Le 23 juillet 1794 : la Commune réduit le maximum des salaires

Hôtel de Ville/Maison Commune

"La nuit du 9 au 10, thermidor an II" de Jean-Joseph-François Tassaert (1765 - ca.1835).

Le 5 thermidor an II, la Commune de Paris annonça aux 48 sections la nouvelle grille des salaires. Pour un forgeron, le maximum tombait de 16 livres à 5. Il restait quatre jours avant Thermidor.

Le Maximum général, adopté le 29 septembre 1793, avait posé un double plafond sur les prix des denrées essentielles et sur les salaires. Pour les sans-culottes — artisans, forgerons, ouvriers des sections parisiennes — qui avaient été le soutien populaire de la Terreur, le plafond des prix était une protection : le pain restait abordable. Le plafond des salaires était la contrepartie demandée.

En thermidor an II, la Commune revoit ces plafonds à la baisse. La réduction est brutale : plus des deux tiers pour un forgeron. Le mécontentement est général dans les sections.

C'est exactement ce que Robespierre ne pouvait pas se permettre. Le 9 thermidor an II — le 27 juillet 1794 —, quand la Convention vote son arrestation, les sections parisiennes ne bougent pas. Les ouvriers, les artisans, les sans-culottes qui avaient rempli les cortèges révolutionnaires depuis 1789 n'envoient pas leurs bataillons défendre la Commune et l'Incorruptible. La base sociale de la Terreur venait d'être retournée contre elle par sa propre politique salariale.

Marx, dans ses analyses de la Révolution française, notait cette contradiction : les Jacobins avaient voulu contrôler l'économie sans toucher aux rapports de production. Le maximum des salaires du 5 thermidor leur coûta le pouvoir quatre jours plus tard.

Bibliographie