🗺 Lieux & Arrondissements 🎭 Thèmes ⏳ Époques 👤 Personnages 📅 Événements 🚶 Balades 🧭 Explorer 📚 Bibliographie À propos
21 septembre 1860
Événement

La rue de Pali-Kao dans le 20e arrondissement perpétue le souvenir du pillage du Palais d'Été de Pékin

Rue de Pali-Kao
La rue de Pali-Kao dans le 20e arrondissement perpétue le souvenir du pillage du Palais d'Été de Pékin
Le pont de Pa-Li-Kiao, le soir de la bataille de Palikiao (Baliqiao), qui eut lieu le 21 septembre 1860, pendant la deuxième guerre de l'opium (1856-1860). La victoire anglo-française ouvrit la voie vers Pékin aux armées occidentales. Illustration d'Émile Bayard.

Une rue du 20e arrondissement de Paris porte le nom d'une bataille qui ouvrit la route au pillage et à l'incendie du plus grand palais du monde : une victoire gravée dans les pierres de la ville.

Le 21 septembre 1860, à Palikao, village situé à une vingtaine de kilomètres de Pékin, les forces franco-britanniques livrent une bataille décisive contre l'armée impériale chinoise. Le corps expéditionnaire, commandé côté français par le général Cousin-Montauban, enfonce les lignes du général San Kolinsin. La bataille dure quelques heures. Les pertes chinoises sont lourdes ; les pertes alliées, minimes. La route de Pékin est ouverte.

La victoire de Palikao est le prélude immédiat au sac du Palais d'Été. Dans les jours qui suivent, les troupes franco-britanniques entrent dans Pékin et investissent le Yuanmingyuan, le "Jardin de la parfaite clarté" : un ensemble de palais, de pavillons, de jardins et de lacs couvrant plus de trois cents hectares, construit sur plusieurs siècles par les empereurs Qing, contenant des collections d'œuvres d'art, de bronzes, de soieries, de montres européennes, de curiosités du monde entier. Ce que les soldats des deux armées y font relève du pillage organisé.

Lord Elgin ordonne ensuite l'incendie du palais, le 18 octobre 1860, pour punir la Chine du mauvais traitement infligé à des émissaires britanniques. Trois mille cinq cents palais et pavillons brûlent pendant trois jours. Ce qui ne peut pas brûler est détruit.

Victor Hugo, alors en exil à Guernesey, adresse une lettre restée célèbre : "Un jour deux bandits entrèrent dans le Palais d'Été. L'un pilla, l'autre incendia. [...] L'une des deux victoires s'appelle la France, l'autre s'appelle l'Angleterre." Napoléon III anoblit Cousin-Montauban et le fait comte de Palikao pour ce fait d'armes.

Paris lui offre une rue dans le 20e arrondissement : la rue de Pali-Kao, dans le quartier de Belleville. Elle existe encore. C'est l'une des nombreuses rues parisiennes qui perpétuent, sans l'énoncer, la mémoire d'un crime de guerre contre la civilisation chinoise.