La Chartreuse de Parme
Mort de Stendhal ; victime d'une attaque d'apoplexie rue des Capucines
Le 22 mars 1842, vers sept heures du soir, Henri Beyle — dit Stendhal — s'effondre sur le trottoir de la rue des Capucines. Apoplexie foudroyante. Il est transporté inconscient à son domicile de la rue Danielle Casanova, alors rue Neuve-des-Petits-Champs, dans l'hôtel meublé de Nantes où il logeait. Il meurt dans la nuit, à cinquante-neuf ans, sans avoir repris connaissance.
La veille encore, il dînait en ville et parlait avec entrain. C'est la mort qu'il avait toujours annoncée pour lui-même — soudaine, sans agonie, dans la rue. Il avait écrit un jour qu'il ne voulait pas mourir dans son lit, entouré de médecins et de prêtres. Il fut exaucé à moitié : il mourut dans la rue, mais transporté dans son lit.
Stendhal n'était pas reconnu de son vivant à la hauteur de ce qu'il méritait. Le Rouge et le Noir (1830) et La Chartreuse de Parme (1839) avaient été lus par quelques-uns, admirés par Balzac, ignorés du grand public. Il l'avait prévu lui aussi, avec cette lucidité caractéristique : il écrivait pour les happy few, pour une postérité qui ne lirait ses livres qu'en 1880 ou 1900. Il avait sous-estimé — ce sera plutôt 1870, et depuis lors on ne l'a plus lâché.
Son épitaphe, qu'il avait rédigée lui-même en italien : Arrigo Beyle, Milanese. Visse, scrisse, amò. Henri Beyle, Milanais. Il vécut, écrivit, aima.
Il est enterré au cimetière de Montmartre.