Église Saint-André-des-Arts
Événements à cette adresse
5 événements · 1659 — 1792Il fallait que cette nuit-là fût la dernière du règne : à minuit, le tocsin sonna, et à l'Hôtel de Ville une nouvelle commune s'empara du pouvoir sans tirer un coup de fusil.
Depuis la fin juillet 1792, Paris attend. Le manifeste de Brunswick, publié le 25 juillet, a produit l'effet d'un détonateur : le duc de Brunswick a menacé de livrer Paris à une "exécution militaire exemplaire" si le roi était touché. Les sections révolutionnaires ont lu cela comme un aveu de connivence entre Louis XVI et l'ennemi. L'Assemblée législative, paralysée, n'a pas voté la déchéance. Les sections décideront par elles-mêmes.
Un Comité insurrecteur s'est constitué et se réunit en secret au cabaret du Cadran Bleu, boulevard du Temple : des délégués des sections parisiennes et des représentants des bataillons fédérés venus de province y planifient l'action. Santerre, Westermann, Fournier dit l'Américain, Alexandre et une quarantaine d'autres en font partie.
Le 9 août au soir, tout est en place. À minuit, le tocsin part de l'église Saint-André des Arts, place du même nom dans le 6e arrondissement. D'autres cloches répondent dans les quartiers. C'est le signal convenu.
À l'Hôtel de Ville, vingt-huit des quarante-huit sections envoient leurs commissaires : ils siègent aux côtés du Conseil général légal, puis s'y substituent. Ils forment la Commune insurrectionnelle. Sulpice Huguenin en est élu président sur-le-champ. Pétion, le maire, est assigné à résidence : on le neutralise pour l'écarter sans le provoquer, car sa popularité est réelle.
Mandat de Grancey, commandant de la garde nationale chargé de défendre les Tuileries, est convoqué à l'Hôtel de Ville par la nouvelle Commune. Il se présente. Il est arrêté, et tué place de Grève alors qu'on l'emmenait en prison. Les Tuileries ont perdu leur chef militaire.
À l'aube du 10 août, les colonnes insurgées marcheront.
Le 3 avril 1659, Louis XIV et Mazarin signent en personne le contrat de mariage de Charles de Baatz-Castelmore d'Artagnan avec Charlotte de Chanlecy, place Saint-André-des-Arts. Ce n'est pas une cérémonie ordinaire — quand le roi et son Premier ministre servent de témoins à un capitaine de mousquetaires, c'est que ledit capitaine leur est indispensable.
Le vrai d'Artagnan n'a presque rien à voir avec celui d'Alexandre Dumas. Né vers 1611 en Gascogne dans une famille de petite noblesse, il est entré au service de Mazarin dans les années 1640, a gravi les échelons par sa fidélité et son efficacité plutôt que par ses exploits romanesques. Sous Louis XIV, il devient capitaine-lieutenant des mousquetaires du roi — le chef opérationnel de la garde personnelle du souverain. Il arrest Fouquet en 1661, à Nantes, sur ordre du roi — c'est lui, le vrai d'Artagnan, pas le Porthos qui escalade les murailles.
Ce mariage avec Charlotte de Chanlecy, veuve fortunée, est une récompense royale autant qu'une union sentimentale. La présence de Louis XIV et Mazarin comme signataires du contrat dit l'estime dans laquelle ils tenaient leur homme de confiance.
Le vrai d'Artagnan mourra en 1673 au siège de Maastricht, d'un coup de mousquet — mort de soldat, pas de héros littéraire. Dumas lui emprunta le nom quarante ans après Les Trois Mousquetaires, en 1844, pour en faire un personnage de légende.