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17 octobre 2026
📍 Place de la République départ, heurts et pillages
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Place de la République, le 17 octobre 2026 en début d'après-midi. FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

En cours de développement. Les faits sont récents et se poursuivent : cette page est complétée au fil des événements.

L'appel à manifester le samedi 17 octobre 2026 est né en septembre sur les réseaux sociaux, contre la vie chère et le prix des carburants. Des collectifs de « gilets jaunes » le relaient, puis les organisations lycéennes et étudiantes, dont le mouvement, parti de Créteil à la mi-septembre, a gagné toute la France ; la CGT, Solidaires, la Confédération paysanne et les organisateurs des marches pour le climat s'y joignent. On parle de « gilets jeunes », de « jeunes et jaunes ». La journée, au premier jour des vacances de la Toussaint, est nationale : 550 000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs, dans plus d'une centaine de villes.

Le préfet de police, Patrice Faure, interdit le 15 octobre le cortège que l'assemblée interuniversitaire d'Île-de-France avait déclaré de la République à la Concorde, puis tout rassemblement dans plusieurs secteurs autour de l'Élysée, de Matignon et des Champs-Élysées. Un accord n'est trouvé que tard le 16 au soir pour un parcours de la République à la place de Clichy ; « les manifestations qui se dirigent vers les lieux de pouvoir sont refusées », proteste une porte-parole étudiante. Le gouvernement annonce un dispositif policier « renforcé », obtenu par des rappels et des repos supprimés, sans en publier les effectifs. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, autorise de nouveau toutes les armes intermédiaires, « de la grenade lacrymogène au lanceur de balles de défense », y compris la grenade assourdissante suspendue le 7 octobre pour le mouvement lycéen, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit une cellule interministérielle de crise.

Dès le matin, les motards de la BRAV-M contrôlent, verbalisent et dispersent les groupes qui se forment devant les gares ; à 14 heures, la préfecture compte 133 interpellations et plus de mille contrôles « préventifs ». À l'aube, une centaine de personnes cagoulées ont attaqué le siège de CNews et d'Europe 1. Vers midi, place de la République, l'Orchestre du nouveau monde, qui avait déclaré un concert de cinq cents musiciens, dit avoir été chargé et gazé sans sommation. La place est bientôt pleine à craquer, ses accès sont fermés par la police ; des centaines de manifestants masqués y lancent pavés, cocktails Molotov et mortiers d'artifice sur les forces de l'ordre, qui répondent par des charges, des gaz lacrymogènes et le canon à eau, au milieu d'une foule enfermée qui ne peut plus ni entrer ni sortir. Un photographe du Monde saisit des policiers qui jettent un homme au sol et le frappent. Puis le cortège principal s'ébranle vers la place de Clichy, où il arrive dans le calme : 110 000 personnes à Paris selon le ministère de l'Intérieur. À sa tête, les porte-parole de l'Union syndicale lycéenne et de l'Union étudiante parlent d'une « déferlante » et se réclament de Mai 68.

« Semaine rouge » à la bombe rouge sur un mur blanc
« Semaine rouge », sur un mur de Paris, le 17 octobre 2026 — FreCha · CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Le reste de la journée échappe à tout cortège. Des groupes se forment et se reforment sur la rive droite, de la Bastille à Strasbourg-Saint-Denis, du boulevard de Magenta à la Concorde ; des barricades montent rue du Faubourg-Saint-Honoré, sur les Champs-Élysées et à la Madeleine, et des affrontements ont lieu à trois cents mètres de l'Élysée. Débordés en plusieurs endroits, policiers et gendarmes multiplient les tirs de grenades et de balles de défense et doivent réclamer des munitions. Le soir, des pillages ravagent les abords de la place de la République et le boulevard de Magenta : un supermarché et une pharmacie rue Beaurepaire, des boutiques de téléphonie, un salon de coiffure, un café incendié dont la propriétaire est blessée, un caviste, un magasin de mangas boulevard Voltaire, et plus à l'ouest, de la Madeleine à l'avenue Montaigne, des boutiques de luxe. Des commerçants disent avoir appelé la police pendant des heures sans la voir venir.

Aucun bilan officiel des manifestants blessés n'est publié. Place de la République, les propriétaires de l'hôtel Korner ouvrent leur hall, où des secouristes bénévoles soignent une dizaine de manifestants ; un jeune venu de La Courneuve a le dos criblé de plus de dix impacts de grenades de désencerclement. À Saint-Étienne, un manifestant de 17 ans a la main arrachée par une grenade. Le ministère de l'Intérieur comptera 997 policiers et gendarmes blessés en France, dont sept grièvement. À Paris, un manifestant meurt d'un malaise, que les autorités disent sans lien avec les violences.

La préfecture compte à Paris 855 interpellations, un « chiffre record », sur 2 397 en France, et le parquet plus de cinq cent cinquante gardes à vue, dont plus de cent cinquante mineurs. La journée laisse des dégâts dans toute la France : à Lyon, l'office du tourisme est incendié, à Marseille l'hôtel de ville est forcé, à Bordeaux la résidence de la préfète est saccagée, à Limoges l'hôtel de ville brûle. Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez attribuent les violences à « l'ultragauche » ; les journalistes présents décrivent des profils plus divers et des pillages d'opportunité. Jean-Luc Mélenchon, qui défilait, accuse le préfet d'avoir « organisé le désordre » et dit que ceux qui partagent son combat n'ont rien à faire dans le pillage ; Lecornu lui enjoint de « choisir son camp ».

Le dimanche 18, un rassemblement non déclaré place de la République est dispersé aux gaz et aux grenades assourdissantes. Dans les 10e et 11e arrondissements, de petits groupes pillent encore un Darty boulevard de Belleville, un Franprix rue du Faubourg-du-Temple et le café de la rue Beaurepaire ravagé la veille ; la préfecture compte 92 interpellations. Le soir, dans une allocution de moins de dix minutes, Emmanuel Macron dit la « colère » et la « honte » de la veille et accuse « des factieux issus de groupuscules d'ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants », tout en demandant de ne pas les confondre avec les manifestants aux « revendications légitimes ». Il promet d'être « intraitable », annonce que les préfets pourront interdire des rassemblements, demande au ministre de l'Intérieur de « tirer toutes les leçons » du maintien de l'ordre et charge le Premier ministre de réunir partis, syndicats et organisations de jeunesse. Aucune mesure n'est annoncée pour les lycéens : « le vide absolu », dit la secrétaire générale du Snes-FSU. Une coordination de gilets jaunes demande à être reçue à l'Élysée et appelle à faire de la grève interprofessionnelle du 5 novembre le départ d'une grève générale.

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