Le Bar Vert, ouvert en 1944 au 14 rue Jacob à Paris, fut le premier « bar américain » de la capitale, accessible toute la nuit, notamment pour les ouvriers des Messageries de la Presse Parisienne. Rapidement, il devint un lieu de rencontre pour écrivains, journalistes, intellectuels et artistes de scène, dont Juliette Gréco, Roger Vadim, Isidore Isou, Gabriel Pomerand et Bernard Lucas, ce dernier en assurant la direction. Le Bar Vert se distingua par son ambiance littéraire et artistique : ses toilettes étaient ornées de graffitis littéraires, témoignant de l’esprit créatif et subversif de ses habitués. On pouvait y lire des phrases telles que « Demandez un arsenic-menthe pour apaiser votre soif d’éternité » ou « Un existentialiste est un homme qui a du Sartre sur les dents ». Ce lieu a contribué à l’effervescence culturelle de Saint-Germain-des-Prés à la Libération, avant que la scène ne se déplace vers d’autres établissements comme Le Tabou.