Le 7 février 1870, Paris connaît l’un de ces soubresauts annonciateurs de la fin du Second Empire. Dans un climat alourdi par l’affaire Victor Noir et la radicalisation républicaine, Gustave Flourens tente un coup de force audacieux : l’occupation de la caserne de la Courtille, dans le quartier de La Villette.
Ce lieu n’est pas choisi au hasard. La Courtille figure déjà, sous la Révolution française, parmi les cibles stratégiques envisagées par Gracchus Babeuf lors de la Conjuration des Égaux. En s’y rendant, Flourens s’inscrit consciemment dans une tradition insurrectionnelle mêlant héritage babouviste et républicanisme révolutionnaire.
L’opération tourne court. La caserne ne recèle pas les armes espérées et l’initiative échoue rapidement, faute de soutien et de moyens. Mais cet échec n’est pas anodin. Il révèle la fragilité du régime impérial, la persistance de réseaux révolutionnaires actifs, et l’impatience d’une génération prête à passer à l’action.
Quelques mois plus tard, la guerre, la chute de l’Empire et le siège de Paris ouvriront la voie à l’explosion de 1871. Le 7 février 1870 apparaît ainsi comme l’un des préludes oubliés de la Commune, où Paris teste, une première fois, le retour de l’insurrection armée.