles plus tard, exactement le programme de Grégoire.

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Événement
Événement
1792
14 août 1792 — Ministère de la Justice/Demeure de Georges Jacques Danton
t1 p 42
Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", fau …

Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", faute de mieux

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Événement
1382
1 mars 1382 — Halles de Paris
t1 p 169
Début de la révolte des Maillotins, suite à une altercation entre une marchande de cresson et un fermier de l'impôt ; la répression de cette émeute entraînera une perte de pouvoir pour la Prévôté de l'eau
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Événement
1792
11 décembre 1792 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
t1 p 33
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Événement
1795
5 octobre 1795 — Batterie de canons le 13 Vendémiaire
t1 p 76-77
Barras cherche un général disponible ; il tombe sur un Corse de vingt-six ans sans emploi, qui fait tirer au canon dans la rue Saint-Honoré : la carrière de Napoléon commence là. L'automne 1795 est le moment où la Révolu …

Barras cherche un général disponible ; il tombe sur un Corse de vingt-six ans sans emploi, qui fait tirer au canon dans la rue Saint-Honoré : la carrière de Napoléon commence là.

L'automne 1795 est le moment où la Révolution se referme. La Convention thermidorienne a écrasé les sans-culottes en germinal et en prairial an III. Elle a voté une nouvelle Constitution, celle de l'an III, et le décret des deux tiers, qui impose que les deux tiers des membres des futurs Conseils soient choisis parmi les conventionnels sortants. La droite royaliste et modérée, qui espérait reprendre le pouvoir par les urnes, se voit confisquer sa victoire annoncée.

Les sections parisiennes se soulèvent. Le noyau de l'insurrection est la section Le Peletier, autour de la Bourse, milieu de banquiers et de rentiers, noyautée par des agents royalistes dont le baron de Batz. Le mouvement rassemble une trentaine de milliers d'hommes des sections bourgeoises de l'Ouest et du centre.

La Convention n'a que cinq mille hommes. Barras est nommé commandant des forces de l'intérieur. Il cherche un officier capable ; Joubert, son premier choix, vient d'être tué. Il fait appeler un général corse de vingt-six ans, sans affectation depuis sa disgrâce post-thermidorienne : Napoléon Bonaparte, qui loge à l'auberge du Cadran Bleu, rue de la Huchette.

Bonaparte agit vite. Il envoie Murat chercher au camp des Sablons quarante canons, qu'il fait mettre en batterie aux abords des Tuileries : rue Saint-Honoré, rue Saint-Roch, rue de l'Échelle, rue de Rohan, place du Palais-Royal.

Le 5 octobre 1795, 13 Vendémiaire an IV, les colonnes insurgées avancent. Bonaparte fait tirer à la mitraille dans les rues étroites. Les marches de l'église Saint-Roch, où les insurgés se sont retranchés, portent encore aujourd'hui des impacts. Le combat dure quelques heures. Environ deux cents morts dans chaque camp. Le Palais-Royal et le Théâtre Français sont pris d'assaut à la tombée de la nuit.

Bonaparte est nommé général de division, puis commandant de l'armée d'Italie six mois plus tard. Le régime a été sauvé par un militaire : il vient d'apprendre qu'il dépend de lui. Quatre ans plus tard, le 18 Brumaire, il n'y aura plus besoin de canons.

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Événement
1793
1793 — Demeure d'André Chénier (présumée mais contestée)
t1 p 105
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1789
1789 — Hôtel Delahaye/Hôtel Radix de Sainte Foy/Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau
t1 p 219-220
Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fer …

Demeure d'Honoré-Gabriel-Riqueti de Mirabeau, surnommé "l'Orateur du peuple" ; il touche une pension pour son soutien secret à la royauté : 200 000 livres pour payer ses dettes, 6 000 livres par mois et 1 millon à la fermeture de l'Assemblée

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Événement
Date imprécise — Demeure de Camille Odilon Barrot
t1 p 100
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1795
1795 — Demeure de Jean-François Rewbell
t1 p 101
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Date imprécise — Demeure de Paul Barras
t1 p 112
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Événement
Date imprécise — Demeure de Pierre-Toussaint Durand de Maillane
t1 p 112
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Date imprécise — Demeure de Pierre-Toussaint Durand de Maillane
t1 p 101
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Favre
t1 p 112
Demeure d'un des fondateurs de la Troisième République ; un des "trois Jules", escroc capteur d'héritage, faussaire, promoteur de la cession de l'Alsace-Lorraine aux prussiens, commanditaire de l'assassinat de Jean-Bapti …

Demeure d'un des fondateurs de la Troisième République ; un des "trois Jules", escroc capteur d'héritage, faussaire, promoteur de la cession de l'Alsace-Lorraine aux prussiens, commanditaire de l'assassinat de Jean-Baptiste Millière

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1784
1784 — Hôtel de Rohan-Strasbourg/Demeure du cardinal de Rohan
t1 p 212
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Date imprécise — Demeure de François de Barthélemy
t1 p 112
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Date imprécise — Demeure de François de Barthélemy
t1 p 112
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Événement
1793
1793 — Demeure de Bertrand Barère de Vieuzac
t1 p 100
Demeure de Bertrand Barère, membre du Comité de Salut public. Dans une maison de Clichy où étaient organisées des orgies, il établissait avec Vadier et Voulland, des listes de gens à envoyer à la guillotine
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Date imprécise — Demeure de Jean-Marie Calès
t1 p 112
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Date imprécise — Demeure du général Joseph Charras
t1 p 101
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1789
1789 — Demeure d'Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé
t1 p 101
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Événement
Date imprécise — Demeure de François-Antoine de Boissy d'Anglas
t1 p 101
Demeure de François-Antoine Boissy d'Anglas qui, alors qu'il était président de la Convention, salua la tête coupée de Jean-Bertrand Féraud présentée à la tribune par les insurgés
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1789
14 juillet 1789 — Demeure de Jacques de Flesselles
t1 p 142
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1794
10 février 1794 — Demeure de Jacques Roux
t1 p 101
Le 10 février 1794, Jacques Roux met fin à ses jours dans sa cellule, quelques semaines après avoir été exclu du club des Cordeliers et poursuivi par le pouvoir révolutionnaire. Sa demeure parisienne, située au 40 rue de …

Le 10 février 1794, Jacques Roux met fin à ses jours dans sa cellule, quelques semaines après avoir été exclu du club des Cordeliers et poursuivi par le pouvoir révolutionnaire. Sa demeure parisienne, située au 40 rue de l’Arbre-Sec, dans le quartier des Halles – Saint-Honoré, constitue un point d’ancrage discret mais essentiel de son itinéraire politique. Le bâtiment a aujourd’hui disparu, détruit lors du percement de la rue de Rivoli, mais le lieu demeure chargé de mémoire.

Prêtre défroqué devenu l’une des voix les plus radicales de la Révolution, Jacques Roux est la figure emblématique du courant des Enragés. Il défend avec intransigeance le droit à l’existence, la taxation des denrées de première nécessité et la répression des accapareurs. Sa proximité avec les milieux populaires des Halles n’est pas anodine : ce quartier marchand, sensible aux pénuries et à la vie chère, nourrit sa critique sociale et son engagement.

Mais à partir de 1793, Roux devient une figure encombrante. Accusé de démagogie, marginalisé puis exclu des Cordeliers, il est arrêté et poursuivi. La Révolution, qu’il voulait pousser vers l’égalité sociale, se retourne contre lui. Son suicide, le 10 février 1794, scelle tragiquement le destin d’un révolutionnaire qui refusa toute conciliation avec l’ordre économique et politique dominant.

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Événement
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1794
Événement
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Événement
Date imprécise — Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier
t1 p 101
Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier, conventionnel Montagnard. Compère corronmpu de Barère, il soutiendra la Conjuration des Égaux, mais dans quel but ?
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Date imprécise — Demeure de Pierre Louis Prieur
t1 p 101
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Événement
Événement
1789
1789
t1 p 112
Demeure du conventionnel François Chabot ; il trempe dans plusieurs scandales, de mise à l'écart de suspects et de spéculation sur la liquidation de la Compagnie des Indes
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Événement
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Date imprécise — Demeure de Jean-Bon Saint-André
t1 p 113
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Date imprécise — Demeure d'Antoine Christophe Saliceti
t1 p 101
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Événement
1871
1871 — Demeure de Félix Pyat
t1 p 212
Demeure du journaliste Félix Pyat, membre de la Commune, personnage très controversé ; le "mauvais génie de la révolution du 18 mars" selon Benoît Malon, jugement repris par Marx
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Événement
Date imprécise — Palais du Louvre/Cour du Louvre/Demeure de Jacques-Louis David
t1 p 101
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Événement
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1789
13 juillet 1789 — Demeure d'Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé (de 1784 à 1799)
t1 p 142
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Edmond Louis Alexis Dubois-Crancé/Demeure de Jean-Baptiste Célestin Poulain de Boutancourt
t1 p 142
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Événement
1832
6 juin 1832 — Cloître St Méry/État-major des Insurgés de 1832
t1 p 149
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Événement
1830
29 juillet 1830
t1 p 180
Un apprenti serrurier tombe sur la passerelle de Grève, un drapeau tricolore à la main. Le pont, dit-on, porte encore son nom. Le 25 juillet 1830, à Saint-Cloud, Charles X a signé les ordonnances qui musellent la presse …

Un apprenti serrurier tombe sur la passerelle de Grève, un drapeau tricolore à la main. Le pont, dit-on, porte encore son nom.

Le 25 juillet 1830, à Saint-Cloud, Charles X a signé les ordonnances qui musellent la presse et dissolvent la Chambre à peine élue. Paris se soulève. Le 28 au matin, étudiants, ouvriers, gardes nationaux et anciens soldats se rendent maîtres de l’Hôtel de Ville et hissent le drapeau tricolore à son sommet comme sur les tours de Notre-Dame. Le maréchal Marmont, qui commande les troupes royales, lance trois colonnes vers la place de Grève ; celle du général Talon, arrivée par les quais, reprend l’Hôtel de Ville.

L’après-midi, les insurgés contre-attaquent depuis la rive gauche et l’île de la Cité. Entre eux et la place coule la Seine, que franchit depuis 1828 une étroite passerelle suspendue réservée aux piétons, le pont de la Grève. Abrités derrière le parapet du quai, ils échangent des coups de feu avec la troupe massée sur la place. Un jeune apprenti serrurier, fils d’un ancien sergent, s’empare d’un drapeau tricolore et s’élance en entraînant les autres. Mortellement atteint, il aurait crié : « Mes amis, souvenez-vous que je me nomme Arcole ! » On a peut-être mal compris un garçon qui invoquait, en mourant, Bonaparte au pont d’Arcole. La légende est née.

Isolé, Talon doit évacuer l’Hôtel de Ville vers onze heures du soir. Le 29 juillet, les insurgés en sont les maîtres pour de bon ; en fin d’après-midi, les Tuileries tombent à leur tour. Une commission municipale s’installe à l’Hôtel de Ville avec La Fayette, qui, à soixante-treize ans, vient de reprendre le commandement de la Garde nationale. C’est encore là, deux jours plus tard, que se joue la fin de la révolution : au balcon, La Fayette donne l’accolade au duc d’Orléans, tous deux enveloppés dans un immense drapeau tricolore, et la foule massée sur la place de Grève applaudit. « Le baiser républicain de La Fayette fit un roi », écrira Chateaubriand.

Louis-Philippe achète dès 1831, pour son musée de Versailles, le tableau d’Amédée Bourgeois, « Prise de l’Hôtel de Ville : le pont d’Arcole », où l’on voit l’apprenti brandir le drapeau. Sous le Second Empire, la passerelle cède la place au pont actuel, le premier de Paris à franchir la Seine d’une seule arche de fer, sans appui dans le fleuve. Il a gardé le nom du jeune serrurier. En août 1944, c’est par lui que les premiers chars de la 2e division blindée arriveront devant l’Hôtel de Ville.

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Événement
1814
8 avril 1814
t1 p 39-40
Le 8 avril 1814, une semaine après l'entrée des cosaques dans Paris, la statue de Napoléon disparaît du sommet de la colonne Vendôme. L'opération est menée par le marquis de Maubreuil et Sosthène de La Rochefoucauld — de …

Le 8 avril 1814, une semaine après l'entrée des cosaques dans Paris, la statue de Napoléon disparaît du sommet de la colonne Vendôme. L'opération est menée par le marquis de Maubreuil et Sosthène de La Rochefoucauld — deux royalistes zélés qui n'ont pas attendu d'ordre officiel. Des cordes, des poulies, une foule en liesse. Le César de bronze est descendu, remplacé par un drapeau blanc fleurdelisé. Napoléon avait abdiqué deux jours plus tôt à Fontainebleau.

La colonne elle-même est épargnée — le tsar Alexandre Ier intervient personnellement pour la sauver. Napoléon avait eu la prudence de n'y faire figurer aucune allusion aux défaites russes, et le tsar n'a pas oublié cette attention.

C'est la première des trois morts symboliques de la colonne. Louis XVIII la coiffe d'un drapeau blanc, puis d'une fleur de lys. Louis-Philippe réinstalle Napoléon au sommet en 1833, mais en redingote de petit caporal plutôt qu'en César romain. Napoléon III le remplace par une nouvelle statue en toge impériale.

Le 16 mai 1871, la Commune renverse la colonne entière — non plus la seule statue mais le fût lui-même, abattu à 17h26 sous les acclamations, sur un lit de sable et de fumier, au son de la Marseillaise. Gustave Courbet, tenu pour responsable, sera condamné à en payer la reconstruction — 323 091 francs. Il mourra en exil en Suisse le 31 décembre 1877, la veille du paiement de sa première annuité.

La colonne, restaurée en 1875, est toujours debout place Vendôme.

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Événement
1792
16 août 1792
t1 p 39
La statue est à terre, et dans la poussière de bronze, une femme du peuple gît écrasée. Six jours après la journée du 10 août 1792, la foule parisienne est encore ivre de sa victoire. Le roi est prisonnier au Temple, la …

La statue est à terre, et dans la poussière de bronze, une femme du peuple gît écrasée.

Six jours après la journée du 10 août 1792, la foule parisienne est encore ivre de sa victoire. Le roi est prisonnier au Temple, la monarchie abolie de fait, la République en train de naître. Dans les semaines qui suivent la prise des Tuileries, les symboles royaux tombent les uns après les autres : dans Paris et dans toute la France, le peuple fait le vide autour de ce qu'il vient de renverser. Le 16 août 1792, c'est le tour de la statue équestre de Louis XIV qui trône sur la place des Piques, l'ancienne place Louis-le-Grand.

La statue est là depuis 1699. Elle a été sculptée par François Girardon sur commande du maréchal de La Feuillade, puis fondue en bronze par Jean-Balthazar Keller. Haute, dorée, monumentale, elle représente le Roi-Soleil à cheval dominant une place dont la symétrie imposante avait été voulue pour écraser le regard et rappeler à qui entrait dans la capitale la puissance d'un seul homme. C'est précisément cette splendeur que les sans-culottes entendent abattre. On noue des cordes, on tire, on travaille les scellements. La statue vacille, puis s'abat dans un fracas de métal.

Dans la cohue des spectateurs et des participants, une femme est écrasée sous le poids de la chute. Elle s'appelle Rose Viollet. Elle est colporteuse, vendeuse ambulante de journaux. Elle distribue L'Ami du Peuple, l'hebdomadaire de Jean-Paul Marat qui est depuis 1789 la voix des sections populaires de Paris, celle qui réclame la tête des aristocrates et la justice pour les miséreux. Elle meurt des suites de ses blessures. Le nom de Rose Viollet reste l'un des rares témoignages directs de la présence des femmes anonymes dans ces journées : mortes non sous les balles, mais dans l'enthousiasme d'un acte dont elles étaient parties prenantes.

Sur la place désormais vide de son monarque de bronze, on érige une figure de la Liberté. La place des Piques, successivement place des Conquêtes, place Louis-le-Grand, puis place de la Révolution, ne retrouve le nom de place Vendôme qu'avec le Directoire. L'Empire y dressera en 1810 la colonne Austerlitz, fondue à partir des canons pris à l'ennemi à Austerlitz : un autre conquérant remplace l'autre.

La destruction des statues royales à l'été 1792 n'est pas seulement symbolique : c'est une rupture matérielle avec l'ordre de représentation monarchique, un geste pour dépeupler l'espace public de ses anciens maîtres de pierre et de bronze. Rose Viollet n'avait pas prévu de mourir ce matin-là.

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Événement
1871
16 mai 1871
t1 p 42-47
Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se dr …

Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine.

La colonne se dresse au centre de la place Vendôme, là où se trouvait la statue équestre de Louis XIV, abattue en 1792. Napoléon Ier l’a fait élever de 1806 à 1810 pour commémorer Austerlitz, à l’imitation de la colonne Trajane de Rome : quarante-quatre mètres de haut, un fût de pierre gainé de 425 plaques de bronze qui déroulent en spirale les batailles de la campagne. Le métal vient, dit-on, de 1 200 canons pris aux Russes et aux Autrichiens ; chiffre gonflé par la propagande, les historiens comptant environ 130 canons pris à Austerlitz. Au sommet, l’empereur en César. Descendue en 1814, la statue a été fondue ; Napoléon III en a fait replacer une copie en 1863.

Au lendemain du 4 septembre 1870, Gustave Courbet, chargé de veiller sur les musées pendant la guerre, propose au gouvernement de la Défense nationale de « déboulonner la colonne » et d’en récupérer le métal ; il la verrait bien relevée aux Invalides, coiffée d’un bonnet phrygien, en hommage à la République universelle. La demande reste sans suite.

La Commune va plus loin. Le 12 avril 1871, après un appel de Jules Vallès dans Le Cri du peuple, elle adopte la proposition de Félix Pyat : la colonne, « monument de barbarie », « symbole de force brute et de fausse gloire », « insulte permanente des vainqueurs aux vaincus », sera abattue, et non déboulonnée. Courbet, élu au conseil de la Commune le 16 avril seulement, n’a pas pris part au vote. Karl Marx l’avait prédit en 1852 : si le manteau impérial tombait un jour sur les épaules de Louis Bonaparte, la statue de Napoléon tomberait du haut de la colonne. La place Vendôme devient place Internationale. La chute, prévue pour le 5 mai, anniversaire de la mort de l’empereur, est repoussée à plusieurs reprises par la guerre contre Versailles.

Dessin aquarellé : sur la place Vendôme, une foule entoure le piédestal de la colonne, pavoisé de drapeaux rouges

Le 16 mai, la foule envahit la place. On a posé des câbles, et disposé des fascines pour amortir la chute ; l’ingénieur Iribe dirige l’opération, qui ne va pas sans difficultés. À 17 h 30, la colonne s’abat. Le photographe Bruno Braquehais, dont l’atelier du boulevard des Capucines est à deux pas, en fixe les préparatifs, puis l’empereur à terre ; des fédérés posent en groupe devant le monument. Le globe de la Victoire, qui datait de 1810, est perdu.

Photographie : une foule de gardes nationaux, de curieux et d’enfants pose, debout sur les débris de la colonne abattue

Ces images se retournent contre leurs modèles : après la Semaine sanglante, les autorités saisissent les photographies de la chute de la colonne pour identifier les communards. Courbet, qui a démissionné le 24 mai pour protester contre l’exécution de son ami Gustave Chaudey, est arrêté le 7 juin. On croit le reconnaître sur un cliché, sans certitude. Un conseil de guerre le condamne à six mois de prison pour avoir « provoqué comme membre de la Commune la destruction de la colonne ». « On ne s’oppose pas à deux millions d’individus », plaide-t-il ; c’est lui, assure-t-il, qui a fait poser les fascines pour limiter les dégâts.

En mai 1873, sous la présidence du maréchal de Mac Mahon, une loi met la reconstruction de la colonne à la charge du peintre : 323 091,68 francs. Ruiné, ses biens sous séquestre, ses toiles confisquées, Courbet passe en Suisse. Il meurt à La Tour-de-Peilz le 31 décembre 1877, à la veille de l’échéance de la première traite. La colonne, rebâtie de 1873 à 1875, a retrouvé son César.

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Événement
1870
31 octobre 1870 — Caserne Lobau/Souterrain de l'Hôtel de Ville
t1 p 184-186
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Événement
1315
1315 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 121
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Événement
1795
Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Eustache/Temple de l'Agriculture
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de l'Être Suprême
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Nicolas des Champs/Temple de l'Hymen et de la Fidélité
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Philippe du Roule/Temple de la Concorde
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Jacques du Haut-Pas/Temple de la Bienfaisance
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Gervais-St Protais/Temple de la Jeunesse
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église Ste Marguerite/Temple de la Liberté et de l'Égalité
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Étienne du Mont/Temple de la Piété filiale
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Germain l'Auxerrois/Temple de la Reconnaissance
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Sulpice/Temple de la Victoire
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Laurent/Temple de la Vieillesse
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Merri/Temple du Commerce
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Roch/Temple du Génie
t1 p 9-10
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église St Médard/Temple du Travail
t1 p 9-10
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Événement
Événement
Événement
Événement
1792
20 juin 1792
t1 p 32
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1795
20 mai 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t1 p 35
« Du pain et la Constitution de 1793 ! » Dans la salle des séances des Tuileries, une tête au bout d’une pique se dresse devant le président. Paris a faim. L’hiver 1794-1795 a été le plus rude depuis celui de 1709 : les …

« Du pain et la Constitution de 1793 ! » Dans la salle des séances des Tuileries, une tête au bout d’une pique se dresse devant le président.

Paris a faim. L’hiver 1794-1795 a été le plus rude depuis celui de 1709 : les fleuves ont gelé, les routes sont restées impraticables, et l’on a vu les loups s’avancer jusqu’aux portes de la ville. Depuis la chute de Robespierre, la Convention thermidorienne est revenue à la liberté du commerce ; le maximum du prix des grains a été aboli à Noël 1794, et l’assignat s’effondre : en avril, il ne vaut plus que 8 % de sa valeur. Les rations de pain distribuées aux Parisiens diminuent de semaine en semaine. Le 12 germinal (1er avril 1795), une première manifestation a déjà marché sur la Convention ; le général Pichegru l’a dispersée sans violence.

Le 1er prairial an III, 20 mai 1795, les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel marchent de nouveau sur la Convention. Depuis mai 1793, l’assemblée siège aux Tuileries, dans l’ancienne salle des Machines réaménagée par l’architecte Gisors. Femmes et sans-culottes y font irruption en réclamant « du pain et la constitution de l’an I » : des mesures contre la disette, et l’application de la constitution démocratique votée le 24 juin 1793, jamais mise en vigueur.

Le député des Hautes-Pyrénées Jean-Bertrand Féraud, chargé avec Barras et Rouyer de surveiller l’arrivée des subsistances à Paris, tente de barrer aux émeutiers l’accès à la tribune ; il est tué. On lui tranche la tête, on la plante sur une pique et on la présente au président de séance, Boissy d’Anglas. Celui-ci la salue, se rassoit, se couvre — et refuse de céder. On a longtemps dit que Féraud avait été tué par méprise, confondu avec son collègue Fréron ; les historiens pensent plutôt que la foule savait qui il était. « Le peuple en colère n’a pas tué au hasard », écrit Pierre Serna : Féraud était l’homme du ravitaillement, et il venait de se battre avec les émeutiers.

Dans la nuit, la garde nationale et les troupes des généraux Menou et Murat dégagent l’assemblée. Les sections sont désarmées. Quatorze députés montagnards, accusés d’avoir soutenu l’insurrection, sont décrétés d’arrestation ; six d’entre eux — Romme, Goujon, Duquesnoy, Bourbotte, Duroy et Soubrany —, condamnés à mort le 17 juin, tentent de se donner la mort avant l’échafaud. Prairial est la dernière insurrection populaire de la Révolution ; il faudra attendre 1830 pour revoir Paris se soulever ainsi.

La scène de Boissy d’Anglas saluant la tête de Féraud a fait le bonheur des peintres. En 1830, Guizot, ministre de l’Intérieur, ouvre un concours pour orner le Palais-Bourbon de ce « Boissy d’Anglas tenant tête à l’émeute » ; cinquante-trois peintres y répondent, dont Delacroix, et c’est Auguste Vinchon qui l’emporte. Des Tuileries, en revanche, il ne reste rien : incendiées pendant la Commune, le 23 mai 1871, leurs ruines ont été abattues en 1883.

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Événement
1793
1793
t1 p 93
Érection, à la place de la statue de Louis XIV, d'une pyramide sur laquelle sont inscrits les noms des citoyens tués lors de l'assaut des Tuileries le 10 août 1792, et ceux des départements ralliés à la République
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Événement
1871
mars 1871 — Ministère de la Justice/Siège de la Délégation à la Justice
t1 p 41-42
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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
t1 p 248-249
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
t1 p 224-225
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Séminaire St Firmin/Massacres de Septembre
t1 p 254
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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force (à partir de 1780)/Massacres de Septembre
t1 p 213
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Événement
Événement
1822
21 septembre 1822
t1 p 168
Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui. Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raou …

Quatre sergents montent à l'échafaud pour avoir rêvé de liberté ; dans la foule, un garçon de dix-sept ans jure de les venger : il s'appelle Blanqui.

Ils s'appellent Jean-François Bories, Jean Pommier, Marius-Claude Raoulx et Charles Goubin. Vingt à vingt-six ans. Sergents dans le 45e régiment d'infanterie de ligne, cantonné à La Rochelle en janvier 1822. Dans le secret de leur caserne, ils ont fondé une "vente" de la Charbonnerie, société secrète d'inspiration jacobine qui milite contre la Restauration. Leur rêve : renverser le régime de Louis XVIII, rétablir les libertés de 1789.

Le complot est éventé. Le procès se tient du 21 août au 5 septembre 1822. Les quatre sergents refusent de trahir leurs complices, dont plusieurs siégeront un jour dans les rangs du libéralisme et du républicanisme français. Ils sont condamnés à mort. La cour royale rejette le pourvoi en cassation.

Le 21 septembre 1822, à l'aube, ils sont conduits en place de Grève, devant l'Hôtel de Ville. La foule est dense. La guillotine fonctionne. Bories, le premier, embrasse ses camarades avant de monter à l'échafaud. Les témoins rapportent qu'ils gardent une dignité calme, comme des hommes qui savent pourquoi ils meurent.

Dans cette foule se trouve un lycéen de dix-sept ans, Louis-Auguste Blanqui, fils d'un ancien fonctionnaire de la République. Il a suivi le procès dans les journaux ; il est venu voir mourir ces hommes. Selon son biographe, il repart de la place de Grève avec une résolution qui ne le quittera plus jamais : venger les martyrs de la liberté. Dès 1823, il adhère à la Charbonnerie. Il passera la majeure partie de sa vie en prison pour activité révolutionnaire, au total plus de trente-trois ans de détention.

L'émeute éclate au moment de l'exécution. Des étudiants, des ouvriers, des républicains tentent de s'interposer. La garde les disperse. L'Europe libérale pleure les Quatre Sergents. Un monument leur est dédié au cimetière du Montparnasse. Les générations suivantes de républicains sauront leurs noms. Ce sont les martyrs qui forment les révolutionnaires.

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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
t1 p 217-218
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Événement
1314
19 mars 1314
t1 p 121
L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel f …

L'île est petite, coincée entre la pointe de la Cité et la rive gauche, à l'endroit où le Pont Neuf prendra place trois siècles plus tard. On l'appelle l'île aux Juifs. C'est là, le 19 mars 1314, que Philippe IV le Bel fait dresser le bûcher.

Les deux hommes qu'on y conduit ont passé sept ans dans les geôles royales. Jacques de Molay, grand maître de l'ordre du Temple, et Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, ont avoué sous la torture les crimes dont on les accuse — hérésie, sodomie, reniement du Christ — puis s'y sont rétractés, puis ont avoué de nouveau, au gré des pressions et des procédures. Leur sort est réglé depuis longtemps. Le pape Clément V a dissous l'ordre au concile de Vienne en 1312. Il ne reste plus qu'à en finir.

Le légat du pape les condamne à la prison perpétuelle. Mais de Molay, à l'énoncé du jugement, fait quelque chose d'inattendu : il se lève et nie tout. Hérésie, trahison, imposture — rien de tout cela n'est vrai. L'ordre du Temple est pur. Geoffroy de Charnay l'imite aussitôt. Les deux hommes viennent de signer leur arrêt de mort en se rétractant une dernière fois.

Philippe IV n'attend pas le lendemain. Le soir même, le bûcher est allumé sur l'île aux Juifs. De Molay y monte, dit-on, avec calme. La légende lui prête une malédiction lancée depuis les flammes contre le roi et le pape, promis à le rejoindre avant l'année. Clément V mourra le 20 avril. Philippe IV le 29 novembre.

Le Temple, dont la puissance financière et militaire avait inquiété les têtes couronnées d'Europe, disparaît avec ses derniers chefs. Ses archives sont dispersées, ses commanderies confisquées, ses membres absous ou condamnés selon les royaumes. Sur l'île aux Juifs, il ne reste que des cendres.

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Événement
Événement
1793
10 novembre 1793 — Cathédrale Notre-Dame de Paris/Temple de la Raison
t1 p 162-165
Fête de la Liberté et de la Raison, célébrant la déchristianisation de la France, dans la "ci-devant église métropolitaine Notre-Dame de la Raison". Une jeune femme représentant la Liberté préside aux cérémonies
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Événement
1848
24 février 1848 — Souterrain des Tuileries/Terrasse du Bord de l'Eau
t1 p 36
Au matin du 24 février 1848, la monarchie de Juillet a encore l’air en place, mais tout est déjà en train de se défaire. Les barricades se multiplient, la Garde nationale ne sait plus de quel côté se mettre, et une parti …

Au matin du 24 février 1848, la monarchie de Juillet a encore l’air en place, mais tout est déjà en train de se défaire. Les barricades se multiplient, la Garde nationale ne sait plus de quel côté se mettre, et une partie de la bourgeoisie préfère désormais la République à un roi devenu encombrant. Louis‑Philippe tente un dernier numéro d’équilibriste : il abdique en faveur de son petit‑fils, avec la duchesse d’Orléans comme régente. Mais ni la rue ni les députés ne se contentent de ce bricolage dynastique. La Chambre est envahie, les insurgés marchent vers les Tuileries : le pouvoir lui échappe.

C’est là qu’intervient le fameux souterrain de la terrasse du Bord de l’Eau. Plutôt que de sortir par les grandes portes du palais, Louis‑Philippe s’éclipse par un passage discret sous la terrasse qui longe la Seine, pour déboucher du côté de l’actuelle place de la Concorde. Habillé comme un bourgeois ordinaire, il grimpe dans une voiture louée et prend la route de Saint‑Cloud, puis de l’exil anglais. Pendant qu’il disparaît par en dessous, les insurgés montent par les escaliers officiels, envahissent les salons, renversent le trône, s’approprient les symboles de la monarchie. Au‑dessus, le peuple occupe le décor du pouvoir ; en dessous, le roi sort par la trappe.

Vu avec les lunettes de Marx, cette scène n’est pas qu’une bonne histoire. Elle résume le rôle et la fin de la monarchie de Juillet. En 1830, Louis‑Philippe avait été installé par la bourgeoisie comme un roi « raisonnable », chargé de protéger les intérêts des possédants dans un cadre plus libéral. En 1848, la même bourgeoisie accepte de se débarrasser du roi pour sauver l’essentiel : ses positions économiques et son influence politique, qu’elle espère prolonger sous forme républicaine. Le souterrain incarne ce mouvement : on laisse filer la couronne, à condition que l’ordre social tienne. En surface, les ouvriers et les petits gens, eux, commencent à imaginer une République qui toucherait aussi à la propriété et au travail. Entre la fuite discrète de Louis‑Philippe et la prise bruyante des Tuileries, on voit se dessiner le conflit à venir entre République bourgeoise et aspirations populaires.

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Événement
1871
6 mai 1871 — Palais des Tuileries (salle des Maréchaux)
t1 p 36-37
Grand concert patriotique lors duquel Mme Bordas chante "La Canaille". Un tel succès qu'un autre concert sera organisé la semaine suivante, au cours duquel Mlle Agar déclamera "Le Lion blessé" et chantera la Marseillaise
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Événement
1791
12 juillet 1791 — Hôtel de Villette
t1 p 220
Halte du cortège lors du transfert des cendres de Voltaire au Panthéon ; le drapeau déchiré de la Bastille est étendu sur son cercueil ; des comédiens portent les costumes des personnages de ses pièces
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Événement
1720
1720 — Hôtel de Soissons (devenu tripot, puis banque de Law ; ce qui ne le changeait pas fondamentalement d'affectation)
t1 p 128
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Événement
1789
1789 — Hôtel des États-Unis/Demeure de Louis Antoine de Saint-Just
t1 p 113
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Événement
1793
1793 — Hôtel de Talaru/Maison d'arrêt de la Section Le Peletier
t1 p 110
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Événement
1840
28 juillet 1840
t1 p 199
Inauguration de la colonne de Juillet, surmontée du "Génie de la Liberté brisant ses chaînes" ; 504 morts de 1830, 196 de 1848, plus des momies égyptiennes qui s'étaient dégradées au Louvre
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais de Justice
t1 p 90-91
Incendie d'une partie du palais de Justice pendant la Semaine sanglante. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
25 mai 1871
t1 p 211
Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versa …

Incendie du grenier d'abondance pendant la Semaine sanglante ; allumé par les versaillais contrairement aux accusations de leur propagande. 238 bâtiments seront incendiés dans Paris, dont beaucoup par les canons de Versailles

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Événement
1871
24 mai 1871 — Siège de l'Assistance Publique
t1 p 211
Incendie du siège de l'Assistance Publique pendant la Semaine sanglante. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1791
4 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
t1 p 219-220
Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries. Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la …

Inhumation de Mirabeau au Panthéon. Il en sera expulsé fin novembre 1793 après la découverte de sa correspondance avec Louis XVI dans "l'armoire de fer" des Tuileries.

Le 4 avril 1791, deux jours après sa mort rue de la Chaussée d'Antin, Mirabeau est inhumé au Panthéon. Il en est le premier occupant — le temple républicain vient d'être créé pour lui. Les obsèques sont nationales. Paris entier est dans la rue.

Il y reste deux ans et demi. Le 27 novembre 1793, en pleine Terreur, les sans-culottes font irruption dans le Panthéon et exigent son expulsion. La raison : on vient de découvrir dans "l'armoire de fer" des Tuileries — une cache secrète murée dans les appartements royaux — des centaines de lettres compromettantes. Mirabeau y apparaît comme un conseiller rémunéré de Louis XVI, percevant une pension mensuelle en échange de ses avis politiques. Le tribun de la Révolution était en réalité un agent double.

La Convention vote l'expulsion à l'unanimité. On sort le cercueil du Panthéon sans cérémonie. Mirabeau est réinhumé au cimetière Sainte-Catherine, dans une fosse commune avec d'autres victimes de disgrâce révolutionnaire. Sa famille ne réussit jamais à retrouver ses restes avec certitude.

La fiche de Philippe note que ses lettres étaient adressées à "Louis XIV" — c'est Louis XVI bien sûr, coquille à corriger sur le site.

Ce que le Panthéon avait donné en deux jours, il le reprit en un après-midi. Le premier "grand homme" de la République avait été le premier à en être chassé. L'histoire, parfois, a le sens du symbole.

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Événement
1847
1847 — École Normale Supérieure
t1 p 242
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Événement
1794
7 août 1794 — Théâtre des Arts/Théâtre National/Salle Richelieu/Salle de l'Opéra de Paris (la huitième)/Théâtre de l'Opéra du Peuple (en 1802)
t1 p 106
L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820. Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la …

L'institution avait survécu à la Terreur. Elle venait de survivre à Robespierre. Elle mourut d'un coup de couteau en 1820.

Le 7 août 1794, soit dix jours après la chute de Robespierre, l'Opéra de Paris s'installa dans la salle du 69-71 rue de Richelieu, dans le 2e arrondissement, sous le nom de Théâtre des Arts. Le moment n'était pas anodin : on était en pleine réaction thermidorienne, les prisons s'ouvraient, les fêtes de la Terreur prenaient fin, et la vie culturelle reprenait ses droits dans un Paris encore sous le choc.

Sous la Terreur, les théâtres avaient été placés sous étroite surveillance. Pierre-Gaspard Chaumette, procureur de la Commune, et Jacques-René Hébert avaient encadré la politique culturelle révolutionnaire avec une sévérité qui mêlait patriotisme républicain et méfiance des arts jugés aristocratiques. Marguerite Brunet, dite la Montansier, grande entrepreneuse de spectacles qui avait fait fortune sous l'Ancien Régime, avait même été emprisonnée en 1793 : Hébert l'accusait d'avoir ouvert un théâtre voisin de la Convention pour espionner les députés. Chaumette et Hébert furent guillotinés au printemps 1794. La Montansier sortit de prison après thermidor.

