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Couverture — La Grande Révolution
Bibliographie

La Grande Révolution

MIQUEL Pierre
Plon, 1988.
87 Fiches citant cet ouvrage
1988 Édition

Fiches citant cet ouvrage

87 fiches
Événement
1789
28 avril 1789 — Manufacture de papiers-peints Jean-Baptiste Réveillon
p 92-93
Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 …

Pillage et incendie de la manufacture de Réveillon, candidat aux états généraux qui aurait déclaré que 15 sous de salaire par jour suffisaient si les ouvriers n'allaient pas les boire à la taverne. La répression fait 100 morts et 300 blessés

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Événement
1780
1780 — Caserne de la Grande rue Verte/Caserne de gardes-françaises
p 135
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Événement
1789
12 juillet 1789
p 135
Manifestation contre le renvoi de Necker, violemment réprimée par le prince de Lambesc sur ordre de Besenval ; un des déclencheurs directs de la Révolution
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Événement
1789
13 juillet 1789 — Maison de St Lazare
p 135
Pillage de la Maison de St Lazare par le peuple suite au bruit qu'il s'y trouvait stocké du blé ; on y trouve de quoi remplir 52 voitures de grain
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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 136
On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre. Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l …

On imagine une foule courant délivrer des captifs ; elle courait surtout après de la poudre.

Le 14 juillet 1789, Paris est déjà en armes. Depuis le renvoi de Necker, la ville s'est soulevée ; au matin, la foule a forcé l'hôtel des Invalides et raflé près de trente mille fusils. Mais un fusil sans poudre ne vaut guère mieux qu'un gourdin — et de poudre, justement, il n'y en a presque plus. Or tout le monde sait où trouver le reste : à la Bastille.

Car la vieille forteresse ne renferme pas que sept prisonniers. Quelques jours plus tôt, on avait vidé les réserves de l'Arsenal, tout proche, pour les mettre à l'abri derrière ses murs : environ deux cent cinquante barils de poudre, transférés sur ordre du lieutenant du roi. Voilà le vrai butin. Ce 14 juillet, la foule ne marche pas sur la Bastille pour délivrer des captifs — ils ne sont que sept, quatre faussaires, deux déments et un noble débauché — mais pour mettre la main sur sa poudrière.

Au bout de la rue Saint-Antoine, la forteresse dresse ses huit tours. Le gouverneur, Bernard-René de Launay, ne dispose que d'une garnison maigre : quelques dizaines d'invalides et une poignée de Suisses du régiment de Salis-Samade, sous les ordres du lieutenant Louis de Flue. On parlemente : l'électeur Thuriot est reçu dans la cour, en ressort bredouille. Vers midi, des assaillants tranchent les chaînes du pont-levis et se ruent dans la première cour ; la fusillade éclate. Le siège s'enlise, jusqu'à ce que des Gardes françaises passés à l'insurrection arrivent en renfort avec cinq canons braqués sur la porte. Devant l'artillerie, Launay capitule en fin d'après-midi. L'assaut aura coûté environ quatre-vingt-dix-huit morts aux assaillants.

Le reste est connu : Launay traîné jusqu'à l'Hôtel de Ville et massacré, sa tête promenée au bout d'une pique ; les sept prisonniers portés en triomphe, un peu ahuris ; la poudre enfin distribuée. Ceux qui se sont battus sont, pour l'essentiel, des gens du faubourg Saint-Antoine, à deux pas — artisans du bois, ouvriers : sur les 954 « vainqueurs de la Bastille » que l'Assemblée reconnaîtra officiellement l'année suivante, près de sept sur dix sont des travailleurs du quartier.

Ce sont eux qui ont pris la forteresse ; ce ne sont pas tout à fait eux qui en récolteront les fruits. Dès le lendemain, le comité bourgeois installé à l'Hôtel de Ville encadre ce peuple en armes — milice bourgeoise, La Fayette — pour tenir la rue autant que pour faire face au roi. Mais ce 14 juillet, c'est le faubourg qui a parlé.

De la Bastille elle-même, il ne reste presque rien : dès l'été, l'entrepreneur Palloy la démolit pierre à pierre. Aujourd'hui, une ligne de pavés plus clairs dessine son contour sur la place et en travers de la rue Saint-Antoine ; le seul vrai vestige, la base d'une tour dite « de la Liberté », a été exhumé lors du creusement du métro en 1899 et remonté dans le square Henri-Galli, près du boulevard Henri-IV. Quant à la colonne qui domine la place, elle ne célèbre pas 1789 : elle porte les morts d'une autre révolution, celle de 1830.

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Événement
1789
14 juillet 1789 — Prison de la Bastille
p 136
Sur les 954 noms que la Nation grava au titre de « vainqueur de la Bastille », un seul est celui d'une femme. Elle s'appelait Marie Charpentier. Née en 1751, blanchisseuse au faubourg Saint-Marcel — l'un des quartiers le …

Sur les 954 noms que la Nation grava au titre de « vainqueur de la Bastille », un seul est celui d'une femme.

Elle s'appelait Marie Charpentier. Née en 1751, blanchisseuse au faubourg Saint-Marcel — l'un des quartiers les plus pauvres de Paris, tout de lavoirs et de tanneries, sur la rive gauche. De son quartier à la Bastille, il y avait plus d'une heure de marche. Le 14 juillet 1789, elle est là, devant la Bastille, au milieu des assaillants. Elle s'y bat, dit-on aux côtés de son mari, et y est blessée — assez grièvement pour en rester infirme.

