Le 16 décembre 1930, la Maison des étudiants arméniens est inaugurée à la Cité universitaire. Son donateur, Boghos Nubar, est mort six mois plus tôt. Quinze ans après le génocide, la jeunesse de la diaspora a sa maison à Paris.
Fils d'un Premier ministre d'Égypte, ingénieur de l'École centrale, Boghos Nubar a fondé en 1906 l'Union générale arménienne de bienfaisance. Dès 1915, il lance une souscription pour les victimes du génocide ; en 1919, il plaide à la conférence de la paix de Paris pour une Grande Arménie, que la victoire des nationalistes turcs rendra lettre morte. En 1921, il renonce à la politique et installe à Paris le siège de son œuvre. En 1927, il donne 3 millions de francs pour une maison des étudiants arméniens à la Cité.
L'architecte, Léon Nafilyan, est né en 1877 à Constantinople et formé aux Beaux-Arts de Paris. Il a travaillé en Égypte, où il a bâti l'église arménienne d'Héliopolis, au Caire. En 1915, l'année où commence le génocide, il quitte précipitamment Constantinople pour Paris ; son premier fils naît à Lausanne, sur le chemin de l'exil. Il bâtit surtout pour la communauté arménienne de France, dans un style qui mêle décor oriental et tradition française, avant de se rapprocher de l'Art déco. Il est naturalisé français en 1931.
Le 23 juin 1984, un attentat blesse légèrement deux personnes dans la maison. Un buste de Boghos Nubar, sculpté en 1974 par Raffy Sarkissian, y est exposé.
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