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📖 Le Sang de l'étranger. Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance COURTOIS Stéphane/PESCHANSKI Denis/RAYSKI Adam
Bibliographie

Le Sang de l'étranger. Les immigrés de la M.O.I. dans la Résistance

COURTOIS Stéphane/PESCHANSKI Denis/RAYSKI Adam
Fayard, 1989.
150 Fiches citant cet ouvrage
1989 Édition

Fiches citant cet ouvrage

150 fiches
Événement
1913
1913 — Demeure d'Alexandre Losovski
p 15
Demeure de Lozovsky, responsable des journaux Nache Slovo puis Natchalo après l'expulsion de Trotski, futur dirigeant de l'Internationale syndicale rouge de 1921 à 1937, exécuté en 1952 lors de la purge appelée la "Nuit …

Demeure de Lozovsky, responsable des journaux Nache Slovo puis Natchalo après l'expulsion de Trotski, futur dirigeant de l'Internationale syndicale rouge de 1921 à 1937, exécuté en 1952 lors de la purge appelée la "Nuit des poètes"

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Événement
1896
20 juillet 1896 — Syndicat des Casquettiers
p 15
Syndicat des ouvriers casquettiers, essentiellement juifs, propriétaires de leur machine ; les réunions se tiennent en yiddish. Lozovsky sera son secrétaire en 1912
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Événement
1925
31 mars 1925 — Premier siège du Parti communiste français
p 16-17
Comité d'organisation du PCF qui décide la création par le bureau français du Secours ouvrier international d'une librairie internationale qui sera à l'origine de la M.O.E puis de la M.O.I.
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Événement
1925
31 mars 1925 — Librairie internationale du PCF
p 17
Librairie internationale à l'intention des travailleurs immigrés, proposant des ouvrages en italien, espagnol, polonais, russe, anglais et allemand, premier pas vers la création de la M.O.E., future M.O.I.
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Événement
1934
février 1934 — Salle de la Grange aux Belles
p 29-30
Duclos réunit les cadres de la M.O.I. afin de leur présenter la nouvelle politique du PCF de "Front uni" contre le fascisme suite aux évènements de février
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Événement
1932
1932 — Siège de la section "Main-d'œuvre immigrée" du PCF
p 29-30
Librairie de l'Humanité et siège légal de la M.O.I., la section Main-d'œuvre immigrée du Parti communiste français ; auparavant "Main-d'œuvre étrangère", la M.O.E. ; curieuse façon de désigner des camarades venus d'autre …

Librairie de l'Humanité et siège légal de la M.O.I., la section Main-d'œuvre immigrée du Parti communiste français ; auparavant "Main-d'œuvre étrangère", la M.O.E. ; curieuse façon de désigner des camarades venus d'autres pays...

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Événement
1935
14 juillet 1935
p 30
Première apparition du drapeau algérien dans une manifestation de l'Étoile Nord-africaine ; qui deviendra le PPA en mars 1937. Des bandroles également en Yddish et en cyrillique
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Événement
1944
17 février 1944 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 38
Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la [[rue de Castiglione|doc:rue-de-castiglione.WebHome]] réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire a …

Le 17 février 1944, l’hôtel Continental, vaste palace de la rue de Castiglione réquisitionné par l’occupant, devient le théâtre d’un procès expéditif organisé par la justice militaire allemande. Dans ses salons lambrissés se tient la cour martiale chargée de juger vingt-quatre résistants des FTP-M.O.I., souvent désignés de façon réductrice comme le « groupe Manouchian », du nom de l’un de leurs responsables, Missak Manouchian.

Ces combattants étrangers ou apatrides – Arméniens, Juifs d’Europe centrale, Italiens, Espagnols, Polonais… – ont mené depuis 1942 une intense guérilla urbaine : attentats, sabotages, exécutions ciblées contre l’occupant nazi et ses collaborateurs. Arrêtés à l’issue de longs mois de filatures, torturés par la police allemande, ils sont livrés à un procès conçu dès l’origine comme une opération de propagande : montrer que la Résistance serait une « armée du crime » étrangère au « vrai » peuple français.

Dans la grande salle du Continental, transformée en salle d’audience, les accusés comparaissent devant des juges en uniforme, sous l’œil d’une trentaine de journalistes de la presse collaborationniste, invités à relayer chaque détail. Le verdict, décidé d’avance, tombe après une délibération dérisoire : vingt-trois condamnations à mort, une peine de travaux forcés. Quelques jours plus tard, les fusillés du Mont‑Valérien et l’exécution d’Olga Bancic seront mis en scène par l’« Affiche rouge » et une brochure illustrée, destinées à discréditer leur mémoire.

Parler de « procès du groupe Manouchian » masque cependant la réalité d’un ensemble plus large : celui des détachements FTP‑M.O.I., où se mêlent parcours, langues et engagements multiples. En visant ces combattants étrangers, la cour martiale du Continental cherche à frapper au cœur une Résistance qui, précisément, n’a jamais été aussi française que lorsqu’elle s’est nourrie de l’internationalisme des persécutés.

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Événement
Événement
1939
17 août 1939 — Siège de la compagnie France-Navigation
p 41-42
Perquisition au siège de France-Navigation, société créée par le PCF pour venir en aide à l'Espagne républicaine
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Événement
1937
28 septembre 1937 — Vélodrome d'Hiver/Vel' d'Hiv'
p 44-45
Le secrétaire général du Parti communiste reprend au Vélodrome d'Hiver un mot d'ordre emprunté à l'extrême droite : l'internationalisme ouvrier vient de céder devant la raison d'État soviétique. Le 28 septembre 1937, au …

Le secrétaire général du Parti communiste reprend au Vélodrome d'Hiver un mot d'ordre emprunté à l'extrême droite : l'internationalisme ouvrier vient de céder devant la raison d'État soviétique.

Le 28 septembre 1937, au Vélodrome d'Hiver, 8 boulevard de Grenelle dans le 15e arrondissement, Maurice Thorez tient meeting devant des milliers de militants. Secrétaire général du Parti communiste français depuis 1930, il incarne la ligne du Front populaire : union avec les socialistes et les radicaux, défense de la République, patriotisme républicain.

Ce jour-là, il lance un mot d'ordre : "la France aux Français." La formule n'est pas neuve. Elle est le slogan de la Ligue antisémitique d'Édouard Drumont depuis les années 1890, reprise par l'Action française, employée par toute l'extrême droite nationaliste et xénophobe. Que le dirigeant du Parti communiste la reprenne dans un meeting public marque une rupture de fond.

La logique de cette rupture est extérieure au mouvement ouvrier français. Depuis 1934, l'URSS de Staline a réorienté la politique du Komintern : la ligne "classe contre classe" est abandonnée au profit des Fronts populaires, alliance des communistes avec les partis bourgeois antifascistes. L'objectif de Moscou est diplomatique : sécuriser des alliances militaires en Europe occidentale contre l'Allemagne nazie. Le pacte franco-soviétique de 1935 concrétise cette orientation. Pour rendre le PCF acceptable comme partenaire d'un gouvernement français, Thorez doit le nationaliser, l'inscrire dans la continuité de la Révolution française, de Jeanne d'Arc, de la patrie.

Cette conversion patriotique aura un coût considérable. Elle affaiblit la capacité du PCF à défendre les travailleurs immigrés, elle contredit un demi-siècle d'internationalisme ouvrier, elle rend inaudible pour les militants le retournement de 1939 quand le pacte germano-soviétique imposera brutalement la ligne inverse. Elle sera dénoncée dès l'époque par les opposants de gauche au stalinisme : Trotsky, exilé, y voit la subordination complète des partis communistes nationaux aux besoins de la diplomatie soviétique ; la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert fait la même analyse depuis l'intérieur de la SFIO.

