Trac contre la déportation, Comité d'Action contre la Déportation, Musée de la Résistance
Le 8 avril 1944, rue Pierre Nicole dans le 5e arrondissement, Léo Hamon et ses camarades évacuent en urgence les archives du Comité d'action contre la déportation. Quelqu'un a parlé. La Gestapo peut arriver.
Le CAD — son nom officiel dissimulait son objet réel — était une organisation de résistance dont la mission était de lutter contre le Service du travail obligatoire. Le STO, institué par Vichy en février 1943, contraignait les jeunes Français à partir travailler dans les usines du Reich. Des centaines de milliers d'hommes avaient été ainsi déportés en Allemagne, non par idéologie mais par force. Pour beaucoup, le refus du STO fut le premier acte de résistance — et ce refus alimenta aussi les rangs du maquis.
Le CAD aidait les réfractaires à fuir, à se procurer de faux papiers, à trouver des filières. Il tenait des archives — noms, adresses, réseaux — qui ne devaient sous aucun prétexte tomber entre les mains allemandes. Ce 8 avril 1944, avec le débarquement qui approche et la répression qui s'intensifie, il faut déménager ces documents avant la rafle.
Léo Hamon, avocat, futur sénateur gaulliste, coordonne l'opération avec Raymond Borme et plusieurs femmes dont les prénoms seuls figurent dans les archives — Sylvie, Marie-Claire, Claire Lejeune. Ces figures anonymes de la résistance quotidienne, qui n'ont pas de rue à leur nom.