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📖 Sur les traces des Communards BRAIRE Jean
Bibliographie

Sur les traces des Communards

BRAIRE Jean
Amis de la Commune, 1989.
275 Fiches citant cet ouvrage
1989 Édition

Fiches citant cet ouvrage

275 fiches
Événement
1865
8 janvier 1865 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs (local de 12m² loué par Fribourg, au fond de la cour)
p 12 & 44
Premier local de l'A.I.T. ; les réunions se tiennent les jeudis soir ; du fait de leur sérieux, on appelle les membres de l'Internationale les "Graves"
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Événement
1871
22 janvier 1871
p 13 & 51
Chaudey fait tirer sur la foule protestant contre le défaitisme du gouvernement ; la fusillade fait 5 tués, dont Sapia, et 18 blessés du côté des manifestants, 2 blessés dont un officier du côté de "l'ordre"
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Événement
1871
24 février 1871 — Bal du Tivoli Waux-Hall (ou Tivoli-Wauxhall)
p 13
La Garde nationale se fédère ; 500 délégués des bataillons adoptent ses statuts et instaurent un Comité central provisoire de 29 membres ; apparition de l'appellation "Fédérés"
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Événement
1870
4 septembre 1870 — Hôtel de Ville
p 13
Proclamation de la 3ème République. Un gouvernement de défense nationale est constitué précipitamment sans aucune consultation populaire
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Événement
1871
22 mars 1871
p 15
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent. Deux gardes sont tués
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Événement
1871
22 mars 1871
p 15
Manifestation des "Amis de l'ordre", un millier de provocateurs portant des rubans bleus comme signe de reconnaissance ; des coups de feu sont tirés sur les gardes nationaux qui répliquent
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Événement
1871
28 mars 1871
p 15 & 52
Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers. Le 28 mars 1871, par une journée de pri …

Proclamation de la Commune de Paris, qui installe son siège à l'Hôtel de Ville. 90 membres, 11 modérés, 13 membres du CC de la Garde nationale, 16 membres de l'A.I.T., 25 ouvriers.

Le 28 mars 1871, par une journée de printemps exceptionnellement belle, Paris proclame la Commune.

Depuis dix jours, le Comité central de la Garde nationale administre la ville, sans mandat autre que celui des fusils et de la nécessité. Il a convoqué des élections, reportées deux fois, tenues le 26 mars. Ce matin du 28, les résultats sont connus : quatre-vingt-dix membres sont élus au Conseil de la Commune. Quatre-vingt-dix hommes qui représentent un Paris que l'Assemblée de Versailles ne reconnaît pas — vingt-cinq ouvriers, seize membres de l'Internationale, treize délégués du Comité central, une poignée de républicains radicaux, onze modérés qui démissionneront dès la première séance.

À midi, Gabriel Ranvier proclame la Commune depuis les balcons de l'Hôtel de Ville. La place est noire de monde. Les bataillons de la Garde nationale sont massés en ordre, canons en batterie, drapeaux rouges au vent. La fanfare joue la Marseillaise. Léopold Boursier lit la proclamation au peuple parisien. La foule répond par des cris qui dureront des heures.

Ce que Paris acclame ce jour-là, c'est à la fois très précis et très ouvert. Très précis : un gouvernement élu au suffrage universel, autonome, responsable devant ses mandants, révocable. Très ouvert : personne ne sait encore ce que la Commune va faire de son pouvoir, ni combien de temps elle vivra. Les décrets viendront après — suppression du travail de nuit pour les boulangers, moratoire sur les loyers, séparation de l'Église et de l'État, remise des outils mis en gage, école laïque et gratuite. Deux mois de législation sociale qui anticipe sur plusieurs décennies.

Marx, depuis Londres, télégraphie à ses correspondants parisiens pour leur demander de ne pas se lancer trop vite. Il a peur de la répression. Il a raison.

La Semaine sanglante commence le 21 mai. En huit jours, l'armée versaillaise tue entre dix et vingt mille Parisiens. Ranvier, qui avait proclamé la Commune ce matin de mars, finit ses jours en exil à Genève.

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Événement
1871
11 avril 1871 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 15 & 44
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Événement
1871
1 mai 1871 — Hôtel de Ville/Siège de la Commune
p 16
Création d'un Comité de Salut public par 45 voix pour, contre 23, principalement les Internationaux ; la minorité proteste et 22 membres démissionnent
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Événement
1871
30 avril 1871
p 16
Manifestation de "l'Alliance républicaine des départements" ; elle rassemble 50 000 personnes
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Événement
1871
23 mai 1871
p 17 & 79
Centre de résistance Rive Gauche pendant la Semaine sanglante. Il sera contourné par les troupes versaillaises et pris à revers le 24 mai
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Événement
1871
16 mai 1871
p 17 & 22 & 32-33
Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant abse …

Destruction du symbole de l'impérialisme napoléonien, décoré avec le bronze des canons pris à Austerlitz ; le projet d'un Génie symbolisant le 18 Mars remplaçant le Bonaparte avait été rejeté, les minoritaires étant absents

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Événement
1871
23 mai 1871 — Prison de Ste Pélagie
p 17 & 69
Exécution de Gustave Chaudey, tenu responsable de la mort de Théodore Sapia lors de la tuerie du 22 janvier. Trois gendarmes sont fusillés en même temps que lui
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Événement
1871
17 mai 1871
p 17
Explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp suite à un sabotage des agents versaillais restés à Paris ; elle fait une quarantaine de victimes. La Commune adopte leurs familles
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Événement
1871
23 mai 1871 — Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers/Lieu de massacre de Communards
p 17
Massacre de combattants de la Commune fusillés à genoux devant le mur où ont été exécutés les généraux Lecomte et Thomas ; 42 hommes, 3 femmes, 4 enfants ; une de ces femmes exorte ses compagnons à rester debout
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel Gay-Lussac/Demeure de Raoul Rigault
p 18 & 68
Arrestation de Raoul Rigault, Blanquiste, procureur de la Commune, à son domicile
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Événement
1871
25 mai 1871 — Mairie du 11ème arrondissement (dans la bibliothèque)
p 18
Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évac …

Dernière réunion du Comité de Salut public de la Commune. La proposition est faite que les membres de la Commune se sacrifient en se rendant pour arrêter les combats, mais elle est jugée impratiquable. La mairie est évacuée à minuit

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Événement
1871
26 mai 1871 — Chapelle des otages/Lieu de l'exécution des otages de la Commune
p 18-19
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Événement
1871
24 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette (de 1836 à 1900)
p 18
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Événement
1871
26 mai 1871 — Marches du Panthéon
p 18 & 70
Exécution de Jean-Baptiste Millière avocat, journaliste et député de la Seine, n'ayant pas paticipé aux combats de la Commune, il est faussement accusé d'avoir tiré à trois reprises sur des soldats
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Événement
1871
Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade Royer-Collard)
p 18 & 68
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel de Ville
p 18
Incendie de l'Hôtel de Ville à l'initiative de Jean-Louis Pindy (Pendy). Il y aura 238 bâtiments incendiés en tout à Paris pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 18 & 208
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Événement
1871
26 mai 1871 — Mur des otages
p 18-19
Mur contre lequel furent fusillés les 50 otages de la rue Haxo ; massacre auquel tentèrent de s'opposer les membres de la Commune présents
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Événement
1871
24 mai 1871
p 18 & 23
Veysset, agent versaillais, est exécuté pour avoir tenté de compromettre le général Dombrowski. Ce dernier envisagea, de connivence avec Rossel, d'en profiter pour tendre un piège aux versaillais
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 19 & 115
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Événement
1871
28 mai 1871
p 19 & 115
Dernier réduit de la Commune pendant les combats de la Semaine sanglante, entre les rues de la Folie Méricourt, du Fbg du Temple, Jean-Pierre Timbaud et le boulevard de Belleville
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Événement
1871
28 mai 1871 — Banc de la place Cadet/Lieu de l'arrestation d'Eugène Varlin
p 19 & 167
Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du …

Varlin est dénoncé par un écclésiastique en civil et arrêté vers 15 heures par le misérable lieutenant Sicre ; l'union "du sabre et du goupillon". Martyr de celui que ses camarades appelaient à juste titre "l'Honneur du Prolétariat"

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Événement
1840
1 juillet 1840 — Taverne Dénoyez (à l'enseigne du Grand St Martin)/Banquet communiste de Belleville
p 25
En 1840, le mot « communiste » n'avait pas encore de parti. Il avait un banquet. En juillet 1840, la Taverne Dénoyez, sur les hauteurs de Belleville — alors commune indépendante à l'est de Paris, non encore annexée —, ac …

En 1840, le mot « communiste » n'avait pas encore de parti. Il avait un banquet.

