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16 février 1899
Événement

Le président Félix Faure meurt à l'Élysée, après une visite de sa maîtresse

Palais de l'Élysée
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En 1897, à Chamonix, le président de la République Félix Faure rencontre Marguerite Steinheil, dite « Meg », épouse du peintre Adolphe Steinheil. Elle devient sa maîtresse et le rejoint souvent à l'Élysée, dans le « salon bleu » qu'il a fait aménager avec une porte dérobée. Le président souffre depuis des années de troubles cardiaques, sans renoncer à la bonne chère, au tabac et aux femmes.

Le 16 février 1899, il se sent mal dès le matin. Il demande à Meg Steinheil de passer à 17 heures, après un Conseil des ministres consacré à l'affaire Dreyfus ; un entretien avec l'archevêque de Paris, puis la visite d'Albert Iᵉʳ de Monaco, venu plaider la cause de Dreyfus, le retardent. Vers 18 h 30, à bout de forces, il gagne le bureau de son chef de cabinet, Louis Le Gall, et s'affale dans un fauteuil ; Mme Steinheil quitte alors le palais. « Je sais que je suis mortellement touché, quoi qu'en dise le docteur », dit-il à Le Gall. Sa famille arrive ; faute de joindre le curé de la Madeleine, on appelle un prêtre inconnu. Il meurt vers 22 heures d'une « congestion cérébrale », comme on dit alors : des quatre présidents morts en fonction, il est le seul à mourir à l'Élysée.

La légende s'empare aussitôt de la scène : le président découvert sur un divan, presque nu, la main crispée dans les cheveux de sa maîtresse, le corset oublié dans la fuite, le prêtre demandant si le président « a toujours sa connaissance » et s'entendant répondre : « Non, elle est sortie par l'escalier de service ! » La rumeur parle d'une fellation, qui vaut à Meg Steinheil le surnom de « pompe funèbre ». Le rapport du docteur Lannelongue ne voit pourtant aucun lien direct entre la mort et cette visite ; on a parlé d'une dose excessive d'aphrodisiaque ; l'historien Pierre Darmon invoque une tachycardie aggravée par l'entrevue houleuse avec le prince de Monaco, et le médecin Germain Galérant un accident vasculaire cérébral, mettant la version des ébats sur le compte de la « mythomanie de Mme Steinheil ».

Clemenceau, qui ne l'aimait pas, a ce mot : « Il se croyait César, il n'est mort que Pompée… » À l'extrême droite, Édouard Drumont dénonce « un crime de l'État juif contre l'État français » et Maurice Barrès écrit que la maîtresse a rendu « un immense service au parti dreyfusard ». Émile Loubet est élu à sa place. Les obsèques nationales, le 23 février, sont marquées par la tentative de coup d'État de Paul Déroulède et de la Ligue des patriotes.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.