Le Vélodrome d'Hiver sera détruit en 1959. Il est resté dans la mémoire pour une autre raison : la rafle de juillet 1942.

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Événement
1923
1923 — Local de la Kultur Liga (Ligue culturelle)
p 52
Association culturelle juive liée au Bund et donc à l'internationale Communiste, éditant un journal en yiddish intitulé "Naïe Presse", Presse Nouvelle
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Événement
Événement
1939
25 août 1939 — Palais Bourbon
p 60
Réunion du groupe des parlementaires du PCF, sous la présidence de Maurice Thorez, qui élabore un communiqué présentant le pacte germano-soviétique comme une chance de paix
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Événement
Événement
1934
1 janvier 1934 — Imprimerie centrale de la Bourse/Imprimerie du journal "Naïe Presse"
p 62-63
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Événement
1939
1 septembre 1939 — Commissariat de police des Enfants Rouges
p 64
Le secrétaire de l'Internationale communiste entre dans une prison française au moment précis où la Wehrmacht franchit la frontière polonaise. C'est le matin du 1er septembre 1939. À Paris, les Parisiens apprennent par l …

Le secrétaire de l'Internationale communiste entre dans une prison française au moment précis où la Wehrmacht franchit la frontière polonaise.

C'est le matin du 1er septembre 1939. À Paris, les Parisiens apprennent par la radio et les manchettes des journaux que les armées allemandes ont envahi la Pologne. Dans le 3e arrondissement, au commissariat des Enfants-Rouges, 62 rue de Bretagne, des policiers interpellent un homme aux papiers suspects. Les fonctionnaires qui l'arrêtent ignorent qu'ils ont entre les mains Palmiro Togliatti, secrétaire général du Parti communiste italien, l'un des responsables les plus influents de l'Internationale communiste.

Togliatti vit en exil depuis 1926, année où le régime fasciste de Mussolini le condamna à mort par contumace. Après des séjours à Moscou et à Paris, puis en Espagne républicaine où il avait œuvré comme représentant du Komintern sous le pseudonyme d'"Alfredo", il se trouvait à Paris en cet été 1939 particulièrement tendu. Le Pacte germano-soviétique, signé le 23 août, venait de plonger le mouvement communiste international dans une crise de légitimité. Le gouvernement Daladier, qui tolérait encore depuis le Front populaire la présence de militants étrangers sur le territoire français, se retourne brusquement contre eux. La guerre approche, les décrets liberticides se succèdent, et les réfugiés politiques italiens, espagnols et allemands qui peuplent les arrière-salles des cafés du Marais deviennent des suspects de droit commun.

Lorsque les policiers du commissariat de la rue de Bretagne vérifient les papiers de l'inconnu, ils détectent une irrégularité. Ils l'incarcèrent sans savoir à qui ils ont affaire. Togliatti passera plusieurs mois en prison, maintenu à l'écart du mouvement qu'il dirigeait. Les autorités françaises, même en approfondissant leur enquête, n'identifient pas immédiatement l'homme qu'elles détiennent. Ce n'est que grâce à des démarches discrètes que le dossier avancera : libéré en mars 1940, il parviendra à quitter la France et à rejoindre l'Union soviétique, d'où il continuera à diriger le Parti communiste italien en exil jusqu'au débarquement allié de 1943.

La coïncidence du calendrier résume à elle seule les contradictions de l'époque. Le jour où l'Europe entre dans la Seconde Guerre mondiale, le représentant de l'organisation ouvrière internationale la plus structurée disparaît dans les geôles de la République française. Ce Pacte qu'il avait soutenu, cette ligne de neutralité que Moscou imposa aux partis communistes du monde entier, lui valait d'être traité comme un ennemi par les démocraties qu'il avait passé des années à appeler à résister au fascisme. La politique de Staline se retournait contre ses propres serviteurs.

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Événement
1939
6 septembre 1939 — Bureau de recrutement des volontaires hongrois
p 66
Ouverture d'un bureau de recrutement pour les volontaires hongrois après la déclaration de guerre. 70 000 étrangers s'enrôleront durant les deux premiers mois du conflit.
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Événement
1940
septembre 1940 — Demeure de Rex Puterflam/Réunions de la section juive de la M.O.I.
p 107
Réorganisation de la section juive de la M.O.I. ; publication du journal "Unzer Wort"
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Événement
1940
1940 — Union générale des israélites de France (colonie scolaire, cantine et dispensaire)
p 110 & 289
Sociétés d'entraide des familles juives persécutées. Facilitait de fait les rafles des nazis ; d'aucuns la considérant comme ouvertement collaborationniste ; Rapoport et Bulawko seront déportés
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Événement
1941
15 mai 1941 — Lieu de réunions de militants juifs de la M.O.I.
p 111
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Événement
1941
mai 1941 — Lieu de réunions de militants juifs de la M.O.I.
p 111
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Événement
1941
14 mai 1941 — Gare d'Austerlitz
p 111-113
Rassemblement de juifs polonais, tchécoslovaques et ex-autrichiens arrêtés ; 3 747 sont emmenés vers les camps de Pithiviers et Bonne la Rolande
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Événement
1941
14 mai 1941 — Garage réquisitionné par les nazis
p 111-113
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Local de la CGT (réquisitionné par les nazis)
p 111-113
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Caserne Mortier
p 111-113
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Gymnase Japy (lieu d'internement lors des premières rafles)
p 111-113
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
14 mai 1941 — Caserne des Minimes
p 111-113
Rassemblement par convocation des premiers juifs étrangers envoyés en déportation ; ils sont environ 5 000
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 122 & 134
Manifestation communiste contre l'Occupation nazie ; deux manifestants seront fusillés le 19 août 1941
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Événement
1941
21 août 1941 — Station de métro Barbès-Rochechouart (quai de la ligne 4, direction Clignancourt)
p 122
Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi. Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort …

Il avait vingt-deux ans, un revolver et la certitude que l'inaction était une capitulation en soi.

Le 21 août 1941, à huit heures du matin, sur le quai de la ligne 4 de la station Barbès-Rochechouart, un jeune homme sort un revolver de sa poche et tire à bout portant sur un officier de la Kriegsmarine. L'aspirant Alfons Moser meurt sur le quai du métro parisien. C'est le premier acte armé mortel de la Résistance française contre les forces d'occupation.

L'homme qui tire s'appelle Pierre Georges. Il a vingt-deux ans. Connu sous le pseudonyme de "Frédo" dans les réseaux clandestins des Jeunesses communistes, il est encadré ce matin par Gilbert Brustlein, chargé de couvrir sa retraite, et par Albert Gueusquin et Fernand Zalkinow postés aux extrémités du quai pour surveiller et alerter. L'action est préparée dans le détail. Elle est volontaire et politique.

Le contexte est précis. Deux jours plus tôt, le 19 août, deux jeunes militants communistes — Samuel Tyszelman et Henri Gautherot — ont été arrêtés par les Allemands au cours d'une manifestation et fusillés en représailles. Le Parti communiste, engagé dans la Résistance armée depuis l'invasion de l'URSS par l'Allemagne en juin 1941, a décidé de répondre. Tyszelman et Gautherot seront les premiers d'une longue liste. Moser ne sera pas le dernier officier allemand à tomber à Paris.