En juillet 1840, la Taverne Dénoyez, sur les hauteurs de Belleville — alors commune indépendante à l'est de Paris, non encore annexée —, accueille douze cents convives pour un banquet organisé par Théodore Dézamy et Jean-Jacques Pillot. Ce n'est pas une réunion de notables. C'est la première grande assemblée de ce qu'on appelle désormais les « communistes ».

Le mot est nouveau, ou presque. Depuis Babeuf et la Conjuration des Égaux de 1796 — supprimée par le Directoire, ses chefs guillotinés en 1797 —, la tradition révolutionnaire radicale s'était maintenue discrètement, par des cercles, des brochures, des sociétés secrètes. En 1834, la Société des Familles. En 1837, la Société des Saisons de Blanqui et Barbès. Mais le terme « communiste » commence à circuler vraiment à partir de 1839, popularisé par la presse militante.

Dézamy est l'un des théoriciens les plus précis de ce courant. Ancien disciple d'Étienne Cabet — qui prêche un communisme pacifique et utopique, son Voyage en Icarie — il s'en est séparé pour une position plus radicale : pas de réforme progressive, pas de colonie idéale, pas d'attente. Son Code de la Communauté, publié en 1842, est un programme matérialiste et révolutionnaire. Pillot, lui, publie en 1840 Ni châteaux ni chaumières : titre explicite.

Cabet n'est pas là ce soir-là. Il a refusé. Ce n'est pas son monde — trop bruyant, trop radical. Les douze cents présents à Belleville le savent : ils font la différence entre un communisme de propagande douce et une tradition qui remonte directement à Babeuf, à la communauté des biens, à la redistribution forcée des richesses.

On porte des toasts. Aux droits du peuple. À la Pologne opprimée. À la mémoire des révolutionnaires exécutés.

Marx arrive à Paris en octobre 1843 — trois ans après Belleville. Il lit Dézamy, fréquente les cercles qui ont connu ces hauteurs de Belleville. En 1844, avec Engels, il rédige La Sainte Famille (publié en février 1845) — il sera expulsé de France avant même d'en voir les premiers exemplaires. Ce banquet de juillet 1840 est l'un des nœuds où la tradition babouviste transmet son fil au socialisme du XIXe siècle.

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Événement
1871
1871 — Demeure de Jules Louis Andrieu
p 25
Chef des services administratifs de la Commune, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1871
1871
p 25
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
1871 — Ministère de la Marine/Lieu de massacre de Communards
p 25 & 93
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
p 26-29
Plus importante barricade de Paris pendant la Commune contournée par les versaillais
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 30-31
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Événement
1871
23 mai 1871 — Ministère de la Justice/État-major du général Dombrowski
p 30-31
Prise du PC de la Garde nationale par les versaillais ; tous ses défenseurs seront massacrés
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade sous la Commune
p 34-35
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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Palais Brongniart/Bourse des valeurs/Lieu de massacre de Communards
p 39
Massacre de combattants de la Commune blessés, attachés aux grilles de la Bourse. Furent fusillés ici un homme qu'on prit pour Gustave Lefrançais et un autre pour Auguste Serraillier
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Événement
1870
19 avril 1870 — Siège de l'Association Internationale des Travailleurs
p 44
Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien. C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanen …

Un troisième étage dans le Marais, d'où partira tout ce qui compte dans le mouvement ouvrier parisien.

C'est ici, au 14 rue de la Corderie, dans le 3e arrondissement, au troisième étage, que s'installe le bureau permanent de la Fédération parisienne de l'Association Internationale des Travailleurs, au lendemain de sa fondation en avril 1870 à la salle de la Marseillaise. L'adresse est modeste — un immeuble du quartier des Enfants-Rouges, à deux pas de la place de la République. Mais pendant les dix-huit mois qui suivent, elle devient le centre névralgique du mouvement ouvrier parisien.

Les statuts adoptés par les quelque 1 200 délégués prévoient un Conseil fédéral composé de représentants de chaque section, proportionnellement au nombre d'adhérents. C'est là que siège ce conseil. C'est là que se coordonnent les grèves, que se rédigent les manifestes, que se prennent les décisions. Eugène Varlin en est l'âme — mais il n'est pas seul. Les noms qui figurent parmi les délégués fondateurs donnent le vertige quand on sait ce qui suit : Jules Vallès, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, Édouard Vaillant, Eugène Pottier, Camille Langevin, Antoine Bourdon. Un état-major ouvrier qui, un an plus tard, se retrouvera presque au complet dans les organes de la Commune.

L'été 1870 accélère tout. Quand la guerre contre la Prusse se profile, c'est rue de la Corderie que la section parisienne de l'AIT rédige son manifeste contre la guerre — un texte internationaliste qui appelle les ouvriers français et allemands à refuser de s'entre-tuer pour leurs gouvernements respectifs. Après Sedan et la chute de l'Empire en septembre, c'est encore rue de la Corderie que se coordonne l'opposition ouvrière au Gouvernement de la Défense nationale. Et quand Paris se soulève le 18 mars 1871, la Fédération parisienne de l'AIT est l'une des structures qui fournissent à la Commune ses cadres, ses réseaux, et une partie de son programme social — abolition du travail de nuit des boulangers, remise des loyers, ateliers coopératifs.

La rue de la Corderie a été partiellement absorbée par les remaniements urbanistiques du quartier. Mais l'adresse reste inscrite dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le lieu où, pour la première fois, les sections parisiennes de l'Internationale ont fonctionné comme une organisation permanente — et non plus comme un réseau clandestin harcelé par la police impériale.

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Événement
Événement
1871
25 mai 1871 — Marché du Temple/Lieu de massacre de Communards
p 45
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
20 mai 1871 — Section parisienne de la première Internationale, l'A.I.T.
p 45
Réunion de l'A.I.T. consacrée à une reddition de comptes sur le vote à propos du Comité de Salut public ; Durand, qui a voté pour, fait son autocritique
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 45
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 46-47
Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais …

Charles Delescluze se fait tuer volontairement sur la barricade ; trois volontaires seront abattus en tentant de le secourir. Benoît Malon parle de la "barricade Bataclan", qui est située plus haut sur le boulevard, mais sans doute à tort

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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 46-47
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Événement
1870
Événement
1870
31 octobre 1870 — Hôtel de Ville
p 50
Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube. Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. B …

Metz a capitulé, Thiers négocie avec Bismarck : Paris envahit l'Hôtel de Ville, séquestre le gouvernement, proclame la Commune, et perd tout avant l'aube.

