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1er arr.
Voie · 1er arrondissement

Place Vendôme

De rue Saint-Honoré, 356. à rue des Capucines, 1.
Quartier Place Vendôme · Longueur ≈ 213 m
≈ 213 m
Longueur
1686
Ouverte en
1
Quartier
I

Histoire de la rue

Tout commence avec une démolition. Sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Vendôme — lui-même bâti sur les ruines de l'hôtel de Retz qu'Antoine de Gondi avait fait construire et où Charles IX avait séjourné — Louis XIV décide de faire surgir une place royale à sa gloire. Un premier projet est lancé dès 1686 par arrêt du Conseil du Roi ; il faut attendre les lettres patentes du 7 avril 1699 pour que la place prenne la forme octogonale que l'on connaît, dessinée par Hardouin-Mansart. Elle s'appelle d'abord place des Conquêtes, puis place Louis-le-Grand — le Roi-Soleil en personne trône au centre. La Révolution déboulonne la statue et rebaptise l'espace place des Piques ; le Directoire lui rend le nom de Vendôme, qu'elle conserve depuis, non sans un bref passage sous l'appellation place Internationale pendant la Commune.

Dès la Régence, la place est une scène d'agitation. En 1720, John Law doit fuir par une porte dérobée du n° 28 pour échapper à une foule furieuse que sa banqueroute spectaculaire a ruinée. Quelques numéros plus loin, au n° 7, l'abbé Alary réunit de 1720 à 1731 le Club de l'Entresol, l'un des premiers cercles de réflexion politique d'Europe, où se croisent Montesquieu et Saint-Pierre. Au n° 16, Mesmer installe en 1778 son cabinet de magnétisme dans l'hôtel des frères Bouret, attirant Paris entier autour de son baquet. La Révolution s'invite ensuite à chaque adresse : Brissotins au n° 5, Comité d'aliénation des biens nationaux au n° 9, et le drame absolu au n° 8 où Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné en janvier 1793 pour avoir voté la mort du roi. On installe même, au n° 11-13, l'un des seize mètres étalons en marbre — l'un des deux encore visibles à Paris.

Sous l'Empire, la place se couvre de bronze : la colonne Vendôme, fondue dans les canons d'Austerlitz, remplace le roi décapité. En 1812, c'est ici que se joue le putsch rocambolesque du général Malet : au n° 22, le général Hulin reçoit une balle dans la mâchoire en résistant au conspirateur, qui sera arrêté quelques portes plus loin, au n° 7. Entre deux crises, la place accueille Chopin mourant de la tuberculose au n° 12 en 1849, et la légation de la République du Texas au n° 1 entre 1842 et 1843 — éphémère ambassade d'un État qui n'existe déjà plus.

La Commune de 1871 fait de la place Vendôme son théâtre le plus spectaculaire. Le quartier général de la Garde nationale s'installe au n° 7 ; Bergeret puis Rossel y tiennent conseil de guerre. Des barricades fortifiées de canons ferment les accès. Le 16 mai 1871, sous l'impulsion de Napoléon Gaillard et des fédérés, la colonne impériale s'effondre dans un fracas de métal. Quelques jours plus tard, lors de la Semaine sanglante, les versaillais s'infiltrent par l'hôtel du Rhin (n° 4), prennent les barricades à revers, et le PC de la Garde nationale tombe : tous ses défenseurs sont massacrés. La comtesse de Castiglione, Virginia Oldoïni, se retire alors au n° 26 bis, ne supportant plus de se voir vieillir — fantôme de Second Empire dans une place que le siècle a épuisée.

