Voltaire en 1718, par Nicolas de Largillière, Carnavalet
François-Marie Arouet, connu sous le pseudonyme de Voltaire, est un écrivain et philosophe français du XVIIIe siècle, figure emblématique du mouvement des Lumières. Issu d'une famille bourgeoise parisienne, fils de notaire devenu conseiller du Roi, il reçoit une formation solide auprès des jésuites qui développe son goût pour la littérature et la poésie.
Ses débuts littéraires sont marqués par des démêlés avec le pouvoir. Des écrits satiriques contre le Régent lui valent un emprisonnement d'un an à la Bastille en 1717. À sa libération, il adopte le pseudonyme de Voltaire pour rompre avec son passé et se lancer dans les genres nobles de la littérature. Sa première tragédie, Œdipe, remporte un immense succès en 1718. Il connaît un nouveau triomphe en 1723 avec La Henriade, poème épique de 4 300 alexandrins inspiré des modèles classiques, qui sera vendu à 4 000 exemplaires en quelques semaines et connaîtra soixante éditions du vivant de l'auteur.
Une altercation avec le chevalier Rohan-Chabot le conduit à nouveau à la Bastille, puis à un exil de trois ans en Angleterre. Ce séjour transforme sa pensée : au contact d'une plus grande liberté d'expression, il découvre Newton et s'engage dans une philosophie réformatrice. Il rédige ses observations sur l'Angleterre, publiées en 1733 sous le titre Letters Concerning the English Nation, dont la version française devient les Lettres philosophiques.
Voltaire devient une figure centrale des Lumières, collaborant à l'*Encyclopédie* de Diderot et d'Alembert. Défenseur passionné de la liberté d'expression et de la tolérance, il combat inlassablement le fanatisme, l'intolérance et l'injustice. Son engagement culmine lors de l'affaire Calas (1762-1765), où il mène une intense campagne pour la justice. C'est à cette occasion qu'apparaît son mot d'ordre : « Écrasez l'Infâme », désignant la religion, la superstition et le fanatisme.
Admis à l'Académie française en 1746, Voltaire produit une œuvre considérable incluant des romans comme Zadig et Candide, ainsi que le Dictionnaire philosophique. Bien que souvent censuré et publié clandestinement, son influence s'étend à toute l'Europe. En 1778, épuisé par son triomphe, il retourne à Paris où il meurt peu de temps après, entrant au Panthéon en 1791.
France
Né à Paris (21 novembre 1694) – Mort à Paris (30 mai 1778)
Écrivain, philosophe, dramaturge, poète, historien