Trois nouvelles arrivent coup sur coup à la fin d'octobre 1870. Bazaine a capitulé à Metz le 27 octobre avec cent soixante-treize mille hommes, la plus grande reddition de l'histoire militaire française. Le Bourget, repris quelques jours plus tôt, est perdu. Et l'on apprend que Thiers négocie un armistice avec Bismarck. Pour les quartiers populaires, c'est la preuve de ce qu'ils soupçonnent depuis septembre : le gouvernement de la Défense nationale ne défend rien, il prépare la capitulation.

Le 31 octobre 1870, les bataillons de Belleville et des faubourgs marchent sur l'Hôtel de Ville. Un garibaldien du groupe de Paolo Tibaldi parvient à ouvrir les verrous d'une porte. La foule investit le bâtiment. Le gouvernement, réuni en séance, est fait prisonnier dans ses propres salles.

Les insurgés proclament la Commune et dressent des listes de gouvernement révolutionnaire. Gustave Flourens monte sur la table du conseil, en bottes. Blanqui arrive à la nuit tombée, après avoir attendu de voir la tournure des événements dans sa cachette du 191 rue du Temple, et installe son quartier général au café du Gaz, rue de Rivoli. Delescluze, Millière, Ranvier, Avrial, Jules Vallès sont présents. La mairie du 19e est occupée, celle du 13e aussi, où le drapeau rouge est hissé.

La confusion règne. Plusieurs listes concurrentes circulent, personne ne commande. Le gouvernement négocie, promet des élections municipales et l'impunité. Vers trois heures du matin, deux bataillons de mobiles bretons pénètrent par le souterrain reliant la caserne Lobau à l'Hôtel de Ville et libèrent les ministres. Trochu s'était déjà échappé.

Les promesses ne sont pas tenues. Flourens et Henry Bauër sont arrêtés. Blanqui, Flourens, Levrault et Cyrille seront condamnés à mort par contumace. Rochefort démissionne du gouvernement. Quatre mois et demi plus tard, le 18 mars 1871, la même ville recommencera et réussira.

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Événement
1871
21 janvier 1871 — Prison de Mazas
p 51 & 134
Libération de Gustave Flourens et Henry Bauër, emprisonnés après le 31 octobre
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Événement
1871
24 mai 1871 — Square St Jacques la Boucherie
p 53-54
Charnier de 1 200 Fédérés fusillés sans jugement à la caserne Lobau, dont certains enterrés vivants. Les corps seront recouverts de chaux vive
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Événement
1871
23 mai 1871 — Théâtre du Châtelet/Cour prévôtale (dans le foyer, au 1er étage du Théâtre)
p 54
Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervis …

Cour martiale pendant et après la Semaine sanglante, constituée sur ordre direct d'Adolphe Thiers. Les étrangers sont systématiquement fusillés. Des gamins de 6 à 12 ans sont envoyés à la mort. Le général Drouay supervise

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Événement
Événement
Événement
1871
1871 — Demeure de Félix Pyat
p 55
Demeure du journaliste Félix Pyat, membre de la Commune, personnage très controversé ; le "mauvais génie de la révolution du 18 mars" selon Benoît Malon, jugement repris par Marx
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Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 56-57
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Événement
Événement
1793
1793 — Imprimerie du Cercle social/Siège du journal "Le Bulletin des Amis de la Vérité"
p 67
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Événement
1871
6 mai 1871 — Première école professionnelle pour garçons
p 68
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Événement
1871
26 mai 1871 — Caves du théâtre de Cluny/Cachette d'André Gill et d'Ernest Pichio
p 69
André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où …

André Gill assiste par un soupirail à la mutilation de cadavres de Fédérés par des soldats versaillais ; cela participera certainement au déclenchement des troubles psychiques qui le conduiront à l'asile de Charenton, où il mourra

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Événement
Événement
1831
15 janvier 1831 — Quartier des politiques de la prison de Ste Pélagie
p 69
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Événement
1871
24 mai 1871
p 70
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
p 70
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871 — Demeure et débit de boisson de Jean Allemane
p 71
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Événement
1871
1871 — Demeure de Raoul Urbain
p 71
Demeure de Raoul Urbain ; il va être à l'origine de l'application du décret des otages, manipulé par Barral de Montaud, un agent provocateur de Versailles
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Événement
1871
24 mai 1871
p 72-73
Massacre de tous les défenseurs de la barricade ; 700 communards seront fusillés dans le secteur
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Événement
1862
1862 — Demeure d'Eugène Varlin/Siège des Marmites (fondées en 1864)
p 78
Demeure d'Eugène Varlin membre de la Commune et de l'A.I.T. ; premier siège social de l'association "la Marmite", qui comptera jusqu'à 8 000 adhérents
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Événement
Événement
Événement
Événement
1871
24 mai 1871 — Séminaire St Sulpice (transformé en ambulance)/Lieu de massacre de Communards
p 78
Massacre dans leur lit d'une soixantaine de Communards blessés, et assassinat du docteur Faneau qui s'y opposait. Selon une autre version, il s'agissait du docteur Fano, jeune médecin espagnol
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Événement
1871
28 février 1871 — Demeure d'Eugène Vermersch (chez l'éditeur Sartorius)
p 78
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Événement
1871
3 avril 1871 — Hôtel des Monnaies (dit "La Monnaie")
p 79
Camélinat est nommé par la Commune à la direction de la Monnaie
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Événement
1871
24 mai 1871 — Hôtel des Monnaies (dans la cour)/Lieu de massacre de Communards
p 79
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
1871
p 79
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
24 mai 1871
p 84-85
Massacre de combattants de la Commune pendant la Semaine sanglante. Exécution de nombreuses femmes
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Événement
1871
1871 — Quartier général des ambulances de la presse
p 88
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Événement
Événement
1902
1902 — Cimetière du Père Lachaise (90ème division, 4ème rangée)/Tombe de Raoul Urbain
p 89 & 202
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Événement
1871
23 mai 1871 — Parc Monceau/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards/Fosse commune
p 92-93 & 161
Cour martiale et début des massacres en masse de combattants de la Commune sur l'ordre de Lacretelle. Exécution de François Manchon décrite par Catulle Mendès dans "les 73 journées"
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Événement
1871
23 mai 1871 — Caveaux de l'église de la Madeleine/Lieu de massacre de Communards
p 92
Massacre de 300 Communards qui s'étaient réfugiés dans l'église de la Madeleine pendant la Semaine sanglante
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Événement
1871
Événement
Événement
Événement
Événement
Événement
1871
1871 — Demeure de Paul Philémon Rastoul
p 100
Demeure de Paul Rastoul, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public. Il mourra noyé en 1875, en tentant de s'évader de Nouvelle Calédonie
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Hôpital Lariboisière/Lieu de massacre de Communards
p 101 & 167
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Événement
1883
14 juillet 1883
p 102-103
Inauguration de la statue de la République, remplacée par un modèle en plâtre depuis 1880 ; entourée de bas-reliefs sur l'histoire de son instauration, faussement attribués à Dalou
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Événement
1871
27 mai 1871 — Hôpital St Louis
p 108
Le docteur Lailler refuse la perquisition des versaillais et rend sa Légion d'honneur en signe de protestation contre l'attitude de la troupe
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Événement
1871
4 mai 1871 — Église Ste Marguerite/Club des Prolétaires
p 110
Club de Ste Marguerite, qui devient "Club du Prolétaire" après le 4 mai ; il publie 4 numéros du journal "Le Prolétaire" à partir du 10 mai
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Événement
1871
24 février 1871 — Place de la Bastille/Colonne de Juillet/Génie de la Bastille
p 110
Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne. Le 24 février 1871, la …

Commémoration de la Révolution de 1848 par la Garde nationale ; 14 bataillons défilent ; une couronne d'éternelles coiffe le Génie de la Bastille ; un drapeau rouge flotte au sommet de la colonne.