Quand, l'année suivante, la Constituante fait dresser la liste officielle des combattants et frapper une médaille de reconnaissance, le 19 décembre 1790, un seul nom de femme y figure : le sien. Neuf cent cinquante-trois hommes, et Marie Charpentier. Elle touchera même une pension pour sa blessure.

L'histoire aurait pu s'arrêter là. Elle a une suite plus étonnante encore. En 1794, la 35e division de gendarmerie de Paris, qui recrutait parmi les titulaires de la décoration des vainqueurs, l'enrôle dans ses rangs. Voilà Marie Charpentier gendarme — la première femme, revendique aujourd'hui la Gendarmerie nationale, à porter l'uniforme. La carrière tourne court : en 1796, on la renvoie. Le motif, consigné noir sur blanc, ne s'embarrasse d'aucune nuance : « en raison de son sexe », elle est jugée inapte au service.

Décorée pour s'être battue comme un homme, puis chassée pour n'en être pas un : voilà, tenues d'un même geste, les deux promesses contradictoires de la Révolution. Il faudra attendre 1983 — près de deux siècles — pour que les femmes soient officiellement admises dans le corps des sous-officiers de gendarmerie. La blanchisseuse du faubourg Saint-Marcel les avait précédées de très loin.

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Événement
1789
22 juillet 1789 — Lanterne du coin du roi/Lanterne de la Grève/Épicerie Delanoué
p 170-171
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Événement
Événement
Date imprécise — Hôtel de Louis-Philippe d'Orléans
p 186
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Événement
1795
30 avril 1795 — Église des Prémontrés/Section du Bonnet de la Liberté
p 229
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Événement
1789
juillet 1789 — Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris"
p 230 & 271
Périodique qui compta 223 numéros et qui tira jusqu'à 200 000 exemplaires ; auquel participèrent Fabre d'Églantine et Chaumette
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Événement
1790
29 septembre 1790 — Église St Jacques la Boucherie
p 231
Un charpentier meurt, sa famille n'a pas de quoi payer la messe : le quartier se rassemble et impose au curé de l'enterrer gratuitement. La Révolution a un an. L'Assemblée constituante a voté la Constitution civile du cl …

Un charpentier meurt, sa famille n'a pas de quoi payer la messe : le quartier se rassemble et impose au curé de l'enterrer gratuitement.

La Révolution a un an. L'Assemblée constituante a voté la Constitution civile du clergé en juillet 1790, nationalisé les biens de l'Église, transformé les prêtres en fonctionnaires salariés par la Nation. Mais dans les paroisses, les vieilles pratiques persistent. Le casuel, ces tarifs que le clergé perçoit pour les baptêmes, les mariages et les enterrements, reste en usage. Pour une famille ouvrière, une messe des morts représente plusieurs journées de salaire. On enterre les pauvres sans cérémonie.

Le 29 septembre 1790, dans le quartier de Saint-Merri, un charpentier est mort. Sa famille n'a pas les moyens de payer les funérailles. Le curé de l'église Saint-Jacques-la-Boucherie, qui se dressait alors à l'emplacement de l'actuelle Tour Saint-Jacques, près de la rue de Rivoli, refuse de célébrer la messe gratuitement.

Le quartier se rassemble. La foule se porte à l'église et impose au curé la célébration gratuite de la messe des morts. Elle obtient satisfaction. Le principe posé par ce rassemblement est plus large que le cas particulier : les sacrements ne peuvent pas être des marchandises, l'Église rétribuée par la Nation ne peut plus faire payer les pauvres, et la mort d'un charpentier vaut celle d'un bourgeois.

L'abbé Claude Fauchet, cité dans le dossier de cette affaire, est l'une des grandes figures du clergé révolutionnaire. Prédicateur au Cercle social, il défend un christianisme social qui affirme l'égalité de tous les hommes, plaide pour le partage des terres et deviendra évêque constitutionnel du Calvados. Il sera guillotiné en 1793 comme girondin.

Ces épisodes de pression populaire directe sur le clergé se multiplient à l'automne 1790. Ils composent la trame quotidienne de la Révolution : non pas les grandes journées de l'histoire, mais des dizaines de rassemblements de quartier qui imposent, dans les paroisses, ce que l'Assemblée n'a fait que voter en principe. L'égalité s'y conquiert église par église.

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Événement
1791
20 juin 1791
p 236
Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou …

Cour par laquelle la famille royale sortit des Tuileries pour s'enfuir vers... non pas Varennes, comme l'a retenu l'Histoire, mais Montmédy, forteresse Vauban à 7 Km de la frontière, position stratégique pour revenir, ou s'enfuir...

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Événement
1790
14 avril 1790 — Église du couvent des Capucins St Honoré (chevet à hauteur des 7-9 rue de Castiglione)
p 258
Une réunion de nobles et d'ecclésiastiques émet une protestation contre le refus de l'Assemblée, le 13 avril 1790, de déclarer le catholicisme religion d'État
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Événement
1791
2 avril 1791 — Demeure de Gabriel Honoré Riqueti de Mirabeau (chez Julie Careau)/Plaque de Chénier
p 268
Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi. Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois …

Le 2 avril 1791, Mirabeau meurt au 42 rue de la Chaussée d'Antin, chez l'actrice Julie Careau. Il a quarante-deux ans. Paris entre en deuil comme pour un roi.