Les conséquences sont immédiates et terribles. Les Allemands décrètent des représailles massives : des otages sont fusillés, des sections spéciales des tribunaux français condamnent rétroactivement des communistes arrêtés avant l'attentat. La spirale répression-résistance est enclenchée. Le nom de "Fabien" — pseudonyme que Pierre Georges adoptera ensuite — entre dans l'histoire comme celui du premier résistant à avoir tiré sur l'occupant dans les rues de Paris.

Pierre Georges mourra en décembre 1944 près de Mulhouse, tué par l'explosion d'une mine alors qu'il commandait les FTP-FFI de la région de Strasbourg sous le nom de colonel Fabien. Il avait vingt-cinq ans. Sa mémoire sera perpétuée par le nom d'une place du 19e arrondissement, la place du Colonel-Fabien, où le siège du Parti communiste français a été construit en 1971 par Oscar Niemeyer. Le 7 rue Le Goff, dans le 5e arrondissement, il retrouvera ses camarades quelques heures après l'attentat pour remettre son revolver à Jacques d'Andurain.

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Événement
1941
15 décembre 1941 — Planque de Pierre Rebière
p 123
Arrestation de Pierre Rebière ; il sera fusillé au Mont Valérien le 5 octobre 1942
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Événement
1942
février 1942 — Hôtel Bradford/Annexe du SD nazi
p 123 & 127
Conrado Miret i Musté est torturé à mort sans avoir rien livré, y compris son identité ; il avait été arrêté par la police française. Une plaque commémore son décès à la Santé
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Événement
1942
27 février 1942 — Prison de la Santé
p 123 & 127
Conrado Miret i Musté meurt des tortures qu'il a subies sans avoir rien livré, y compris son identité ; il avait été arrêté par la police française. Une plaque est apposée sur le mur extérieur de la prison
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Événement
1938
1938 — Demeure de Pierre Rebière
p 123
Demeure de Pierre Rebière où se tient le siège de l'Amicale des volontaires en Espagne républicaine (AVER) dont il est un des fondateurs et le trésorier
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Événement
1941
1941 — Magasin de cycles de Paul et Marie-Thérèse Lefebvre/Dépôt d'armes du PCF
p 123
Magasin et réparation d'armes et de fabrication d'explosifs de la Résistance
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Événement
1943
1943
p 123
Planque de Joseph Boczor, responsables du détachement des dérailleurs des FTP-M.O.I.
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Événement
1943
1943 — Demeure de Leo Pinomevitchi/Planque de Joseph Boczor (ou Boczov)
p 123 & 342
Planque de Joseph Boczor, responsables du détachement des dérailleurs des FTP-M.O.I.
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Événement
1943
20 septembre 1943 — Hôtel des Deux Avenues/Planque de Joseph Boczor (ou Boczov)
p 123
Prise en filature de Joseph Boczor par la Brigade spéciale n°2, suite à une visite d'Emeric Glasz, lui-même suivi
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Événement
1943
27 mai 1943 — Réunions de la section juive des FTP-M.O.I. (après la trahison de Davidowicz)
p 123
Réorganisation de la Section juive des FTP-M.O.I. après la trahison de Joseph Davidowicz. Elle se déroule malheureusement sous la surveillance des inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux
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Événement
Événement
1941
25 novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 124
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Événement
1941
1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 124
Dans un deux-pièces de l’avenue Debidour, dans le 19ᵉ arrondissement, France Bloch-Sérazin transforme en 1941–1942 un appartement ouvrier en véritable laboratoire clandestin du Parti communiste. Chimiste de formation, co …

Dans un deux-pièces de l’avenue Debidour, dans le 19ᵉ arrondissement, France Bloch-Sérazin transforme en 1941–1942 un appartement ouvrier en véritable laboratoire clandestin du Parti communiste. Chimiste de formation, congédiée de son laboratoire en raison des lois antisémites de Vichy, elle met ses compétences au service de l’Organisation spéciale puis des FTP : fabrication de grenades, bombes artisanales, cordon Bickford, bouteilles incendiaires.​

Le « labo de chimie du PCF » qu’elle dirige se niche dans la cuisine et la cave : flacons, acides, explosifs récupérés dans des carrières ou des dépôts, armes démontées qu’elle remet en état pour les groupes armés parisiens. Le résistant Théo Kroliczek raconte un appartement « méconnaissable », rempli de mitraillettes, dynamite, cheddite, où la « petite chimiste, toute frêle » prépare des armes destinées à frapper l’occupant.​​

De ce laboratoire sortent notamment des engins utilisés dans le XIVᵉ arrondissement contre des permanences fascistes, un barrage allemand avenue d’Orléans ou des hôtels réquisitionnés. Traquée par les Brigades spéciales, identifiée après l’arrestation d’Yves Kermen et filée pendant des semaines, France Bloch-Sérazin est finalement arrêtée le 16 mai 1942. Elle sera déportée « Nuit et Brouillard » et guillotinée à Hambourg le 12 février 1943.​

Une plaque, apposée en 2008 par la Ville de Paris, rappelle aujourd’hui, avenue Debidour, l’existence de ce laboratoire où une jeune femme de 30 ans a fabriqué les premières armes de la Résistance communiste parisienne.

NB. La plaque est apposée au n. 1 de l'avenue Debidour. La plupart des sources note que l'appartement se situait au n. 5 de la même avenue.

Plaque France Bloch-Sérazin au n. 1 avenue Debidour, Photo: Oxxo Wikimedia

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Événement
1941
25 novembre 1941 — Appartement loué par Jules Dumont/Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 124
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Événement
1941
1941 — Appartement d'Henriette et Gricha
p 124
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Événement
1941
novembre 1941 — Laboratoire clandestin de l'Organisation spéciale
p 124
Planque improvisée en urgence de Gilbert Brustlein, rescapé du groupe de la Roquette. Origine de la chute du réseau dit du Chapeau Rouge
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Événement
1942
24 août 1942 — Loge de concierge du 5 avenue Debidour
p 124
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
1942 — Demeure de Macha Lew/Dépôt de presse de la section TA des FTP-M.O.I.
p 132 & 155
Macha Lew diffuse le journal "Soldat im Westen" de la section du Travail antiallemand. Elle est arrêtée suite à la mort accidentelle de son compagnon Salek Bot
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Événement
1942
25 avril 1942 — Laboratoire clandestin de fabrication d'explosifs des FTP-M.O.I. (2ème détachement)
p 132 & 155
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Événement
1941
13 août 1941 — Demeure de la famille Tyszelman/Groupe de Résistants des Jeunesses communistes
p 134
Arrestation de Samuel Tyszelman lors de la manifestation de Strasbourg-St Denis ; il sera fusillé à Verrières
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Événement
1941
13 août 1941 — Manifestation contre l'Occupation nazie
p 134
Poursuivi et arrêté par la police allemande après une manifestation, Samuel Tyszelman sera fusillé
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Événement
1941
29 octobre 1941 — Imprimerie clandestine du PCF (créée par Rudolf Zeiler)
p 138
Arrestation de Rudolf Zeiler, imprimeur communiste clandestin, fusillé le 19 décembre. La police saisit l'"Appel aux juifs du Monde entier" et des timbres pour la collecte de fonds
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Événement
1942
11 février 1942
p 143
En plein occupation allemande, le 10 février 1942, station Quai de la Rapée. Yves Kermen, responsable de l’Organisation spéciale communiste à Paris, arrive à un rendez-vous avec la chimiste résistante France Bloch-Sérazi …

En plein occupation allemande, le 10 février 1942, station Quai de la Rapée. Yves Kermen, responsable de l’Organisation spéciale communiste à Paris, arrive à un rendez-vous avec la chimiste résistante France Bloch-Sérazin. Elle fabrique des explosifs pour les premiers groupes armés communistes, depuis un laboratoire clandestin installé dans son logement du 19ᵉ arrondissement.