Le Théâtre des Arts changea plusieurs fois de nom : Théâtre de l'Opéra, Théâtre National, Académie Nationale de Musique. Il resta au 69-71 rue de Richelieu pendant vingt-six ans, au cœur de la vie parisienne, traversant le Directoire, le Consulat, l'Empire et le début de la Restauration.

Le 13 février 1820, à la sortie d'une représentation, le duc de Berry, second fils du futur Charles X et dernier espoir de la lignée directe des Bourbon, fut poignardé par Louvel, un sellier bonapartiste. Il mourut dans la nuit. Les Ultras exploitèrent l'assassinat pour faire passer des lois réactionnaires. Et l'on rasa la salle, comme si le bâtiment portait le malheur.

L'Opéra de Paris, né dans la révolution, périt dans la réaction. L'édifice suivant fut l'Opéra Le Peletier, rue Le Peletier, qui brûla en 1873. Celui de Garnier n'ouvrit qu'en 1875.

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Événement
1718
1718 — Hôtel de Beaufort/Banque de Law
t1 p 127
Installation de la banque générale de John Law, expert en agiotage ; l'Hôtel deviendra par la suite un bordel ; un lieu décidément voué à des activités peu honorables
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Événement
1795
10 juin 1795 — Palais du Louvre/Bourse des valeurs
t1 p 109
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Événement
Événement
Événement
1791
21 juillet 1791 — Couvent des Célestins/École des sourds-muets et aveugles
t1 p 206
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Événement
1792
13 août 1792 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 122
Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud. Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dau …

Trois jours après la prise des Tuileries, le roi de France entra dans une prison dont il ne sortirait que pour monter à l'échafaud.

Le 13 août 1792, Louis XVI, Marie-Antoinette, leur fille Marie-Thérèse, leur fils le dauphin Louis-Charles, et Madame Élisabeth, sœur du roi, furent conduits au Temple, dans le 3e arrondissement. L'enclos du Temple était un vaste domaine qui avait appartenu à l'ordre des chevaliers du Temple puis aux chevaliers de Malte. Il comprenait un palais et une tour médiévale massive.

La famille fut d'abord logée dans le palais du prieur, jugé trop confortable. Quelques semaines plus tard, elle fut transférée dans la tour du Temple elle-même, dite le donjon : un édifice austère, aux fenêtres barricadées, entouré d'un mur supplémentaire que Pierre-François Palloy, l'homme qui avait démoli la Bastille, fut chargé de construire. Santerre commandait la garde.

Louis XVI fut exécuté place de la Révolution le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette fut transférée à la Conciergerie en août 1793, jugée par le Tribunal révolutionnaire, et guillotinée le 16 octobre 1793. Madame Élisabeth fut guillotinée le 10 mai 1794. Le dauphin Louis-Charles, emprisonné seul dans sa cellule à partir de juillet 1793, mourut de maladie à la tour du Temple le 8 juin 1795, à dix ans. Sa sœur Marie-Thérèse fut la seule à survivre.

La tour du Temple fut démolie en 1811 sur ordre de Napoléon, qui craignait qu'elle ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste.

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Événement
1720
14 décembre 1720 — Hôtel de La Porte/Demeure et bureau général de la banque de John Law
t1 p 128
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue St Merry/Barricade en 1832
t1 p 149
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Événement
1357
7 juillet 1357
t1 p 169
Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison. Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridicti …

Ce jour de juillet 1357, le roi de France est prisonnier à Londres, et un drapier parisien décide que Paris mérite sa propre maison.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, installe la juridiction municipale dans la Maison aux Piliers, sur la place de Grève. Le bâtiment doit son nom à ses arcades au rez-de-chaussée. Il devient la première Maison Commune de Paris — ancêtre direct de ce qui sera l'Hôtel de Ville.

L'acte est banal en apparence. Il ne l'est pas. Depuis le milieu du XIIIe siècle, le prévôt des marchands siégeait au parloir aux bourgeois — un bâtiment discret, dont les pouvoirs restaient strictement encadrés par la couronne. En acquérant la Maison aux Piliers au nom de la municipalité, Marcel transforme une institution de commodité en une institution de pouvoir, enracinée dans la pierre, au cœur de la ville.

Paris en juillet 1357 est une ville en crise. Le roi Jean II le Bon, capturé par les Anglais à la bataille de Poitiers en septembre 1356, est prisonnier à Londres. La rançon — quatre millions d'écus — exige des impôts massifs. Les grandes compagnies de mercenaires démobilisés pillent les campagnes. Le dauphin Charles, dix-huit ans, assure une régence fragile. C'est dans ce vide politique qu'Étienne Marcel a trouvé sa place.

Prévôt des marchands depuis 1354, drapier de son état, Marcel n'est pas un révolutionnaire au sens moderne. Il cherche à instaurer une monarchie contrôlée — un régime où les états généraux superviseraient les finances royales, nommeraient et révoqueraient les conseillers du roi. En mars 1357, il obtient la promulgation de la Grande Ordonnance, vaste plan de réforme administrative. L'installation dans la Maison aux Piliers, quatre mois plus tard, est son acte institutionnel le plus durable.

La place de Grève n'est pas un lieu quelconque : c'est là que la Seine dépose ses sables, là que les bateliers et les journaliers s'assemblent chaque matin pour offrir leurs bras, là que le bois et le blé arrivent dans Paris. C'est le poumon économique de la ville. Marcel le sait.

Sa chute est à la hauteur de son ambition. Le 22 février 1358, ses hommes assassinent deux maréchaux devant le dauphin, le couvrent de leur sang et lui font coiffer le chaperon rouge et bleu des couleurs de Paris. L'affrontement avec la couronne devient inévitable. Marcel s'allie successivement à la Jacquerie paysanne, à Charles de Navarre et aux mercenaires anglais — perdant chaque fois une partie de la rue parisienne. Le 31 juillet 1358, l'échevin Jean Maillard rassemble les bourgeois contre lui. Étienne Marcel est massacré à la porte Saint-Antoine, ses clefs en main.

La Maison aux Piliers lui survit cent soixante-seize ans. Elle tombe en ruines au XVIe siècle. En 1529, François Ier accepte de la remplacer par un palais municipal de style Renaissance, dessiné par l'architecte italien Boccador. La première pierre est posée en 1533. C'est ce bâtiment — agrandi, remanié, incendié par la Commune en 1871 et reconstruit sous la IIIe République — qui occupe aujourd'hui la même place de Grève, rebaptisée place de l'Hôtel-de-Ville.

Charles V, traumatisé par la journée du 22 février 1358 au cours de laquelle Marcel l'avait couvert du sang de ses conseillers, fit ériger la Bastille pour couvrir la porte Saint-Antoine — exactement là où Marcel avait été tué — et s'assurer une retraite vers Vincennes en cas de nouvelle insurrection parisienne.

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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (dépendance du couvent des Jacobins)/Municipalité de Paris
t1 p 169
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Événement
1300
1300 — Parlouer aux Bourgeois/Parloir aux Bourgeois (à cheval sur l'enceinte de Charles V)/Municipalité de Paris
t1 p 169
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Événement
1789
19 octobre 1789
t1 p 31-32
Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris. Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et rame …

Treize jours après que le peuple eut ramené le roi de Versailles, les députés le suivent : le pouvoir législatif rentre lui aussi dans Paris.

Les 5 et 6 octobre 1789, les femmes de Paris ont marché sur Versailles et ramené la famille royale aux Tuileries. L'Assemblée nationale constituante ne peut pas rester seule dans un château vide, à vingt kilomètres de la ville qui fait la Révolution. Elle vote son transfert.

Le 19 octobre 1789, elle tient sa première séance parisienne dans la salle synodale du palais épiscopal, l'Archevêché, adossé au flanc sud de Notre-Dame, sur l'actuelle place du Parvis dans le 4e arrondissement. L'installation est improvisée, la salle trop petite, mal disposée pour un débat. Le 26 octobre, une tribune surchargée de spectateurs s'effondre.

L'Assemblée n'y restera que jusqu'au 8 novembre, avant de gagner la salle du Manège des Tuileries, longue bâtisse où elle siégera pendant toute la Révolution et où la royauté sera abolie en 1792.

Ces vingt jours à l'Archevêché ne sont pas anodins. C'est dans cette salle que sont discutés les décrets qui nationalisent les biens du clergé, adoptés le 2 novembre sur la proposition de Talleyrand, évêque d'Autun : "Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation." Les députés votent la confiscation de l'Église dans le palais de l'archevêque de Paris.

Le déménagement de l'Assemblée à Paris a une conséquence politique durable que les modérés mesureront trop tard. À Versailles, les députés délibéraient à l'écart. À Paris, ils siègent au milieu d'une population armée, organisée en sections et en clubs, qui remplit les tribunes, hue, applaudit, et vient parfois en armes. L'Assemblée est désormais sous la surveillance directe du peuple parisien. Cette proximité fera toute la dynamique révolutionnaire, et fera dire aux provinces que Paris confisque la Révolution.

L'ancien palais archiépiscopal sera saccagé lors de l'émeute anticléricale de février 1831 puis démoli.

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Événement
1794
3 octobre 1794
t1 p 148
Sous l'Ancien Régime, on entassait jusqu'à six malades par lit sans distinguer la peste de la fracture : la Révolution donne à chaque corps son lit et à chaque maladie son service. L'Hôtel-Dieu est le plus vieil hôpital …

Sous l'Ancien Régime, on entassait jusqu'à six malades par lit sans distinguer la peste de la fracture : la Révolution donne à chaque corps son lit et à chaque maladie son service.

L'Hôtel-Dieu est le plus vieil hôpital de Paris. Fondé au VIIe siècle, agrandi au fil des siècles, il occupe au XVIIIe siècle des bâtiments sur les deux rives de la Seine, reliés par un pont couvert, sur l'île de la Cité près du parvis de Notre-Dame. Il est administré par les chanoines, il vit d'aumônes, et son fonctionnement révulse les médecins des Lumières.

Le rapport que Tenon publie en 1788 sur les hôpitaux de Paris décrit un enfer sanitaire. On y entasse jusqu'à quatre, cinq ou six malades dans un même lit, sans distinction de pathologie : le blessé, le fiévreux, le tuberculeux, la femme en couches, le mourant partagent la même paillasse. La mortalité y est effroyable, l'hôpital fabrique lui-même l'infection qu'il prétend soigner. Le grand incendie de 1772 a détruit une partie des bâtiments et rendu la réforme urgente.

La Révolution nationalise les biens de l'Église et supprime les congrégations hospitalières. Les hôpitaux deviennent des établissements publics.

Le 3 octobre 1794, l'Hôtel-Dieu est rebaptisé Maison de l'Humanité. Le changement de nom est un programme : ce n'est plus la maison de Dieu, c'est celle des hommes. L'établissement s'installe dans une partie des bâtiments de l'ancien Archevêché, confisqués au clergé. La déchristianisation du langage accompagne la sécularisation des institutions.

La réforme matérielle suit. À partir de 1803, l'établissement introduit deux principes qui fondent l'hôpital moderne : le lit individuel, un malade par lit, et la répartition des patients par pathologie et par sexe. Ces deux mesures banales aujourd'hui divisent la mortalité hospitalière.

Le nom de Maison de l'Humanité ne survivra pas à l'Empire ; l'établissement redeviendra l'Hôtel-Dieu. Les bâtiments actuels datent des travaux d'Haussmann, dans les années 1860. Mais la révolution médicale du lit individuel, elle, est restée.

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Événement
Événement
1391
1391 — Conciergerie
t1 p 90-91
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Événement
1793
10 mai 1793 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t1 p 33
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Événement
1793
20 janvier 1793
t1 p 39
La dépouille de Lepeletier de Saint-Fargeau est exposée sur le piédestal de la statue de Louis XIV abattue ; la cérémonie est mise en scène par le peintre David
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Événement
1789
6 octobre 1789 — Palais des Tuileries (de 1564)
t1 p 31
Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi. Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les …

Elles étaient parties chercher du pain ; elles reviennent avec le roi.

Le cortège est parti la veille de la place de Grève. Six à sept mille femmes, des poissardes des Halles, des ouvrières, des marchandes, remontant les Champs-Élysées sous la pluie, armées de piques, de couteaux de cuisine et de quelques canons traînés à bras. Reine Audu marche en tête, Stanislas Maillard négocie, Théroigne de Méricourt est de la partie. La Garde nationale de La Fayette a suivi, contrainte par ses propres soldats.

Dans la nuit du 5 au 6 octobre, la foule force les grilles du château de Versailles. Des gardes du corps sont tués. Marie-Antoinette fuit ses appartements par un passage dérobé. Au matin, la foule réclame le roi au balcon. Louis XVI paraît. Puis la reine, seule, sous les huées, qui s'incline longuement. La Fayette lui baise la main : le geste calme la place.

Puis vient la demande de fond : que le roi vienne à Paris. Louis XVI accepte. Le 6 octobre 1789, dans l'après-midi, le cortège reprend la route en sens inverse. Devant, les femmes portent des pains au bout de leurs piques et chantent qu'elles ramènent "le boulanger, la boulangère et le petit mitron." Derrière suivent les carrosses royaux, la Garde nationale, cent chariots de blé pris aux réserves de Versailles.

À l'Hôtel de Ville, Bailly, maire de Paris, accueille la famille royale. La réception est enthousiaste. On croit encore possible une monarchie constitutionnelle réconciliée avec son peuple. Le roi prononce quelques mots aimables.

Puis la famille royale gagne le palais des Tuileries, inhabité depuis Louis XIV, poussiéreux, mal chauffé. Elle y sera de fait assignée à résidence. Le roi ne quittera plus Paris que pour la fuite manquée de Varennes en juin 1791, qui achèvera de ruiner sa crédibilité.

Le pouvoir a changé de lieu. Versailles était le château où le roi convoquait la France ; les Tuileries sont le palais où Paris surveille le roi. En un jour et une nuit, des femmes qui réclamaient du pain ont déplacé le centre politique du royaume. L'Assemblée constituante suivra le mouvement et s'installera à Paris quelques jours plus tard.

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Date imprécise
t1 p 142
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Événement
1792
14 août 1792
t1 p 95
La statue d'Henri IV est abattue pendant la Révolution ; elle sera réinstallée sous la Restauration ; le fondeur y aurait glissé des pamphlets bonapartistes et une statuette de Napoléon
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Événement
1792
11 août 1792
t1 p 95
La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris. Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 a …

La monarchie avait péri la veille dans les jardins des Tuileries ; le lendemain, ses images de bronze et de pierre tombèrent sur toutes les places de Paris.

Le 10 août avait mis fin à la monarchie dans les faits. Le 11 août la défit dans l'espace de la ville.

Dans les heures qui suivirent la prise des Tuileries, les insurgés s'attaquèrent systématiquement aux statues royales qui ornaient les grandes places. Place de la Concorde, rebaptisée "place de la Révolution" ce même jour, la statue équestre de Louis XV, oeuvre de Bouchardon et Pigalle, fut abattue : elle serait remplacée par une statue de la Liberté. Place des Victoires, la statue de Louis XIV fut renversée et envoyée à la fonte pour y fabriquer des canons. Son socle portait les représentations symboliques de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Hollande et du Piémont vaincus sous le Roi-Soleil : toutes ces gloires furent fondues avec lui. Une seconde statue de Louis XIV disparut le même jour place Vendôme. Place des Vosges, la statue équestre de Louis XIII, en bronze depuis 1639, fut détruite. Pont Neuf, la statue d'Henri IV fut abattue à son tour.

En quelques heures, Paris vidait ses places publiques d'un siècle et demi de statuaire royale. Le mouvement n'était pas coordonné depuis un centre : il était simultané, dans plusieurs quartiers à la fois, conduit par des groupes d'insurgés, de fédérés et de sans-culottes agissant de leur propre initiative.

Ces destructions n'étaient pas un accident. La statue royale, depuis Louis XIV, était un instrument politique précis : elle occupait l'espace public pour y affirmer la permanence et la gloire d'un pouvoir personnel qui se voulait l'État même. L'abattre, c'était prendre l'espace, retirer à la monarchie sa présence visible dans la ville. La République n'était pas encore proclamée, mais elle commençait à occuper le terrain.

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Événement
1792
11 août 1792
t1 p 95
La statue équestre de Louis XIV est abattue comme symbole de la monarchie ; elle sera fondue pour fabriquer des canons. Le socle symbolisait Allemagne, Espagne, Hollande et Piémont vaincus
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Événement
1792
10 août 1792
t1 p 95
À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister. Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h …

À 0 h 45 le canon du Pont Neuf tira le signal de l'insurrection ; avant midi, la monarchie française avait cessé d'exister.

Le 10 août 1792 s'ouvrit dans la nuit. Le canon du Pont Neuf, actionné par Santerre, donna à 0 h 45 le signal convenu. Les colonnes insurgées et les fédérés venus de province s'assemblèrent place de Grève dans les premières heures du matin.

Un premier groupe, un millier d'hommes mal armés accompagnés de quelques Marseillais, s'élança spontanément vers les Tuileries dès 8 h 30. Les Gardes suisses leur ouvrirent la porte de la cour du Carrousel puis les mitraillèrent : beaucoup furent massacrés dans la cour même.

Mais la famille royale avait déjà fui. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants avaient quitté le palais par l'escalier des jardins et rejoint la salle du Manège, siège de l'Assemblée législative, rue de Rivoli. Ils y furent cachés dans la loge du logotachygraphe, derrière la tribune. Mandat de Grancey, commandant royaliste de la garde nationale qui avait conçu un plan pour écraser les insurgés, avait été tué place de Grève la nuit même. La défense du palais était sans chef.

Les colonnes organisées de Santerre arrivèrent et brisèrent la résistance. Les Marseillais furent les premiers à franchir le péristyle du pavillon central. Les Gardes suisses qui tentèrent de fuir furent massacrés : une centaine rue de l'Échelle, d'autres sur les Champs-Élysées à la hauteur du Garde-Meuble. Trois cents d'entre eux parvinrent à s'échapper par le passage de l'Orangerie vers la place de la Concorde. Environ sept cents périrent. Du côté des insurgés, on dénombrait plus d'un millier de morts.

Le palais prit feu. Les insurgés empêchèrent les pompiers d'intervenir tant que l'Assemblée n'aurait pas prononcé la déchéance de la royauté. Elle la prononça. Louis XVI fut suspendu, puis arrêté et transféré au Temple.

La journée du 10 août ouvre la seconde phase de la Révolution : la République sera proclamée six semaines plus tard.

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Événement
1791
11 juillet 1791
t1 p 220
Deux fois la Bastille avait tenu Voltaire sous les verrous. Le soir du 10 juillet 1791, elle n'est plus qu'un champ de décombres — et c'est à son sommet qu'on vient coucher son cercueil. Il faut imaginer la place telle q …

Deux fois la Bastille avait tenu Voltaire sous les verrous. Le soir du 10 juillet 1791, elle n'est plus qu'un champ de décombres — et c'est à son sommet qu'on vient coucher son cercueil.

Il faut imaginer la place telle qu'elle est ce soir-là. La forteresse n'existe plus : depuis le 14 juillet 1789, les équipes de l'entrepreneur Palloy la démolissent pierre à pierre, et il ne reste qu'un vaste terrain jonché de gravats, à l'emplacement de l'actuelle place de la Bastille. C'est là qu'arrive, au soir du 10 juillet 1791, le convoi qui ramène les restes de Voltaire pour les conduire au Panthéon.

On ne se contente pas d'y faire halte. Les organisateurs ont dressé, sur les décombres, une estrade : un tertre de rocailles bâti avec les pierres mêmes arrachées à la Bastille, selon ce récit du Moniteur. On l'a élevé, dit-on, à l'endroit de la tour où le philosophe avait jadis été enfermé. Car Voltaire connaissait la maison : la Bastille l'avait tenu deux fois — en 1717, pour des vers insolents contre le Régent, puis en 1726, avant l'exil en Angleterre. Sur les ruines, une inscription résumait tout : « Reçois en ce lieu où t'enchaîna le despotisme, Voltaire, les honneurs que te rend la patrie. »

Le sarcophage passe là la nuit, exposé aux regards. Au matin du 11 juillet, le grand cortège réglé par le peintre Jacques-Louis David s'ébranle : char tiré par douze chevaux blancs, académiciens, gardes nationaux, jeunes filles vêtues de blanc. On emporte dans le convoi une pierre de la Bastille taillée au profil de Mirabeau — la forteresse démantelée fournissait ses reliques à la Révolution comme d'autres débitaient des morceaux de la vraie Croix. Le cortège traverse Paris jusqu'à la montagne Sainte-Geneviève.

Il y a quelque chose de vertigineux dans cette mise en scène. La Bastille avait été, pour Voltaire, l'instrument même du pouvoir arbitraire : la lettre de cachet, le cachot sans jugement. Deux ans après sa chute, réduite en tas de moellons, elle lui sert de socle. Le lieu qui l'avait fait taire l'élève au-dessus de la foule ; la prison devient piédestal.

De la forteresse, il ne reste presque rien. Sur la place de la Bastille, une ligne de pavés plus larges que les autres dessine au sol le contour de l'ancienne enceinte — la plupart des passants la foulent sans la voir. Les fondations d'une tour, exhumées lors du creusement du métro en 1899, ont été remontées un peu plus loin, dans le square Henri-Galli, au bout du boulevard Henri-IV. Là où l'on dressa une nuit le cercueil de Voltaire, on marche aujourd'hui sur des pavés que personne ne regarde.

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Événement
1789
27 octobre 1789 — Couvent des Jacobins St Honoré (réfectoire, bibliothèque puis église)
t1 p 92
Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique. Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le …

Ils louent le réfectoire d'un couvent de dominicains pour y débattre ; le nom des moines s'attachera pour deux siècles à une manière de faire la politique.

Le club est né à Versailles pendant les États généraux, sous le nom de Club breton, réunion informelle des députés du tiers état de Bretagne rejoints par d'autres patriotes. Quand l'Assemblée constituante suit le roi à Paris en octobre 1789, ils cherchent un local.

Le 27 octobre 1789, la Société des Amis de la Constitution loue le réfectoire du couvent des Dominicains de la rue Saint-Honoré, dans l'actuel 1er arrondissement, à l'emplacement du marché Saint-Honoré. Les Dominicains sont appelés à Paris les Jacobins, parce que leur premier établissement se trouvait rue Saint-Jacques. Le club prend le surnom de son adresse : club des Jacobins.

À ses débuts, il n'a rien de révolutionnaire au sens ultérieur du mot. La cotisation est élevée, ce qui en écarte le peuple. On y trouve La Fayette, Mirabeau, Barnave, Talleyrand, le duc d'Aiguillon, les frères Lameth, Sieyès. C'est le club de la monarchie constitutionnelle, dominé par des nobles libéraux et des bourgeois modérés.

Il se radicalise par scissions successives. En juillet 1791, après la fusillade du Champ-de-Mars, les modérés partent fonder le club des Feuillants. Restent les partisans de la République, autour de Robespierre, qui deviendra la figure centrale du club et y prononcera l'essentiel de ses discours. Le réseau des sociétés affiliées couvre le pays : plus d'un millier de clubs correspondent avec Paris. C'est la première structure politique nationale de l'histoire française.

Le club est fermé le 12 novembre 1794, après Thermidor. Le couvent est démoli sous le Directoire. Le mot est resté, "Jacobin" désigne aujourd'hui une conception centralisatrice et unitaire de la République, ce qui n'était qu'un aspect de la doctrine des Jacobins historiques, et ce qui a fait oublier tout le reste : le suffrage universel, le droit à l'existence, l'abolition de l'esclavage.

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Événement
1797
4 septembre 1797 — Palais du Luxembourg/Conseil des Cinq-Cents
t1 p 35
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Événement
1808
1808 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple/Enclos du Temple (démoli en 1854)
t1 p 126
Le donjon du Temple est rasé pour épargner à Marie-Louise d'Autriche, épouse de Napoléon, la vue de la prison de sa tante et éviter les "pèlerinages". L'enclos sera démoli en 1854
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Demeure du général Hulin
t1 p 42
Le général Hulin est blessé à la mâchoire en déjouant la tentative de putsch du général Malet
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Événement
1633
21 février 1633 — Jardin des Plantes
t1 p 226
Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, desti …

Le Jardin Royal des herbes médicinales, créé en 1626, devient Jardin des Plantes

En 1626, Louis XIII, conseillé par son médecin Jean Héroard, décide de créer à l’est de Paris un Jardin Royal des herbes médicinales, destiné d’abord à fournir des plantes aux apothicaires et à l’enseignement de la médecine. Confié au médecin‑botaniste Guy de La Brosse, ce jardin s’inscrit dans un double projet : renforcer le prestige scientifique de la monarchie et encadrer plus strictement la pratique pharmaceutique, en imposant des drogues « bien identifiées » et contrôlées.

Aménagé hors les murs, sur des terres encore en partie maraîchères, le jardin rassemble progressivement collections de simples, parterres d’acclimatation, serres et un petit cabinet de curiosités naturelles. On y expérimente, on y classe, on y enseigne, dans un esprit encore très marqué par la médecine galénique, mais déjà ouvert à une observation plus systématique des végétaux.

Le 21 février 1633, puis surtout avec les lettres patentes de 1635, l’institution change de dimension : le Jardin Royal des herbes médicinales devient véritablement le Jardin des Plantes, lieu d’étude de l’histoire naturelle au sens large. Le monopole des seuls usages médicinaux recule au profit d’un champ plus vaste où botanique, anatomie comparée et, plus tard, zoologie trouvent leur place.

Ce glissement, voulu par La Brosse et entériné par la monarchie, prépare ce que deviendra, au fil des siècles, le grand établissement scientifique du faubourg Saint‑Victor : un espace où se rencontrent médecine, botanique, exploration du monde et curiosité populaire, bien avant la création officielle du Muséum national d’Histoire naturelle à la Révolution.

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Événement
1793
10 juin 1793 — Jardin des Plantes
t1 p 226-240
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Événement
1589
2 janvier 1589 — Ancienne église St Paul des Champs (détruite en 1798)/Mausolée des mignons d'Henri III
t1 p 210
Le mausolée des trois mignons d'Henri III est détruit par le peuple à l'occasion d'une émeute de la Ligue
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Événement
1787
1 octobre 1787
t1 p 94-95
Le ministre Calonne, contrôleur général des finances, condamné symboliquement par la Basoche, est brûlé en effigie
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Événement
1871
24 mai 1871 — Ministère des Finances (incendié par les obus versaillais)
t1 p 49-54
Le ministère des Finances est incendié à deux reprises par les obus versaillais tirés depuis le Trocadéro ; mais le Grand livre de la dette est sauvé ; ouf !...
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1618
7 mars 1618 — Palais de Justice
t1 p 89
Le Palais de Justice est entièrement détruit par un incendie allumé pour détruire les pièces judiciaires de l'attentat de Ravaillac. Vers deux heures du matin, une sentinelle de garde au Louvre aperçoit de l'autre côté d …

Le Palais de Justice est entièrement détruit par un incendie allumé pour détruire les pièces judiciaires de l'attentat de Ravaillac.

Vers deux heures du matin, une sentinelle de garde au Louvre aperçoit de l'autre côté de la Seine « comme un cercle de feu » sur la toiture du Palais de Justice. Le temps de donner l'alerte, les combles de la Grand-Salle, en bois sec depuis des siècles, flambent déjà comme de l'amadou. Attisé par un violent vent du sud, l'incendie dévore en quelques heures la salle des Enquêtes, le greffe du Trésor, le parquet des huissiers et la tourelle de la Conciergerie. Les ardoises s'envolent jusqu'au quartier Saint-Eustache.

Au matin, la Grand-Salle — halle monumentale de soixante-trois mètres de long érigée sous Philippe le Bel, ornée des statues de tous les rois de France — n'est plus qu'un champ de ruines. La table de marbre noir où festoyaient les souverains est réduite en fragments. Louis XIII lui-même s'est levé en robe de chambre pour regarder le désastre depuis la galerie du Louvre.

La cause officielle ? Un bout de flambeau oublié par la chambrière du concierge sur le banc d'une échoppe. Mais Paris murmure autre chose. Huit ans plus tôt, en 1610, François Ravaillac avait assassiné Henri IV. Son procès, instruit en ce même Palais, avait révélé des complicités que beaucoup de grands personnages auraient préféré voir disparaître. Les pièces du dossier dormaient au greffe. Coïncidence troublante : l'incendie les a consumées.

Les historiens contemporains de l'événement sont prudents, la plupart imputant le sinistre au hasard. Mais l'opinion, elle, avait tranché. Et le doute, trois siècles plus tard, n'a jamais tout à fait disparu.

La Grand-Salle sera reconstruite en pierre par Salomon de Brosse et rouverte dès 1622 — elle deviendra l'actuelle salle des Pas Perdus.

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Événement
1848
26 février 1848 — Palais National/Palais Royal (rebaptisé)/Club des Droits de l'homme
t1 p 28
Le Palais Royal devient Palais National ; s'y installe le Club des Droits de l'homme
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais Royal
t1 p 29
Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne. Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par ru …

Dans la nuit du 23 au 24 mai, trois foyers s’allument au Palais-Royal. Au matin, des voisins et des ouvriers de la Banque de France font la chaîne.

Depuis le 21 mai 1871, l’armée versaillaise reconquiert Paris rue par rue. Pour ralentir son avance, les communards commencent, le 23, à livrer au feu les grands bâtiments du pouvoir : les Tuileries, où l’on a disposé des barils de poudre au pied de l’escalier d’honneur, le palais de la Légion d’honneur, le palais d’Orsay. Ces brasiers tiennent à la fois, écrivent les historiens, de la stratégie du désespoir, d’un acte d’appropriation et de purification, et d’une sorte de fête apocalyptique ; dans une Commune en pleine déliquescence, bien des décisions relèvent d’initiatives locales.

Le Palais-Royal est l’un de ces symboles. Ancien Palais-Cardinal de Richelieu, résidence des Orléans, il était sous le Second Empire à la disposition de l’ancien roi Jérôme, l’oncle de Napoléon III. Après de violents combats dans le quartier, trois foyers y sont allumés dans la nuit du 23 au 24 mai, sur ordre du Comité de salut public ; Victor Bénot, qui a déjà mis le feu aux Tuileries, y joue un rôle majeur. Le même jour brûlent l’Hôtel de Ville, le Palais de justice, la Préfecture de police et des maisons des rues Saint-Honoré, de Rivoli et Royale.

Au Palais-Royal pourtant, le feu est maîtrisé dès le lendemain matin, grâce à quelques habitants du quartier et à une trentaine d’ouvriers de la Banque de France voisine. Seuls l’aile droite de la cour d’entrée et les étages du bâtiment central sont gravement endommagés ; le mobilier et les objets d’art souffrent bien moins qu’en 1848.

Selon l’historien Jean-Claude Caron, entre 216 et 238 bâtiments parisiens ont été détruits ou endommagés par le feu pendant la Semaine sanglante ; les derniers foyers ne sont éteints que le 2 juin. Pour les Versaillais, ces incendies prouvent la barbarie des communards, et surtout des communardes : c’est le mythe des « pétroleuses ». Paris y perd aussi une partie de sa mémoire, avec les archives parties en fumée : les deux collections de l’état civil parisien antérieur à 1860 disparaissent, l’une à l’Hôtel de Ville, l’autre au Palais de justice.

Le Palais-Royal, lui, est restauré à l’identique de 1872 à 1874. Il accueille alors le Conseil d’État, chassé du palais d’Orsay en ruine : il y siège toujours, aux côtés du Conseil constitutionnel et du ministère de la Culture.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Temple de la Mémoire
t1 p 219-220
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Événement
1793
1793
t1 p 212
Le Pont Notre-Dame est rebaptisé pont de la Raison pendant la Révolution
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Événement
1792
1792
t1 p 212
Le quai d'Anjou est rebaptisé quai de l'Union pendant la Révolution
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Événement
1792
1792
t1 p 212
Le quai d'Orléans est rebaptisé quai de l'Égalité pendant la Révolution
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Événement
1792
1792
t1 p 212
Le quai de Béthune est rebaptisé quai des Balcons pendant la révolution
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Événement
1792
1792
t1 p 212
Le quai de Bourbon est rebaptisé quai de la République pendant la Révolution
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Événement
1848
23 février 1848 — Ministère des Affaires étrangères (1820-1853)
t1 p 101
Le sergent Giacomoni tire sur un manifestant qui voulait forcer le passage vers la Madeleine ; coup de feu qui déclenche la fusillade contre la foule, d'où la version officielle prétendra qu'il est parti
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Événement
1871
31 mars 1871 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
t1 p 223
Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes". Le 31 mar …

Les bras de la croix de bois doré provisoire imposée par Napoléon III sont sciés par les Communards, son montant vertical servant de hampe à un immense drapeau rouge ; le Panthéon est rendu aux "grands hommes".

Le 31 mars 1871, trois jours après la proclamation de la Commune, un groupe de fédérés monte au sommet du Panthéon. Ils apportent une scie.

La croix qui surmonte le dôme n'est pas la croix originelle — c'est une croix provisoire en bois doré que Napoléon III avait fait poser en 1851 quand il avait transformé le Panthéon en église Sainte-Geneviève, chassant les grands hommes pour y réinstaller les prêtres. Napias, Jourde, Rastoul et leurs compagnons scient les bras horizontaux. Il reste le montant vertical — une hampe parfaite pour un drapeau rouge immense, visible depuis tout le quartier.

Le geste est précis et symbolique à la fois. En sciant les bras de la croix, la Commune rend le Panthéon à sa vocation républicaine — le temple des grands hommes, laïque, civique, consacré à la mémoire nationale et non à la liturgie. C'est aussi une réponse directe à Napoléon III et à vingt ans de Second Empire clérical.

Le Panthéon oscille depuis sa construction entre ces deux identités. Construit pour être une église, consacré sous Louis XVI, il devient temple républicain sous la Révolution — Mirabeau, puis Voltaire, puis Rousseau y entrent. Napoléon Ier le rend au culte, Louis XVIII aussi, la Révolution de 1830 le laïcise à nouveau, Napoléon III le re-consacre. La Commune le reprend. Après la Semaine sanglante, l'église reviendra. Définitivement laïcisé en 1885 pour les funérailles de Victor Hugo, il ne changera plus.

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Événement
1795
26 février 1795 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
t1 p 221
Le 26–27 février 1795, Jean‑Paul Marat sort une seconde fois de l’histoire révolutionnaire : après avoir été porté au Panthéon comme « grand homme », il en est discrètement retiré et enterré dans le cimetière tout proche …

Le 26–27 février 1795, Jean‑Paul Marat sort une seconde fois de l’histoire révolutionnaire : après avoir été porté au Panthéon comme « grand homme », il en est discrètement retiré et enterré dans le cimetière tout proche de Sainte‑Geneviève, dépendant de la paroisse Saint‑Étienne‑du‑Mont. Quelques mois plus tôt, en septembre 1793, la Convention montagnarde avait fait de l’« Ami du Peuple » un martyr officiel, digne de reposer aux côtés de Mirabeau ou de Voltaire. Mais, après Thermidor et la chute de Robespierre, le nouveau pouvoir veut effacer les symboles de la Révolution radicale : clubs fermés, sans‑culottes réprimés, statues et bustes déboulonnés.

La dépouille de Marat est donc descendue de la crypte du Panthéon et transférée au cimetière le plus proche, accolé à l’église Saint‑Étienne‑du‑Mont. Ce déplacement, apparemment administratif, s’accompagne dans les rues d’une véritable campagne de profanation symbolique : des bustes de Marat sont promenés, brisés, parfois jetés aux égouts par les « muscadins », ces jeunes bourgeois antijacobins qui se donnent en spectacle en attaquant tout ce qui rappelle la période sans‑culotte. C’est de là que vient la légende d’un Marat « jeté à l’égout » : ce sont ses effigies, plus que son corps, que la réaction thermidorienne précipite ainsi hors de l’espace public.

En retirant Marat du Panthéon pour le reléguer dans un cimetière de quartier, on referme le temple républicain sur une mémoire plus sage, débarrassée d’un journaliste fougueux trop lié aux journées d’août 1792, aux sans‑culottes et à la Terreur naissante. Le Panthéon, un temps ouvert à une figure issue du mouvement populaire, se recentre sur des profils jugés plus « présentables » par les nouvelles élites. Ce 26–27 février 1795, on enterre un corps, mais surtout un moment de la Révolution : celui où la parole enragée d’un médecin‑publiciste avait été élevée au rang de modèle national.

