Intervention contre les crimes de l'administration française en Annam

lieu-inconnu

Hô Chi Minh dans une photo annexée à un dossier de police

Le 21 février 1920, dans un Paris encore sonné par la Grande Guerre, un jeune militant vietnamien quasi inconnu prend la parole pour dénoncer ce que la plupart des députés préfèrent ignorer : les crimes de l’administration française en Annam. Sous le nom de Nguyên Ai Quôc – « le Patriote » – Hô Chi Minh commence à se faire un chemin dans les milieux socialistes et anticolonialistes.

Depuis la fin de 1919, il a déjà cosigné les « Revendications du peuple annamite » adressées à la conférence de la Paix, texte resté lettre morte mais qui l’a convaincu que le beau principe du « droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes » ne s’appliquait pas aux colonisés. Le 21 février 1920, dans une réunion ou un cercle politique parisien – le lieu précis nous échappe –, il revient à la charge : travail forcé, impôts écrasants, réquisitions, brutalités administratives, tout ce qui fait le quotidien de l’Indochine française est mis à nu devant un auditoire métropolitain peu habitué à entendre ce genre de vérité.

Ce n’est pas encore le dirigeant du Viet‑Minh, mais déjà un redoutable pédagogue : en quelques exemples concrets, il fait sentir que la « mission civilisatrice » cache surtout une domination violente. Cette campagne parisienne prépare sa radicalisation : quelques mois plus tard, il se rapprochera des courants les plus décidés sur la question coloniale, jusqu’à choisir le camp communiste au congrès de Tours en 1920‑1921.

[Voir document de filature annexé]

Renseignements policiers sur les activités de Nguyen Al Quoc, alias Hô Chi Minh

Renseignements policiers sur les activités de Nguyen Al Quoc, alias Hô Chi Minh

 

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