Gabriel Honoré Riquetti de Mirabeau avait été tout à la fois : libertin scandaleux, fils emprisonné sur lettre de cachet par son propre père, publiciste génial, tribun de l'Assemblée nationale dont la voix faisait trembler les murs. Lorsqu'en 1789 le marquis de Dreux-Brézé était venu signifier aux députés du Tiers État l'ordre royal de se disperser, c'est Mirabeau qui avait répondu : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes." La formule avait fait le tour de l'Europe.

Ce que Paris ne savait pas, c'est que depuis des mois Mirabeau vendait ses services au roi — il percevait une pension secrète de la Cour en échange de conseils politiques. Il mourait au moment où cette double vie commençait à être soupçonnée. Sa corruption ne fut révélée qu'en 1793, quand on découvrit ses papiers dans l'armoire de fer de Louis XVI.

Le jour même de sa mort, l'Assemblée crée le Panthéon — l'église Sainte-Geneviève transformée en temple républicain pour abriter les grands hommes. Mirabeau en est le premier habitant. Il y restera jusqu'en 1793, quand la découverte de ses lettres au roi le fera expulser sans cérémonie.

Sur la façade du 42 rue de la Chaussée d'Antin, une plaque porta longtemps ces vers d'André Chénier : "L'âme de Mirabeau s'exhala dans ces lieux. Hommes libres, pleurez ! tyrans, baissez les yeux !"

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Événement
1790
1790 — Demeure de François Héron/Cachette de Jean-Paul Marat
p 270
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Événement
1790
janvier 1790 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "La Bouche de Fer"
p 271 & 323
Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cerc …

Adresse du journal la Bouche de Fer de l'abbé Fauchet ; il sera le premier à se prononcer pour la République, le 21 juin 1791. Son titre vient d’une boîte à lettres figurant une gueule de lion, installée au siège du Cercle social

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Événement
1789
novembre 1789 — Imprimerie GarnérySiège de la revue "Les Révolutions de France et de Brabant"
p 271
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Événement
Événement
1791
avril 1791 — Église du couvent des Théatins (archevêque de Théate)
p 295
Église que l'on soupçonne d'être tenue par des prêtres "non-jureurs", ou "insermentés" ; les Jacobins apposent sur le portail des verges et un "Avis aux dévotes aristocrates, médecine purgative distribuée gratis le diman …

Église que l'on soupçonne d'être tenue par des prêtres "non-jureurs", ou "insermentés" ; les Jacobins apposent sur le portail des verges et un "Avis aux dévotes aristocrates, médecine purgative distribuée gratis le dimanche"

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Événement
1791
16 mai 1791 — Hôtel de Genlis/Musée de Paris/Club des Cordeliers/Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen
p 322
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Événement
1791
14 juin 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
p 323
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Événement
1789
24 août 1789 — Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
p 323
Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme.. …

Siège du journal auquel collaborait Condorcet, membre du Cercle social, un des premiers à prôner la République, après avoir défendu la monarchie et les provilèges et s'être opposé à la Déclaration des Droits de l'Homme...

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Événement
1791
13 juillet 1791 — Salle du Manège/Siège de l'Assemblée Constituante
p 324
Refus d'une pétition, portée par 3 à 4 000 Sans-culottes membres des sections et des clubs, sur la déchéance de Louis XVI ; l'Assemblée l'écarte par un vote
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Événement
1791
17 juillet 1791
p 327-328
Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolutio …

Un dimanche de juillet 1791, des milliers de Parisiens signent sur l’autel de la patrie une pétition contre le roi fugitif. La garde nationale entre au Champ-de-Mars, drapeau rouge en tête, et ouvre le feu : la Révolution se déchire.

Le 21 juin 1791, Louis XVI, qui fuyait Paris avec sa famille, est arrêté à Varennes. Pour une partie de l’opinion, c’est un traître, un parjure : sur l’autel de la patrie du Champ-de-Mars, où l’on a célébré en 1790 la fête de la Fédération, on efface le mot « roi ». L’Assemblée constituante, qui veut sauver la monarchie constitutionnelle, préfère parler d’un « enlèvement », et le mot même de « république » est banni de ses débats. Elle suspend le roi, puis, le 16 juillet au soir, le met hors de cause : l’affaire de Varennes est close.

Dans les clubs, on réclame la déchéance. Le 15 juillet, le club des Cordeliers, radical et populaire, réunit trois à quatre mille personnes au Champ-de-Mars pour rédiger une pétition sur l’autel de la patrie ; le cortège qui la porte à l’Assemblée est dispersé par la cavalerie. Les Jacobins en préparent une autre, confiée entre autres à Danton et à Brissot ; Robespierre, qui craint qu’elle ne serve de prétexte à la répression, s’y oppose. Rendez-vous est pris pour le dimanche 17, en cortège pacifique : les appels demandent de ne prendre ni bâton ni couteau.

Le 17 au matin, la Commune de Paris interdit tout rassemblement et ordonne à La Fayette de proclamer la loi martiale. Les Jacobins retirent leur pétition, trop tard. Trouvant fermée la place de la Bastille, point de ralliement, les manifestants gagnent le Champ-de-Mars. Dans la matinée, la foule y découvre deux hommes cachés sous l’autel ; conduits au comité du Gros-Caillou, ils sont lynchés. Les pétitionnaires affluent pourtant : quelques centaines vers onze heures, plusieurs milliers l’après-midi, peut-être vingt mille. Des Cordeliers rédigent un nouveau texte, qui réclame un nouveau pouvoir constituant sans prononcer le mot de république ; six mille personnes le signent aussitôt. On danse autour de l’autel. Les envoyés de la municipalité constatent le calme de la foule.