Le 24 février 1871, la Bastille rejoue, à sa manière, le 24 février 1848. Vingt‑trois ans après la chute de Louis‑Philippe, quatorze bataillons de la Garde nationale parisienne viennent y commémorer la révolution qui avait fait naître la IIᵉ République. La guerre contre la Prusse vient de se terminer, l’Assemblée installée à Bordeaux est très conservatrice, et beaucoup de Parisiens ont le sentiment que la République qu’on leur prépare n’a plus grand‑chose à voir avec celle qu’ils espéraient.

Ce jour‑là, les bataillons défilent jusqu’à la colonne de Juillet, monument déjà chargé de mémoire, érigé pour les journées de 1830. On dépose des couronnes d’« éternelles » au pied du socle, puis l’une d’elles est hissée jusqu’au Génie de la Bastille, tout en haut. Un drapeau rouge est également installé au sommet de la colonne. Le message est clair, sans discours théorique : on relie 1830, 1848 et 1871, et on place la Garde nationale du côté d’une République qui ne soit pas seulement parlementaire, mais aussi sociale.

Des prises de parole attaquent la politique de Thiers et du gouvernement, accusés de brader la victoire possible, d’accepter l’indemnité de guerre et de tourner le dos aux couches populaires qui ont tenu Paris pendant le siège. Dans les rangs des gardes, on trouve des artisans, des employés, des ouvriers qui refusent de se laisser désarmer sans réagir. Moins d’un mois plus tard, la tentative de reprise des canons à Montmartre fera tout basculer : le 18 mars, Paris se soulève et la Commune commence.

Vu de loin, la cérémonie du 24 février pourrait passer pour une simple commémoration. Mais à la Bastille, ce jour‑là, la Garde nationale ne se contente pas d’honorer les morts de 1848 : elle se teste, s’affiche, et laisse déjà entrevoir qu’elle est prête à aller plus loin que les républicains « raisonnables » de Versailles.

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Événement
1871
28 mai 1871 — Prison de la Grande Roquette/Cour prévôtale/Lieu de massacre de Communards
p 110 & 115
Cour martiale installée dans la prison de la Roquette pendant la Semaine sanglante ; entre 2 et 3 000 Fédérés pris dans le secteur du Père Lachaise y sont massacrés, dont certains à la mitrailleuse
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Événement
1871
15 janvier 1871 — Cirque National (futur cirque d'Hiver)
p 110
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Événement
Événement
1871
Événement
1896
29 mars 1896 — Hôpital Lariboisière
p 110 & 141
Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune. Léo Fränkel meurt le 29 mars 1896 à l'hôpital Lariboisière, dans la misère. Il a cinquante et un ans. Son corps est enveloppé dans un drapeau rouge po …

Mort dans la misère de Léo Fränkel, délégué au travail de la Commune.

Léo Fränkel meurt le 29 mars 1896 à l'hôpital Lariboisière, dans la misère. Il a cinquante et un ans. Son corps est enveloppé dans un drapeau rouge pour l'enterrement au Père-Lachaise.

Hongrois de naissance, orfèvre de métier, membre de l'Internationale, il était l'un des rares étrangers élus au Conseil de la Commune en 1871. Marx le connaissait et l'estimait — ils avaient correspondu pendant la Commune, et Marx lui avait écrit pour le mettre en garde contre la prudence excessive du Comité central. Fränkel avait été nommé délégué au Travail — un ministère du travail en germe, chargé des questions ouvrières. En deux mois, il avait posé les bases d'une réglementation du travail de nuit, défendu les droits des travailleurs étrangers, tenté d'organiser les coopératives.

Après la Semaine sanglante, il s'était enfui, avait été condamné à mort par contumace, avait milité en exil à Londres puis à Paris sous fausse identité. La IIIe République finit par l'amnistier. Il rentra, continua le combat syndical, écrivit. Et mourut à l'hôpital, sans le sou, vingt-cinq ans après la Commune qu'il avait servie.

Philippe avait noté le drapeau rouge. Ce détail dit tout — même dans la défaite et la misère, ses camarades ne l'avaient pas oublié.

En 1968, la Hongrie socialiste réclamait un de ses héros. Sa dépouille fut exhumée du Père-Lachaise et transférée à Budapest, où elle repose aujourd'hui dans le Panthéon des ouvriers hongrois.

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Événement
1871
1871 — Section de Richard-Lenoir de l'Association Internationale des Travailleurs
p 110
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Événement
1904
1904 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Augustin Avrial
p 111 & 202
Incinération d'Augustin Avrial ; ses cendres seront d'abord déposées dans la case n° 2050 du columbarium avant d'être transférées dans une concession gratuite
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Événement
1871
25 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise (49ème division)/Tombe de Charles Delescluze
p 111 & 200
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 114
Combats très durs entre Fédérés, retranchés dans les Magasins réunis, et versaillais
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Événement
1871
1871 — Demeure de Charles Delescluze (pendant la Commune)
p 115
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Événement
1871
15 mai 1871 — École des filles du passage Raoul
p 115
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Événement
1871
6 avril 1871
p 115 & 200
Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la V …

Le 6 avril 1871, à neuf heures du matin, des fédérés du 130e bataillon de la Garde nationale se rendent au 60 rue de la Folie-Regnault, là où est remisé entre les exécutions ce que les ouvriers du faubourg appellent la Veuve. Ils y trouvent deux guillotines — l'ancienne et une nouvelle, plus expéditive et portative. Ils les chargent et les portent place Voltaire, devant la statue du philosophe. Aux applaudissements d'une foule immense, ils les brisent et les brûlent.

Le Rappel du lendemain décrit la scène et souligne le choix du lieu : c'est devant "le défenseur de Sirven et de Calas, l'apôtre de l'humanité, le précurseur de la Révolution française" que la machine est détruite.

La portée symbolique est immédiate mais le Siècle pose la question qui dérange : si l'on brûle l'échafaud sans abolir la peine de mort, à quoi bon ? Rochefort dans Le Mot d'Ordre est encore plus direct — supprimer la guillotine ne sert à rien si on garde le chassepot pour fusiller. La Commune, en effet, n'a pas formellement voté l'abolition. Le Père Duchêne tranche à sa manière : pour que la Commune brûle toutes les guillotines, que les réactionnaires se tiennent tranquilles.

Ce même 6 avril, Gustave Courbet publie dans le Journal officiel un appel lyrique aux artistes — il les convoque à une assemblée, pour fonder ce qui deviendra la Fédération des artistes de Paris.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Barricade pendant la Commune
p 116-117
Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir …

Charles Hugo est mort le 13 mars, à 45 ans, d'une apoplexie. Son père Victor, rentré d'exil depuis quelques semaines seulement, était à son chevet. Les funérailles ont été fixées au 18 mars — personne ne pouvait prévoir ce que cette date allait devenir.

Le cortège part du 1er arrondissement en direction du cimetière Père-Lachaise. Il traverse un Paris en insurrection. Les rues sont barrées de barricades fraîchement érigées par les Fédérés, qui contrôlent désormais la majeure partie de la ville depuis la fuite de Thiers à Versailles. Rue de la Roquette, une barricade barre le passage. Les gardes nationaux qui la tiennent font ce que personne n'attendait : ils la démolissent pour laisser passer le cortège. Puis ils présentent les armes devant le cercueil.