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Événement
1830
Événement
1382
1 mars 1382 — Prison du For l'Évêque/Prison de Fort-l'Évêque
t1 p 169
Les Maillotins délivrent Hugues Aubriot pour en faire leur chef ; mais il s'enfuit
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Événement
1795
1 avril 1795 — Palais des Tuileries (aile Nord, côté pavillon de Marsan)/Siège de la Convention
t1 p 35
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Événement
1871
26 mai 1871 — Embarcadère de Bel-Air/Viaduc ferroviaire de la Bastille
t1 p 203
Les troupes versaillaises de la brigade Derroja prennent la Bastille à revers par le viaduc du Bel-Air
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Événement
1792
2 septembre 1792
t1 p 207
Lors des Massacres de Septembre, 160 prisonniers de droit commun sont exécutés sur les 200 enfermés alors ici
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Événement
1793
20 janvier 1793 — Hôtel de Chimay (appartenant à la famille Le Peletier)
t1 p 42
Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau meurt ici, assassiné par Pâris pour avoir voté la mort de Louis XVI
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Événement
1830
5 août 1830 — Palais Royal
t1 p 28
Louis-Philippe 1er est proclamé "roi des Français", et non "de France"
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Événement
1871
26 mai 1871
t1 p 204
Maison détruite lors des combats de la Semaine sanglante, dite des Quatre sergents de La Rochelle, symboles de l'opposition au despotisme
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Événement
1830
31 juillet 1830 — Hôtel de Ville
t1 p 180
Manœuvre de Thiers, déjà ; trahison de La Fayette, une de plus... la Monarchie de Juillet était instaurée
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Événement
1830
27 janvier 1830
t1 p 35
Manifestation contre Charles X lors d'une revue de la Garde nationale, au cri de "à bas les ministres ! à bas les jésuites !"
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Événement
1788
28 août 1788
t1 p 95
Manifestation contre le ministre Brienne, qui est brûlé en effigie ; Biron fait ouvrir le feu ; Louis XVI doit rappeler Necker
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Événement
1849
13 juin 1849
t1 p 118
Manifestation contre le "prince-président", et la déclaration de guerre à la République de Rome
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Événement
1789
12 juillet 1789
t1 p 31
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1871
22 mars 1871
t1 p 40-41
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent
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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
t1 p 184-186
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1871
22 mars 1871
t1 p 40-41
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1935
12 mai 1935
t1 p 205
Manifestation féministe au cours de laquelle des chaînes sont brûlées symboliquement
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Événement
1774
23 août 1774
t1 p 94
Manifestations contre Maupeou à la mort de Louis XV ; prémices de la Révolution française
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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Lieu de massacre de Communards
t1 p 112
Massacre de combattants de la Commune blessés, attachés aux grilles de la Bourse. Furent fusillés ici un homme qu'on prit pour Gustave Lefrançais et un autre pour Auguste Serraillier
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Événement
1871
24 mai 1871 — Mairie du 5ème arrondissement/Lieu de massacre de Communards
t1 p 223-224
Massacre de combattants de la Commune lors de la défense de la mairie du 5ème arrondissement ; entre 200 et 300 exécutions sommaires dont celles de plusieurs enfants employés comme estafettes par la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
25 mai 1871 — Caserne du Prince Eugène (aujourd'hui caserne Vérines)/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
t1 p 142
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
t1 p 212
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Collège de France/Lieu de massacre de Communards
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
1871
t1 p 100
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Palais des Tuileries/Lieu de massacre de Communards
t1 p 100
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — École de Droit/Lieu de massacre de Communards
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 112
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Marché des Carmes/Marché Maubert/Lieu de massacre de Communards
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Le "tribunal" était installé dans un café
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
1871 — Ministère de la Marine/Lieu de massacre de Communards
t1 p 100
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; environ 80 victimes, dont des femmes et des enfants
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Événement
1871
24 mai 1871 — Jardin des Plantes/Lieu de massacre de Communards
t1 p 253
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante, y compris de jeunes aides pharmaciens qui travaillaient dans une ambulance installée dans les bâtiments des serres
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Événement
1834
14 avril 1834 — Rue Transnonain
t1 p 157-160
Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse. Dans la nuit du 13 au 14 …

Au 12, rue Transnonain (aujourd'hui 62, rue Beaubourg, IIIe arr.), l'armée massacres des civils dans leur sommeil. Daumier en fera l'une des images les plus puissantes de l'histoire de la presse.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 1834, Paris est quadrillé par 40 000 soldats. L'insurrection républicaine, partie de Lyon le 9, a gagné la capitale. Des barricades se dressent dans le quartier Sainte-Avoye, autour de la rue Beaubourg et du cloître Saint-Merri. Thiers, ministre de l'Intérieur, a donné des ordres clairs : écraser la révolte sans ménagement.

À l'aube du 14, les troupes du général Bugeaud investissent le quartier. Un coup de feu — on ne saura jamais d'où — aurait été tiré depuis le 12 rue Transnonain. C'est le prétexte. Les soldats enfoncent les portes et massacrent les habitants dans leurs lits. Douze morts, dont des femmes, un vieillard, un enfant. Aucun n'était armé.

L'affaire fait scandale, mais la répression continue. Thiers fait arrêter des milliers de républicains dans toute la France. Le procès monstre qui s'ensuit, devant la Chambre des pairs, tourne à la farce judiciaire.

C'est Honoré Daumier qui fixe la mémoire du massacre. Sa lithographie, publiée en juillet 1834, montre un homme en chemise étendu sur le dos, un enfant écrasé sous son corps, du sang sur les draps. L'image est d'une frontalité insoutenable. Le gouvernement fait saisir la pierre et traquer les épreuves. Trop tard : l'image est déjà entrée dans l'histoire. L'immeuble, lui, sera rasé par Haussmann. Mais au 79 rue Beaubourg, une inscription murale rappelle encore l'ancien nom de la rue.

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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 253
Massacre de tous les défenseurs de la barricade ; 700 communards seront fusillés dans le secteur
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Événement
1418
12 juin 1418 — Grange St Éloi (transformée en prison)
t1 p 213
Avant l’aube, une rumeur traverse la ville : les Armagnacs reviennent. Ce sont leurs prisonniers qui vont payer. Depuis la nuit du 28 au 29 mai 1418, Paris est aux Bourguignons : Perrinet Leclerc leur a ouvert la porte d …

Avant l’aube, une rumeur traverse la ville : les Armagnacs reviennent. Ce sont leurs prisonniers qui vont payer.

Depuis la nuit du 28 au 29 mai 1418, Paris est aux Bourguignons : Perrinet Leclerc leur a ouvert la porte de Buci. Dans les jours qui suivent, on rafle les partisans du connétable Bernard d’Armagnac, qui est pris lui-même ; les prisons de la ville débordent. Une contre-attaque armagnac lancée depuis la Bastille a échoué, et Paris vit dans la hantise d’un retour de l’ennemi.

Juste avant l’aube du 12 juin, une fausse alerte annonce qu’une armée armagnac approche de la porte Bordelle. Près de quatre mille personnes se massent sur la place de Grève. Des meneurs surgissent — un potier nommé Lambert, un étameur, quelques bouchers — et la foule réclame la mort des prisonniers et des étrangers. On massacre des arbalétriers génois, on pille le quartier des Italiens, on fouille les maisons des suspects.

Le soir, la foule force les prisons l’une après l’autre. À la Conciergerie, Bernard d’Armagnac et le chancelier Henri de Marle sont traînés dehors et battus à mort ; on grave la croix d’Armagnac sur le corps du comte. Vient ensuite la prison Saint-Éloi, installée dans la grange du prieuré, rue Saint-Paul : tous les détenus y sont tués, sauf l’abbé de Saint-Denis, Philippe de Villette, réfugié dans l’église et sauvé par Jean de Villiers de L’Isle-Adam. Le capitaine qui a pris Paris et Guy de Bar, entré avec lui, tentent en vain de s’interposer.

Au Petit Châtelet, les gardes laissent sortir les prisonniers un à un devant la foule, qui les tue et jette les corps à la Seine. Au Grand Châtelet, les détenus, armés par leurs gardiens, résistent des heures avant d’être submergés. La tuerie ne cesse que dans la matinée du 13 juin : entre mille et deux mille morts, parmi lesquels un connétable, un chancelier, plusieurs évêques et des maîtres de l’Université, comme le théologien Benoît Gentien — mais aussi des débiteurs, des petits délinquants, des femmes. Les corps restent plusieurs jours dans les rues.

Jean sans Peur n’est pas à Paris, et les historiens estiment que les chefs bourguignons n’eurent guère de part au massacre. Le dauphin Charles, réfugié à Bourges, s’en sert pourtant contre eux : le roi, dit-il, est prisonnier, et nul ordre venu de Paris ne doit être obéi. Le 21 août, une seconde tuerie, menée cette fois par le bourreau Capeluche, fera encore quelque trois cents victimes.

Rue Saint-Paul, rien ne signale la prison, qui occupait l’emplacement des n°s 36 et 38. La voûte du n° 36 ouvre toujours le passage qui la séparait de l’église Saint-Paul-des-Champs.

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Événement
1418
12 juin 1418 — Palais des rois capétiens/Conciergerie
t1 p 90
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Événement
1358
22 février 1358 — Palais des rois capétiens/Palais de Justice/Conciergerie
t1 p 90
« Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir » : le prévôt des marchands vient d’entrer dans la chambre du dauphin. Au début de 1358, le royaume est à la dérive. Le roi Jean le Bon est prisonnier des Angl …

« Sire, ne vous ébahissez pas des choses que vous allez voir » : le prévôt des marchands vient d’entrer dans la chambre du dauphin.

Au début de 1358, le royaume est à la dérive. Le roi Jean le Bon est prisonnier des Anglais depuis la défaite de Poitiers, et son fils, le dauphin Charles, gouverne à sa place, sans prestige ni expérience. Face à lui se dresse le prévôt des marchands de Paris, Étienne Marcel, qui veut une monarchie contrôlée par les états généraux : c’est l’objet de la grande ordonnance de 1357, dont le roi captif a interdit l’application. La nouvelle que Jean le Bon a accepté, par le premier traité de Londres, de céder la moitié du royaume à l’Angleterre achève d’échauffer les esprits.

Le 22 février, Marcel convoque trois mille Parisiens en armes. Aux abords du palais, la foule surprend Regnault d’Acy, l’un des négociateurs du traité : il se réfugie dans une pâtisserie, où on l’égorge. Puis elle envahit le palais de la Cité, la résidence du dauphin. Marcel, qui en connaît le chemin, monte avec ses partisans jusqu’à la chambre du prince. Deux fidèles se tiennent à ses côtés, le maréchal de Champagne Jean de Conflans et le maréchal de Normandie Robert de Clermont. Ils sont tués sous ses yeux ; leur sang éclabousse le dauphin, qui se croit perdu.

Vient alors le geste resté célèbre. Marcel oblige le prince à coiffer le chaperon rouge et bleu des émeutiers, aux couleurs de Paris, et prend pour lui le chapeau princier. L’humiliation est publique ; elle vaut aussi sauf-conduit, car sous ces couleurs le dauphin n’a plus rien à craindre de la foule. Sur la place de Grève, le prévôt justifie les meurtres : les maréchaux étaient des « traîtres du royaume ». Le dauphin doit ratifier la mort de ses conseillers et renouveler l’ordonnance de 1357.

En l’épargnant, Marcel croyait tenir un prince facile à manœuvrer : c’est une lourde erreur. Quelques semaines plus tard, le dauphin quitte Paris et entreprend d’en couper les accès. Le 31 juillet 1358, à la porte Saint-Antoine, Étienne Marcel est massacré par des Parisiens que Jean Maillart a rameutés pour le régent. Devenu Charles V, le dauphin n’oubliera pas cette journée : il fera élever la Bastille, qui protège l’hôtel Saint-Pol, sa résidence favorite, et couvre la route de Vincennes.

Du palais des rois capétiens subsistent la Conciergerie et la Sainte-Chapelle, enclavées dans le Palais de justice. Étienne Marcel a sa statue équestre au bord de la Seine, dans les jardins de l’Hôtel de Ville, depuis le 14 juillet 1888.

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Événement
1792
3 septembre 1792 — Prison de la Force/Grande Force/Massacres de Septembre
t1 p 207-208
À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées. Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longw …

À la Petite-Force, sur plus de deux cents femmes détenues, une seule est tuée. Son nom résume à lui seul ces journées.

Fin août 1792, Paris a peur. Les armées prussiennes et autrichiennes ont franchi la frontière ; Longwy a capitulé sans combattre, Verdun est assiégée. Dans la capitale, où la monarchie a été renversée le 10 août, une rumeur court : les prisons, pleines de prêtres réfractaires et de suspects royalistes, cacheraient des armes pour une contre-révolution. Le 2 septembre, un convoi de prêtres est assailli devant la prison de l’Abbaye ; c’est le début de cinq jours de tueries. Des bandes armées vont de prison en prison — l’Abbaye, les Carmes, le Châtelet — et massacrent les détenus après un simulacre de jugement.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre, la tuerie gagne la prison de la Force, rue du Roi-de-Sicile. La prison occupe un grand hôtel particulier bâti à partir de 1533 sur les ruines de celui de Charles d’Anjou, roi de Sicile et frère de Saint Louis ; on y enferme des détenus depuis 1780. À la Grande-Force, la prison des hommes, un tribunal improvisé s’installe ; le matin du 3, il est présidé par Jacques-René Hébert, le rédacteur du « Père Duchesne ». Cent soixante-huit des quatre cent six détenus sont tués.

La Petite-Force, réservée aux femmes, ne compte qu’une victime : la princesse de Lamballe. Née à Turin, mariée au fils du richissime duc de Penthièvre et veuve un an plus tard, elle est depuis plus de vingt ans l’amie de Marie-Antoinette, qui l’a faite surintendante de sa maison. Supplantée ensuite dans le cœur de la reine par la duchesse de Polignac, elle lui est restée fidèle : après le 10 août, elle l’a suivie à la tour du Temple, d’où on l’a transférée à la Force le 19 août, avec la gouvernante des enfants royaux, Mme de Tourzel. Conduite devant le tribunal vers huit heures, interrogée, elle est déclarée libre ; mais à peine a-t-elle franchi la porte qu’elle est frappée d’une pique, puis d’une bûche, et massacrée par la foule. Son corps dénudé est exposé, puis traîné jusqu’à la borne qui fait l’angle des rues du Roi-de-Sicile et des Ballets ; sa tête, plantée sur une pique, est promenée jusqu’au Temple, sous les fenêtres de la reine.

Les autres femmes sont sauvées : la plupart sortent dans la nuit avec l’aide du personnel de la prison, et le lendemain, des commissaires envoyés par le procureur Manuel, dont Nicolas Truchon, font libérer les dernières, parmi lesquelles Mme de Tourzel. À la Grande-Force, les exécutions durent plus longtemps : le tribunal de la Force est le dernier à siéger, jusqu’au 6 septembre, peut-être jusqu’au matin du 7. Dans tout Paris, les massacres de Septembre ont fait sans doute plus de 1 300 morts. Les responsabilités restent discutées : la Commune et son comité de surveillance, Marat, qui appelait à la violence dans son journal, mais aussi l’inaction des ministres, Roland comme Danton.

La prison a été démolie en 1845. Il en reste un pan de mur, rue Malher, contre la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, et une fenêtre murée, avec sa grille, dans la cour de la caserne de pompiers de la rue de Sévigné.

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Événement
1791
17 juillet 1791 — Demeure de Maurice Duplay/Demeure de Maximilien de Robespierre
t1 p 65-67
Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robesp …

Le soir du 17 juillet 1791 est mauvais pour les républicains. La fusillade du Champ-de-Mars a fait une cinquantaine de morts parmi les pétitionnaires ; la loi martiale reste en vigueur ; les arrestations menacent. Robespierre a signé la pétition pour la déchéance du roi — il risque d'être pris. Jeanne-Marie Roland et son mari Jean-Marie passent à son logement de la rue de Saintonge, dans le Marais, pour lui proposer une cachette. Il est déjà parti.

Il est chez les Duplay. Maurice Duplay est menuisier-ébéniste, rue Saint-Honoré — une maison à deux pas du club des Jacobins que Robespierre fréquente assidûment depuis des mois. La famille l'installe dans une chambre simple, donnant sur la cour. Il y a là Duplay et sa femme, leurs filles — dont Éléonore, que l'entourage tient pour la compagne officieuse de l'Incorruptible.

Robespierre ne s'installe pas « pour quelques jours ». Il reste. Pendant trois ans, la maison Duplay sera son seul logement parisien. Il y reçoit des visiteurs, rédige ses discours, travaille sous le bruit des ateliers en contrebas. Les Duplay le couvent avec une dévotion qui tient autant de la conviction républicaine que de l'attachement familial.

Ces trois années voient Robespierre passer de député radical en survie à membre tout-puissant du Comité de salut public. La chambre de la rue Saint-Honoré est son ancre dans une période où tout le reste — les institutions, les alliances, les têtes — change sans cesse. Le 9 Thermidor an II — 27 juillet 1794 —, il quitte la maison Duplay pour se rendre à la séance de la Convention. Il ne revient pas. Arrêté dans la soirée, il est guillotiné le lendemain place de la Révolution.

La maison des Duplay a depuis disparu. Une plaque marque aujourd'hui l'emplacement de la porte où il était entré, ce soir de juillet 1791, en fuyard.

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Événement
1871
1871 — Demeure de Weil
t1 p 113
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1793
1793 — Église St Étienne du Mont/Vitraux du 13ème siècle remarquables
t1 p 221
Mirabeau et Marat transférés après expulsion du Panthéon dans le charnier de St Étienne du Mont
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Événement
1868
27 novembre 1868 — Demeure de Pierre-Antoine Berryer
t1 p 112
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Événement
1795
8 juin 1795 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 126
Mort de Louis XVII ; une autopsie bâclée est pratiquée par le docteur Dumangin ; il aurait été inhumé au cimetière Ste Marguerite
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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
t1 p 219-220
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1790
21 mai 1790
t1 p 98
N-D des Victoires, la "ci-devant église des Petits Pères", est successivement le siège de la Section de la Place Louis XIV en 1790, du Mail en 1792, puis Guillaume Tell en 1793
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Événement
1935
14 juillet 1935
t1 p 205
Le 14 juillet 1935, des adversaires de la veille défilent bras dessus bras dessous de la Bastille à la Nation, et se jurent de ne plus se diviser. La peur les avait rapprochés. Depuis l'émeute des ligues d'extrême droite …

Le 14 juillet 1935, des adversaires de la veille défilent bras dessus bras dessous de la Bastille à la Nation, et se jurent de ne plus se diviser.

La peur les avait rapprochés. Depuis l'émeute des ligues d'extrême droite, le 6 février 1934 place de la Concorde, la gauche divisée redoutait pour la République un sort à l'allemande ou à l'italienne. Le 14 juillet 1935, quelque dix mille délégués d'une soixantaine d'organisations — Ligue des droits de l'homme, Parti communiste, SFIO, radicaux, les deux CGT, anciens combattants, comité Amsterdam-Pleyel — se réunissent au vélodrome Buffalo, à Montrouge. Là, Victor Basch, président de la Ligue des droits de l'homme, proclame le serment du Rassemblement populaire : rester unis « pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine ».

L'après-midi, Paris voit le reste. De la place de la Bastille — la colonne de Juillet dans le dos —, près de cinq cent mille personnes défilent jusqu'à la place de la Nation, derrière Léon Blum, Maurice Thorez et Édouard Daladier marchant côte à côte. Socialiste, communiste, radical : trois hommes que tout opposait la veille. La gauche ne s'était pas contentée de manifester ; elle avait repris à la droite le 14 Juillet, la Marseillaise et le drapeau tricolore, qu'on croyait acquis au camp de l'ordre.

Le succès décida de la suite. Le comité d'organisation se fit permanent — le Comité national du Rassemblement populaire — avec un objectif : battre la droite aux élections de mai 1936. Un an plus tard, c'était fait. En juin 1936, Blum forma le premier gouvernement de Front populaire ; vinrent les congés payés, la semaine de quarante heures, les conventions collectives.

L'unité, pourtant, avait son revers, et la tradition marxiste ne manqua pas de le pointer. Le Rassemblement était une coalition pour sauver la République démocratique et bourgeoise du fascisme ; or, en juin 1936, quand les ouvriers la débordèrent par une vague d'occupations d'usines, ce furent les chefs du Front eux-mêmes qui les rappelèrent à l'ordre — Thorez : « Il faut savoir terminer une grève. » De son exil, Trotsky voyait dans le Front populaire, Où va la France ? à l'appui, la stratégie même qui désarmait la révolution pour étayer l'État existant. Quant à la « paix humaine » jurée à Buffalo : quatre ans plus tard, ce fut la guerre.

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Événement
1792
21 septembre 1792 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 124
Notification à Louis XVI de l'abolition de la royauté, devant la tour, par un officier municipal accompagné des gardes à cheval
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Événement
1798
1 avril 1798 — Cathédrale Notre-Dame de Paris
t1 p 165
Le 1er avril 1798, Notre-Dame de Paris est affectée au culte théophilanthropique. Pendant trois ans, la plus grande cathédrale de France accueille non plus des messes mais des cérémonies en l'honneur d'un dieu vague, uni …

Le 1er avril 1798, Notre-Dame de Paris est affectée au culte théophilanthropique. Pendant trois ans, la plus grande cathédrale de France accueille non plus des messes mais des cérémonies en l'honneur d'un dieu vague, universel, compatible avec la raison et la morale républicaine.

La théophilanthropie est une invention du Directoire — une religion sans prêtres, sans dogme précis, sans miracles. Elle croit en Dieu et en la vertu, célèbre la nature, honore les grands hommes, et se réunit le décadi — le dixième jour du calendrier révolutionnaire, substitut républicain du dimanche. Ses fondateurs, dont le libraire Chemin-Dupont, avaient voulu créer un culte civique accessible à tous, capable de remplir le vide laissé par la déchristianisation violente de la Terreur sans pour autant restaurer le catholicisme.

Le Directoire y voit une utilité politique : occuper les églises réquisitionnées, donner aux citoyens un cadre moral sans réhabiliter le clergé. Une douzaine d'églises parisiennes sont affectées à ce culte — Saint-Sulpice, Saint-Eustache, et Notre-Dame elle-même.

L'expérience est sincère mais fragile. Les fidèles restent peu nombreux, les cérémonies sont froides, la liturgie improvisée manque de profondeur. Napoléon Bonaparte, en signant le Concordat avec le pape en 1801, met fin à l'expérience : Notre-Dame retrouve ses prêtres, et la théophilanthropie disparaît aussi vite qu'elle était apparue.

Elle avait duré trois ans. L'Église avait duré vingt siècles. Les rapports de force étaient inégaux.

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Événement
1791
2 avril 1791 — Église St Eustache
t1 p 219-220
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Événement
1790
19 février 1790
t1 p 168
Le 19 février 1790, la [[place de Grève|doc:place-de-l-hotel-de-ville.WebHome]] offre l’un de ses premiers grands spectacles politiques de la Révolution : la pendaison du marquis [[Thomas de Mahy de Favras|doc:thomas-de- …

Le 19 février 1790, la place de Grève offre l’un de ses premiers grands spectacles politiques de la Révolution : la pendaison du marquis Thomas de Mahy de Favras. Gentilhomme pauvre mais très lié aux milieux royalistes, il est accusé d’avoir participé à un complot visant à soustraire la famille royale à Paris, mobiliser des troupes suisses et allemandes, et, selon les rumeurs, assassiner La Fayette et Bailly.

Arrêté en décembre 1789, Favras est jugé par le Châtelet dans un climat d’extrême tension. La rumeur publique le condamne avant les juges : des feuilles, des caricatures, des chansons en font le symbole d’une contre-révolution prête à noyer la jeune liberté dans le sang. Le procès, très politique, repose sur des témoignages contradictoires et des pièces fragiles, mais l’opinion réclame une tête aristocratique pour montrer que la justice n’épargne plus les « grands ».

Condamné à mort, Favras est pendu – et non décapité – comme un simple criminel de droit commun, choix hautement symbolique pour un marquis. Sur l’échafaud, il proclame son innocence et resterait, selon la formule célèbre, « le seul à avoir été condamné avec plus de preuves d’innocence que de culpabilité ».

Cette exécution marque un tournant : elle signale à la noblesse que la Révolution peut frapper jusque dans ses rangs les mieux titrés, et à la rue parisienne qu’elle détient désormais un pouvoir redoutable sur le cours de la justice. Entre complot réel, panique politique et soif d’exemplarité, la mort de Favras inaugure la longue série des violences d’État qui accompagneront la crise révolutionnaire.

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Événement
1795
5 décembre 1795 — Demeure de Gracchus Babeuf/Bureaux du journal "Le Tribun du Peuple"
t1 p 84
Perquisition des locaux du Tribun du Peuple ; tentative d'arrestation de Babeuf, qui parvient cette fois à s'échapper
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Événement
1382
1 mars 1382 — Hôtel d'Anjou/Hôtel d'Alençon/Hôtel d'Évreux
t1 p 169
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Événement
1871
1871 — Banque de France
t1 p 62
Plœuc permet à Charles Beslay de s'enfuir en Suisse en l'y conduisant personnellement avec l'accord au moins tacite de Thiers ; renvoi d'ascenseur pour son attitude vis à vis de la Banque de France pendant la Commune
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Événement
1800
1800
t1 p 212
Place des Fédérés en 1792, de l'Indivisibilité en 1793, puis des Vosges en l'honneur du 1er département ayant acquitté ses impôts à la République
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Événement
1793
1793
t1 p 39
Place des Piques pendant la Révolution ; entre temps la statue équestre de Louis XIV avait été détruite
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Événement
1848
24 juin 1848 — Poste de commandement des insurgés du quartier du Panthéon
t1 p 244-246
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Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
t1 p 139
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1263
avril 1263
t1 p 169
Premier siège de la municipalité de Paris, contrôlée par la hanse des marchands de l'eau, à partir de 1263 ; elle se réunissait dans la chapelle St Leufroy voisine
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Événement
1310
1 juin 1310
t1 p 167-169
Une femme a écrit un livre sur l’amour de Dieu, en français, et continue de le faire lire malgré l’interdiction. L’Inquisition la condamne : elle est brûlée en place de Grève, avec son livre. On ne sait presque rien de M …

Une femme a écrit un livre sur l’amour de Dieu, en français, et continue de le faire lire malgré l’interdiction. L’Inquisition la condamne : elle est brûlée en place de Grève, avec son livre.

On ne sait presque rien de Marguerite Porete, sinon son livre et son procès. Elle est née vers 1250 dans le comté de Hainaut, probablement à Valenciennes ; même son nom est incertain : les actes l’appellent « Marguerite dite Porete », d’un mot qui désigne un petit oignon. Elle appartient au mouvement des béguines, très vivant en Flandre : des femmes pieuses qui se vouent à Dieu et aux bonnes œuvres, sans forcément vivre en communauté ni obéir à une règle. Elle-même se dit « béguine errante ».

Elle a écrit, en langue d’oïl et non en latin, un livre dont le titre résume la pensée : Le Miroir des simples âmes anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour. Il présente l’amour de l’âme touchée par Dieu et fait dialoguer, en allégories, l’Amour et la Raison. Ses adversaires y voient une démarche qui se passe de l’Église comme institution, relativise les sacrements et rejette la morale.

Une première fois, l’évêque de Cambrai fait brûler un exemplaire du livre sur la place d’Armes de Valenciennes et le déclare hérétique. Marguerite continue pourtant de le faire circuler. L’évêque de Châlons, où elle réside sans doute alors, la dénonce à l’inquisiteur du royaume de France, le dominicain Guillaume de Paris. Celui-ci consulte l’université de Paris : une commission de théologiens examine une quinzaine d’extraits du livre ; des canonistes se prononcent sur le comportement de l’accusée, qui doit être jugée relapse, pour avoir bravé la première condamnation. Réunissant les deux avis, l’inquisiteur condamne à la fois le livre et son autrice, et la livre au bras séculier.

Le 1er juin 1310, elle est brûlée vive en place de Grève, au pied de la croix dressée sur huit marches devant la Maison aux Piliers, que la municipalité achètera en 1357 et où s’élève aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Son livre brûle avec elle. Les Grandes Chroniques de France rapportent la mort de cette « béguine clergesse », qui « avoit trespassée et transcendée l’escripture devine » et avait tenu, sur le sacrement de l’autel, des paroles « contraires et préjudiciables ». Elles viennent de raconter le supplice des Templiers brûlés « vers le moulin saint Antoine » : la même année, le roi et l’Inquisition font taire ceux qu’ils jugent hérétiques.

Avec elle s’ouvre la longue liste des exécutions de la place de Grève, qui verra mourir, au fil des siècles, Anne du Bourg, la Brinvilliers, la Voisin, Cartouche, Ravaillac ou Damiens.

Manuscrit ouvert : deux pages d’écriture gothique, avec des notes dans la marge

Sa condamnation nourrit, en 1312, un canon du concile de Vienne contre l’« hérésie du Libre-Esprit », dont les historiens ont montré qu’elle n’existait guère que dans l’esprit de ceux qui la condamnaient. Et le livre survit : on le lit en latin, en italien, en moyen anglais, et, en français, dans une copie du milieu du XVe siècle ; trois pages du texte original ont été retrouvées récemment dans un manuscrit de Valenciennes. Maître Eckhart l’a peut-être connu. En 2024, le Conseil de Paris a donné le nom de Marguerite Porete à une place du 4e arrondissement, à quelques pas de l’ancienne Grève.

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Événement
1904
18 avril 1904 — Imprimerie du journal "L'Humanité"
t1 p 113
C'est ici que les mots de Jaurès deviennent du papier et de l'encre. Le 18 avril 1904, à l'aube, les rotatives du 138-142 rue Montmartre tournent pour la première fois sous une nouvelle enseigne. On imprime L'Humanité — …

C'est ici que les mots de Jaurès deviennent du papier et de l'encre.

Le 18 avril 1904, à l'aube, les rotatives du 138-142 rue Montmartre tournent pour la première fois sous une nouvelle enseigne. On imprime L'Humanité — quatre pages, format grand quotidien, 140 000 exemplaires pour un premier tirage. La rédaction est installée au 110 rue de Richelieu, à un quart d'heure de marche. L'imprimerie, elle, est ici, dans cette portion de la rue Montmartre qui concentre depuis des décennies une bonne part de l'industrie de la presse parisienne.

Le choix n'a rien de fortuit. La rue Montmartre est au journal ce que le faubourg Saint-Antoine est à l'ébénisterie : le quartier du métier. Les imprimeries, les ateliers de composition, les messageries s'y côtoient depuis le milieu du XIXe siècle. C'est ici que les nouvelles prennent leur forme matérielle — plomb fondu, casses typographiques, cylindres encreurs, papier en bobine. Le premier numéro de L'Humanité sort de ces machines comme des centaines d'autres titres avant lui. Mais celui-ci porte en une l'éditorial de Jaurès, « Notre but », et les signatures d'Anatole France, de Mirbeau, de Jules Renard.

Le journal restera lié à ce quartier pendant ses premières années. Le personnel de l'imprimerie — typographes, compositeurs, rotativistes — appartient au monde ouvrier que le journal prétend représenter. Ils fabriquent chaque nuit, à la main et à la machine, le quotidien qui portera le lendemain les idées du socialisme dans les kiosques et les cafés de la capitale.

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Événement
1792
25 avril 1792
t1 p 168
Le montage a pris du temps. L'exécution n'a lieu que la nuit venue, aux chandelles. Le 25 avril 1792, place de Grève, les Parisiens s'écrasent depuis l'aube. On se masse aux fenêtres, on grimpe sur les toits. Tout le mon …

Le montage a pris du temps. L'exécution n'a lieu que la nuit venue, aux chandelles.

Le 25 avril 1792, place de Grève, les Parisiens s'écrasent depuis l'aube. On se masse aux fenêtres, on grimpe sur les toits. Tout le monde veut voir la nouvelle machine, celle dont on parle depuis des semaines — la « Louison », la « Louisette », comme on la surnomme d'après le docteur Antoine Louis qui l'a conçue. Le projet de loi a été voté le 25 mars. Le charpentier allemand Tobias Schmidt, qui a présenté le devis le moins cher — 305 livres contre 824 à ses concurrents —, a construit l'engin dans son atelier de la cour du Commerce-Saint-André. On l'a essayé d'abord sur des moutons vivants, le 9 avril, dans un atelier de charpente ; puis à l'hôpital de Bicêtre, dans la salle de dissection, sur trois cadavres — ceux de deux prisonniers et celui d'une folle. Les essais ont été concluants.

Mais ce 25 avril, le montage de la machine place de Grève traîne en longueur. Les heures passent. La foule attend. Quand enfin le couperet est en place, la nuit est tombée. On allume des chandelles. Le condamné est un détrousseur nommé Nicolas-Jacques Pelletier, arrêté le 14 octobre précédent rue Bourbon-Villeneuve pour avoir assailli un passant à coups de couteau et volé un portefeuille contenant 800 livres en assignats. Condamné à mort, sa sentence a été confirmée en appel le 24 décembre 1791, puis une troisième fois le 24 janvier 1792. Pelletier a attendu quatre mois dans sa cellule que la nouvelle machine soit prête.

Le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le mécanisme. Le couperet siffle. La tête tombe. C'est fini. La foule, habituée aux lentes agonies de la potence et de la roue, reste interdite. Tout s'est passé si vite que les badauds se sentent floués. Dès le lendemain, une chanson circule dans Paris pour réclamer « qu'on leur rendît leur potence de bois ».

On ne leur rendra pas. Au contraire : après Pelletier, trois soldats, trois faussaires — dont un abbé — et un faux-monnayeur passeront sous le couperet. La machine ne s'arrêtera plus. C'est le journal royaliste les Actes des Apôtres qui lui donnera son nom définitif : la « guillotine », d'après le docteur Joseph-Ignace Guillotin qui avait suggéré en 1789 que la décapitation mécanique remplace « la potence, la roue, le bûcher, l'écartèlement et autres douceurs ». Guillotin, emprisonné sous la Terreur, échappera de justesse à sa propre machine grâce au 9 Thermidor. Il mourra dans son lit, en 1814, d'un anthrax à l'épaule — au 209 rue Saint-Honoré, où il avait installé son cabinet médical et où il perdait beaucoup de patients à cause de son nom.

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Événement
1594
Événement
1871
18 mars 1871
t1 p 190-191
Prise de l'Hôtel de Ville par des bataillons bellevillois de la Garde nationale, commandés par Émile Eudes. Le Comité central de la Garde nationale s'y installe dans la soirée. Jules ferry s'enfuit au dernier moment
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Événement
1830
28 juillet 1830 — Hôtel de Ville
t1 p 180
Prise de l'Hôtel de Ville par surprise une première fois par les insurgés
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Événement
1832
6 juin 1832 — Barricade rue St Merry (commandée par Eugène Charles Jeanne)/Barricade en 1832
t1 p 149
Prise de la dernière barricade, que commande Bonjour, par la 6ème légion de la Garde nationale ; épisode décrit par Hugo dans "Les Misérables"
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Événement
1828
mars 1828 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie (le "pavillon des princes")
t1 p 247
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Événement
1792
1792 — Prison de Ste Pélagie
t1 p 247
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Événement
1793
1793 — Couvent des Madelonnettes (vestige : pan de mur)
t1 p 107
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Événement
1719
1719 — Tour du Rempart/Prison du prieuré St Martin des Champs/Prison royale de St Martin des Champs
t1 p 127-128
Prison royale pour filles publiques ; 180 sont mariées de force et déportées "aux Amériques" pour peupler la colonie de la Nouvelle Orléans
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Événement
1871
28 mars 1871
t1 p 190-191
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1848
25 février 1848 — Hôtel de Ville
t1 p 182-183
Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge. Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne dése …

Proclamation de la République à 2 heures du matin et désignation du Gouvernement provisoire ; Lamartine défend le drapeau tricolore contre le drapeau rouge.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1848, l’Hôtel de Ville ne désemplit pas. La monarchie de Juillet vient de s’effondrer, les Tuileries ont été envahies, mais rien n’est encore réellement stabilisé : quelle forme de gouvernement ? Avec qui ? Au milieu du tumulte, entre délégations de quartiers, journalistes, ouvriers, étudiants et notables républicains, se fabrique, presque à voix haute, la future République.

Vers deux heures du matin, la décision tombe : la République est proclamée, et un Gouvernement provisoire est désigné. On y retrouve les grandes figures du moment – Dupont de l’Eure, Lamartine, Ledru‑Rollin, Arago, Garnier‑Pagès, Marie, Crémieux, Louis Blanc, Flocon, Albert… – mélange de républicains « respectables », de tribuns plus radicaux et de représentants symboliques des classes populaires. L’Hôtel de Ville devient officiellement le centre du nouveau pouvoir, au nom du « peuple de Paris ».

