Marina Tsvetaeva


Marina Tsvetaeva en 1925, Photo - Pierre Choumoff

accusée de travailler pour le NKVD

Marina Tsvetaeva, née Marina Ivanovna Tsvetaeva le 8 octobre 1892 à Moscou dans une famille cultivée, est une poétesse russe majeure du XXe siècle. Son père, Ivan Tsvetaev, fonda le Musée des beaux-arts Pouchkine de Moscou, et sa mère, d'origine polono-ukrainienne et pianiste, lui transmit une passion précoce pour la littérature et les langues, dont le français et l'allemand. Publiant son premier recueil, *Album vénitien*, à 18 ans en 1910, elle s'impose rapidement comme une voix originale par son style intense et lyrique.

Mariée en 1912 à l'officier Sergei Efron, engagé dans l'Armée blanche, elle traverse la Révolution russe à Moscou avec ses deux filles, Ariadna et Irina. La misère est extrême : Irina meurt de faim en 1920. Tsvetaeva note ces années dans son journal *Indices terrestres* (1917-1919), témoignage lucide de famine et de chaos. En 1922, elle émigre avec sa famille à Prague, puis Berlin, avant de s'installer à Paris de 1925 à 1939. Là, elle fréquente la diaspora russe, correspond avec Rilke et Pasternak, traduit Pouchkine en français, mais vit dans la précarité, rejetée par les émigrés blancs pour son admiration envers Maïakovski et les rouges. Ni blanche ni rouge, elle reste inclassable.

Refusant l'esprit de parti, elle rentre en URSS en 1939. Son mari est exécuté en 1941, sa fille aînée déportée au goulag. Déportée elle-même, elle se suicide par pendaison le 31 août 1941 à Ielabouga, Tatarie, laissant un mot : « Ne m'enterrez pas vivante, vérifiez bien. » Sa poésie, marquée par une tension absolue et des strophes explosives, explore exil, amour et mythe.

Russie  
Né(e) à Moscou (8 octobre 1892) – Mort(e) à Ielabouga (31 août 1941)  
Poétesse, prosatrice, traductrice, épistolière

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