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II

Fiches

73 fiches · 23 adresses
Colonne Vendôme
Colonne Vendôme
10 fiches
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La République colonialiste, qui en est encore à fusiller des Communards, s'empresse de replacer sur sa colonne à la gloire de l'impérialisme celui qui, le 18 brumaire, fut son premier assassin
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Le 16 mai 1871, à cinq heures et demie du soir, la colonne Vendôme s’abat sous les acclamations. Pour la Commune, c’est la fin d’un symbole ; pour le peintre Gustave Courbet, le commencement de la ruine. La colonne se…
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À l'annonce de la chute de Strasbourg, le gouvernement décide de couler en bronze la statue de la ville et étudie la destruction de la colonne Vendôme qu'on reprochera plus tard à Courbet
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Napoléon remonte sur son phallus impérialiste, mais cette fois déguisé en petit caporal, sa tenue démagogique fétiche
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Le drapeau blanc qui surmontait la colonne depuis la 1ère Restauration est remplacé par une fleur de lys
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Le 8 avril 1814, une semaine après l'entrée des cosaques dans Paris, la statue de Napoléon disparaît du sommet de la colonne Vendôme. L'opération est menée par le marquis de Maubreuil et Sosthène de La Rochefoucauld…
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Inauguration de la colonne aux vainqueurs d'Austerlitz, sur laquelle Napoléon se fait représenter en empereur romain, une victoire ailée dans la main droite. Mégalomanie, quand tu nous tiens...
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1–2
1–2 place Vendôme
Barricade pendant la Semaine sanglante
1 fiche
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4
4 place Vendôme
Barricade pendant la Semaine sanglante/Hôtel du Rhin
2 fiches
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7
7 place Vendôme
Siège de l'état-major général de la Garde nationale
6 fiches
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Un conseil de guerre est réuni pour préparer une offensive en réponse à l'attaque des troupes versaillaises sur Courbevoie, que Rossel s'engage à reconquérir. La riposte s'engage le jour-même, sans préparation, ce sera un échec
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Prise du quartier général de l'état-major de la Garde nationale par 4 bataillons des Batignolles et de Montmartre réunissant 2 000 hommes ; Bergeret y installe sont propre état-major
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Le Club de l'Entresol était un groupe de discussion et un think tank précoce situé à Paris, actif de 1720 à 1731. Fondé par l'abbé Pierre-Joseph Alary, il se réunissait initialement dans l'entresol de l'hôtel particulier de Charles-Jean-François Hénault, au 7 place Vendôme. Le club comptait environ vingt membres, parmi lesquels figuraient des personnalités comme Montesquieu, l'abbé de Saint-Pierre, et le marquis d'Argenson. Influencé par les idées politiques anglaises, il était un lieu de libre discussion sur des questions politiques et économiques. Cependant, en 1731, le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV, interdit le club en raison de son influence croissante et de ses critiques envers la politique du gouvernement.
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11–13
11–13 place Vendôme
Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
4 fiches
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Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Personnage(s) : Jaroslaw Dombrowski ·Simon Dereure
Le mètre étalon exposé sur la façade est l'un des deux qui subsistent à Paris, parmi les 16 qui furent installés à l'origine
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Danton, nommé ministre de la Justice, détourne des fonds. Un des grands corrompus de la Révolution ; il roule un temps pour Philippe d'Orléans qui le "subventionne". La Troisième République en fera son "grand homme", faute de mieux
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11
11 place Vendôme
Demeure de Camille Odilon Barrot
1 fiche
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12
12 place Vendôme
Hôtel Baudard de Saint-James/Ambassade de Russie/Demeure de Frédéric Chopin
3 fiches
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13
13 place Vendôme
Hôtel de Bourvallais/Ministère de la Justice
2 fiches
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La défaite avait eu lieu en juin. En août, la législation de la revanche commençait. L'armistice avait été signé le 22 juin 1940. Le 10 juillet, l'Assemblée nationale avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain par…
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Les Fédérés qui tiennent les barricades Castiglione et côté rue de la Paix sont pris à revers par des versaillais qui ont traversé par le ministère de la Justice
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Personnage(s) : Fédérés
14
14 place Vendôme
Demeure de la Castiglione
2 fiches
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Mort de la Castiglione, espionne italienne devenue comtesse, missionnée par Cavour pour tirer les petits et les grands secrets du lit de Napoléon Badinguet
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Personnage(s) : Virginia Oldoïni
15
15 place Vendôme
Hôtel Ritz
5 fiches
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« Libérateur du Ritz » : la légende est belle, et Hemingway n’a rien fait pour la démentir. Le 26 août 1944, Paris est libre depuis la veille. Des combattants des Francs-tireurs et partisans (FTP) viennent occuper…
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Personnage(s) : Ernest Hemingway
Résidence des dirigeants nazis ; centre mondain de la collaboration pendant l'Occupation où se tiennent les "déjeuners de la trahison"
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Marcel Proust reçoit ses amis au Ritz ; il y organise un dîner en l'honneur de Gaston Calmette
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20
20 place Vendôme
Siège de la Compagnie des Indes
2 fiches
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22
22 place Vendôme
Demeure du général Hulin
1 fiche
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Le général Hulin est blessé à la mâchoire en déjouant la tentative de putsch du général Malet
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23–26
23–26 place Vendôme
Barricade sous la Commune
2 fiches
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Une des 18 barricades fortifiées avec canons de la Commune. Il y eut de l'ordre de 900 barricades érigées dans Paris pendant la Commune et la Semaine sanglante
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Personnage(s) : Napoléon Gaillard ·Louis Rossel
28
28 place Vendôme
Hôtel de La Porte/Demeure et bureau général de la banque de John Law
1 fiche
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Sans numéro
Sur la voie, sans adresse précise
17 fiches
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Un groupe de trente femmes sont fusillées
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Personnage(s) : Fédérés
La place Vendôme, conjointement à la destruction de la colonne, prend le nom de "place Internationale" par décret de la Commune. Le criminel de guerre, criminel contre l'Humanité, restaurateur de l'esclavage... est à nouveau au sol
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Manifestation des "Amis de l'ordre", principalement bonapartistes, contre le Comité central de la Garde nationale. Le 22 mars 1871, les "Amis de l'ordre" descendent dans la rue. Partis de la place de l'Opéra et du Grand…
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Personnage(s) : Jules Bergeret
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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La dépouille de Lepeletier de Saint-Fargeau est exposée sur le piédestal de la statue de Louis XIV abattue ; la cérémonie est mise en scène par le peintre David
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Place des Piques pendant la Révolution ; entre temps la statue équestre de Louis XIV avait été détruite
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Personnage(s) : Jules Hardouin-Mansart
La statue est à terre, et dans la poussière de bronze, une femme du peuple gît écrasée. Six jours après la journée du 10 août 1792, la foule parisienne est encore ivre de sa victoire. Le roi est prisonnier au Temple, la…
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III

Sur cette voie

IV

Sources

Données Dénominations des emprises des voies, Ville de Paris ODbL · attribution