Gravure : dans la fumée des coups de feu, la garde nationale tire sur la foule massée autour de l’autel de la patrie, au milieu du Champ-de-Mars

Mais l’Assemblée a invité la municipalité à rétablir l’ordre par tous les moyens. Vers quinze heures, des pierres sont lancées sur deux cavaliers de la garde nationale. À l’Hôtel de ville, le conseil municipal proclame la loi martiale. Le maire, l’astronome Jean-Sylvain Bailly, part à dix-huit heures trente avec un fort détachement, précédé du drapeau rouge, qui est alors celui de la loi martiale. Entouré de talus depuis la Fédération, le Champ-de-Mars forme une arène fermée. La garde y entre au pas de charge, tambours battants, sans faire les sommations légales. Un coup de feu part, on ne sait d’où ; la garde ouvre un feu nourri. La foule fuit vers la Seine, où l’attend la cavalerie, et vers l’École militaire, par où entre un second détachement. Il n’y aura pas de bilan officiel : dix morts selon la presse favorable à La Fayette, douze selon Bailly, quatre cents selon Marat ; la plupart des estimations parlent d’une cinquantaine.

Le soir même, le club des Cordeliers est fermé, des canons postés devant son entrée. On arrête des manifestants, des journalistes. Les Jacobins se déchirent : la plupart des députés les quittent pour le club des Feuillants. Pour les sans-culottes, le 17 juillet restera la « Saint-Barthélemy des patriotes ». En septembre, une même loi amnistie le roi, les pétitionnaires et les auteurs de la répression.

La Fayette quitte son commandement en octobre. Bailly, lui, n’est pas pardonné. Condamné par le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné en novembre 1793, au Champ-de-Mars, mais pas sur l’esplanade : on ne veut pas que son sang se mêle à celui des victimes de 1791, et l’échafaud est dressé dans le fossé qui entoure l’enceinte. Sous la pluie glacée, il tremble. « Tu trembles, Bailly ? », lui lance un spectateur. « Oui, mais c’est seulement de froid. » Une plaque, au 2 avenue de La Bourdonnais, marque l’emplacement de l’échafaud.

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Événement
1791
16 juillet 1791 — Couvent des Feuillants
p 328
Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent …

Scission des Jacobins sur le sort de Louis XVI. Les Monarchistes constitutionnels s'installent aux Feuillants. Parmi les députés, seuls Robespierre, Anthoine, Buzot, Rœderer, Pétion et Louis Coroller du Moustoir restent aux Jacobins

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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Honoré/Section de la Halle aux Blés
p 354
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Jacques l'Hôpital/Section Mauconseil/Section Bon-Conseil
p 354
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Événement
1789
1789 — Hôtel Britannique/Demeure de Jean-Marie et de Manon Roland
p 357
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Événement
1792
20 juin 1792
p 361-363
Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonn …

Émeute menée par les patriotes du faubourg Saint-Antoine pour l'anniversaire du Serment du jeu de paume. Ils réclament le retrait du veto sur les prêtres réfractaires et sur l'appel des Fédérés ; Louis XVI coiffe le bonnet rouge mais ne cède pas

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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Eustache/Section des Postes/Section du Contrat Social
p 363
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Événement
1792
7 juillet 1792 — Demeure d'Adrien Lamourette
p 364
En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser. Le 7 ju …

En ce juillet 1792, avec les armées ennemies aux frontières et la patrie sur le point d'être déclarée en danger, l'évêque Lamourette trouva le seul remède que les partis n'avaient pas encore essayé : s'embrasser.

Le 7 juillet 1792, la Salle du Manège est le théâtre d'une séance âpre. L'Assemblée législative débat de la « patrie en danger » : la France est en guerre contre l'Autriche depuis avril, la Prusse vient de rejoindre la coalition, les armées ennemies progressent vers le nord et l'est. À l'intérieur, le roi Louis XVI a mis son veto aux décrets contre les prêtres réfractaires et sur le camp de fédérés. L'Assemblée est minée par la méfiance entre Feuillants, partisans de la Constitution de 1791, et Girondins qui poussent vers la déchéance royale. Les accusations mutuelles paralysent les débats depuis des semaines.

Antoine-Adrien Lamourette se lève. Né à Frévent dans le Pas-de-Calais, fils d'artisans modestes, ordonné lazariste, il est devenu en 1791 l'un des premiers évêques constitutionnels — l'évêque de Rhône-et-Loire — et cumule cette fonction avec son mandat de député. Proche collaborateur de Mirabeau, mort depuis un an, il a souvent nourri l'argumentation du grand orateur sans jamais la porter lui-même à la tribune : « J'ai rarement parlé à la tribune, dit-il, mais de grands patriotes y ont souvent prononcé ce que j'avais conçu et écrit. »

Ce soir, il parle. Il affirme que la désunion de l'Assemblée est la source de tous les malheurs de la Nation. Avec une ardeur extraordinaire, il appelle à la fraternité et propose que les députés s'embrassent en signe de réconciliation.

La proposition fait son effet. L'Assemblée est traversée d'enthousiasme. Les membres des partis les plus hostiles se jettent dans les bras les uns des autres. Condorcet et Pastoret, qui s'étaient affrontés durement la veille par journaux interposés, se tiennent embrassés. Brissot, qui se préparait à intervenir, doit suspendre et réécrire son discours en catastrophe pour ne pas se retrouver en opposition frontale avec l'ambiance du moment.