Devant le corbillard marche Victor Hugo, épuisé, accablé. À ses côtés, Gustave Courbet et Jean-Baptiste Millière — deux hommes qui seront bientôt au cœur de la Commune. La scène dit quelque chose de la journée : au milieu du tumulte révolutionnaire, les Fédérés s'arrêtent pour honorer un mort. La révolution a ses rites, et l'un d'eux est le respect du deuil.

Victor Hugo notera dans son journal que les insurgés lui ont rendu cet hommage. Il n'approuvera pas la Commune — mais il refusera aussi la répression versaillaise. Ce 18 mars, entre deux barricades, il enterre son fils.

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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 124-125
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 124-125
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Événement
1871
25 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante (dite barricade du Château d'Eau)
p 126-127
Auguste Vermorel est blessé au cours de la défense du Château d'Eau. Il mourra en captivité à Versailles, faute de soins, lui qui s'était opposé aux exécutions
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Événement
1871
17 mars 1871 — École dite de la rue Basfroi/Comité central de la Garde nationale (siège pendant la Commune)
p 128-129
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Événement
1871
26 mai 1871 — Hôpital des Quinze-Vingts
p 135
Exécution à la mitrailleuse de Communards pendant la Semaine sanglante. Des blessés hospitalisés sont emmenés au Châtelet puis à la caserne Lobau pour être exécutés
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Événement
1871
26 mai 1871 — Prison de Mazas/Lieu de massacre de Communards
p 135
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Événement
1871
26 mai 1871 — Embarcadère de Bel-Air/Viaduc ferroviaire de la Bastille/Lieu de massacre de Communards
p 135
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
26 mai 1871 — Cimetière de Bercy
p 135
Plus de 400 communards exécutés à Mazas sont jetés dans un puits du cimetière. Des pompiers n'ayant pas quitté Paris pour rejoindre les troupes versaillaises furent fusillés sous l'accusation de désertion
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Événement
1871
25 mai 1871
p 138-139
Regroupement des Fédérés qui ont dû abandonner la Butte aux Cailles. Dernier îlot de résistance des Fédérés sur la rive gauche
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Événement
1871
Événement
Événement
1871
19 mars 1871 — Demeure de Léo Meilliet
p 141
Léo Meilliet héberge et abrite le général Chanzy pour le soustraire à la foule
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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 146
Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent a …

Barricade qui résista deux jours aux assauts des versaillais ; les Communards allumèrent des incendies de protection et firent sauter leur dépôt de munitions avant de se retirer. Les Enfants du Père Duchêne participent au combat

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Événement
1871
23 mai 1871
p 146-147
Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le p …

Siège du Club Montrougien, ambulance et poste de guet pendant la Commune ; un canon avait été hissé dans le clocher ; il s'y déroula de violents combats pendant la Semaine sanglante ; 37 Fédérés furent fusillés sous le porche

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Événement
1871
23 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 146
Violents combats sur une barricade prise à revers par les versaillais après l'échec d'un assaut de front commandé par le colonel Boulanger. Il y eut 45 barricades dans le 14ème arrondissement pendant la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Alfred-Édouard Billioray
p 147
Demeure d'Alfred-Édouard Billioray, membre de la Commune, délégué aux Services publics puis aux Finances. Vote pour le Comité de Salut public. Arrêté, il s'évade mais est repris. Déporté en Nouvelle Calédonie où il meurt
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Événement
1871
24 mai 1871 — Jardin de l'Observatoire/Lieu de massacre de Communards
p 147
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
1871 — Demeure de Jules Martelet
p 147
Membre de la Commune élu par le 14ème arrondissement, délégué aux Services publics ; réfugié en Suisse, en Belgique puis aux USA
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Événement
1871
1871 — Cimetière Montparnasse (27ème division)/Monument des Fédérés
p 147-148
Monument aux fédérés massacrés et enterrés ici. 1 684 inhumations selon les registres du cimetière
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Événement
1925
25 novembre 1925 — Cimetière Montparnasse (27ème division)/Tombe de Maxime Vuillaume
p 150
Tombe de Maxime Vuillaume, journaliste, directeur du Père Duchêne, auteur de "Mes cahiers rouges au temps de la Commune". Il avait réussi à fuir en Suisse après la Semaine sanglante
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Événement
1900
6 février 1900 — Cimetière Montparnasse (27ème division)/Tombe de Pierre Lavroff
p 150
Membre de l'A.I.T. qui organisa à l'étranger des meetings de soutien à la Commune
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Événement
1885
14 février 1885 — Cimetière du Père Lachaise (66ème division)/Tombe de Jules Vallès
p 153 & 197
Le 16 février 1885, le cortège funèbre de Jules Vallès quitte le 77 boulevard Saint‑Michel pour gagner le cimetière du Père‑Lachaise. Des dizaines de milliers de personnes – anciens communards, militants socialistes, lec …

Le 16 février 1885, le cortège funèbre de Jules Vallès quitte le 77 boulevard Saint‑Michel pour gagner le cimetière du Père‑Lachaise. Des dizaines de milliers de personnes – anciens communards, militants socialistes, lecteurs du Cri du Peuple, « lamentables » dont il a raconté la misère – se massent sur le parcours pour accompagner celui qui fut à la fois écrivain, journaliste et insurgé. Les témoignages de l’époque évoquent une marée humaine, des drapeaux rouges et noirs, des cris de « Vive la Commune ! Honneur à Vallès ! », et un dispositif policier débordé par l’ampleur de l’hommage populaire.

Sa tombe se trouve dans la 66ᵉ division du Père‑Lachaise, au nord‑ouest du cimetière. Elle est surmontée d’un buste en bronze de Jean Carlus, où Vallès apparaît tête nue, accompagné d’une plume, rappel de son combat par l’écriture. L’épitaphe résume sa posture : « Ce qu’ils appellent mon talent n’est fait que de ma conviction. » Aujourd’hui encore, la sépulture demeure un lieu de mémoire des traditions révolutionnaires parisiennes, régulièrement fleurie lors des commémorations de la Commune et des mobilisations sociales.

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Événement
1871
22 mai 1871 — Cour prévôtale du Trocadéro/Cour martiale/Lieu de massacre de Communards
p 157
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; les exécution, faute d'un peloton, sont perpétrées par un seul sergent de ville qui attache les victimes à un arbre pour les abattre
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Événement
1871
28 mai 1871
p 157
Onze fédérés sont fusillés sur ordre de Galliffet, simplement parce que leurs cheveux blancs indiquaient qu'ils avaient connu Juin 1848
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Événement
1903
5 août 1903 — Cimetière du Père Lachaise (92ème division)/Tombe de Charles Longuet
p 157 & 205
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Événement
1871
Événement
1871
23 mai 1871 — Kiosque à musique du square des Batignolles/Lieu de massacre de Communards
p 160
Massacre de combattants de la Commune ; enterrés dans une fosse sous le kiosque à musique
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Émile Clément
p 161
Demeure d'Émile Clément, membre de la Commune ; délégué aux Subsistances. Il sera arrêté par le Comité de Salut public pour avoir eu une attitude ambiguë sous l'Empire
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Événement
1871
18 mars 1871 — Jardin de la veuve d'Eugène Scribe/Poste de la Garde nationale de la rue des Rosiers
p 165
Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848 Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Chât …

Exécution des généraux Claude Lecomte et Jacques Clément-Thomas ; le premier pour avoir donné l'ordre de tirer sur le peuple, le second en tant que massacreur de Juin 1848

Dans l'après-midi, Lecomte est transféré du Château Rouge au 36 rue du Chevalier de la Barre — l'ancien jardin de la veuve d'Eugène Scribe, devenu le poste de commandement des bataillons montmartrois. C'est là que tout bascule.

