Le 4 avril 1961, à 14h40, une charge explosive d'environ 500 grammes explose dans les toilettes du premier étage de la Bourse de Paris. La sonnerie de fin des transactions avait retenti dix minutes plus tôt — les auteurs de l'attentat avaient peut-être délibérément attendu que la salle se vide. Quatorze personnes sont blessées, cinq hospitalisées à l'Hôtel-Dieu. Aucune vie n'est en danger.
Les dégâts sont importants. Les murs épais de trente centimètres sont soufflés, la porte projetée à cinq mètres, la verrière du plafond détruite, toutes les vitres de la façade nord brisées sur le trottoir. Dans la "coulisse" — la salle des courtiers en valeurs mobilières — les blessés ramassent des éclats de verre.
À 15h20, Maurice Papon arrive sur les lieux. Le préfet de police, qui depuis trois ans organise la répression des Algériens à Paris, sort de l'immeuble et déclare à la radio : "Je ne puis rien dire tant que l'enquête n'est pas terminée. Mais dans ce siècle, je ne m'étonne de rien."
L'enquête ne permettra pas d'identifier rapidement les auteurs — l'entrée de la Bourse était libre pour tous. Trois semaines plus tard, le putsch des généraux algérois tentera de renverser de Gaulle. Il échouera en quatre jours. Les plasticages parisiens, eux, continueront.