Artur London, dirigeant clandestin du Travail allemand, est déporté à Mauthausen

Planque d'Artur London et de Lise Ricol

Artur London pendant le procès de Slánský.

Archives nationales de la République tchèque.

Il convaincait les soldats de l'occupant de déserter, et personne, pas même ceux qui l'arrêtèrent, ne le découvrit jamais.

Artur London était né le 1er février 1915 à Ostrava, en Moravie. Militant communiste depuis l'adolescence, il avait combattu dans les Brigades internationales en Espagne. Réfugié en France après la défaite républicaine, il entra dans la résistance communiste sous l'Occupation, avec un rôle qui resta inconnu de ses adversaires jusqu'à la fin de la guerre : il dirigeait clandestinement le Travail allemand, le mouvement de propagande antinazie mené au sein même des troupes d'occupation.

Le Travail allemand ciblait les soldats allemands en France : tracts, journaux, contacts directs, tentatives de convaincre des soldats de déserter ou de saboter. C'était une résistance menée non contre l'occupant depuis l'extérieur, mais au sein de ses propres rangs, en pariant sur les contradictions de classe à l'intérieur de la Wehrmacht.

Le 12 août 1942, London tomba dans une souricière. Les Renseignements Généraux avaient localisé sa compagne Lise Ricol après une prise de parole publique rue Daguerre. Ils avaient tendu un piège dans une ancienne planque de la rue Copernic, dans le 16e arrondissement. London fut arrêté. Le 16 juillet 1943, il fut condamné à dix ans de travaux forcés pour activité communiste et faux documents. Son rôle dans le Travail allemand ne fut jamais identifié. Il fut déporté à Mauthausen. Lise fut déportée à Ravensbrück. Ils survécurent.

Après la guerre, London rentra en Tchécoslovaquie. En 1952, il fut arrêté lors du procès Slanský, une purge stalinienne : torturé, contraint d'avouer une conspiration imaginaire, condamné à perpétuité. Il fut réhabilité après la mort de Staline. Il publia en 1968 L'Aveu, récit de son expérience dans les geôles communistes. Costa-Gavras en tira un film en 1970, avec Yves Montand.