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Couverture — Les Prussiens à Paris et le 18 mars
Bibliographie

Les Prussiens à Paris et le 18 mars

Henri Plon, 1871.
73 Fiches citant cet ouvrage
1871 Édition

Fiches citant cet ouvrage

73 fiches
Événement
1870
7 décembre 1870 — Salle de la Redoute
p 11
Club central du Comité républicain socialiste des 20 arrondissements de Paris ; tentative de fédération des clubs parisiens dans un Comité central de la fédération de la Garde nationale
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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 11
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1871
15 mars 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 15
Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste. Depuis la capit …

Élection du Comité central de la Garde nationale par 1 325 délégués de 215 bataillons ; fusion du Comité fédéral et du Comité central ; Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef mais refuse le poste.

Depuis la capitulation de janvier, la Garde nationale parisienne se fédère. Hostile à l'armistice et à la majorité monarchiste de l'Assemblée élue le 8 février, siégeant à Bordeaux, elle s'est organisée dès février autour de la grande salle de bal du Tivoli Wauxhall, rue de la Douane. C'est là qu'une commission provisoire, emmenée par l'architecte Georges Arnold, a élaboré les statuts d'une fédération permanente — publiés dans le Cri du Peuple du 9 mars.

Le 15 mars, l'assemblée constitutive se réunit pour la quatrième fois dans cette salle. 1 325 délégués représentant 215 bataillons élisent le Comité central, composé de deux délégués par arrondissement élus par le conseil de légion, et d'un chef de bataillon par légion. Les deux structures préexistantes — le Comité fédéral républicain, réunissant les officiers, et le Comité central issu des compagnies — fusionnent en une instance unique. Sur les 38 membres élus, une quinzaine sont membres de l'Internationale ou des chambres syndicales. Les hommes en vedette n'avaient pas brigué les suffrages — des inconnus de toutes les couches du peuple, connus seulement de leurs bataillons.

Arnold proclame les noms des élus, puis l'assemblée acclame Garibaldi comme général en chef. Le choix est politique autant que militaire : vainqueur à Dijon avec ses volontaires italiens, héros de l'unité italienne, ennemi des rois et des prêtres, Garibaldi incarne la République en armes — tout le contraire d'Aurelle de Paladines, le général monarchiste imposé par Thiers. L'Assemblée vient en outre de lui refuser son siège de député de Nice au motif qu'il est étranger : l'acclamer chef, c'est aussi un pied-de-nez à Versailles. Garibaldi refuse cependant le poste, estimant qu'un général français doit commander.

Ce comité dirige de fait la ville de Paris du 15 mars au 28 mars 1871. Trois jours après cette séance du Tivoli Wauxhall, après l'insurrection du 18 mars et la fuite de Thiers à Versailles, ce sont ces mêmes inconnus qui s'installeront à l'Hôtel de Ville et convoqueront les élections de la Commune. Nés dans une salle de bal, ils feront l'histoire.

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Événement
1871
26 février 1871
p 17
Point de rassemblement des bataillons de la Garde nationale fédérée pour se rendre aux commémorations de la Révolution de 1848 à la Bastille
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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 19
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
26 février 1871 — Port de l'Arsenal
p 20 & 95
Un policier qui notait les numéros des bataillons rebelles est lynché et jeté à l'eau par les manifestants ; Augustin Avrial essaie en vain de le protéger
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Événement
1871
26 février 1871 — Salle de la Marseillaise
p 21-23
Six canons récupérés par les Fédérés sont ramenés dans la salle de la Marseillaise. La décision est prise d'empêcher les prussiens d'entrer dans Paris
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Événement
1871
27 février 1871
p 26-27
Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder …

Vinoy abandonne 227 canons et mitrailleuses, dont ceux de la place de Wagram ; à l'initiative de Lapie, le peuple les déplace avant l'entrée des prussiens, ils sont portés place des Vosges. Les troupes censées les garder laissent faire