L'expression exacte du discours de Lamourette éclaire pourtant ce qu'il proposait vraiment. Il demande à l'Assemblée de condamner « par un serment irrévocable » à la fois la République et les Deux Chambres — les deux chimères qui, selon lui, alimentent la contre-révolution en divisant les partis. Ce n'est pas la fraternité abstraite qu'il invoque : c'est la défense de la Constitution de 1791 qu'il veut, et c'est à cette bannière précise qu'il tente d'unir une Assemblée en train de se déchirer.

Jean Jaurès, dans son Histoire socialiste de la Révolution française, est impitoyable : « une effusion sentimentale qui n'était pas sans arrière-pensée. » Et il constate que dès le lendemain, les participants de ce moment si particulier en parlaient « d'un ton railleur ». Adolphe Thiers préfère y voir une sincérité momentanée : « Ce fait prouve que la méfiance et la crainte produisaient toutes les haines, qu'un moment de confiance les faisait disparaître. »

Le mot est entré dans la langue. Un « baiser Lamourette » désigne désormais toute réconciliation brève et sans lendemain, toute accolade entre adversaires qui reprennent leurs querelles sitôt le rideau retombé.

Lamourette, lui, proteste contre les massacres de Septembre 1792, se lie aux Girondins et soutient la révolte fédéraliste de Lyon. Il est arrêté en 1793, transféré à Paris et jugé par le Tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné en janvier 1794. Ceux qu'il avait vus tomber dans les bras les uns des autres ce soir du 7 juillet avaient, entre-temps, voté la mort du roi.

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Événement
1792
22 juin 1792
p 365-366
Banquet offert aux volontaires montés de Marseille. On y chante pour la première fois à Paris, interprété par un Jacobin de Montpellier, le "Chant de guerre de l'armée du Rhin", de Rouget de Lisle. On l'appellera bientôt …

Banquet offert aux volontaires montés de Marseille. On y chante pour la première fois à Paris, interprété par un Jacobin de Montpellier, le "Chant de guerre de l'armée du Rhin", de Rouget de Lisle. On l'appellera bientôt "la Marseillaise"

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Événement
1792
1792 — Demeure de François Paul Nicolas Anthoine (maire de Metz, député à la Législative puis à la Convention pour la Moselle)
p 365
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église de l'hospice des Enfants Trouvés/Section des Quinze-Vingts/Société des Défenseurs des droits de l'homme
p 366
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Événement
1792
30 juillet 1792
p 366
Le 30 juillet 1792, cinq cents volontaires de Marseille entrèrent dans Paris par le faubourg Saint-Antoine, en chantant un hymne composé trois mois plus tôt à Strasbourg. Ce chant allait s'appeler la Marseillaise. Onze j …

Le 30 juillet 1792, cinq cents volontaires de Marseille entrèrent dans Paris par le faubourg Saint-Antoine, en chantant un hymne composé trois mois plus tôt à Strasbourg. Ce chant allait s'appeler la Marseillaise. Onze jours plus tard, ils prenaient les Tuileries.

Le 14 avril 1792, la France avait déclaré la guerre à l'Autriche. À Strasbourg, dans la nuit du 25 au 26 avril, le capitaine Claude Joseph Rouget de Lisle composa un « Chant de guerre pour l'armée du Rhin » à la demande du maire de Strasbourg, Dietrich. La partition fut imprimée et diffusée. Le club des Amis de la Constitution de Marseille en reçut un exemplaire, les volontaires l'adoptèrent comme chant de marche, et ils le chantèrent pendant tout le trajet.

Ils partirent début juillet, cinq cents hommes, répondant à l'appel des Girondins qui voulaient des fédérés armés à Paris. Ils descendirent la vallée du Rhône, traversèrent la France en chantant. Dans les villes étapes, ils apprenaient l'hymne aux habitants.

Le 30 juillet, ils entrèrent dans Paris par le faubourg Saint-Antoine, passèrent devant la Bastille et furent accueillis en héros. Un banquet fut organisé en leur honneur sur les Champs-Élysées. Le soir, une rixe éclata avec des gardes Feuillants — partisans de la monarchie constitutionnelle. Le sang coula. La tension entre républicains et monarchistes était à son comble.

Onze jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les Marseillais marchèrent sur les Tuileries. C'est dans leurs rangs que la résistance fut la plus acharnée, et les pertes les plus lourdes.

Paris avait entendu le chant des Marseillais. Les Marseillais lui avaient donné son nom.

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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Marcel (collégiale)/Section des Gobelins/Section du Finistère
p 366
Siège de la Section des Gobelins en 1790, puis du Finistère en août 1792. Le Comité révolutionnaire de la section rentra en conflit ouvert le 9 thermidor avec un membre de la Commune qui fut arrêté
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Marcel/Section des Gobelins/Section du Finistère
p 366
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Événement
1792
9 août 1792
p 367-368
Il fallait que cette nuit-là fût la dernière du règne : à minuit, le tocsin sonna, et à l'Hôtel de Ville une nouvelle commune s'empara du pouvoir sans tirer un coup de fusil. Depuis la fin juillet 1792, Paris attend. Le …

Il fallait que cette nuit-là fût la dernière du règne : à minuit, le tocsin sonna, et à l'Hôtel de Ville une nouvelle commune s'empara du pouvoir sans tirer un coup de fusil.

Depuis la fin juillet 1792, Paris attend. Le manifeste de Brunswick, publié le 25 juillet, a produit l'effet d'un détonateur : le duc de Brunswick a menacé de livrer Paris à une "exécution militaire exemplaire" si le roi était touché. Les sections révolutionnaires ont lu cela comme un aveu de connivence entre Louis XVI et l'ennemi. L'Assemblée législative, paralysée, n'a pas voté la déchéance. Les sections décideront par elles-mêmes.

