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5 février 1839
Événement

Premiers clichés de l'inventeur de la photographie sur papier

Premiers clichés de l'inventeur de la photographie sur papier
Hippplyte Bayard, Moulins à vent de Montmartre, 1839

Hippolyte Bayard, pionnier de la photographie sur papier, mène ses premières expériences aux Batignolles au début des années 1840, dans un quartier encore semi-rural du 17e arrondissement. Il y loue une maison avec jardin, connue comme la « maison du meunier des Batignolles », et travaille entre la rue des Batignolles et la rue Boursault, sans qu’une adresse précise soit attestée pour son atelier expérimental. Rue des Batignolles, il photographie notamment la procession de la Fête-Dieu en 1842, ainsi que des vues de jardins, de cours et de petits immeubles du faubourg.

C’est dans ce cadre qu’il met au point un procédé de positif direct sur papier, puis de tirage papier, qui fait de lui l’un des inventeurs de la photographie moderne aux côtés de William Henry Fox Talbot. Dès février 1839, quelques jours après l’annonce du daguerréotype, Bayard présente à Paris des épreuves négatives sur papier, reproductibles à l’infini, obtenues avec une chambre noire bricolée depuis les toits et jardins des Batignolles. Il pris l’initiative de présenter à César-Mansuète Despretz (1791-1863), Membre de l’Académie des sciences, le 5 février 1839, ses « dessins photogènes ou photogénés selon les sources », obtenus par contact. Et le 20 mars, tel qu’il l’a consigné dans son cahier, la première image positive sur papier, donc bien avant Talbot et Daguerre. En quelques mois, il parvient à réduire le temps de pose à environ un quart d’heure. Malgré l’appui scientifique de ses résultats, François Arago et l’État français choisissent de soutenir officiellement le procédé de Daguerre sur plaque métallique. Bayard réagit par un autoportrait célèbre, le « noyé », où il se met en scène comme un inventeur sacrifié par les pouvoirs publics.

Dans les jardins et cours des Batignolles, il développe une esthétique intime : vues de toits, petits potagers, instruments de jardinage, chapeaux de paille, pots de fleurs renversés, arrosoirs et chaises usées forment le décor de ses premiers clichés. Ces images, réalisées autour de la rue des Batignolles et de la rue Boursault, fixent les bonheurs modestes d’un faubourg en transformation et annoncent, par leur attention au quotidien, une sensibilité que l’on retrouvera plus tard chez des photographes humanistes comme Willy Ronis ou Édouard Boubat.