Quand Kermen sort du métro, il voit France déjà contrôlée par deux policiers français. Les agents sortent leurs armes et tentent d’emmener les deux résistants vers leur voiture. Yves Kermen choisit alors de tirer : il blesse un inspecteur à la jambe et permet à France de se jeter dans une rame qui démarre, lui sauvant ainsi la liberté – temporairement.

Kermen, lui, est immédiatement maîtrisé et arrêté. Transféré à la Préfecture de police, il subit huit jours d’interrogatoires et de tortures infligées par les Brigades spéciales du ministère de l’Intérieur, spécialistes du tabassage, du nerf de bœuf et du supplice de la baignoire. Sa capture ouvre la voie à un vaste coup de filet contre la direction parisienne de l’OS et le groupe Fabien.

France Bloch-Sérazin sera finalement repérée, filée, puis arrêtée le 16 mai 1942, jugée par un tribunal spécial allemand et guillotinée à Hambourg le 12 février 1943.

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Événement
1941
1941 — Planque de Louis Marchandise
p 143
Planque de Louis Marchandise, membre de la Commission des cadres du PCF puis commissaire politique
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Événement
1942
28 février 1942 — Café boulevard Diderot
p 144
Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café. Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur …

Arrestation d'Arthur Dallidet et de Marguerite Lamy en sortant d'un café.

Le 28 février 1942, en fin de journée, un banal café du boulevard Diderot devient un point de bascule pour la direction clandestine du PCF. Arthur Dallidet, responsable central de l’organisation et de la sécurité, y retrouve son agente de liaison Marguerite Lamy, qui travaille alors pour Jean Jérôme. Ils s’assoient, parlent de façon apparemment anodine, échangent des nouvelles de la famille ; Dallidet lui glisse discrètement une enveloppe de documents, ainsi qu’un paquet contenant une importante somme en devises et un peu d’or, destiné à l’appareil clandestin.

Ce que les deux militants ignorent, c’est qu’ils sont déjà dans le viseur des Brigades spéciales. La filature d’un responsable régional (Pican, en liaison avec la direction parisienne) a permis à la BS1 de remonter jusqu’aux cercles proches du centre du Parti. Quand Dallidet et Lamy quittent le café, à l’angle du boulevard Diderot et de la rue de Reuilly, les inspecteurs bondissent : un car de police arrive, des « ouvriers du comptoir » se révèlent être des policiers en planque, et les deux résistants sont arrêtés sur le trottoir.

L’enjeu est énorme. Dallidet, qui vient d’être livré à la police française puis aux Allemands, a sur lui ou vient de transmettre des listes de noms et d’adresses de l’appareil clandestin, ce qui entraînera une série d’arrestations, dont celle de l’importante agente de liaison « Betty » (Madeleine Passot). Il subit ensuite des interrogatoires et des tortures extrêmement violents à la Santé et dans les locaux de la Gestapo, sans parler selon les témoignages de ses codétenus, avant d’être fusillé au mont Valérien le 30 mai 1942.

Pour Marguerite Lamy, enceinte au moment de l’arrestation, commence un long parcours de détention, d’interrogatoires et de déportation, dont elle reviendra, contrairement à Dallidet.

[Emplacement précis inconnu: le 118 ou le 79 du bd Diderot]

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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 144
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1942
4 mars 1942 — Palais Bourbon/Grande salle de la présidence (salle Colbert !!!)
p 144
Procès de 7 combattants des Bataillons de la Jeunesse, théâtralisé par la Propagandastaffel
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Événement
1942
7 avril 1942 — lieu-inconnu
p 144
Procès des 27 combattants des Bataillons de la Jeunesse et de l'Organisation spéciale du PCF, dit "procès de la Maison de la Chimie"
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Événement
1942
24 août 1942 — Hôtel Continental (aujourd'hui hôtel Intercontinental)/Cour martiale nazie
p 144
Procès du groupe de la Butte du Chapeau Rouge ; 33 membres de l'Organisation spéciale (OS), 18 condamnés à mort et seulement 7 survivants
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Événement
1942
24 août 1942 — Square de la Butte du Chapeau rouge/Groupe de jardiniers de la Butte du Chapeau Rouge
p 144
Réseau de Résistance de la Butte du Chapeau Rouge, jugé au procès de l'hôtel Continental
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Événement
1942
24 août 1942 — Aquarium-bar (restaurant ouvrier de la Butte du Chapeau Rouge)
p 144
Réseau de Résistance jugé au procès de l'hôtel Continental. Ils se réunissent là en infraction à toutes les règles de sécurité
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Événement
Événement
1942
4 novembre 1942 — Cabinet du docteur Léon Greif/Service médical des FTP-M.O.I.
p 146
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Événement
1942
1942 — Parc des Buttes Chaumont (le lac)
p 148-149
Première réunion de l'équipe bulgare des FTP-M.O.I. avec leur responsable Boris Holban
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Événement
1942
1942 — Laboratoire de la Sorbonne
P 149
Christina Boïco, qui travaille à la Sorbonne, profite de ses relations dans les milieux intellectuels pour recueillir des renseignements et repérer des objectifs d'attentats et fournir des planques
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Événement
1943
17 avril 1943 — Demeure de Peter Mod
p 150
Peter Mod échappe à une arrestation et fuit avec sa femme grâce à sa concierge
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Événement
Événement
1942
8 juin 1942
p 155-156
Léon Pakin et Élie Wallach, combattants FTP-M.O.I., sont arrêtés lors d'une action de sabotage dans un atelier de fourreur qui fournissait l'armée allemande
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Événement
Événement
1942
12 août 1942
p 162-163
Il convaincait les soldats de l'occupant de déserter, et personne, pas même ceux qui l'arrêtèrent, ne le découvrit jamais. Artur London était né le 1er février 1915 à Ostrava, en Moravie. Militant communiste depuis l'ado …

Il convaincait les soldats de l'occupant de déserter, et personne, pas même ceux qui l'arrêtèrent, ne le découvrit jamais.

Artur London était né le 1er février 1915 à Ostrava, en Moravie. Militant communiste depuis l'adolescence, il avait combattu dans les Brigades internationales en Espagne. Réfugié en France après la défaite républicaine, il entra dans la résistance communiste sous l'Occupation, avec un rôle qui resta inconnu de ses adversaires jusqu'à la fin de la guerre : il dirigeait clandestinement le Travail allemand, le mouvement de propagande antinazie mené au sein même des troupes d'occupation.

Le Travail allemand ciblait les soldats allemands en France : tracts, journaux, contacts directs, tentatives de convaincre des soldats de déserter ou de saboter. C'était une résistance menée non contre l'occupant depuis l'extérieur, mais au sein de ses propres rangs, en pariant sur les contradictions de classe à l'intérieur de la Wehrmacht.