C’est aussi à l’Hôtel de Ville, le 25 février, qu’a lieu l’un des épisodes les plus commentés de ces journées : la confrontation autour du drapeau. Une partie des insurgés, emmenés par des militants comme Raspail, réclame l’adoption du drapeau rouge, couleur des luttes ouvrières et de la révolution sociale. Lamartine, lui, se dresse pour défendre le tricolore, qu’il présente comme le drapeau de 1789, de 1830, de la nation tout entière, là où le rouge ne serait, selon lui, « que le drapeau d’une seule classe ». Sa longue harangue, très théâtrale, l’emporte : le drapeau tricolore est maintenu, avec l’ajout de quelques symboles (comme la cocarde rouge) pour tenter de calmer les ardeurs populaires.

Cet épisode condense toute l’ambiguïté de la révolution de Février. D’un côté, la République est arrachée par une insurrection où les ouvriers et les quartiers populaires ont joué un rôle décisif ; de l’autre, sa forme et ses symboles sont aussitôt encadrés par des républicains « modérés » qui veulent une République politique, mais surtout pas une République sociale. Entre la proclamation nocturne, les cris venus de la place et la voix de Lamartine au balcon, on sent déjà la tension qui conduira, quelques mois plus tard, aux affrontements de Juin 1848.

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Événement
1878
Événement
1793
2 août 1793
t1 p 33
Pyramide de bois au pied de laquelle sont exposés le buste, l'écritoire, la baignoire et la lampe de l'Ami du Peuple
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Événement
1849
13 juin 1849 — Conservatoire des Arts et Métiers (amphithéâtre, salle de dessin)
t1 p 118-120
Rassemblement contre les menées dictatoriales de Badinguet qui a déclaré la guerre à la République Romaine
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Événement
1791
28 février 1791 — Palais des Tuileries
t1 p 32
Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard". Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un c …

Rassemblement de 400 nobles qui tentent de désarmer la Garde nationale pour "libérer" Louis XVI ; on leur donnera le nom de "chevaliers du poignard".

Le 28 février 1791, le château des Tuileries devient le théâtre d’un coup de force royaliste avorté, passé à la postérité sous le nom de « journée des poignards ». Tandis qu’un mouvement populaire se dirige vers Vincennes pour démolir le donjon, plusieurs centaines de gentilshommes, alertés par la rumeur d’un danger pesant sur le roi, convergent vers les appartements de Louis XVI, cartes d’entrée en poche. Beaucoup sont officiers, anciens attachés de la Maison du Roi ou membres de cercles monarchiques : ils ont transformé armoires et placards en arsenaux, d’où sortent pistolets, épées courtes et poignards, qu’ils portent parfois sans même chercher à les dissimuler.

Leur projet est flou, mais leur intention claire : se placer en garde rapprochée du roi pour le « protéger » de la Garde nationale et, si l’occasion se présente, l’emmener hors de Paris, au besoin en désarmant les gardes postés dans le palais. Dans les couloirs, on croise notamment Alexandre de Rougeville, futur protagoniste des tentatives d’évasion de Marie‑Antoinette, et d’autres nobles restés fidèles à la monarchie. Rapidement, la rumeur enfle dans les rangs de la Garde nationale : les Tuileries seraient remplies de gens armés, prêts à tirer. Le major‑général Gouvion, puis La Fayette lui‑même, arrivent au château avec des renforts.

La scène qui suit est restée célèbre. La Fayette fait encercler les appartements, admoneste vertement les nobles et exige la remise des armes. Louis XVI, inquiet d’un affrontement sanglant entre ses partisans et la Garde nationale, ordonne aux gentilshommes de se retirer. Ceux‑ci résistent d’abord, arguant de leur zèle à défendre le roi, puis doivent céder : ils sont désarmés par les grenadiers, fouillés, et contraints de sortir entre deux haies de gardes nationaux, sous les huées et les insultes des soldats‑citoyens.

C’est de cette journée que leur vient le surnom de « chevaliers du poignard », titre à la fois moqueur et inquiétant qui souligne le contraste entre leur prétention chevaleresque et le caractère maladroit, presque complotiste, de leur intervention. L’épisode montre un roi pris entre deux feux : d’un côté des soutiens nobles prêts à la violence, de l’autre une Garde nationale qui se veut garante de la Révolution. En faisant désarmer ses propres partisans, Louis XVI tente d’éviter le pire, mais il révèle aussi à quel point la monarchie est désormais dépendante d’une force armée devenue, elle, profondément révolutionnaire.

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Événement
1649
1649 — Palais Royal
t1 p 24
Refuge de la femme de Charles 1er après la révolution de Cromwell
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Événement
1871
26 mai 1871
t1 p 202-204
Résistance des Fédérés de la Bastille, retranchés dans la gare, contre la division Vergé des troupes versaillaises, brigade Derroja arrivant à revers par la voie ferrée
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Événement
1871
19 février 1871 — Demeure de Courty/Siège de la Commission pour une Fédération de la Garde nationale
t1 p 142
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Événement
Événement
1848
mars 1848 — École de Pharmacie/Club de l'Égalité et de la Fraternité
t1 p 253
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Événement
1870
1870 — Collège de France/Club du Collège de France
t1 p 253
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Événement
1870
1870 — Salle Valentino (6 réunions)/Club de la Délivrance
t1 p 100
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Événement
1870
1870 — Salle de la Redoute (58 réunions)/Club Central Républicain
t1 p 100
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Événement
1831
14 février 1831 — Église St Germain l'Auxerrois
t1 p 88
Saccage de l'église lors du service funéraire anniversaire du duc de Berry, à l'occasion duquel avait été organisée une quête au bénéfice des Suisses blessés en juillet 1830
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Événement
1792
5 septembre 1792 — Église des Capucines/Section de la place Vendôme/Section des Piques
t1 p 97-98
L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre. À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des …

L'auteur de Justine rédigeait des pétitions pour sa section révolutionnaire dans le même immeuble où habitait Robespierre.

À partir du 5 septembre 1792, le citoyen Sade, homme de lettres, est secrétaire de la Section des Piques, anciennement section de la place Vendôme, dont elle vient de changer le nom en hommage à l'arme des sans-culottes. C'est l'une des sections révolutionnaires de Paris qui compte parmi ses membres le citoyen Robespierre. Sade sera élu président de la section en juillet 1793.

Le Marquis de Sade, né en 1740, avait passé une grande partie de sa vie en prison ou à l'asile : à Vincennes et à la Bastille, où il avait composé ses œuvres les plus scandaleuses, dont "Les 120 journées de Sodome", rédigées sur un rouleau de papier caché dans les murs de sa cellule. Libéré en 1789, peu avant la prise de la Bastille, il se retrouva dans une République naissante qui confondait liberté des mœurs et liberté politique, et il s'y engagea avec un zèle que ses biographes n'ont pas toujours su comment qualifier.

À la Section des Piques, Sade rédige des discours, des adresses, des pétitions. On connaît huit textes imprimés et un manuscrit de sa main. Le 15 novembre 1793, il est l'auteur d'une pétition anti-religieuse adressée aux représentants du peuple, demandant l'établissement d'un culte de la Raison en remplacement du "charlatanisme religieux" : le texte, conservé à Gallica, révèle un Sade parfaitement intégré au vocabulaire révolutionnaire de l'époque, plus proche des hébertistes que des robespiérristes sur la question de la religion.

Le paradoxe est vertigineux. L'homme dont les œuvres célébraient la violence, la domination et l'avilissement des corps se retrouve à rédiger des pétitions humanistes et à administrer les affaires d'une section populaire. Un paradoxe qui a sa logique : Sade avait haï la monarchie et l'Église autant que quiconque, et la Révolution lui offrait pour la première fois la possibilité d'exister comme citoyen ordinaire plutôt que comme prisonnier ou scandale de salon.

En décembre 1793, la Terreur le rattrape. Appelé à siéger dans un tribunal révolutionnaire, il refuse de signer des actes de condamnation. La chose lui sera reprochée : arrêté comme "modéré" par les robespiérristes, il est incarcéré et faillit périr sur l'échafaud. Il ne fut sauvé que par la chute de Robespierre au 9 thermidor. Il mourut en 1814 dans l'asile de Charenton, où il continuait à écrire des pièces de théâtre jouées par les pensionnaires de l'établissement.

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Événement
1792
1792 — Demeure retenue mais erronée de Manon Phlipon (d'abord chez ses parents, puis mariée avec Roland)
t1 p 101
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Événement
Événement
1871
30 janvier 1871 — Café de la Garde nationale/Comité d'initiative de la Garde nationale
t1 p 136
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Événement
Date imprécise — Cloître de St Jacques la Boucherie/Siège de la corporation des Bouchers
t1 p 210
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Événement
Date imprécise — Siège de la corporation des Maçons
t1 p 210 & 213
Siège de la corporation des Maçons au Moyen Âge et hébergement d'ouvriers, les morteliers étant les ouvriers qui préparaient le mortier pour la construction
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Événement
Date imprécise — Bureau des Tabletiers
t1 p 213
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Événement
1790
21 mai 1790 — Cour des miracles aux Petits Carreaux/Section Bonne-Nouvelle
t1 p 111 & 113
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Louis de la Couture (rebaptisée Louis la Couture)/Église St Paul-St Louis/Section de l'Arsenal
t1 p 210
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Événement
Événement
1790
21 mai 1790 — Chapelle du "ci-devant couvent des Minimes"/Section de la Place Royale/Section de la Place des Fédérés/Section de l'Indivisibilité
t1 p 141
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Événement
1790
1790 — Section des Arcis
t1 p 209
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Événement
1790
21 mai 1790 — Hôpital des Enfants Rouges/Section de l'Homme Armé
t1 p 209
Siège de la Section des Enfants Rouges, puis du Marais, puis de l'Homme Armé ; dans la chapelle de l'hôpital des Enfants Rouges. Elle ne bougea pas le 9 thermidor
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Martin des Champs/Section des Gravilliers/Société des Amis de la liberté et de l'humanité
t1 p 141
Siège de la Section des Gravilliers dans la ci-devant église Martin des Champs. Elle ne bougea pas le 9 thermidor et se mobilisa au contraire contre la Commune
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Événement
Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Eustache/Section des Postes/Section du Contrat Social
t1 p 98
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Événement
1790
21 mai 1790 — Chapelle du cimetière St Joseph/Section Fontaine-Montmorency/Section Molière et La Fontaine/Section de Brutus
t1 p 111-112
Siège de la Section Fontaine-Montmorency de 1790 à octobre 1792, puis Section Molière et La Fontaine jusqu'à septembre 1793, puis Section de Brutus de 1793 à 1795, dans la "ci-devant église St Joseph"
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Jacques l'Hôpital/Section Mauconseil/Section Bon-Conseil
t1 p 98
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Château de Bagnolet/Pavillon de l'Ermitage (appartenant à Batz depuis 1787)
t1 p 125
Siège des conjurés de Charonne, qui préparent une tentative pour faire évader Louis XVI. Ils tenteront ensuite de même avec Marie-Antoinette avec le "complot de l'Œillet". Dans les deux cas ce sera un échec
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Événement
1848
1848 — Conservatoire des Arts et Métiers/Club des Droits de l'Homme
t1 p 142
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Événement
1790
1790 — Église St Martin/Cloître St Marcel/Club des Gobelins/Club du Finistère
t1 p 252
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Événement
1848
mars 1848 — Club républicain des Travailleurs libres
t1 p 142
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Événement
1848
1848 — Club du 11ème arrondissement (de l'époque)
t1 p 142
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Événement
1871
3 avril 1871 — Église St Denys du St Sacrement/Club Molière
t1 p 141-142
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Événement
1871
6 mars 1871 — Comité central de la Garde nationale (siège provisoire)
t1 p 140
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Événement
1790
1790 — Collège de Lisieux (de 1767)/Section du Club Ste Geneviève/Section du Panthéon français
t1 p 251
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Événement
1789
9 novembre 1789 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante (1159 membres)
t1 p 32
Sièges successifs de l'Assemblée Constituante, de la Législative, et de la Convention jusqu'au 9 mai 1793. Par la suite, celui du Conseil des Cinq-Cents
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Événement
1796
1796 — Siège de la Société Théophilanthropique
t1 p 102
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Événement
1871
1871 — Église Ste Elisabeth de Hongrie/Club Nicolas des Champs
t1 p 142
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Événement
1795
17 juin 1795 — Hôtel des États-Unis/Demeure de Pierre Bourbotte
t1 p 112
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Événement
1804
6 avril 1804 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 126
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Événement
1831
21 septembre 1831
t1 p 168-169
Suite à une manifestation de 3 à 4 000 francs-maçons en souvenir des Quatre sergents de La Rochelle, la guillotine est définitivement exclue de la place de Grève ; mais elle continuera à fonctionner ailleurs
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Événement
1822
1822 — Château Rivoli/Ministère des Finances (de 1822)
t1 p 49
Symbole de la montée de la bourgeoisie que Balzac appelle "l'Escorial des financiers", et qui lui fait dire qu'il n'y a plus de noblesse, mais seulement une aristocratie
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Rue des Degrés
t1 p 105
Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. …

Tentative d'enlèvement de Louis XVI pour le soustraire à la guillotine, par 25 conjurés, alors que d'autres étaient prévus mais avaient été "empêchés" suite à des indiscrétions suivies d'arrestations. Six seront sabrés. Batz parviendra à s'enfuir

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Événement
1727
1 mai 1727 — Cimetière de l'église St Médard
t1 p 252
Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lie …

Tombe de Pâris, autour de laquelle se rassemblaient les "convulsionnaires de St Médard" ; il fut apposé à l'entrée du cimetière un écriteau sur lequel était écrit "de par le roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu"

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Événement
1871
24 mai 1871 — Cimetière Montmartre/Tombe de Raoul Rigault (disparue)
t1 p 218
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Événement
1802
juillet 1802 — Tour de la prison du Temple/Donjon du Temple
t1 p 126
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Événement
1794
11 octobre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Statue de Jean-Jacques Rousseau
t1 p 222
Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire. Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermeno …

Trois mois après Thermidor, la Convention panthéonise le philosophe dont Robespierre se réclamait chaque jour ; l'un des deux hommes est mort, l'autre entre dans la gloire.

Jean-Jacques Rousseau est mort en 1778 à Ermenonville, chez le marquis de Girardin, qui l'a inhumé dans son parc sur l'île des Peupliers. Le lieu est devenu un but de pèlerinage pour toute l'Europe sensible. Le Contrat social, publié en 1762, a fourni à la Révolution son vocabulaire fondamental : souveraineté du peuple, volonté générale, égalité, corruption de l'homme par la société.

Aucun révolutionnaire ne l'a invoqué plus constamment que Robespierre. Il l'avait rencontré adolescent, disait-il ; il en avait fait la référence de tous ses discours. La Convention avait décrété la panthéonisation dès 1791, puis en 1793, sans l'exécuter.

Le 9 thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, Robespierre est renversé et guillotiné le lendemain avec Saint-Just et Couthon. La Convention thermidorienne prend le pouvoir. Elle est composée en grande partie des mêmes hommes qui votaient les décrets de la Terreur et qui ont abattu Robespierre parce qu'ils craignaient d'être les prochains.

Le 10 octobre 1794, la dépouille de Rousseau, ramenée d'Ermenonville, est exposée sur le bassin rond du jardin des Tuileries, rebaptisé Jardin national, dans un mausolée provisoire évoquant l'île des Peupliers. Le 11 octobre, le cortège gagne le Panthéon, ancienne église Sainte-Geneviève transformée en temple des grands hommes depuis 1791.

L'opération est politique. Les thermidoriens s'approprient Rousseau contre Robespierre, en récupérant le père pour mieux liquider le fils. Ils célèbrent le philosophe de la souveraineté populaire au moment précis où ils démantèlent les institutions populaires, ferment les sociétés sectionnaires, préparent la Constitution censitaire de l'an III et laissent la réaction thermidorienne massacrer les jacobins en province.

Voltaire était entré au Panthéon en 1791. Rousseau y entre en 1794. Ils reposent face à face, séparés par l'allée centrale, comme ils l'ont été toute leur vie.

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Événement
1794
21 septembre 1794 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon
t1 p 221
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Événement
1915
14 juillet 1915 — Hôtel des Invalides
t1 p 225
On voulait le porter au Panthéon ; faute d'avoir voté la loi à temps, on le déposa « provisoirement » aux Invalides — où il est encore. Le 14 juillet 1915, la France est en guerre depuis un an. Ce matin-là, un cortège fu …

On voulait le porter au Panthéon ; faute d'avoir voté la loi à temps, on le déposa « provisoirement » aux Invalides — où il est encore.

Le 14 juillet 1915, la France est en guerre depuis un an. Ce matin-là, un cortège funèbre descend les Champs-Élysées depuis l'Arc de Triomphe : un cercueil drapé de tricolore, porté sur un affût de canon, escorté de troupes, qui gagne lentement les Invalides. Dans la bière, les ossements d'un homme mort depuis près de quatre-vingts ans : Claude-Joseph Rouget de Lisle, qui, une nuit d'avril 1792 à Strasbourg, avait écrit le Chant de guerre pour l'armée du Rhin — la Marseillaise. Derrière le cercueil marchent le président Poincaré, les présidents des deux chambres, tout l'État en habit.

L'homme, pourtant, avait mal fini. Officier tiède, il refusa de prêter serment après la chute du roi, faillit y laisser la tête sous la Terreur, et mourut oublié et sans le sou à Choisy-le-Roi, en 1836. Son chant, lui, avait conquis le monde : interdit, ressuscité, déclaré une première fois chant national un 14 juillet — celui de 1795 — puis consacré hymne national de la République le 14 février 1879. En 1915, la patrie en armes avait de nouveau besoin de son auteur ; on alla déterrer ses restes à Choisy.

Restait à choisir un tombeau digne. Le 6 juillet 1915, le conseil municipal de Paris vote à l'unanimité la panthéonisation pour le 14. Mais faire entrer un mort au Panthéon exige une loi votée par les deux chambres — et la décision tombe trop tard, à la veille des vacances parlementaires. Pas de loi, donc pas de Panthéon. Le gouvernement se rabat sur les Invalides, « à titre provisoire ».

Le 14 juillet, le cortège aboutit ainsi sous le dôme, et non rue Soufflot. Sur le parvis, Poincaré transforme l'hommage en discours de guerre, désignant l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Le chant de 1792, né pour lever des volontaires contre l'envahisseur, se trouvait enrôlé dans l'union sacrée de 1914 — tandis que les ouvriers qui l'avaient jadis fait leur marchaient désormais derrière L'Internationale.

Le « provisoire » a tenu. Plus d'un siècle après, Rouget de Lisle n'a jamais rejoint le Panthéon — le transfert, réclamé encore par intermittence, n'a jamais eu lieu. Ses restes reposent dans le caveau des gouverneurs des Invalides, fermé au public. L'homme le plus chanté de France dort à l'endroit où presque personne ne peut lui rendre visite.

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Événement
1791
11 juillet 1791 — Église Ste Geneviève/Le Panthéon/Première fête philosophique
t1 p 220
On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore. Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le l …

On le fit entrer au Panthéon sur un char à douze chevaux ; un siècle plus tard, il fallut rouvrir son cercueil pour s'assurer qu'il s'y trouvait encore.

Le 11 juillet 1791, au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, le long cortège qui a remonté tout Paris s'arrête devant le nouveau bâtiment. L'Assemblée constituante avait décidé, trois mois plus tôt, que l'église Sainte-Geneviève recevrait les cendres des grands hommes. Sur le fronton, on grave la formule : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. » Mirabeau y était entré le premier ; expulsé après la révélation de ses accords avec la cour, il laisse Voltaire le plus ancien habitant des lieux.

Il faut goûter le paradoxe. Ce temple laïque, la Révolution l'invente en empruntant tout à la religion qu'elle combat : on exhume des restes, on les promène en procession, on les translate d'un tombeau à l'autre comme on faisait jadis des reliques de saints. Le char est tiré par douze chevaux blancs, la fête réglée par Jacques-Louis David. L'homme qu'on encense ainsi est pourtant celui-là même qui avait passé sa vie à railler prêtres et dévots, et signait ses lettres d'un « Écrasez l'infâme ». La patrie reconnaissante offrait au vieux railleur de Ferney une résurrection de plâtre et de granit.

L'histoire aurait pu s'arrêter à cette apothéose. Elle rebondit sous la Restauration. Une nuit de mai 1814, murmure-t-on bientôt, des fanatiques seraient descendus forcer les cercueils de plomb de Voltaire et de Rousseau, auraient mêlé leurs ossements dans un sac et les auraient jetés dans une fosse sur un lit de chaux vive. La rumeur s'impose peu à peu, et Victor Hugo lui-même y ajoute foi. Le Panthéon, croyait-on désormais, ne gardait plus que des tombeaux vides.

Pour en avoir le cœur net, on finit par ouvrir les cercueils. Le 18 décembre 1897, une commission officielle descend dans la crypte. Sous les yeux des savants — le chimiste Marcellin Berthelot en tête —, on soulève les couvercles : les ossements sont là. On brandit le crâne de Voltaire, la mâchoire remboîtée, et l'on croit reconnaître son profil par Pigalle. Le rapport conclut à « la présence dûment reconnue des restes de Voltaire et de Rousseau » — mais la commission n'avait mené aucune expertise. On avait vu des os ; on n'avait pas prouvé que c'étaient les siens.

Aujourd'hui, au bout de l'allée centrale de la crypte, deux tombeaux se font face : Voltaire et Rousseau. Devant celui de Voltaire veille une statue due à Houdon, le sourire mince et l'œil aigu. Le philosophe du doute repose ainsi sous un doute qu'aucune commission n'a tout à fait levé — ce qui, au fond, ne lui aurait pas déplu.

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Événement
Événement
Événement
1782
1782 — Palais du Louvre (dans une des salles)
t1 p 117
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Événement
1848
Événement
Date imprécise — Hôtel des Ursins/Bureau de la marchandise à l'eau
t1 p 169
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Événement
Date imprécise — Hôtel des Ursins/Bureau de la marchandise à l'eau
t1 p 169
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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
t1 p 200
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1832
6 juin 1832
t1 p 154
Le 6 juin 1832, il ne reste qu’un îlot de résistance dans Paris : une centaine d’hommes, rue Saint-Martin, bientôt face au canon. Depuis la veille, les funérailles du général Lamarque ont tourné à l’insurrection. Dans la …

Le 6 juin 1832, il ne reste qu’un îlot de résistance dans Paris : une centaine d’hommes, rue Saint-Martin, bientôt face au canon.

Depuis la veille, les funérailles du général Lamarque ont tourné à l’insurrection. Dans la nuit, l’armée a repris les faubourgs et refoulé les insurgés vers le centre. Au matin du 6 juin, les derniers républicains en armes tiennent le quartier Saint-Merri, autour de la rue Saint-Martin, à deux pas de l’église.

Leur chef s’appelle Charles Jeanne. Ce petit commerçant de trente-deux ans, qui habite le passage des Anglais, tout près de là, s’est battu contre Charles X en juillet 1830 et y a gagné la médaille de Juillet. Déçu par la monarchie de Louis-Philippe, il a suivi le convoi de Lamarque et vu les dragons charger la foule. Il est allé chercher ses armes, puis a rejoint d’autres révolutionnaires à l’hôtel Jabach, rue Saint-Martin, dont ils ont fait leur quartier général. Trois barricades en ferment les abords, dont une grande à l’angle de la rue Aubry-le-Boucher. Une centaine d’hommes s’y retranchent. Vers six heures et demie du soir, le 5, les premiers coups de feu sont échangés avec une colonne de la garde nationale ; blessé au rein, Jeanne reste à son poste.

Le lendemain, les assauts se succèdent sans venir à bout de la position. Pour en finir, l’armée amène une pièce de canon rue Aubry-le-Boucher et la pointe sur le quartier général des insurgés : l’artillerie de la monarchie a raison de la barricade. Quand tout est perdu, Jeanne et quelques compagnons se fraient un chemin à la baïonnette à travers les assaillants et parviennent à s’enfuir. Dans l’après-midi, aux Tuileries, Louis-Philippe peut annoncer aux députés de l’opposition venus plaider l’apaisement que le dernier îlot de résistance vient de tomber, et qu’il n’y a donc rien à négocier.

Jeanne est pourtant pris. Devant ses juges, il revendique chacun de ses actes et il est condamné à la déportation. De sa prison du Mont-Saint-Michel, il écrit à sa sœur des lettres qui racontent les barricades ; il meurt de la tuberculose en 1837, à Doullens, à trente-sept ans. Son récit inspirera Victor Hugo pour la barricade des « Misérables », que le romancier déplace rue de la Chanvrerie.

À l’angle des rues Saint-Martin et Aubry-le-Boucher, là où se dressait la grande barricade, un immeuble factice peint en trompe-l’œil cache aujourd’hui une cheminée d’aération du RER.

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Événement
1785
1785 — Prison de la Petite Force (pan de mur au n° 22)
t1 p 207
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Événement
1871
24 mai 1871
t1 p 96
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
1830
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
t1 p 223
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Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (une des trois défendant le Panthéon)/Lieu de massacre de Communards
t1 p 223
Violents combats pour défendre le Panthéon ; la barricade est contournée par les versaillais ; 400 Fédérés faits prisonniers sont fusillés après les combats
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Événement
1793
Événement
1851
3 décembre 1851 — Barricade en 1851
t2 p 131 & 136
Alphonse Baudin, député de l'Ain, se fait tuer sur une barricade. Il aurait dit aux ouvriers qui lui reprochaient son salaire de député : "Vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs par jour !"
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Événement
Date imprécise — Maison des Syndicats
t2 p 179
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Événement
1794
25 juillet 1794 — Maison de St Lazare (transformée en prison, dite alors "Lazare")
t2 p 113
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Événement
1848
23 juin 1848 — Lieu de l'arrestation d'Alexandre Legénissel
t2 p 224
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Événement
1826
1826 — Infirmerie Marie-Thérèse/Demeure de François-René de Chateaubriand
t2 p 167
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Événement
1794
7 mars 1794 — Demeure d'Emmanuel Pastoret
t2 p 198
Depuis près d'un an, André Chénier vit reclus à Versailles, sortant à peine après la tombée de la nuit. Poète admiré, journaliste constitutionnel qui a attaqué Marat et les Jacobins dans les colonnes du Journal de Paris, …

Depuis près d'un an, André Chénier vit reclus à Versailles, sortant à peine après la tombée de la nuit. Poète admiré, journaliste constitutionnel qui a attaqué Marat et les Jacobins dans les colonnes du Journal de Paris, il sait qu'il est en danger. Il s'est réfugié chez ses amis Lecouteulx à Versailles, où il compose en secret ses Odes à Fanny et ses iambes venimeux contre la Convention.

Ce soir du 7 mars 1794, il commet l'imprudence de se rendre à Passy, rue Bois-le-Vent, rendre visite à Adélaïde, marquise de Pastoret. Il est accompagné d'Émilie-Lucrèce d'Estat, une femme compromise dans une affaire d'achat de votes de conventionnels lors du procès de Louis XVI — et qui détient des papiers explosifs que les comités de l'an II recherchent activement. Les agents du Comité de sûreté générale, conduits par un dénommé Guénot, sont précisément là ce soir pour perquisitionner : ils cherchent le marquis de Pastoret, en fuite.

Chénier n'est pas leur cible. Mais ses réponses lors du questionnaire d'identité les intriguent, son attitude leur paraît suspecte. Surtout, il choisit délibérément de faire diversion, de se mettre en avant pour permettre à Mlle d'Estat de s'esquiver. Le geste est courageux — et fatal. On l'embarque.

Il est conduit d'abord au Luxembourg, puis à Saint-Lazare. Pendant les cent quarante jours de sa détention, il écrit en secret ses derniers poèmes, glissés à sa famille par un geôlier complaisant. Le Tribunal révolutionnaire le condamne pour avoir « recélé les papiers de l'ambassadeur d'Espagne ». Il monte à l'échafaud le 25 juillet 1794, deux jours avant la chute de Robespierre.

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Événement
1848
28 juin 1848 — Demeure de la famille Guérin
t2 p 225
Deux jours après la chute de la dernière barricade, les soldats de Cavaignac sont encore au 26 boulevard Saint-Ange. Le 21 juin 1848, l'Assemblée constituante décrète la fermeture des Ateliers nationaux. Cent quinze mill …

Deux jours après la chute de la dernière barricade, les soldats de Cavaignac sont encore au 26 boulevard Saint-Ange.

Le 21 juin 1848, l'Assemblée constituante décrète la fermeture des Ateliers nationaux. Cent quinze mille chômeurs parisiens y étaient inscrits. Les décrets prévoient que les hommes valides seront envoyés creuser le canal de la Sauldre en Sologne, ou enrôlés de force dans l'armée. Le 22 juin, l'agitation gagne les faubourgs. Le 23, les premières barricades sont dressées. L'insurrection s'étend sur tout le quart est et nord-est de Paris : du Panthéon au faubourg Saint-Antoine, de la porte Saint-Denis à La Villette. Friedrich Engels décrit la ligne de partage : de Montmartre à la porte Saint-Denis, puis rue Saint-Denis jusqu'à la Seine, puis rue Saint-Jacques jusqu'aux barrières. À l'est : les ouvriers. À l'ouest : la bourgeoisie et ses renforts.

Le 24 juin, l'Assemblée délègue tous les pouvoirs exécutifs au général Cavaignac. Il dispose de 25 000 soldats, 17 000 gardes nationaux de province, 15 000 gardes mobiles. En face : des dizaines de milliers d'insurgés armés de fusils, de vieux mousquets, de piques et de ce que les uns et les autres ont pu trouver ou fabriquer. La poudre est précieuse. Des réseaux de soutien s'organisent dans les faubourgs, parfois dans les maisons les plus ordinaires.

Au 26 boulevard Saint-Ange — aujourd'hui boulevard de la Chapelle — vivent Guérin et sa femme. La Chapelle n'est pas encore Paris : c'est une commune ouvrière au nord de la barrière, peuplée de tanneurs, de tisserands, de maçons, de journaliers. Le couple fabrique de la poudre pour les insurgés. Ils la font passer dans Paris.

Le 26 juin, la dernière barricade du faubourg Saint-Antoine tombe. L'insurrection est écrasée. Les estimations divergent : entre trois mille et cinq mille insurgés tués pendant les combats, environ 1 500 fusillés sans jugement dans les jours qui suivent. Vingt-cinq mille arrestations. Onze mille condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie. L'état de siège ne sera levé que le 19 octobre 1848.

Le 28 juin, deux jours après la capitulation, les soldats se présentent au 26 boulevard Saint-Ange. Guérin et sa femme sont arrêtés.

Karl Marx analyse les journées de Juin dans Les Luttes de classes en France (1850) comme « l'événement le plus formidable dans l'histoire des guerres civiles en Europe » — le premier affrontement ouvert où le prolétariat apparaît en face de la bourgeoisie non plus comme allié mais comme ennemi de classe. Ce n'est plus une révolution pour la République : c'est une révolution contre l'ordre bourgeois que la République vient d'installer. Les Guérin, leur atelier de fortune, leur poudre — c'est l'infrastructure anonyme de cette guerre-là.

La base de données des 11 662 inculpés de juin 1848, établie par Jean-Claude Farcy, comprennent des couples comme les Guérin.

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Événement
1871
10 avril 1871 — Ancienne préfecture de police
t2 p 271
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Événement
1820
13 février 1820 — Arcade de la rue Colbert (près de la salle Louvois)
t2 p 93
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Événement
1815
2 août 1815 — Demeure de Charles Angélique François Huchet de La Bédoyère
t2 p 107
Arrestation du général de La Bédoyère, rétrogradé colonel, dans le cadre de la "Terreur blanche" qui suit la restauration de la royauté
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Événement
1793
13 juillet 1793 — Hôtel de Cahors/Demeure de Jean-Paul Marat
t2 p 18-20
Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au pre …

Le 13 juillet 1793, en fin d'après-midi, une jeune femme venue de Caen se présente au 30 rue des Cordeliers. Elle insiste, dit détenir des noms de Girondins réfugiés en Normandie. Marat la reçoit dans son cabinet, au premier étage, plongé dans une baignoire sabot où il soulage la maladie de peau qui le ronge, une planche en travers lui servant de bureau. Charlotte Corday tire un couteau de sous son fichu et frappe une seule fois, sous la clavicule. Il crie — « À moi, ma chère amie ! » selon les récits — et s'effondre. Simonne Évrard, sa compagne, accourt trop tard.

Tout, ce mois-là, tient dans un mouchoir de poche. La maison de Marat, l'église des ci-devant Cordeliers, le jardin du couvent : quelques dizaines de mètres, au cœur du quartier le plus radical de Paris. C'est là que David met en scène les funérailles. Le corps est exposé dans l'ancienne église les 15 et 16 juillet, la plaie offerte aux regards, drapé de tricolore. Le 16 au soir, le cortège s'ébranle à travers le quartier ; on n'inhume Marat qu'entre onze heures et minuit, sous les arbres du jardin des Cordeliers, à deux pas de sa baignoire. Son cœur, dit-on, est déposé à part, dans une urne suspendue à la voûte du club.

Or ce même 16 juillet, tandis qu'on l'enterre, Marat reparaît en librairie. Jacques Roux, le « curé rouge » de la section des Gravilliers, toute proche, publie le numéro 243 du Publiciste de la République française, sous-titré « par l'ombre de Marat, l'Ami du peuple ». Le chiffre n'est pas un hasard : il reprend la numérotation là où l'Ami du peuple l'avait laissée, comme si la mort n'avait rien interrompu. Quatre jours plus tard, le 20 juillet, un autre enragé, Jean-Théophile Leclerc, fait paraître à son tour un nouvel Ami du peuple. Deux journaux, deux héritiers autoproclamés, pour un mort qui n'a pas eu le temps de désigner de successeur.

La compagne du tribun ne l'entend pas ainsi. Le 8 août 1793, Simonne Évrard se présente à la barre de la Convention et dénonce les « écrivains scélérats » qui se parent du nom de Marat — Roux et Leclerc nommément. L'attaque tombe au plus mauvais moment pour les enragés : Robespierre les a déjà pris en grippe. Roux est arrêté quelques jours plus tard, condamné, et se donne la mort en prison au début de 1794 ; Leclerc se tait. L'ombre de Marat n'aura servi ses porteurs que quelques semaines.

Du 30 rue des Cordeliers, il ne reste rien : la maison, devenue le 20 rue de l'École-de-Médecine, fut expropriée puis démolie en 1877 pour agrandir la faculté de médecine. Dans La Sainte Famille, Marx dresse la généalogie de « l'idée communiste » et retient, pour représenter le mouvement révolutionnaire à mi-course, deux noms exactement : Leclerc et Roux — les deux journalistes du quartier qui, la semaine des funérailles, s'étaient emparés de la voix du mort.

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Événement
1892
27 mars 1892 — Domicile du substitut Bulot
t2 p 107
Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Cl …

Le 27 mars 1892, une bombe explose au cinquième étage du 39 rue de Clichy. C'est le domicile du substitut Léon Bulot, magistrat qui avait requis des peines sévères contre des manifestants anarchistes lors du procès de Clichy en 1891. Bulot est absent. Les dégâts sont matériels. L'auteur est un certain François Claudius Koenigstein, dit Ravachol.

C'est le deuxième attentat en moins d'une semaine — le 11 mars, une bombe avait déjà visé le domicile du président du tribunal qui avait jugé la même affaire. Ravachol revendique une logique de représailles : la justice bourgeoise frappe les anarchistes, les anarchistes frappent les juges. La propagande par le fait dans toute sa rigueur.

Ravachol est arrêté quelques jours plus tard, trahi par un garçon de restaurant qui l'avait reconnu. Au moment de son arrestation, il chantait. Son procès devient une tribune. Condamné à mort pour ces attentats et pour plusieurs meurtres commis avant de venir à Paris, il monte à l'échafaud en juillet 1892 en criant ses convictions. Le mouvement anarchiste en fait aussitôt un martyr — on "ravacholise" pour désigner l'acte révolutionnaire par excellence.

L'affaire Ravachol marque le début d'une vague d'attentats anarchistes qui secoue Paris jusqu'en 1894 — Vaillant à la Chambre, Émile Henry au café Terminus, puis l'assassinat du président Carnot à Lyon. La IIIe République répond par les lois scélérates, qui restreignent la liberté de la presse.

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Événement
1919
Événement
1858
14 janvier 1858 — Salle Le Peletier/Opéra Le Peletier/Opéra de Paris
t2 p 93
Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoqu …

Attentat du patriote italien Felice Orsini contre Napoléon III ; il lance deux bombes qui font 12 morts et 156 blessés ; mais Badinguet est indemne. Il en profite pour imposer une loi de sûreté générale. Ça ne vous évoque rien ?