Un homme en civil est amené dans la cour au même moment : le général Jacques Clément-Thomas, reconnu sur un boulevard alors qu'il inspecte des barricades. Son nom suffit à enflammer la foule. Commandant de la Garde nationale pendant le siège, il est surtout dans les mémoires populaires comme l'homme de juin 1848 — l'officier qui avait participé à l'écrasement sanglant de l'insurrection ouvrière, faisant des milliers de morts dans les faubourgs. Vingt-trois ans de rancœur remontent d'un coup.

Les officiers fédérés présents — dont Théophile Ferré et Nicolas Garcin — tentent de contenir la foule et d'organiser un semblant de jugement. Clemenceau, prévenu, accourt mais n'arrive pas à temps. Un capitaine garibaldien, Herpin-Lacroix, risque sa vie pour s'interposer dans le couloir. En vain. La foule force l'entrée du jardin. Les deux généraux sont poussés dans la cour et fusillés — Clément-Thomas d'abord, Lecomte ensuite. Parmi les tireurs se trouvent des soldats du 88e, ceux-là mêmes que Lecomte avait fait enfermer le matin.

La propagande versaillaise fera de cet acte le symbole de la barbarie communarde. Les historiens ont depuis établi qu'il fut le fait d'une foule incontrôlée — et non d'une décision du Comité central, qui n'en fut informé qu'après coup.

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Événement
1871
18 mars 1871 — Le Château Rouge (corps de garde Fédéré)
p 165
Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy Le Château Rouge — une anci …

Le général Lecomte, ainsi que d'autres officiers, sont détenus au Château Rouge, dont le commandant Lartet qui parvient à s'enfuir. Lecomte est pris dans un premier temps pour le général Vinoy

Le Château Rouge — une ancienne demeure bourgeoise reconvertie en bal populaire, l'un des plus fréquentés de Montmartre — devient ce matin-là le quartier général des bataillons fédérés. C'est là qu'on conduit Lecomte après son arrestation, entouré d'autres officiers capturés dans la débâcle de l'opération.

L'arrivée du général est marquée par une confusion révélatrice : la foule le prend d'abord pour Vinoy, le gouverneur militaire de Paris. Vinoy — dont le nom symbolise à lui seul la répression — aurait été lynché sur place. Le capitaine Simon Charles Mayer, responsable du poste, doit intervenir pour faire comprendre à la foule qu'il s'agit de Lecomte, un officier d'un rang inférieur. Ce malentendu sauve momentanément la vie du général.

À l'intérieur, Lecomte est traité avec une relative correction par les officiers fédérés qui comprennent que le tuer serait une faute politique. Il signe l'ordre d'évacuation de la butte — un ultime acte d'autorité que personne n'exécutera. Le commandant Lartet, lui, profite de la confusion pour s'enfuir.

Mais dehors, la situation se détériore. Les soldats du 88e qu'il avait fait enfermer quelques heures plus tôt arrivent au Château Rouge. La rancœur est vive. Dans l'après-midi, Lecomte sera transféré rue des Rosiers — et l'arrivée simultanée du général Clément-Thomas, reconnu en civil dans le quartier, fera basculer la foule vers l'irréparable.

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Événement
1837
3 mai 1837 — Mairie de Montmartre
p 165
Mariage de Paul Verlaine avec Mathilde Mauté le 11 août 1870
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Événement
1871
28 mai 1871
p 167-168
Exécution d'Eugène Varlin, ouvrier relieur, fondateur de l'A.I.T. ; l'assassin Sicre vole sa montre pour s'en faire un trophée. Plusieurs personnes avaient déjà été exécutées à sa place par confudion
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Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Albert Theisz
p 168
Demeure d'Albert Theisz, membre de la Commune, nommé par elle directeur des Postes, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Auguste Serraillier
p 168
Demeure d'Auguste Serraillier, membre de la Commune, délégué à la Commission du Travail, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1871
23 mai 1871 — Moulin de la Galette/Lieu de massacre de Communards
p 168
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Événement
1900
17 juillet 1900 — Cimetière du Père Lachaise (columbarium ex case 1262)/Sépulture de Simon Dereure
p 168-169
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Événement
1903
23 février 1903 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Jean Baptiste Clément
p 168-169
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Événement
1871
18 mars 1871
p 172-173
Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera …

Tentative de prise des 171 pièces d'artillerie de Montmartre avec 250 soldats du 88ème bataillon de ligne commandés par le général Lecomte. Mais faute d'attelages l'opération est retardée de plusieurs heures. On parlera de provocation.

À 3 heures du matin, sous une pluie glaciale, la brigade Lecomte monte en silence vers le sommet de la butte Montmartre. Le plan est simple : 250 soldats du 88e régiment de ligne s'emparent des 171 pièces d'artillerie parquées au Champ des Polonais, en haut de la rue Saint-Éleuthère. Les attelages arrivent dans la foulée, les canons descendent vers les Invalides, et Paris se réveille désarmé.

La première partie se déroule comme prévu. Les gardes de faction sont surpris — certains s'enfuient, d'autres sont capturés. À 5 heures, les canons sont sous contrôle versaillais. Louise Michel, de garde au comité de vigilance de Montmartre, a donné l'alerte. Le tocsin sonne. Mais Lecomte n'en est pas encore inquiet.

C'est là que les attelages font défaut. Nul n'a prévu suffisamment de chevaux pour déplacer 171 pièces. Les soldats attendent, immobiles au sommet de la butte, autour de canons qu'ils ne peuvent pas bouger. Une heure passe, puis deux. Montmartre s'éveille.

Clemenceau, maire du 18e, accoure au Château-Rouge où Lecomte a établi son PC. Il tente de négocier, propose un compromis. Lecomte balaie la démarche. Ce que Vinoy et Aurelle de Paladines avaient prédit la veille — l'opération est trop précipitée, les moyens insuffisants — est en train de se réaliser heure par heure. Ce qui devait être un coup de main silencieux se transforme en attente interminable, sous les yeux d'une population qui se rassemble et d'une Garde nationale qui prend les armes. Plus tard, on parlera de provocation délibérée.

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Événement
1871
1871 — Demeure de François-Charles Ostyn
p 176
Demeure de François-Charles Ostyn, membre de la Commune, délégué aux Services publics, vote contre le Comité de Salut public, signataire du Manifeste de la minorité
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Événement
Événement
1871
27 mai 1871 — Parc des Buttes Chaumont/Lieu de massacre de Communards
p 176
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune. Les exécutions ont lieu à la mitrailleuse
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Événement
1871
18 mars 1871 — Parc à canons des Buttes Chaumont (3 lieux différents, 52 pièces d'artillerie)
p 176
Tentative manquée par les troupes de Thiers de récupérer les canons de Belleville parqués aux Buttes Chaumont ; seules 18 pièces sont enlevées. Trois coups de canons tirés vont donner l'alerte aux parisiens
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Événement
1885
23 mai 1885 — Cimetière du Père Lachaise (95ème division)/Tombe de Frédéric Cournet
p 177 & 206
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Événement
1871
3 avril 1871 — Cimetière du Père Lachaise (66ème division, 1ère ligne)/Tombe de Gustave Flourens
p 177 & 196
Gustave Flourens est tué le 3 avril 1871 à Chatou, d'un coup de sabre d'un gendarme, au bord d'une route. Il avait trente-deux ans. Sa tombe est au Père-Lachaise, 66e division. Flourens était une anomalie dans le paysage …

Gustave Flourens est tué le 3 avril 1871 à Chatou, d'un coup de sabre d'un gendarme, au bord d'une route. Il avait trente-deux ans. Sa tombe est au Père-Lachaise, 66e division.