Le 12 août 1942, London tomba dans une souricière. Les Renseignements Généraux avaient localisé sa compagne Lise Ricol après une prise de parole publique rue Daguerre. Ils avaient tendu un piège dans une ancienne planque de la rue Copernic, dans le 16e arrondissement. London fut arrêté. Le 16 juillet 1943, il fut condamné à dix ans de travaux forcés pour activité communiste et faux documents. Son rôle dans le Travail allemand ne fut jamais identifié. Il fut déporté à Mauthausen. Lise fut déportée à Ravensbrück. Ils survécurent.

Après la guerre, London rentra en Tchécoslovaquie. En 1952, il fut arrêté lors du procès Slanský, une purge stalinienne : torturé, contraint d'avouer une conspiration imaginaire, condamné à perpétuité. Il fut réhabilité après la mort de Staline. Il publia en 1968 L'Aveu, récit de son expérience dans les geôles communistes. Costa-Gavras en tira un film en 1970, avec Yves Montand.

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Événement
1942
31 mai 1942
p 162
Manifestation organisée par le PCF ; une militante est arrêtée avec son carnet d'adresses ; 32 militants sont arrêtés, 9 seront fusillés et 22 déportés
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Événement
1942
1 août 1942 — Magasin Félix Potin/Comités patriotiques féminins (future UFF)
p 162
Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand fu …

Le 1er août 1942, un groupe de résistants communistes pilla le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre en représailles aux répressions qui avaient suivi l'action de la rue de Buci. Deux policiers et un officier allemand furent tués. Tous les membres du groupe de protection furent arrêtés et fusillés.

Au printemps 1942, un groupe de femmes communistes organisé par les Comités patriotiques féminins et les Francs-Tireurs et Partisans avait lancé une action sur le marché de la rue de Buci, dans le 6e arrondissement : distribution forcée de denrées à la population, refus de payer les commerçants. L'action visait à dénoncer les pénuries alimentaires de l'Occupation et à montrer que la résistance pouvait agir en plein Paris.

La répression avait été immédiate. Des arrestations suivirent ; des résistants furent déportés ou exécutés.

Le 1er août 1942, le groupe coordonné par Maurice Le Berre frappa en représailles. La cible : le magasin Félix Potin du 1 rue Daguerre, dans le 14e arrondissement. Félix Potin était alors la grande chaîne d'alimentation parisienne, omniprésente dans les quartiers populaires. L'opération se transforma en combat : deux policiers et un officier allemand furent tués.

L'action s'inscrivait dans un réseau plus large. Parmi les militantes actives dans cette période figuraient Lise Ricol, Maria Rabaté et Claudine Chomat, militantes des Comités patriotiques féminins qui allaient constituer l'Union des Femmes Françaises. Ces femmes, issues pour la plupart du Parti communiste, organisaient la résistance quotidienne à l'Occupation : tracts, manifestations, ravitaillement des clandestins, actions directes.

Le groupe de protection de Maurice Le Berre fut entièrement démantelé. Tous ses membres furent arrêtés et fusillés.

L'action de la rue Daguerre appartient à une séquence serrée : rue de Buci au printemps, rue Daguerre en août. La résistance communiste parisienne de l'été 1942 était organisée, déterminée, et payait un prix très lourd.

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Événement
1942
8 octobre 1942
p 181
Il avait perdu une guerre en Espagne et en avait recommencé une autre en France ; il meurt place de Rhin-et-Danube en tentant de fuir. Ils sont des dizaines de milliers en France depuis 1939. Après la chute de la Républi …

Il avait perdu une guerre en Espagne et en avait recommencé une autre en France ; il meurt place de Rhin-et-Danube en tentant de fuir.

Ils sont des dizaines de milliers en France depuis 1939. Après la chute de la République espagnole, la Retirada a jeté un demi-million de réfugiés par-dessus les Pyrénées. La France les a parqués dans des camps de sable sur les plages du Roussillon : Argelès, Saint-Cyprien, Barcarès. Beaucoup y sont morts. Les autres ont été employés comme main-d'œuvre, envoyés dans les compagnies de travailleurs étrangers, ou livrés aux Allemands après 1940 et déportés à Mauthausen.

Ceux qui restent libres reprennent le combat. Les républicains espagnols sont parmi les tout premiers résistants en France, et parmi les plus expérimentés : ils ont trois ans de guerre derrière eux, ils savent manier les explosifs, monter une embuscade, vivre en clandestinité. Ils forment des groupes de guérilleros dans le Sud-Ouest, et intègrent à Paris les FTP-MOI, où le détachement espagnol est l'un des plus actifs.

Domingo Tejero est de ceux-là. Il participe aux actions armées du groupe espagnol de la région parisienne, avec Delgado et Edmond Hirsch. Le 30 septembre 1942, des partisans espagnols avaient lancé des grenades sur un rassemblement du Parti populaire français de Doriot, rue Raffet. Le 8 octobre 1942, Domingo Tejero est arrêté place de Rhin-et-Danube, dans le 19e arrondissement. Il tente de s'échapper. Il est abattu.

Le nombre exact des Espagnols morts dans la Résistance française n'est pas établi. On sait qu'ils furent des milliers à combattre, que la division Leclerc entra dans Paris en août 1944 avec les half-tracks de la Nueve, compagnie composée en majorité de républicains espagnols, dont les véhicules portaient les noms de Guadalajara, Teruel, Belchite et Don Quichotte. Ils espéraient que la libération de la France entraînerait celle de l'Espagne. Franco mourra au pouvoir trente et un ans plus tard.

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Événement
1942
30 septembre 1942 — Cantonnement du service d'ordre du Parti populaire français
p 181
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Événement
1941
1941
p 184
Planque, chez sa belle-sœur, de Louis Gronowski, membre de la direction de la M.O.I. pendant l'Occupation
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Événement
1943
18 février 1943 — Immeuble à double entrée donnant sur le boulevard St Martin
p 190-191
Le 18 février 1943, [[Henri Krasucki|doc:henri-krasucki.WebHome]], jeune responsable clandestin de la section juive de la MOI et futur dirigeant syndical, échappe de peu à l’une des premières grandes offensives policière …

Le 18 février 1943, Henri Krasucki, jeune responsable clandestin de la section juive de la MOI et futur dirigeant syndical, échappe de peu à l’une des premières grandes offensives policières contre son réseau. Ce jour‑là, des inspecteurs de la Brigade spéciale n°2 des Renseignements généraux, qui traquent les organisations communistes et la MOI parisienne, le filent sans encore connaître son identité réelle. Ils le baptisent « Bertrand », simple pseudonyme de service, en attendant de mettre un nom sur ce militant aux allures discrètes mais aux déplacements manifestement organisés.

L’immeuble où il se réfugie ce 18 février a une double entrée donnant sur le boulevard Saint‑Martin. Cette particularité architecturale lui permet de semer la filature : entré par une porte, il ressort par l’autre, profitant de la confusion de la rue et du cloisonnement des surveillances pour disparaître. L’épisode illustre à la fois la fragilité et la maîtrise de la clandestinité communiste parisienne en 1943, faite de codes, de rendez‑vous, mais aussi de géographie fine des quartiers et des immeubles.

Pour la BS2, « Bertrand » devient dès lors une cible à identifier ; pour Krasucki, ce répit n’est qu’une parenthèse. Quelques semaines plus tard, en mars 1943, la même brigade parviendra à remonter jusqu’à lui, l’arrêtera avec Paulette Sliwka et des dizaines de jeunes résistants juifs, prélude à la déportation et à l’épreuve des camps.

