Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune

Hôpital Lariboisière

Plaque de Gujon, rue Fbg St Antoine, détail, Archives Paris révolutionnaire

Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune.

Léo Fränkel meurt le 29 mars 1896 à l'hôpital Lariboisière, dans la misère. Il a cinquante et un ans. Son corps est enveloppé dans un drapeau rouge pour l'enterrement au Père-Lachaise.

Hongrois de naissance, orfèvre de métier, membre de l'Internationale, il était l'un des rares étrangers élus au Conseil de la Commune en 1871. Marx le connaissait et l'estimait — ils avaient correspondu pendant la Commune, et Marx lui avait écrit pour le mettre en garde contre la prudence excessive du Comité central. Fränkel avait été nommé délégué au Travail — un ministère du travail en germe, chargé des questions ouvrières. En deux mois, il avait posé les bases d'une réglementation du travail de nuit, défendu les droits des travailleurs étrangers, tenté d'organiser les coopératives.

Après la Semaine sanglante, il s'était enfui, avait été condamné à mort par contumace, avait milité en exil à Londres puis à Paris sous fausse identité. La IIIe République finit par l'amnistier. Il rentra, continua le combat syndical, écrivit. Et mourut à l'hôpital, sans le sou, vingt-cinq ans après la Commune qu'il avait servie.

Philippe avait noté le drapeau rouge. Ce détail dit tout — même dans la défaite et la misère, ses camarades ne l'avaient pas oublié.

En 1968, la Hongrie socialiste réclamait un de ses héros. Sa dépouille fut exhumée du Père-Lachaise et transférée à Budapest, où elle repose aujourd'hui dans le Panthéon des ouvriers hongrois.

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