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Événement
1871
27 février 1871 — Square du Temple
p 35
Lieu de rassemblement des gardes nationaux qui partent vers les Champs-Élysées avec l'intention d'empêcher les prussiens d'entrer dans Paris
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Événement
1871
27 février 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 38
Libération de Piazza et de Brunel par les manifestants ; ils étaient enfermés depuis le 26 janvier
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Événement
1871
27 février 1871 — Ateliers Warral Midgleton
p 41
Pillage des ateliers de mécanique Warral Midgleton afin de récupérer les canons en magasin
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Événement
1871
27 février 1871
p 49
Les canons entreposés au Ranelagh sont récupérés par la Garde nationale et ramenés vers Montmartre, Belleville et la place des Vosges
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Événement
1871
1 mars 1871 — Plate-forme du Moulin de la Galette
p 56
Cinq canons sont positionnés autour du Moulin de la Galette face à l'armée prussienne qui doit entrer dans Paris en vertu de la convention d'armistice signée par Thiers et Favre
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Événement
Événement
Événement
1871
28 février 1871 — Corderie du Temple
p 99-100
Réunion de l'A.I.T., de la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et de la délégation des Vingt arrondissements qui s'oppose à une action suicidaire contre les prussiens lors de leur entrée dans Paris
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Événement
1871
4 mars 1871 — Café à l'angle de la rue du Cirque
p 108
Café saccagé par des parisiens indignés, pour avoir servi les prussiens pendant l'occupation de Paris
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Événement
1871
4 mars 1871 — Pavillon Ledoyen/Carré Ledoyen
p 109
Le restaurant Ledoyen est saccagé par des parisiens indignés, pour avoir servi les prussiens pendant l'occupation de Paris
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Événement
1871
4 mars 1871
p 116
Quatre bataillons de Fédérés attaquent le poste des Gobelins tenu par des sergents de ville afin de se procurer des munitions. Le 4 mars 1871, le climat est déjà à la rupture ouverte entre Paris et le gouvernement de Thi …

Quatre bataillons de Fédérés attaquent le poste des Gobelins tenu par des sergents de ville afin de se procurer des munitions.

Le 4 mars 1871, le climat est déjà à la rupture ouverte entre Paris et le gouvernement de Thiers. Dans les quartiers populaires de la rive gauche, les bataillons fédérés de la Garde nationale manquent de cartouches, alors même qu’ils sentent venir l’affrontement pour la défense de la République et des canons de Paris.

Dans ce contexte, quatre bataillons de Fédérés passent à l’initiative dans le secteur des Gobelins. Ils attaquent le poste tenu non par des troupes de ligne, mais par des sergents de ville – symboles, à leurs yeux, de la police de l’« ordre » bourgeois. L’objectif est précis : s’emparer des munitions stockées là pour armer plus largement les gardes nationaux du 13ᵉ arrondissement.

L’affaire n’est pas une grande bataille, mais elle illustre bien la dynamique de ces jours de mars : d’un côté, un gouvernement qui cherche à reprendre le contrôle des forces armées parisiennes ; de l’autre, des Fédérés qui considèrent que les armes et les balles doivent appartenir au peuple en armes, et n’hésitent plus à les prendre là où elles se trouvent.

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Événement
1871
5 mars 1871 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 124
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Événement
1871
mars 1871 — Chapelle Bréa/Salle de Juin/Quartier général de la Garde nationale
p 127
Les Fédérés du 13ème arrondissement établissent leur secteur dans la chapelle Bréa
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Événement
1871
9 mars 1871
p 135-136
Le gouvernement fait remplacer, par ruse, le drapeau rouge arboré par le Génie de la Liberté par le drapeau tricolore ; mais l'opération échoue par deux fois
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Événement
1871
14 mars 1871 — Salle de la Marseillaise (érigée en tribunal populaire)
p 169
Le capitaine Soumin, arrêté par les prussiens à Aubervilliers, est échangé contre deux employés des chemins de fer allemands, supposés être des espions
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Événement
1871
15 mars 1871 — Ancienne préfecture de police
p 175
Thiers n'en finit pas de provoquer Paris. En quelques jours, il a nommé le général Vinoy gouverneur militaire de la capitale et Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale. Ces nominations, avec celle du préfet …

Thiers n'en finit pas de provoquer Paris. En quelques jours, il a nommé le général Vinoy gouverneur militaire de la capitale et Aurelle de Paladines à la tête de la Garde nationale. Ces nominations, avec celle du préfet de police, s'inscrivent dans un triptyque bonapartiste que les Parisiens vivent comme une provocation délibérée. Le 15 mars, c'est au tour du général Louis Valentin d'être désigné à la tête de la préfecture de police du quai des Orfèvres.