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Événement
1935
1935 — Lycée Voltaire
p 191
Le jeune Henri Krasucki est inscrit par ses parents au lycée Voltaire
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Événement
1943
23 mars 1943 — Planque d'Henri Krasucki et Paulette Sliwka/Section juive des FTP-M.O.I.
p 193 & 203
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Événement
1943
26 mars 1943 — Lieu de travail de Samuel Radzinski
p 194
Début de la filature, par une brigade spéciale des RG, de Samuel Radzinski, ami d'Henri Krasucki. Elle va entraîner l'arrestation de nombreux jeunes juifs des Bataillons de la Jeunesse
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Événement
1943
mars 1943
p 199
André Terreau reçoit une lettre d'un inspecteur des RG Résistant le prévenant du danger qui pèse sur le groupe, mais sa mère affolée ne lui donne qu'après le rendez-vous proposé
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Événement
1942
juin 1942 — Imprimerie clandestine de la section juive des FTP-M.O.I.
p 199-203
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Événement
1943
1943 — Planque d'Adam Rayski
p 204-208
Adam Rayski, dont la planque a été livrée par Lucienne, échappe à la filature des agents de la BS2 des RG en se mêlant aux ouvriers qui sortent de chez Citroën et prennent le métro
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Événement
1943
14 avril 1943 — Gare d'Austerlitz
p 245
Teresa Nocce-Longo est arrêtée suite à la filature de Betka Weinraub, alors quelle repartait en zone Sud après une réunion nationale de la direction de la M.O.I.
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Événement
1943
14 avril 1943 — Lieu de la tentative d'arrestation d'Otto Niebergall
p 249
Munis de faux papiers en règle, Kubin et Georgely se font libérer par des soldats allemands alors que des inspecteurs des Renseignements généraux venaient de les arrêter
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Événement
Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 264-265
Attentat à la bombe contre la voiture du général Von Schaumburg par les FTP-M.O.I. ; doublement manqué, lui étant absent et son remplaçant n'étant pas touché
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Événement
1943
28 juillet 1943 — Attentat FTP-M.O.I. (visant le général von Schaumburg, commandant du Gross Paris)
p 264-265
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Événement
1943
3 juin 1943 — Rue Mirabeau/Attentat FTP-M.O.I.
p 267
Attentat contre un car de la Kriegsmarine ; Ernst Blaukopf, blessé, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien
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Événement
1943
3 juin 1943 — Lieu de l'arrestation d'Ernst Blaukopf
p 267
Ernst Blaukopf, blessé lors de l'attentat de la rue Mirabeau, se tire une balle dans la tête pour ne pas tomber aux mains des nazis ; il survivra, sera torturé, puis fusillé au Mont Valérien le 28 septembre 1943
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Événement
1943
22 avril 1943 — Demeure de Jean Lemberger
p 268
Arrestation de Jean Lemberger qui parvient à prévenir Marcel Rajman d'une trahison par Kajla Goldfarb, dite Lucienne, dite la Rouquine, indicatrice de police
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Événement
1943
23 février 1943 — Hôtel réquisitionné par l'armée allemande/Attentat FTP-M.O.I.
p 269 & 161
Attaque à la grenade, par des membres des FTP-M.O.I., contre un hôtel réquisitionné par l'armée allemande transformé en bordel. Jean Kerbel est blessé mais sauvé par ses camarades
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Événement
1943
27 mai 1943
p 270
Le jeune Raymond Kojitski, blessé après l'attentat de la rue de Courselles et n'ayant pas réussi à se faire soigner chez des médecins apeurés, se réfugie chez sa mère
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Événement
1943
juin 1943 — Planque d'Ephraïm Lipser
p 280
Arrestation de Lipser après l'exécution du commissaire Tissot attribuée aux FTP. Déjà "logé", il avait été laissé sciement en liberté en mars 43 par les RG pour conserver un lien de filature
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Événement
1943
23 avril 1943 — Départ de la Filature d'Adam Rayski
p 280-281
Rayski est repéré suite à la filature par la Brigade spéciale des Renseignement généraux français d'Ephraïm Lipcer, "logé" en mars mais laissé en liberté à dessein
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Événement
1943
juin 1943
p 282
Arrestation de Boria Lerner que les RG avaient eu du mal à "loger". Il se fait pièger en retorunant dans sa planque malgré les consignes. S'ensuivront nombre d'arrestations
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Événement
1943
27 mai 1943 — Planque de Jacques Rawine et Techka Tenenbaum
p 290
Planque de deux dirigeants de la Section juive des FTP-M.O.I. après une réunion nationale de réorganisation surveillée par les inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux
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Événement
1943
27 mai 1943 — Planque de Sarah Rosenblum
p 290 & 295
Planque qu'utilise Rayski, repérée par les inspecteurs de la BS2 au sortir d'une réunion nationale de la Section juive des FTP-M.O.I. qu'ils surveillaient
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Événement
1943
29 juin 1943
p 295
Quand Barszczewski arrive rue Vitruve ce 29 juin, quelqu'un l'attend déjà. La Section juive de la MOI n'est pas un groupuscule. Dans le Paris occupé de 1943, elle est l'une des composantes les plus actives des Francs-tir …

Quand Barszczewski arrive rue Vitruve ce 29 juin, quelqu'un l'attend déjà.

La Section juive de la MOI n'est pas un groupuscule. Dans le Paris occupé de 1943, elle est l'une des composantes les plus actives des Francs-tireurs et partisans — Main-d'œuvre immigrée, le bras armé clandestin du Parti communiste parmi les travailleurs étrangers. Ses membres sont en grande majorité des Juifs d'Europe centrale et orientale — Polonais, Roumains, Hongrois — installés dans les faubourgs de l'Est parisien depuis les années vingt et trente. Beaucoup ont déjà perdu leur famille dans les rafles. Ils se battent sans papiers, sans pays, sans filet.

Ydel Barszczewski est l'un de leurs dirigeants. Adjoint d'Adam Rayski à la tête de la Section juive, il opère sous les pseudonymes « Korman » et « Orléans ». Les Brigades Spéciales — la police française spécialisée dans la traque des communistes et de la résistance — le suivent depuis plusieurs semaines. En mai 1943, l'une de ses planques a été repérée square du Tarn. Le 27 mai, ses inspecteurs du BS2 ont filé une réunion de direction rue Guyot, à laquelle participait Barszczewski avec Rayski et plusieurs cadres de la section.

Le 29 juin, rue Vitruve, dans le 20e arrondissement — un quartier ouvrier dense à l'est de Charonne — Barszczewski a rendez-vous avec Sarah Rosenblum, son agente de liaison. Les agents de liaison sont le système nerveux de la résistance clandestine : ils font circuler les ordres et les informations entre des cellules qui ne se connaissent pas, portant sur elles seules le risque de la connexion. Ce jour-là, les Brigades Spéciales sont là avant eux.

Barszczewski est arrêté sur place. Sarah Rosenblum également.

L'arrestation s'inscrit dans la grande offensive de répression qui décime la Section juive entre février et juillet 1943 : 103 militants repérés, 77 arrêtés. Les combattants du 2e détachement sont remis à la Geheime Feldpolizei allemande ; les autres sont déportés. La section ne s'en remettra pas sous cette forme.

Cinq mois plus tard, en novembre 1943, ce sont les groupes armés des FTP-MOI que les Brigades Spéciales démantèlent à leur tour — Manouchian, Boczov, Rayman et leurs camarades. En février 1944, vingt-deux d'entre eux sont fusillés au Mont-Valérien. L'Affiche Rouge que le régime de Vichy colle sur les murs de Paris pour les présenter comme des « terroristes étrangers » fera d'eux des symboles.

