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14 juin 1940 jusqu’en 1944
Événement

L’état-major allemand prend ses quartiers à l’hôtel de Crillon

Hôtel de Crillon
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L’hôtel de Crillon, place de la Concorde, aujourd’hui. Photo Philippe Boisseau — Archives Paris révolutionnaire

Derrière la colonnade de Gabriel, sur la place de la Concorde, un palace devient un bureau de l’occupant. Il le restera quatre ans.

Le 14 juin 1940, l’armée allemande entre dans Paris. Le jour même, le général Bogislav von Studnitz, qui commande la 87e division d’infanterie, prend possession de l’hôtel de Crillon, au 10 place de la Concorde. Il y convoque aussitôt le préfet de police, Roger Langeron, pour lui signifier qu’il entend voir l’ordre régner dans Paris.

Le choix de l’adresse n’a rien d’innocent. Le Crillon est l’une des plus prestigieuses de la capitale. L’hôtel particulier a été bâti à partir de 1775 par l’architecte Louis-François Trouard derrière l’une des deux façades jumelles qu’Ange-Jacques Gabriel avait dessinées pour la place Louis-XV. Son premier occupant, le duc d’Aumont, l’avait fait décorer par les meilleurs artistes du temps, et la légende veut que Marie-Antoinette soit venue y prendre ses leçons de piano. Les comtes de Crillon l’achètent en 1788 ; confisqué à la Révolution, il leur est rendu en 1810. Devenu palace en 1909, il a accueilli pendant la Grande Guerre les délégations de l’Entente, puis celles de la conférence de la paix : c’est là qu’a été signé, le 6 juin 1919, le pacte de la Société des Nations — une plaque le rappelle.

Photographie : soldats allemands en rang devant la colonnade de l’hôtel
Relève de la garde allemande devant l’hôtel de Crillon, en octobre 1940 — Bundesarchiv, Bild 183-1985-1216-524, CC BY-SA 3.0 de (Wikimedia Commons)

Le 8 septembre 1940, l’hôtel est officiellement réquisitionné. Il abrite désormais les bureaux de la Feldgendarmerie, la police militaire, et ceux de l’intendance, la Quartiermeister-Abteilung ; il loge aussi les officiers du tribunal militaire de la Kommandantur. Tout autour, les palaces changent de clients : la Luftwaffe s’installe au Ritz, place Vendôme, et le gouverneur militaire du « Grand Paris » prendra ses quartiers au Meurice, rue de Rivoli.

En août 1944, ce gouverneur s’appelle Dietrich von Choltitz. Nommé par Hitler le 7 août, il reçoit le 23 l’ordre de défendre Paris en faisant sauter les ponts et des pâtés de maisons : la ville ne doit tomber aux mains de l’ennemi qu’à l’état de champ de ruines. Faute de troupes pour tenir toute la capitale, les Allemands se retranchent dans une douzaine de points d’appui, parmi lesquels les hôtels de la rue de Rivoli et la place de la Concorde. Pendant les combats de la Libération, des tireurs allemands ouvrent le feu depuis les fenêtres du Crillon ; un char de la 2e division blindée riposte, et une colonne de la façade s’effondre sur une voiture garée en contrebas. Le 25 août, Choltitz, fait prisonnier dans son quartier général du Meurice, signe la capitulation avec le général Leclerc à la préfecture de police.

La colonne est reconstruite l’année suivante. Le Crillon a depuis retrouvé son rang, après quatre ans de travaux achevés en 2017. De l’autre côté de la rue Royale, la façade jumelle de Gabriel abrite l’hôtel de la Marine, qui fut jusqu’à la Révolution le Garde-Meuble de la Couronne.

Texte rédigé avec l’aide de l’IA, relu et corrigé par la rédaction.