Au bord de Paris, sur une butte où la gauche tenait ses grands rassemblements, la Ville ouvre en 1939 un parc de 4,7 hectares dessiné par Léon Azéma. Son nom vient d'une guinguette.
La butte du Chapeau-Rouge appartenait à la plaine du Pré-Saint-Gervais, où une guinguette lui a laissé son nom. Juste au-delà de l'enceinte de Thiers, sur des carrières de gypse qui s'étendaient jusqu'aux Buttes-Chaumont, le terrain devient au début des années 1910 le lieu où partis et syndicats de gauche se rassemblent contre le militarisme.
Au printemps 1913, la guerre menace et le gouvernement de Louis Barthou prépare la loi qui porte le service militaire à trois ans. Il interdit le rassemblement que la gauche tient chaque année au Père-Lachaise, au mur des Fédérés, en souvenir des communards : il craint qu'il ne se retourne contre lui. Le 25 mai, à l'appel de la SFIO, cent cinquante mille personnes viennent manifester au Pré-Saint-Gervais. Au milieu d'une marée humaine, Jean Jaurès parle contre la loi des trois ans ; les premiers reporters photographes saisissent la scène. La Chambre la vote quand même, le 19 juillet, par 358 voix contre 204. La butte reste une tribune : en 1927, on y tient un meeting de soutien à Sacco et Vanzetti.
Dans les années 1920, l'enceinte est démolie ; sur l'essentiel de la zone s'élèvent des logements sociaux et des équipements sportifs, mais la butte n'est pas aménagée. En 1938, l'architecte Léon Azéma, chargé des promenades de la Ville, y commence un parc dans le style néoclassique des années 1930 ; il ouvre en 1939. Face à l'entrée principale, boulevard d'Algérie, une fontaine monumentale porte l'Ève de Raymond Couvègnes (1938), venue de la porte Delessert de l'Exposition de 1937.
La butte a bientôt de nouveaux habitués. En 1941, au 5 avenue Debidour, à l'autre entrée du parc, l'Organisation spéciale du Parti communiste cache son principal arsenal, découvert le 25 novembre ; les résistants du réseau de la Butte-du-Chapeau-Rouge passeront devant la cour martiale de l'hôtel Continental. Au bord du périphérique, le parc offre aujourd'hui une vue dégagée sur la banlieue nord-est ; un hêtre pourpre et un frêne y sont classés arbres remarquables.
Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.