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Événement
1835
28 juillet 1835 — Appartement loué par Giuseppe Fieschi
t2 p 131
Attentat manqué de Fieschi contre Louis-Philippe à l'aide d'une machine infernale ; il fait 19 morts. Fieschi avait travaillé comme indicateur pour le préfet Baude
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Événement
1932
Événement
1796
9 septembre 1796 — Auberge du Soleil d'Or/Conjuration du camp de Grenelle/Conjuration des Égaux
t2 p 177
Auberge d'où partent 60 conjurés babouvistes pour rallier le 21ème régiment cantonné au camp de Grenelle. Tentative trahie par Grisel, il y aura 132 arrestations et 52 condamnation à la déportation ou à la prison. Drouet …

Auberge d'où partent 60 conjurés babouvistes pour rallier le 21ème régiment cantonné au camp de Grenelle. Tentative trahie par Grisel, il y aura 132 arrestations et 52 condamnation à la déportation ou à la prison. Drouet parvient à s'enfuir

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 76
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade rue du Fbg du Temple/Barricade en Juin 1848
t2 p 131
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Événement
1785
7 mars 1785 — Prison de St Lazare
t2 p 113
Beaumarchais est enfermé quelques jours à St Lazare, afin de l'humilier, par rancune de Louis XVI à propos du Mariage de Figaro. Le bruit courra qu'il a été fouetté. Beaumarchais en sort brisé La veille, le 6 mars 1785, …

Beaumarchais est enfermé quelques jours à St Lazare, afin de l'humilier, par rancune de Louis XVI à propos du Mariage de Figaro. Le bruit courra qu'il a été fouetté. Beaumarchais en sort brisé

La veille, le 6 mars 1785, Beaumarchais a commis une imprudence. Dans une lettre publiée par le Journal de Paris, il évoque les « lions et tigres » qu'il a dû vaincre pour faire jouer sa comédie. La formule est colorée, un brin fanfaronne. Louis XVI, que le succès du Mariage de Figaro irrite depuis des mois, y voit une attaque personnelle — aidé en cela par le comte de Provence, qui orchestre la cabale dans l'ombre.

La riposte royale est immédiate et calculée pour blesser. Sans quitter sa table de jeu, le roi griffonne l'ordre d'arrêt au crayon, dit-on, sur un sept de pique. Mais le choix de la prison est, lui, parfaitement délibéré : ce ne sera pas la Bastille, honorable pour un homme de lettres, ni For-l'Évêque, ordinaire prison pour dettes. Ce sera Saint-Lazare, rue du Faubourg-Saint-Denis — la maison de correction des jeunes débauchés, des vagabonds, des filles de mauvaise vie. Y envoyer l'auteur le plus célèbre de Paris, c'est l'humilier, le ridiculiser, lui ôter sa dignité.

Le bruit court aussitôt dans les salons que Beaumarchais y a été fouetté. La rumeur est presque certainement fausse, mais elle dit quelque chose de vrai sur l'intention royale. La capitale, qui l'encensait, ricane un moment, avant de se reprendre. L'auteur de Figaro sort de Saint-Lazare quelques jours plus tard, libre mais brisé — et convaincu, plus que jamais, que les puissants ne lui pardonneront pas d'avoir eu raison trop tôt.

Quatre ans plus tard, la Révolution lui donnera spectaculairement raison.

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Événement
1848
17 avril 1848
t2 p 52-53
Blocage par la police d'une manifestation d'ouvriers des ateliers nationaux venant d'élire leurs officiers à la Garde nationale, pour l'"Abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme"
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Demeure et cabinet des figures de cire de Curtius
t2 p 131
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Événement
1848
1848 — Café des Peuples/Salle Roysin/Salle Roisin/Salle Raysin/Club Roysin (cité par Victor Hugo dans "Histoire d'un crime")
t2 p 139
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Événement
1871
3 avril 1871 — Hôtel des Monnaies (dit "La Monnaie")
t2 p 9-11
Camélinat est nommé par la Commune à la direction de la Monnaie
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Événement
1792
1792 — Couvent des Cordeliers
t2 p 21
Cantonnement des 500 hommes du bataillon des Marseillais, comprenant un hôpital pour les blessés après la prise des Tuileries
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Événement
1780
1780 — Caserne de Lourcine/Caserne de gardes-françaises
t2 p 157
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Caserne de la Compagnie de Lubersac/Caserne de gardes-françaises
t2 p 89
Casernement d'un détachement de gardes-françaises qui prit part à la prise de la Bastille
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Événement
Événement
1793
10 août 1793
t2 p 51
Célébration de la Constitution de l'An I ; mais son application est reportée à l'établissement de la paix
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Événement
1793
30 décembre 1793
t2 p 51
Célébration de la reprise de Toulon, qui avait été livrée aux anglais et aux espagnols
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Événement
1797
1797 — Église St Sulpice
t2 p 23 & 38
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Palais de l'Élysée/Centre d'enrôlement du corps des francs-tireurs de Lafond-Mocquart
t2 p 70
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Événement
1868
1 novembre 1868 — Cimetière Montmartre (27ème division)/Tombe d'Alphonse Baudin
t2 p 250
Cérémonie sur la tombe du député Alphonse Baudin ; ses organisateurs sont arrêtés
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Événement
1871
19 mars 1871 — Église St Marcel de la Maison Blanche/Chapelle Bréa
t2 p 152-155
Chanzy, amené à la chapelle Bréa, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet
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Événement
1871
19 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
t2 p 152-155
Chanzy est arrêté avec ses officiers et le député Turquet en débarquant du train à la gare d'Orléans
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Événement
1792
1792 — Cimetière de la Madeleine
t2 p 101-103
Chapelle expiatoire de 1816, sur l'emplacement du charnier des exécutions de la Concorde
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Événement
1794
14 juin 1794 — Cimetière de Picpus
t2 p 101 & 121
Charnier des 1306 condamnés guillotinés place du trône renversé, dont les carmélites de Compiègne
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Événement
1794
25 mars 1794 — Charnier ou cimetière des Errancis
t2 p 101
À partir du 25 mars 1794, les corps des guillotinés de la place de la Révolution sont portés rue de Monceau, dans un terrain vague qu'on appelle le cimetière des Errancis. Ils y seront 1119 en tout, jusqu'en 1797. La lis …

À partir du 25 mars 1794, les corps des guillotinés de la place de la Révolution sont portés rue de Monceau, dans un terrain vague qu'on appelle le cimetière des Errancis. Ils y seront 1119 en tout, jusqu'en 1797.

La liste est vertigineuse. Les hébertistes d'abord, exécutés le 24 mars — Hébert, Ronsin, Vincent, Momoro, Cloots. Puis Danton, Desmoulins et leurs amis, en avril. Puis Lavoisier et les fermiers généraux, en mai. Puis Robespierre, Saint-Just et Couthon, en thermidor. Bourreaux et victimes finissent dans le même charnier, pêle-mêle, chaulés ensemble dans des fosses communes. La Terreur ne fait pas de distinction dans la mort.

Le cimetière des Errancis n'avait rien de solennel. Pas de pierre, pas de monument, pas de nom sur les tombes — juste la terre et la chaux. C'était le pendant discret de la guillotine publique : l'exécution se faisait en spectacle place de la Révolution, l'enfouissement se faisait en silence, la nuit, dans ce terrain à l'écart de la ville.

En 1797, le cimetière est fermé. Les ossements sont transférés aux Catacombes. Le terrain est progressivement absorbé par le tissu urbain, puis par le parc Monceau. Il n'en reste rien de visible aujourd'hui — pas de plaque, pas de mémorial. Quelque part sous les pelouses du 8e arrondissement, dans la terre, les révolutionnaires et leurs victimes reposent ensemble.

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Événement
1794
25 mars 1794 — Charnier ou cimetière des Errancis
t2 p 101
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Événement
1814
30 mars 1814 — Cimetière du Père Lachaise
t2 p 272
Cimetière transformé en camp retranché par les élèves de l'École polytechnique et ceux de l'École d'Alfort ; il faudra deux divisions russes pour le prendre
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Événement
1848
2 avril 1848 — Club central des Ateliers nationaux/Salle du Manège
t2 p 85
Club créé par les chefs de l'état-major des Ateliers nationaux. Le ministre Ulysse Trélat, venu leur annoncer le 29 mai la démission d'Émile Thomas, est molesté et doit s'enfuir par la porte de derrière
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Événement
1871
1871 — Gymnase Trial/Club de femmes
t2 p 88
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Événement
1870
1870 — Élysée Montmartre/Club de la Révolution
t2 p 249
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Événement
1848
avril 1848 — Salon de Mars/Club de la Fraternité universelle
t2 p 64
Club exprimant les idées du clergé pendant la Révolution de 1848
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Événement
1848
17 mars 1848 — Cercle-club de la Garde nationale/Club de la Garde nationale
t2 p 105
Club opportuniste dont les positions changeaient au fil des évènements ; il éditait les journaux "l'Ordre", et "l'Avant-garde"
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Événement
1871
24 mai 1871 — Église Notre-Dame de la Croix
t2 p 123-125
Club où fut votée l'exécution des otages pendant la Commune ; le premier à investir une église sous la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Église Notre-Dame de la Croix
t2 p 123-125
Club où fut votée l'exécution des otages pendant la Commune ; le premier à investir une église sous la Commune
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Événement
1848
mars 1848 — Cour du Coq/Club Popincourt/Club des Vigilants
t2 p 130
Club Popincourt, dit Club des Vigilants ; club révolutionnaire créé pendant la Révolution de 1848 Le Club Popincourt, également appelé Club des Vigilants, est un club politique révolutionnaire fondé à Paris en mars 1848, …

Club Popincourt, dit Club des Vigilants ; club révolutionnaire créé pendant la Révolution de 1848

Le Club Popincourt, également appelé Club des Vigilants, est un club politique révolutionnaire fondé à Paris en mars 1848, dans le contexte de la Révolution de février qui renverse la monarchie de Juillet et instaure la Deuxième République. Il se réunit au 60 rue Amelot, dans la cour du Coq, un quartier populaire de l’est parisien. Ce club s’inscrit dans la vague de création de sociétés politiques et de cercles ouvriers qui fleurissent à Paris au printemps 1848, marqués par une forte mobilisation populaire et des débats sur les questions sociales et politiques. Les clubs jouent alors un rôle important dans l’organisation et l’expression des revendications ouvrières et républicaines, en particulier après la fermeture des Ateliers nationaux, qui déclenche les journées de Juin 1848. Le Club Popincourt participe à ce mouvement, mais son influence précise et la durée de son activité restent mal documentées.

Sources

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Événement
1871
1871 — Salle du Bal Favié/Folies de Belleville/Palais du Travail/Club Favié
t2 p 255-256
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Événement
1848
mars 1848 — Club démocratique du Quartier du Luxembourg/Comité démocratique
t2 p 167
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Événement
1848
18 mars 1848
t2 p 106
Club révolutionnaire créé pendant la Révolution de 1848 ; affilié à la Société des Droits de l'Homme
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Événement
1848
mars 1848 — Petit Château Rouge/Club de la Montagne
t2 p 249
Club révolutionnaire créé pendant la Révolution de 1848 ; fermé après le 15 mai
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Événement
1848
mars 1848 — Collège Bourbon (ancien lycée Bonaparte)/Club du Travail social
t2 p 106
Club révolutionnaire créé pendant la Révolution de 1848, Siège du Club du Travail social ; actuel lycée Condorcet
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Événement
1848
mars 1848 — Salon de Mars/Club de l'Égalité
t2 p 64
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Événement
1848
mars 1848 — Salle Bonne-Nouvelle/Salle des Spectacles-concerts/Club du Commerce
t2 p 117
Club révolutionnaire fondé pendant la Révolution de 1848, composé de commis-marchands du Sentier
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Événement
1848
mars 1848
t2 p 167
Club révolutionnaire fondé pendant la Révolution de 1848, constitué de cuisiniers
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Événement
1871
1871 — École de Médecine/Club de l'École de Médecine
t2 p 38
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Événement
Événement
1871
6 avril 1871 — Église St Sulpice/Club de la Victoire/Club Sulpice/Club du 6ème arrondissement
t2 p 23 & 38
Club révolutionnaire pendant la Commune ; les offices étaient maintenus le matin
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Événement
1871
1871 — Salle du Casino Cadet/Club des Amis du Peuple
t2 p 106
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Événement
1848
mars 1848 — Chapelle de l'église de l'Assomption/Club de la Butte des Moulins/Société des Droits de l'Homme
t2 p 87
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Événement
1848
mars 1848
t2 p 130
Club socialiste dont les membres furent décimés lors des journées de Juin 1848
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Événement
1794
2 novembre 1794 — Collège des Quatre Nations/Maison d'arrêt des Quatre Nations
t2 p 31-32
Collège des Quatre Nations transformé en prison. 2 000 prisonniers y sont entassés
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Événement
1871
22 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
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Événement
Événement
Événement
1871
22 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
Combats pendant la Semaine sanglante ; la barricade est prise à revers par trahison
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Événement
1871
22 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Caserne Popincourt (de 1770 à 1885)
t2 p 131
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Événement
1791
28 mars 1791 — Auberge du Soleil d'Or
t2 p 177-178
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Événement
1793
17 juillet 1793 — Palais de Justice/Grand'Chambre du Parlement de Paris/Siège du Tribunal révolutionnaire/Salle de la Liberté (aujourd'hui 1ère chambre)
t2 p 20
Elle avait mis quatre jours pour aller de la chambre de Marat à la salle du Tribunal révolutionnaire. Marat a été tué le 13 juillet dans sa baignoire de la rue des Cordeliers. Charlotte Corday a été arrêtée sur place, me …

Elle avait mis quatre jours pour aller de la chambre de Marat à la salle du Tribunal révolutionnaire.

Marat a été tué le 13 juillet dans sa baignoire de la rue des Cordeliers. Charlotte Corday a été arrêtée sur place, menée à l'Abbaye puis à la Conciergerie. Quatre jours plus tard — le 17 juillet 1793 — elle comparaît devant le Tribunal révolutionnaire, dans la Grand'Chambre du Palais de Justice.

L'audience est brève. Antoine Fouquier-Tinville, accusateur public, requiert la mort. Corday est accusée d'avoir tué un représentant du peuple. Elle ne nie rien. Ses réponses sont sèches, précises, sans rhétorique inutile. On lui demande si elle regrette. Elle répond qu'elle a tué un homme pour en épargner cent mille. Elle a vingt-quatre ans.

La condamnation tombe : mort. Elle sera exécutée le jour même.

Elle était venue de Caen, où les Girondins chassés de la Convention avaient trouvé refuge. Elle les avait entendus dénoncer Marat comme le moteur d'une Terreur sans fin. En tuant l'Ami du peuple, elle pensait arrêter la machine. C'est l'inverse qui se produisit : la mort de Marat fit de lui un martyr, accéléra la Terreur, et précipita vers l'échafaud, dans les mois suivants, les Girondins qu'elle avait voulu défendre.

On l'habille de la chemise rouge des assassins et des parricides. Elle monte en charrette, traverse Paris. Sur l'échafaud de la place de la Révolution, Sanson l'exécute.

Ce qui se passe ensuite fait scandale : un certain Legros, saisit la tête coupée et la gifle devant la foule. Sifflets, protestations. La Révolution avait condamné Charlotte Corday à mort ; elle n'avait pas prévu qu'on l'humilierait après. Legros fut réprimandé.

Jean-Jacques Hauer avait eu l'autorisation de la portraiturer à la Conciergerie, trois jours avant son procès. Sur le tableau — conservé au château de Versailles —, elle est calme, le regard de côté. On ne sait pas si c'est la vérité ou ce qu'elle voulait que les générations retiennent.

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Événement
1793
10 juillet 1793 — Demeure de Marie-Rose Vernet/Cachette de Condorcet
t2 p 24
Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet …

Dans les guides pressés, on lit que Condorcet, traqué sous la Terreur, se réfugia « chez la veuve du peintre Joseph Vernet ». L'erreur est tenace. Sa logeuse s'appelait Marie-Rose Boucher, veuve de Louis-François Vernet — un sculpteur mort en 1784. Elle tenait une maison meublée rue des Fossoyeurs — rue étroite qui descend de Saint-Sulpice vers le Luxembourg, aujourd'hui rue Servandoni.

Le 8 juillet 1793, la Convention décrète l'arrestation des députés girondins. Condorcet est du lot : le mathématicien, l'académicien, qui avait refusé de voter la mort du roi, est désormais hors la loi. Les scellés sont posés sur son logement d'Auteuil. Averti à temps, il ne peut plus rentrer. Deux médecins de son cercle, Pinel et Boyer, frappent à la porte de la rue des Fossoyeurs.

La scène, rapportée par Arago, mérite qu'on s'y arrête. « Madame, nous voudrions sauver un proscrit. – Est-il honnête homme, est-il vertueux ? – Oui, Madame. – En ce cas, qu'il vienne ! » Marie-Rose Vernet ne demande pas le nom de l'homme qu'elle recueille : elle ne veut pas savoir. Elle abrite ainsi, au n° 21 de la rue — l'actuel n° 15 —, un homme dont la tête est mise à prix.

Il y restera neuf mois. Dans cette chambre, tandis que l'échafaud fonctionne à plein régime, Condorcet écrit le plus optimiste des livres : l'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Quand il parle de partir, elle le retient d'une phrase : « La Convention, Monsieur, a le droit de mettre hors la loi : elle n'a pas le pouvoir de mettre hors de l'humanité ; vous resterez ! »

Il finit pourtant par céder, non à la peur, mais au scrupule. Le 25 mars 1794, il quitte la rue des Fossoyeurs. Une auberge de Clamart, une omelette commandée avec une maladresse d'aristocrate — combien d'œufs ? une douzaine — et le soupçon fait le reste. Arrêté, jeté dans un cachot de Bourg-l'Égalité, l'ancien Bourg-la-Reine, on l'y trouve mort le lendemain, 29 mars 1794. Poison dans une bague, épuisement : on ne sait au juste.

L'Esquisse fait de l'histoire la marche continue vers la raison — philosophie idéaliste que Marx et Engels retourneront dans l'Idéologie allemande, en substituant au progrès des idées le mouvement des conditions matérielles. Condorcet croyait la raison invincible ; on venait de lui prouver le contraire dans un cachot de banlieue.

Sur la façade du n° 15 de la rue Servandoni, une plaque rappelle aujourd'hui le refuge. Elle ne dit pas que la femme qui prononça ces mots n'était pas la veuve d'un peintre fameux, mais celle, presque oubliée, d'un modeste sculpteur.

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Événement
1865
15 janvier 1865 — Salle du Casino Cadet
t2 p 106
Conférence de Jules Vallès sur Balzac ; il est renvoyé de son poste à la mairie de Vaugirard pour avoir critiqué l'Empire
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Événement
1792
1792
t2 p 95
Conservatoire des gardes-françaises qui fournissait des musiciens aux armées et aux fêtes révolutionnaires
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Événement
1793
24 août 1793 — Demeure de Joseph Cambon
t2 p 39
Conventionnel, membre du Comité de Salut public, auteur du Grand livre de la dette publique ; "camboniser" était devenu synonyme de désorganiser les finances de l'État
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
t2 p 88 & 206
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
t2 p 130
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
25 mai 1871 — Palais du Luxembourg/Cour prévôtale
t2 p 14
Cour martiale installée dans une salle du rez-de-chaussée du Palais du Luxembourg. Maxime Vuillaume est sauvé par un officier qu'il connaissait
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Événement
1871
23 mai 1871 — Hôtel de Rothelin-Charolais/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
t2 p 64
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante. En tout : 36 309 procès, 23 exécutions, 251 travaux forcés, 1169 enceinte fortifiée, 3417 déportations simples, 1247 réclusions perpétuelles, 3359 prison simple, 3313 contumace

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Événement
Événement
1792
Événement
1853
1853 — Prison militaire du Cherche-Midi
t2 p 38
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Événement
1670
3 mars 1670 — Jeu de paume de la Bouteille/Salle Guénégaud/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la première)
t2 p 93
Le 28 juin 1669, Louis XIV signe à Saint‑Germain les lettres patentes qui donnent au poète Pierre Perrin, dit l’abbé Perrin, un privilège exclusif de douze ans pour fonder à Paris une Académie d’Opéra où l’on chantera de …

Le 28 juin 1669, Louis XIV signe à Saint‑Germain les lettres patentes qui donnent au poète Pierre Perrin, dit l’abbé Perrin, un privilège exclusif de douze ans pour fonder à Paris une Académie d’Opéra où l’on chantera des « représentations en musique et en vers français pareilles et semblables à celles d’Italie ». Pour la première fois, un particulier est autorisé à établir un théâtre dédié à l’opéra en français, avec monopole sur ce type de spectacles dans tout le royaume.

Avec le compositeur Robert Cambert, Perrin cherche une salle : après quelques tentatives, ils s’installent dans un ancien jeu de paume, le Jeu de paume de la Bouteille, rue des Fossés‑de‑Nesle (actuelle rue Mazarine), transformé en théâtre avec machinerie, loges et amphithéâtre. C’est là que l’Académie d’Opéra donne sa première représentation publique le 3 mars 1671 : Pomone, pastorale en un prologue et cinq actes, musique de Cambert, livret de Perrin, considérée comme le premier véritable opéra français.

Pomone reprend ce que le public aime déjà dans les ballets de cour – danses, machines spectaculaires, décors changeants, costumes fastueux – mais remplace le dialogue parlé par un récitatif continu et développe des ensembles vocaux plus riches. Le succès est immense : l’œuvre tient l’affiche pendant près de dix‑huit mois et totalise environ 146 représentations, preuve qu’un opéra en langue française, sur un sujet pastoral, peut vivre de son public payant.

Mais l’abbé Perrin, mauvais gestionnaire, s’enlise vite dans les dettes et les conflits avec ses associés, le marquis de Sourdéac et Champeron ; il finit même en prison et doit céder son privilège à Lully en 1672. Sous la main de ce dernier, l’Académie d’Opéra devient Académie royale de Musique, future Opéra de Paris, tandis que la salle du Jeu de paume de la Bouteille puis la salle du Palais‑Royal inaugurent une longue histoire de maisons d’opéra qui, de Louis XIV à aujourd’hui, restent au cœur de la vie musicale et politique parisienne.

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Événement
1869
19 décembre 1869 — Siège du journal "La Marseillaise"
t2 p 188
Création de La Marseillaise, journal républicain Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. J …

Création de La Marseillaise, journal républicain

Le 19 décembre 1869 paraît le premier numéro de La Marseillaise, quotidien républicain et satirique opposé au Second Empire. Henri Rochefort en est le rédacteur en chef. Jean-Baptiste Millière assure le rôle de directeur-gérant. Le journal coûte 15 centimes et compte quatre pages. Il succède à La Lanterne, publication précédente d'Henri Rochefort arrêtée après 77 numéros.

La rédaction inclut Charles Habeneck comme secrétaire de rédaction. Parmi les collaborateurs figurent Prosper-Olivier Lissagaray, Paul Lafargue, Victor Noir, Gustave Flourens, Paschal Grousset, Eugène Varlin et Jenny Marx. Le numéro 1 contient une chronique de Paris par Henri Rochefort, des nouvelles politiques par Charles Habeneck, une lettre de Raspail et des articles de Germain Casse et Arthur Arnould.

La Marseillaise critique Napoléon III et le pouvoir impérial. Elle défend une république inspirée des États-Unis et s'oppose à la colonisation en Algérie. Le journal soutient les catégories sociales défavorisées et relaie les luttes ouvrières, comme les grèves au Creusot.

Le 10 janvier 1870, Victor Noir, collaborateur, est tué par le prince Pierre Bonaparte. Le journal publie un article d'Henri Rochefort encadré de noir. Le 11 janvier 1870, Henri Rochefort et les rédacteurs sont arrêtés. La Marseillaise paraît jusqu'au 24 juillet 1870, avec des interruptions en février et de mai à juillet.

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Événement
1848
6 mars 1848 — Salle du manège de Monceaux/Bureau central des Ateliers nationaux
t2 p 85
Création des Ateliers nationaux le 27 février 1848, suite à la proclamation du droit au travail le 25 ; leur suppression déclenchera l'insurrection de Juin. Ils auront alors incorporé 107 000 hommes
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Événement
1871
16 avril 1871 — Prison militaire du Cherche-Midi/Cour martiale de la Commune
t2 p 33
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Événement
1871
6 avril 1871
t2 p 122
Le 6 avril 1871, des fédérés arrachent les cinq dalles de pierre qui servent de support à la guillotine devant la prison de la Grande Roquette, rue de la Croix Faubin. Ces pierres disjointes formaient le socle sur lequel …

Le 6 avril 1871, des fédérés arrachent les cinq dalles de pierre qui servent de support à la guillotine devant la prison de la Grande Roquette, rue de la Croix Faubin. Ces pierres disjointes formaient le socle sur lequel la machine était dressée lors des exécutions publiques, juste devant le portail de la prison. Le directeur, Jean-Baptiste François, les récupère et les entrepose rue de Charonne — ce qui vaudra plus tard à l'échafaud le surnom ironique d'abbaye de Cinq-Pierres.

La Grande Roquette avait ouvert en 1836. Depuis 1851, elle était le dépôt des condamnés à mort — le lieu où les hommes attendaient leur exécution, parfois des années. Les exécutions avaient lieu tôt le matin, dans la rue, devant l'entrée. Une foule se massait. La guillotine était dressée sur ces cinq dalles, à quelques mètres du trottoir. Le bourreau opérait. On remballait.

Ce même 6 avril, les deux guillotines stockées rue de la Folie-Regnault sont portées place Voltaire et brûlées publiquement — l'histoire se poursuit dans ce second billet.

La Grande Roquette sera démolie en 1900, remplacée par l'immeuble qui occupe encore aujourd'hui l'angle de la rue de la Roquette. Les exécutions capitales continueront à Paris jusqu'en 1939. La guillotine sera abolie en 1981.

Prison de la Roquette, Maison des Jeunes Détenus - Vue Extérieure, Hippolyte Collard

Prison de la Roquette et partie du cimetière du Père La Chaise, Arnout, Jules (Paris, 01–06–1814 - 1868), dessinateur-lithographe Imprimerie Lemercier

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Événement
1794
1794 — Palais du Luxembourg transformé en prison
t2 p 12
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Événement
Événement
1795
1795 — Observatoire de Paris/Bureau des Longitudes
t2 p 161-162
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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Albert Theisz
t2 p 250
Demeure d'Albert Theisz, membre de la Commune, nommé par elle directeur des Postes, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1848
Événement
1867
1867 — Demeure d'Alphonse de Lamartine
t2 p 89
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Événement
1791
1791 — Hôtel de Modène/Demeure d'Anacharsis Cloots
t2 p 39
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Événement
Événement
Événement
Date imprécise — Demeure de Jean François Auguste Izoard
t2 p 106
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Événement
1873
1873 — Demeure de Camille Odilon Barrot
t2 p 88
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Événement
Date imprécise — Demeure de Roger Ducos
t2 p 88
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Événement
1870
1870 — Demeure de Jules Favre
t2 p 88
Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en dé …

Demeure d'un des membres du gouvernement dit de "Défense nationale" ; un des "trois Jules", sans conteste le plus crapuleux. Il vit là avec "sa fille", qui n'est pas sa fille, mais qu'il revendique comme telle pour en détourner un héritage. Voleur, en plus !

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Événement
Date imprécise — Demeure de Benjamin Franklin
t2 p 88
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Auguste Blanqui
t2 p 197
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Événement
1800
janvier 1800 — Petit Luxembourg/Demeure de Napoléon Bonaparte
t2 p 12
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Événement
Événement
1848
Événement
1848
1848 — Demeure de Louis-Marie de Lahaye, vicomte de Cormenin
t2 p 106
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Événement
1871
1871 — Demeure de François-Charles Ostyn
t2 p 261
Demeure de François-Charles Ostyn, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Date imprécise — Demeure de Nicolas-Louis François de Neufchâteau
t2 p 89
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Événement
1871
1871 — Demeure de Gabriel Ranvier
t2 p 130
Demeure de Gabriel Ranvier, membre du Comité de Salut public, donné fallacieusement suicidé par le crapuleux Maxime Du Camp ; c'est son frère qui est retrouvé pendu et sur lequel on tire malgré tout
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Événement
Date imprécise — Demeure de George Sand (chez son fils)
t2 p 198
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Événement
Événement
Événement
1899
1899 — Demeure de Jean Jaurès
t2 p 198
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Antoine de Bry
t2 p 88
Conventionnel opportuniste rallié à Bonaparte puis à Louis XVIII ; auteur d'un "Essai sur l'éducation nationale"
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Jacques Rousseau
t2 p 198
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Événement
1899
1899 — Demeure de Jean Jaurès
t2 p 198
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Événement
Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Marie Amat
t2 p 88
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Événement
Date imprécise — Hôtel de Nevers/Couvent des Récollets/Demeure de Joseph Lakanal
t2 p 64
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Événement
Date imprécise — Demeure de l'abbé Grégoire
t2 p 39
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Événement
1847
1847 — Demeure de Pierre-Joseph Proudhon
t2 p 39
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Événement
Événement
Événement
1846
Événement
1792
7 juillet 1792 — Demeure d'Adrien Lamourette
t2 p 89
En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser. Le 7 ju …

En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser.

Le 7 juillet 1792, la Salle du Manège est le théâtre d'une séance âpre. L'Assemblée législative débat de la « patrie en danger » : la France est en guerre contre l'Autriche depuis avril, la Prusse vient de rejoindre la coalition, les armées ennemies progressent vers le nord et l'est. À l'intérieur, le roi Louis XVI a mis son veto aux décrets contre les prêtres réfractaires et sur le camp de fédérés. L'Assemblée est minée par la méfiance entre Feuillants, partisans de la Constitution de 1791, et Girondins qui poussent vers la déchéance royale. Les accusations mutuelles paralysent les débats depuis des semaines.

Antoine-Adrien Lamourette se lève. Né à Frévent dans le Pas-de-Calais, fils d'artisans modestes, ordonné lazariste, il est devenu en 1791 l'un des premiers évêques constitutionnels — l'évêque de Rhône-et-Loire — et cumule cette fonction avec son mandat de député. Proche collaborateur de Mirabeau, mort depuis un an, il a souvent nourri l'argumentation du grand orateur sans jamais la porter lui-même à la tribune : « J'ai rarement parlé à la tribune, dit-il, mais de grands patriotes y ont souvent prononcé ce que j'avais conçu et écrit. »

Ce soir, il parle. Il affirme que la désunion de l'Assemblée est la source de tous les malheurs de la Nation. Avec une ardeur extraordinaire, il appelle à la fraternité et propose que les députés s'embrassent en signe de réconciliation.

La proposition fait son effet. L'Assemblée est traversée d'enthousiasme. Les membres des partis les plus hostiles se jettent dans les bras les uns des autres. Condorcet et Pastoret, qui s'étaient affrontés durement la veille par journaux interposés, se tiennent embrassés. Brissot, qui se préparait à intervenir, doit suspendre et réécrire son discours en catastrophe pour ne pas se retrouver en opposition frontale avec l'ambiance du moment.

L'expression exacte du discours de Lamourette éclaire pourtant ce qu'il proposait vraiment. Il demande à l'Assemblée de condamner « par un serment irrévocable » à la fois la République et les Deux Chambres — les deux chimères qui, selon lui, alimentent la contre-révolution en divisant les partis. Ce n'est pas la fraternité abstraite qu'il invoque : c'est la défense de la Constitution de 1791 qu'il veut, et c'est à cette bannière précise qu'il tente d'unir une Assemblée en train de se déchirer.

Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution française, est impitoyable : « une effusion sentimentale qui n'était pas sans arrière-pensée. » Et il constate que dès le lendemain, les participants de ce moment si particulier en parlaient « d'un ton railleur ». Adolphe Thiers préfère y voir une sincérité momentanée : « Ce fait prouve que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître. »

Le mot est entré dans la langue. Un « baiser Lamourette » désigne désormais toute réconciliation brève et sans lendemain, toute accolade entre adversaires qui reprennent leurs querelles sitôt le rideau retombé.

Lamourette, lui, proteste contre les massacres de Septembre 1792, se lie aux Girondins et soutient la révolte fédéraliste de Lyon. Il est arrêté en 1793, transféré à Paris et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné en janvier 1794. Ceux qu'il avait vus tomber dans les bras les uns des autres ce soir du 7 juillet avaient, entre-temps, voté la mort du roi.

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Événement
1870
Événement
1830
mai 1830 — Demeure de Victor Hugo (dans ce qui est alors la seule maison de la rue)
t2 p 89
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Événement
1789
1789 — Hôtel de La Rochefoucauld/Hôtel Montalivet/Demeure de François de La Rochefoucauld-Liancourt
t2 p 64
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Événement
Date imprécise — Demeure de Marie-Charles-César de La Tour Maubourg
t2 p 64
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Événement
Événement
1868
1868 — Demeure de Léo Fränkel
t2 p 130
Demeure de Léo Fränkel, internationaliste hongrois, membre de l'Association Internationale des Travailleurs, vote dans un premier temps pour le Comité de Salut public, mais signe finalement le Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1871
1871 — Demeure de Léon Gambetta
t2 p 88
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Événement
Date imprécise — Demeure de Charles Louis-François Honoré Letourneur
t2 p 64
Demeure de Letourneur, conventionnel, membre Comité de Salut public, nommé directeur en 1795, rallié au 18 Brumaire, rappelé pendant les Cent-Jours. Il sera exilé en 1816
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Événement
1848
Événement
1871
18 mars 1871 — Demeure de Charles-Ernest Lullier
t2 p 39
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jacques Mallet du Pan
t2 p 39
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Événement
Date imprécise — Demeure de Pierre Victor Malouet
t2 p 106
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Événement
Date imprécise — Hôtel de Saxe/Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier
t2 p 39
Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier, conventionnel Montagnard opposé personnellement à Robespierre. Compère corronmpu de Barère, il soutiendra la Conjuration des Égaux, mais dans quel but ?
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Événement
1871
Événement
1871
Événement
Date imprécise — Demeure de Philippe-Antoine Merlin de Douai
t2 p 118
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Événement
1816
Événement
Date imprécise — Demeure d'Emmanuel Pastoret
t2 p 89
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Événement
1871
1871 — Demeure de Paul Philémon Rastoul
t2 p 118
Demeure de Paul Rastoul, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public. Il mourra noyé en 1875, en tentant de s'évader de Nouvelle Calédonie
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jacques Pelletier
t2 p 89
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Événement
Date imprécise — Demeure de Pierre Louis Prieur de la Marne
t2 p 106
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Événement
Date imprécise — Demeure de Pierre-Louis Rœderer
t2 p 140
Demeure de Rœderer, qui permit à Louis XVI de sortir des Tuileries le 10 août ; il participa par la suite au coup d'État du 18 Brumaire an VIII, bel itinéraire d'opportuniste
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Événement
Date imprécise — Demeure de Stanislas de Clermont-Tonnerre
t2 p 64
Demeure de Stanislas de Clermont-Tonnerre, mort défenestré par la foule alors qu'il rentrait chez lui après avoir été arrêté puis relâché, suite à la chute de la royauté qu'il continuait à défendre
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Événement
Date imprécise — Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
t2 p 198
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Événement
1789
1789 — Hôtel Bochart de Saron//Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
t2 p 64
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Événement
1796
1796 — Château de la Muette/Demeure de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord
t2 p 198
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Événement
1848
Événement
Date imprécise — Demeure d'Antoine-Claire Thibaudeau
t2 p 39
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Événement
Date imprécise — Château du Coq/Demeure d'Anne Robert Jacques Turgot
t2 p 198
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Événement
1789
1789 — Demeure de Jérôme Pétion de Villeneuve/Demeure de Pierre-Étienne-Nicolas Bouvet-Jourdan
t2 p 89
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Événement
Date imprécise — Demeure de Georges Cadoudal
t2 p 197
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Événement
Événement
Événement
Événement
1793
1793 — Hôtel de France/Demeure de François Antoine de Boissy d'Anglas
t2 p 64
Demeure du député modéré qui siégea à l'Assemblée Constituante, puis à la Convention, puis au Conseil des Cinq-Cents ; opportuniste qui adhéra au club royaliste de Clichy
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Événement
1848
27 avril 1848 — Demeure de Camille Pleyel/Demeure de Victor Schœlcher
t2 p 106
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Événement
1792
1792 — Demeure d'Antoine-Joseph Santerre
t2 p 135
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Événement
Date imprécise — Demeure du général Boulanger
t2 p 197
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Événement
Date imprécise — Demeure du général Marceau
t2 p 198
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Événement
Événement
Événement
1799
20 juillet 1799 — Demeure de Joseph Fouché
t2 p 88
Ses contemporains essayèrent de le cerner toute leur vie sans y parvenir ; l'histoire n'a pas eu plus de chance. Joseph Fouché est né en 1759, fils d'un maître de bateau breton. Il entra chez les Oratoriens, devint insti …

Ses contemporains essayèrent de le cerner toute leur vie sans y parvenir ; l'histoire n'a pas eu plus de chance.