Le choix est lourd de sens. Son prédécesseur Choppin avait déjà, le 9 mars, interdit les principaux journaux d'extrême gauche, dont Le Cri du peuple de Jules Vallès. Valentin, militaire de carrière, est censé tenir une ville que le gouvernement sait à bout. Il dispose pour cela des gardes républicains stationnés aux casernes Lobau et de la Cité, ainsi que de régiments de ligne et de cavalerie.

La Fédération de la Garde nationale, réunie le même jour au Tivoli Wauxhall pour élire son Comité central, prend acte : Thiers accumule les généraux monarchistes comme autant de verrous contre Paris républicain. Trois jours plus tard, Valentin quittera la préfecture pour Versailles avec ses 2 000 policiers, abandonnant les lieux à la Commune naissante. Son successeur désigné par le Comité central, Raoul Rigault, s'y installera le 19 mars.

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Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 179
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1871
16 mars 1871 — Café Pilon
p 193
Réunion d'une centaine de chefs de bataillon de la Garde nationale se déclarant "fermement décidés à repousser par tous les moyens possibles les attaques qu'on oserait tenter contre la République"
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Événement
1871
14 mars 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs
p 201
Assemblée générale des négociants, commerçants, industriels et constructeurs qui protestent contre la loi sur les échéances promulguée le 13 et appliquée le même jour
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Événement
1871
20 mars 1871 — Demeure de Charles Vavin
p 201-202
L'organisation patronale l'Union nationale du commerce et de l'industrie présente une protestation à l'Assemblée nationale contre la loi sur les échéances
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Événement
1871
17 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 217
Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, …

Ce soir-là, au ministère des Affaires étrangères, Thiers a tranché. Autour de lui : Vinoy, gouverneur militaire de Paris, Aurelle de Paladines, nommé commandant de la Garde nationale, Valentin, nouveau préfet de police, et Jules Ferry, maire de Paris. Le conseil est élargi aux chefs militaires — c'est en réalité un conseil de guerre.

La décision est simple dans son principe : avant l'ouverture de la session de l'Assemblée à Versailles le 20 mars, l'armée reprendra les canons de la Garde nationale fédérée — 227 pièces entreposées à Montmartre et Belleville, achetées par souscription populaire pendant le siège prussien. L'opération doit être menée avant l'aube, par surprise. Dans un second temps, les principaux meneurs révolutionnaires seront arrêtés.

Thiers est pressé d'agir. Il a déjà échoué deux fois : le 8 mars au Luxembourg, le 16 mars place des Vosges. Cette fois, le plan semble imparable. La neige et la pluie des derniers jours auront dispersé les gardes. Un ordre — signé frauduleusement au nom de Clemenceau, maire du 18e — a renvoyé les factionnaires dans leurs foyers. Vinoy et Aurelle de Paladines jugent l'opération prématurée et font remarquer qu'il faudrait près de 2 000 chevaux pour déplacer toutes les pièces. Thiers balaie leurs réserves.

Dans la nuit, une proclamation est placardée dans Paris : les « hommes malintentionnés » qui ont élevé des retranchements et « braqué des canons » vont être livrés à la justice. La décision est prise. Il reste à l'exécuter.

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Événement
1871
17 mars 1871 — Palais du Louvre
p 220
La [décision politique prise au quai d'Orsay](https://parisrevolutionnaire.org/thiers-vient-a-paris-et-convoque-une-reunion-elargie-du/), il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Lou …

La décision politique prise au quai d'Orsay, il faut maintenant la traduire en plan militaire. Vinoy réunit ses généraux au Louvre — quartier général de la place de Paris — pour distribuer les rôles. Le dispositif est ambitieux : quadriller Paris simultanément, de sorte qu'aucune résistance ne puisse s'organiser.

Susbielle commandera la colonne sur Montmartre, avec les brigades Paturel et Lecomte — environ 6 000 hommes, régiments de ligne, gardes républicains, gendarmes et mitrailleuses. Faron marchera sur Belleville et les Buttes-Chaumont avec 6 000 hommes supplémentaires. Maud'huy occupera l'Hôtel de Ville, la Bastille et les ponts de la rive droite. Barry tiendra la Concorde et les Tuileries. Valentin, préfet de police, assurera le contrôle des Champs-Élysées avec ses gardes républicains.

