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📖 Lénine tel qu'il fut. Souvenirs de contemporais Collectif
Bibliographie

Lénine tel qu'il fut. Souvenirs de contemporais

Collectif
Éditions en langues étrangères, 1958.
6 Fiches citant cet ouvrage
1958 Édition

Fiches citant cet ouvrage

6 fiches
Événement
Date imprécise — Théâtre de la Gaîté Montparnasse
p 562-563
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Événement
1911
31 octobre 1911 – 1914 — Salle des Sociétés savantes
p 562-563
Il vit à Paris depuis trois ans, il s'y ennuie et s'y épuise en querelles de fractions ; il y expose pourtant les analyses qui feront Octobre. Vladimir Ilitch Oulianov s'installe à Paris en décembre 1908 avec Nadejda Kro …

Il vit à Paris depuis trois ans, il s'y ennuie et s'y épuise en querelles de fractions ; il y expose pourtant les analyses qui feront Octobre.

Vladimir Ilitch Oulianov s'installe à Paris en décembre 1908 avec Nadejda Kroupskaïa, après l'échec de la révolution de 1905 et le durcissement de la répression en Russie. Il y restera jusqu'en juin 1912, principalement rue Beaunier puis rue Marie-Rose dans le 14e arrondissement. Il déteste Paris, dont il trouve la vie chère et le milieu émigré épuisant.

Ces années sont celles de la réaction. Piotr Stolypine, président du Conseil du tsar, mène de front une répression féroce — on appelle "cravates de Stolypine" les cordes des pendus — et une réforme agraire destinée à créer une classe de paysans propriétaires qui soutiendrait le régime. Beaucoup de révolutionnaires russes désespèrent. Le parti social-démocrate se déchire entre bolcheviks, mencheviks, liquidateurs, otzovistes.

Lénine passe ces années à polémiquer. Il tient bon sur une idée : la révolution reviendra, et la question paysanne en est la clé.

L'Hôtel des sociétés savantes, 8 rue Danton dans le 6e arrondissement, est l'un des lieux où il prend la parole devant les émigrés. Il y donne notamment une conférence intitulée "Stolypine et la Révolution," et une autre le 26 novembre sur "l'idéologie du libéralisme contre-révolutionnaire." Un gala de soutien y est organisé avec le chansonnier Montéhus, auteur de "La Jeune Garde" et de "Gloire au 17e," que Lénine appréciait.

En 1911, il fonde avec Zinoviev une école de cadres bolcheviks à Longjumeau, dans la banlieue sud, où des ouvriers venus clandestinement de Russie suivent des cours de marxisme pendant l'été.

Le 20 novembre 1911, il prend la parole au cimetière du Père-Lachaise aux obsèques de Paul et Laura Lafargue, la fille de Marx : c'est sa dernière grande intervention publique en France.

Six ans plus tard, il rentre en Russie dans un wagon plombé.

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Événement
1909
Événement
1911
3 décembre 1911 — Crématorium du cimetière du Père Lachaise
p 588-589
Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un …

Il s’était fixé soixante-dix ans pour limite. En novembre 1911, Paul Lafargue et Laura, la fille de Karl Marx, se donnent la mort ensemble. Le 3 décembre, au Père-Lachaise, le socialisme européen leur rend hommage, et un exilé russe prend la parole : Lénine.

Paul Lafargue est né à Santiago de Cuba en 1842. Étudiant à Paris, militant de l’opposition socialiste au Second Empire, il est exclu à vie de l’université pour avoir souhaité, au congrès international des étudiants de Liège, en 1865, voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge. Il part finir ses études à Londres, où il fréquente Karl Marx et Friedrich Engels. En 1868, il épouse la deuxième fille de Marx, Laura. Leurs trois enfants meurent en bas âge.

Après avoir pris part à la Commune, Lafargue s’exile. Revenu après l’amnistie, il fonde avec Jules Guesde le Parti ouvrier français. Emprisonné à Sainte-Pélagie en 1883 pour propagande révolutionnaire, il y réédite Le Droit à la paresse, paru en 1880 ; en 1891, il est élu député du Nord alors qu’il est de nouveau en prison, condamné après la fusillade de Fourmies. Avec Laura, il traduit Marx et Engels et diffuse leur pensée en France et en Espagne. L’héritage d’Engels, mort en 1895, permet au couple, jusque-là dans la gêne, d’acheter une grande propriété entourée d’un parc à Draveil. Lénine, alors exilé en France, y est reçu en 1910.

Le 25 novembre 1911, à soixante-neuf ans, tout près de la limite qu’il s’était fixée, Paul Lafargue se donne la mort avec Laura, par une injection d’acide cyanhydrique. Sa lettre est brève : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Dans L’Humanité, Jean Jaurès leur consacre un article, « La destinée ».

Les obsèques ont lieu le 3 décembre au cimetière du Père-Lachaise. Près de vingt mille personnes y assistent. Une dizaine de dirigeants socialistes venus de toute l’Europe prennent la parole, parmi lesquels Jaurès, Édouard Vaillant, Karl Kautsky et Alexandra Kollontaï. Au nom du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, un exilé qui vit alors à Paris et qui était lié d’amitié avec le couple lit en français un éloge funèbre : Lénine.

Le Père-Lachaise abrite depuis 1889 le premier crématorium de France, dessiné par Jean Camille Formigé : la loi autorise la crémation depuis 1887, mais elle reste alors une pratique marginale, que l’Église catholique n’acceptera qu’en 1963. Paul et Laura Lafargue reposent dans la 76e division du cimetière, face au mur des Fédérés, où 147 insurgés furent fusillés à la fin de la Semaine sanglante, en mai 1871.

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Événement
1911
2 décembre 1911 — Siège du journal "L'Humanité"
p 588
Lénine vient en personne au siège du journal l'Humanité pour demander une prise de parole aux obsèques de Paul et Laura Lafargue
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