Un Comité insurrecteur s'est constitué et se réunit en secret au cabaret du Cadran Bleu, boulevard du Temple : des délégués des sections parisiennes et des représentants des bataillons fédérés venus de province y planifient l'action. Santerre, Westermann, Fournier dit l'Américain, Alexandre et une quarantaine d'autres en font partie.

Le 9 août au soir, tout est en place. À minuit, le tocsin part de l'église Saint-André des Arts, place du même nom dans le 6e arrondissement. D'autres cloches répondent dans les quartiers. C'est le signal convenu.

À l'Hôtel de Ville, vingt-huit des quarante-huit sections envoient leurs commissaires : ils siègent aux côtés du Conseil général légal, puis s'y substituent. Ils forment la Commune insurrectionnelle. Sulpice Huguenin en est élu président sur-le-champ. Pétion, le maire, est assigné à résidence : on le neutralise pour l'écarter sans le provoquer, car sa popularité est réelle.

Mandat de Grancey, commandant de la garde nationale chargé de défendre les Tuileries, est convoqué à l'Hôtel de Ville par la nouvelle Commune. Il se présente. Il est arrêté, et tué place de Grève alors qu'on l'emmenait en prison. Les Tuileries ont perdu leur chef militaire.

À l'aube du 10 août, les colonnes insurgées marcheront.

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Événement
1792
10 août 1792
p 373
Clermont-Tonnerre, déjà blessé, est jeté par la fenêtre de Mme de Brassac chez qui il s'était réfugié
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Parvis de l'église St Germain des Prés/Massacres de Septembre
p 393
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Événement
1790
1790 — Église St Germain des Prés/Maison de l'Unité/Section des Quatre Nations/Section de l'Unité
p 393
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Événement
1792
2 septembre 1792 — Couvent des Carmes déchaussés/Massacres de Septembre
p 395
Massacres de 115 Prêtres réfractaires au couvent des Carmes Déchaux, transformé en prison
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Événement
1793
9 mars 1793 — Imprimerie Fiévée/Demeure de Jean-Baptiste Garnéry/Premier siège du journal "La Chronique de Paris"
p 430
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Événement
1793
13 avril 1793 — Salle du Manège/Siège de la Convention nationale
p 445
Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treiz …

Le 13 avril 1793, dans la salle du Manège des Tuileries, rue de Rivoli, la Convention nationale met en accusation Jean-Paul Marat pour appel à la guerre civile. Deux cent vingt-six députés votent pour, quatre-vingt-treize contre. L'Ami du peuple sera traduit devant le Tribunal révolutionnaire, celui-là même qu'il a contribué à créer.

L'affaire est politique. Marat, élu de Paris, hérisse la Gironde depuis des mois. Il appelle dans son journal à l'insurrection contre les « complices de Dumouriez », réclame qu'on purge la Convention de ses traîtres, signe comme président des Jacobins une circulaire appelant les départements à se soulever. Pour les Girondins, c'est l'occasion de faire tomber l'homme qui incarne tout ce qu'ils détestent — la violence populaire, la rue qui dicte sa loi à l'Assemblée, la Montagne qui ne recule devant rien.

Marat se cache quelques jours, puis se constitue prisonnier le 23 avril. Le procès tourne au triomphe. Le Tribunal révolutionnaire l'acquitte le 24 avril. Il est porté en cortège depuis le Palais de Justice jusqu'à la Convention, couronné de lauriers, acclamé par la foule. La gravure de l'époque montre le peuple portant Marat sur ses épaules, traversant les rues de Paris comme un César plébéien.

Pour les Girondins, c'est une défaite irréversible. Six semaines plus tard, le 2 juin, la Convention les proscrit. Marat, lui, n'en profitera guère — Charlotte Corday l'assassine dans sa baignoire le 13 juillet, trois mois jour pour jour après sa mise en accusation.

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Événement
1793
29 mai 1793
p 447-449
Au siège de la Section de la Cité se réunissent 33 Sections, qui forment un Comité insurrectionnel de 9 membres pour préparer la journée du 31 mai 1793, dirigée contre les Girondins ; elle se soldera par un échec
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Événement
1790
21 mai 1790 — Église St Martin des Champs/Section des Gravilliers/Société des Amis de la liberté et de l'humanité
p 447
Siège de la Section des Gravilliers dans la ci-devant église Martin des Champs. Elle ne bougea pas le 9 thermidor et se mobilisa au contraire contre la Commune
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Événement
1793
août 1793 — Palais des Tuileries/Pavillon de Flore (2ème étage)/Pavillon de l'Égalité
p 499-500
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Événement
Date imprécise — Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier
p 500
Demeure de Marc-Guillaume Alexis Vadier, conventionnel Montagnard. Compère corronmpu de Barère, il soutiendra la Conjuration des Égaux, mais dans quel but ?
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Événement
1795
1795 — Demeure de Jean Pierre André Amar
p 500 & 561
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Événement
1794
8 juin 1794
p 513-514
Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné. Au printem …

Un bouquet de fleurs et d’épis à la main, Robespierre met le feu à l’Athéisme, puis conduit la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. Derrière lui, des députés ricanent. Sept semaines plus tard, il est guillotiné.