Joseph Fouché est né en 1759, fils d'un maître de bateau breton. Il entra chez les Oratoriens, devint instituteur, puis, quand la Révolution ouvrit d'autres carrières, bascula dans la politique. Conventionnel, il vota la mort du roi. Envoyé en mission à Lyon pour réprimer la rébellion fédéraliste en 1793, il fit fusiller et noyer des centaines de contre-révolutionnaires — bien au-delà des ordres reçus, au point de choquer Robespierre lui-même.

Il survécut à Thermidor — l'un des seuls Jacobins de sa trempe à l'avoir fait. Il négocia, manœuvra, attendit. Nommé ministre de la Police sous le Directoire en juillet 1799, il s'installe au 203 rue Saint-Honoré, où il demeurera jusqu'en 1816. Ce poste, il le gardera sous le Directoire, sous le Consulat, sous l'Empire — avec une interruption de 1810 à 1815, quand Napoléon le disgrâcia pour avoir négocié en secret avec l'Angleterre. Il retrouva son ministère pendant les Cent-Jours, servit la Restauration quelques mois avant d'être exilé comme régicide — il avait voté la mort de Louis XVI seize ans plus tôt.

Il mourut à Trieste en 1820, dans un exil assez confortable. Il avait servi tous les régimes depuis 1793 sans perdre ni ses biens ni sa tête, performance unique dans l'histoire politique française. Stefan Zweig lui consacra en 1929 une biographie restée classique.

La rue Saint-Honoré garde le souvenir de ceux qui l'ont habitée : Robespierre au 398, Fouché au 203. Deux hommes que tout opposait, sauf l'adresse.

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Événement
Événement
Date imprécise — Demeure de Stéphane Mallarmé !!!
t2 p 89
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Émile de Girardin
t2 p 198
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Événement
1871
15 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
t2 p 114-115
Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépenda …

Démission de Clément-Thomas. Désignation d'une commission des statuts par 3 000 gardes nationaux. Forme fédérative suggérée par Louis Chalain. Boursier propose que le département de la Seine devienne république indépendante.

Le 15 février 1871, la salle de bal du Tivoli Waux‑Hall, près de la porte Saint‑Martin, ne résonne pas de musique mais de prises de parole enfiévrées. Trois mille délégués de la Garde nationale parisienne y sont réunis pour discuter de l’avenir de ce corps armé, qui s’est radicalisé pendant le siège et refuse la capitulation et la perspective d’un désarmement imposé par l’Assemblée monarchiste élue le 8 février.

Depuis des mois, le général Jacques Clément‑Thomas, républicain « de la vieille roche », nommé commandant de la Garde nationale de la Seine, multiplie dissolutions de bataillons, ordres sévères, dénonciations publiques de l’« indiscipline » des gardes, en particulier dans les quartiers populaires comme Belleville. Aux yeux d’une grande partie de la troupe, il apparaît de plus en plus comme un général‑gendarme, plus préoccupé de maintien de l’ordre que de défense de Paris.

Face à la montée d’une organisation autonome des bataillons, Clément‑Thomas comprend qu’il ne « tient » plus la Garde nationale et remet sa démission autour du 14‑15 février. Le même jour, au Tivoli Waux‑Hall, les délégués adoptent une orientation inverse : ils désignent une commission chargée d’élaborer des statuts, sur une base fédérative proposée par Louis‑Denis Chalain. Il s’agit de reconnaître explicitement le droit des bataillons à s’organiser entre eux, par élus, en dehors du contrôle direct du gouvernement central.

Dans ce climat de bouillonnement politique, certains vont plus loin encore. Léopold Boursier suggère que le département de la Seine devienne une « république indépendante », idée qui préfigure, de façon radicale, l’autonomie communale que porteront bientôt les insurgés de mars. La démission de Clément‑Thomas et la réunion du Tivoli Waux‑Hall marquent ainsi un tournant : la rupture entre une partie de la Garde nationale et l’autorité gouvernementale est actée, et les bases de la future Commune de Paris commencent à se structurer, non plus seulement dans la rue, mais dans des salles de réunion comme celle‑ci.

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Événement
1795
1795 — Demeure de Jacques-Nicolas Billaud-Varenne
t2 p 24
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Événement
1815
7 décembre 1815 — Maternité de Port-Royal/Centre Baudelocque
t2 p 165
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
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Événement
1799
26 juillet 1799
t2 p 47
En juillet 1799, le Club des Jacobins tentait de se reconstituer sous le Directoire. Il fut chassé de salle en salle et fermé définitivement en août — trois mois avant Bonaparte. Après Thermidor, le Club des Jacobins ava …

En juillet 1799, le Club des Jacobins tentait de se reconstituer sous le Directoire. Il fut chassé de salle en salle et fermé définitivement en août — trois mois avant Bonaparte.

Après Thermidor, le Club des Jacobins avait été fermé. Mais en 1799, le régime du Directoire agonisait et les néo-Jacobins tentaient un retour. Ils se réunissaient au Manège, près des Tuileries, sous le nom de « Société des Amis de l'Égalité et de la Liberté ». Leur ton : radical, hostile aux milieux d'affaires qui dominaient le régime.

Le 26 juillet 1799, une dénonciation forçait le club à fuir le Manège. Il se réfugia au 31 de la rue du Bac, rive gauche. Le 13 août, il fut définitivement fermé par ordre du Directoire — Fouché, nommé ministre de la Police le 20 juillet de la même année, aux commandes de la répression.

Ce fut la fin de la tradition jacobine organisée. Trois mois plus tard, le 18 brumaire an VIII — 9 novembre 1799 —, Bonaparte renversait le Directoire. Les Jacobins qui avaient espéré reprendre la main n'en eurent pas le temps.

La place Saint-Thomas-d'Aquin, où ils tinrent leurs dernières réunions, n'a gardé aucune trace de ce passage.

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Événement
1848
25 juin 1848 — Chantier de l'hôpital Louis-Philippe/Chantier de l'hôpital Lariboisière
t2 p 218-219
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Événement
1871
23 mai 1871 — Moulin de la Galette/Lieu de massacre de Communards
t2 p 250
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Événement
1871
25 mai 1871 — Clos Payen/Folie Lepreste de Neubourg
t2 p 157
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Batterie de canons pendant la Semaine sanglante
t2 p 273
Deux batteries d'artillerie de la Commune sont positionnées au Père Lachaise, 8 pièces en avant du mausolée de Morny, 3 autres au pied de la pyramide de Félix de Beaujour
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Événement
1672
15 novembre 1672 — Jeu de paume du Bel-Air/Jeu de paume de Bécquet/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la seconde)
t2 p 93
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Événement
1794
15 octobre 1794 — Prison de St Lazare (dite alors Lazare)
t2 p 113
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Événement
1794
1 juin 1794
t2 p 203-204
École militaire créée par la Convention pour de jeunes citoyens, âgés de 16 à 17 ans, fils de cultivateurs ou d'artisans et de volontaires blessés, à raison de 6 par district de la République, soit 3 500 hommes
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Événement
1798
27 octobre 1798 — Église de la Madeleine/Temple de la Gloire (inachevée)
t2 p 83
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Événement
1797
1797 — Église St Germain des Prés/Temple des Théophilanthropes
t2 p 38
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Événement
Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
t2 p 116
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1934
1 mai 1934 — Cité Jeanne d'Arc (cité ouvrière de 1884)
t2 p 158
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Événement
1934
1 mai 1934 — Cité Jeanne d'Arc (cité ouvrière de 1884)
t2 p 158
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Événement
Événement
1790
22 août 1790 — Palais du Louvre/Siège de l'Académie des Sciences
t2 p 27
Établissement du nouveau système de poids et mesures décimal, à partir de la détermination de la longueur du mètre comme dix-millionième partie du quart du méridien terrestre qui sera adoptée le 7 avril 1795
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Événement
1787
5 juin 1787 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
t2 p 143
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Événement
1871
26 mai 1871 — Hôpital des Quinze-Vingts
t2 p 140
Exécution à la mitrailleuse de Communards pendant la Semaine sanglante. Des blessés hospitalisés sont emmenés au Châtelet puis à la caserne Lobau pour être exécutés
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Événement
1871
25 mai 1871 — Prison de secteur du 13ème arrondissement
t2 p 147-148
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
t2 p 123-125
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Événement
1871
1871 — Chevet de l'Église St Joseph
t2 p 130
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Événement
1793
21 janvier 1793 — Guillotine place de la Révolution
t2 p 73
Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées. Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait t …

Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées.

Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait trois degrés, et quatre-vingt mille hommes en armes tiennent les carrefours. Au Temple, où il est enfermé avec sa famille depuis la chute de la monarchie, celui que les estampes du jour appellent « Louis Capet » a été réveillé à cinq heures par son valet Cléry. Quatre jours plus tôt, au terme de trente-sept heures de séance, la Convention a voté sa mort. L’abbé Edgeworth de Firmont lui dit une dernière messe ; sur son conseil, Louis renonce à de nouveaux adieux à sa famille, qu’il a embrassée la veille au soir. Vers huit heures, Santerre, qui commande la garde nationale, vient le chercher.

Le maire Chambon a obtenu qu’on épargne au roi déchu la charrette des condamnés : il monte dans la voiture verte du maire, avec son confesseur et deux miliciens assis face à eux. Précédé de deux cents gendarmes à cheval, le cortège descend la rue du Temple et gagne les Grands Boulevards. Près de la rue de Cléry, le baron de Batz a convoqué trois cents royalistes pour enlever le roi ; une poignée seulement est au rendez-vous, trois sont tués, Batz s’échappe. On poursuit par les boulevards et la rue de la Révolution, notre rue Royale.

Vers 10 h 15, la voiture débouche sur la place de la Révolution, l’ancienne place Louis XV. L’échafaud, peint en rouge, se dresse au milieu d’un vide gardé par des canons et vingt mille hommes ; la foule est tenue au loin. Et il n’est pas là où on l’attendrait. Pour ce seul condamné, on l’a planté à l’ouest de la place, entre le piédestal de la statue de Louis XV, renversée en août, et l’entrée des Champs-Élysées. Quand la guillotine reviendra ici, au printemps, ce sera de l’autre côté, vers les Tuileries : c’est là que tomberont Marie-Antoinette, Danton et plus d’un millier d’autres.

Au pied de l’estrade, le bourreau Charles-Henri Sanson l’attend. Louis ôte sa redingote brune, ouvre son col ; il refuse d’abord qu’on lui lie les mains, puis cède sur un mot de l’abbé : on les attache avec son propre mouchoir. Il monte, s’avance, fait taire les tambours. « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Il veut poursuivre ; un roulement couvre sa voix. La légende en attribue l’ordre à Santerre, qui n’aurait fait que relayer le général Berruyer. À 10 h 22, le couperet tombe. Un aide du bourreau, Gros, montre la tête à la foule. Quelques cris, « Vive la Nation ! Vive la République ! », des salves d’artillerie, une farandole.

La charrette de Sanson emporte aussitôt le corps au cimetière de la Madeleine, où on le jette dans une fosse, sur un lit de chaux vive. Ses restes ne rejoindront Saint-Denis que le 21 janvier 1815 ; sous la Restauration, une chapelle expiatoire s’élèvera sur l’ancien cimetière. Place de la Concorde, l’obélisque de Louxor, dressé en 1836, occupe aujourd’hui le centre de la place, là où se trouvait le piédestal : l’échafaud du 21 janvier se tenait entre lui et l’entrée des Champs-Élysées.

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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
t2 p 140
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Événement
1871
28 mai 1871
t2 p 14-17
On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé. Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaît …

On lui accorde une dernière faveur : épouser sa compagne, qui attend un enfant. Deux heures plus tard, il est fusillé.

Tony Moilin a trente-neuf ans. Médecin, élève puis assistant de Claude Bernard, il s’est fait connaître par son dévouement pendant l’épidémie de choléra de 1865 et par les soins qu’il donne aux pauvres dans des dispensaires de la rue de Rivoli et de la rue de Seine. Socialiste, nourri de Fourier, il a publié en 1869 une utopie, « Paris en l’an 2000 », où il imagine la capitale parcourue de rues-galeries. L’Empire l’a condamné en 1870 à cinq ans de prison dans l’affaire du « complot de Blois », sans doute montée par la police ; la chute de Napoléon III l’a libéré un mois plus tard. En janvier 1871, il signe l’Affiche rouge qui appelle à la Commune.

Pendant la Commune, il n’est pas élu au Conseil. Il sert comme chirurgien-major du 193e bataillon de la Garde nationale et fait office, quelques jours, de maire du 6e arrondissement. Cela suffit. Le 27 mai, alors que les derniers combats se livrent à Belleville, il est dénoncé, arrêté et condamné à mort le jour même par une cour martiale.

Le maire de l’arrondissement, Anne-Charles Hérisson, obtient pour lui une faveur. Le 28 mai au matin, Moilin épouse sa compagne, Lucie Marie Repiquet. Deux heures plus tard, il est fusillé dans le jardin du Luxembourg, devant le piédestal d’une statue de lion, à gauche de l’escalier qui descend vers l’allée de l’Observatoire. Malgré la promesse faite à sa veuve, son corps ne lui sera pas rendu : on le jette à la fosse commune, pour que sa tombe ne devienne pas un lieu de mémoire de la Commune.

Sa mort a frappé les contemporains, parce qu’elle punissait moins des actes qu’un homme et ses idées. Camille Pelletan lui consacre de longues pages dans « La Semaine de mai », son réquisitoire contre la répression versaillaise, et Eugène Pottier, l’auteur de « L’Internationale », cite son nom dans sa chanson « Elle n’est pas morte ! ».

Le Luxembourg n’en a pas fini avec les exécutions : le 4 juin encore, des fédérés sont fusillés au pied de la terrasse des Reines. Depuis 2003, une plaque apposée par le Sénat, qui siège dans le palais, rappelle leur mémoire.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
t2 p 238-242
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1794
28 juillet 1794
t2 p 74
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1812
29 octobre 1812 — Barrière de Grenelle
t2 p 171
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Événement
1794
25 juillet 1794
t2 p 121
Le 25 juillet 1794 — 7 thermidor an II —, André Chénier monta à l'échafaud place du Trône renversé. Il avait trente et un ans. Quarante-huit heures plus tard, Robespierre tombait. André Chénier est né en 1762 à Constanti …

Le 25 juillet 1794 — 7 thermidor an II —, André Chénier monta à l'échafaud place du Trône renversé. Il avait trente et un ans. Quarante-huit heures plus tard, Robespierre tombait.

André Chénier est né en 1762 à Constantinople d'un père français et d'une mère grecque. Il grandit à Paris, fut élève au Collège de Navarre, et devint le plus grand poète français de son siècle — un siècle qui ne le lut qu'après sa mort.

La Révolution le trouva enthousiaste, puis horrifié. Il avait d'abord salué 1789 ; il se détourna de la Terreur et rédigea pour le Journal de Paris des articles qui attaquaient les excès jacobins. En mars 1794, il fut arrêté près de Passy et emprisonné à Saint-Lazare — l'ancien hospice du 107 rue du Faubourg Saint-Denis, converti en prison. Il y écrivit les Iambes, poèmes de la colère froide d'un homme qui sait ce qui l'attend.

Le 7 thermidor, il fut conduit à la guillotine avec une cinquantaine d'autres condamnés. Selon une anecdote transmise par ses contemporains — peut-être apocryphe, certainement vraie dans son esprit —, il frappa son front du poing avant de monter à l'échafaud en disant : Il y avait quelque chose là.

Le 9 thermidor — le 27 juillet —, Robespierre était arrêté. La Terreur prenait fin.

Ses poèmes ne furent publiés qu'en 1819. Les Romantiques le découvrirent et en furent bouleversés. Il repose dans la fosse commune du cimetière de Picpus, avec les autres victimes de la place du Trône renversé.

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Événement
1871
15 mai 1871 — Cartoucherie de la Commune (chez un artificier de l'Hôtel de Ville)
t2 p 62
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Événement
1894
5 avril 1894 — Restaurant Foyot
t2 p 40
Le 5 avril 1894, une bombe explose au restaurant Foyot, 33 rue de Tournon, établissement bourgeois face au Sénat où se retrouvent parlementaires et gens de lettres. Plusieurs clients sont blessés. L'un d'eux, le poète sy …

Le 5 avril 1894, une bombe explose au restaurant Foyot, 33 rue de Tournon, établissement bourgeois face au Sénat où se retrouvent parlementaires et gens de lettres. Plusieurs clients sont blessés. L'un d'eux, le poète symboliste Laurent Tailhade, perd un œil.

L'ironie est cruelle. Un an plus tôt, le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant avait lancé une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés — sans faire de morts. Tailhade avait alors déclaré à un dîner : "Qu'importent les victimes si le geste est beau !" La formule avait fait le tour de Paris.

Le voilà maintenant victime du geste beau. La presse s'empressa de noter la coïncidence. Tailhade, lui, ne renia pas ses convictions anarchisantes — mais perdit effectivement un œil dans l'explosion, dont l'auteur ne fut jamais identifié avec certitude.

Le Foyot était l'un des restaurants les plus fréquentés du quartier latin depuis le Second Empire. Zweig y dînera plus tard, Radiguet aussi — ce lieu qui sentait le Sénat et le pouvoir, juste en face du Luxembourg, attirait autant les politiques que les écrivains qui les observaient.

L'attentat du Foyot survient dans le contexte des années anarchistes : depuis 1892, Ravachol, puis Vaillant, puis Émile Henry ont ensanglanté Paris de leurs bombes. En juin 1894, le président Carnot sera assassiné à Lyon. La série prendra fin avec les lois scélérates qui musèlent la presse anarchiste.

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Événement
1871
17 mai 1871
t2 p 56-62
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
1656
1656 — Hôpital de la Salpêtrière (hôpital général pour femmes)
t2 p 143
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Événement
1789
12 juillet 1789 — Opéra de Paris
t2 p 93
Un dimanche soir de juillet 1789, le plus jeune théâtre de Paris — bâti en deux mois pour distraire la cour — éteignit ses lustres sur l'injonction de la rue. Sur le boulevard Saint-Martin, au numéro 18, se dresse depuis …

Un dimanche soir de juillet 1789, le plus jeune théâtre de Paris — bâti en deux mois pour distraire la cour — éteignit ses lustres sur l'injonction de la rue.

Sur le boulevard Saint-Martin, au numéro 18, se dresse depuis huit ans une salle qui n'aurait jamais dû exister si vite. En 1781, l'incendie de l'opéra du Palais-Royal avait laissé l'Académie royale de musique sans toit. On rebâtit alors, jour et nuit, en deux mois à peine, une salle de dix-huit cents places sur les plans de Nicolas Lenoir. Le 27 octobre 1781, l'Opéra y donnait déjà Adèle de Ponthieu de Piccinni. C'est là, sur les Grands Boulevards, que la cour venait applaudir Gluck, Sacchini et Salieri.

Le samedi 11 juillet 1789, Louis XVI renvoie Necker, le ministre populaire. La nouvelle atteint Paris le lendemain matin, un dimanche. Au Palais-Royal, Camille Desmoulins monte sur une table du café de Foy et harangue la foule. On court alors chez Curtius, le montreur de figures de cire de la galerie de Montpensier. On y saisit les bustes de Necker et du duc d'Orléans, qu'on drape de noir et qu'on promène en cortège, tête nue, à travers la ville.

Le deuil, ce jour-là, se veut public — et il n'admet pas de spectacle. Dans l'après-midi, des groupes vont d'un théâtre à l'autre faire cesser les représentations. Sur les boulevards, l'Opéra du numéro 18 n'y échappe pas. La foule en ferme les portes ; les carrosses des courtisans venus pour la soirée sont hués, refoulés. Le graveur Jean-Louis Prieur en fixera la scène pour ses Tableaux historiques de la Révolution française : sous les colonnes de la salle, le peuple baisse le rideau à la place des machinistes. On ne joue pas quand Necker s'en va.

Pendant ce temps, à l'autre bout de Paris, la journée tourne au sang. Place Louis XV — l'actuelle Concorde —, le Royal-Allemand du prince de Lambesc charge les manifestants ; les bustes de cire sont les premières cibles, avant les hommes. Le soir même, cavaliers et gardes-françaises s'affrontent sur les boulevards. Deux jours plus tard, la Bastille tombait.

Le théâtre, lui, survécut à la Révolution qu'il avait vue commencer sur son perron. L'Opéra quitta le boulevard Saint-Martin le 9 thermidor an II — le jour même de la chute de Robespierre — pour la rue de Richelieu. La salle prit alors le nom de Théâtre de la Porte-Saint-Martin. Incendiée pendant la Semaine sanglante, le 25 mai 1871, elle fut rebâtie deux ans plus tard sur le même emplacement. Vous passez aujourd'hui devant le 18, boulevard Saint-Martin sans y penser : c'est là, sous d'autres pierres mais au même endroit, que le public de l'Opéra fut prié, un soir, de rentrer chez lui.

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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 51
Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné. Au printem …

Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné.

Au printemps 1794, la Révolution est en pleine Terreur. Depuis 1793, les ultra-révolutionnaires mènent une déchristianisation vigoureuse ; à la fin de l’année, ils ont institué le culte de la Raison. Robespierre, lui, n’a jamais caché sa foi en un Être suprême. Disciple de Rousseau, qu’il a rencontré en 1778, peu avant la mort de l’écrivain, il tient l’athéisme militant pour un danger. Il veut réunir les Français autour d’un culte commun, et placer la religion sous la main de l’État. L’idée n’est pas neuve : dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été proclamée « en présence et sous les auspices de l’Être suprême ».

Le 18 floréal an II (7 mai 1794), sur son rapport au nom du Comité de salut public, la Convention décrète que « le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme ». Elle institue un calendrier de fêtes civiques appelées à remplacer les fêtes catholiques : à l’Être suprême et à la Nature, au Genre humain, à l’Amitié, à la Frugalité, au Malheur, au Bonheur… La fête de l’Être suprême est fixée au 20 prairial, le 8 juin. Quatre jours avant, la Convention élit Robespierre à sa présidence, à l’unanimité : c’est donc lui qui la présidera. Le peintre Jacques-Louis David, ordonnateur des fêtes de la Révolution, en dessine les chars et les décors. Le poète Marie-Joseph Chénier, qui a travaillé avec lui à plusieurs de ces fêtes, a préparé un hymne ; Robespierre le refuse.

Le jour venu, la foule se rassemble au jardin des Tuileries, autour du bassin rond. Sur le bassin, une pyramide figure un monstre, l’Athéisme, entouré de l’Ambition, de l’Égoïsme et de la fausse Simplicité. Robespierre paraît en habit bleu céleste, serré d’une écharpe tricolore, un bouquet de fleurs et d’épis à la main. Il met le feu à l’Athéisme et à l’Égoïsme ; une fois brûlés, ils laissent paraître une statue de la Sagesse. Puis il prend la tête du cortège de la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. On y a élevé une sorte de rocher artificiel, couronné d’un arbre de la liberté et d’une colonne antique que surmonte une statue brandissant un flambeau. La foule chante l’hymne à l’Être suprême du poète Théodore Désorgues, sur une musique de Gossec. Paris compte alors six cent mille habitants ; un contemporain dénombre plus de quatre cent mille participants, chiffre sans doute exagéré, mais qui dit le succès de la fête.

Derrière le président, pourtant, la Convention traîne les pieds. Des députés bavardent, se moquent, refusent de marcher au pas ; il y a, se souviendra l’un d’eux, « un intervalle considérable » entre Robespierre et ses collègues. Certains l’insultent ; le dantoniste Laurent Lecointre le traite de « pontife ». Son habit bleu rappelle le symbolisme chrétien. Beaucoup de conventionnels restent attachés à l’anticléricalisme, craignent le retour du religieux, soupçonnent Robespierre de viser le pouvoir personnel ; les anciens déchristianisateurs, comme Fouché, se sentent condamnés.

La fête, qui voulait sceller l’unité de la République, avive les tensions. Le 9 thermidor (27 juillet), empêché de parler à la Convention, Robespierre est mis en accusation et arrêté. Le lendemain, il est guillotiné place de la Révolution, avec vingt et un de ses amis politiques, sous les acclamations de la foule. La croyance en l’Être suprême lui survit : les fêtes civiques continuent, et la théophilanthropie, qui en est issue, ne sera interdite qu’en 1803.

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Événement
1790
27 avril 1790 — Église du couvent des Cordeliers (jusqu'au 16 mai 1791)
t2 p 21 & 26
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Événement
1871
21 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade de la barrière Poissonnière (bâtiments d'octroi)/Barricade en Juin 1848
t2 p 220 & 223
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Événement
1871
22 mai 1871 — Collège Chaptal/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
t2 p 88 & 207
Forte résistance des Zouaves de la Commune dans le collège alors en construction ; les versaillais massacrèrent les survivants. Une cour martiale s'installe ici dès le lundi 22 mai
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
t2 p 273-274
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1789
22 juillet 1789
t2 p 130
Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains. Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derriè …

Le 22 juillet 1789, à la lanterne de la place de Grève, la Révolution découvrit ce qu'elle était capable de faire de ses propres mains.

Joseph Foullon de Doué avait soixante-quatorze ans et toute une vie de mépris derrière lui. Ancien intendant, brièvement contrôleur général des finances après le renvoi de Necker le 11 juillet, il passait à Paris pour l'homme qui avait dit, en parlant du peuple affamé : « Qu'il mange du foin. » La phrase était peut-être apocryphe. En juillet 1789, elle était vraie.

Foullon avait tenté de fuir, feint sa propre mort. Il fut reconnu, arrêté, traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville. La foule ne laissa pas le temps à personne de le juger. On le pendit à la lanterne du coin de la place de Grève. Quand le corps tomba — la corde avait cassé plusieurs fois — on lui coupa la tête et on l'embrocha sur une pique avec une botte de foin dans la bouche.

Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny, intendant de Paris et gendre de Foullon, avait été arrêté à Compiègne et conduit vers la capitale sous escorte. Au 129 de la rue Saint-Martin, près de la fontaine Maubuée, la foule lui présenta la tête de son beau-père. Il pâlit. Il fut ensuite conduit à l'Hôtel de Ville et massacré à son tour devant l'entrée.

C'était huit jours après la prise de la Bastille. La Révolution avait conquis une forteresse royale ; elle venait d'inventer autre chose — une forme de justice populaire expéditive qui n'avait besoin ni de tribunal ni de loi. La lanterne de la place de Grève entra dans la chanson révolutionnaire : Ah ça ira, ça ira, ça ira / Les aristocrates à la lanterne.

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Événement
1790
1790 — Demeure de François Héron/Cachette de Jean-Paul Marat
t2 p 89
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Événement
1790
30 novembre 1790 — Demeure de Jacques-René Hébert
t2 p 40
Hébert commence la publication du Père Duchesne, initié par Lemaire qui publiait "Les lettres bougrement patriotiques du père Duchesne" et "La trompette du père Duchesne"
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Événement
1783
6 mars 1783 — Hôtel de Genlis/Société Apollonienne/Musée de Paris
t2 p 26
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Événement
1777
1777 — Hospice St Sulpice/Hôpital de l'Ouest (1792)/Hôpital Necker
t2 p 179
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Événement
Événement
1889
23 septembre 1889
t2 p 121
Pour la première fois depuis 1871, le drapeau rouge flotte à Paris lors de l'inauguration de la statue de la République : Dalou, ancien communard, sait ce que cela signifie. Jules Dalou a soixante-cinq ans en 1889. Il a …

Pour la première fois depuis 1871, le drapeau rouge flotte à Paris lors de l'inauguration de la statue de la République : Dalou, ancien communard, sait ce que cela signifie.

Jules Dalou a soixante-cinq ans en 1889. Il a été l'un des rares artistes à s'engager dans la Commune : membre de la commission des beaux-arts, il a travaillé à réorganiser les musées nationaux insurgés. Après la Semaine sanglante, condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, il s'exile à Londres. Il y enseigne, il y sculpte, il y observe la société ouvrière anglaise. Amnistié en 1879, il rentre à Paris.

Dalou est l'auteur du gisant d'Auguste Blanqui au Père Lachaise, et de celui de Victor Noir. Ce ne sont pas des commandes mondaines. Ce sont des monuments à ceux que la République bourgeoise préfère oublier. Dans ce même Paris des années 1880, la Ville lui commande "Le Triomphe de la République" pour la place du Trône, rebaptisée place de la Nation en 1880.

Le 23 septembre 1889, lors des fêtes du centenaire de la Révolution française, un modèle grandeur nature du monument en plâtre peint est inauguré en grande cérémonie. La foule est immense. Et dans cette foule, pour la première fois depuis mai 1871, depuis que la Semaine sanglante a noyé dans le sang la dernière insurrection parisienne, le drapeau rouge réapparaît publiquement dans les rues de Paris.

Ce n'est pas un geste anodin. Le drapeau rouge est la couleur des martyrs de la Commune, la couleur de l'insurrection. Sa réapparition en 1889, lors d'une cérémonie officiellement républicaine, signifie que les survivants et leurs héritiers entendent rappeler ce que la "République" a voulu effacer : que la Commune en était l'expression la plus radicale, et que la liberté ne se sépare pas de l'égalité.

La version définitive en bronze sera inaugurée le 19 novembre 1899 lors d'une grande démonstration de masse. La République de Dalou est portée sur un char triomphal par des femmes et des enfants : la Justice, le Travail, la Paix. Aucun général. Aucune baïonnette.

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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Manufacture des Gobelins
t2 p 144
Incendie partiel de la Manufacture des Gobelins pour protéger le repli des Fédérés. 238 bâtiments en tout furent incendiés dans Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1794
Événement
1792
10 août 1792 — Cimetière de la Madeleine
t2 p 101
Inhumation des officiers gardes-suisses, francs-maçons de la loge militaire Guillaume Tell de l'Orient de Sonnenberg, morts lors de la prise des Tuileries
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Événement
1770
31 mai 1770 — Cimetière de la Madeleine
t2 p 72
Inhumation des victimes de la panique provoquée par un incendie, lors des fêtes du mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette, qui fit 132 morts. Certains y virent un funeste présage...
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Événement
1795
12 juin 1795 — Cimetière Ste Marguerite (appartenant à l'ex prieuré du Bon Secours)/Tombe de Louis XVII (présumée)
t2 p 129
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Événement
1871
22 mai 1871 — État-major des troupes versaillaises
t2 p 191
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Événement
1800
1800 — Prison militaire du Cherche-Midi/Hôtel des Conseils de guerre
t2 p 33 & 40
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Événement
1848
28 février 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission du Luxembourg
t2 p 13
Institution d'une Commission du gouvernement pour les travailleurs, alors que ceux-ci voulaient un ministère du Travail, dit "ministère du Progrès". Louis Blanc se laisse fléchir et accepte le gadget
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Événement
1830
29 juillet 1830 — Caserne de Babylone/Caserne de gardes-françaises
t2 p 45 & 65
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Événement
1848
3 avril 1848
t2 p 52
Journée de fraternisation entre étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux. Le 5 juin, ils éliront Pierre Leroux, Charles Lagrange et Pierre-Joseph Proudhon comme délégués. Le 3 avril 1848, sur le Champ de Mars, étudia …

Journée de fraternisation entre étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux. Le 5 juin, ils éliront Pierre Leroux, Charles Lagrange et Pierre-Joseph Proudhon comme délégués.

Le 3 avril 1848, sur le Champ de Mars, étudiants et ouvriers des Ateliers nationaux se retrouvent pour une journée de fraternisation. C'est l'un des moments les plus lumineux — et les plus éphémères — de la IIe République.

Les Ateliers nationaux ont été créés le lendemain de la révolution de février pour donner du travail aux chômeurs parisiens. Le gouvernement provisoire, coincé entre le principe du droit au travail proclamé par Louis Blanc et la méfiance de la bourgeoisie envers toute organisation ouvrière, a inventé une formule ambiguë : des ateliers de secours déguisés en chantiers publics, où l'on verse un salaire à des dizaines de milliers d'hommes pour des travaux souvent inutiles. En avril, ils regroupent déjà plus de cent mille personnes.

Ce 3 avril, les étudiants de l'École Polytechnique et d'autres établissements viennent fraterniser avec les ouvriers du Champ de Mars. La scène est touchante — deux mondes qui se découvrent, portés par l'élan républicain de février. Le 5 juin, ces mêmes hommes élisent ensemble comme délégués Pierre Leroux, philosophe socialiste, Charles Lagrange, et Proudhon lui-même — le théoricien anarchiste qui avait dit que la propriété, c'est le vol.

Trois mois plus tard, le gouvernement dissout les Ateliers nationaux. Les ouvriers se soulèvent. La répression fait entre trois et cinq mille morts. Cavaignac reçoit les pleins pouvoirs. La fraternité du Champ de Mars est finie.

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Événement
1572
août 1572 — Gibet de Montfaucon/Massacre de la St Barthélemy
t2 p 254
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Événement
1848
mars 1848 — Demeure de Karl Marx
t2 p 130
En mars 1848, à l’invitation de [[Ferdinand Flocon|doc:ferdinand-flocon.WebHome]], [[Karl Marx|doc:karl-marx.WebHome]] revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 1 …

En mars 1848, à l’invitation de Ferdinand Flocon, Karl Marx revient à Paris et installe le siège de la Ligue des Communistes allemands à son domicile, situé au 10 rue Commines. La Ligue des Communistes, fondée en 1847 à Londres, est la première organisation politique marxiste, regroupant des exilés allemands et des militants socialistes, dont Friedrich Engels, Ferdinand Freiligrath et Flocon. Marx et Engels y jouent un rôle central, rédigeant notamment le Manifeste du Parti communiste à la demande de la Ligue. L’installation du siège à Paris intervient dans le contexte des révolutions européennes de 1848, alors que la Ligue cherche à coordonner l’action révolutionnaire des ouvriers allemands et à diffuser ses idées. Ce lieu devient un centre d’activité politique et de rédaction, avant que la répression ne contraigne Marx et ses proches à quitter la France quelques mois plus tard.

Sources

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Événement
Événement
1794
31 août 1794 — Château de Grenelle/Poudrerie de Grenelle (de 1792)/Cartoucherie de Grenelle
t2 p 54-55
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Événement
1781
27 octobre 1781 — Théâtre de l'Opéra (1791)/Théâtre des Arts (1793)/Académie royale de Musique/Salle de l'Opéra de Paris (la 7ème)
t2 p 93
L'Opéra s'installe à la Porte St Martin ; la salle est construite en 65 jours pour satisfaire un caprice de Marie-Antoinette ; une des origines de son surnom : "Madame Déficit". Futur théâtre de la Porte St Martin
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Événement
1815
19 août 1815 — Barrière de Grenelle
t2 p 171
Il avait vingt-neuf ans, une épouse qui pleurait, et une conviction que la Restauration lui reprochait d'avoir eue. Charles de La Bédoyère est né le 17 mai 1786. Aide de camp de Napoléon, il avait servi les campagnes de …

Il avait vingt-neuf ans, une épouse qui pleurait, et une conviction que la Restauration lui reprochait d'avoir eue.

Charles de La Bédoyère est né le 17 mai 1786. Aide de camp de Napoléon, il avait servi les campagnes de l'Empire avec distinction. Quand Napoléon débarqua à Golfe-Juan le 1er mars 1815 avec mille hommes pour reconquérir la France, La Bédoyère commandait le 7e régiment d'infanterie de ligne, stationné à Grenoble.

Le 7 mars 1815, à Laffrey, l'avant-garde de Napoléon se retrouva face aux régiments royaux envoyés pour barrer la route. La Bédoyère commanda à ses soldats de présenter les armes. Au lieu d'ouvrir le feu, il traversa seul le no man's land, rejoignit Napoléon et fit défiler son régiment derrière lui. Ce fut le premier retournement militaire de masse des Cent Jours : Napoléon entra à Grenoble sans un coup de feu, et continua vers Paris à la tête d'une armée qui grossissait à chaque étape.

Après Waterloo (18 juin 1815) et la seconde abdication de Napoléon (22 juin), la Restauration reprit le pouvoir et chercha à punir les défections les plus spectaculaires. La Bédoyère essaya de fuir, fut arrêté, traduit devant un conseil de guerre et condamné à mort. Son épouse Georgine de Mosbourg se démena sans relâche pour obtenir sa grâce : lettres, démarches, audiences. Louis XVIII resta sourd.