Au total, Thiers a obtenu de Bismarck que ses troupes soient portées à 40 000 hommes — mais la réalité est plus modeste : les libérables sont rentrés chez eux depuis la signature des préliminaires de paix, et Vinoy ne dispose en fait que de 20 000 hommes environ. Surtout, pour transporter 227 canons, il faudrait près de 2 000 chevaux. Personne n'a prévu d'en réquisitionner suffisamment.

Vinoy le sait. Il a exprimé ses réserves au conseil du quai d'Orsay — trop tôt, trop peu préparé. Thiers n'a pas voulu entendre. Le déploiement est fixé à 3 heures du matin. Les soldats marcheront dans la nuit froide vers des objectifs qu'ils atteindront sans difficulté — et devant lesquels ils resteront ensuite immobiles, à attendre des chevaux qui ne viendront pas.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons de Belleville/Mairie de Belleville
p 222
Parc où sont entreposés les canons transférés la veille de la place des Vosges ; le général Faron, venu les récupérer, doit battre en retraite, ses troupes refusant de mettre les mitrailleuses en batterie
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Événement
1871
mars 1871
p 222
Plate-forme supérieure d'un des trois parcs d'artillerie de la Butte Montmartre pendant la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
p 222
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1871
mars 1871 — Parc à canons de la Tour de Solférino
p 222
Un des trois parcs d'artillerie de la Commune sur la butte Montmartre, fortifié par des marins. Les travaux sont dirigés par le commandant De Poulizac qui combattra ensuite dans les rangs des versaillais
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Événement
1871
18 mars 1871
p 223-224
Le général Susbielle, qui commande les opérations de récupération des canons de Montmartre, installe son PC entre la place Pigalle et le cimetière. Il dispose de 4 000 hommes. Il sera la cible de plusieurs coups de feu
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Événement
1871
18 mars 1871 — Batterie de canons le 18 mars 1871
p 224
Le 18 mars 1871, une batterie d’artillerie est installée au 1–2 rue de Clignancourt, Paris, pour surveiller la butte Montmartre et protéger les canons entreposés par les troupes de l’ordre, sous la supervision du général …

Le 18 mars 1871, une batterie d’artillerie est installée au 1–2 rue de Clignancourt, Paris, pour surveiller la butte Montmartre et protéger les canons entreposés par les troupes de l’ordre, sous la supervision du général Bernard de Susbielle. Cette opération s’inscrit dans le contexte du soulèvement du 18 mars, où le gouvernement d’Adolphe Thiers tente de reprendre les canons acquis par les Parisiens pendant le siège prussien. Les troupes de Susbielle gravissent Montmartre pour sécuriser l’artillerie, mais la population et la Garde nationale s’opposent à leur enlèvement, marquant le début de la Commune de Paris.

http://paris.visites.jpkmm.free.fr/paris_XIX/32canons.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_du_18_mars_1871
https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_Commune_de_1871_(Lepelletier)/Volume_1/10

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Événement
1871
18 mars 1871
p 228-229
Les attelages destinés à emporter les canons de Montmartre sont stationnés à la Concorde, ce qui ralentira significativement les opérations et permettra aux Fédérés de s'organiser
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Événement
1871
18 mars 1871
p 230 & 233
Le général Susbielle fait charger la foule par les gendarmes à cheval ; la troupe fraternise, le capitaine Saint-James est abattu
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Événement
1871
18 mars 1871
p 231-232
Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !" Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas l …

Le général Lecomte, face à la population qui s'oppose à la saisie des canons de Montmartre, donne à ses troupes l'ordre "sabrez-moi cette canaille !"

Le soleil se lève sur Montmartre. Les attelages ne sont toujours pas là. La foule, elle, est bien présente — et grossit à chaque minute. Place Saint-Pierre, au bas de la butte, des centaines de personnes font face aux soldats. Des femmes, des enfants, des ouvriers du quartier. Ils n'attaquent pas. Ils s'interposent, parlent aux soldats, s'approchent des canons. La situation échappe à tout contrôle militaire.

Lecomte, à bout, donne l'ordre à sa cavalerie : « Sabrez-moi cette canaille ! »

L'ordre ne sera pas exécuté. Les cavaliers restent immobiles. Ce n'est pas de la lâcheté — c'est quelque chose de plus profond qui se passe dans les rangs : ces soldats ne reconnaissent pas dans cette foule désarmée un ennemi à abattre. Certains ont eux-mêmes des parents dans ces quartiers. Beaucoup ont souffert du siège comme les Parisiens. Le mot « canaille » a achevé de retourner les cœurs.