Au printemps 1794, la Révolution est en pleine Terreur. Depuis 1793, les ultra-révolutionnaires mènent une déchristianisation vigoureuse ; à la fin de l’année, ils ont institué le culte de la Raison. Robespierre, lui, n’a jamais caché sa foi en un Être suprême. Disciple de Rousseau, qu’il a rencontré en 1778, peu avant la mort de l’écrivain, il tient l’athéisme militant pour un danger. Il veut réunir les Français autour d’un culte commun, et placer la religion sous la main de l’État. L’idée n’est pas neuve : dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été proclamée « en présence et sous les auspices de l’Être suprême ».

Le 18 floréal an II (7 mai 1794), sur son rapport au nom du Comité de salut public, la Convention décrète que « le peuple français reconnaît l’existence de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme ». Elle institue un calendrier de fêtes civiques appelées à remplacer les fêtes catholiques : à l’Être suprême et à la Nature, au Genre humain, à l’Amitié, à la Frugalité, au Malheur, au Bonheur… La fête de l’Être suprême est fixée au 20 prairial, le 8 juin. Quatre jours avant, la Convention élit Robespierre à sa présidence, à l’unanimité : c’est donc lui qui la présidera. Le peintre Jacques-Louis David, ordonnateur des fêtes de la Révolution, en dessine les chars et les décors. Le poète Marie-Joseph Chénier, qui a travaillé avec lui à plusieurs de ces fêtes, a préparé un hymne ; Robespierre le refuse.

Le jour venu, la foule se rassemble au jardin des Tuileries, autour du bassin rond. Sur le bassin, une pyramide figure un monstre, l’Athéisme, entouré de l’Ambition, de l’Égoïsme et de la fausse Simplicité. Robespierre paraît en habit bleu céleste, serré d’une écharpe tricolore, un bouquet de fleurs et d’épis à la main. Il met le feu à l’Athéisme et à l’Égoïsme ; une fois brûlés, ils laissent paraître une statue de la Sagesse. Puis il prend la tête du cortège de la Convention jusqu’au Champ-de-Mars. On y a élevé une sorte de rocher artificiel, couronné d’un arbre de la liberté et d’une colonne antique que surmonte une statue brandissant un flambeau. La foule chante l’hymne à l’Être suprême du poète Théodore Désorgues, sur une musique de Gossec. Paris compte alors six cent mille habitants ; un contemporain dénombre plus de quatre cent mille participants, chiffre sans doute exagéré, mais qui dit le succès de la fête.

Derrière le président, pourtant, la Convention traîne les pieds. Des députés bavardent, se moquent, refusent de marcher au pas ; il y a, se souviendra l’un d’eux, « un intervalle considérable » entre Robespierre et ses collègues. Certains l’insultent ; le dantoniste Laurent Lecointre le traite de « pontife ». Son habit bleu rappelle le symbolisme chrétien. Beaucoup de conventionnels restent attachés à l’anticléricalisme, craignent le retour du religieux, soupçonnent Robespierre de viser le pouvoir personnel ; les anciens déchristianisateurs, comme Fouché, se sentent condamnés.

La fête, qui voulait sceller l’unité de la République, avive les tensions. Le 9 thermidor (27 juillet), empêché de parler à la Convention, Robespierre est mis en accusation et arrêté. Le lendemain, il est guillotiné place de la Révolution, avec vingt et un de ses amis politiques, sous les acclamations de la foule. La croyance en l’Être suprême lui survit : les fêtes civiques continuent, et la théophilanthropie, qui en est issue, ne sera interdite qu’en 1803.

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Événement
1794
28 juillet 1794
p 515
Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette. À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient i …

Robespierre avait la mâchoire fracassée par une balle. Au Pavillon de Flore, des chirurgiens le pansèrent sommairement. Il fallait qu'il pût monter à la charrette.

À l'aube du 10 thermidor, les forces de Barras avaient investi l'Hôtel de Ville. Augustin Robespierre avait sauté d'une corniche pour fuir et s'était fracturé les jambes. Couthon avait été retrouvé blessé dans un escalier. Saint-Just s'était rendu sans résister. Le Bas, lui, s'était tiré une balle dans la tête plutôt que d'être pris.

Les survivants furent conduits au Pavillon de Flore, siège du Comité de Salut public. Les thermidoriens répandirent le bruit que Robespierre avait tenté de se suicider ; le pistolet retrouvé sur lui n'était pas déchargé. Peu importait la vérité : il s'agissait de l'avilir avant de le tuer.

Mis hors la loi la veille par la Convention, les condamnés n'avaient pas droit à un procès. La simple identification de leur personne suffisait. Dans la matinée, ils furent transférés à la Conciergerie, quai de l'Horloge. Dans l'après-midi, la charrette traversa Paris.

Vingt-deux personnes furent guillotinées ce jour-là, place de la Révolution : Robespierre, Saint-Just, Couthon, Augustin Robespierre, le général Hanriot, le maire de Paris Fleuriot-Lescot, le président du Tribunal révolutionnaire Dumas, et quinze autres membres de la Commune ou des sections. On dit que la foule les hua. Les témoignages furent aussitôt réécrits par les vainqueurs.

Robespierre fut le dernier de la charrette à passer sous la lame. Son bandage à la mâchoire fut arraché avant l'exécution.

La place de la Révolution porte aujourd'hui le nom de place de la Concorde. La guillotine y avait fait, entre 1792 et 1794, un millier cent dix-neuf victimes.