Flourens était une anomalie dans le paysage communard. Fils du physiologiste Marie Jean Pierre Flourens, lui-même scientifique de formation — spécialiste des crustacés, professeur au Collège de France à vingt-six ans — il avait tout abandonné pour la révolution. Blanquiste convaincu, il avait participé à des soulèvements en Crète contre l'occupation ottomane, puis aux journées révolutionnaires parisiennes de 1870, avant de rejoindre la Commune en mars 1871 comme commandant de bataillon.

Ce 3 avril, la Commune lance son unique tentative offensive sérieuse contre Versailles — une sortie en trois colonnes censée renverser la situation militaire avant que Thiers n'ait reconstitué ses forces. L'opération est désorganisée, précipitée, sans coordination entre les colonnes. Duval est capturé et fusillé sur place. La colonne de Bergeret se disloque. Flourens, à la tête de ses hommes vers Chatou, est surpris dans une auberge par des gendarmes versaillais et tué sans résistance possible.

La sortie du 3 avril est le début de la fin militaire de la Commune. Elle démontre que les fédérés, excellents défenseurs de barricades urbaines, ne sont pas en mesure de mener une guerre de campagne. Versailles prendra six semaines à préparer l'assaut final. Mais le rapport de force est désormais clair.![[Gustave Flourens, Tombe au Père Lachaise Antonio Ca' Zorzi|Flourens Gustave, Tombe au Père Lachaise Antonio Ca' Zorzi.jpg]]

Gustave Flourens, Tombe au Père Lachaise, Antonio Ca' Zorzi

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Événement
1883
9 mai 1883 — Cimetière du Père Lachaise (52ème division)/Tombe de Jules Miot
p 177 & 201
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Événement
1871
27 mai 1871 — Ancienne mairie du 20ème arrondissement (de 1847 à 1875)
p 180
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Événement
1793
1793 — Cimetière de Charonne/Tombe du Père Magloire
p 181
Tombe du père Magloire, qui se disait secrétaire de Robespierre ; qualité sans doute aussi fausse que sa statue, récupérée on ne sait où par un ami ferrailleur
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Événement
1909
1909 — Monument "Aux Victimes des révolutions"/Faux mur des Fédérés
p 182
Monument ambigu "Aux Victimes des Révolutions", à "toutes" les victimes, de "toutes" les révolutions ; souvent confondu avec le vrai "Mur des Fédérés", situé lui à l'intérieur du cimetière du Père Lachaise
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Événement
1871
1871 — Demeure d'Alexis Louis Trinquet
p 183
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Événement
1871
27 mai 1871 — Lieu de massacre de Communards
p 183
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière de Charonne/Lieu de massacre de Communards
p 183
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante ; en priorité les soldats considérés comme déserteurs et les étrangers ayant rejoint la Commune
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Événement
1871
28 mai 1871
p 183
Massacre de combattants pendant la Semaine sanglante. Un officier versaillais tue dix ou douze Fédérés prisonniers à coup de revolver
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 190-191
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 190-191
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Événement
1871
19 janvier 1871 — Cimetière du Père Lachaise (72ème division)/Monument aux morts de Buzenval
p 197
Monument aux gardes nationaux tués à Buzenval ; attaque tardive et désastreuse du Mont Valérien, qui entraîne la manifestation du 22 janvier
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Événement
1871
27 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise (48ème division)/Lieu de la gravure "Les derniers combats"
p 197-200
Secteur dit de "l'ultime combat", autour des tombes de Balzac et de Charles Nodier ; on peut encore voir des traces de balles dans le monument de ce dernier
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Événement
1882
1882 — Cimetière du Père Lachaise (71ème division)/Tombe de François Eugène Cléray
p 197
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Événement
1889
Événement
1899
1899 — Cimetière du Père Lachaise (81ème division)/Tombe de Charles-Romain Capellaro
p 200-201
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Événement
1901
25 janvier 1901 — Cimetière du Père Lachaise (columbarium ex case 1385)/Sépulture de Prosper-Olivier Lissagaray
p 201
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Événement
1891
1891 — Cimetière du Père Lachaise (79ème division)/Tombe d'Auguste Okolowicz
p 201
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Événement
1877
3 septembre 1877 — Cimetière du Père Lachaise (55ème division)/Mausolée d'Adolphe Thiers
p 201-202
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Événement
1935
1935 — Cimetière du Père Lachaise (89ème division, 2ème rangée)/Tombe de Jean Allemane
p 203
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Événement
1881
1 janvier 1881 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Auguste Blanqui
p 203-204
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Événement
1870
14 août 1870 — Caserne des pompiers de La Villette
p 204
Les blanquistes tentent, avec 60 hommes, de s'emparer sans préparation de la caserne de pompiers de La Villette, pensant y trouver des armes ; le coup échoue, Eudes et Brideau sont arrêtés
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Événement
1888
5 août 1888 — Salle Favié/Folies de Belleville
p 204
Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune. Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait d …

Il avait pris la parole à la salle Favié pour dire honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi... Il tomba. C'était sa dernière tribune.

Émile Eudes était né en 1843 à Roncey dans la Manche. Il avait fait des études de pharmacie à Paris et s'était entièrement consacré à la politique blanquiste, ce courant révolutionnaire qui voyait dans l'insurrection armée et organisée le seul chemin vers l'émancipation ouvrière.

Pendant la Commune de Paris, il avait joué un rôle militaire décisif. Dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, avec Ranvier, il commandait les bataillons de Belleville qui rejoignirent ceux de Montmartre pour s'emparer de l'Hôtel de Ville et y hisser le drapeau rouge. Il fut l'un des généraux de la Commune.

Après la Semaine sanglante, l'exil, la condamnation à mort par contumace, puis la déportation, l'amnistie de 1880 lui permit de rentrer en France. Il fut l'un des fondateurs du Comité révolutionnaire central en 1881, aux côtés d'Édouard Vaillant et d'Ernest Granger, pour perpétuer l'héritage de Blanqui.

Le 5 août 1888, lors d'une réunion des blanquistes à la salle Favié, au 13 rue de Belleville dans le 19e arrondissement, il prit la parole. Il dit : "honte aux riches, honte aux traîtres, honte à la bourgeoi..." et s'effondra. Il était mort à quarante-quatre ans, à la tribune de Belleville, le quartier qui avait été le sien depuis toujours.

Auguste Blanqui était mort en 1881, quelques semaines après avoir été libéré de prison. Eudes mourut en plein discours, sept ans plus tard, dans la même salle où il avait appris la politique de la révolte. Il ne finit pas sa phrase.

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Événement
1888
8 août 1888 — Cimetière du Père Lachaise (91ème division)/Tombe d'Émile Eudes
p 204-205
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Événement
Événement
1871
1871 — Demeure et atelier d'Eugène Pottier/Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels
p 206-207
Atelier de l'auteur de l'Internationale, membre du Comité central de la Garde nationale, puis de la Commune ; c'est aussi le siège de la Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels. Eugène Pottier meurt ici l …

Atelier de l'auteur de l'Internationale, membre du Comité central de la Garde nationale, puis de la Commune ; c'est aussi le siège de la Chambre syndicale des dessinateurs artistes industriels. Eugène Pottier meurt ici le 6 novembre 1887

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Événement
1871
28 mai 1871 — Cachette d'Eugène Pottier
p 206-207
Cachette d'Eugène Pottier après la Commune ; il écrit ici son poème "l'Internationale", qui sera mis en musique quelques années plus tard par Pierre Degeyter, après avoir été chanté dans un premier temps sur l'air de la …

Cachette d'Eugène Pottier après la Commune ; il écrit ici son poème "l'Internationale", qui sera mis en musique quelques années plus tard par Pierre Degeyter, après avoir été chanté dans un premier temps sur l'air de la Marseillaise

