Proclame du préfet de Police, nommé par Thiers, le Général Valentin 5 mai 1871
Thiers n'en finit pas de provoquer Paris. En quelques jours, il a nommé le général Vinoy gouverneur militaire de la capitale et Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale. Ces nominations, avec celle du préfet de police, s'inscrivent dans un triptyque bonapartiste que les Parisiens vivent comme une provocation délibérée. Le 15 mars, c'est au tour du général Louis Valentin d'être désigné à la tête de la préfecture de police du quai des Orfèvres.
Le choix est lourd de sens. Son prédécesseur Choppin avait déjà, le 9 mars, interdit les principaux journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès. Valentin, militaire de carrière, est censé tenir une ville que le gouvernement sait à bout. Il dispose pour cela des gardes républicains stationnés aux casernes Lobau et de la Cité, ainsi que de régiments de ligne et de cavalerie.
La Fédération de la Garde nationale, réunie le même jour au Tivoli Wauxhall pour élire son Comité central, prend acte : Thiers accumule les généraux monarchistes comme autant de verrous contre Paris républicain. Trois jours plus tard, Valentin quittera la préfecture pour Versailles avec ses 2 000 policiers, abandonnant les lieux à la Commune naissante. Son successeur désigné par le Comité central, Raoul Rigault, s'y installera le 19 mars.