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Événement
1943
1943 — Restaurant "Raffi"
p 309
Des membres de la "Légion arménienne", créée par Berlin, contactent Micha Aznavourian, voulant déserter de l'armée Vlassov dans laquelle ils sont incorporés d'office
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Événement
1943
9 septembre 1943 — Siège du Parti populaire français/Attentat FTP-M.O.I.
p 314
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Événement
1943
28 septembre 1943 — Lieu de l'exécution de Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 314
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Événement
1943
Événement
1943
28 septembre 1943 — Demeure du général nazi Julius Ritter/Attentat FTP-M.O.I.
p 320-322
Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois. Julius Ritter est Standart …

Quatre hommes attendent devant le 18 rue Pétrarque à huit heures et demie du matin : le colonel SS qui déporte les travailleurs français vers l'Allemagne sort de chez lui pour la dernière fois.

Julius Ritter est Standartenführer SS. Né en 1892 en Thuringe, il est depuis 1943 le représentant en France de Fritz Sauckel, plénipotentiaire général à la main-d'œuvre du Reich. Sa fonction est précise : organiser le Service du travail obligatoire, le STO, qui envoie de force les jeunes travailleurs français dans les usines allemandes. Des centaines de milliers d'hommes sont ainsi déportés au travail. Le STO est, avec les rafles antisémites, l'une des mesures les plus haïes de l'Occupation ; il alimente le maquis, où fuient ceux qui refusent de partir.

Ritter habite au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement, quartier tranquille de la porte Dauphine. Ses horaires sont réguliers.

Le 28 septembre 1943, vers huit heures et demie du matin, une équipe des FTP-MOI l'attend devant son domicile. Ils sont quatre : Marcel Rajman, ouvrier tricoteur juif polonais de vingt et un ans ; Spartaco Fontanot, Italien de vingt et un ans, fils de réfugiés antifascistes ; Celestino Alfonso, Espagnol de vingt-sept ans, ancien des Brigades internationales ; Leo Kneler, Allemand antinazi. Quand Ritter sort, ils l'abattent.

L'effet à Berlin est immédiat. Himmler ordonne à Carl Oberg, chef de la police allemande en France, de liquider les "terroristes." Les exécutions d'otages, suspendues depuis l'automne 1942, reprennent : cinquante otages du camp de Romainville sont fusillés au Mont-Valérien le 2 octobre 1943.

La traque des FTP-MOI s'intensifie. Les Brigades spéciales de la police française de Vichy, qui filent les militants depuis des mois, opèrent une vague d'arrestations en novembre 1943. Missak Manouchian, Marcel Rajman, Spartaco Fontanot, Celestino Alfonso et dix-neuf autres sont arrêtés. Vingt-deux sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. Olga Bancic, seule femme du groupe, est décapitée à Stuttgart en mai. L'occupant en fait l'Affiche rouge, qui devait les déshonorer et les rendit immortels.

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Événement
Événement
Date imprécise — Restaurant "Chez Bouboule"
p 337
Marcel Rajman est un habitué de Chez Bouboule avec son frère et sa bande de copains
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Événement
Date imprécise — Café Aux Platanes
p 337
Marcel Rajman est un habitué des Platanes avec son frère et sa bande de copains
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Événement
1943
20 septembre 1943 — Planque de Joseph Boczor (ou Boczov)
p 339
Planque dans laquelle Joseph Boczov, chef du détachement des dérailleurs des FTP-M.O.I., est "logé", c'est-à-dire repéré, par la BS2 des Renseignements généraux
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Événement
1943
1943
p 341
Demeure du commissaire politique des FTP-M.O.I. qui trahira Manouchian et son groupe. Il sera arrêté me 26 octobre à la gare de Conflans Sainte Honorine
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Événement
1943
25 octobre 1943 — Dépôt d'armes et de matériel du détachement des dérailleurs
p 342-344
Ils faisaient dérailler les trains allemands depuis un an ; ce sabotage sera le dernier, et trois semaines plus tard ils seront tous entre les mains de la police française. Le quatrième détachement des FTP-MOI de la régi …

Ils faisaient dérailler les trains allemands depuis un an ; ce sabotage sera le dernier, et trois semaines plus tard ils seront tous entre les mains de la police française.

Le quatrième détachement des FTP-MOI de la région parisienne est spécialisé dans le sabotage ferroviaire. On les appelle les "dérailleurs." Leur mission est d'interrompre les transports allemands : trains de permissionnaires, convois de matériel, wagons de marchandises réquisitionnées. Un déraillement immobilise une voie pendant des heures ou des jours, désorganise la logistique, et ne coûte pas nécessairement de vies civiles.

Le détachement est dirigé par Joseph Boczov, ingénieur chimiste juif hongrois de Transylvanie, ancien des Brigades internationales en Espagne, spécialiste des explosifs. Autour de lui : Thomas Elek, étudiant hongrois de dix-neuf ans dont la mère tient un restaurant rue de Seine ; Wolf Wajsbrot, Léon Goldberg, Moska Fingercwaig, ouvriers juifs polonais ; Jonas Geduldig ; Ildo Stanzani, Italien. Presque tous ont perdu leur famille dans les rafles de 1942.

Le 25 octobre 1943, le détachement se rassemble à la gare de l'Est et prépare son matériel dans un dépôt d'armes du 41 avenue de Choisy, dans le 13e arrondissement. Le déraillement sera revendiqué quelques jours plus tard.

C'est leur dernière action. Depuis septembre, les Brigades spéciales de la police française ont mis en place une filature systématique des militants FTP-MOI. Des équipes de plusieurs dizaines d'inspecteurs suivent, photographient, cartographient les réseaux pendant des semaines sans procéder à aucune arrestation, afin de les prendre tous en même temps.

Le coup de filet tombe le 16 novembre 1943. Missak Manouchian et Joseph Epstein sont pris à Évry, puis des dizaines d'autres. Le groupe entier est démantelé.

Vingt-trois d'entre eux sont jugés en février 1944. Boczov, Elek, Wajsbrot, Goldberg, Fingercwaig, Geduldig figurent parmi les vingt-deux fusillés au Mont-Valérien le 21 février. Ils avaient de dix-neuf à quarante-quatre ans. L'Affiche rouge portait de Boczov cette mention : "Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats."

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Événement
1943
25 octobre 1943 — Gare de l'Est
p 342-344
Le quatrième détachement des FTP-M.O.I. se rassemble pour un déraillement qui sera revendiqué quelques jours plus tard. Ce sera la dernière action du groupe avant son arrestation
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Événement
1943
12 novembre 1943 — Lieu de l'arrestation de Robert Witchitz
p 349
Arrestation de Robert Witchitz après l'attentat manqué de la rue La Fayette contre un convoyeur de fonds, dénoncé par le patron du café où il s'était réfugié
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Événement
1943
12 novembre 1943 — Rue La Fayette/Attentat FTP-M.O.I.
p 349
Attaque manquée d'un convoyeur de fonds allemand ; une trahison. Della Negra blessé et Wichitz sont arrêtés. Tous les membres seront fusillés au Mont Valérien avec Manouchian
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Événement
1943
16 novembre 1943
p 351 & 360
Marcel Rajman et Golda Bancic sont arrêtés par les inspecteurs de la BS2 des Renseignements généraux. Ils seront torturés, remis aux nazis, lui fusillé, elle décapitée à la hache
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Événement
1943
1943 — Demeure de Vittorio Pipilli/Planque de Cesar Luccarini
p 351 & 411
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Événement
1943
16 novembre 1943 — Immeuble de la Gestapo (centre d'interrogatoire)
p 360
Arrestation et interrogatoire d'Olga Bancic, qui sera décapitée en Allemagne malgré la promesse de lui laisser la vie sauve
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Événement
1944
21 février 1944 — Tribunal militaire allemand (Gross-Paris Feldkriegsgericht)
p 360
Verdict du procès dit improprement du "Groupe Manouchian" ; les 23 hommes seront fusillés le jour-même ; Olga Bancic sera décapitée à la hache malgré une promesse de grâce
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Événement
1943
20 novembre 1943 — Demeure d'Arpen Tavitian
p 371-379
Arrestation à son domicile d'Arpen Tavitian, convalescent de sa blessure dans l'affaire Bruneton, trahi par la facture de la clinique où il avait été soigné ; il sera fusillé. Les médecins et le directeur de la clinique …

