🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos

Au cœur du 10e arrondissement, entre la gare du Nord et le boulevard de la Chapelle, l'hôpital Lariboisière s'impose dès son inauguration en 1854 comme une révolution architecturale et médicale : premier hôpital pavillonnaire de Paris, il répartit ses malades par pathologie dans des bâtiments séparés, rompant avec l'entassement des vieux hôtels-Dieu. Le chantier lui-même entre dans l'histoire avant même l'ouverture — en juin 1848, les derniers insurgés des journées de Juin s'y réfugient parmi les gravats et les échafaudages, avant d'être écrasés par la répression.

La Semaine sanglante de mai 1871 transforme l'hôpital en théâtre d'horreur. Sous ses fenêtres mêmes, des Fédérés sont massacrés en masse ; des femmes accusées d'être des « pétroleuses » y sont exécutées sommairement, sans procès. C'est là aussi que meurt le général Jaroslaw Dombrowski, figure héroïque de la Commune, soigné par le chirurgien Édouard-Gabriel Cusco mais emporté par ses blessures.

Les décennies suivantes ajoutent d'autres noms à la mémoire du lieu. Le 29 mars 1896, Léo Fränkel, délégué au Travail de la Commune et compagnon de lutte de Marx, s'y éteint dans le dénuement total, son corps enveloppé dans un drapeau rouge pour ses funérailles. En 1908, c'est Libertad, le pamphlétaire anarchiste boiteux fondateur de L'Anarchie, qui y rend le dernier souffle. Puis en 1940, l'armée allemande réquisitionne l'établissement, l'un des trois hôpitaux parisiens ainsi mis sous tutelle de l'occupant.

Noms successifs du lieu

  • 1848 Chantier de l'hôpital Lariboisière — dernier refuge des insurgés de Juin
  • 1854 Ouverture de l'hôpital Lariboisière, premier hôpital pavillonnaire parisien
  • 1871 Hôpital Lariboisière — site de massacres lors de la Semaine sanglante
  • 1940 — 1944 Hôpital réquisitionné par l'armée allemande pendant l'Occupation
  • Aujourd'hui Hôpital Lariboisière, hôpital public du groupe AP-HP

Toponymie — rue Ambroise Paré

rue Ambroise Paré
Ambroise Paré (1509-1590), chirurgien français ; voisinage de l'hôpital Lariboisière.
Voir la fiche complète de la voie

Événements à cette adresse

8 événements · 1848 — 1940
Hôpital Lariboisière — Hôpital militaire de la gare du Nord
Voir la fiche
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
Hôpital Lariboisière
Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune. Léo Fränkel meurt le 29 mars 1896 à l'hôpital Lariboisière, dans la misère. Il a cinquante et un ans. Son corps est enveloppé dans un drapeau rouge…

Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune.

Léo Fränkel meurt le 29 mars 1896 à l'hôpital Lariboisière, dans la misère. Il a cinquante et un ans. Son corps est enveloppé dans un drapeau rouge pour l'enterrement au Père-Lachaise.

Hongrois de naissance, orfèvre de métier, membre de l'Internationale, il était l'un des rares étrangers élus au Conseil de la Commune en 1871. Marx le connaissait et l'estimait — ils avaient correspondu pendant la Commune, et Marx lui avait écrit pour le mettre en garde contre la prudence excessive du Comité central. Fränkel avait été nommé délégué au Travail — un ministère du travail en germe, chargé des questions ouvrières. En deux mois, il avait posé les bases d'une réglementation du travail de nuit, défendu les droits des travailleurs étrangers, tenté d'organiser les coopératives.

Après la Semaine sanglante, il s'était enfui, avait été condamné à mort par contumace, avait milité en exil à Londres puis à Paris sous fausse identité. La IIIe République finit par l'amnistier. Il rentra, continua le combat syndical, écrivit. Et mourut à l'hôpital, sans le sou, vingt-cinq ans après la Commune qu'il avait servie.

Philippe avait noté le drapeau rouge. Ce détail dit tout — même dans la défaite et la misère, ses camarades ne l'avaient pas oublié.

En 1968, la Hongrie socialiste réclamait un de ses héros. Sa dépouille fut exhumée du Père-Lachaise et transférée à Budapest, où elle repose aujourd'hui dans le Panthéon des ouvriers hongrois.

Voir la fiche
Personnage(s) : Léo Frankel
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
Hôpital Lariboisière — Lieu de massacre de Communards
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante sous les fenêtres de l'hôpital
Voir la fiche
Personnage(s) : Fédérés
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
Hôpital Lariboisière
En mai 1871, lors de la « Semaine sanglante » qui marque la fin de la Commune de Paris, des femmes sont accusées d’avoir incendié des bâtiments parisiens à l’aide de pétrole et sont qualifiées de « pétroleuses ». À…

En mai 1871, lors de la « Semaine sanglante » qui marque la fin de la Commune de Paris, des femmes sont accusées d’avoir incendié des bâtiments parisiens à l’aide de pétrole et sont qualifiées de « pétroleuses ». À l’adresse du 2 rue Ambroise Paré, devant l’hôpital Lariboisière, des exécutions sommaires de femmes dénoncées comme pétroleuses ont eu lieu. Ces femmes sont arrêtées, jugées et parfois exécutées ou condamnées à de lourdes peines, souvent sans preuves formelles de leur implication directe dans les incendies. Le mythe des pétroleuses est largement alimenté par la presse versaillaise et l’imaginaire collectif, mais les recherches historiques récentes montrent que la plupart des incendies furent commis par des soldats communards et que l’implication des femmes dans ces actes reste très minoritaire et souvent non prouvée. Les procès de pétroleuses, comme ceux de Joséphine Marchais ou Marie-Jeanne Moussu, illustrent la répression qui s’abat sur les femmes soupçonnées d’avoir participé à l’insurrection et aux destructions de mai 1871.

Frédéric Théodore Lix, Les séides de la Commune, Pétroleuses et enfants perdus, 1871
Frédéric Théodore Lix, Les séides de la Commune, Pétroleuses et enfants perdus, 1871
Voir la fiche
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
Hôpital Lariboisière
Premier hôpital pavillonnaire à Paris ; les patients étant répartis par pathologie
Voir la fiche
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.
Chantier de l'hôpital Lariboisière
Voir la fiche
Personnage(s) : Insurgés de Juin 1848
2 rue Ambroise Paré — 10e arr.

Aujourd'hui

L'hôpital Lariboisière est toujours en activité, rattaché à l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Son architecture pavillonnaire du Second Empire, remarquablement préservée, est classée ; on peut en admirer la cour intérieure et la chapelle centrale depuis l'entrée du boulevard de la Chapelle.