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Événement
1885
1885 — Cimetière du Père Lachaise (95ème division)/Tombe d'André Gill
p 206
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Événement
1906
1906 — Cimetière du Père Lachaise (columbarium 2184)/Sépulture d'Henri Brissac
p 207-208
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Événement
1890
septembre 1890 — Cimetière du Père Lachaise (95ème division)/Tombe de Jules Joffrin
p 207-208
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Événement
1896
29 mars 1896 — Cimetière du Père Lachaise (96ème division)/Tombe de Léo Fränkel
p 208-209
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Événement
1893
1893 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Louis-Ernest Pichio
p 209-212
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Événement
1871
30 mai 1871 — Cimetière du Père Lachaise/Mur des Fédérés/Lieu de massacre de Communards
p 210-213
Fosse commune creusée pour les 1018 victimes des combats de la Semaine sanglante tués dans le cimetière et aux alentours ; 147 Fédérés sont fusillés sur place, à la mitrailleuse. 152 selon Maxime Du Camp
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Événement
1911
3 décembre 1911 — Crématorium du cimetière du Père Lachaise
p 213-214
Cérémonie lors de l'incinération de Paul Lafargue et de Laura Marx. Lénine prononce leur oraison funèbre au nom du POSDR
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Événement
1901
16 mai 1901 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Gustave Lefrançais
p 213
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Événement
1912
1912 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Paul Brousse
p 213
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Événement
1911
3 décembre 1911 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Paul et Laura Lafargue
p 213-214
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Événement
1920
10 novembre 1920 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Jacques Lauche
p 214
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Événement
1927
11 février 1927 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Gustave Rouanet
p 214
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Événement
1871
28 mai 1871 — Barricade pendant la Semaine sanglante
p 216-217
Jean Baptiste Clément dédie à l'ambulancière Louise, la jeune femme qui avait assisté les combattants de la barricade et dont on ne connait ni le nom ni ce qu'elle est devenue, son "Temps des Cerises"
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Événement
1893
13 septembre 1893 — Cimetière du Père Lachaise (columbarium 1206)/Sépulture de Benoît Malon
p 216
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Événement
1903
1903 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Pascal Faberot
p 216
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Événement
1908
16 août 1908 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Walery Antoni Wróblewski
p 216
Il refusa le commandement en chef de la Commune mourante, et se battit jusqu'à la fin dans les rangs comme simple soldat. Walery Antoni Wróblewski naît le 27 décembre 1836 dans le gouvernement de Grodno, alors sous domin …

Il refusa le commandement en chef de la Commune mourante, et se battit jusqu'à la fin dans les rangs comme simple soldat.

Walery Antoni Wróblewski naît le 27 décembre 1836 dans le gouvernement de Grodno, alors sous domination russe. Issu de la petite noblesse polonaise, il fait ses études à l'Institut des Eaux et Forêts de Saint-Pétersbourg, mais c'est la politique qui l'absorbe. En 1863, il prend part à l'insurrection de Janvier : le soulèvement national polonais contre le tsar Alexandre II. Blessé, condamné par contumace, il s'exile à Paris en 1864.

Il vit là de petits travaux, touche à l'agitation socialiste, fréquente les milieux de l'émigration polonaise et internationale. Paris, en 1871, lui donne une occasion inattendue. Le 18 mars, quand la Commune s'empare de la capitale, Wróblewski s'engage aussitôt. Nommé général fédéré, il reçoit le commandement du secteur sud de Paris. Sous ses ordres, le 101e bataillon, composé d'ouvriers des 5e et 13e arrondissements, tient ses positions.

Les 24 et 25 mai 1871, lors de la Semaine sanglante, les troupes versaillaises convergent vers la Butte aux Cailles. Wróblewski organise la défense du plateau et résiste victorieusement à l'avancée ennemie pendant deux jours, alors que le reste de Paris tombe quartier par quartier. Lorsque la situation devient intenable et que les officiers supérieurs de la Commune sont morts ou hors de combat, on lui propose le commandement en chef de ce qui reste de l'armée communarde. Il refuse : il n'y a plus, dit-il, assez d'hommes capables de combattre de manière disciplinée. Il finit la Semaine sanglante à fusil dans les mains, aux côtés des derniers combattants.

Exilé à Londres, Wróblewski rejoint le Conseil général de l'Association internationale des travailleurs : la Première Internationale, celle de Marx. Les deux hommes se fréquentent ; Marx tient Wróblewski en haute estime, voyant en lui l'incarnation vivante du lien entre la lutte nationale polonaise et la cause internationale du prolétariat. Marx avait lui-même suivi avec passion la défense de la Butte aux Cailles.

Après l'amnistie de 1880, Wróblewski rentre en France. Il vit difficilement, dans l'oubli relatif que l'histoire réserve aux vaincus. Il meurt en août 1908. Le mouvement ouvrier ne l'a pas oublié : il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 16 août, dans la 76e division, face au Mur des Fédérés, là où reposent les figures de la Commune et où le 1er mai les cortèges viennent encore déposer des gerbes.

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Événement
1893
13 septembre 1893 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Benoît Malon
p 216
Benoît Malon est mort le 13 août 1893, à cinquante-deux ans, épuisé et malade, à Asnières. Ouvrier teinturier né dans le Forez en 1841, il avait appris à lire seul, s'était instruit en autodidacte, avait adhéré à la Prem …

Benoît Malon est mort le 13 août 1893, à cinquante-deux ans, épuisé et malade, à Asnières. Ouvrier teinturier né dans le Forez en 1841, il avait appris à lire seul, s'était instruit en autodidacte, avait adhéré à la Première Internationale et s'était battu pendant la Commune en défendant le 17e arrondissement. Condamné après la Semaine sanglante, il avait été déporté en Nouvelle-Calédonie. Il revenait en France avec l'amnistie de 1880.

Le 13 septembre 1893, un mois après sa mort, ses cendres sont transférées au cimetière du Père-Lachaise, dans la 76e division, face au mur des Fédérés. L'emplacement est chargé de sens: c'est là que, le 28 mai 1871, les derniers combattants de la Commune ont été fusillés au pied du mur du cimetière. C'est là que, depuis 1880, le mouvement ouvrier parisien vient se recueillir chaque année, le dernier dimanche de mai. Enterrer Malon face à ce mur, c'est une déclaration.

Malon avait fondé en 1885 la "Revue socialiste", journal de réflexion politique et sociale qui accueillit des textes de Jaurès, de Vandervelde, et joua un rôle important dans l'élaboration du socialisme républicain français. Il était l'auteur d'une "Histoire du socialisme" en plusieurs volumes, et d'un livre fondamental sur la Commune: "La Troisième défaite du prolétariat français" (1871), qui analysait les causes de l'échec avec une lucidité que peu d'acteurs de l'événement avaient montrée à chaud.

Sa pensée était celle d'un socialisme intégral, qui voulait dépasser la question de la propriété pour transformer l'ensemble des rapports humains: économiques, moraux, culturels. Il était en correspondance avec Marx, qui reconnaissait la valeur de son travail tout en critiquant son penchant pour le socialisme éthique.

Face au mur des Fédérés, Malon est en bonne compagnie: Varlin, Vallès et des dizaines d'autres communards ont leurs tombes ou leurs plaques dans les environs. La 76e division est le quartier de la mémoire rouge de Paris. Chaque dernier dimanche de mai, on s'y rassemble encore.

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Événement
1894
1894 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe d'Henri Mortier
p 217
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Événement
1890
24 mai 1890 — Cimetière du Père Lachaise (76ème division, face au Mur des Fédérés)/Tombe de Charles-Edmé Chabert
p 217
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Événement
1882