Arrestation à son domicile d'Arpen Tavitian, convalescent de sa blessure dans l'affaire Bruneton, trahi par la facture de la clinique où il avait été soigné ; il sera fusillé. Les médecins et le directeur de la clinique seront déportés

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Événement
Événement
1943
30 décembre 1943 — Planque de Joseph Dawidowicz
p 375 & 378
Cristina Boïco reprend contact avec Dawidowicz sous le coup d'une enquête des FTP suite à son évasion suspecte. Il a effectivement donné tout son réseau pour éviter la torture
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Événement
1943
Événement
1943
23 avril 1943 — Immeuble possédant une autre sortie au 18 rue Meslay
p 395
L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non. Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, …

L'immeuble a deux sorties. Le prisonnier le sait. La Gestapo, non.

Le 23 avril 1943, Peter Gingold marche sur le boulevard Saint-Martin encadré par des agents de la Gestapo. Il a vingt-sept ans, il est juif, communiste, allemand — trois raisons de mourir dans le Paris de l'Occupation. Arrêté à Dijon deux mois plus tôt, il a été interrogé, torturé, transféré à Paris. Les Allemands veulent des noms, des adresses, des lieux de réunion. Gingold décide de leur en donner un.

Il désigne le 11 boulevard Saint-Martin. « C'est là qu'on se retrouvait. » Les agents le font entrer dans l'immeuble. Ce que Gingold sait et qu'ils ignorent, c'est que le bâtiment possède une seconde sortie — au 18 rue Meslay, de l'autre côté. Le temps que les Allemands comprennent, Gingold a disparu dans les rues du 3e arrondissement.

Le « Travail Allemand » Gingold n'est pas un résistant ordinaire. Né en Bavière dans une famille juive, il a quitté l'Allemagne en 1933, quelques mois après l'arrivée de Hitler au pouvoir. À Paris, il rejoint les cercles de l'émigration antifasciste — il y croise Bertolt Brecht, Lion Feuchtwanger, Arthur London, le jeune Willy Brandt. Quand la guerre éclate, il s'engage dans ce que la MOI appelle le « Travail Allemand » — le TA, la plus dangereuse des missions.

Le principe est simple, l'exécution est suicidaire : approcher les soldats de la Wehrmacht, leur distribuer des tracts en allemand, leur faire lire des journaux clandestins, les convaincre que la guerre est perdue, les inciter à déserter. Il faut parler leur langue, connaître leur culture, deviner ceux qu'on peut toucher — et accepter que la moindre erreur signifie la mort. Gingold, avec sa parfaite maîtrise de l'allemand et son culot, excelle dans ce travail. Il rédige les tracts, organise la diffusion, coordonne les contacts.

Après l'évasion Après sa fuite du boulevard Saint-Martin, Gingold replonge dans la clandestinité. En août 1944, il participe à l'insurrection pour la libération de Paris. Après la guerre, il rentre en Allemagne, s'installe à Francfort, et consacre le reste de sa vie à la lutte antifasciste — interventions dans les écoles, manifestations contre le néonazisme, témoignages infatigables.

Il meurt en 2006, à quatre-vingt-dix ans. Il est enterré à Paris — la ville où il avait appris à résister, et d'où il s'était échappé un jour d'avril par une porte de derrière.

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Événement
1944
25 août 1944 — Caserne Reuilly
p 412
Lieu de regroupement des combattants espagnols FTP et membres du PCE lors de la Libération de Paris, en vue de constituer le "1er Régiment de Paris" qui ne verra jamais le jour
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Événement
1945
1945 — Siège du Parti communiste français/Siège de la Commission central de la M.O.I.
p 413
Déménagement de la Commission centrale de la M.O.I. pour un modeste bureau dans les Halles, significatif de la mise en retrait de la question de l'immigration
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Événement
1950
8 septembre 1950
p 416
On peut vaincre l'occupant et perdre quand même. Le 8 septembre 1950, à l'aube, des unités de police et de gendarmerie se déploient simultanément dans plusieurs villes françaises. C'est l'opération Boléro-Paprika: quatre …

On peut vaincre l'occupant et perdre quand même.

Le 8 septembre 1950, à l'aube, des unités de police et de gendarmerie se déploient simultanément dans plusieurs villes françaises. C'est l'opération Boléro-Paprika: quatre cent quatre militants communistes étrangers sont arrêtés, leurs logements perquisitionnés, leurs papiers saisis. Deux cent quatre-vingt-huit d'entre eux seront expulsés de France: cent soixante-dix-sept Espagnols, cinquante-neuf Polonais, quatorze Soviétiques, quelques dizaines d'autres. La plupart seront acheminés vers Berlin-Est, capitale de la République démocratique allemande.

Qui sont ces hommes et ces femmes ? Pour la majorité, des résistants. Des anciens des Brigades internationales qui avaient combattu Franco en Espagne de 1936 à 1939, puis avaient rejoint les réseaux de résistance française sous l'Occupation. Des Juifs polonais ayant intégré les FTP-MOI ou les réseaux du PCF. Des antifascistes qui avaient choisi la France comme pays d'adoption parce qu'ils n'en avaient plus d'autre. Ils avaient défendu la France; la France les expulsait.

Le gouvernement qui ordonne l'opération est celui de René Pléven, président du Conseil depuis juillet 1950. La guerre de Corée a commencé en juin; la Guerre froide atteint son premier paroxysme. Dans ce contexte, l'Espagne franquiste devient un allié précieux dans le dispositif anticommuniste occidental: la normalisation des relations franco-espagnoles exige que Paris cesse de tolérer sur son territoire des exilés républicains espagnols organisés politiquement. L'opération Boléro-Paprika répond à cette logique.

L'ironie est cruelle: des antifranquistes espagnols sont expulsés vers Berlin-Est, capitale d'un régime dont ils ne partagent pas la ligne. Des Polonais ayant fui le nazisme sont renvoyés dans une Pologne satellite de Moscou. La logique de la Guerre froide écrase les biographies individuelles: on est "communiste" ou "anticommuniste", et la nuance n'intéresse personne.

L'abbé Pierre prend publiquement position contre les arrestations. Quelques voix s'élèvent dans la presse. Elles n'empêchent rien. L'opération Boléro-Paprika restera dans l'histoire comme l'un des épisodes les plus sombres de la IVe République à l'égard de ceux qui l'avaient défendue.

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Événement
1952
1 septembre 1952 — Siège du Parti communiste français
p 419
Tillon et Marty sont accusés par le bureau politique du PCF d'activité fractionnelle, contraints à une autocritique qu'ils refusent, et démis de toutes leurs fonctions
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