🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
1 décembre 1940
Événement

Manifeste du syndicalisme français, dit "Manifeste des Douze", qui aboutit à la formation du réseau "Libération-Nord"

Demeure de Christian Pineau (CGT, non PCF)

Manifeste du syndicalisme français, dit "Manifeste des Douze", qui aboutit à la formation du réseau "Libération-Nord"

Le Manifeste du syndicalisme français de 1940

Le 15 novembre 1940, douze syndicalistes français adoptent et signent le Manifeste du syndicalisme libre, également connu sous le nom de Manifeste des Douze. Ce texte, rendu public quelques jours après le décret du 9 novembre 1940 dissolvant les centrales syndicales par le gouvernement de Vichy, constitue un acte fondateur de la résistance syndicale française pendant l'Occupation.

Le manifeste représente une union entre les syndicats CGT et CFTC, deux organisations majeures du mouvement ouvrier français. Son principal objectif est d'affirmer que le syndicalisme français demeure vivant et de redéfinir ses principes face à la politique du régime de Vichy. Le texte repose sur un raisonnement central : le syndicalisme doit réaffirmer les principes à l'origine de son existence sans renier son passé, permettant ainsi une projection positive vers l'avenir.

Le manifeste énonce six principes essentiels du syndicalisme français, notamment son caractère anticapitaliste et sa subordination de l'intérêt particulier à l'intérêt général. Il défend fermement la liberté, affirmant que la défaite française n'est pas due à l'exercice des libertés citoyennes, mais à l'incompétence de l'État-Major et à la mauvaise gestion administrative.

Signé par Maurice Bouladoux, Oreste Capocci, Léon Chevalme, Albert Gazier, Eugène Jaccoude, Robert Lacoste, Pierre Neumeyer, Christian Pineau, Louis Saillant, Gaston Tessier, Victor Vandeputte et Jules Zirnheld, ce manifeste marque le commencement du mouvement de résistance Libération-Nord. Les signataires fondent parallèlement le Comité d'études économiques et syndicales, qui servira de façade légale aux activités de ce réseau de résistance.

Ce document représente un acte de courage politique, allant au-delà d'une simple opposition constructive au régime. Il constitue une résistance à la fois au régime de Vichy, à l'occupation allemande et à toute forme d'oppression, tout en cherchant à rallier le plus grand nombre de soutiens au sein du mouvement syndical français.

Sources