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Adresse · Numéro inconnu

Place de la Révolution

anciennement : Place Louis XV (1763–1792) · Place de la Révolution (1792–1795) · Place de la Concorde (depuis 1830)
📍 Place de la Révolution, 75008 Paris 📋 2 événements répertorié s 📅 1793

Événements à cette adresse

2 événements · 1793
Guillotinée pour son opposition aux Montagnards
Olympe de Gouges est guillotinée le 3 novembre 1793 place de la Révolution (l'actuelle place de la Concorde), deux ans après avoir publié la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est l'une des rares femmes exécutées sous la Terreur pour ses écrits politiques.
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Personnage(s) : Olympe de Gouges
Place de la Révolution — 8e arr.
Guillotine place de la Révolution
Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées. Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait…

Pour ce condamné-là, on a dressé l’échafaud à un endroit où il ne reviendra jamais : entre le piédestal vide de Louis XV et les Champs-Élysées.

Paris s’est réveillé dans le brouillard, ce lundi 21 janvier 1793. Il fait trois degrés, et quatre-vingt mille hommes en armes tiennent les carrefours. Au Temple, où il est enfermé avec sa famille depuis la chute de la monarchie, celui que les estampes du jour appellent « Louis Capet » a été réveillé à cinq heures par son valet Cléry. Quatre jours plus tôt, au terme de trente-sept heures de séance, la Convention a voté sa mort. L’abbé Edgeworth de Firmont lui dit une dernière messe ; sur son conseil, Louis renonce à de nouveaux adieux à sa famille, qu’il a embrassée la veille au soir. Vers huit heures, Santerre, qui commande la garde nationale, vient le chercher.

Le maire Chambon a obtenu qu’on épargne au roi déchu la charrette des condamnés : il monte dans la voiture verte du maire, avec son confesseur et deux miliciens assis face à eux. Précédé de deux cents gendarmes à cheval, le cortège descend la rue du Temple et gagne les Grands Boulevards. Près de la rue de Cléry, le baron de Batz a convoqué trois cents royalistes pour enlever le roi ; une poignée seulement est au rendez-vous, trois sont tués, Batz s’échappe. On poursuit par les boulevards et la rue de la Révolution, notre rue Royale.

Vers 10 h 15, la voiture débouche sur la place de la Révolution, l’ancienne place Louis XV. L’échafaud, peint en rouge, se dresse au milieu d’un vide gardé par des canons et vingt mille hommes ; la foule est tenue au loin. Et il n’est pas là où on l’attendrait. Pour ce seul condamné, on l’a planté à l’ouest de la place, entre le piédestal de la statue de Louis XV, renversée en août, et l’entrée des Champs-Élysées. Quand la guillotine reviendra ici, au printemps, ce sera de l’autre côté, vers les Tuileries : c’est là que tomberont Marie-Antoinette, Danton et plus d’un millier d’autres.

Au pied de l’estrade, le bourreau Charles-Henri Sanson l’attend. Louis ôte sa redingote brune, ouvre son col ; il refuse d’abord qu’on lui lie les mains, puis cède sur un mot de l’abbé : on les attache avec son propre mouchoir. Il monte, s’avance, fait taire les tambours. « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Il veut poursuivre ; un roulement couvre sa voix. La légende en attribue l’ordre à Santerre, qui n’aurait fait que relayer le général Berruyer. À 10 h 22, le couperet tombe. Un aide du bourreau, Gros, montre la tête à la foule. Quelques cris, « Vive la Nation ! Vive la République ! », des salves d’artillerie, une farandole.

La charrette de Sanson emporte aussitôt le corps au cimetière de la Madeleine, où on le jette dans une fosse, sur un lit de chaux vive. Ses restes ne rejoindront Saint-Denis que le 21 janvier 1815 ; sous la Restauration, une chapelle expiatoire s’élèvera sur l’ancien cimetière. Place de la Concorde, l’obélisque de Louxor, dressé en 1836, occupe aujourd’hui le centre de la place, là où se trouvait le piédestal : l’échafaud du 21 janvier se tenait entre lui et l’entrée des Champs-Élysées.

Emplacement : entre le piédestal de la statue de Louis XV et l’entrée des Champs-Élysées
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Place de la Révolution — 8e arr.