Le 19 août 1815, La Bédoyère fut fusillé à la Barrière de Grenelle (actuel boulevard de Grenelle, 15e arrondissement). Il avait vingt-neuf ans. Il fut l'un des premiers exécutés de la Restauration dans la « Terreur blanche » qui suivit le retour des Bourbons. Le maréchal Ney suivrait en décembre 1815, fusillé au jardin du Luxembourg.

La Restauration voulait faire des exemples. Elle en fit. Et les donna à ses adversaires.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Caisse des Dépôts et Consignations
t2 p 49 & 64
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Événement
1782
9 avril 1782
t2 p 22
Le 9 avril 1782, la Comédie-Française quitte les Tuileries et ouvre ses portes dans son nouveau théâtre place de l'Odéon, avec une représentation d'Iphigénie en Aulide de Racine. Le bâtiment, conçu par les architectes Pe …

Le 9 avril 1782, la Comédie-Française quitte les Tuileries et ouvre ses portes dans son nouveau théâtre place de l'Odéon, avec une représentation d'Iphigénie en Aulide de Racine. Le bâtiment, conçu par les architectes Peyre et de Wailly, est le plus grand et le plus moderne de Paris — façade à colonnes, foyer élégant, salle à l'italienne. On l'appelle d'abord simplement le Théâtre Français.

Deux ans plus tard, le 27 avril 1784, c'est ici que Beaumarchais fait jouer Le Mariage de Figaro — après des années de censure royale. La pièce avait été interdite par Louis XVI en personne, convaincu qu'elle était dangereuse pour l'ordre social. Il avait raison. La salle fit un triomphe qui résonna dans toute l'Europe. Napoleon dira plus tard que Le Mariage de Figaro était déjà la Révolution en acte.

La Révolution justement transforme le théâtre comme tout le reste. En 1789 il devient Théâtre de la Nation, en 1793 Théâtre de l'Égalité. La troupe elle-même se scinde en deux — les révolutionnaires d'un côté, les royalistes de l'autre. Les uns jouent rue de Richelieu, là où se trouve encore aujourd'hui la Comédie-Française. Les autres sont emprisonnés.

Le bâtiment de l'Odéon brûle en 1799, est reconstruit, brûle à nouveau en 1818, est reconstruit encore. Il existe toujours place de l'Odéon, sous le nom de Théâtre de l'Europe. La salle de 1782 a disparu — l'institution, elle, a survécu à tout.

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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
t2 p 114
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1794
13 juin 1794
t2 p 121
La guillotine est installée ici du 25 prairial au 28 juillet 1794 : 1306 exécutions, dont les carmélites de Compiègne qui ont servi de modèle à Bernanos pour ses "Dialogues"
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Événement
1871
11 mai 1871 — Hôtel de Sophie Dosne/Demeure d'Adolphe Thiers (à partir de 1833)
t2 p 97-100
La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rem …

La maison de Thiers, "la cambuse à Foutriquet", est détruite sur décision de la Commune. Les meubles vont au Mobilier national, les objets d'art au Louvre et le linge aux hôpitaux. L'ensemble estimé à 2 millions sera rembouré 3

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Événement
1770
30 mai 1770
t2 p 72
La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains... Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des f …

La panique provoquée par un incendie lors du mariage royal fait 132 morts ; ils sont inhumés au cimetière de la Madeleine ; un très mauvais présage, diront certains...

Le 30 mai 1770, un drame survient à Paris lors des festivités organisées pour célébrer le mariage du dauphin Louis-Auguste (futur Louis XVI) et de Marie-Antoinette d’Autriche. Un grand feu d’artifice est tiré sur la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), conçu notamment par le pyrotechnicien Petronio Ruggieri. Lors du bouquet final, une fusée dévie et provoque un incendie, embrasant la structure centrale, le Temple de l’Hymen, et la paille disposée pour le spectacle.

La panique s’empare de la foule, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes. Beaucoup cherchent à fuir par la rue Royale, alors étroite et encombrée de carrosses et de fossés dus à des travaux. La bousculade devient meurtrière : 132 morts sont officiellement recensés, principalement écrasés ou piétinés, et plusieurs centaines de blessés. Les victimes sont inhumées au cimetière de la Madeleine. Cet événement, survenu sous le règne de Louis XV, est perçu par certains contemporains comme un mauvais présage pour le nouveau couple royal.

Sources

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Événement
1795
26 octobre 1795
t2 p 75
On y avait guillotiné mille cent dix-neuf personnes en deux ans ; le dernier jour de son existence, la Convention décide qu'elle s'appellera désormais la Concorde. La place a été aménagée au milieu du XVIIIe siècle par G …

On y avait guillotiné mille cent dix-neuf personnes en deux ans ; le dernier jour de son existence, la Convention décide qu'elle s'appellera désormais la Concorde.

La place a été aménagée au milieu du XVIIIe siècle par Gabriel pour accueillir une statue équestre de Louis XV, et se nommait place Louis-XV. Le 11 août 1792, au lendemain de la chute de la monarchie, la statue royale est abattue et fondue. La place devient place de la Révolution. Le 10 août 1793, une allégorie de la Liberté en plâtre patiné, œuvre de Lemot, est installée à son emplacement : une figure assise tenant une lance et un globe, coiffée du bonnet phrygien.

C'est au pied de cette statue que fonctionne la guillotine. Louis XVI y est exécuté le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette le 16 octobre, les Girondins, Philippe Égalité, Madame Roland, Bailly, Danton et Desmoulins le 5 avril 1794, Robespierre, Saint-Just et Couthon le 28 juillet. Au total, mille cent dix-neuf condamnés y meurent entre 1793 et 1795. Madame Roland, montant à l'échafaud, se serait tournée vers la statue pour dire : "Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom."

Le 3 brumaire an IV, soit le 25 octobre 1795, dernier jour d'existence de la Convention nationale et veille de l'installation du Directoire, le gouvernement décide de rebaptiser la place. Elle devient place de la Concorde. La mesure est publiée le lendemain, 26 octobre. Le nom est un programme. La Convention thermidorienne qui se dissout veut clore la Révolution, réconcilier les Français, effacer la Terreur qu'elle a elle-même votée puis répudiée. Concorde contre Révolution : le mot est choisi contre l'autre.

Un détail contemporain rapporte qu'un couple de tourterelles avait fait son nid dans le globe tenu par la statue de la Liberté. L'image est devenue le symbole d'une page tournée. La statue de Lemot sera retirée en 1800. La place reprendra le nom de Louis-XV sous la Restauration, puis redeviendra Concorde. L'obélisque de Louxor y sera dressé en 1836, pour occuper d'un monument étranger un sol trop chargé.

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Événement
1934
6 février 1934
t2 p 76-78
De l’autre côté de la Seine, la Chambre investit un gouvernement. Sur la place de la Concorde, des milliers d’hommes veulent l’en empêcher. Depuis un mois, l’affaire Stavisky empoisonne la vie politique. Alexandre Stavis …

De l’autre côté de la Seine, la Chambre investit un gouvernement. Sur la place de la Concorde, des milliers d’hommes veulent l’en empêcher.

Depuis un mois, l’affaire Stavisky empoisonne la vie politique. Alexandre Stavisky, escroc lié à des parlementaires radicaux, a été retrouvé mort le 8 janvier ; on apprend que son procès a été renvoyé dix-neuf fois. Les Camelots du roi manifestent aux cris de « À bas les voleurs ! ». Le 3 février, le nouveau président du Conseil, Édouard Daladier, mute au Maroc le préfet de police Jean Chiappe, que la gauche accuse d’être mêlé à l’affaire ; la droite crie au marchandage avec les socialistes. Les appels à manifester couvrent les murs de Paris pour le 6 février 1934, jour où le gouvernement doit se présenter à la Chambre.

Ils sont trente à cinquante mille à répondre, anciens combattants pour la plupart, avec quelques milliers d’émeutiers. Les ligues d’extrême droite sont au premier rang : l’Action française et les Camelots du roi de Maurice Pujo, qui veulent abattre « la gueuse » et restaurer la monarchie ; les Jeunesses patriotes du député Pierre Taittinger ; la Solidarité française du parfumeur François Coty ; les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque. L’Union nationale des combattants, proche de la droite, défile aussi — et même l’Association républicaine des anciens combattants, communiste, qui réclame, elle, l’arrestation de Chiappe. À l’Hôtel de Ville, quelques conseillers municipaux se tiennent prêts à proclamer du balcon, selon la tradition, un gouvernement provisoire ; les Jeunesses patriotes attendent devant, sur l’ancienne place de Grève.

L’objectif, c’est la Chambre. Les Croix-de-Feu, parvenus aux Invalides, tout près du Palais-Bourbon, se dispersent à l’appel de La Rocque, qui refuse le coup de force. Mais le soir, place de la Concorde, la manifestation tourne à l’émeute. Des autobus brûlent. On lance sur la police des boulets de charbon, des débris de fonte, des billes d’acier qui font trébucher les chevaux, dont on taillade les jarrets avec des lames de rasoir fixées au bout de cannes. Devant le pont de la Concorde, dernier passage vers le Palais-Bourbon, les forces de l’ordre, trop peu nombreuses, mal commandées et acculées sans possibilité de recul, essuient des tirs et ouvrent le feu à leur tour, à trois reprises au moins selon la commission d’enquête parlementaire. Les affrontements durent toute la nuit.

Le bilan est lourd : douze morts par balle parmi les manifestants et les passants le soir même, dix-neuf en tout en comptant les blessés qui succombent ensuite, dont un garde républicain, Marcel Flandre ; plus de deux mille blessés, dont plus de seize cents parmi les forces de l’ordre. Aucune manifestation n’avait été aussi sanglante sous la IIIe République depuis la fusillade de Fourmies, en 1891.

Dessin de presse satirique sur l’émeute

Daladier démissionne dès le lendemain : c’est la première fois qu’un gouvernement tombe sous la pression de la rue. L’ancien président de la République Gaston Doumergue forme un gouvernement d’« union nationale », où le maréchal Pétain fait ses débuts de ministre. La gauche, elle, voit dans l’émeute la preuve d’un danger fasciste. Le 12 février, la CGT et la CGTU appellent à la grève générale ; les cortèges socialiste et communiste, partis séparément, finissent par se mêler aux cris de « Unité ! ». Le rapprochement conduira au Front populaire de 1936. Du côté du maintien de l’ordre, la leçon est retenue pour longtemps : ne plus jamais laisser des manifestants approcher du Palais-Bourbon, et chercher à éviter à tout prix les morts.

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Événement
1792
1792
t2 p 39
La rue Dauphine est rebaptisée rue de Thionville pendant la Révolution ; en l'honneur de la résistance victorieuse au siège de cette ville ; la Convention décrète : "Thionville a bien mérité de la Patrie"
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Événement
1792
1792
t2 p 26 & 39
La rue de l'Observance est rebaptisée rue de Marseille puis du Peuple pendant la Révolution ; le bataillon des Marseillais était stationné aux Cordeliers
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Événement
1794
8 juin 1794
t2 p 64
Le Champ de Mars a été le théâtre de plusieurs événements importants, notamment la fête de la Fédération en 1790 et le massacre du Champ de Mars en 1791. La fête de l'Être suprême, organisée par Maximilien Robespierre, a …

Le Champ de Mars a été le théâtre de plusieurs événements importants, notamment la fête de la Fédération en 1790 et le massacre du Champ de Mars en 1791. La fête de l'Être suprême, organisée par Maximilien Robespierre, a également eu lieu ici en 1794. C'est à cette occasion que le Champ de Mars fut rebaptisé "Champ de la Réunion".robes

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Événement
1792
1792 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris/Club des Cordeliers
t2 p 26
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Événement
1791
16 mai 1791 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris/Club des Cordeliers/Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen
t2 p 26
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Événement
1798
1798 — Palais Bourbon/Conseil des Cinq-Cents
t2 p43
Le Conseil des Cinq-Cents, l'une des deux assemblées législatives créées par la Constitution de l'an III pendant le Directoire, s'installe au palais Bourbon à Paris après la Révolution française. Le palais Bourbon, situé …

Le Conseil des Cinq-Cents, l'une des deux assemblées législatives créées par la Constitution de l'an III pendant le Directoire, s'installe au palais Bourbon à Paris après la Révolution française. Le palais Bourbon, situé au 33 quai d'Orsay, fut initialement construit au début du XVIIIe siècle pour la duchesse de Bourbon. Après la Révolution, le bâtiment est confisqué et adapté pour accueillir le Conseil des Cinq-Cents, avec la construction d’un hémicycle de 500 places inauguré en 1798. Ce lieu devient alors le siège de l’assemblée jusqu’au coup d’État du 18 Brumaire (1799), qui met fin au Directoire. Le palais Bourbon est aujourd’hui le siège de l’Assemblée nationale française.

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Événement
1820
13 février 1820 — Hôtel d'Évreux/Palais de l'Élysée
t2 p 93
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Événement
1848
25 juin 1848 — Bal de la Belle Moissonneuse (corps de garde des Insurgés de Juin 1848)
t2 p 149-151
Il croyait désarmer l’insurrection par la parole. Le 25 juin 1848, le général Bréa franchit la barricade de la barrière d’Italie pour parlementer. Il n’en revient pas, et sa mort enflamme la répression. Le dimanche 25 ju …

Il croyait désarmer l’insurrection par la parole. Le 25 juin 1848, le général Bréa franchit la barricade de la barrière d’Italie pour parlementer. Il n’en revient pas, et sa mort enflamme la répression.

Le dimanche 25 juin 1848 est le troisième jour de l’insurrection ouvrière. Le général Bréa, cinquante-huit ans, vétéran de Leipzig, des Quatre-Bras et de Waterloo, a remplacé à la tête de sa division le général Damesme, mortellement blessé au Panthéon. Au matin, l’Assemblée a voté trois millions de secours pour les familles nécessiteuses, et le chef du pouvoir exécutif, le général Cavaignac, a lancé aux insurgés un dernier appel : « Venez à nous ; venez comme des frères repentants et soumis à la loi. » Bréa veut y croire.

À dix heures, il quitte la place du Panthéon avec deux mille hommes — gardes mobiles, soldats de ligne, sapeurs du génie, deux canons — et un représentant du peuple, M. de Ludre. Par le boulevard extérieur, le long du mur d’octroi, il s’arrête devant chaque groupe d’ouvriers et leur parle avec douceur. Aux barrières d’Enfer, Saint-Jacques et de la Santé, on l’écoute. C’est, remarque-t-il, le jour de sa fête : un bon présage.

À la barrière de Fontainebleau, ou barrière d’Italie, à l’emplacement de l’actuelle place d’Italie, quatre barricades lui font face ; la plus forte masque la barrière, derrière laquelle les insurgés, nombreux, tiennent les routes de Choisy et d’Italie. Bréa fait mettre ses canons en batterie, s’avance, lit la proclamation. Quelques applaudissements ; on l’invite à passer pour s’entendre avec les chefs. Un chef de bataillon de la garde nationale, Gobert, parti en reconnaissance, revient inquiet : ces hommes sont trop exaltés. Bréa passe outre. M. de Ludre refuse de le suivre ; Gobert, le major Desmarets, le capitaine d’état-major Armand de Mangin et un lieutenant l’accompagnent. La porte se referme sur eux.

Une foule armée les entoure. « C’est Cavaignac ! nous le tenons ! », crient les uns ; « C’est un vieux brave ! », répondent d’autres, qui l’emmènent chez le maire de Gentilly, dont la commune commence au-delà du mur. Les portes cèdent ; on contraint le général à signer une déclaration, puis l’ordre à sa troupe de se retirer. Resté à la tête de la colonne, le lieutenant-colonel Thomas comprend que son chef n’est plus libre. Consulté, Cavaignac tranche : « Le salut du pays avant celui des individus. » Si les insurgés ne se rendent pas dans le quart d’heure, on attaquera.

Les prisonniers ont été conduits au poste de garde, contre l’église Saint-Marcel, sur la route de Fontainebleau. Des gardes nationaux de la banlieue percent un mur pour les faire évader, quand un enfant les dénonce. La foule enfonce la porte. Au cri de « Trahison ! Voici la garde mobile ! », des coups de feu partent de la porte et des fenêtres : Bréa est atteint à la poitrine, Mangin à la tête. On s’acharne sur les corps. Vers six heures du soir, le canon ouvre une brèche dans la barricade en moins de dix minutes, et la troupe passe. Thomas retrouve les deux corps étendus sur un banc de l’octroi, un prêtre à genoux près d’eux.

La nouvelle soulève dans Paris une horreur que la presse réactionnaire étend à tous les insurgés. Cinq hommes sont condamnés à mort par un conseil de guerre, parmi lesquels Daix, un pauvre de l’hospice de Bicêtre, et Lahr, un ancien artilleur devenu maçon, qui menait l’insurrection à la barrière. Trois peines sont commuées. Daix et Lahr sont guillotinés en mars 1849, à la barrière de Fontainebleau, sous la garde de vingt-cinq mille soldats et de sept canons. « L’exécution des condamnés fut une faute », écrira Victor Hugo : l’échafaud reparaissait.

La famille du général rachète le poste de garde pour agrandir l’église, que l’on appelle désormais la « chapelle Bréa ». Le 28 avril 1871, la Commune en décrète la démolition, comme une « insulte permanente aux vaincus de juin » ; sa chute l’en empêche. La chapelle, au 76 avenue d’Italie, est démolie en 1901. Une rue de Paris porte, depuis 1850, le nom du général.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
t2 p 152-155
Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet. Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de l …

Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet.

Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de la Loire. Ce 19 mars, il arrive à la gare d'Orléans en provenance de province — et tombe directement entre les mains des fédérés du 13e arrondissement. La veille, Lecomte et Clément-Thomas ont été fusillés à Montmartre. La journée est électrique.

On l'amène à l'ancienne mairie place d'Italie, un ancien pavillon d'octroi reconverti. Émile Duval, ouvrier fondeur devenu commandant militaire de la Commune, est là. Pour lui, un général versaillais arrêté le lendemain du 18 mars n'a pas vocation à repartir vivant. La foule rassemblée devant la mairie partage cet avis.

C'est Léo Meilliet qui s'interpose. Jeune avocat républicain, maire du 13e, il n'est pas encore membre de la Commune — il le deviendra. Mais ce jour-là, il fait barrage entre Chanzy et ceux qui réclament sa tête. Il argumente, il s'impose, il prend physiquement en charge le prisonnier. Sérizier, commandant des bataillons fédérés locaux, finit par obtempérer.

Chanzy sera transféré à la prison de la Santé, puis relâché. Il survivra à la Commune, commandera des troupes en Algérie, sera ambassadeur en Russie. Duval, lui, sera fusillé par les versaillais le 4 avril 1871, après la sortie ratée sur Châtillon.

Ce que Meilliet avait sauvé ce jour-là, Versailles n'en tiendra aucun compte.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
t2 p 238-242
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1812
23 octobre 1812 — Prison de la Force/Grande Force
t2 p 175
Le général Malet délivre les généraux conspirateurs Guidal et Lahorie ; tous seront fusillés, ainsi que l'éphémère préfet de Paris Boccheciampe
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Événement
1812
23 octobre 1812 — Maison de santé du docteur Dubuisson
t2 p 171-172
Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien. Claude-François de Malet est un général républic …

Un général en résidence surveillée dans une maison de santé annonce que l'Empereur est mort en Russie ; en quelques heures, Paris obéit à ce mort et l'Empire tient à rien.

Claude-François de Malet est un général républicain, hostile à l'Empire depuis le Consulat. Déjà compromis dans un complot en 1808, il est détenu sans jugement depuis des années, puis transféré pour raisons de santé dans la maison du docteur Dubuisson, 303 rue du Faubourg-Saint-Antoine, où il vit sous une surveillance très relâchée. Il y prépare son affaire avec l'abbé Lafon et quelques complices royalistes.

Napoléon est en Russie depuis juin 1812. Moscou a été prise en septembre, incendiée, évacuée. La Grande Armée a entamé sa retraite. Les nouvelles mettent des semaines à parvenir à Paris, et le régime repose entièrement sur la personne d'un homme absent à deux mille lieues.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1812, Malet passe à l'action. Il sort de la maison de santé en uniforme de général, muni de faux documents fabriqués par ses soins : un prétendu sénatus-consulte annonçant la mort de l'Empereur sous les murs de Moscou, l'abolition de l'Empire et l'établissement d'un gouvernement provisoire.

Il se présente à la caserne Popincourt, dans l'actuel 11e arrondissement, lit son décret devant les officiers de la 10e cohorte de la garde nationale. Personne ne vérifie. La troupe le suit. Il fait libérer de la prison de la Force les généraux Lahorie et Guidal, également détenus pour opposition. Lahorie va arrêter le ministre de la Police Savary et le préfet de police Pasquier, qui se laissent prendre sans résistance. Un nommé Boccheciampe est installé préfet de Paris.

L'affaire s'effondre place Vendôme. Malet se présente au quartier général de l'état-major pour destituer le général Hulin, gouverneur de Paris, celui-là même qui avait pris la Bastille en 1789. Hulin demande à voir les ordres. Malet lui tire au visage et lui fracasse la mâchoire. Les colonels Doucet et Laborde reconnaissent alors l'imposture et l'arrêtent.

Douze hommes sont fusillés le 29 octobre à la plaine de Grenelle. Napoléon, apprenant l'affaire, sera surtout frappé qu'aucun de ses fonctionnaires n'ait songé à proclamer son fils. L'Empire n'avait aucune légitimité en dehors de lui.

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Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 234
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1793
18 octobre 1793 — Palais Bourbon/Maison de la Révolution/Siège de la Commission des Travaux publics
t2 p43
Le palais d'une princesse de sang devient en pleine Terreur l'école où la République forme ses ingénieurs. Le palais Bourbon a été construit à partir de 1722 pour la duchesse de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et d …

Le palais d'une princesse de sang devient en pleine Terreur l'école où la République forme ses ingénieurs.

Le palais Bourbon a été construit à partir de 1722 pour la duchesse de Bourbon, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan. Il domine la Seine face à la place de la Concorde. En 1791, il est nationalisé comme bien d'émigré : le prince de Condé, son dernier propriétaire, a fui la France et commande l'armée des émigrés contre la Révolution.

Le 18 octobre 1793, la Convention rebaptise le bâtiment. Le palais "ci-devant Bourbon" devient la Maison de la Révolution. Le changement de nom n'est pas décoratif : la Convention est alors en pleine campagne de déchristianisation et de débaptisation, les rues, les places et les villes perdent leurs saints et leurs rois. Le lieu accueille la Commission des travaux publics, dirigée notamment par Fleuriot-Lescot, futur maire de Paris qui sera guillotiné avec Robespierre.

La destination du bâtiment est décisive. La Convention y installe l'École centrale des travaux publics, créée par décret en 1794 sur les rapports de Monge, Carnot et Prieur de la Côte-d'Or. La France en guerre contre toute l'Europe manque d'ingénieurs, d'artilleurs, de cartographes. L'ancien système de formation reposait sur les écoles militaires nobiliaires et le compagnonnage ; il a été balayé. Il faut en construire un autre, fondé sur les sciences et ouvert au concours.

L'École centrale des travaux publics devient l'École polytechnique en 1795. Ses professeurs sont les plus grands savants du temps : Monge pour la géométrie descriptive, Lagrange et Laplace pour l'analyse, Berthollet et Fourcroy pour la chimie. Elle formera pendant deux siècles les ingénieurs d'État français.

Le palais Bourbon accueillera à partir de 1798 le Conseil des Cinq-Cents, puis les assemblées successives. Il abrite depuis l'Assemblée nationale. Sa façade à colonnes, ajoutée par Napoléon pour faire pendant à la Madeleine, masque encore le palais de la duchesse.

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Événement
1871
23 mai 1871 — Palais d'Orsay/Conseil d'État (au rez-de-chaussée)/Cour des Comptes (au 1er étage)
t2 p 48 & 64
Le palais d'Orsay est incendié pendant la Semaine sanglante par les 67ème et 135èmes bataillons, pour couvrir leur retraite
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Événement
1790
1790
t2 p 106
Le quai de l'Horloge, situé sur l’île de la Cité à Paris, a été rebaptisé quai du Nord pendant la Révolution française. Ce changement de nom s’inscrit dans le contexte des nombreuses modifications toponymiques opérées à …

Le quai de l'Horloge, situé sur l’île de la Cité à Paris, a été rebaptisé quai du Nord pendant la Révolution française. Ce changement de nom s’inscrit dans le contexte des nombreuses modifications toponymiques opérées à Paris durant cette période, souvent pour effacer les références à l’Ancien Régime ou pour adopter des appellations plus neutres ou symboliques. Le quai, construit entre 1580 et 1611, longe le grand bras de la Seine et jouxte le palais de la Cité, aujourd’hui palais de justice. Il doit son nom originel à** la tour de l’Horloge**, qui abrite la première horloge publique de Paris, installée en 1371. Au fil des siècles, le quai a porté plusieurs noms, dont « Grand-Cours-d’Eau » et « des Morfondus », avant d’être appelé « quai du Nord » sous la Révolution. Ce secteur a également été le théâtre d’événements historiques, notamment lors des Trois Glorieuses et de la Première Guerre mondiale.

Horloge de l'île de la Cité, Guilhem Vellut, Wikimedia

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Événement
1795
1795
t2 p 183
Le Ranelagh, situé à Paris, était à l’origine un lieu de divertissement et de sociabilité créé au XVIIIe siècle, connu pour ses jardins et ses salons où se réunissaient l’élite et les intellectuels. Sous le Directoire (1 …

Le Ranelagh, situé à Paris, était à l’origine un lieu de divertissement et de sociabilité créé au XVIIIe siècle, connu pour ses jardins et ses salons où se réunissaient l’élite et les intellectuels. Sous le Directoire (1795-1799), la salle est fermée en raison des troubles causés par les « muscadins », jeunes gens issus de la bourgeoisie, qui y provoquaient fréquemment des rixes et des désordres. Ce contexte de tensions sociales et politiques, marqué par la rivalité entre différentes factions issues de la Révolution française, explique la fermeture du lieu. Les personnalités révolutionnaires telles que Camille Desmoulins, Georges Danton, Maximilien Robespierre et Jean-Paul Marat, bien que contemporaines de cette période, ne sont pas directement liées à la fermeture du Ranelagh, mais leur influence sur la vie politique et sociale de Paris a contribué à l’atmosphère agitée de l’époque. Le site du Ranelagh a connu plusieurs transformations par la suite, devenant notamment un théâtre puis un cinéma, mais la fermeture sous le Directoire reste un épisode emblématique des troubles post-révolutionnaires.

Sources

Café dansant du Jardin du Ranelagh

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Événement
Date imprécise — Opéra de Paris
t2 p 94
Le Théâtre de la République et des Arts, rebaptisé Théâtre des amis de la Patrie pendant la Révolution
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Événement
1795
21 octobre 1795 — Musée des Monuments français/École des Beaux-Arts
t2 p 40
Lenoir crée un musée lapidaire dans l'ancien couvent, en 1792 ; il deviendra le "Musée des Monuments français", institué le 1er septembre 1794 par la Convention
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Événement
1936
13 février 1936 — Boulevard St Germain (cortège des obsèques de l'historien royaliste Jacques Bainville)
t2 p 45
Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de travers …

Le 13 février 1936, boulevard Saint‑Germain, Léon Blum manque de peu d’être lynché. Alors que se déroule le cortège funèbre de Jacques Bainville, historien royaliste et figure de l’Action française, Blum tente de traverser en automobile la foule massée sur le parcours. Mauvais endroit, mauvais moment : pour les ligueurs, le chef de file du socialisme parlementaire, artisan du Rassemblement populaire, est l’ennemi absolu, déjà désigné comme futur président du Conseil.

Reconnu, son véhicule est aussitôt encerclé. Les insultes fusent, puis les coups. On brise les vitres, on arrache les portières, on frappe Blum au visage. Il échappe au pire grâce à l’intervention de quelques passants et de policiers qui parviennent à l’extraire, blessé, mais vivant. L’épisode, d’une violence nue, illustre le climat d’hystérie politique qui règne à Paris quelques mois à peine après les émeutes du 6 février 1934.

Cette agression n’est pas un « dérapage » isolé : elle condense la haine d’une extrême droite royaliste, antisémite et antiparlementaire contre un dirigeant socialiste juif, symbole, à ses yeux, de tout ce qu’elle exècre. Elle agit aussi comme un révélateur : pour une large partie de l’opinion de gauche, voir Blum frappé au milieu de la rue confirme l’urgence de serrer les rangs face aux menaces fascistes. Quelques semaines plus tard, le Front populaire remportera les élections, et Blum formera le gouvernement que ses agresseurs de février rêvaient déjà d’empêcher.

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Événement
1871
19 mars 1871 — Demeure de Léo Meilliet
t2 p 152-153
Léo Meilliet héberge et abrite le général Chanzy pour le soustraire à la foule
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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
t2 p 257-260
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
1871
27 février 1871
t2 p 232
Les canons entreposés au Ranelagh sont récupérés par la Garde nationale et ramenés vers Montmartre, Belleville et la place des Vosges
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Événement
1871
6 avril 1871 — Demeure de Jean-Baptiste François
t2 p 130
Les dalles de support de la guillotine détruite pendant la Commune sont entreposées chez le directeur de la Roquette ; d'où le surnom donné à l'échafaud, "l'abbaye de Cinq-Pierres"
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Événement
1871
6 avril 1871
t2 p 126-128
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
21 mai 1871 — Arc de triomphe de l'Étoile
t2 p 81
Les Fédérés montent une batterie d'obusiers sur la plate-forme de l'Arc de triomphe
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Événement
1871
21 mai 1871
t2 p 189-195
Les versaillais entrent dans Paris grâce aux signaux que leur fait l'ingénieur civil Ducâtel, un mouchard envoyé par le général Douay, leur indiquant l'absence de gardes sur les fortifications
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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
t2 p 138
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1789
30 juin 1789 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Prison militaire (à l'extérieur de l'enceinte)
t2 p 25
Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer. Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes frança …

Quinze jours avant la Bastille, Paris teste sa force pour la première fois — sur des soldats qui avaient refusé de tirer.

Le 28 juin 1789, Louis-Marie-Florent du Châtelet, colonel-commandant du régiment des Gardes françaises, fait emprisonner onze de ses soldats à l'Abbaye Saint-Germain. Leur crime : insubordination. Ces hommes ont fraternisé avec la foule du Palais-Royal, refusé de se tenir prêts à charger les civils, participé aux discussions politiques qui remplissent chaque soir les cafés du jardin depuis que l'Assemblée nationale s'est constituée contre la volonté du roi.

Le Palais-Royal est en juin 1789 le centre nerveux de la contestation parisienne. Propriété du duc d'Orléans — cousin du roi, libéral, en rupture avec la Cour — son jardin est le seul espace de Paris où la police royale ne peut intervenir. Les soldats qui y circulent, qui y écoutent les orateurs, qui boivent avec des bourgeois et des artisans, violent le code militaire. Du Châtelet tranche : la prison.

Parmi les soldats emprisonnés se trouvent des noms que l'histoire retiendra. Lazare Hoche a vingt et un ans : grenadier entré dans les Gardes françaises à quinze ans, il est incarcéré pour avoir fraternisé avec le peuple du Palais-Royal. François-Joseph Lefebvre est sous-officier au même régiment. Pierre-Augustin Hulin, ancien sergent aux Gardes suisses reconverti en bonnetier, est l'un de ceux qui vont organiser la libération depuis le jardin.

Le 30 juin au soir, la foule quitte le Palais-Royal et marche sur la prison de l'Abbaye — le bâtiment pénitentiaire attenant au couvent de Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Germain. Les portes cèdent. Les onze soldats sont libérés, promenés en triomphe dans les rues, escortés sous les acclamations jusqu'au Palais-Royal.

C'est le premier coup de force populaire de la Révolution. Du Châtelet n'ose pas reprendre ses hommes. Quatorze jours plus tard, ce sont ces mêmes soldats — Hoche, Lefebvre, et d'autres du régiment — qui rejoindront la colonne de Hulin devant la Bastille. La prison qui symbolise l'arbitraire royal tombera le 14 juillet ; l'Abbaye aura été la répétition générale.

Les Gardes françaises sont dissoutes en juillet 1789. Leurs hommes forment le noyau de la future Garde nationale. Lazare Hoche mourra général de division en 1797, à vingt-neuf ans. François-Joseph Lefebvre deviendra duc de Danzig sous l'Empire. Du Châtelet sera guillotiné en 1793, condamné par ce même peuple qu'il avait voulu faire charger.

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Événement
1794
1794 — Hôtel d'Augny ou d'Ogny/Salon des Étrangers/Bal des victimes
t2 p 106
Lieu de rendez-vous élégant où se tenaient des bals réservés à ceux qui avaient perdu un parent sur l'échafaud pendant la Terreur
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Événement
1832
1832
t2 p 168
Lieu des exécutions capitales ; le bourreau habitait 81 rue St Jacques. Fieschi, Pépin et Morey sont guillotinés le 19 février 1836
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Événement
1847
9 juillet 1847 — Le Château Rouge/Nouveau Tivoli
t2 p 216
Lieu du premier banquet réformiste contre la Monarchie de juillet ; 1 200 participants dont 86 députés ; Thiers décline l'invitation
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Événement
Événement
1871
Événement
1871
26 mai 1871 — Mairie de Bercy/Ancienne mairie du 12ème arrondissement
t2 p 139
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Événement
1871
26 mai 1871 — Mairie de Bercy/Ancienne mairie du 12ème arrondissement
t2 p 139
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Événement
1794
30 mars 1794 — Palais du Luxembourg (transformé en prison fin 1792)
t2 p 12
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Événement
1848
22 juin 1848 — Palais du Luxembourg/Siège de la Commission exécutive du gouvernement
t2 p 13
Manifestation contre la fermeture des Ateliers nationaux, prônée par Alfred de Falloux, dont le rapport à l'Assemblée provoqua l'insurrection du 22 juin. Se produit une altercation entre Marie et Pujol
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Événement
1909
13 octobre 1909 — Ambassade d'Espagne/Première manifestation pour Francisco Ferrer
t2 p 209
Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police. Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 19 …

Un pédagogue libertaire est fusillé à Barcelone au petit matin ; le soir même, l'Europe entière descend dans la rue, et Paris manque de tuer le préfet de police.

Francisco Ferrer i Guàrdia est un pédagogue catalan. En 1901, il a fondé à Barcelone l'Escuela Moderna, école laïque, mixte, sans notes ni punitions, sans religion, où l'on enseigne les sciences et la raison aux enfants d'ouvriers. Le modèle essaime : des dizaines d'écoles rationalistes s'ouvrent en Catalogne. L'Église et la bourgeoisie espagnoles y voient un foyer de subversion.

En juillet 1909, Barcelone se soulève. La Semaine tragique éclate contre l'envoi de conscrits au Maroc : grève générale, barricades, couvents incendiés. La répression fait plus d'une centaine de morts. Le gouvernement Maura cherche un responsable intellectuel. Ferrer, qui n'a pris aucune part à l'insurrection, est arrêté, jugé par un conseil de guerre sur un dossier vide, condamné à mort.

Il est fusillé le 13 octobre 1909 à l'aube, dans les fossés de Montjuich. Il refuse le bandeau et le prêtre. La nouvelle déclenche la plus grande vague de protestation internationale de l'avant-guerre. Des manifestations éclatent à Rome, Bruxelles, Londres, Buenos Aires, Milan. Des ambassades espagnoles sont assiégées.

À Paris, le cortège se forme devant l'ambassade d'Espagne, 34 boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement. Quarante mille personnes selon les organisateurs. En tête marchent Édouard Vaillant, ancien membre de la Commune, Jean Jaurès, Marcel Sembat, Charles Albert. Parmi les manifestants se trouvent des exilés russes, dont Lénine et Nadejda Kroupskaïa, alors réfugiés à Paris. La police charge. Un coup de feu tiré en direction du préfet Lépine le manque et tue un gardien de la paix à bicyclette nommé Dufresne. Les affrontements durent plusieurs jours.

Une statue de Ferrer sera élevée à Bruxelles. Son nom reste attaché à la pédagogie libertaire, dont se réclameront Freinet et une part de l'éducation nouvelle.