C'est le témoin Noël de Poussargues qui rapportera cet ordre, l'un des plus compromettants de la journée. Il résume à lui seul la logique de Versailles face à Paris populaire — non pas une opération militaire, mais une démonstration de force contre le peuple désarmé. La propagande versaillaise s'emploiera ensuite à effacer ou minimiser ces mots. Ils resteront dans les mémoires communardes comme l'un des éléments qui rendirent l'exécution de Lecomte, quelques heures plus tard, inévitable aux yeux de la foule.

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Événement
Événement
1871
18 mars 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 249-250
Bergeret est nommé chef de la Légion de Montmartre. Les Fédérés montmartrois ont constitué un comité de la Garde nationale indépendant de la Fédération
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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 253
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Lieu de l'arrestation du général Clément-Thomas
p 255-258
Arrestation du général Clément-Thomas, massacreur de Juin 1848, reconnu alors qu'il observait les évènements, en civil, dans la foule
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Événement
1871
19 mars 1871 — Gare d'Orléans/Gare d'Austerlitz
p 260
Chanzy est arrêté avec ses officiers et le député Turquet en débarquant du train à la gare d'Orléans
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Événement
1871
19 mars 1871 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 260-263
Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet. Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de l …

Le général Chanzy, retenu à la mairie du 13ème, échappe à l'exécution grâce à Léo Meilliet.

Alfred Chanzy est l'un des rares généraux français à s'être distingué dans la guerre contre la Prusse, à la tête de l'armée de la Loire. Ce 19 mars, il arrive à la gare d'Orléans en provenance de province — et tombe directement entre les mains des fédérés du 13e arrondissement. La veille, Lecomte et Clément-Thomas ont été fusillés à Montmartre. La journée est électrique.

On l'amène à l'ancienne mairie place d'Italie, un ancien pavillon d'octroi reconverti. Émile Duval, ouvrier fondeur devenu commandant militaire de la Commune, est là. Pour lui, un général versaillais arrêté le lendemain du 18 mars n'a pas vocation à repartir vivant. La foule rassemblée devant la mairie partage cet avis.

C'est Léo Meilliet qui s'interpose. Jeune avocat républicain, maire du 13e, il n'est pas encore membre de la Commune — il le deviendra. Mais ce jour-là, il fait barrage entre Chanzy et ceux qui réclament sa tête. Il argumente, il s'impose, il prend physiquement en charge le prisonnier. Sérizier, commandant des bataillons fédérés locaux, finit par obtempérer.

Chanzy sera transféré à la prison de la Santé, puis relâché. Il survivra à la Commune, commandera des troupes en Algérie, sera ambassadeur en Russie. Duval, lui, sera fusillé par les versaillais le 4 avril 1871, après la sortie ratée sur Châtillon.

Ce que Meilliet avait sauvé ce jour-là, Versailles n'en tiendra aucun compte.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Ancienne mairie du 13ème arrondissement (dans un ancien pavillon d'octroi)
p 264
Léo Meillet organise la défense de la mairie du 13ème qu'il dirige avec 27 canons
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Événement
1871
18 mars 1871 — Mairie du 2ème arrondissement
p 265
Réunion des élus de Paris sur la conduite à tenir ; ils penchent vers la conciliation. Ils tentent d'imposer Langlois comme général commandant de la Garde nationale. Une minorité milite pour le ralliement à la Commune
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Événement
1871
18 mars 1871 — Ministère des Affaires étrangères
p 266-267
Thiers convainc le gouvernement d'évacuer Paris, son vieux plan qui consiste à reculer pour mieux réprimer ; puis il s'enfuit. Il donne l'ordre d'évacuer les casernes pour rassembler les troupes à Versailles
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Événement
1871
18 mars 1871 — Caserne Napoléon
p 270-271
Le général versaillais Derroja rechigne à exécuter l'ordre d'évacuer la caserne Napoléon, ne comprenant pas pourquoi le gouvernement abandonne l'Hôtel de Ville aux Fédérés
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Événement
Événement
1871
11 mars 1871 — Siège du journal "La Bouche de fer" (2 numéros du 8 au 11 mars)
p 363
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Événement
1871
11 mars 1871 — Imprimerie Chevallier/Imprimerie du journal "Le Cri du Peuple"
p 363
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Événement
1871