En 1933, la Fondation suisse ouvre à la Cité universitaire : quarante-deux chambres d'étudiants posées sur des pilotis de béton brut. Au milieu des pavillons folkloriques ou académiques de la Cité, c'est le seul bâtiment résolument moderne.
Dès 1924, la Suisse décide d'avoir sa maison à la Cité internationale universitaire, qui s'élève sur l'emplacement des anciennes fortifications. Un comité réunit des fonds privés, complétés par une subvention fédérale, et songe à un concours entre architectes suisses. Il n'aura pas lieu : en 1930, le mathématicien Rudolf Fueter, de l'université de Zurich, passe commande au nom des universités helvétiques à Le Corbusier, qui s'associe à son cousin Pierre Jeanneret. Quatre projets se succèdent en un an, rabotés par le budget.
Le programme est modeste : des chambres, un réfectoire, un hall, deux logements pour la direction et un pour le concierge. Le Corbusier en fait un banc d'essai de sa « machine à habiter ». La barre des chambres, sur quatre niveaux, est soulevée du sol par une rangée de pilotis massifs ; au sud, sa façade est vitrée du sol au plafond, et chaque chambre a sa douche. Au rez-de-chaussée, le Salon courbe déroule un mur convexe, qui porte une fresque photographique de Le Corbusier. Plan libre, façade libre, pilotis, murs-rideaux, toit-terrasse : les cinq points de l'architecture moderne y sont déclinés. Charlotte Perriand dessine un mobilier standard, à la mesure de chaque chambre.
La maison souffre de la guerre. La Cité est occupée par l'armée allemande, qui y cantonne ses aviateurs, puis par l'armée américaine ; la fresque du Salon courbe est détruite. En 1948, Le Corbusier la remplace par une peinture murale qu'il appellera « la peinture du silence ». Il suivra la maison toute sa vie : façade sud refaite en 1953, avec stores et double vitrage contre un soleil trop généreux ; banquettes émaillées de sa main en 1957, et chambres repeintes en jaune, rouge, bleu, vert et terre de Sienne.
Inscrite aux monuments historiques en 1965, classée en 1986, restaurée de 1991 à 1993, la Fondation suisse loge aujourd'hui dans ses 46 chambres de 16 m² des étudiants et des chercheurs de toutes nationalités. Près de 10 000 visiteurs viennent chaque année voir la chambre témoin et son mobilier d'origine.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.