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Événement
1794
14 juin 1794 — Itinéraire de la guillotine au cimetière de Picpus
p 515
Itinéraire des tombereaux menant les corps des suppliciés depuis la place du Trône renversé vers les fosses communes de Picpus ; 1306 guillotinés sur 2627 en tout à Paris
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Événement
1793
1793
p 527
Plus de 200 forges installées en plein air à Paris pour fabriquer des armes
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Événement
1793
1793 — Esplanade des Invalides/Forge en plein air pour la fabrication d'armes
p 527
Plus de 200 forges installées en plein air à Paris pour fabriquer des armes
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Événement
1790
21 mai 1790 — Chapelle du couvent des Feuillantines/Section de l'Observatoire
p 532
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Événement
1795
5 octobre 1795 — Palais Royal/Combats le 13 Vendémiaire
p 555
Le Palais Royal est pris d'assaut à la tombée de la nuit par les troupes de la Convention
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Événement
1795
5 octobre 1795
p 555
Le Théâtre Français est pris d'assaut par les troupes de la Convention à la tombée de la nuit
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Événement
1794
1794 — Demeure de Jean-Louis Gibert des Molières/Club de Clichy
p 557
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Événement
1792
1792
p 558
Siège de l'agence secrète contre-révolutionnaire liée à Charles X (alors comte d'Artois) et à Louis XVIII (alors comte de Provence) ; espionnant entre autres pour le compte de l'Espagne, avec pour but le retour de la roy …

Siège de l'agence secrète contre-révolutionnaire liée à Charles X (alors comte d'Artois) et à Louis XVIII (alors comte de Provence) ; espionnant entre autres pour le compte de l'Espagne, avec pour but le retour de la royauté

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Événement
1796
28 février 1796 — Abbaye Ste Geneviève/Lycée Henri IV
p 559-560
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Événement
1795
16 novembre 1795 — Réfectoire de l'abbaye Ste Geneviève (puis dans un des caveaux)/Club du Panthéon
p 559-560
Ouverture du club du Panthéon, dit aussi club des Panthéonistes, foyer de la future Conjuration des Égaux
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Événement
1796
7 mai 1796 — Demeure de Jean-Baptiste Drouet
p 561
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Événement
1796
9 septembre 1796
p 562
Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite. Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapit …

Les révolutions ont leur propre façon d'enterrer leurs enfants, même après leur défaite.

Babeuf est en prison depuis le 8 mai 1796. La Conjuration des Égaux, trahie par l'agent Grisel avant d'avoir pu agir, a été décapitée: ses cadres sont sous les verrous au Temple, en attente du procès de Vendôme. Mais des cellules survivent, des militants épars refusent de se soumettre. Le Directoire, régime de bourgeois enrichis par la Révolution, leur semble une trahison permanente.

Le 9 septembre 1796, dans la soirée, des conjurés partent de deux lieux: l'Auberge du Soleil d'Or, 226 rue de Vaugirard, et le Cabaret du Canon ci-devant royal, 81 rue Saint-Dominique. Leur plan: marcher sur le camp de Grenelle, à l'emplacement de l'actuelle place Dupleix dans le 15e arrondissement, rallier le 21e régiment d'infanterie qui y cantonne, convaincre les soldats de se mutiner contre le gouvernement directoriel. Jean-Baptiste Drouet est parmi eux: le même Drouet qui, à Varennes en juin 1791, avait reconnu Louis XVI dans sa berline et déclenché son arrestation. Cinq ans plus tard, l'ancien relayeur de poste est devenu babouviste.

La trahison s'est faite en amont. Grisel, agent double qui avait déjà livré la Conjuration principale en mai, a alerté les autorités. Les soldats du 21e régiment n'attendent pas des frères d'armes : ils reçoivent les insurgés par un feu nourri. La troupe gouvernementale encercle les abords du camp. Cent trente-deux personnes sont arrêtées dans la nuit; d'autres tombent sur place. Plusieurs dizaines reçoivent des peines de déportation ou d'emprisonnement; une trentaine seront fusillés par une commission militaire. Drouet parvient à s'enfuir; il sera condamné par contumace avant d'être amnistié sous Napoléon.

Babeuf apprend la nouvelle dans sa cellule. Son procès s'ouvrira à Vendôme en février 1797. Il sera condamné à mort et guillotiné le 27 mai 1797, avec Augustin Darthé. Jusqu'au bout, il tenta de se poignarder pour échapper à la honte du bourreau; il monta à l'échafaud blessé.

L'échec du camp de Grenelle marque la fin de la Conjuration des Égaux comme force active. Mais ses idées survivent: Philippe Buonarroti en publie l'histoire en 1828, et ce livre sera lu par Marx, Engels et tous ceux qui, au XIXe siècle, chercheront à comprendre comment une révolution peut trahir ses propres promesses d'égalité.

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Événement
Date imprécise — Demeure de Philippe-Antoine Merlin de Douai
p 569
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Événement
1798
27 février 1798 — Palais Royal/Cercle constitutionnel du Palais Égalité/Club de Salm (dit des Salmistes)
p 569
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Événement
1796
1796
p 569
Rendez vous sous le Directoire des émigrés de retour de Coblentz, et référence à l'exil de Louis XVIII, réfugié à Gand en Belgique, origine du mot "gandins" désignant la jeunesse dorée
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Événement
1799
6 novembre 1799 — Hôtel Chantereine/Hôtel Bonaparte/Demeure de Joséphine de Beauharnais
p 584
Bonaparte a épousé Joséphine de Beauharnais le 9 mars 1796 ; il prépare le coup d'État du 18 Brumaire ; la rue a été rebaptisée en l'honneur de ses razzias en Italie
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