Commune insurrectionnelle renverse la Commune légale à l'Hôtel de Ville et sonne le tocsin pour le lendemain

Église St André des Arts (anciennement St André des Arcs)

Combats aux Tuileries du  10aout 1792.

Estampe de C. Monnet. Musée Carnavalet.

Il fallait que cette nuit-là fût la dernière du règne : à minuit, le tocsin sonna, et à l'Hôtel de Ville une nouvelle commune s'empara du pouvoir sans tirer un coup de fusil.

Depuis la fin juillet 1792, Paris attend. Le manifeste de Brunswick, publié le 25 juillet, a produit l'effet d'un détonateur : le duc de Brunswick a menacé de livrer Paris à une "exécution militaire exemplaire" si le roi était touché. Les sections révolutionnaires ont lu cela comme un aveu de connivence entre Louis XVI et l'ennemi. L'Assemblée législative, paralysée, n'a pas voté la déchéance. Les sections décideront par elles-mêmes.

Un Comité insurrecteur s'est constitué et se réunit en secret au cabaret du Cadran Bleu, boulevard du Temple : des délégués des sections parisiennes et des représentants des bataillons fédérés venus de province y planifient l'action. Santerre, Westermann, Fournier dit l'Américain, Alexandre et une quarantaine d'autres en font partie.

Le 9 août au soir, tout est en place. À minuit, le tocsin part de l'église Saint-André des Arts, place du même nom dans le 6e arrondissement. D'autres cloches répondent dans les quartiers. C'est le signal convenu.

À l'Hôtel de Ville, vingt-huit des quarante-huit sections envoient leurs commissaires : ils siègent aux côtés du Conseil général légal, puis s'y substituent. Ils forment la Commune insurrectionnelle. Sulpice Huguenin en est élu président sur-le-champ. Pétion, le maire, est assigné à résidence : on le neutralise pour l'écarter sans le provoquer, car sa popularité est réelle.

Mandat de Grancey, commandant de la garde nationale chargé de défendre les Tuileries, est convoqué à l'Hôtel de Ville par la nouvelle Commune. Il se présente. Il est arrêté, et tué place de Grève alors qu'on l'emmenait en prison. Les Tuileries ont perdu leur chef militaire.

À l'aube du 10 août, les colonnes insurgées marcheront.

Bibliographie