Rouget de l'Isle chantant pour la première fois la Marseillaise chez Dietrich, maire de Strasbourg.
Peinture d'Isidore Pils (1815–1875). Musée historique de Strasbourg.
Le 30 juillet 1792, cinq cents volontaires de Marseille entrèrent dans Paris par le faubourg Saint-Antoine, en chantant un hymne composé trois mois plus tôt à Strasbourg. Ce chant allait s'appeler la Marseillaise. Onze jours plus tard, ils prenaient les Tuileries.
Le 14 avril 1792, la France avait déclaré la guerre à l'Autriche. À Strasbourg, dans la nuit du 25 au 26 avril, le capitaine Claude Joseph Rouget de Lisle composa un « Chant de guerre pour l'armée du Rhin » à la demande du maire de Strasbourg, Dietrich. La partition fut imprimée et diffusée. Le club des Amis de la Constitution de Marseille en reçut un exemplaire, les volontaires l'adoptèrent comme chant de marche, et ils le chantèrent pendant tout le trajet.
Ils partirent début juillet, cinq cents hommes, répondant à l'appel des Girondins qui voulaient des fédérés armés à Paris. Ils descendirent la vallée du Rhône, traversèrent la France en chantant. Dans les villes étapes, ils apprenaient l'hymne aux habitants.
Le 30 juillet, ils entrèrent dans Paris par le faubourg Saint-Antoine, passèrent devant la Bastille et furent accueillis en héros. Un banquet fut organisé en leur honneur sur les Champs-Élysées. Le soir, une rixe éclata avec des gardes Feuillants — partisans de la monarchie constitutionnelle. Le sang coula. La tension entre républicains et monarchistes était à son comble.
Onze jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les Marseillais marchèrent sur les Tuileries. C'est dans leurs rangs que la résistance fut la plus acharnée, et les pertes les plus lourdes.
Paris avait entendu le chant des Marseillais. Les Marseillais lui avaient donné son nom.