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Événement
1791
9 janvier 1791 — Église St Sulpice
t2 p 23
Manifestation de refus du serment que devaient prêter les prêtres, en soutien au curé de St Sulpice
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Événement
1871
19 janvier 1871 — Palais de l'Élysée/QG du général Clément-Thomas, commandant la Garde nationale
t2 p 70-71
Manifestation des officiers de la Garde nationale contre l'armistice, qui demandent une sortie en masse ; elle rencontre un refus du général Clément-Thomas ; une autre aura lieu le 28 janvier
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Événement
1830
29 juillet 1830 — Infirmerie Marie-Thérèse
t2 p 167
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Événement
1790
29 décembre 1790 — Église St Sulpice
t2 p 223
Mariage de Camille et Lucile Desmoulins, avec pour témoins Maximilien Robespierre, Pétion, Sillery et Mercier
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caveaux de l'église de la Madeleine/Lieu de massacre de Communards
t2 p 84
Massacre de 300 Communards qui s'étaient réfugiés dans l'église de la Madeleine pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
30 mai 1871 — Prison militaire du Cherche-Midi/Lieu de massacre de Communards
t2 p 38
Massacre de combattants dans les caves pendant la Semaine sanglante et après les combats ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871
t2 p 261
Massacre de combattants de la Commune blessé et des médecins qui les ont sougnés pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
23 mai 1871 — Kiosque à musique du square des Batignolles/Lieu de massacre de Communards
t2 p 206
Massacre de combattants de la Commune ; enterrés dans une fosse sous le kiosque à musique
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Événement
1871
Événement
1871
22 mai 1871 — Hôpital Beaujon/Lieu de massacre de Communards
t2 p 88
Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante. L'amphithéâtre avait été transformé en morque pour accueillir les corps des nombreux morts de la sortie du 3 avril
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Événement
1871
28 mai 1871
t2 p 261
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante. 60 sur la seule barricade. 76 barricades furent érigées dans le 20ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel des Monnaies (dans la cour)/Lieu de massacre de Communards
t2 p 9-11 & 38
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
t2 p 206
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
t2 p 206
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
26 mai 1871
t2 p 140
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont/Lieu de massacre de Communards
t2 p 261
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Les exécutions ont lieu à la mitrailleuse
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Événement
1871
27 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
t2 p 275
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caserne Dupleix/Lieu de massacre de Communards
t2 p 179
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Ils étaient interrogés par une cour prévôtale improvisée
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Événement
1871
23 mai 1871
t2 p 249
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t2 p 38
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871 — Jardin de l'Observatoire/Lieu de massacre de Communards
t2 p 167
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871
t2 p 275-276
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
t2 p 88
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871
t2 p 261
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
26 mai 1871
t2 p 140
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Restaurant "À la Renommée des Escargots"/Lieu de massacre de Communards
t2 p 249
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. On peut encore voir des traces de fusillade sur les murs
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Événement
1871
26 mai 1871
t2 p 139
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière de Charonne/Lieu de massacre de Communards
t2 p 275
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière de Charonne/Lieu de massacre de Communards
t2 p 275
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Le Château Rouge/Lieu de massacre de Communards
t2 p 249
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871
t2 p 249
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
t2 p 38
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante/Lieu de massacre de Communards
t2 p 249
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
26 mai 1871 — Embarcadère de Bel-Air/Viaduc ferroviaire de la Bastille/Lieu de massacre de Communards
t2 p 139-140
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
22 mai 1871 — Cour prévôtale du Trocadéro/Cour martiale/Lieu de massacre de Communards
t2 p 197
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; les exécution, faute d'un peloton, sont perpétrées par un seul sergent de ville qui attache les victimes à un arbre pour les abattre
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Événement
1871
28 mai 1871
t2 p 275
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante. Un officier versaillais tue dix ou douze Fédérés prisonniers à coup de revolver
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Couvent des Carmes déchaussés/Massacres de Septembre
t2 p 40
Massacres de 115 Prêtres réfractaires au couvent des Carmes Déchaux, transformé en prison
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Événement
1792
4 septembre 1792 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force/Cour des massacres/Massacres de Septembre
t2 p 143
Massacres de Septembre à la prison de la Salpêtrière ; 35 femmes détenues de droit commun sont exécutées. Les massacres continueront à Bicêtre, faisant 166 victimes
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Événement
1848
1848 — Demeure d'Alexandre Martin dit l'ouvrier Albert
t2 p 106
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Événement
1871
1871 — Demeure de Louis-Émile Lacord
t2 p 39
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Henri Chouteau
t2 p 39
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune![[Habitation de Chouteau, 8 rue Guénégaud|Guénégaud rue 8 Chouteau 02 max.jpg]] Habitation de Henri Chouteau, 8 rue Guénégaud
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Henri Verlet
t2 p 40
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Émile Dutil
t2 p 275
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Louis Charles Maljournal
t2 p 275
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Myrtil May
t2 p 118
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Emmanuel Jean Jules Chauvière
t2 p 179
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Jean Louis Muttin
t2 p 118
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Henri Fontaine
t2 p 118
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Gilbert Lavalette
t2 p 275
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Adolphe Bouit
t2 p 261
Membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune
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Événement
1793
Événement
1909
1909 — Monument "Aux Victimes des révolutions"/Faux mur des Fédérés
t2 p 274
Monument ambigu "Aux Victimes des Révolutions", à "toutes" les victimes, de "toutes" les révolutions ; souvent confondu avec le vrai "Mur des Fédérés", situé lui à l'intérieur du cimetière du Père Lachaise
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Événement
1822
21 septembre 1822 — Cimetière Montparnasse/Monument des Quatre sergents de La Rochelle
t2 p 168
Monument des Quatre sergents de La Rochelle, membres d'une conspiration carbonari contre le régime, exécutés en place de Grève
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Événement
1857
5 septembre 1857 — Demeure d'Auguste Comte (à partir de 1841)
t2 p 39
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Événement
1830
8 décembre 1830 — Demeure de Benjamin Constant de Rebecque (en 1819)
t2 p 88
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Événement
1893
17 mars 1893 — Demeure de Jules Ferry
t2 p 88
Mort de Jules Ferry, promoteur de l'instruction publique laïque gratuite et obligatoire ; mais aussi des guerres coloniales
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade à l'entrée du faubourg St Antoine/Barricade en Juin 1848
t2 p 140
Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu. Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848 …

Un rameau vert à la main, l'archevêque de Paris escalade la plus grande barricade de juin 1848 : il veut arrêter le massacre. Le massacre ne l'a pas attendu.

Paris est en guerre civile depuis trois jours. Le 22 juin 1848, les ouvriers des Ateliers nationaux — ces chantiers créés par la République en février pour donner du travail aux chômeurs — apprennent que le gouvernement les ferme. Cent mille hommes jetés à la rue, sans travail, sans indemnité, avec pour seule proposition l'enrôlement dans l'armée ou le départ vers les marais de Sologne. Le 23, les barricades se lèvent dans tout l'est parisien.

Le général Cavaignac, investi des pleins pouvoirs par l'Assemblée, mène la répression avec méthode. L'artillerie pilonne les quartiers ouvriers. Le faubourg Saint-Antoine, cœur de l'insurrection, résiste. À son entrée, face à la place de la Bastille, une immense barricade barre la rue — la plus grande, la plus symbolique, la dernière à tomber.

C'est devant cette barricade que le général François de Négrier est tué d'une balle au front le 25 juin, en menant l'assaut. Et c'est sur cette même barricade que, quelques heures plus tard, Mgr Denys Affre, archevêque de Paris, décide de monter.

Affre a cinquante-quatre ans. Encouragé par Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il s'est convaincu que son intervention personnelle peut ramener la paix. Cavaignac tente de l'en dissuader. L'archevêque insiste. Il part à pied vers le faubourg, accompagné de quelques fidèles, un rameau vert à la main en signe de paix, porteur d'une proclamation gouvernementale promettant le pardon aux insurgés qui déposeront les armes.

Il monte sur la barricade. Les tirs cessent. Le silence se fait — un silence improbable dans ce faubourg qui tonne depuis trois jours. Affre commence à parler. Mais un coup de feu claque. D'où ? La question n'a jamais été tranchée. L'opinion dominante veut que le premier tir soit venu des lignes de la Garde nationale. Les insurgés, croyant à un piège, ripostent. La fusillade reprend, chaotique. Au milieu de la confusion, une balle frappe l'archevêque dans les reins. Il s'effondre.

Les insurgés le portent au presbytère de Saint-Antoine sur un brancard de fortune. On le ramène le lendemain au palais épiscopal. Il meurt le 27 juin au matin. Ses derniers mots, entrés dans la légende : « Puisse mon sang être le dernier versé ! »

Il ne l'est pas. La répression de Cavaignac fera entre trois et cinq mille morts parmi les insurgés, auxquels s'ajoutent les déportations massives vers l'Algérie. L'insurrection de juin 1848 est, pour Marx, le moment de vérité de la révolution : dans Les Luttes de classes en France (1850), il y voit le premier affrontement ouvert entre le prolétariat et la bourgeoisie républicaine — la « fraternité » de février démasquée en « guerre civile sous sa forme la plus effroyable, la guerre du travail contre le capital ». La République avait promis du travail ; elle envoie l'artillerie. L'archevêque, entre les deux camps, tombe du côté où personne ne l'attendait.

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Événement
1865
19 janvier 1865 — Demeure de Pierre-Joseph Proudhon (à partir de 1861)
t2 p 198
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Événement
1817
9 juin 1817 — Hôpital de la Salpêtrière (asile d'aliénés pour femmes)
t2 p 143
Mort de Théroigne de Méricourt devenue folle après sa fustigation aux Tuileries ; son cas fut étudié par Pinel et Esquirol
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Événement
1825
28 novembre 1825 — Hôtel Le Riche de la Pouplinière/Demeure du général Foy
t2 p 106
Mort du général Foy, député de l'opposition libérale ; ses obsèques sont l'occasion d'une manifestation libérale
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Événement
1871
23 mai 1871 — Hôpital Lariboisière/Lieu de massacre de Communards
t2 p 118
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Événement
1856
1856 — Demeure de Pierre-Jean David d'Angers
t2 p 39
Mort du sculpteur et statuaire David d'Angers, membre de la Société centrale démocratique
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Événement
1929
25 novembre 1929 — Demeure de Georges Clemenceau (de 1896)
t2 p 198
Mort du "Tigre", défenseur de Dreyfus, mais aussi responsable des massacres de Fourmies et autres lieux
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Événement
1815
22 juin 1815 — Palais de l'Élysée (rebaptisé Élysée-Napoléon sous l'Empire)
t2 p 69
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Événement
1815
7 décembre 1815 — Lieu de l'exécution du maréchal Ney
t2 p 168
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Événement
1792
1792
t2 p 39
Nom de "rue de l'École de Médecine" donné en 1792, puis rue Marat de 1793 à 1794
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Événement
1886
7 janvier 1886 — Demeure du général Boulanger
t2 p 197
Nomination de Boulanger au poste de ministre de la Guerre. Il mit en difficulté la Troisième République en se mettant à la tête d'un mouvement réactionnaire qui fut nommé le "boulangisme"
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Événement
1821
16 août 1821 — Académie royale de Musique/Salle Le Peletier/Salle de l'Opéra de Paris (la onzième)/Opéra-Théâtre de la Nation (en 1848)
t2 p 93
Nouvelle salle de l'Opéra de Paris incendiée le 28 octobre 1873
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Événement
Événement
1870
16 septembre 1870 — Opéra Garnier (en construction)
t2 p 94
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Événement
1876
1876 — Demeure d'André Pierre Murat (mécanicien, proudhonien)
t2 p 118
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Événement
Date imprécise — Demeure d'Henri de Rochefort
t2 p 198
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Événement
1763
20 juin 1763
t2 p 72
Pancarte : "Les Vertus sont à pied, le Vice est à cheval"
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Événement
1870
10 janvier 1870 — Pharmacie où mourut Victor Noir
t2 p 184-188
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Événement
1794
28 juillet 1794 — Demeure de Philippe Le Bas
t2 p 89
Philippe Le Bas, arrêté avec Robespierre, se suicide à l'Hôtel de Ville
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Maison de St Lazare
t2 p 111
Pillage de la Maison de St Lazare par le peuple suite au bruit qu'il s'y trouvait stocké du blé ; on y trouve de quoi remplir 52 voitures de grain
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne (salle des armes)
t2 p 82
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Événement
1830
27 juillet 1830 — Musée d'Artillerie
t2 p 47
Pillage du musée de l'Artillerie par les Insurgés de 1830 ; ils rendront les armes après les trois glorieuses
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Événement
1782
1782 — Maison de santé de Jacques Belhomme (fondée en 1768)
t2 p 131
Pinel exerce chez Belhomme au début de sa carrière ; il sera l'un des grands précurseurs de la psychiatrie
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
t2 p 76
Plus importante barricade de Paris pendant la Commune contournée par les versaillais
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Événement
1791
28 mars 1791 — Petites Écuries du Roi/Loge de l'Amitié
t2 p 177-178
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Événement
1790
1790
t2 p 47
Pont de la Concorde achevé avec les pierres de la Bastille
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Événement
1871
23 mai 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Cour prévôtale de Montmartre/Lieu de massacre de Communards
t2 p 242-243
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Événement
1793
12 juillet 1793 — Parc du château de Ménilmontant/Station du télégraphe de Chappe
t2 p 265-270
Premier essai de transmission par le télégraphe optique, entre Ménilmontant et St Martin du Tertre
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Événement
1793
12 juillet 1793 — Parc du château de Ménilmontant/Station du télégraphe de Chappe
t2 p 265-270
Premier essai de transmission par le télégraphe optique, entre Ménilmontant et St Martin du Tertre
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Événement
1871
2 avril 1871 — Siège du Comité central de la Garde nationale
t2 p 118
Premier transfert du siège du Comité central de la Garde nationale depuis l'Hôtel de Ville
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Événement
Événement
1777
Événement
1792
1792 — Barrière de l'Étoile/Télégraphe de Chappe
t2 p 265
Première expérimentation du télégraphe ; l'installation est détruite une nuit par les patriotes riverains, qui croient à une tentative de communiquer avec l'ennemi
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Événement
1867
1867
t2 p 53
Première Exposition universelle et lieu central des suivantes, 1878, 1889, 1900, 1937. Celle de 1867 accueille 52 000 exposants de 42 pays et 15 million de visiteurs
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Événement
1858
14 janvier 1858
t2 158
Préparation de l'attentat contre Napoléon III par Orsini et ses complices
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Événement
1792
20 juin 1792 — Hôtel de la Reine Blanche/Château de la Reine Blanche/Club Jacobin (en 1790)
t2 p 157
Dans une vieille maison des bords de la Bièvre, devenue club jacobin, le faubourg Saint-Marcel prépare sa marche sur les Tuileries. Au printemps 1792, la France est en guerre contre l’Autriche et la Prusse, et les nouvel …

Dans une vieille maison des bords de la Bièvre, devenue club jacobin, le faubourg Saint-Marcel prépare sa marche sur les Tuileries.

Au printemps 1792, la France est en guerre contre l’Autriche et la Prusse, et les nouvelles du front sont mauvaises. À Paris, on soupçonne la cour de trahison. Louis XVI oppose son veto à deux décrets de l’Assemblée législative, l’un contre les prêtres réfractaires, l’autre appelant des fédérés des départements à camper sous Paris ; le 13 juin, il renvoie les ministres girondins Roland, Servan et Clavière. Les Girondins décident alors de mobiliser les faubourgs pour faire plier le roi, contre l’avis de Robespierre, qui juge l’entreprise prématurée.

Au faubourg Saint-Marcel, c’est à l’hôtel de la Reine Blanche, aux n°s 17-19 de la rue des Gobelins, que l’on prépare la journée. Ce logis gothique à tourelles, bâti au début du XVIe siècle par les teinturiers des bords de la Bièvre sur l’emplacement d’un manoir de la veuve de Saint Louis, est devenu une brasserie, puis un club jacobin en 1790. Les meneurs du quartier s’y retrouvent, comme Poinsot, Ducroquet ou Jullian de Carentan, avec le boucher Louis Legendre, cofondateur du club des Cordeliers, et Charles-Alexis Alexandre, le commandant des canonniers de la Garde nationale.

Le 20 juin, jour anniversaire du serment du Jeu de paume, dix à vingt mille manifestants des faubourgs, encadrés par des gardes nationaux et par le brasseur Santerre, défilent dans la salle de l’Assemblée, où Sulpice Huguenin lit une pétition, puis envahissent les Tuileries. Pendant deux heures, le roi voit passer la foule. Il accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation, tandis que Legendre lui lance : « Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore. » Mais il ne cède sur rien : il maintient son veto et refuse de rappeler ses ministres, au nom de la loi et de la Constitution. Vers dix heures du soir, le maire Pétion fait évacuer le château.

La journée est un échec. Le calme obstiné du roi lui vaut même un regain de sympathie ; des départements affluent des adresses indignées, et Pétion est suspendu de ses fonctions. La leçon ne sera pas perdue pour autant : le 10 août suivant, les faubourgs reviendront aux Tuileries, en armes cette fois, et la monarchie n’y survivra pas.

Rue des Gobelins, l’îlot de la Reine Blanche a traversé les siècles. Ses deux maisons des n°s 17 et 19 comptent parmi les plus anciennes de Paris ; détruit pendant la Commune, le pavillon à tour a été reconstruit à l’identique.

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Événement
1792
1792 — Brasserie d'Antoine-Joseph Santerre
t2 p 135
Préparation de la journée du 20 juin et de l'assaut des Tuileries le 10 août 1792
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
t2 p 206
Prise par les troupes versaillaises du général Clinchant de la barricade de la place Clichy, tenue par des Fédérés des Batignolles, équipée de 8 canons et 2 mitrailleuses
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Événement
1831
1831 — Prison de la Petite Roquette (ouverte en 1830)
t2 p 122
Prison des jeunes détenus devenue prison pour femmes en 1932 ; elle aura vu passer 75 000 enfants, parmi lesquels la mortalité était de 12%
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Événement
1794
2 novembre 1794 — Collège des Quatre Nations/Institut de France
t2 p 40
Prison pendant la Terreur et siège du Comité de Salut public de la Seine
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Événement
1656
1656 — Hôpital de la Salpêtrière/Maison de la Force
t2 p 143
Prison pour femmes de l'hospice de la Salpêtrière, construite eu vue du "Grand enfermement" des "gueux" de la capitale en 1657 ; 8 000 personnes en 1790
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Événement
Événement
1868
14 novembre 1868 — Palais de justice
t2 p 250
Procès des organisateurs de l'hommage à Alphonse Baudin au cimetière Montmartre du 1er novembre
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Événement
1871
22 mars 1871 — Grand Hôtel
t2 p 96
QG de l'amiral Saisset contre le Comité central de la Garde nationale
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Événement
1871
1 mars 1871 — Palais de l'Élysée/Quartier général de l'armée allemande
t2 p 71
QG de l'Armée allemande pendant les deux journées de l'occupation de Paris
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Événement
1871
27 mai 1871 — Prison de la Petite Roquette
t2 p 123-125
Quatre otages, dont Mgr Surat, sont fusillés devant la prison de la Petite Roquette
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Événement
Date imprécise — Demeure de Jean-Paul Rabaut-Saint-Étienne
t2 p 89
Rabaut-Saint-Étienne propose d'introduire la liberté de conscience dans la Déclaration des droits
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Événement
1830
3 août 1830 — Barrière de l'Étoile
t2 p 199
Rassemblement de 20 à 30 000 hommes prêts à se rendre à Rambouillet, afin de forcer Charles X à abdiquer
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Événement
1789
5 octobre 1789
t2 p 79
Rassemblement du cortège des femmes se rendant à Versailles pour réclamer du pain ; Théroigne de Méricourt est accusée à tort de vouloir tuer la reine
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Événement
1871
24 janvier 1871 — Passage de l'Opéra/Club du passage de l'Opéra (réunions en plein air)
t2 p 106
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Événement
1871
24 janvier 1871 — Club de la rue Drouot (réunions en plein air)
t2 p 106
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Événement
1789
17 juillet 1789 — Quai de la Seine (face à la pompe à feu de Chaillot, près de la barrière de la Conférence)
t2 p 198-199
Remise des clefs de Paris à Louis XVI arrivant de Versailles, par 25 membres du Conseil municipal
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Événement
1848
25 juin 1848 — Barricade Grande rue de La Chapelle/Barricade en Juin 1848
t2 p 228
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade rue de Jessaint/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade rue de la Goutte d'Or/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade Grande rue de La Chapelle/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
1848
23 juin 1848 — Barricade rue du Fbg St Denis/Barricade en Juin 1848
t2 p 223
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade de la barrière St Denis/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade Grande rue de La Chapelle/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade rue d'Orsel/Barricade en Juin 1848
t2 p 220
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade de la place Belhomme/Barricade en Juin 1848
t2 p 220
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Événement
1848
24 juin 1848 — Barricade de la barrière des Vertus/Barricade en Juin 1848
t2 p 231
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Événement
Événement
1871
28 février 1871 — Demeure d'Eugène Vermersch (chez l'éditeur Sartorius)
t2 p 40
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Événement
1848
Événement
Événement
1870
1870 — Salle du Pré aux Clercs (40 réunions)
t2 p 64
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Événement
1870
1870 — Salle du Concert (café-chantant, 15 réunions)/Club de la Revendication/Club du passage du Génie
t2 p 261
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Événement
1870
Événement
1870
1870 — Salle de bal des Mille et Un Jeux (ex Grand Théâtre Parisien d'Alexandre Dumas, 5 réunions)/Club du Faubourg St Antoine
t2 p 139
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Événement
1870
1870 — Salle du Bal Robert (26 réunions)/Club de la Vengeance/Club Robert
t2 p 106
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Événement
1870
1870 — Folies Bergère (10 réunions)/Club des Folies Bergère (club modéré)
t2 p 106
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Événement
1870
1870 — Club démocratique des Batignolles
t2 p 209
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Événement
Événement
1790
25 avril 1790
t2 p 50
Vingt et un ans d'exil à Londres, et voici le « général de la nation corse » debout sous le ciel de Paris, tandis que la Garde nationale défile en son honneur. Le 25 avril 1790, une revue militaire est organisée au Champ …

Vingt et un ans d'exil à Londres, et voici le « général de la nation corse » debout sous le ciel de Paris, tandis que la Garde nationale défile en son honneur.

Le 25 avril 1790, une revue militaire est organisée au Champ de Mars en l'honneur de Pascal Paoli. Lafayette, commandant général de la Garde nationale parisienne, préside la cérémonie. Pour le vieux combattant corse, c'est l'un des derniers actes d'un séjour parisien triomphal.

Paoli est arrivé à Paris le 3 avril, après vingt et un ans d'exil en Angleterre. Vingt et un ans depuis que les troupes de Louis XV ont écrasé l'indépendance corse à Ponte-Novo, en mai 1769. L'homme qui avait fondé une République, donné une constitution à son île — l'une des premières constitutions démocratiques modernes, que Rousseau avait saluée — avait dû fuir en Angleterre, où il vécut sous la protection de George III. La Révolution française change tout. L'Assemblée nationale, par un décret du 30 novembre 1789, a déclaré la Corse « partie intégrante de l'Empire français » et invité ses habitants à jouir de la Constitution. Pour Paoli, c'est le signal du retour.

Paris le reçoit en héros. Le 8 avril, Lafayette le présente à Louis XVI. Le 22, il est accueilli à l'Assemblée nationale où il prononce un discours que les députés applaudissent debout : « Messieurs, ce jour est le plus beau et le plus heureux de ma vie. Je l'ai passée à chercher la liberté, et j'en vois ici le plus noble spectacle. J'ai quitté ma patrie asservie, je la retrouve libre. Je n'ai plus rien à désirer. » Robespierre l'embrasse au club des Jacobins. Danton le salue. L'enthousiasme est unanime — chose rare en cette première année révolutionnaire où les fractures commencent déjà à poindre.

La revue du 25 avril au Champ de Mars est le volet militaire de cet accueil. Lafayette aime ces cérémonies : le Champ de Mars est son théâtre, la Garde nationale son armée, et Paoli incarne exactement le type de héros que la Révolution entend célébrer — un patriote qui s'est battu pour la liberté de son peuple. Moins de trois mois plus tard, le 14 juillet, le même Champ de Mars accueillera la Fête de la Fédération, apothéose éphémère de l'unité nationale.

Paoli quitte Paris peu après et arrive en Corse le 14 juillet — coïncidence symbolique. Il y sera nommé président du conseil général et commandant de la Garde nationale. Mais l'idylle avec la Révolution ne durera pas. Dès 1793, accusé de trahison par la Convention, il rompra avec la France et fera appel à l'Angleterre. Le « libérateur de la Corse » finira ses jours à Londres en 1807, exilé une seconde fois — dans le même pays, dans la même solitude.

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Événement
1673
1673 — Salle de l'Opéra de Paris (la troisième)/Académie royale de Musique
t2 p 93
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Événement
1673
1673 — Salle de l'Opéra de Paris (la troisième)/Académie royale de Musique
t2 p 93
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Événement
1782
1782 — La Caverne des grands voleurs/Cabinet des figures de cire de Curtius/Boulevard du Crime
t2 p 131
Second cabinet de figures de cire de Curtius, présentant des reproductions de crimes fameux et une "chambre des horreurs" ; possible origine du surnom du boulevard
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Événement
1795
1 décembre 1795 — Demeure d'Armand Camus
t2 p 39
Secrétaire de la Convention envoyé arrêter Dumouriez ; mais ce dernier le livre aux autrichiens ; il sera échangé contre la fille de Louis XVI, dite Mme Royale
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise (48ème division)/Lieu de la gravure "Les derniers combats"
t2 p 273
On se bat à la baïonnette entre les tombeaux. Sur celui de Charles Nodier, les balles ont laissé leur trace. Le samedi 27 mai 1871, il ne reste à la Commune que Belleville et ses abords. Depuis les hauteurs des Buttes-Ch …

On se bat à la baïonnette entre les tombeaux. Sur celui de Charles Nodier, les balles ont laissé leur trace.

Le samedi 27 mai 1871, il ne reste à la Commune que Belleville et ses abords. Depuis les hauteurs des Buttes-Chaumont et du cimetière du Père-Lachaise, ses canons tirent leurs dernières munitions. En début d’après-midi, les Versaillais donnent l’assaut aux Buttes-Chaumont ; au même moment, leur corps de réserve s’empare des portes de Montreuil et de Bagnolet et avance dans Charonne. Des dizaines d’insurgés refluent vers le cimetière, dont la grande porte, boulevard de Ménilmontant, a été barricadée ; deux batteries d’artillerie y sont en position.

Vers quatre heures, deux brigades versaillaises franchissent le mur d’enceinte, qu’on n’a pas fortifié. Commence alors un combat étrange, pied à pied, entre les chapelles et les monuments funéraires ; les derniers affrontements se livrent à la baïonnette, à la tombée de la nuit. Le secteur de ce qu’on appellera « l’ultime combat » se trouve dans la 48e division, autour des tombes de Balzac et de Charles Nodier : sur le monument de Nodier, on voit encore des impacts de balles. Le dessinateur Albert Robida a fixé la scène dans une gravure, « Les derniers combats ».

Maîtres du cimetière, les Versaillais alignent les survivants contre le mur d’enceinte, à l’angle sud-est : cent quarante-sept fédérés sont fusillés, le soir même ou au matin du 28 selon les sources, et jetés dans une fosse ouverte à leurs pieds. Dans les heures et les jours qui suivent, des centaines d’autres corps, amenés à pleines charretées, y sont entassés sur trois rangs. Dans les rues voisines, le dernier coup de feu de la Commune est tiré le dimanche 28 mai, vers deux heures de l’après-midi.

Ce pan de mur est devenu le mur des Fédérés. Le 23 mai 1880, deux mois avant l’amnistie, vingt-cinq mille personnes y défilent à l’appel de Jules Guesde, une rose rouge à la boutonnière ; depuis, la « montée au mur » a lieu chaque année à la fin de mai. Le 24 mai 1936, en plein Front populaire, six cent mille manifestants s’y pressent derrière Léon Blum et Maurice Thorez. Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx, repose en face depuis 1911.

Le bilan de la Semaine sanglante reste discuté : environ dix mille victimes selon Jacques Rougerie, un chiffre qui « reste énorme pour l’époque » ; au moins quinze mille selon les recherches plus récentes de Michèle Audin.

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Événement
1848
1848 — Salle d'Angoulême/Club de l'Unité républicaine
t2 p 130
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Événement
1848
mars 1848 — Commission pour la défense des principes républicains
t2 p 105
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Amboise de Popincourt/Section de Popincourt
t2 p 129
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Événement
1790
1790 — Section des Champs-Élysées
t2 p 87
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Événement
1790
1790 — Église St Germain des Prés/Maison de l'Unité/Section des Quatre Nations/Section de l'Unité
t2 p 37 & 40
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Événement
1790
21 mai 1790 — Ci-devant Hôtel des Menus Plaisirs/Conservatoire national de Musique/Section du Faubourg Montmartre/Section du Mont-Marat
t2 p 105
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Événement
1790
1790 — Église de l'hospice des Enfants Trouvés/Section du Faubourg Antoine/Section des Quinze-Vingts
t2 p 129
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Événement
1790
1790 — Section de Montreuil//Société des Défenseurs des droits de l'homme
t2 p 129
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Événement
Événement
1848
Événement
1848
mars 1848 — Club central démocratique de la Porte Montmartre
t2 p 105
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Événement
Événement
1848
1848 — Manège Fitte ou Defitte/Club de l'Assemblée nationale
t2 p 105
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Événement
1848
mars 1848 — Salle du Bal d'Antin/Club de l'Émancipation des Peuples
t2 p 105
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Événement
1848
1848 — Club de la Liberté des élections Républicaines
t2 p 105
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Événement
Événement
1848
mars 1848 — Chapelle St Hyacinthe/Société démocratique les Libres-penseurs/Club démocratique des Libres-penseurs
t2 p 87
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Événement
Événement
1848
Événement
Événement
Événement
Événement
Événement
1848
1848 — Salle Bonne-Nouvelle/Salle des Spectacles-concerts/Club des Provençaux
t2 p 117
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Événement
Événement
1848
1848 — Marché St Laurent/Club des Travailleurs
t2 p 117
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Événement
Événement
1790
1790 — Couvent des Cordeliers/Section du Théâtre Français (1790-1792)/Section de Marseille (1792-1795)/Section Marat (1793-1795)
t2 p 37
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Événement
Date imprécise — Château des Brouillards d'Hiver/Club Républicain de Montmartre
t2 p 249
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Événement
Événement
Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
t2 p 130
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Événement
Événement
1795
4 novembre 1795 — Palais du Luxembourg
t2 p 12
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Événement
Événement
1899
15 août 1899 — Locaux de la Ligue Antijuive/Siège du "Grand Occident de France"/Fort Chabrol
t2 p 118
Suite aux troubles provoqués à l'occasion du procès en révision de Dreyfus, Jules Guérin se retranche au "Grand Occident de France", origine de l'expression "Fort Chabrol"
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Événement
1784
Événement
1871
18 mars 1871
t2 p 232
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1796
9 septembre 1796
t2 p 177
Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite. Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapit …

Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite.

Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapitée: ses cadres sont sous les verrous au Temple, en attente du procès de Vendôme. Mais des cellules survivent, des militants épars refusent de se soumettre. Le Directoire, régime de bourgeois enrichis par la Révolution, leur semble une trahison permanente.

Le 9 septembre 1796, dans la soirée, des conjurés partent de deux lieux: l'Auberge du Soleil d'Or, 226 rue de Vaugirard, et le Cabaret du Canon ci-devant royal, 81 rue Saint-Dominique. Leur plan: marcher sur le camp de Grenelle, à l'emplacement de l'actuelle place Dupleix dans le 15e arrondissement, rallier le 21e régiment d'infanterie qui y cantonne, convaincre les soldats de se mutiner contre le gouvernement directoriel. Jean-Baptiste Drouet est parmi eux: le même Drouet qui, à Varennes en juin 1791, avait reconnu Louis XVI dans sa berline et déclenché son arrestation. Cinq ans plus tard, l'ancien relayeur de poste est devenu babouviste.

La trahison s'est faite en amont. Grisel, agent double qui avait déjà livré la Conjuration principale en mai, a alerté les autorités. Les soldats du 21e régiment n'attendent pas des frères d'armes : ils reçoivent les insurgés par un feu nourri. La troupe gouvernementale encercle les abords du camp. Cent trente-deux personnes sont arrêtées dans la nuit; d'autres tombent sur place. Plusieurs dizaines reçoivent des peines de déportation ou d'emprisonnement; une trentaine seront fusillés par une commission militaire. Drouet parvient à s'enfuir; il sera condamné par contumace avant d'être amnistié sous Napoléon.

Babeuf apprend la nouvelle dans sa cellule. Son procès s'ouvrira à Vendôme en février 1797. Il sera condamné à mort et guillotiné le 27 mai 1797, avec Augustin Darthé. Jusqu'au bout, il tenta de se poignarder pour échapper à la honte du bourreau; il monta à l'échafaud blessé.

L'échec du camp de Grenelle marque la fin de la Conjuration des Égaux comme force active. Mais ses idées survivent: Philippe Buonarroti en publie l'histoire en 1828, et ce livre sera lu par Marx, Engels et tous ceux qui, au XIXe siècle, chercheront à comprendre comment une révolution peut trahir ses propres promesses d'égalité.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
t2 p 232
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1870
1870 — Bal de la Reine Blanche/Club de la Reine Blanche
t2 p 249
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Événement
1871
25 mai 1871 — Théâtre des Délassements Comiques (à partir de 1864)
t2 p 130
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Événement
1871
Événement
1792
2 septembre 1792 — Prison de l'Abbaye de St Germain des Prés/Massacres de Septembre
t2 p 25
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Événement
1848
23 juin 1848 — Clos St Lazare/Chantier de l'hôpital Lariboisière
t2 p 218-219
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Événement
1772
1772 — Caserne de la Nouvelle France/Caserne de gardes-françaises
t2 p 107
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
t2 p 243
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1634
1634 — Petit Arsenal/La Salpêtrière
t2 p 143
Vestiges de la poudrerie de l'Arsenal, éloignée par sécurité sur l'autre rive de la Seine, dans le pavillon de la lingerie de l'hôpital de la Salpêtrière ; d'où le nom de ce dernier
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Événement
1851
11 décembre 1851 — Demeure de Victor Hugo (de 1848 à 1851)
t2 p 106
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Événement
1871
27 février 1871
t2 p 85 & 232
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1792
16 septembre 1792 — Hôtel du Garde-Meuble/Garde-Meuble de la Couronne/Ministère de la Marine
t2 p 82
Pendant que Paris massacre dans ses prisons, trente hommes s'introduisent nuit après nuit dans le palais des rois et vident le trésor de la Couronne. Le 2 septembre 1792, les prisons parisiennes ont commencé à se vider p …

Pendant que Paris massacre dans ses prisons, trente hommes s'introduisent nuit après nuit dans le palais des rois et vident le trésor de la Couronne.

Le 2 septembre 1792, les prisons parisiennes ont commencé à se vider par le fer. La Convention nationale n'est pas encore constituée. Dans cette capitale assiégée par ses propres angoisses, le Garde-Meuble de la Couronne, place Louis-XV (future place de la Révolution, actuelle place de la Concorde), garde ses trésors dans une relative indolence. Les bijoux sont exposés à la galerie du premier étage, illuminés le soir, visibles depuis la rue. La garde est insuffisante depuis que les scellés ont été posés aux Tuileries : une demande de renforcement auprès du ministère de l'Intérieur a été rejetée.

Paul Miette, récidiviste organisé, a reconnu les lieux. Dans la nuit du 11 au 12 septembre, une première équipe s'introduit dans le bâtiment. Les vols se succèdent pendant cinq nuits. Vers le 16 septembre, le trésor a été largement vidé : environ 9 000 pierres précieuses ont disparu, dont le Régent (diamant blanc estimé à douze millions de livres), le Sancy, la Toison d'Or, les Mazarins. Le Bleu de France, diamant issu d'une gemme rapportée des Indes en 1668 par le marchand Tavernier, taillée pour Louis XIV et portée par Louis XV, est lui aussi emporté.

L'affaire éclate le 16 septembre au matin. Le maire de Paris Jean-Jacques Chambon et Joseph Douligny, responsable du Garde-Meuble, sont arrêtés pour négligence. Les investigations s'étalent sur deux ans. Le Régent est retrouvé en 1793, caché dans un grenier proche. Le Sancy reparaît en 1794. Deux tiers des bijoux sont finalement récupérés.

Le Bleu de France, lui, disparaît définitivement. On le retrouve en 1812 à Londres, retaillé pour n'être plus identifiable, passant de main en main entre aristocrates et banquiers. En 1949, sous le nom de "Hope Diamond", il entre dans les collections du Smithsonian Institution à Washington, où il se trouve encore. Trois millions de livres tournois extraits du trésor de Louis XIV finissent dans un musée américain : une parabole de ce que la Révolution a dispersé de la monarchie.

L'épisode illustre le paradoxe de la République en ses moments de paroxysme : pendant que la Convention refonde le droit et l'État, l'État perd le contrôle de ses propres palais. Le vol du Garde-Meuble n'est pas un acte politique, mais il survient dans une semaine où Paris se convainc que tout est possible.

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